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Les
Français rêvent d'un Noël
spirituel
Une
enquête exclusive de
l'institut CSA pour
"La Croix"
montre qu'une écrasante
majorité des Français
juge Noël "trop
commercial". Près de
deux Français sur trois
aspirent à "plus de
spiritualité". Un
Français sur cinq ira à
la messe de Noël
par
JEAN-MARIE GUENOIS et
NICOLAS SENEZE, publié
dans la Croix le 23 décembre
2005
Noël
fascine encore. Si les
chiffres de participation
à la messe de minuit
semblent se stabiliser
depuis trois ans - un
Français sur cinq annonce
son désir de rejoindre,
ce jour-là, la communauté
la plus proche -,
le
goût spirituel de Noël
revient en force au détriment
de son aspect commercial.
C’est sans doute le
principal enseignement de
notre sondage. Mais Noël
est avant tout perçu
comme un moment familial
plus qu’un rendez-vous
religieux, les cadeaux y
sont attendus, une vision
festive qui ne s’oppose
certes pas à la
"spiritualité"
que les Français
attendent de leur fête préférée.
Car ce qui apparaît,
au-delà de la dénonciation
d’un envahissement
commercial, c’est peut-être
la recherche de sens :
neuf Français sur dix
trouvent en effet que Noël
est devenu trop
commercial, six Français
sur dix voudraient "plus
de spiritualité".
Tendance lourde ? Il
faudra reposer à nouveau
la question pour
l’affirmer, mais une
proportion aussi nette
dans les réponses ne
trompe pas sur une évolution
en cours. Surtout,
l’expression de ce désir
de spiritualité ne rime
pas avec une attitude de
rabat-joie. Le besoin de
se retrouver en famille ce
soir-là domine en effet
ce sondage, quelles que
soient les opinions et les
croyances. Ce besoin de
sens va donc de pair avec
la chaleur de la fête
dont chaque famille détient
le vrai secret.
Les Français très
attachés à Noël
- Même si la pratique
religieuse diminue, Noël
reste un moment privilégié
pour une grande majorité
des Français : 78 %
d’entre eux se déclarent
ainsi très ou assez
attachés à cette fête,
avec une palme aux
catholiques pratiquants
réguliers (97 %).
- A l’inverse,
seuls 7 % ne se déclarent
"pas attachés du
tout" à Noël : un
chiffre qui reste très
en dessous du nombre de
Français à se déclarer
sans religion, proche de
20 % selon les sondages.
Dans cette catégorie,
68 % déclarent tout de
même leur attachement
à Noël. Ce qui
regroupe sans doute ceux
de nos compatriotes
relevant d’autres
traditions religieuses,
principalement l’islam
et le judaïsme (qui,
quant à lui, célébrera
Hanoukka à partir de
lundi).
- Analysé maintenant
par rapport aux classes
d’âges, c’est chez
les aînés que l’on
relève le plus fort
attachement à la fête
de la Nativité (79 %
des plus de 75 ans, 81 %
des 65-74 ans). Mais Noël
demeure aussi un moment
fort pour les plus
jeunes : 24 % des 15-17
ans s’y disent
"très attachés",
et 55 % "assez
attachés".
- Enfin, Noël n’échappe
pas à la fracture
sociale, puisque si
toutes les catégories
professionnelles
s’accordent dans leur
attachement à Noël,
c’est chez les chômeurs
qu’on compte le plus
de personnes ne s’y déclarant
"pas attachées"
(31 %). Beaucoup
d’entre eux ont
certainement d’autres
préoccupations.
D'abord une fête
de famille
- Une fête de famille
avant d’être une fête
religieuse : ainsi
apparaît Noël aux yeux
de la majorité Français.
69 % l’envisagent en
effet comme "un
moment à passer en
famille" et 45 %
comme "une fête
pour les enfants",
loin devant la
"conception d’une
fête religieuse"
(26 %)…
- Il n’y a guère que
chez les pratiquants réguliers
que la dimension
religieuse de Noël
l’emporte sur sa
dimension familiale (80
% contre 62 %), loin
devant la conception
d’une fête pour les
enfants (26 %). mais au
fur et à mesure que la
pratique diminue, l’idée
d’un Noël "fête
de famille" se
renforce au détriment
de la fête religieuse :
66 % contre 50 % chez
les pratiquants irréguliers,
20 % contre 74 % chez
les catholiques non
pratiquants.
