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PRESSE  RJLIBAN  N°95 - sélection de l'été 2003 (1)  

                                       

 
Beyrouth espère que Washington finira par souscrire aux vues de Chirac
 
paru dans l'Orient-le Jour le 1er septembre 2003

Le Liban a constaté avec satisfaction que le président français Jacques Chirac ne l’a pas oublié, pas plus que la Syrie, dans son approche du processus de paix au Proche-Orient, lors de son discours vendredi dernier à Paris devant la traditionnelle conférence des ambassadeurs de France, qui réunit une fois l’an tous les chefs de mission à l’étranger. M. Chirac a profité de cette occasion pour réitérer la position française favorable à une inclusion des volets libanais et syrien, en équilibre avec le volet palestinien, dans la "feuille de route" destinée à conduire à la paix dans la région. Certes, ont souligné des responsables cités par notre correspondant Khalil Fleyhane, cette position n’est pas nouvelle et le président français va encore la réaffirmer lors de sa participation à l’Assemblée générale des Nations unies, qui doit s’ouvrir le 16 septembre à New York. Il n’en reste pas moins, ajoute-t-on de mêmes sources, que le Liban apprécie cette attitude de la France, dont le message s’adresse en premier lieu aux Etats-Unis, pour lesquels le dossier palestinien demeure prioritaire. Beyrouth espère que le président américain George W. Bush et les autres parties prenantes du quartette international (Etats-Unis, Union européenne, Russie et Onu), qui ont mis au point la "feuille de route", finiront par entendre l’appel de M. Chirac, qui se fonde sur le principe selon lequel pour qu’une paix au Proche-Orient soit durable, il faut qu’elle soit globale.
La paix demeure hors de portée, affirme le patriarche Sfeir

"La paix demeurera hors de portée tant que l’ambition et la haine régiront le comportement des hommes, comme en témoignent les événements qui se déroulent en Terre sainte et en Irak", a affirmé le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, s’adressant aux fidèles venus participer à l’office divin à la résidence patriarcale d’été de Dimane. Sur le plan local, a-t-il ajouté, "ce qui se passe est réellement honteux. Tous les pays civilisés ont dépassé les problèmes auxquels nous nous trouvons confrontés, comme les exigences de la vie de tous les jours, l’électricité, l’eau, le traitement des déchets, la pollution, l’écoulement de nos fruits condamnés à pourrir faute de débouchés, le chômage, le dossier du mazout et des chauffeurs. Notre société ne peut surmonter tous ces problèmes sans l’assistance des autorités".   
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Les manœuvres tactiques détournent le Liban politique de ses objectifs primordiaux
 
