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PRESSE  RJLIBAN  N°74  du 13 octobre 2002  

                                       

TITRES
  
Que d’eau, que d’eau
 
par GABY NASR, publié dans l'Orient-le Jour le 11 octobre 2002 
Depuis que George Dobbleyou a décidé de faire sa fête au moustachu de Bagdad, le baril d’Ariel d’à côté n’arrête pas de lui chercher des poux dans sa bannière étiolée. Tantôt c’est le bavardage de ses larbins sur la curée éclair que projettent les Rambo au paradis des dattes ; tantôt c’est Arafat qu’il met à la diète dans son cagibi de Ramallah ; ou encore les razzias en hélico qu’il mène contre les fœtus et les nourrissons. La vérité est que l’agité de la kippa est jaloux. Il se serait bien vu juché sur son char blanc, à la tête d’une formidable coalition internationale chargée de raser gratis tout ce que le Proche-Orient compte comme barbus. Seulement, le Doublevé de la Maison-Blanche, qui lui réserve un chien de sa chienne, n’arrête pas de lui faire comprendre qu’il devrait en écraser. 
Mais tiens, fume voir si c’est du belge ! Tu lui colmates un orifice, il dégorge de l’autre, le Sharongnard. Sa nouvelle marotte, c’est le Wazzani. Trois misérables millions de mètres cubes et c’est le "casus belli". Tu lui filerais en prime le Hasbani, le Litani, voire le Awali, il trouverait moyen, au nom de la sécurité d’Israël, d’aller piper jusqu’à la dernière goutte de ta chasse d’eau. Dracula, qui lâche l’hémoglobine et se convertit à la flotte, faut le faire ! En fait, depuis le début de cette histoire, le Liban patine sur du velours. Si la Montgolfière hébraïque voulait faire son cinéma guerrier, les deux pompes et le réservoir du coin auraient été transformés depuis lurette en tourniquet à gazon. Alors du moment que le droit international est de notre côté, présidents, ministres, fonctionnaires hydrauliques et barbus locaux pourraient bien nous épargner leurs numéros d’héroïsme en cessant de promettre aux Hébreux à longueur d’antenne des bains de sang virtuels. Lundi prochain, la victoire sera incontestablement diplomatique. Et c’est dans le limon du Wazzani que Sharon l’Ariel trouvera son point de chute. Au propre comme au figuré.    haut
              
Le chef du Législatif rencontre à Paris les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat 
Berry n’est pas opposé à une médiation US "dans le cadre de l’Onu" 

 

paru dans l'Orient-le Jour le 10 octobre 2002

Le chef du Législatif, Nabih Berry, poursuit sa visite à Paris où il a signé hier un accord de coopération entre le Parlement libanais et le Sénat français. L’accord - qui a été signé par M. Berry et par le président du Sénat français, Christian Poncelet - prévoit l’organisation de stages de formation à l’intention des fonctionnaires de l’Assemblée nationale. Ces stages porteront sur les cinq domaines suivants : le processus législatif ; le vote et la supervision de la mise en application du budget ; les études, les recherches et la documentation ; les relations parlementaires internationales ; l’organisation de l’administration parlementaire. Une commission mixte a été formée afin de suivre l’exécution de cet accord. Le Sénat français financera le séjour à Paris des fonctionnaires du Parlement qui suivront ces stages. La partie libanaise s’est engagée, de son côté, à financer les autres frais de la mise en application de l’accord. M. Berry a, d’autre part, rencontré dans la journée d’hier le président de l’Assemblée nationale française, Jean-Louis Debré. La réunion a eu lieu en présence de l’ambassadeur du Liban à Paris, Elysé Alam. Cette rencontre, qui a duré près d’une heure, a été suivie d’un déjeuner offert par M. Debré en l’honneur de la délégation libanaise. 
Dans une allocution de circonstance prononcée au cours de la réception, M. Debré a réaffirmé que "la France est favorable au rétablissement de l’autorité du pouvoir libanais sur l’ensemble du territoire national". Il a souligné, en outre, que son pays "souhaite, plus que jamais, que la modération puisse prévaloir afin d’éviter de nouvelles épreuves au peuple libanais". Précisant que Paris œuvre sans relâche en vue d’aboutir à la convocation d’une conférence internationale sur le Proche-Orient, M. Debré a déclaré que la France, "en collaboration avec ses partenaires de l’Union européenne, veille à ce que les intérêts de votre pays soient pris en considération" (dans le cadre de tout processus de paix dans la région). Evoquant le dossier de l’Irak, M. Debré a rappelé que le Conseil de sécurité a posé une condition "très claire" à l’Irak, à savoir : abolir et détruire toutes les armes de destruction massive. "Si l’Irak ne respecte pas ses engagements, nous prendrons les mesures qui s’imposent et, dans ce cadre, aucune option ne sera écartée", a déclaré M. Debré.
Le projet méditerranéen 
Prenant à son tour la parole, M. Berry a d’abord mis l’accent sur "l’amitié privilégiée et constante" qui lie le Liban et la France. "La mer Méditerranée constitue un dénominateur commun et représente un trait d’union aussi bien historique qu’humain, qui favorise la rencontre entre nos peuples et les échanges culturels et commerciaux", a déclaré M. Berry. "Les Parlements des pays riverains de la Méditerranée devraient, par conséquent, promouvoir et approfondir l’idée de l’appartenance méditerranéenne en tant que projet unissant les peuples de l’Orient arabe, du Nord de l’Afrique et d’Europe. Ces peuples ont été les premiers à avoir découvert l’alphabet et avoir compris l’importance de l’édification de l’Etat. Ces peuples ont été les premiers à œuvrer pour la démocratie, la liberté et la justice." 
Et M. Berry d’ajouter : "La francophonie constitue, en outre, non seulement un trait d’union au niveau de la langue, mais également un cadre de discussion portant sur les grands problèmes internationaux qui préoccupent nos peuples respectifs." Evoquant la conjoncture internationale, M. Berry a mis l’accent sur "les appréhensions des peuples de la région du fait de la politique suivie dans le monde sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme". "Les parlementaires libanais et arabes refusent que le monde soit divisé en forces du mal et du bien," a déclaré M. Berry. "Nous refusons que le monde soit dirigé sur base du principe selon lequel celui qui n’est pas avec moi est contre moi. Nous considérons qu’une telle logique est une insulte à la démocratie." En conclusion, M. Berry a invité la France à "continuer à aider le Liban à surmonter sa crise socio-économique en soutenant l’accord de partenariat euro-méditerranéen ainsi que la conférence de Paris II". 
L’affaire du Wazzani
Signalons, sur un autre plan, que M. Berry a accordé à Radio Monte-Carlo une interview dans laquelle il a évoqué l’affaire du Wazzani, soulignant notamment qu’il n’était pas opposé à une médiation américaine entre le Liban et Israël ou à toute autre médiation, à condition qu’elle se fasse dans le cadre de l’Onu. La position de M. Berry à ce propos se distingue sensiblement de celle du Hezbollah du fait que le parti intégriste a rejeté toute forme de médiation américaine. L’attitude du Hezbollah rejoint d’ailleurs celle du régime qui, officiellement, rejette le principe d’une médiation américaine et s’en tient au seul rôle de l’Onu. 
"Puisqu’Israël a ouvert le dossier du Wazzani, nous désirons maintenant recouvrer entièrement nos droits (pour l’exploitation des eaux)," a déclaré le président de la Chambre. "Nous demandons aux Nations unies de tracer une ligne bleue aquatique. La part à laquelle nous avons droit au niveau de l’exploitation de l’eau est de loin supérieure à celle que nous avons exploitée au niveau du Wazzani. Nous acceptons toute médiation, qu’elle soit américaine ou autre, à condition qu’elle se fasse dans le cadre de l’Onu." Interrogé sur l’attitude de l’Etat hébreu qui menace de bombarder les équipements installés par le Liban en cas de pompage des eaux du Wazzani, M. Berry a affirmé qu’il est déterminé à inaugurer en personne le projet de pompage de l’eau.    haut 
 
