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Des murs
contre la paix
par HENRI
MADELIN, publié dans
Ouest-France le 9
janvier 2004
L'auteur est rédacteur
en chef de la revue
Etudes
Trop
souvent c'est la
peur, cette
mauvaise conseillère,
qui guide les
relations entre
les hommes, au
risque d'annihiler
le travail
d'innombrables bâtisseurs
de paix disséminés
sur toute la planète.
Affrontées à des
oppositions irréductibles,
les nations du XXe
siècle ont
cru trouver des
solutions en bâtissant
des murs de béton
ou en entretenant
des haines dans le
coeur et la tête
de leurs
ressortissants :
procédures
d'exil, mesures
d'exclusion pour
les Tziganes, clôtures
des ghettos,
monuments de nos
hontes et de nos
douleurs ;
murs édifiés
dans les sables du
Sahara, murs
abattus que l'on
voudrait oublier
mais qui se
reconstruisent
plus loin, renforçant
de nouvelles
frontières ;
mais aussi mur des
Lamentations où
l'on vient prier
et se recueillir
dans un
environnement menaçant ;
mur de la démocratie
à Pékin, où s'écrit
l'utopie de l'égalité ;
murs intérieurs
et invisibles
enfin, ces
"murs de la
haine" dont
parle Saint Paul
et que chacun doit
abattre au plus
secret de lui-même.
En ce début du
XXIe siècle,
un nouveau mur est
en construction en
Palestine. Le
lourd rideau qui
entend séparer
deux peuples est
tendu sur près de
cent trente kilomètres,
entre Salem, à
l'extrême pointe
de la Cisjordanie
jusqu'au sud de
Kalkilya, non loin
de la route qui mène
à Tel-Aviv.
Le
mur de Berlin,
lui, est tombé.
Mais il n'a pas
complètement
disparu des têtes
des Allemands de
l'Est, pleines
encore de vieux
ressentiments à
l'égard de leurs
compatriotes de
l'Ouest. L'écrivain
Peter Schneider
raconte que les
premières
victimes de la
chute du mur de
Berlin furent les
cinq mille chiens
renifleurs des
gardes-frontières.
Désormais sans
emploi et sans maîtres,
ils ont été
"privatisés".
Ils sont devenus
doux avec leurs
nouveaux propriétaires
mais si on les
conduit près de
l'ancien Mur, ils
se montrent
agressifs et
retrouvent leurs réflexes
d'antan. Le mur de
Berlin avait été
bâti pour
enfermer et nier
l'existence de
l'autre.
L'encerclement idéologique
qu'il supposait a
laissé des traces
qui tardent à
s'effacer. Après
1989, la frontière
psychologique est
partie plus à
l'est vers les
points de passage
le long de la
frontière
germano-polonaise.
Après ce mois de
mai 2004 qui verra
la Pologne entrer
dans le club des
riches de
l'Europe, la peur
se déplacera
encore quelque
mille kilomètres
plus à l'est.
L'Europe
respectable
tentera de protéger
ses frontières
des intrus, grâce
à de nouveaux
murs invisibles
mais non
imaginaires. Détruire
les murs extérieurs
et intérieurs,
c'est donc bien
devenir un artisan
de paix au sein de
l'humanité.
