|
|
 |
|
|
|
 |
 |
|
|
Le Liban touché de plein
fouet par la tragédie en Arabie
saoudite
Sept tués et 53 blessés
libanais dans l’attaque-suicide
contre un centre résidentiel à
Ryad
paru dans l'Orient-le Jour le
10 novembre 2003
Touché de plein fouet par la
tragédie, le Liban était sous
le choc hier après l’attentat
contre un complexe résidentiel
de Ryad, le Mouhaya, qui a fait
au moins dix-sept morts, dont
sept Libanais. Les mots manquent
pour décrire l’attentat, qui
a décimé des familles et semé
la douleur et le deuil dans les
foyers libanais. Perpétré dans
la nuit de samedi à dimanche,
l’attentat à la voiture piégée
contre le complexe proche du
palais royal al-Yamama, résidence
d’expatriés de pays arabes
essentiellement, mais aussi d’Occidentaux,
a fait également 122 blessés,
selon les chiffres disponibles
en début de soirée. Parmi eux,
53 sont libanais, assure-t-on de
source saoudienne. On sait
du reste que 60 % des résidents
du complexe résidentiel étaient
de nationalité libanaise,
certains d’entre eux portant
aussi une nationalité américaine.
Selon les témoignages
recueillis auprès des Libanais
résidant sur place, l’attaque
a commencé par des tirs
d’armes automatiques provenant
d’un monticule situé au
voisinage du complexe. Ces tirs
ont visé les appartements
illuminés. Peu après, un véhicule
militaire, probablement volé, a
forcé l’entrée du complexe.
Ses occupants portaient des
uniformes similaires à ceux des
gardiens du complexe. Certains
des assaillants tiraient dans
toutes les directions, pendant
que la voiture fonçait sur
l’un des ensembles du
complexe, avant d’exploser.
Deux autres explosions ont également
été entendues, ajoutent des témoins
libanais de l’attentat, ainsi
que des rafales d’armes
automatiques entre les
immeubles, dans les escaliers et
à l’intérieur de certains
appartements. Des témoins
assurent que beaucoup de
Libanais ont eu le visage criblé
par des bris de verre. Le
complexe résidentiel Mouhaya
comprenait 200 villas et
bungalows, et abritait environ
600 personnes, des couples avec
leurs enfants pour la plupart
et, parmi les Libanais, de
nombreux cadres actifs dans des
agences de publicité . De sévères
mesures de sécurité ont été
prises autour de son périmètre,
à l’issue de l’attaque. Cinq
enfants, dont trois libanais,
figurent parmi les victimes de
cet attentat attribué par un
responsable saoudien à el-Qaëda,
le réseau terroriste d’Oussama
Ben Laden. Les deux petits
libanais tués identifiés
d’abord sont Raya Mezher (4
ans) et son frère Jade (8 ans).
"Leur mère, qui a échappé
à l’attentat, était enceinte
et a perdu son bébé tandis que
leur père est hospitalisé dans
un état grave", ont indiqué
leurs proches, déchirés par la
douleur. Il s’agit des enfants
de Charbel Mezher, un cadre de
l’agence de publicité Fortune
Promoseven. On apprenait en fin
de soirée que Richard Haïdar,
sa femme Nancy et leur fils Jade
avaient tous trois trouvé la
mort dans l’attentat, le véhicule
piégé ayant explosé
pratiquement sous leur pavillon.
Les deux autres morts libanais
sont Nina Gébrane et Rania
Saleh.
Dispositions pratiques
Le président Emile Lahoud et de
hauts responsables civils et
religieux ont vivement condamné
cet attentat. A la suite de
concertations avec le chef de
l’Etat et le Premier ministre,
une délégation composée de
trois diplomates s’est envolée
en milieu d’après-midi pour
Ryad avec pour mission
d’apporter une assistance matérielle
et morale aux familles des
victimes libanaises. Cette délégation
pourrait décider sur place de
rapatrier les blessés.
L’ambassade du Liban a convoqué
les Libanais habitant le
complexe résidentiel Mouhaya à
se retrouver aujourd’hui au siège
de la chancellerie, à 13
heures, pour discuter des
dispositions pratiques que
voudraient prendre les Libanais
visés par l’attentat, pour ce
qui concerne essentiellement le
rapatriement éventuel de ceux
qui le désirent, le relogement
des autres et l’octroi de
nouveaux passeports à ceux qui
les ont perdus dans la tragédie. Selon
une source proche de
l’ambassade du Liban à Ryad,
le Premier ministre aurait
provisoirement mis à la
disposition des Libanais, ayant
perdu leurs biens dans
l’explosion, des pavillons
dans le complexe résidentiel
Oger-Arabie saoudite. Le fils de
M. Hariri, Saad Hariri, serait
en étroit contact avec
l’ambassadeur du Liban pour
coordonner l’opération de
secours aux Libanais sinistrés.