Aziz : "L'Irak ne menace ni l'Amérique ni aucun autre pays"
Le président Lahoud a reçu le vice-Premier ministre irakien
 
paru dans l'Orient-le Jour le 12 octobre 2002 
L’Irak est "prêt à riposter dans l’heure" à une frappe américaine, a déclaré hier le vice-Premier ministre Tarek Aziz, premier officiel irakien à réagir au vote du Congrès américain donnant à George W. Bush le pouvoir de recourir à la force contre Bagdad. "Je ne suis pas surpris par ce vote et nous allons faire face aux plans d’agression" des Etats-Unis, a indiqué M. Aziz aux journalistes après une rencontre avec le président Emile Lahoud auquel il a transmis un "message verbal" du président Saddam Hussein. Interrogé sur la date d’une éventuelle attaque américaine, M. Aziz a affirmé : "Nous ne sommes pas ceux qui la décident mais nous sommes prêts à y riposter dans l’heure." M. Aziz a toutefois nié que l’Irak "soit une menace pour quiconque, ni pour les pays de la région ni pour l’Amérique elle-même, mais le président Bush veut dominer totalement la région, en accaparer le pétrole et exercer une suprématie politique et militaire totale." "Si les Etats-Unis atteignent leurs objectifs, mais ils ne les atteindront pas, les résultats seront catastrophiques pour tous, a souligné M. Aziz, même pour ceux qui mettent leurs moyens à leur disposition. Mais les Etats-Unis et tous leurs alliés ont combattu l’Irak en 1991, et me voilà devant vous, comme membre du commandement irakien. Nous avons l’expérience de la guerre avec les Etats-Unis (...) notre pays est aguerri."
Une position arabe unifiée
M. Lahoud a de son côté souligné devant M. Aziz la nécessité "d’une position arabe unifiée pour affronter les menaces américaines, qui soit conforme aux résolutions du sommet arabe de Beyrouth, considérant que toute agression contre un pays arabe est une agression contre l’ensemble des pays arabes". Pour M. Lahoud, cité par une source officielle, l’acceptation par l’Irak d’un retour des experts en désarmement de l’Onu "atteste qu’il se conforme aux décisions internationales. Le fait que cette acceptation n’ait pas eu un écho positif suscite des points d’interrogation sur ce qui se trame contre la région". Selon le chef de l’Etat, "la stabilité du monde sera ébranlée", en cas de frappe contre l’Irak. M. Lahoud a invité l’Union européenne, la Fédération de Russie et la Chine à "empêcher une atteinte au rôle de l’Onu".
Le Congrès a donné aux premières heures de vendredi son feu vert au président Bush pour un recours unilatéral éventuel à la force contre l’Irak afin d’éliminer selon lui les armes de destruction massive irakiennes. Le Sénat, contrôlé par les démocrates, a adopté par 77 voix contre 23 une résolution permettant au président d’utiliser la force armée "comme il le juge nécessaire et approprié pour défendre la sécurité nationale contre la menace continuelle posée par l’Irak" et "faire appliquer toutes les résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu" concernant ce pays. La Chambre des représentants, dominée par les républicains, avait adopté le même texte jeudi, par 296 voix contre 133. "Le Congrès a exprimé clairement à la communauté internationale et au Conseil de sécurité que (le président irakien) Saddam Hussein et son régime hors la loi représentent une sérieuse menace pour la région, le monde et les Etats-Unis", a dit M. Bush après le vote, ajoutant que "l’inaction n’est pas une option". M. Aziz a accusé le président américain de "vouloir imposer son hégémonie à la région" et réaffirmé que son pays "ne menaçait personne, ni les pays de la région ni les Etats-Unis". Bagdad mène actuellement une campagne diplomatique "auprès des frères et des amis pour dévoiler les faux arguments auxquels (les Etats-Unis) ont recours pour justifier une agression contre l’Irak", a-t-il ajouté. "Si cette agression a lieu, les conséquences seraient désastreuses pour tout le monde, même pour ceux qui fourniraient des facilités et des services aux agresseurs américains", a estimé M. Aziz, qui doit regagner son pays aujourd’hui.     haut  