par EMILE KHOURY, publié dans l'Orient-le Jour le 28 août 2003 

Des démarches multiples ont été effectuées auprès d’un pôle vétéran du cru, un vrai mentor unanimement respecté, pour le porter à rejoindre les rangs de tel ou tel bloc. Afin d’en promouvoir la crédibilité, l’audience et l’influence au niveau de l’opinion. Mais l’intéressé a rejeté toutes ces avances. En faisant valoir l’argumentation suivante : D’abord, les efforts, plus ou moins sincères, déployés en vue d’un changement répondant aux aspirations des Libanais, sont parfaitement inutiles, dans la situation déliquescente imposée à ce pays depuis plus de dix ans. Pour bouger, il faut avoir la liberté de ses mouvements. C’est-à-dire que la condition préliminaire sine qua non est que le Liban doit recouvrer son autonomie, redevenir seul maître de ses destinées. Or, dans la pratique, c’est impossible pour le moment. Car les leaders sont divisés et ne font que courir après des intérêts particuliers. De la sorte, le pouvoir est gardé sous tutelle. Ce dont certaines parties se réjouissent du reste, car elles en tirent profit. Tandis que d’autres se disent convaincues que le Liban n’est plus apte à se gouverner lui-même, s’étant trop habitué aux immixtions dans ses affaires intérieures, grandes ou petites. Il subsiste certes une minorité qui souhaite corriger ces aberrations. Mais pour le moment, elle ne semble pas en mesure de le faire. Et le changement n’est pas pour demain.
D’autant que le pari sur les USA a l’air de s’estomper. Cette grande puissance avait annoncé, par la bouche de ses dirigeants, son intention d’initier un remodelage de la région, en direction de la démocratisation. Mais les Américains se sont retrouvés embourbés dans le marais irakien. A Bagdad, pris pour cible puis voulu comme premier modèle, ce n’est pas la démocratie qui est aujourd’hui en marche, mais bien l’anarchie. Circonstance aggravante : la "feuille de route" établie pour le conflit israélo-palestinien est de nouveau bloquée. Balayée par un cycle de violence qui semble irrépressible. Or, dans quelques mois, l’Administration Bush va devoir dételer, pour s’occuper de la campagne électorale en vue de la prochaine présidentielle US. Et elle aura besoin des voix israélites. Elle ne pourra plus réfréner un Sharon qui, déjà, se déchaîne. Les implantations de colonies juives vont sans doute reprendre, et la construction du mur de la honte, qui scie les reins du virtuel Etat palestinien, se poursuivre. Pour qu’un Bush éventuellement réélu se retrouve devant un nouveau fait accompli, qui l’obligerait à réviser ses plans. Et si son concurrent devait l’emporter, il aurait besoin de plusieurs mois pour élaborer une politique spécifique. Ce qui permettrait à l’Etat hébreu de gagner un temps précieux.
Selon le pôle cité, ce panorama peu encourageant amène le constat suivant : le Liban est le dernier souci, aujourd’hui, des States. Il ne représente pour eux qu’une carte de pression sur la Syrie. Loin de toute démarche sérieuse pour redonner son indépendance à ce pays. Qui, d’ailleurs, pourrait payer le prix autant d’une entente entre les USA et la Syrie que d’un désaccord entre eux. Prié de dire si les Etats-Unis vont jouer un rôle dans la présidentielle libanaise, cette personnalité répond en substance : "Qu’importe… Qu’ils interviennent ou non, que le président Lahoud reste ou qu’un autre le remplace, le résultat serait le même. A savoir que nous ne sommes pas près de sortir de l’auberge, de larguer le carcan qui nous étouffe. Notre devenir reste tributaire de ce que l’on appelle les considérations régionales et internationales. En d’autres termes, il resterait sous tutelle. Un nouveau chef de l’Etat ne serait pas meilleur, dans de telles conditions, que l’actuel. Quant à l’avènement d’un homme capable de modifier les donnes de base, s’il s’en trouve un, il est naturellement interdit. D’ailleurs, on voit mal ce que quiconque pourrait faire de positif, à l’ombre de la domination qui nous est infligée."
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Tombeau de mes amis assassinés
 