- Enfin, si c’est
parmi les 25-40 ans
qu’on retrouve le plus
de Français concevant
Noël comme une fête
pour les enfants, les
15-17 ans l’envisagent
à 90 % comme un moment
à passer en famille. Et
c’est chez les plus de
65 ans qu’on trouve le
plus de Français
envisageant Noël comme
une fête religieuse.
Les Français
aspirent à une fête
moins commerciale
 -
"Noël subit
malheureusement une
sorte de “pollution
commerciale “ qui
risque d’en altérer
l’esprit
authentique" :
l’analyse est de Benoît
XVI, au cours de son angélus
du 11 décembre, place
Saint-Pierre, où il
appelait les fidèles à
préparer Noël avec un
esprit "de
recueillement" et
"de sobriété".
Mais ce constat pourrait
tout aussi bien être
fait par les Français.
Le chiffre est en effet
sans appel : 90 % des
Français jugent que
"Noël est devenu
une fête trop
commerciale". Une
opinion qui traverse de
façon presque égale la
population française,
sans distinction de
sexe, d’âge ou de catégorie
socioprofessionnelle. Et
si 93 % des catholiques
pratiquants partagent
cette opinion, ce
chiffre reste fort pour
les autres catégories :
90 % chez les
non-pratiquants comme
chez les agnostiques, 86
% chez les pratiquants
irréguliers… Et
c’est d’ailleurs
chez ceux qui ne
s’estiment "pas
attachés" à Noël
que la critique est la
plus virulente contre un
Noël trop commercial :
94 % de ceux "peu
attachés" et 95 %
de ceux qui n’y sont "pas
attachés du tout"
la reprennent à leur
compte.
- Forts de ce constat,
les Français estiment
à 63 % qu’ "il
faudrait revenir à plus
de spiritualité"
dans la célébration de
Noël. Une opinion
partagée surtout par
les femmes (67 %) et par
les personnes les plus
âgées (73 % des plus
de 75 ans et 72 % des
65-74 ans), mais aussi
les plus jeunes (64 %
des 15-17 ans et 77 %
des lycéens et des étudiants).
Et si 68 % des
catholiques aspirent eux
aussi à plus de
spiritualité autour de
Noël, ce chiffre monte
à 98 % pour les
pratiquants réguliers
et à 83 % pour les
pratiquants irréguliers.
Un Français
sur cinq ira à la messe
de Noël
 Cette
année, 18 % des Français
se rendront à la messe
de Noël ce week-end,
soit un Français sur
cinq. Alors qu’on
comptait un Français
sur trois en 1992
(sondage BVA-La Croix),
on estimait la
proportion de Français
se rendant à la messe
pour Noël à un sur
cinq en 2002 et, l’année
dernière, un sondage
Noos-UPC donnait le
chiffre de 16 % (14 %
disant qu’ils
regarderaient la messe
de Noël à la télévision).
Après une chute, les
chiffres semblent donc
se stabiliser.
Si 23 % des catholiques
affirment qu’ils iront
à la messe de Noël, ce
chiffre monte à 82 %
pour les pratiquants réguliers
(36 % pour les
pratiquants irréguliers).
C’est chez les femmes
que la pratique
religieuse de Noël sera
la plus forte (20 %)
ainsi que chez les plus
âgés (30 % des 65-74
ans, contre seulement 8
% des 25-29 ans).
Néanmoins,
l’assistance à la
messe de Noël connaît
un certain succès chez
les plus jeunes : 19 %
des 15-17 ans et 23 %
des lycéens et étudiants
annoncent qu’ils iront
à la messe pour Noël.
La pratique religieuse
à Noël est cependant
différente selon les régions
: plus forte dans le
Sud-Est (23 %), Nord-Est
(22 %, sans doute à
cause de l’influence
de l’Alsace et de la
Lorraine), mais moins
forte en Île-de-France
(14 %) et dans le
Nord-Ouest (13 %).
D’une manière générale,
les Français sont
toutefois moins assidus
à Noël que leurs
voisins. Ainsi, selon
l’institut Emnid, 51 %
des Allemands envisagent
de se rendre à l’église
à Noël (69 % des
catholiques et 59 % des
protestants). Même
chose en Angleterre où
l’Eglise anglicane
enregistre, en cette période
de l’année, une très
forte hausse de la fréquentation
de ses églises (lire La
Croix du 20 décembre).