 

Terrorisme - Poursuites contre 22 membres présumés d’el-Qaëda
 
paru dans l'Orient-le Jour le 11 octobre 2002 

Le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, le juge Maroun Zakhour, a engagé des poursuites contre 22 personnes (de nationalités libanaise, saoudienne, yéménite, turque et palestinienne) accusées d’avoir cherché à établir une cellule d’el-Qaëda au Liban pour aider des membres du réseau terroriste en fuite dans le monde. Trois de ces 22 suspects ont été arrêtés au début du mois et ont été interrogés par les services de renseignements de l’armée libanaise. Il s’agit de Mohammed Ramez Sultan (Libanais, âgé de 41 ans), Khaled Omar Minawi (Libanais, 18 ans), Ihab Hussein Dafaa (de nationalité saoudienne, 29 ans). Les trois détenus ont avoué avoir tenté d’établir une cellule d’el-Qaëda à Beyrouth. Leur objectif était d’aider des membres du réseau d’Oussama Ben Laden en fuite à la frontière entre l’Iran et l’Afghanistan et des fondamentalistes libanais qui se cacheraient dans le camp de Aïn el-Héloué. Les détenus avaient aussi l’intention de recruter des Philippins spécialistes en explosifs pour former des membres d’el-Qaëda au Liban.
Les 19 autres suspects dans cette affaire sont : Abdallah el-Mohtadi, alias Abou Mehdi (Libanais), Walid al-Chami, Abdallah alias Obeida, (de nationalité turque), Mohammed Kaaki, Abou Yahya (Libanais), Mokhtar el-Tounissi, Ibrahim (de nationalité turque), Selmane Ahmed Selmane, alias Abou Haress (de nationalité saoudienne), Salah el-Ahmadi (de nationalité yéménite), Salem Ahmed Selmane (nationalité saoudienne), Fahd Ali Hatem, alias Abou Bakr Akida, Aboul Haress (nationalité saoudienne), Abou Youssef el-Turki, Abou Haress el-Turki, Hassan Ali, Koueiss (nationalité saoudienne), Abou Bakr Ahmed Mikati, Mouïne Hussein Abdel Rahman (Palestinien). Les 22 suspects sont accusés d’avoir tenté de former une organisation terroriste en vue de s’en prendre à la population civile et de porter atteinte à l’autorité de l’Etat. Ils sont également accusés d’avoir falsifié des passeports. Les accusés risquent une peine de travaux forcés à perpétuité, en application des articles 335, 463 et 454/463 du code pénal, et des articles 5 et 6 de la loi du 11 janvier 1958.    haut

 
Carnage contre les étrangers à Bali : au moins 182 morts dans un attentat
 

paru dans le Monde du 13 octobre 2002

Au moins 182 personnes, dont de très nombreux étrangers, ont péri déchiquetées ou carbonisées et 132 autres ont été blessées par l'explosion d'une voiture piégée qui a ravagé un night-club et un bar restaurant samedi soir dans l'île indonésienne de Bali. Cet attentat, le plus terrible depuis ceux du 11 septembre aux Etats-Unis, a visé un quartier fréquenté par les étrangers dans ce "paradis pour touristes" venus notamment d'Australie, des Etats-Unis et d'Europe. La majorité des victimes de l'attentat, le pire de l'histoire de l'Indonésie, seraient des touristes australiens. Il était 23h00 locales samedi (15h00 GMT) et l'activité battait son plein dans le quartier de Kuta, près de la plage, quand une violente explosion a ravagé un night-club, le Sari Club et un bar-restaurant, fréquentés notamment par des touristes étrangers, près de Denpasar, la capitale provinciale. Elle a été suivie par un gigantesque incendie qui a détruit les deux établissements, des immeubles voisins, des commerces et a fait rage pendant plusieurs heures.
Les survivants ont décrit des scènes d'horreur : corps carbonisés, déchiquetés dans la rue, touristes tentent d'échapper à l'enfer de feu et de fumée dans le nightclub. A l'extérieur, des touristes, hommes, femmes, couraient, vêtement en feu, ou à moitié nus, couverts de sang. Une autre bombe a explosé peu après près d'un bâtiment consulaire américain de Bali, sans faire de victimes, selon la police. L'attentat, qui n'a pas été revendiqué, intervient alors que des diplomates américains avaient exprimé leur inquiétude quant à de possibles menaces terroristes liées au réseau d'Oussama Ben Laden en Indonésie. Le mois dernier, l'ambassade des Etats-Unis à Jakarta avait été fermée pendant six jours en raison de risques d'attentats liés au réseau Al-Qaïda. L'attentat a placé Bali, "l'île des Dieux", sous le choc. Il a été condamné notamment par les Etats-Unis et l'Australie, où des responsables mentionnaient la piste d'un réseau lié à Al-Qaïda, le Jemaah Islamiyah. "La guerre contre le terrorisme doit continuer avec une vigueur sans relache et une détermination totale", a déclaré le Premier ministre australien John Howard.
La police a annoncé que l'attentat était dû à l'explosion d'une voiture piégée. L'explosion a creusé un cratère d'un mètre cinquante de profondeur. Dimanche à la mi-journée, la présidente Megawati Sukarnoputri a donné un bilan, encore provisoire, de 182 morts et 132 blessés, et un nombre indéterminé de disparus. "Il y a un grand nombre d'étrangers qui sont morts ou ont été blessés", a-t-elle ajouté. Mme Sukarnoputri devait se rendre à Bali. Les ambassades étrangères tentaient de déterminer combien de leurs ressortissants ont été touchés. L'identification des cadavres est très difficile. A Londres le Foerign Office a confirmé la mort d'un Britannique. Selon une secouriste, les victimes sont originaires notamment de Suisse, d'Allemagne, de Suède, des Etats-Unis, de Grande Bretagne et d'Italie. Mais la grande majorité des victimes seraient des Australiens, qui viennent nombreux en vacances à Bali, à qelques heures de vol de leur pays.
L'explosion s'est produite à une heure de forte affluence, un samedi soir, témoignant de la volonté de ses auteurs de faire un maximum de victimes. Après avoir démenti durant des mois l'existence d'un réseau d'Al-Qaïda en Indonésie, les autorités indonésiennes ont récemment indiqué que l'organisation d'Oussama Ben Laden pourrait disposer d'un réseau limité dans l'archipel. Les Etats-Unis ont promis 50 millions de dollars à l'Indonésie pour l'aider à lutter contre le terrorisme. Bali, surnommée l'île des Dieux, est la principale destination touristique d'Indonésie. Plus de 1,4 million de touristes ont visité Bali en 2001. L'île est à forte majorité hindouiste. L'Indonésie est le premier pays musulman au monde de par sa population. Bali avait la réputation d'être un lieu sûr et n'avait pas été secouée par les attentats à la bombe, qui ont frappé l'Indonésie depuis deux ans.    haut
 