Le Premier ministre lui-même
est entré à plusieurs reprises
en contact avec le diplomate,
pour faire le point de la
situation au fur et à mesure
que l’ampleur de la tragédie
se précisait.
La délégation des AE qui
s’est rendue hier à Ryad
comprend MM. Haytham Jomaa,
directeur des Emigrés, Ghassan
Naamani, directeur des Affaires
arabes et ancien ambassadeur du
Liban en Arabie saoudite et
Youssef Sadaka, conseiller. Elle
a effectué hier à son arrivée
une tournée des hôpitaux où
sont soignés les blessés
libanais et a donné rendez-vous
à tous les résidents du
complexe visé par l’attentat,
à midi, à l’ambassade du
Liban. A Beyrouth, une
cellule de crise a été mise
sur pied pour assurer le suivi
de l’affaire. Les personnes désireuses
d’obtenir aujourd’hui des
informations au sujet des
attentats et des victimes
doivent prendre contact avec la
direction des affaires
politiques du palais Bustros.
Forte de plus de 100.000
personnes, la communauté
libanaise en Arabie saoudite est
une des plus actives au royaume
et a grandement contribué à
son développement économique.
Les Libanais présents en nombre
en Arabie saoudite depuis la fin
des années soixante travaillent
dans presque tous les secteurs :
banque, publicité, éducation,
hôpitaux, commerce et
alimentation. Mais avec la récente
montée des actes terroristes
dans le royaume, certains
Libanais commencent à envisager
de partir vers des cieux plus cléments.
haut
Israël-Palestine
hors les murs
L'aveuglement
israélo-américain risque de
nourrir le Jihad et de provoquer
une extension du conflit au-delà
des frontières
par DOMINIQUE THOMAS, publié
dans Libération le 25 septembre
2003
L'auteur
a écrit "Londonistan, la
voix de l'islam" (Ed.
Michalon)
Depuis plusieurs mois, la lente
dégradation du conflit israélo-palestinien
promise à une déflagration
totale laisse transparaître de
sérieux risques de débordement
sur la scène extérieure. En
effet, la question palestinienne
représente déjà une icône,
un symbole en plus d'un
formidable vecteur de
mobilisation pour les différents
courants jihadistes
internationaux de l'islam
politique. Le passage à la
lutte armée avait pourtant été
jusque-là reporté pour de
multiples raisons de mise en
oeuvre singularité des
frontières, enclavement des
territoires et présence d'un
nationalisme palestinien
structuré et efficace. Du fait
des positions conjuguées israélo-américaines
dans la région, le danger d'une
délocalisation pourrait bien
puiser ses racines à l'intérieur
même des territoires
palestiniens. Lorsque le Premier
ministre israélien, Ariel
Sharon, déclare vouloir "éliminer"
purement et simplement le Hamas
ainsi que d'autres groupes
radicaux, il fait preuve d'une
inconsciente naïveté ou d'un
sentiment de supériorité qui
comporte une série de hauts
risques. Eliminer le Hamas et le
Jihad islamique reviendrait à
ignorer entre 20 et 30 % du
peuple palestinien qui les
soutient. Toutes les parties
doivent prendre en compte que
ces deux formations constituent
une composante du champ
politique palestinien. Tôt ou
tard, elles entreprendront un
processus de mutation politique
comme le Hezbollah l'avait
accompli en son temps, ce que
l'Union européenne a très bien
su saisir. De même, la
liquidation de la tête
politique du Hamas présente
dans les territoires reviendra
à donner carte blanche à une
prise en main du mouvement par
sa branche extérieure, plus
radicale encore. Cela entraînera
de nouvelles orientations de la
mouvance, qui, n'ayant plus de
frontières, risque de considérer
le combat dans sa globalité,
porté partout où des intérêts
israéliens, voire américains,
seront présents.
Sur un deuxième plan tout aussi
essentiel, la gestion du futur
de l'Autorité palestinienne, et
de son leader Yasser Arafat,
valide la même analyse. Sa
liquidation physique ou
politique entraînerait un
cataclysme plus important
encore. Le vieux chef
palestinien demeure
incontournable, il est le seul
à pouvoir encore garantir une
issue acceptable pour les deux
parties. Là encore, il faut
bien comprendre que son élimination
se traduirait par une
radicalisation totale de son
groupe, le Fatah, intérieur
comme extérieur, de la
Palestine au camp de réfugiés
du Liban. Elle provoquerait la
création de brigades "Abou
Ammar" (son nom de guerre)
déterminées à disséminer le
conflit sous différentes
formes, y compris à l'extérieur.
Tant au niveau de
l'administration américaine que
du gouvernement israélien,
l'escalade apparaît la seule
option, démontrant une absence
totale de vision politique pour
cette région. Le gel des
affrontements armés dans les
territoires, dans le cas d'une
opération militaire d'envergure
dans la bande de Gaza,
stimulerait ce phénomène de délocalisation.