Selon le Daily Telegraph,
43 % des Britanniques
ont l’intention de se
rendre à l’église
pour Noël : un chiffre
en hausse constante (39
% en 2003 et 33 % en
2001).
Participer
à la messe de Noël
Pour connaître les
horaires des veillées
et des messes de Noël
dans toutes les
paroisses en France,
consulter Messes Info :
0.892.25.12.12 ou http://messesinfo.cef.fr
A la télévision
24 décembre
– Messe de minuit :
TF1, France 2 et KTO
retransmettent en direct
la messe de la Nativité,
célébrée par le pape
Benoît XVI dans la
basilique Saint-Pierre
à Rome.
25 décembre
– Sur France 2, 9
heures :Orthodoxie :
Message de Noël du métropolite
Emmanuel ; 9 h 30 : Foi
et traditions des chrétiens
orientaux, Noël en
Terre sainte ; 10 heures
: Présence protestante
: culte de Noël depuis
l’église luthérienne
Martin-Luther de
Saint-Denis (93) ; 11
heures : messe de Noël
en direct de l’abbaye
des cisterciennes de la
Maigrauge à Fribourg
(Suisse) ; 12 heures :Bénédiction
urbi et orbi du pape
Benoît XVI à Rome.
A la radio
24 décembre
– Sur RCF et
Radio-Notre-Dame (100.7)
: à 23 h 30,
retransmission de la
messe de minuit depuis
le cirque Alexis Gruss
à l’occasion du 60e
anniversaire du Secours
catholique. Messe présidée
par le cardinal
Jean-Marie Lustiger.
– Sur Fréquence
protestante (100.7) : de
21 heures à 0 h 30,
programme de Noël
(conte, cantate, veillée
de Noël et prière).
– Sur France-Culture :
à minuit, messe de Noël
.
25 décembre
– Sur RCF : à 12 h
00, bénédiction urbi
et orbi adressée par le
pape Benoît XVI aux
catholiques du monde
entier depuis la place
Saint-Pierre à Rome.
– Sur France-Culture :
8 h 30 : culte de Noël
, enregistré à la
prison des femmes à
Rennes ; 10 heures :
messe à la Collégiale
Saint-Pierre à Douai
avec la prédication de
Mgr François Garnier.
Dans
son message de Noël, le
patriarche maronite
Nasrallah Sfeir appelle à
l’union nationale
"Les
méthodes du communisme
ont disparu en Russie,
mais restent incrustées
dans notre Orient"
publié
dans l'Orient-le Jour le
24 décembre 2005
"Le
système communiste a
disparu en Russie, mais
reste incrusté dans notre
Orient, où certains régimes
continuent de s’inspirer
de ses méthodes,
cherchant à décimer l’élite
intellectuelle et
politique du Liban, pour
en réduire la population
à un troupeau humain
docile à ses
directives." C’est
le constat lucide que fait
le patriarche maronite, le
cardinal Nasrallah Sfeir,
dans son message annuel de
Noël. L’allusion à la
Syrie est à peine voilée. "Nous
avons repris notre souffle
lorsque le Ciel s’est
penché sur notre sort et
qu’une fin a été mise
à un tiers de siècle de
tragédies et de
drames", a encore
affirmé le chef de l’Eglise
maronite, ajoutant : "Nous
nous sommes dit alors :
Dieu merci, la saison des
malheurs est passée. Mais
le drame n’était pas
fini." Le patriarche
a ensuite dénoncé les "forces
occultes"
responsables de la
poursuite du drame et des
attentats et assassinats
qui secouent le pays
depuis un an, visant
l’intelligentsia du
pays. "C’est
exactement ce que faisait
le système communiste,
qui a disparu dans le pays
où il est né, mais qui
reste en vigueur dans
certains pays de la région",
a-t-il dit. Il a ensuite
appelé à l’union
nationale, pour faire échec
au complot.
Voici de larges extraits
du message de Noël du
patriarche maronite :
"Dès sa naissance,
on a pourchassé Jésus-Christ,
Sauveur du monde, et
l’on a cherché à se
venger de Lui et à Le
liquider physiquement. Hérode
et ses complices Le
guettaient pour Le tuer,
jaloux d’une autorité
terrestre qu’ils exerçaient
et qui, inéluctablement,
était condamnée à
disparaître. Mais
l’Ange du Seigneur qui
avait annoncé sa
naissance veillait sur Sa
sécurité. Il apparut en
songe à Son tuteur,
Joseph, lui disant : “Lève-toi,
prends l’enfant et sa mère,
et fuis en Egypte, car Hérode
va rechercher L’enfant
pour Le faire périr."