Attentat près de Helsinki : six morts
 
paru dans le Monde du 13 octobre 2002
Six personnes, dont un enfant, ont trouvé la mort et 61 autres ont été blessées dans une explosion d'origine criminelle survenue vendredi après-midi dans un centre commercial de Vantaa, au nord de Helsinki, a annoncé la police finlandaise. Cet attentat est "sans précédent en Finlande depuis la fin de la seconde guerre mondiale", a déclaré l'inspecteur en chef de la police Mikko Maunuksela qui a été chargé de l'enquête sur les lieux de l'attentat. "L'explosion a été causée par des explosifs, nous pouvons exclure toute autre origine telle que le gaz ou l'essence", a-t-il précisé. M. Maunuksela a refusé de préciser si l'auteur de l'attentat se trouvait parmi les victimes, indiquant que la police ne les avait pas encore identifiées ni n'avait pu encore s'assurer d'éventuels liens entre elles. Plus tôt dans la soirée, un responsable de la police avait déclaré qu'il "n'existait pas d'éléments typiques d'un attentat, mais que nous laissions ouvertes toutes les hypothèses". Les enregistrements vidéo de surveillance ont été saisis pour la suite de l'enquête, avait précisé ce responsable. L'explosion s'est produite à 19h36 locales précises à l'entrée principale, située au rez-de-chaussée, d'un centre commercial de Muurmaeki, dans la commune de Vantaa, à 12 kilomètres au nord d'Helsinki.
Selon un porte-parole du centre commercial, Jyrki Karjalainen, au moment de l'explosion, un ou deux milliers de personnes étaient à l'intérieur du magasin qui est l'un des plus vastes du pays nordique avec 32.000 mètres carrés pour 130 enseignes réparties sur trois niveaux. Au total, 61 personnes ont été blessées, dont neuf enfants. Selon un chirurgien de l'hôpital d'Helsinki, cinq blessés se trouvaient toujours en "condition très critique" samedi matin. "Les dégâts que nous avons vus sont typiques d'une explosion à l'explosif, avec des fractures, des dégâts dans les tissus mous et d'importantes pertes de sang", a indiqué Markku Torkki, chirurgien en chef à l'hôpital universitaire d'Helsinki. "Quelques blessés avaient des brûlures, mais la plupart des blessures ont été causées par des éclats" dus à l'explosion, a-t-il précisé. Le chirurgien a cependant refusé de dire s'il croyait que les blessures avaient été causées par une grenade à main ou par un tuyau bourré d'explosif, déclarant que les éclats étaient "non identifiables". Selon la police, beaucoup de personnes ont été blessées par les éclats de la verrière qui s'est écrasée sur eux. Les services de secours ont commencé à enlever tôt samedi les corps des personnes décédées, tandis que des artificiers et des chiens renifleurs dressés à la détection d'explosifs étaient dépêchés sur place. Aucune autre trace d'explosif n'a cependant été retrouvée, a dit la police.
Les causes de l'explosion pourraient ne pas être connues avant plusieurs jours. Le ministre de l'Intérieur Ville Itaelae a promis une enquête exhaustive. Des témoins ont raconté qu'ils avaient entendu une forte explosion avant que les lumières s'éteignent et que la verrière s'écroule sur leurs têtes. "Soudain, nous avons entendu une explosion, nous pensions que c'était une bombe, et nous avons plongé immédiatement sur le sol", a déclaré une femme présente sur les lieux, Antonia Kohl-Makkonen. A l'intérieur du centre, des éclats de métal ont été projetés dans un périmètre de 300 à 400 mètres carrés. Un hélicoptère médicalisé et une vingtaine d'ambulances participaient aux opérations après l'alerte générale déclenchée dans tous les grands centres hospitaliers de la région de Helsinki. Vantaa est la quatrième ville de Finlande avec près de 160.000 habitants. Elle abrite notamment l'aéroport international de la capitale. La présidente finlandaise Tarja Halonen s'est déclarée "choquée" par l'incident. Dans un communiqué, elle a fait part de "sa profonde compassion" aux proches des victimes et des blessés.    haut
 