Ce que l'on appelait le
"terrorisme proche-oriental
des années 70-80" serait
alors de retour, et il n'aurait
aucun mal à trouver des alliés
de circonstance au sein des éléments
de l'internationale jihadiste du
réseau Al-Qaeda.
haut
"Jour
tragique pour l'Amérique"
par
PIERRE COCHEZ, pubié dans la
Croix le 3 novembre 2003
Le secrétaire
américain à la défense,
Donald Rumsfeld, a parlé d'un
"jour tragique pour l'Amérique"
après les trois attaques qui
ont coûté la vie à 19 Américains,
dimanche 2 novembre, en Irak. Le
même jour, trois autres Américains
ont été tués dans deux
attaques. Un soldat de la première
division blindée de l'armée a
trouvé la mort à Bagdad, tué
par l'explosion d'une bombe
artisanale au passage de son véhicule.
Deux civils américains
travaillant pour le corps des
ingénieurs de l'armée à
Falloujah ont également été
tués dans une explosion
similaire provoquée par un
engin de fabrication artisanale
placé le long d'une route. Ces
attaques sont les plus meurtrières
contre les forces étrangères
en Irak depuis la fin de la
guerre. Elles portent à 141 le
nombre des soldats américains
tués depuis cette date. Le secrétaire
à la défense américain Donald
Rumsfeld a néanmoins affirmé
dimanche 2 novembre que les
Etats-Unis poursuivraient leur
guerre contre le terrorisme et
leur action en Irak : "La
seule chose à faire est de
porter aux terroristes la guerre
contre la terreur." Déjà,
samedi à Mossoul, deux soldats
américains avaient été tués
lors d'une attaque à
l'explosif. Alors que le véhicule
d'un autre soldat sautait sur
une mine à Bagdad.
Lutter contre les
infiltrations de
"terroristes"
Ces nouvelles pertes américaines
interviennent presque six mois
jour pour jour après l'annonce,
le 1er mai par George W. Bush,
de la fin des combats. A
Bagdad, en fin de semaine dernière,
des tracts attribués à
l'ex-parti Baas avaient appelé
les Irakiens à une grève générale
de trois jours et à une
"journée de résistance à
l'occupation". Samedi 1er
novembre, dans une capitale
irakienne qui a connu la semaine
dernière cinq
attentats-suicides faisant plus
de 40 morts, la plupart des écoles
avaient fermé, les parents
ayant renoncé à y envoyer
leurs enfants. Mais de nombreux
magasins restaient ouverts,
tandis que la circulation
reprenait normalement dans la
journée. L'administrateur civil
américain Paul Bremer s'est félicité
samedi que l'appel à la grève
n'ait pas été suivi. Dans le même
temps, il annonçait que la
taille de la Force de défense
civile irakienne allait être
augmentée, et l'entraînement
de ses personnels accéléré.
Dans l'armée, 27 bataillons
seront mis sur pied et entraînés
en un an, au lieu des deux
initialement prévus. L'objectif
est d'engager plus de 200.000
Irakiens dans la défense de
leur pays d'ici à septembre
2004. Paul Bremer s'est aussi
dit convaincu que Saddam Hussein
était toujours vivant, en Irak,
sa capture restant une priorité.
Son village natal d'Ouja, près
de Takrit, a été encerclé
vendredi 31 octobre, l'armée américaine
pensant qu'il pourrait être une
base d'où sont organisées les
attaques.
Sur le plan diplomatique, une réunion
des ministres des affaires étrangères
de sept pays voisins de l'Irak
s'est ouverte dimanche 2
novembre en Syrie à Damas. Cédant
aux pressions de Riyad, Koweït
et Amman, qui avaient menacé de
boycotter la réunion, la Syrie
avait fini par inviter vendredi
soir un représentant de
l'administration irakienne.
Celui-ci faisait savoir qu'il ne
pouvait pas participer à la
rencontre, en l'absence d'une
"invitation
officielle". La réunion de
Damas devait notamment se
pencher sur le problème des
infiltrations de combattants étrangers.
En visite samedi au Koweït, le
nouveau président du Conseil de
gouvernement irakien, le Kurde
Jalal Talabani, avait appelé
les pays voisins de l'Irak à
aider le pays à lutter contre
les infiltrations de
"terroristes". Le New
York Times affirmait samedi 1er
novembre que des centaines de
militants islamistes d'Europe et
du Moyen-Orient sont en route
pour l'Irak afin d'y combattre
l'occupation étrangère et
mener la "guerre
sainte". Le quotidien américain
citait notamment le juge
antiterroriste français
Jean-Louis Bruguière qui
affirmait que "des dizaines
de jeunes gens de confession
musulmane et d'origines modestes
ont quitté la France pour
l'Irak depuis cet été". A
Damas, selon l'agence Associated
Press, les ministres devaient
aussi affirmer soutenir le
Conseil de gouvernement irakien
et dénoncer les groupes
terroristes opérant en Irak,
soulignant que les forces
d'occupation doivent rétablir
la sécurité et la stabilité
dans le pays qu'elles ont envahi
en mars. Les ministres devaient
également préconiser un
renforcement du rôle des
Nations unies, notamment dans la
rédaction d'une nouvelle
Constitution, la préparation d'élections
et l'élaboration d'un
calendrier pour la fin de
l'occupation.