La
revue Etudes a
publié en janvier
une série de
courts articles
autour du thème
"Au pied des
murs" ;
14, rue d'Assas,
75006 Paris
haut
Têtes
d’affiche
par
ISSA GORAIEB, publié
dans l'Orient-le Jour
le 20 mars 2004
A défaut
d’une de ces têtes
nucléaires,
chimiques ou bactériologiques
demeurées désespérément
introuvables dans
l’arsenal
irakien qu’évoquait
avec tant de
sainte horreur
George W. Bush,
celle enturbannée
d’Ayman
al-Zawahiri ferait
sans doute un
trophée très
convenable dans le
Bureau ovale de la
Maison-Blanche,
maintenant que le
bien-fondé de
l’équipée
irakienne est
devenu un des thèmes
majeurs du débat
électoral aux
Etats-Unis. Le président
américain peut même
espérer sortir un
jour de son
chapeau texan le
mythique Ben Laden
qui, à en croire
certains experts
d’Asie, serait
pratiquement déjà
en cavale surveillée
: sa capture
n’attendant plus
que le bon moment,
celui où elle
viendrait booster
les sondages. Si
toutefois la vaste
opération
militaire
actuellement menée
par l’armée
pakistanaise dans
la zone tribale du
Waziristan devait
porter ses fruits,
il ne s’agirait
pas moins là
d’un développement
majeur dans cette
Troisième Guerre
mondiale à peine
larvée, opposant
au terrorisme le
monde dit civilisé.
Al-Zawahiri passe
pour être en
effet le véritable
cerveau de
l’organisation
el-Qaëda, le
planificateur qui
élabore la stratégie
et la tactique,
qui conçoit les
plus monstrueux
attentats et les
soumet à
l’approbation du
chef
charismatique.
L’élimination
de l’un ou
l’autre de ces
hommes aurait
incontestablement
un puissant impact
; mais en l’état
des choses, il
serait plus
d’ordre
psychologique, hélas,
que pratique.
Par définition,
en effet,
l’hydre
terroriste n’est
pas en pénurie de
têtes ; il serait
illusoire de la décapiter
car les cerveaux
malades sont légion
; et s'il est vrai
que deux bons
tiers des pères
fondateurs d’el-Qaëda
ont été
neutralisés
durant les trois
dernières années,
une nouvelle génération
a
imperturbablement
amorcé la relève
; des noms qui ne
vous disaient rien
hier se hissent
maintenant en tête
d’affiche, tel
celui du Jordanien
Zarqaoui qui
exercerait avec
acharnement ses
sinistres talents
sur l’infortuné
Irak. Rien
n’aura été
fait, en vérité,
tant que tous les
réseaux et sous-réseaux
de la nébuleuse
terroriste
n’auront pas été
démantelés par
les polices. Ou
qu’ils ne seront
pas morts
d’inanition avec
l’instauration
d’un système de
contrôle
universel
interdisant
absolument
l’acheminement
de fonds aux
groupes hors la
loi, sous couvert
de donations
faites souvent de
bonne foi à des
associations
caritatives.
Quelque gros que
puissent être les
poissons pris dans
la nasse, la
guerre ne serait
pas terminée pour
autant : une fois
n’est pas
coutume, les
responsables américains
ont la sagesse de
le reconnaître en
chœur. Mais ni
Condoleezza Rice,
ni les
responsables du département
d’Etat, ni les
galonnés du
Pentagone ne sont
près d’admettre
que cette guerre
ne peut être gagnée
par la seule force
militaire, surtout
quand elle est égoïstement
maniée par
l’unique
superpuissance
mondiale. Que la
victoire commande
la mise en place
d’un réseau
d’alliances sincères
et donc fiables,
encore plus étendu
que celui tissé
aux quatre coins
du globe par
l’ennemi
terroriste. Et que
c’est précisément
sur ce terrain que
l’Administration
Bush, depuis la
guerre d’Irak, a
fait preuve
d’une maladresse
incommensurable,
pour ne pas dire
d’une incroyable
stupidité.
Car non seulement
les Etats-Unis ont
dédaigneusement
ignoré l’Onu et
l’Europe alors même
qu’ils en
avaient le plus
grand besoin, mais
leur approche tantôt
paternaliste et
tantôt agressive
du monde
arabo-musulman a
suscité de
regrettables
flottements là-même
où tout devait
commencer, là où
tout doit finir.
Car on ne le
soulignera jamais
assez, ou bien le "terrorisme
islamiste"
est là pour les décennies
à venir. Ou bien
il sera enfin
extirpé dans un
avenir prévisible
parce que
l’islam l’aura
lui aussi voulu :
parce qu’il sera
profondément
convaincu du tort
et des périls énormes
que représente ce
fléau pour lui-même
autant que pour le
reste de
l’humanité,
parce qu’il se
sera
volontairement et
pleinement associé
à l’entreprise
mondiale d’éradication.