L'Union passera de 15 à 25 le 1er janvier 2004
 
par NATHALIE STEIWER, publié dans Ouest-France le 10 octobre 2002
Le 1er janvier 2004, l'Union européenne devrait passer de quinze à vingt-cinq Etats membres. S'ils suivent, en décembre prochain, l'avis de la Commission, rendu hier, les chefs d'État et de gouvernement des Quinze élargiront l'Union à huit anciens pays communistes et à deux îles, Malte et Chypre. Ce n'est pas une surprise, mais c'est un pari.  L'Union européenne s'apprête à faire le grand saut. En donnant un feu presque vert à l'accueil de dix nouveaux pays dans l'Union, la Commission de Bruxelles a engagé, hier, une nouvelle période historique pour l'Europe, moins d'un demi-siècle après le Traité de Rome (1957). En revanche, elle a, pour l'instant, écarté la Turquie qui "ne remplit pas pleinement les critères politiques".
L'élargissement assurera la stabilité en Europe et la croissance économique au sein du plus large marché du monde, mais " il s'agit surtout d'un processus éthique et politique", a plaidé le président de la Commission européenne, Romano Prodi, en présentant, hier, son rapport sur l'élargissement aux députés européens. "Nous entrons dans l'étape finale d'un processus commencé il y a treize ans avec la chute du mur de Berlin", a renchéri le président du Parlement européen, le libéral irlandais, Pat Cox. Des incertitudes planent toutefois encore sur la préparation des pays candidats et des Quinze à élargissement. Après quatre ans de négociations pour certains d'entre eux, deux ans pour les autres, les pays candidats ont repris dans leur droit national près de 90 % des législations européennes actuelles. Il reste toutefois des progrès considérables à faire d'ici à 2004, pour adapter leurs systèmes judiciaire et administratif aux règles européennes. Romano Prodi a relevé une série de domaines où la préparation des candidats est encore insuffisante : les systèmes douaniers qui devront gérer les nouvelles frontières de l'UE, la fiscalité ou encore les contrôles vétérinaires et sanitaires qui inquiètent notamment la France. "Il y a aussi un problème de taille : la corruption qui, à quelques exceptions près, concerne tous les pays candidats", a noté Romano Prodi.
Des conséquences sociales et économiques
Afin d'apaiser les craintes, la Commission a prévu des garde-fous. Elle présentera, six mois avant l'élargissement, un ultime rapport sur l'état de préparation des pays candidats. Elle propose aussi d'inclure dans les futurs traités d'adhésion une clause de sauvegarde. Plus de 200 périodes de transition ont, en outre, été définies durant les négociations, pour donner davantage de temps aux futurs membres dans le domaine de l'environnement, des règles sanitaires ou de la libre circulation des personnes. Malgré l'optimisme affiché par la Commission européenne, les conséquences sociales et économiques réelles de l'élargissement sont encore mal connues. Tentant de rassurer l'Allemagne ou l'Autriche sur l'immigration, la Commission assure que les mouvements de populations ne devraient concerner que 350.000 personnes. Toutefois, "chacun sait que l'application de l'acquis communautaire créera dans ces pays des crises sociales vives", a estimé le communiste français, Francis Wurtz, en appelant à lever les tabous de l'élargissement. "Ce n'est pas en cassant le thermomètre que l'on fait tomber la fièvre", a-t-il lancé. La restructuration des secteurs agricoles ou de la sidérurgie notamment sera un défi à la fois pour les pays candidats et les membres actuels de l'UE.
Les Quinze ont pris de leur côté du retard sur trois dossiers particulièrement sensibles : l'adoption d'une position pour les négociations sur l'agriculture et les aides régionales, ainsi que sur le financement de l'élargissement. Une décision est attendue lors du sommet européen de Bruxelles les 24 et 25 octobre. A cela s'ajoute la grande incertitude : si les Irlandais rejettent, lors du référendum du 19 octobre, le Traité de Nice qui organise l'élargissement, "celui-ci pourrait être reporté", a reconnu, mercredi, le commissaire à l'Elargissement, Günter Verheugen.    haut
 
Al-Hachemi : "La position de la France pourrait être meilleure"
Un entretien avec Abdelrazak al-Hachemi, conseiller de la présidence d'Irak
 
par ISABELLE LASSERRE et CLAUDE LORIEUX, publié dans le Figaro le 10 octobre 2002
Ancien ambassadeur d'Irak en France, ancien ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, aujourd'hui conseiller à la présidence de la république d'Irak, Abdelrazak al-Hachemi vient d'effectuer une visite de deux jours à Paris pour tenter d'influencer la politique française en Irak. Mais il n'a été reçu ni à l'Elysée ni au quai d'Orsay.
 