haut
Les pratiques
des dirigeants minent l’Etat
plus que les failles
constitutionnelles
par
EMILE KHOURY, publié dans
l'Orient-le Jour le 1er novembre
2003
Le ver est-il dans le fruit,
c’est-à-dire dans la
Constitution de Taëf ? Ou en
surface, sur la peau, c’est-à-dire
dans les fantaisies irrégulières
des dirigeants ? La controverse
est aussi vieille que la présente
république. Pour la simple
raison que celle-ci n’a
presque jamais fonctionné
normalement. Mentor écouté,
Fouad Boutros publiait, il y a déjà
quelques années, un article
intitulé "Le pourrissement
du système politique par les
pratiques." Depuis lors,
rien n’a changé, si ce
n’est en pire. L’ancien
ministre écrivait en substance
: "Les rapports tendus,
parfois même teintés de
violence, entre les cadres du
pouvoir n’auraient pas suscité
d’intérêt si, par leur
interaction avec d’autres
facteurs, ils ne constituaient
une faille profonde dans l’édifice
des institutions, un défaut
dans leur marche. Les points de
vue des différents acteurs
politiques divergent quant à la
délimitation des responsabilités
en matière de dérive. Mais ils
se retrouvent pour reconnaître
que la Constitution est prise à
la légère, facilement violée
dans son esprit comme dans sa
lettre."
"L’on est porté à
croire que les débordements
successifs découlent d’une
mentalité, de penchants qui
tendent à affaiblir les
fondements de l’Etat. Seuls
les naïfs ne réalisent pas que
la kyrielle des pratiques
politiques à l’ombre de Taëf
présente les prémices d’un
glissement continu du système
pouvant, si l’on n’y prend
garde, l’altérer dans ses spécificités
et dans son esprit même. Les
systèmes n’évoluent pas
seulement par la modification
des textes mais, parfois et sans
y toucher, par la répétition
de pratiques déterminées qui
prennent valeur d’usages ce
qui entraîne l’évaporation
des textes." Il relève
ensuite, toujours en substance,
que "le
tuteur-arbitre, quand il estime
devoir intervenir, limite son rôle
à l’assainissement des
rapports personnels entre les
officiels, pour ménager la
stabilité du pouvoir, sans
s’occuper des failles dans le
fonctionnement des institutions.
Certains pensent qu’il faut
amender les articles de la
Constitution régissant les
relations entre les pouvoirs.
Certes, cette mesure est nécessaire
et devra être prise en temps dû,
mais elle ne répond pas aux
exigences de l’heure. Car la
cause du mal actuel réside dans
la mentalité de la classe
dirigeante, que la révision
constitutionnelle ne changerait
pas. La dérive n’est pas liée
à la Constitution".
Dans ce sens, comprend-on
ensuite, que, bien évidemment,
la loi fondamentale ne prévoit
nulle part que les autorités
libanaises cèdent le pouvoir
pour se soumettre à une
tutelle. Ni que l’on peut mélanger
entre les pouvoirs ou que l’on
doit traiter l’entente ainsi
que l’équilibre politique par
le mépris, comme cela se fait
et se voit. Ce qui est également
le cas pour la pluralité,
l’alternance, les droits, la
solidarité sociale et les
libertés en général. La déliquescence
risque d’aboutir à
l’anarchie ou à un régime
autoritariste, prévenait enfin
l’ancien ministre. Pour
d’autres également, une révision
de la Constitution ne réglerait
pas le problème des mauvaises
pratiques. Les textes ne peuvent
pas amender les mentalités. La
Constitution d’avant-guerre
faisait l’objet de plaintes et
de protestations multiples.
Surtout, en fait, parce
qu’elle était souvent mal
respectée dans son esprit,
c’est-à-dire que les
comportements des responsables
étaient abusifs. Il n’y avait
d’ailleurs pas de grogne
sensible visant la Constitution
lorsque le pouvoir se tenait
bien si l’on peut dire. Donc,
selon ces personnalités, si Taëf
est attaqué ou critiqué,
c’est surtout à cause des
mauvais usages adoptés, des
conflits relationnels et non des
textes. Les querelles entre le
président de la République et
le chef du gouvernement amènent
un pôle parlementaire à
rappeler ce mot de Saëb Salam :
"Tout foyer divisé se détruit,
et si le maître de céans ne bâtit
pas sa demeure de ses propres
mains, les maçons n’y
pourront rien." Or la
maison libanaise est non
seulement divisée au niveau de
sa direction, mais encore sans
maître de céans unique. Il est
difficile dans ces conditions
d’édifier un Etat de droit et
des institutions.