Il y a bien sûr
moyen de stimuler
les volontés
vacillantes, et
Washington ne
s’en prive
certes pas.
D’amener les
alliés ambigus à
prendre des
risques, et
c’est bien le
cas du président
Moucharraf, à
peine rescapé
d’un attentat et
qui, en lançant
l’assaut final
contre le numéro
deux d’el-Qaëda,
s’attire la
haine
inextinguible des
puissantes
associations
pakistanaises de même
qu’il indispose
sans doute plus
d’un de ses généraux.
Mais aussi
intenses
qu’elles
puissent être,
les pressions
peuvent s’avérer
inopérantes quand
elles ne se
doublent pas de
promesses -
crédibles -
de lendemains
meilleurs.
L’Amérique ne
peut se poser en
missionnaire de la
justice et de la démocratie
dans les Etats du
Moyen-Orient quand
elle n’œuvre
pas, dans le même
temps, à
instaurer la
justice entre
Etats. Elle ne
peut convaincre
les peuples des
bienfaits du
changement quand
elle absout et réhabilite
ce grand démocrate
de Kadhafi pour la
seule raison
qu’il a fait
soumission à l’Oncle
Sam. Elle ne peut,
après une
interminable léthargie,
convaincre de sa
soudaine et
profonde
sollicitude pour
notre pauvre Liban
quand elle n’a
vraisemblablement
d’autre souci,
une fois de plus,
que de faire
monter la pression
sur le régime
syrien. Elle ne
peut enfin espérer
une adhésion sans
faille des Arabes
et des musulmans
quand elle traite
avec tant de désinvolture
d’une de leurs
causes majeures,
la Palestine,
cyniquement livrée
aux noirs desseins
de Sharon. Wanted
pour étoffer le
tableau de chasse
? En ces temps
d’inquiétude
planétaire,
c’est plutôt de
têtes pensantes
que l’on a le
plus grand, le
plus urgent
besoin.
haut
Les
lois de la démographie
au Proche-Orient
Après les
manifestations de
mouvements de colons
à Tel-Aviv
par SERGIO
DELLAPERGOLA* et
MICHEL-LOUIS LEVY**,
publié dans le
Figaro le 13 janvier
2004
* Professeur à
l'université hébraïque
de Jérusalem. Né
en Italie, vit en
Israël depuis 1966,
spécialiste de démographie
des populations
juives
** Statisticien et démographe,
auteur et coauteur
des Tableaux de
l'économie française
(Insee, annuel)
(Le présent texte,
dont l'essentiel des
statistiques
provient de Demography
in Israël-Palestine,
reprend de
larges extraits de
l'article paru dans
la dernière
livraison de la
revue Commentaire
(n° 104, hiver
2003-2004))
Pendant la courte
période d'espoir
qui suivit les
accords d'Oslo,
les bâtisseurs de
la paix mesurèrent
non seulement
l'immense
difficulté de
leur entreprise,
mais aussi les
atouts dont ils
disposaient, par
exemple de bonnes
statistiques démographiques,
plus complètes évidemment
pour les Israéliens,
mais convenables
pour les
Palestiniens, grâce
à l'UNRWA, à
l'OLP et à
l'Autorité
palestinienne
(...). L'accroissement
naturel relatif
des populations
palestinienne et
israélienne a
toujours constitué
une préoccupation
importante et un
sujet inépuisable
de débats pour
les Israéliens,
de toute façon
plongés dans un
environnement
exclusivement
arabe et soucieux
que l'Etat juif au
moins soit à
majorité juive.