C’est ce que fit Joseph.
C’est ainsi que le
Christ fit l’expérience,
dès Son enfance, de la déportation
et de l’exil, afin de
ressembler à l’humanité
en tout ce qu’elle
souffre sur terre comme
drames et épreuves. De
plus, Ses compatriotes et,
par moments, certains de
Ses plus proches,
L’approchaient avec méfiance,
Le critiquaient méchamment,
jusqu’au jour où Ses
ennemis Le condamnèrent
à la mort sur la croix.
Voici ce qui advint il y a
deux mille ans."
De la crèche à
la croix
"La fuite en Egypte
ne doit donc être considérée
que comme un événement
dans une série de revers
subis par Jésus-Christ, rédempteur
de l’homme, de Son
enfance à Sa mort sur la
croix. Il est né dans une
crèche, comme naissent
les plus pauvres. Les
premiers à apprendre sa
naissance furent de
simples bergers qui
veillaient sur leurs
troupeaux à Bethléem.
L’Ange leur apparut et
calma leurs craintes en déclarant
: “Rassurez-vous, car
voici que je vous annonce
une grande joie, qui sera
celle de tout le peuple :
aujourd’hui, un Sauveur
vous est né, qui est le
Christ Seigneur.” Rassurés,
les bergers vinrent et
L’adorèrent."
Echange mystérieux
"Le mystère
de Noël s’accomplit en
nous quand le Christ
commence à Se former en
nous. Comme le dit saint
Paul qui interpelle les
Galates en disant : “Mes
enfants que j’enfante à
nouveau jusqu’à ce que
le Christ soit formé en
vous.(8)” Noël est la fête
de cet échange mystérieux
entre nous et le Christ Jésus.
Un échange véritablement
mystérieux, quand on
pense que le Créateur du
monde a pris un corps
d’homme, qu’Il est né
de la Vierge Marie et est
devenu homme sans prendre
les moyens des hommes, et
S’est complu à nous élever
au rang de la divinité.
Saint Irénée nous dit :
“La raison pour laquelle
Dieu S’est fait homme et
le Fils de Dieu, Fils de
l’homme, c’est pour
que l’homme devienne
Fils de Dieu en devenant
participant de la Parole
et en acceptant la
filiation divine.”
C’est dans le même sens
qu’Athanase dit :
“Dieu S’est fait homme
pour que l’homme
devienne Dieu.” "
"Si Dieu nous a créés
et nous a élevés à son
rang, faisant de nous des
dieux selon la parole de Jésus-Christ,
jugée blasphématoire par
les juifs, N’est-il pas
écrit dans vos Livres :
“J’ai dit, vous êtes
des dieux”, à notre
tour de poser la question
: “Notre conduite
est-elle toujours celle de
personnes qui savent
quelle dignité Dieu leur
a conférée, les élevant
à Son rang, faisant
d’eux des fils par
adoption et plantant en
eux le germe de Sa divinité
? Est-ce que nous
L’adorons comme Il doit
être adoré, obéissons-nous
à Ses commandements
divins ? Avons-nous Sa
crainte dans nos cœurs
?” La patrie se porte si
mal que ces questions
doivent être posées et
que chacun de nous doit y
répondre en conscience,
pour que nous sachions où
nous allons."
Reprendre son
souffle
"Nous avons
repris notre souffle lorsque
le Ciel s’est penché sur
notre sort et qu’une fin a
été mise à un tiers de siècle
de tragédies et de drames.
Nous nous sommes dit alors :
Dieu merci, la saison des
malheurs est passée. Mais
le drame n’était pas
fini, malgré les améliorations
sensibles de la situation.