Tout comme il est difficile
d’entreprendre une quelconque
réforme administrative ou
politique pour faciliter le
redressement économique. Si la
Constitution était bien appliquée,
si le pays n’était pas
gouverné sous la férule des
rancunes entre ses dirigeants,
on ne se plaindrait pas tantôt
d’un pouvoir abusivement
parlementariste et tantôt de la
troïka ou des décideurs, qui
n’auraient plus à intervenir.
Le même pôle parlementaire se
demande ensuite si ceux qui se
jouent du sort du Liban ont intérêt
à ce qu’il ne se dégage pas
du cercle des secousses, que les
présidents restent en conflit,
que les gouvernements soient
toujours piégés et sans cohésion
interne. Le ministre Marwan
Hamadé pense pour sa part que
le Liban est doté d’un système
de cohabitation, non seulement
entre les présidents, mais
aussi entre les communautés, ce
que certains appellent la
coexistence. Cela implique que
si les liens sont rompus au
niveau de la direction, la
coexistence s’en trouve affectée
au niveau de la base.
haut
Tous
coupables
par WADIH EL-ASMAR, publié
dans l'Orient-le Jour le 4
novembre 2003
L'auteur
est vice-président du mouvement
Solida (Soutien aux Libanais détenus
arbitrairement)
C’est avec stupéfaction que
je prends connaissance au fil
des jours des déclarations
liberticides des responsables
politiques libanais et du
procureur général. Dernièrement,
j’ai découvert qu’il était
interdit de critiquer un Etat étranger
devant les instances
internationales sans l’aval du
gouvernement libanais. Cette
mesure, dirigée officiellement
contre l’intervention aux
Etats-Unis de l’ancien Premier
ministre Michel Aoun, dépasse
de loin le cadre individuel. En
tant que défenseur des droits
de l’homme au Liban et partout
dans le monde, cette mesure fait
de moi un hors-la-loi au
quotidien. Signer une pétition
en faveur de Aung San Suu Kyi,
prix Nobel de paix birmane, peut
être considéré comme
troublant les relations du Liban
avec la Birmanie. Vouloir défendre
Saadeddine Ibrahim en Egypte ou
Sihem Benseddrine en Tunisie
pourra être assimilé à de la
trahison. D’ailleurs, que dire
de notre action en faveur des
Libanais détenus arbitrairement
? Dénoncer la mort lente et
secrète à laquelle sont
condamnés plus de 200 Libanais
qui croupissent dans les geôles
syriennes, c’est déjà de la
haute trahison, alors allez défendre
ces mêmes victimes devant le
Parlement européen et cela
devient de la... plus haute
trahison. Avec toute cette
absurdité, on nous explique
qu’il ne s’agit là que de
mesures normales que prendrait
tout Etat démocratique... eh
oui !
Si cette nouvelle atteinte à la
liberté d’expression m’a
fait réagir, c’est parce
qu’elle s’inscrit dans une
campagne de dénigrement systématique
des ONG, quel que soit leur
domaine d’activité. A
suivre ce raisonnement absurde
du régime libanais, toute
expression ou tout engagement en
faveur des droits de l’homme
dans n’importe quel pays du
monde nécessiteront une
autorisation du Conseil des
ministres à Beyrouth ! Il se
peut que des esprits éclairés
au Liban trouvent cela normal.
Pour ma part, je trouve que le
Liban vient de franchir un pas
de plus vers la dictature en
envoyant une nouvelle fois des
messages négatifs à tous les
citoyens libanais, qu’il
accule par cette logique à se
taire ou à s’exiler.
L’aspect et l’utilisation
politique de ces accusations ne
doivent pas nous faire perdre de
vue que nous sommes tous concernés
par cette nouvelle conception de
la liberté d’expression du régime
libanais. N’y voir qu’un
accident de parcours n’y
changera rien. J’ai la désagréable
certitude qu’il s’agit
d’un mouvement de fond de régression
et de musellement de la société
civile et des opposants qui est
en route. Alors, n’attendons
pas que vienne notre tour pour réagir
: écrivons tous à M. Addoum
pour demander notre mise en
examen pour toutes les pétitions
que nous avons signées.
haut
Ce mur
qui divise Jérusalem
Le long du mur "sécuritaire"
qui coupe Jérusalem, des
terrains, des villages et des
familles palestiniennes se
retrouvent divisés. Les recours
posés par les maires n'ont aucune
chance d'aboutir
par BENJAMIN BARTHE, publié
dans la Croix le 3 novembre 2003
C'était à la fin du mois de
juillet. Quelques jours avant
que George W. Bush ne déroule
le tapis de la Maison-Blanche
sous les pas de Mahmoud Abbas et
d'Ariel Sharon. A Sur Baher,
un quartier arabe de Jérusalem,
des soldats israéliens
affichaient un avis de réquisition
de terres. Une bande de trois
kilomètres de long et 60 m de
large était saisie pour les
besoins de la barrière de sécurité,
le dispositif anti-attentat
construit par Israël à l'intérieur
de la Cisjordanie. Alors que le
premier ministre israélien
s'apprêtait à réaffirmer son
adhésion à la "feuille de
route", le plan de paix
international qui promet un Etat
"viable" aux
Palestiniens, dans les champs de
Sur Baher, un ordre militaire
placardé sur le tronc des
oliviers ouvrait un nouvel épisode
du dépeçage des Territoires
occupés.