* Que pensez-vous de la position française sur la crise irakienne ?
La position du gouvernement français pourrait être meilleure. Ce qui m'ennuie, dans le point de vue de Paris, c'est l'idée d'une résolution en deux étapes. Si la première partie de la résolution reprend les conditions américaines, la guerre sera déclenchée au second stade de la résolution. Car il est impossible pour l'Irak de se conformer aux exigences américaines. Dans ce cas de figure, la position française ne serait finalement pas si différente de la vision américaine.
* Bagdad est-il prêt à accepter une nouvelle résolution du Conseil de sécurité, si elle est votée ?
L'Irak a dit et répété qu'il ne discuterait jamais aucune nouvelle résolution. Celle-ci ne ferait qu'ajouter d'autres conditions. Les textes existants suffisent. Laissons les inspecteurs revenir et travailler. Et en cas de problème, ce sera au Conseil de sécurité de décider.
* Le directeur de la CIA, George Tenet, a affirmé mardi que Saddam Hussein pourrait recourir au terrorisme contre les Etats-Unis s'il estimait ne plus pouvoir éviter une attaque américaine contre son pays...
La politique irakienne des Etats-Unis n'est basée que sur des "peut-être". Peut-être que l'Irak possède des armes de destruction massive, peut-être qu'il fournira ces armes à une organisation terroriste, peut-être que cette organisation les utilisera contre les Etats-Unis... Mais ces trois "peut-être" peuvent s'appliquer à la plupart des pays du monde. On ne peut pas prendre des décisions sur l'avenir de toute une région avec des "peut-être".
* Comment jugez-vous le discours de Bush sur l'Irak ?
Le président américain est à la fois juge et jury, et il n'autorise aucun témoin. Il n'y a rien de neuf dans son discours, qui n'est fait que de vieilles allégations et de menaces. Bush demande à l'Irak de se conformer à des exigences irréalisables : tout détruire en moins d'un mois, alors que nous répétons que nous n'avons plus d'armes de destruction massive... Les Etats-Unis tentent de tout faire pour éviter le retour des inspecteurs. Ce qu'ils cherchent, c'est un prétexte pour attaquer l'Irak.
* Le président américain semble pourtant avoir baissé d'un ton vis-à-vis de l'Irak...
C'est normal, Bush a deux problèmes. Il ne trouve pas de pays prêts à financer cette guerre, comme en 1991. Et il ne trouve pas de soldats étrangers prêts à mourir à la place des soldats américains. Les Etats-Unis savent aussi que les avions et les roquettes ne suffisent pas pour changer un régime. C'est pour cela qu'ils se voient obligés d'envoyer leurs soldats en Irak. Mais ça, c'est une autre histoire. Nous considérons que la menace des Américains n'est pas seulement dirigée contre le régime, mais aussi contre le pays lui même. L'enjeu est donc clair : c'est le maintien de l'intégrité irakienne. Les soldats irakiens se battront aussi longtemps que nécessaire contre les soldats américains, pour défendre le régime et le pays.
* Le président américain demande aux généraux irakiens de ne pas obéir à des ordres "cruels et désespérés" pour contrer une action militaire américaine, faute de quoi ils seraient jugés pour crimes de guerre...
Cette menace est à la fois drôle et stupide. Il s'agit des mêmes généraux qui ont combattu contre Bush père en 1991. Ils feront la même chose avec le fils. Tout simplement parce qu'ils veulent défendre leur pays. Depuis quand les militaires qui défendent leur pays contre une agression extérieure sont-ils des criminels de guerre ?    haut

La chute de la maison Amérique
Livre - Prenant le contrepied du sentiment général sur les Etats-Unis, Emmanuel Todd tente de démontrer que c'est un empire qui s'effondre
[Après l'Empire, par Emmanuel Todd, Gallimard]
 