La rapidité de
cet accroissement
naturel est liée
à la combinaison
unique au monde de
trois facteurs :
– importance des
traditions
religieuses et des
affirmations
identitaires,
croissance économique
et santé publique
moderne. Et il
faut bien parler
aussi d'une sorte
de compétition démographique
;
– la fécondité
de la population
musulmane d'Israël-Palestine
a été supérieure
à 10 enfants par
femme jusqu'aux
années 60. Elle a
diminué
progressivement
jusqu'au milieu
des années 80, et
est restée stable
tout au long des
quinze années
suivantes. Elle
est encore de 5,5
enfants par femme
à la fin des années
90. Ce processus
de baisse de la fécondité
est commun à la
majorité des pays
musulmans, y
compris l'Iran
islamiste, mais la
Palestine garde,
selon l'expression
d'Emmanuel Todd,
une "fécondité
de combat" nettement
supérieure à la
moyenne des
populations de développement
comparable.
De son côté,
l'indice de fécondité
des Juifs israéliens
était supérieur
à 4 enfants par
femme en 1951 et
s'est abaissé au
milieu des années
90 à 2,6, mais
reste nettement
supérieur à
celui de tout
autre pays développé.
Tant chez les
Juifs que chez les
Arabes existe une
variabilité
considérable de fécondité
entre les
sous-groupes. Chez
les Juifs sécularisés
d'Israël et chez
les Arabes chrétiens,
la fécondité est
voisine de deux
enfants par femme,
au-dessus des
normes
occidentales. Mais
chez les Juifs
ultra-orthodoxes,
tout comme à
Gaza, elle dépasse
sept enfants par
femme (Voir
Youssef Courbage,
"Israël et
Palestine :
combien d'hommes
demain ?", Population
et sociétés, Ined,
n° 362, novembre
2000). (...) L'Etat
d'Israël couvre
21.671 km2
de territoire
(plus 474 km2
de lacs), y
compris 1.154 km2
des hauteurs du
Golan syrien, et
environ 73 km2
des environs de Jérusalem
qu'il a incorporés
en juillet 1967.
Les Territoires
palestiniens
incluent la
Cisjordanie, 5.506
km2, et
la bande de Gaza,
378 km2,
soit au total
5.884 km2. A
la fin de 2000, la
population totale
de l'ensemble Israël-Palestine
est estimée à
9,3 millions
d'habitants,
environ 5 millions
de Juifs (53%), près
de 3,9 millions de
musulmans (42%),
et seulement
200.000 chrétiens
(2%). Sur ce
total, la
population totale
d'Israël -
comprenant les résidents
juifs des
Territoires
palestiniens -
s'élève à
environ 6.350.000
habitants, dont
4.970.000 Juifs,
200.000 non-Juifs,
et 1.178.000
Arabes, la plupart
musulmans mais également
chrétiens et
druzes. Les
Territoires
palestiniens ont 3
millions
d'habitants,
1.845.000 en
Cisjordanie et
1.128.000 dans la
bande de Gaza.
(...) Les
projections présentées
sont faites sous
une hypothèse de
migrations nulles,
tant entre
l'ensemble Israël-Palestine
et l'extérieur
qu'entre les différentes
zones d'Israël-Palestine,
et sous une hypothèse
d'évolution
favorable de la
mortalité : l'espérance
de vie des
populations juive
et arabe continue
de s'accroître,
conformément aux
tendances récentes,
d'environ un an
toutes les cinq
années civiles.
Seule la fécondité
fait l'objet
d'hypothèses variées
: dans l'hypothèse
"médiane",
la fécondité des
Juifs reste au
niveau de 2,6
enfants par femme
constatée en
2000, celle des
Arabes part à
cette date des
niveaux de 4 en
Israël, 5,4 en
Cisjordanie et 7,4
à Gaza, pour
converger en 2050
vers celui des
Juifs, 2,6 enfants
par femme. Dans
l'hypothèse
"haute",
la fécondité des
Palestiniens reste
aux niveaux élevés
constatés en 2000
dans les trois
zones ; dans
l'hypothèse
"basse",
elle s'abaisse
instantanément à
2,6 enfants par
femme. Selon la
projection médiane
(les projections
moyennes du Bureau
central de
statistique
palestinien (1999)
recoupent
convenablement ces
résultats ; elles
tombent entre les
scénarios "médian"
et
"haut".