Depuis ce jour, les travaux de
l' "enveloppe de Jérusalem",
titre officiel de la barrière
dans la Ville sainte, ont repris
à vive allure. Dans la foulée
de l'explosion du bus n° 2, un
attentat suicide revendiqué par
le Hamas, qui provoqua la mort
le 19 août de 22 Israéliens,
11 ordres de saisies supplémentaires
ont été publiés, concernant
800 dunums (80 ha) au sud-est de
la ville. Une dizaine de kilomètres
sont désormais en travaux entre
Sur Baher et Al-Azzariya. Une
section qui s'ajoutera aux deux
tronçons récemment achevés :
huit kilomètres au nord, en
bordure de Ramallah, et 14 km au
sud, en périphérie de Bethléem,
bâtis respectivement à six
kilomètres et trois kilomètres
à l'intérieur de la
Cisjordanie. Ariel Sharon,
que les disciples de la "Séparation"
soupçonnaient de vouloir
temporiser, est donc décidé à
appliquer à Jérusalem-Est, le
même traitement de choc qu'à
la Cisjordanie, où 150 km de clôtures,
de barbelés et de tranchées
ont été déjà construits.
"Tout s'est accéléré
depuis l'été, dit Daniel
Seidemann, un avocat israélien.
Sharon agit comme s'il craignait
que les règles du jeu ne
changent sous peu. D'ici à
trois ou quatre mois, 70 % du
mur de Jérusalem sera achevé."
À l'est sa maison, à
l'ouest son travail...
A Sur Baher, Adel Nimr
observe le ballet des bulldozers
avec angoisse. Les traits crispés,
ce quinquagénaire explique que
la barrière va découper sa vie
en deux. A l'est, c'est-à-dire
côté Cisjordanie, sa maison ;
et à l'ouest, côté Jérusalem,
son travail. Comme 150 autres
familles installées dans un
vallon reculé, le Wadi El-Ain,
Adel et les siens seront laissés
à l'écart de l' "Enveloppe"
alors que tout le reste de Sur
Baher sera incorporé dedans. A
moins d'une correction de dernière
minute, les magasins, les
restaurants, l'école et la
clinique qu'ils fréquentent
aujourd'hui seront bientôt de
l'autre côté d'une clôture
fortifiée. Une porte
sera-t-elle aménagée à
proximité ? Personne ne le
sait. Si oui, les gens du Wadi
El-Ain ne pourront la franchir
qu'à condition de s'y présenter
aux horaires fixés par l'armée
et munis du permis idoine : le
nouveau rituel de l'occupation
d'après-mur. "Ariel Sharon
est un gardien de moutons, dit
un fermier. Il les enferme derrière
une clôture. Il décide s'ils
sortent et s'ils rentrent. C'est
ce qu'il fait maintenant avec
nous."
Face à l'état-major de Tsahal,
le véritable architecte du mur,
le comité de défense de Sur
Baher a adopté une position
inhabituelle. D'habitude prompts
à défendre leur identité jérusalémite,
les habitants demandent que le
tracé dévie vers l'ouest pour
préserver l'unité de leur
village. Fût-ce au prix de sa
mise à l'écart du centre de Jérusalem.
"S'il faut faire un mur,
qu'il passe entre les juifs et
les Arabes, dit Aziz Abu Tair,
un ingénieur. Qu'il ne nous
divise pas entre nous."
Pour l'instant, la réponse du
ministère de la défense n'est
pas connue. La détermination réelle
des villageois non plus. Compte
tenu de l'attachement
existentiel du Likoud, le parti
d'Ariel Sharon, au dogme de la "Jérusalem
unifiée", il est peu
vraisemblable qu'ils obtiennent
gain de cause. "Nous
refusons de diviser Jérusalem",
dit Shalom Goldstein, conseiller
du maire pour le secteur arabe,
lorsqu'on l'interroge sur les
fondements du tracé de la barrière.
Une bordure municipale qui
n'existait que sur les cadastres
A cette justification
politique, Shalom Goldstein
ajoute le mot d'ordre officiel :
la sécurité. "Le tracé
de la clôture a été dessiné
en fonction d'impératifs sécuritaires.
Il peut créer quelques tracas.