Certes, nous avons retrouvé
notre liberté de décision,
repris notre sort en main,
senti que nous étions
responsables de nous-mêmes
et de notre pays, de sa
place dans cet Orient et
dans le monde. Hélas, des
forces occultes qui
redoutent la clarté du jour
et agissent sous le couvert
de la nuit étaient restées,
semant la discorde et la
peur, ébranlant les bases
de l’indépendance pour
prouver que les Libanais
sont incapables de se
gouverner, ou qu’ils ont
perdu la capacité de le
faire en s’habituant à
s’en remettre aux autres
pour remplir ce rôle, au détriment
de leur dignité. C’est à
ces forces que l’on doit
les attentats successifs,
les assassinats répétés
qui ont emporté le plus
souvent des leaders
d’opinion et des penseurs,
pour priver les hommes de
ceux qui peuvent les guider,
les réduisant à être un
troupeau humain. C’est
exactement ce que faisait le
système communiste, qui a
disparu dans le pays où il
est né, mais qui reste en
vigueur dans certains pays
de la région."
15 attentats en un
an
"Est-ce donc peu de
choses que 15 attentats se
soient produits chez nous
en moins d’une année ?
Qu’à peine une plaie
fermée, une nouvelle
plaie s’ouvre ? Que
nombre d’établissements
commerciaux, de lieux
touristiques et
d’habitations soient détruits
? Que tombent des hommes
et des femmes dans la
force de l’âge ?
"Mais les pleurs et
les lamentations ne sont
pas de mise. Ce que nous
pouvons faire de mieux
pour mettre fin à ces égarements,
c’est serrer nos rangs,
renoncer aux désaccords,
unifier les avis et mettre
au point un plan qui
unifierait les Libanais
autour d’un même but,
le rétablissement de la
tranquillité d’esprit
pour tous et
l’instauration de la
paix dans toutes les régions.
Un plan qui permettrait au
Liban de retrouver les
compétences qui l’ont
quitté, au pardon réciproque
de s’échanger, à une
action commune d’être
entreprise dans la
confiance retrouvée, aux
rapports humains d’être
réparés avant même les
édifices et
institutions."
"Avec la sincérité
d’intention retrouvée,
la discorde ne trouvera
plus de chemin vers nous,
ni les divisions, les
destructions et la mort.
Les Libanais regagneront
leur confiance en eux et
dans leur pays, et
tendront leur main vers
leurs voisins avec
lesquels ils agiront, sur
un pied d’égalité,
pour leur bien commun et
l’avenir des générations
montantes. En cette fête
glorieuse de la Nativité,
nous demandons au Seigneur
Jésus de nous conduire
vers des rivages
tranquilles, de nous
conduire à bon port. Nous
L’implorons de donner à
tous les Libanais de
nombreuses fêtes encore,
dans la tranquillité du cœur
retrouvée et les drapeaux
de la paix flottant
au-dessus du Liban, de la
région et du monde."
A Noël,
si l'espérance m'était
contée...
par
RAYMOND GRAVEL, publié
dans le Devoir le 24 décembre
2005
L'auteur
est prêtre, curé de la
paroisse
Saint-Joachim-de-la-Plaine
et aumônier de la
Fraternité des policiers
de Laval
Encore une fois,
cette année, la droite
religieuse américaine
part en guerre contre
ceux et celles qui
voudraient vider de son
contenu religieux la fête
de Noël. Les disciples
ou plutôt les croisés
de George W. Bush dénoncent
les responsables de
cette situation en les
accusant de vouloir éliminer
la religion dans un pays
qui se dit pourtant chrétien
à 85 % de sa
population.
Mais veut-on réellement
éliminer le caractère
chrétien de la fête de
Noël ? Ne
cherche-t-on pas plutôt
à dénoncer le
conservatisme fanatique
religieux à la Bush qui
s'oppose au progressisme
de certains
gouvernements, en matière
de liberté sociale et
religieuse, concernant
l'avortement,
l'euthanasie et le
mariage homosexuel ?
Dans pareil cas, il
faudrait se demander qui
sont les premiers
responsables de l'élimination
de toute référence
religieuse dans la société
américaine ? Les
hommes et les femmes des
Etats-Unis ou d'ici n'en
ont pas contre la foi
chrétienne; ils en ont
contre ces gourous, ces
ayatollahs, ces
dictateurs religieux
dont les discours n'ont
plus d'écho que la voix
qui les profère, comme
si la religion ne
pouvait suivre le
courant de libération
qui circule partout sur
la planète. Peut-on
encore parler d'espérance ?
Une foi réservée
à l'élite ?
Si l'espérance est la
foi à son meilleur,
comme le disait si bien
Charles Péguy,
serait-elle réservée
à des élites, aux légalistes
et aux conformistes des
grandes religions ?