par PASCAL RICHE, publié dans Libération le 10 octobre 2002
On ne s'ennuie jamais à lire Emmanuel Todd. Les pages de son dernier livre, Après l'Empire, consacré à la place des Etats-Unis dans le monde, sont tour à tour lumineuses, outrées, habiles, caricaturales, percutantes, simplistes, érudites, arrogantes, incandescentes, horripilantes. Symétriquement, le lecteur pousse, en son for intérieur, tantôt des grognements agacés, tantôt des sifflements d'aspiration. Une bonne partie des réponses d'Emmanuel Todd sont discutables et certaines fleurent parfois, quoiqu'il s'en défende, l'antiaméricanisme ; mais les questions qu'ils posent sont, elles, passionnantes, ce qui conduit à tourner les pages jusqu'à la dernière. Emmanuel Todd prend le contre-pied du sentiment général actuel sur les Etats-Unis, un point de départ rafraîchissant. Il se propose de démontrer que, loin d'être une "hyperpuissance" de plus en plus solide et menaçante, les Etats-Unis sont un empire qui s'effondre.
On doit le prendre au sérieux : après tout, le démographe a déjà accroché une puissance impériale à son tableau de chasse. Dans son premier essai, la Chute finale, écrit en 1976, il avait prédit avec clairvoyance -­ et déjà à rebours de la plupart des analyses -­ la chute de l'URSS. Cette fois, Todd présente la profonde faiblesse de l'Amérique, devenue, dit-il, "politiquement inutile" (avec la fin du communisme) et "économiquement dépendante" (avec la globalisation). Pour cacher cette misère, les Etats-Unis s'épuisent à démontrer qu'ils restent "la puissance indispensable", pour reprendre la définition de Madeleine Albright. En quelque sorte, ils "simulent" l'empire. Ils s'inventent des ennemis, faisant passer un groupe terroriste essentiellement saoudien (Al-Qaeda) pour un réseau global, ou pilonnant des pays "insignifiants", comme l'Irak, afin de démontrer théâtralement leur puissance militaire, et entretenir un désordre international.Tout cela n'empêchera pas la "décomposition du système américain", prédit pourtant Todd : le monde, loin d'être unipolaire, est en passe de trouver un nouvel équilibre, complexe, dans lequel Japon, Russie et surtout Europe joueront un rôle important. La thèse est hardie et brillante ; sa démonstration est inégale. Lorsqu'il parle de démographie, son domaine, Todd est généralement convaincant. Comme toujours, il fait preuve d'un vrai talent pour tirer des leçons politiques à partir des schémas familiaux d'un pays, ou pour explorer le lien entre démographie, alphabétisation et démocratie.
Dès qu'il glisse sur l'économie ou la politique, en revanche, ses raisonnements deviennent plus friables. L'un des arguments centraux de la thèse de Todd porte sur le déficit commercial des Américains, qui a explosé pendant la dernière décennie : "Le monde, de plus en plus, produit ce que les Etats-Unis consomment", constate Todd. A le lire, les Américains deviendraient des espèces de pachas peu productifs vivant aux crochets des autres peuples. Pour financer leur train de vie, ils émettent du papier que les élites bourgeoises des autres pays, bernées par la fausse puissance américaine, s'arrachent. Ce "prélèvement impérial»" que Todd tente de démontrer est une sorte de variante moderne du (fantasmatique) "privilège exorbitant" que dénonçait déjà le général de Gaulle en 1965, en parlant du dollar. Selon Todd, pour assurer la pérennité de ce "système prédateur", les Américains gonflent non seulement leurs muscles, mais aussi leurs statistiques économiques. Il constate que le chiffre d'affaires d'Enron, ce gros nuage de fumée, était évalué à 100 milliards de dollars, jette un doute sur la sincérité du PNB américain. Mais s'il pose là une bonne question, il n'apporte pas de réponse très fouillée. Il se contente de chantonner la vieille ritournelle marxiste selon laquelle seule la production de biens industriels aurait une "vraie" valeur. "Qu'est-ce que cette économie dans laquelle les services financiers, l'assurance et l'immobilier ont progressé deux fois plus vite que l'industrie entre 1994 et 2000 ?" s'exclame-t-il ainsi.
Le raisonnement économique est un peu bringuebalant, mais Todd a le mérite d'explorer une énigme loin d'être résolue par les économistes : pourquoi les Etats-Unis attirent-ils tant les capitaux ? La réponse de Todd ­ un simple "mirage"­ est insuffisante. C'est à tort que Todd postule ­ contre toute évidence ­ que l'économie américaine et donc sa société ne sont pas dynamiques. Les Etats-Unis n'attirent d'ailleurs pas seulement l'argent : ils attirent aussi l'immigration, les cerveaux, l'art... D'autres passages prêtent également à discussion, comme la prétendue "dégénérescence de la démocratie" que Todd croit déceler aux Etats-Unis, ou encore le tableau d'une Russie idéalisée... Ils ne détruisent pas cependant l'intérêt d'un livre dont les fulgurances sont nombreuses. Emmanuel Todd, après tout, a les défauts de ses qualités. A la différence d'autres essayistes touche-à-tout, il refuse de rester dans les limites de la bienséance idéologique. Il prend donc des risques et, ce faisant, il dit quelques bêtises. Au moins, le liquide qui sort de sa plume n'est pas de l'eau tiède ; elle brûle parfois même, et c'est agréable.    haut
 
Hariri appelle les Arabes du Golfe à investir au Liban
Conférence - La Société de financement du Golfe s’est réunie à Beyrouth
 
paru dans l'Orient-le Jour le 10 octobre 2002 

Le Premier ministre, Rafic Hariri, a inauguré hier la conférence sur les investissements organisée par la Société de financement du Golfe. Il a déclaré à cette occasion que le Liban était le pays de la région où les investissements sont les moins risqués. Le Premier ministre a comparé le pays à "un diamant qui est passé par toutes les épreuves et est désormais prêt pour orner les parures des princesses arabes". Il a notamment souligné la solidité du système bancaire libanais. Selon M. Hariri, l’investissement au Liban peut offrir une alternative aux placements dans les pays occidentaux, dont l’accès même est devenu difficile pour les ressortissants arabes depuis les attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Il a souligné les facilités accordées, selon lui, par le Liban aux ressortissants des pays arabes du Golfe en ce qui concerne "les octrois de visas d’entrée, de séjour et les incitations à investir".
Le ministre des Finances, Fouad Siniora, participait aussi à la séance inaugurale qui a réuni près de 250 personnes représentant les actionnaires de la Société de financement du Golfe, ainsi que certains des investisseurs qui ont participé à plusieurs projets depuis la création de la société, il y a trois ans. L’organisateur de l’événement, Raouf Abou Zaki, du groupe al-Iktissad wal Aamal, a émis le souhait que les investisseurs du Golfe qui, répondant à l’invitation de Rafic Hariri, ont organisé leur conférence à Beyrouth, ne s’en tiendront pas à une réunion, mais investiront aussi au Liban. Le président du conseil d’administration de la Société de financement du Golfe, Fouad al-Omar, a, de son côté, insisté sur la qualité des projets choisis par son groupe qui a permis d’augmenter les profits à un rythme de 55 % par an.    haut

 
Le Liban s’apprête à participer à la foire internationale de Bagdad
Commerce - Un signe d’appui moral à l’Irak, menacé d’une intervention militaire américaine
 