Mais s'il nous faut choisir
entre sauver la vie de nos
citoyens et préserver leur
confort, il est évident que
c'est la première option qui
l'emporte." Depuis le début
de l'Intifada, 170 habitants de
Jérusalem ont été tués et
1.500 blessés dans 90 attaques
dont 30 kamikazes. A l'évocation
de ces chiffres, Aziz Abu Tair désigne
une mince bande de champs
d'oliviers, dont les troncs
gisent à terre. "Si le
tracé avait été déplacé de
quelques dizaines de mètres,
ces arbres n’auraient pas été
décapités. Quel calcul sécuritaire
l’a empêché" ? A
l’est de Jérusalem, le mur
existe depuis un an et demi. Les
habitants de Ras el Amoud et
d’Abou Dis s’y sont heurtés
un jour de juillet 2002.
Jusqu’alors, ils ne se
doutaient pas que la frontière
entre la ville sainte et la
Cisjordanie recoupait la limite
entre leurs deux quartiers. La
bordure municipale de Jérusalem-est,
une ligne unilatéralement tracée
par Israël au lendemain de la
guerre des Six jours, n’avait
jamais existé que sur les
cadastres de la mairie. Et puis
des palissades de béton taggés
de la Croix de David ont poussé
en travers de la rue Ras Qubsa.
Pas très hautes, certes. Leur
franchissement, en se hissant
sur un tas de gravats ou en se
faufilant dans une brèche, est
devenu le sport local numéro
un.
Le tissu économique et
social de Jérusalem-est s’est
effiloché
Hommes, femmes, jeunes ou
vieux, tout le monde joue
l’acrobate sous l’œil las
de la police. Très vite
cependant, le tissu économique
et social de Jérusalem- est
s’est effiloché. Les clients
n’ont plus eu l’envie
d’escalader les palissades.
Les fournisseurs n’ont plus eu
les moyens de faire le détour
par la route de Ma’aleh Adumim,
la grande colonie voisine.
"Mes ventes se sont effondrées
de 50 %", dit Sami, un
pharmacien. La crise est
d’autant plus forte que
l’axe Abou Dis-Jérusalem
n’est pas qu’un couloir économique.
Pour les musulmans de Jéricho
et de Bethléem, c’est la voie
d’accès traditionnelle à
l’Esplanade des Mosquées, et
pour les étudiants c’est le
chemin obligé vers l’Université
Al Quds, située juste derrière
le mur. Bientôt un véritable
rempart remplacera le mur de
fortune. Le bouche à oreille
dit même qu’à l’autre bout
d’Abou Dis, du côté de
Ma’aleh Adoumim, une autre
barrière sera édifiée,
qu’une nouvelle route en
cul-de-sac sera ouverte, vers
Sawahreh, au nord et qu’une
colonie supplémentaire, Kidmat
Sayun, s’implantera avec 400
logements.
"Chaque agression israélienne
débute comme une rumeur avant
de se révéler un fait
accompli", dit Salah Ayat,
un garagiste, âgé de 50 ans.
Il s’attend à ce qu’Abou
Dis devienne un goulet d’étranglement
invivable. Un ghetto comme les
villages de Ram et de Dahiyet el
Barid, près de Ramallah, dont
l’encerclement par la barrière
est déjà programmé. Ses
habitants verront de loin les écoles,
les hôpitaux et les sites
religieux qui sont l’apanage
de Jérusalem. Mais ils ne
pourront plus y accéder. "Le
mur sera suffisamment efficace
pour rendre la vie de civils
innocents complètement misérables,
mais, insuffisamment efficace,
pour prévenir l’infiltration
de terroristes", prédit
Daniel Seidemann.
Nu’man, extension à venir
de la colonie Har Homa ?
Si elle n’était pas
tragique, l’histoire de
Nu’man pourrait faire sourire.
Ce village palestinien, situé
au sud de Jérusalem, près de
Beit Sahour, cumule les
handicaps du mur et des colonies
à un degré qui frise
l’absurde. Ses 300 habitants
qui se considèrent comme Jérusalémites
se sont vus octroyer par erreur,
au recensement de 1967, une
carte de résident de
Cisjordanie. Depuis cette date,
les gens de Nu’man
s’efforcent d’obtenir réparation
afin de se voir reconnaître le
statut de résident de Jérusalem
et les avantages qui vont avec.
Or le ministère de l’Intérieur
israélien refuse. Les habitants
de Nu’man sont qualifiés de
"personnes résidant illégalement"
dans leurs maisons. Et à ce
titre, menacés d’expulsion à
la moindre rencontre avec la
police.
L’affaire s’est aggravée
avec la construction de la barrière
de sécurité, qui,
paradoxalement, place Nu’man
du côté israélien. "Nous
n’avons ni permis pour entrer
à Jérusalem, ni porte pour
passer en Cisjordanie, dit Ziad
Hmeidan, un enquêteur de
l’organisation de défense des
droits de l’homme El Haq, qui
réside sur place. L’armée
menace de nous couper l’eau et
l’électricité. C’est
simple : ils veulent se débarrasser
de nous pour étendre la colonie
de Har Homa. C’est un
transfert tranquille". Pour
l’instant, les villageois résistent.