par BERNARD KOUCHNER, publié dans le Monde du 23 août 2003
L'auteur est ancien haut représentant des Nations unies au Kosovo, cofondateur de Médecins sans frontières, fondateur de Médecins du monde, ancien ministre français délégué à la santé
Ils étaient de toutes les vraies batailles, celles qui nous honorent parce qu'elles ont pour enjeu la paix, la justice, la démocratie, la protection des faibles. Ils s'appelaient Sergio Vieira de Mello, Nadia Younès, Jean-Sélim Kanaan, Fiona Watson et bien d'autres. Ensemble, au Kosovo et ailleurs, nous avions partagé des fraternités, des espoirs, des promesses que la barbarie a saccagés. Ils sont morts à Bagdad, assassinés, pour ce qui nous fait vivre : agir sur le terrain, sans relâche, pour que le monde soit moins stupide et moins sanglant. Ils sont morts comme ils avaient vécu, avec courage, avec talent, avec lucidité aussi, au service d'une communauté internationale oublieuse, versatile et ingrate. Au-delà de leur tâche, délimitée par un mandat étriqué du Conseil de sécurité de l'ONU, facilement critiquée dans nos pays encore paisibles : à la marge du commandement anglo-américain, ils tentaient d'établir un dialogue, d'amorcer les réconciliations, d'empêcher tout fanatisme. Leurs corps ont été dégagés tant bien que mal des décombres du siège à peine gardé de la mission de l'ONU. Avec eux ont péri ou ont été blessés des dizaines d'Irakiens. Pas un soldat américain. Après avoir attaqué l'ambassade de Jordanie, pays d'islam modéré, les terroristes ont pris pour cible le symbole de neutralité et de paix que sont les Nations unies.
Sergio n'était pas seulement le beau et courageux diplomate brésilien qui passait d'une guerre à l'autre, d'une mission impossible à un poste plus exposé encore. J'en témoigne depuis plus de trente ans qu'il était mon ami : il était un homme politique engagé à gauche, un militant des droits de l'homme, un juste. De l'Amérique latine à l'Afrique, des Balkans au Timor-Oriental, il avait marqué de son élégance et de son charme, de son obstination aussi et de sa fidélité amicale à Kofi Annan une nouvelle forme de diplomatie de l'ingérence que je considère comme la véritable globalisation des espérances.
Nadia était ma princesse égyptienne. Après une brillante carrière au siège et à Rome, elle régnait sur l'information et le protocole des Nations unies. Puis elle avait préféré le terrain et, pendant deux ans, elle avait rejoint notre mission du Kosovo, faisant preuve d'une efficacité et d'un sens politique remarquables, accueillant sur son cœur toutes les peines, tous les doutes, toutes les craintes qui nous étreignaient et les chassant de son rire rauque, de sa tendresse de Méditerranéenne. Brièvement elle passa par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), avant de gagner l'Irak. Le secrétaire général venait de la rappeler à ses côtés à New York, la nommant secrétaire adjointe des Nations unies.
Jean-Sélim Kanaan, (de père égyptien et de mère française), je le considérais comme un fils. Un vrai jeune homme du monde, trois nationalités, un seul dévouement. Un mélange de juvénilité et de grandeur. Parlement européen, Harvard, Bosnie, Kosovo : volontaire partout et dans les pires endroits, il avait raconté ses déceptions et ses espoirs dans un livre récent (Ma guerre contre l'indifférence, Robert Laffont, 2002). Il venait d'épouser Laura, elle aussi une téméraire du Kosovo, qui avait administré seule une des municipalités les plus difficiles et les plus dangereuses. Leur fils, Mati-Sélim, a tout juste trois semaines. Il faudra beaucoup lui dire, à ce garçon, combien son père était gentil et brave.
Fiona Watson, Ecossaise, brillante politologue, s'était engagée à l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pour organiser les premières élections libres au Kosovo. Elle y devint ma conseillère politique avant de rejoindre à New York le bureau des missions de paix et de se porter volontaire pour Bagdad.