Voir le site www.pcbs.org
), la population
de la région (9,3
millions
d'habitants, dont
6,3 en Israël et
3 millions dans
les Territoires
palestiniens)
atteindrait en
2020 les 14,4
millions
d'habitants, avec
une fourchette
basse-haute allant
de 12,1 à 15,6
millions : 8,7 en
Israël (8,2-9) et
5,7 millions dans
les Territoires
palestiniens
(4-6,6) ; ou
encore 6,7
millions de Juifs
(6,3-6,9) et 7,7
millions d'Arabes
(5,8-8,7). En
2050, ces chiffres
passeraient à un
total de 23,5
millions, la
fourchette s'élargissant
à 15,4-36,5
millions : 11,9 en
Israël (9,4-14,8)
et 11,6 millions
dans les
Territoires
palestiniens
(6-21,7) ; ou
encore 8,8
millions de Juifs
(7,3-10,4) et 14,7
millions d'Arabes
(8,1- 26,1).
Certains de ces
chiffres défient
l'imagination,
particulièrement
ceux des scénarios
de 2050.
Il peut paraître
aussi peu
vraisemblable de
voir la fécondité
arabe se maintenir
indéfiniment aux
niveaux actuels
que de la voir
s'abaisser
instantanément à
des niveaux
proches de la fécondité
juive. Le scénario
"médian"
paraît plus
vraisemblable.
Dans ce scénario,
la densité de
Gaza, déjà
voisine de 3.000
hab/km2
en 2000,
atteindrait 6.200
hab/km2
en 2020, pour ne
pas parler d'une
densité de 13.600
hab/km2
en 2050, qui
s'approcherait de
la densité
actuelle de Paris,
voisine de 20.000
hab/km2.
Quant à l'équilibre
Juifs/Arabes, il
est clair qu'il
n'y a que dans le
cadre territorial
du seul Etat
d'Israël que la
majorité juive
est fermement établie,
au moins jusqu'au
milieu du XXIe
siècle. La
minorité arabe
israélienne
pourrait alors
atteindre les 30%,
ce qui se compare
avec la minorité
turque à Chypre
ou albanaise en
Macédoine. En
revanche, pour
l'ensemble Israël
et Territoires
palestiniens où
la majorité juive
se limite en 2000
à 53 ou 55%,
selon la définition
de la population
juive, cette
courte majorité
pourrait basculer
vers 2010. Et en
2050, la part des
Juifs serait
revenue à 35-37%,
comme au début
des années 40,
pendant le mandat
britannique.
Ce sont évidemment
les migrations qui
pourraient changer
la donne. (...) Il
faudra bien un
jour admettre
qu'il puisse y
avoir des
habitants juifs en
Cisjordanie et à
Gaza, de
nationalité israélienne,
palestinienne ou
autre, comme il y
a des habitants
arabes en Israël.
Une fois qu'aurait
été négocié
l'arrêt du
terrorisme contre
le retrait des
Territoires
palestiniens de
l'armée israélienne,
qu'aurait été
permise une
certaine osmose
des populations,
en particulier à
Jérusalem,
qu'aurait été
proclamé un Etat
palestinien
faisant régner la
loi et l'ordre,
une structure économique
nouvelle, financée
par les Etats-Unis,
l'Union européenne
et les pays arabes
et musulmans
producteurs de pétrole,
pourrait succéder
à l'UNRWA et être
chargée :
– de proposer
aux réfugiés
palestiniens un
choix raisonnable
entre le
"retour"
en Palestine, de
préférence à
Israël, l'intégration
dans leur pays
d'accueil ou un
nouveau départ
dans les pays où
vit déjà une
diaspora
palestinienne ;
– de donner les
moyens de son développement
durable à la
Palestine, avec
l'aide d'Israël,
et de traiter les
questions d'intérêt
commun aux deux
peuples comme
l'approvisionnement
en eau potable,
les réseaux de
transports et de
communications, l'équipement
urbain, la
protection de
l'environnement...
