Il
aurait suffit d'une rencontre avec
les chefs des communautés
musulmanes du Danemark, ou d'une
excuse, toutes deux refusées par le
gouvernement danois, qui porte bien
haut l'étendard de la démocratie
en Europe.
La
crise des caricatures du Prophète
Mohammad s'est donc transportée à
Beyrouth, en ce dimanche 5 février,
où des milliers de manifestants, en
majorité musulmans sunnites, répondant
aux appels irresponsables de chefs
religieux, ont investi le secteur
chrétien d'Achrafieh, à l'heure de
la messe dominicale, pour en découdre
avec la représentation de
l'ambassade du Danemark (alors que
l'ambassade de Norvège, située rue
Bliss, dans le secteur ouest de la
capitale, n'a pas été inquiétée).
Des
débordements, prémédités, ont
semé la panique dans tout le Liban
assistant en direct aux actes de
vandalisme perpétrés par des
jeunes, à moitié syriens
et palestiniens, dont près de 400
ont été arrêtés par les forces
de sécurité libanaises. N'empêche
que le ministre de l'Intérieur a démissionné,
faute d'avoir pu contenir une
situation similaire à celle qui prévalait
au Liban dans les années 1975-76.
Toutes
les parties politiques se sont dépêchées
pour saluer la position passive et
pacifique des habitants d'Achrafieh
qui, dans un réflexe d'autodéfense,
auraient normalement du affronter
les casseurs qui les provoquaient
jusqu'à vouloir pénétrer dans
leurs maisons. Pour sa part, le
service consulaire du Danemark avait
fui la veille, livrant son bâtiment
à la colère du peuple : "Tel
est le sort de tous ceux qui s’en
prennent à l’Islam et à notre
Prophète. Ils seront brûlés par
le feu de l’enfer", a affirmé
un jeune manifestant, la tête
ceinte d’un bandeau vert.
Vive
la démocratie en Europe qui vend
des armes en fermant les yeux sur
les massacres qu'elle produit !
Vive
la démocratie en Europe qui insulte les
prophètes en jetant dans la
rue les hordes qui bientôt la
gouverneront !
A
l'issue de la visite des ulémas
de Dar-al-Fatwa, venus présenter
leurs excuses au
métropolite grec-orthodoxe de
Beyrouth, Mgr Elias Audi

Tel
a été le sort de centaines de
voitures à Achrafieh