Si c'est le cas, l'espérance
n'est plus nécessaire,
car à quoi ça sert
d'espérer lorsqu'on
possède la vérité sur
Dieu et qu'on a la
certitude que tout a été
dit et qu'il n'y a plus
rien à attendre. Mais
que reste-t-il pour les
autres ? Ceux qui
ne se retrouvent pas
dans les grandes
traditions religieuses ?
Ceux qu'on marginalise
à cause de leur
orientation homosexuelle ?
Ceux à qui on refuse
l'eucharistie à cause
d'un échec matrimonial ?
Ceux qu'on exclut parce
qu'ils osent dénoncer
l'attitude de leurs
dirigeants et défier
l'autorité de leur
Eglise ? Ceux qui
souffrent dans leur
corps, qui n'ont plus
aucune qualité de vie,
mais à qui on refuse la
mort qui pourrait
pourtant, dans la foi,
leur permettre de
retrouver leur dignité
humaine ? Y a-t-il
pour ceux-là une
possibilité de croire
et d'espérer ?
A l'origine de
la fête de Noël, les
chrétiens du IVe siècle,
en récupérant la fête
de la lumière "Natalis
Solis invecti" ou
"fête du soleil
renaissant", célébrée
dans l'Empire romain à
l'occasion du solstice
d'hiver, ont voulu
signifier que Dieu
s'humanise dans la
naissance du Christ
ressuscité, lumière du
monde, et qu'il renaît
sans cesse à travers
les chrétiens de tous
les temps. C'est
pourquoi Noël ne peut
être figé dans le
temps ; c'est la
renaissance de la lumière
à travers les chrétiens
que nous sommes. Si nous
refusons de reconnaître
la lumière dans les réalités
nouvelles qui sont les nôtres,
comment peut-on célébrer
Noël cette année, en y
conservant son caractère
religieux et chrétien ?
Noël, c'est plus que
des mots à connotation
religieuse :
"Nativité",
"Christmas",
"Natale",
"Navidad" ;
c'est plus que des
expressions :
"Joyeux Noël",
"Merry
Christmas",
"Buon Natale",
"Feliz Navidad"
; c'est plus qu'un
sapin, qu'une couronne
ou qu'un cantique de Noël...
Noël, c'est Dieu qui
s'humanise aujourd'hui
pour nous libérer et
nous faire espérer.
Toujours
vivant
Le Christ est
toujours vivant; c'est Pâques
qui nous le dit. Il est
là au milieu de nous.
Il n'en tient qu'à nous
de le reconnaître et de
le rencontrer. Et pour
le rencontrer, il faut
aller aux endroits qu'il
aime fréquenter. Il
n'aime pas les églises
et les cathédrales ; il
a en horreur les palais
et les châteaux. Il préfère
les taudis, les prisons,
les hôpitaux ; il se
promène dans les rues
de nos villes, il s'arrête
dans les quartiers défavorisés,
il fait une halte chez
les pauvres. C'est là
qu'il nous attend pour
nous toucher le coeur.
Il habite les personnes
dans ces lieux où se
vivent l'entraide, le
partage, le pardon, la
communion et l'amour. Il
nous le dit clairement : "A
chaque fois que vous
avez nourri, donné à
boire, visité, soigné,
libéré, soulagé un
petit parmi mes frères,
c'est à moi que vous
l'avez fait" (Mt
25,40).
A l'occasion de Noël,
je nous invite à
l'ouverture, à la
transparence, à la tolérance,
à la reconnaissance et
à l'espérance. Parler
d'espérance
aujourd'hui, c'est
d'abord reconnaître que
le Christ est toujours
vivant au coeur du
monde, dans sa diversité,
que Dieu continue de se
révéler dans
l'histoire humaine avec
ses réalités
contemporaines et que sa
Parole nous libère du
joug et des fardeaux que
les religions ne cessent
de nous imposer. De la
naissance à la mort,
les croyants
d'aujourd'hui, dans
leurs situations
particulières, dans
leurs réalités
quotidiennes, ont besoin
d'une parole de réconfort,
une parole qui les
stimule, qui les
interpelle, une parole
qui libère et qui fait
espérer. Si l'espérance
m'était contée, il ne
me viendrait jamais à
l'idée de faire disparaître
la fête de Noël !
Joyeux Noël 2005 !