Si la paix règne,
les questions des
frontières et de
Jérusalem perdent
de leur acuité. A
l'équilibre entre
deux Etats, israélien
et palestinien,
garantissant la sécurité
et les droits de
tous leurs
habitants, y
compris les
minorités arabe
en Israël et
juive en
Palestine, doivent
donc répondre :
– d'une part un
équilibre des
pays arabes et
musulmans,
incluant la
Palestine,
consacrant leurs
ressources et leur
ardeur à leur
propre développement,
(...) et luttant
contre les menées
islamistes
internes et
externes ;
– d'autre part
un équilibre
entre un Etat
d'Israël, ayant
vocation à servir
de refuge aux éventuelles
victimes de
nouvelles crises
antisémites, et
une diaspora apaisée,
travaillant à la
prospérité des
pays, y compris
les proches
voisins d'Israël,
qu'elle a toujours
enrichie de ses
capacités.
haut
par GABY NASR,
publié dans
l'Orient-le Jour le
19 mars 2004
Message reçu cinq
sur cinq.
Maintenant que les
Espagnols se sont
couchés devant
l’oukase
meurtrier, Oussama
Ben Laden, dont
visiblement les SR
occidentaux
n’ont pas
suffisamment lu
les œuvres complètes,
pourra s’occuper
tranquillement des
derniers angelots
européens, qui
pensent benoîtement
que le terrorisme
ne frappera que
les pays englués
dans le purin
irakien. Mais
dans la stratégie
du coup de pied au
cul, il faut
toujours
s’interroger sur
la responsabilité
des fesses. Un
train qui saute,
et c’est José
Maria Aznar qui déraille.
Au lieu de se la
jouer franco (sans
mauvais jeu de
mots), ce qui lui
aurait permis de
justifier a
posteriori sa
danse du ventre
devant George
Dobelyou dans la
croisade contre
les méchants, le
petit Grand d’Espagne
a courageusement
préféré se
rabattre sur les
cinglés-maison de
l’ETA. Résultat
des courses : dans
une Europe qui a
viré sa cuti
depuis une bonne
dizaine d’années,
les Espagnols
reviennent se
coltiner le
Jurassic Park du
socialisme.
Quant à Oussama
Ben New York et sa
cour d’ermites
disjonctés, ils
doivent bien se
dire qu’à tout
prendre,
l’attentat de
Madrid était pour
eux tout bénéf :
pour une fois,
el-Qaëda n’a
pas puisé dans
son stock de
kamikazes prépubères,
réalisant par la
même occasion une
économie de 70
vierges
paradisiaques, que
la nébuleuse du
milliardaire barbu
aura tout le
loisir d’amortir
avec d’autres
Pinocchio
guerriers. Bien
huilée, la
tactique pourra
servir ailleurs.
Faut dire que
l’agité du
turban saoudien a
du pain sur la
planche :
islamiser Jacques
Chirac et imposer
le chiffon aux
Françaises qui
affolent sa
libido, faire défiler
les Allemands au
pas de l’oie sur
fond de chants
gutturaux en arabe
et tailler une
circoncision bien
ciselée à Silvio
Berlusconi, ce qui
lui ferait une
deuxième tête de
nœud. En
attendant, la
parano el-Qaëda
fait danser toutes
les polices d’Europe,
où même les
scouts éviteront
désormais de
chanter "Youcaïdi,
youcaëda".
haut
Un couple infernal,
200 ans de
francophobie et
d'antiaméricanisme,
d'Eric Dior (éd.
Perrin)
par MICHEL
ANFROL, publié dans
le Figaro Littéraire
le 29 janvier 2004
L'auteur est
journaliste, président
de l'amicale de
l'Institut Charles
de Gaulle
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