Ils ont refusé les liasses de
dollars offerts en cas de départ
et s’accommodent des descentes
nocturnes de l’armée. Mais
les bulldozers vrombissent au
loin. Les jours de Nu’man sont
comptés.
haut
Les Israéliens
rouvrent le débat sur la paix
L'initiative de Genève, qui
propose une sortie au conflit avec
les Palestiniens, offre une
alternative à la politique sécuritaire
de Sharon
par PATRICK SAINT-PAUL, publié
dans le Figaro le 31 octobre 2003
Depuis plusieurs semaines, la
multiplication des initiatives
de paix bouscule le gouvernement
d'Ariel Sharon. Restée muette
depuis le début de la deuxième
Intifada, le 28 septembre
2000, la société civile israélienne
sort d'un long sommeil. Pendant
trois ans, aucune alternative
n'a été proposée à la
politique sécuritaire d'Ariel
Sharon, qui a eu pour effet d'éloigner
tout espoir de paix avec les
Palestiniens dans un avenir
proche. Mais durant ces années,
des élus de gauche, des
militaires, d'anciens
responsables des services de sécurité,
des associations ont travaillé
et dialogué sans publicité
avec des Palestiniens pour
imaginer des solutions
permettant de remettre Israël
sur la voix de la paix. Le pacte
de Genève, un plan de paix non
officiel "négocié"
entre l'ancien ministre
travailliste de la Justice,
Yossi Beilin, et l'ex-ministre
de l'Information palestinien,
Yasser Abed-Rabbo, est
l'initiative la plus gênante
pour Sharon et la plus médiatisée.
L'accord propose des solutions
aux principaux obstacles du
processus de paix. Il prévoit
notamment que les Palestiniens
renoncent au droit au retour en
Israël pour mettre définitivement
fin au conflit. Le document
engage Israël à restituer aux
Palestiniens 97,5% de la
Cisjordanie, occupée depuis
1967. Et à un partage de la
souveraineté sur la Vieille
Ville de Jérusalem : le mont du
Temple, site le plus sacré du
judaïsme, sur lequel se trouve
l'esplanade des Mosquées,
troisième Lieu saint de
l'Islam, situé à Jérusalem-Est,
passerait sous souveraineté
palestinienne. Mais le mur des
Lamentations, ainsi que le
quartier juif, resteraient entre
les mains d'Israël. La droite
nationaliste a compris le danger
pour elle de ce plan de paix,
qui développe une dynamique
d'espoir. Ariel Sharon a fustigé
l'Initiative de Genève, la
jugeant "plus
dangereuse" que les accords
d'Oslo sur l'autonomie
palestinienne signés en 1993
par le premier ministre israélien,
Yitzhak Rabin, et le dirigeant
palestinien, Yasser Arafat.
"Il faut lutter pour empêcher
l'adoption de l'Initiative de
Genève et contre l'aide qui lui
est apportée par des Etats
européens", fulmine le
premier ministre. Israël a lancé
une bataille diplomatique contre
le plan. Le ministre des
Affaires étrangères, Sylvan
Shalom, a affirmé que la France
et la Belgique avaient
l'intention de verser une aide
de 7 millions de dollars
pour financer une campagne en
faveur de l'initiative, ce que
Paris a démenti. Le ministère
israélien des Affaires étrangères
a aussi convoqué le chargé
d'affaires suisse, pour lui
faire part de son mécontentement
concernant le soutien apporté
par la Suisse au projet. Le
gouvernement a accusé Yossi
Beilin de trahison, certains
ministres allant jusqu'à réclamer
son inculpation et la peine
maximale prévue dans ce cas, la
peine de mort. Le gouvernement
souligne que Beilin "n'était
pas autorisé à conduire des négociations".
Redécouvrant soudain les vertus
de la "feuille de
route", Sharon assure que
l'initiative de Genève menace
l'application du plan sponsorisé
par Washington. Pour l'éditorialiste
du Haaretz, Aluf Benn,
"l'obsession inutile avec
le pacte de Genève ne fait que
rendre plus évident le manque
de volonté du gouvernement pour
trouver une solution au conflit
avec les Palestiniens". Les
attentats se poursuivent malgré
les opérations de l'armée israélienne
dans les Territoires
palestiniens et la construction
d'un mur de sécurité, censé
protéger Israël contre les
infiltrations de kamikazes. Après
presque trois ans de confiance
absolue, 55% d'Israéliens
estiment que "Sharon ne
sait pas comment combattre le
terrorisme", selon un
sondage publié par le quotidien
Maariv. Sa cote de confiance est
en baisse, mais Sharon conserve
le soutien de l'opinion.
haut
Etats
proliférants
par ALAIN HERTOGHE, publié
dans la Croix le 8 novembre 2003
La France condamne la doctrine
Bush de la guerre préventive.
Mais elle se prépare à pouvoir
la livrer. Juste au cas où… Là
où le président américain
actuel et ses prédécesseurs
parlent d’ "Etats
voyous", le chef de l’Etat
français et son gouvernement préfèrent
l’expression "puissances
régionales proliférante | | | | | | |