Qui a tué nos amis ? Des enquêteurs patentés chercheront. Peut-être ne trouveront-ils pas la signature précise de cette attaque avant que d'autres bombes, d'autres voitures piégées, des attentats-suicides semblables n'étendent leurs ravages. Nous savons déjà que les responsables, qu'ils viennent d'Al-Qaida, d'Al-Ansar, des héritiers de Saddam, fondent les nationalités et les idéologies dans une même haine. Intolérance, fanatisme et extrémisme religieux se conjuguent et tirent profit des graves erreurs d'appréciation et de l'impréparation des conseillers de M. Bush. Les missions de paix ne s'improvisent pas : elles ont leur pédagogie, et leurs apprentissages. Qui a tué nos amis ? L'intolérance, et le goût inaltérable de la dictature. Que visent-ils, ces fanatiques ? Qui viseront-ils désormais ? La succession des crimes porte la marque de fabrique des intolérants pathologiques. Certains ont-ils naïvement pensé que les meurtres ne viseraient que des Américains ? A l'ambassade de Jordanie, on a assassiné les tenants d'un islam de raison, respectable et respecté. A l'ONU, nos amis morts Sergio, Nadia, Jean-Sélim, Fiona, représentaient une communauté de pensée rebutée par le simplisme violent d'une partie de l'administration américaine. Ils voulaient donner aux Irakiens les clés de leur maison devenue démocratique.
Quant à nous, comme trop souvent drapés dans nos certitudes, ne nous croyons pas protégés contre la barbarie. La tiédeur des Européens à maintenir leurs alliances avec les Américains et les Britanniques ne les protège pas. Ceux qui le pensent commettent une redoutable erreur d'analyse. Bientôt, les Américains ne seront plus les seules cibles des fanatiques, mais tous les Occidentaux, tous les démocrates, tous les croyants trop modérés, et d'abord les femmes. Tous ceux-là qui seront visés réagiront-ils avant qu'il ne soit trop tard ? J'ai conscience, en écrivant cela, que tous les gens raisonnables, tous les hommes et les femmes de religion, de foi et de tendresse savent que je n'attaque pas leur croyance. Mais le fanatisme s'en chargera. A Bagdad, c'est la communauté internationale que l'on a voulu assassiner. Que peut-on faire maintenant ? Continuer à tout prix la lourde tâche à laquelle nos amis s'étaient attelés. S'obstiner à arrêter les assassins, à désarmer les affidés du dictateur Saddam Hussein dont on ne sait plus s'il a seulement tué 500.000 ou près de 4 millions d'Irakiens comme cela se dit à Bagdad.
Nous devons poursuivre la trace de nos valeureux amis, et donner par des élections le pouvoir aux Irakiens. A cette fin, il est urgent d'élargir le mandat des Nations unies en leur donnant la mission et les moyens de reconstruction et de démocratisation de l'Irak. Si une résolution précise est enfin votée, alors un mandat clair sera fourni à la communauté internationale qu'il nous conviendra de remplir en coordination avec le Conseil provisoire irakien. Avec des soldats pour les tâches militaires, des policiers pour l'indispensable sécurité et la tranquillité des familles, des techniciens pour rétablir l'électricité, la distribution d'essence, l'essentiel de la vie quotidienne, des volontaires civils pour la mise en place des partis politiques et la préparation des élections... La France, compte tenu de ses positions antérieures, se montrerait bien inspirée en prenant l'initiative de cet indispensable élan collectif. Nos ennemis ne sont pas les Américains, mais bien le terrorisme. Encore faut-il que les Américains comprennent que c'est aussi leur intérêt. Sinon, nous dirons bientôt que Beyrouth n'était rien à côté de Bagdad. Adieu Sergio, Nadia, Fiona, Jean-Sélim et les autres, qui nous représentiez si bien. Vous êtes tombés au champ de bataille en soldats de la paix. Un morceau de mon cœur repose à vos côtés. Un lambeau des dernières innocences humanitaires, un peu de l'espoir de l'humanisme vont être portés en terre avec vous.    haut
 