Message
de Noël du patriarche melkite
grec-catholique Grégoire
III
"L’Eglise
des Arabes fait face à un
complot visant à vider
l’Orient de ses chrétiens"
publié
dans l'Orient-le Jour le
20 décembre 2005
Dans
son message de Noël, le
patriarche grec-catholique,
Grégoire Lahham, a mis en
garde contre un complot
ourdi contre "l’Eglise
des Arabes", un
complot visant à "vider
l’Orient de ses chrétiens". "Nous
devons prendre conscience
que notre Eglise est
arabe", a dit Grégoire
III. "Nous sommes
l’Eglise des Arabes et
l’Eglise de l’Islam du
fait de nos liens étroits
avec le monde arabe et
islamique, sa culture, sa
civilisation, ses valeurs
politiques et sociales et
tous les aspects de sa vie
au cours de ces 1.400 ans
passés."
"Nous tous, musulmans
et chrétiens en
particulier, faisons face
à un complot effroyable
que nous devons savoir déjouer",
a poursuivi le patriarche.
Un complot visant à vider
l’Orient de ses chrétiens,
afin de mieux porter
atteinte à l’Orient et
à l’Occident, aux chrétiens
et aux musulmans.
"Oui, nous avons une
mission spéciale, a
insisté le patriarche Grégoire
III, celle de résister à
ce grand complot. Nous
devons nous aimer les uns
les autres, nous devons
nous entraider, le chrétien
doit défendre le musulman
et le musulman le chrétien
; le chrétien doit apparaître
sous son jour le plus beau
et le musulman aussi. Nous
devons pouvoir dire au
monde : la solution,
c’est notre foi de chrétiens
et de musulmans (…) Si
nous réussissons, nous
aurons obtenu une grande
victoire et nous serons un
modèle pour le monde
entier." Sur un autre
plan, le patriarche Grégoire
III a appelé son Eglise
à une fidélité
exemplaire au patrimoine
antiochien. "On ne
donne que ce que l’on
possède", a-t-il
dit, résumant
l’obligation de fidélité
de l’Eglise melkite à
son patrimoine oriental.
Préserver
nos racines
par
PATRICIA BRIEL, publié
dans le Temps le 24 décembre
2005
Au
sein de sociétés qui
deviennent toujours plus
multiculturelles, la
question de l'identité
religieuse se pose avec
une force nouvelle. Depuis
son élection, le pape
Benoît XVI a eu
l'occasion de répéter à
plusieurs reprises que
l'Europe souffrait d'une
étrange haine de soi, qui
la pousse à renier sa
culture et ses valeurs chrétiennes.
La foi étant reléguée
dans la sphère privée,
les Eglises ne semblent
plus aujourd'hui porteuses
d'histoire. Elles sont
devenues des pourvoyeuses
d'actes symboliques, qu'on
utilise pour marquer
certaines étapes de la
vie. Certains prophètes
voient se profiler à
l'horizon les derniers
soubresauts d'une religion
qui a fondé notre
civilisation.
L'héritage
chrétien, auquel la
Constitution européenne
ne fait pas référence,
peut-il perdurer au sein
de sociétés profondément
sécularisées ? Le
christianisme est
aujourd'hui mal aimé. On
a pris l'habitude de
mettre toutes les
religions dans le même
sac. On s'empresse de les
confondre avec les
manifestations violentes
et imbéciles de groupes
qui prétendent détenir
la vérité. On applaudit
aux discours haineux de
soi-disant philosophes athées.
En un mot, on en a peur.
Mais regardons la réalité
en face : jamais les
Eglises n'ont eu aussi peu
de pouvoir sur les
consciences
qu'aujourd'hui. Du moins
en Occident. Dès lors,
nos craintes relèvent
surtout du fantasme.
Dans un contexte aussi
tourmenté, une solide
culture religieuse peut être
un atout. Précisément
pour combattre la bêtise,
l'une des filles de
l'ignorance, et pour ne
pas laisser le monopole de
la religion aux
fanatiques. Assurer la
transmission du
christianisme aux futures
générations deviendra
peut-être un jour une nécessité.
Non pas pour endoctriner
les masses, mais pour
savoir d'où nous venons.
Et, partant, pour mieux
accepter l'Autre. Cette
transmission, plus
culturelle et éthique que
religieuse, est déjà en
route. Qu'ils soient
agnostiques ou ath | | | | | | |