La France veut confier un rôle central à l'ONU en Irak
Les Nations unies bridées par Washington
 
paru dans le Figaro le 8 août 2003
Malgré les difficultés, relatives, auxquelles ils se heurtent en Irak, les Etats-Unis ne manifestent toujours aucune disposition à impliquer l'ONU dans la gestion politique de l'après-guerre. Pour l'instant, les pays de la coalition, c'est-à-dire essentiellement les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, dirigent les affaires de l'Etat irakien. Ils ne sont pas prêts à partager le pouvoir avec les pays du "camp de la paix", comme la France et l'Allemagne, qu'ils accusent de les avoir trahis lors de la préparation de la guerre l'hiver dernier. Et ce, même si Paris et Berlin disposent justement du type de forces dont les Etats-Unis auraient besoin pour pacifier l'Irak. La Grande-Bretagne, gênée par l'absence de découverte d'armes de destruction massive depuis la fin de la guerre, envisage ouvertement une nouvelle résolution de l'ONU. A Washington même, des sénateurs et représentants influents se sont prononcés pour que les Etats-Unis tendent la main à leurs alliés traditionnels européens, par le truchement de l'Otan. Mais dans les hautes sphères de l'administration de George W. Bush, on est d'avis que les Etats-Unis doivent garder les mains libres. Un porte-parole de la Maison-Blanche a réaffirmé la semaine dernière que les résolutions existantes de l'ONU fournissaient un cadre suffisant pour la participation d'autres pays aux tâches de reconstruction et de stabilisation en Irak.
La France, comme l'Allemagne, insiste pour que l'ONU se voie confier un rôle central en Irak. Du point de vue de Paris et de Berlin, seule l'ONU peut légitimer un nouveau gouvernement à Bagdad, restaurer la souveraineté de l'Irak et superviser de façon indépendante la reconstruction du pays et la relance de l'exploitation pétrolière. La résolution 1483 du Conseil de sécurité, adoptée le 22 mai, qui reconnaît les pouvoirs de puissances occupantes et concède un rôle marginal à l'ONU, est jugée insuffisante. Des pays directement sollicités par les Etats-Unis pour leur prêter main-forte en Irak, comme l'Inde et le Pakistan, ont aussi réclamé une couverture onusienne avant de satisfaire la requête américaine. Les pays arabes ont adopté la même position. La Turquie, en revanche, ne semble pas en faire une condition sine qua non d'une éventuelle participation de ses troupes sur le terrain. La Russie, elle, a demandé hier l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité pour légitimer la nouvelle direction irakienne. Mais, lors d'une conférence de presse, le secrétaire d'Etat adjoint américain Williams Burns, en visite le même jour à Moscou, n'a laissé entrevoir aucun engagement sur la question. Le Conseil de sécurité doit évoquer le dossier le 21 août. Un mois plus tard, George W. Bush, Jacques Chirac et Gerhard Schröder sont attendus à New York pour l'ouverture de l'assemblée générale de l'ONU. La position qu'adopteront alors les Etats-Unis dépendra en grande partie de l'évolution de la situation sur le terrain.
Les Américains reconnaissent avoir utilisé du napalm
Les troupes américaines ont utilisé des bombes au napalm pendant la guerre en Irak, a reconnu hier un responsable du Pentagone. Des appareils américains ont largué des bombes de type MK 77, en mars, dans la région de Safwan, à la frontière avec le Koweït, pour permettre l'avancée des forces américaines vers Bagdad, a précisé un responsable du département de la Défense sous couvert d'anonymat. "C'est comme ça. Il y a un ennemi difficile à déloger, et cela sauvera vos propres vies si vous utilisez (ce type de bombe). Il n'y a pas de violation internationale pour cela", a affirmé ce responsable. En outre, dans son édition d'hier, le San Diego Tribune rapporte le témoignage du colonel Randolph Alles, commandant d'une unité de marines, qui explique comment son unité a "napalmé" deux ponts. "Malheureusement, se souvient-il, il y avait des gens car nous pouvions les voir dans la vidéo."    haut
 
La "gaffe" de l'ambassadeur de France en Israël
Selon le quotidien "Yediot Aharonot", Gérard Araud aurait traité Ariel Sharon de "voyou"
 
par PIERRE PRIER, publié dans le Figaro le 1er septembre 2003
Le poste d'ambassadeur de France en Israël n'a jamais été une sinécure. Le prochain représentant de Paris à Tel-Aviv, Gérard Araud, a pu s'en apercevoir avant même son arrivée sur le sol israélien, prévue pour octobre. Dans un article détonant du Yediot Aharonot, le plus grand tirage de la presse israélienne, le correspondant à Paris de ce quotidien, Boaz Bismuth, rapporte que Gérard Araud a traité le premier ministre Ariel Sharon de "voyou" et Israël de "pays paranoïaque". A travers le porte-parole du ministère des Affaires étrangères français, l'ambassadeur Araud a hier "démenti de la façon la plus formelle l'ensemble des propos qui lui ont été prêtés sur l'Etat d'Israël et son premier ministre". Le journaliste israélien raconte qu'il a surpris une conversation entre Gérard Araud et deux autres diplomates au cours d'une réception au Quai d'Orsay. Boaz Bismuth écrit avoir entendu le futur ambassadeur de France à Tel-Aviv "faire référence de façon répétée au premier ministre comme un voyou" et parler d'Israël comme d'un "pays paranoïaque". Le journaliste raconte qu'il a attendu la fin de la conversation pour se présenter au diplomate, qui aurait réagi en demandant : "Vous n'avez pas l'intention de publier cela..."
Le journaliste reconnaît avoir enfreint tous les usages. "Il y a des règles dans le monde diplomatique. Des déclarations faites au cours de telles occasions ne franchissent pas les murs des salles de réception", écrit-il. Mais Boaz Bismuth affirme avoir refusé de