par SIBYLLE RIZK, publié dans l'Orient-le Jour le 11 octobre 2002 

Industriels et commerçants libanais s’apprêtent à participer à la 35e foire internationale de Bagdad, du 1er au 10 novembre, malgré les nuages qui s’accumulent dans le ciel irakien. Une conférence de presse était organisée hier dans le nouveau centre des exportations de l’Association des industriels, près du Port de Beyrouth, pour annoncer l’événement. Le nouveau directeur général du ministère de l’Economie et du Commerce, Fadi Makki, a parrainé l’événement pour signifier l’importance que revêt le marché irakien pour l’économie libanaise. Celui-ci représentait le tiers des exportations libanaises avant la guerre et les producteurs tentent de retrouver petit à petit cette place, malgré les difficultés liées à l’embargo imposé depuis 1990 à l’Irak et les pressions politiques qui menacent de se transformer en nouvelle guerre. Conscients des opportunités que ce marché représente pour eux, les Libanais ont été les premiers à envoyer une délégation d’hommes d’affaires en Irak, dès 1997, peu de temps après l’entrée en vigueur de l’accord pétrole contre nourriture. Cinq ans plus tard, Beyrouth et Bagdad ont signé un accord de libre-échange qui permet aux produits libanais d’entrer sur le marché irakien sans payer de droits de douanes, et inversement. Les deux pays ont échangé des bureaux de représentation commerciale. Mais le Liban n’a toujours pas signé de protocole pétrolier prévoyant l’échange de marchandises contre du pétrole irakien subventionné, comme le lui propose Bagdad. Beaucoup d’autres pays arabes ont conclu de tels accords, dont la Syrie, mais Beyrouth est à la traîne pour des raisons politiques.
Malgré ces obstacles, les Libanais augmentent jour après jour leur pénétration du marché irakien qui a absorbé pour 400 millions de dollars d’exportations depuis le début de l’année, selon les chiffres d’Ahmad Kabbara, président du comité de promotion des exportations, au sein de l’Association des industriels. Depuis 1997, le montant total de ces exportations est de 1,25 milliard de dollars. C’est ce qui explique le niveau élevé de la participation à la prochaine foire, selon les termes de l’organisateur de l’aile libanaise, Farès Saad. Environ 75 entreprises ont déjà annoncé leur participation, malgré les circonstances, a-t-il dit, et la délégation libanaise devrait comporter 130 personnes. La chaîne de télévision LBC prévoit par ailleurs une couverture spéciale pour l’événement, avec une émission quotidienne réalisée en direct à partir de Bagdad. L’aile libanaise de la foire s’étend sur une surface de 3.300 mètres carrés. Elle va accueillir pour la onzième fois une exposition de produits libanais. Le Liban est le premier pays à avoir obtenu l’autorisation irakienne de construire en dur l’aile qui lui est réservée dans l’enceinte de la foire internationale de Bagdad, a souligné Farès Saad. Ceci témoigne de l’amitié des Irakiens pour les Libanais, estime-t-il. En retour, la participation d’une délégation libanaise à la foire internationale de Bagdad est une façon de manifester l’appui moral du Liban pour l’Irak qui traverse des moments difficiles, ont déclaré les organisateurs.
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Limoges, capitale des langues françaises
Dix-neuvième édition de la fête des théâtres francophones
 

par HERVE DE SAINT HILAIRE, publié dans le Figaro le 3 octobre 2002

Parmi les nombreux spectacles présentés à Limoges dans le cadre du 19e Festival international des théâtres francophones, il y en a un particulièrement remarquable : Le Collier d'Hélène, que l'on pourra voir bientôt dans différentes villes de province, et à Paris, au Théâtre du Rond-Point, en mai prochain. C'est l'histoire d'une jeune femme qui a perdu un bijou dans un Beyrouth en pleine (et parfois calamiteuse) reconstruction, et qui, au fil du récit, parle avec des Libanais qui connurent et continuent à les connaître des soucis moins frivoles. Le spectacle, on l'a dit, est remarquable. Mais il est aussi emblématique de ce passionnant festival et résume bien l'esprit de cette singulière manifestation. L'auteur, Carole Fréchette, dont le texte est drôle sans pitreries et bouleversant sans pathos, est québécoise. L'actrice, la magnifique Anne Benoît, est française. Les quatre acteurs sont libanais, syrien, palestinien et libanais. Le metteur en scène, Nabil el-Azan, est lui aussi d'origine libanaise. Il a eu d'ailleurs l'heureuse idée, dans cette pièce de langue française (créée en français à Damas et à Beyrouth !), de faire parler parfois les acteurs en arabe. "La francophonie, c'est aussi la rencontre avec d'autres langues", dit-il. La francophonie, le mot est lâché. Un mot qui a parfois de fâcheuses connotations, avec son cortège frileux de puristes et de cassandres. "Eh ! oui, commente Parick Le Mauff, le très actif directeur de ce festival, c'est un mot qui pour beaucoup est synonyme de ringardise. Quelle erreur !"
En effet. Parlons d'un autre spectacle, remarquable lui aussi : Carré Blanc, de Criss et Dieudonné Niangouna. Ils viennent du Congo-Brazzaville. Deux comédiens (dont l'auteur, Dieudonné) d'une extravagante énergie corporelle. Et verbale. Ils évoquent, dans un texte quasi dadaïste, et non sans un certain cynisme qui est la marque évidente de l'amour et du chagrin, les horreurs de la guerre. C'est frénétique, drôle, parfois incompréhensible. C'est dit en français. "C'est aussi notre langue", commentent-ils. On pourrait multiplier les exemples d'auteurs et d'acteurs venus d'Afrique, du Canada ou du Mahgreb, qui s'enchantent d'écrire dans la langue de Voltaire, qu'ils se sont joyeusement appropriée. Même Rony Brauman, un des fondateurs de MSF, invité au festival, qui confesse n'être pas très préoccupé par la francophonie, avoue que cela lui fait plaisir d'entendre parler français au Japon. L'ambiance ici, à Limoges, est particulièrement chaleureuse. Peut-être est-ce dû à cette communauté amoureuse pour une langue, au-delà des frontières. Jean-Marie Borzeix, président du festival, est ravi. Même s'il déplore que la presse française ne s'en fasse pas suffisamment l'écho : "Alors que l'on n'arrête pas de tous côtés de nous alerter sur la francophonie en danger ! Regardez ici. Il y a des journalistes. De l'Irlande à la Corée du Sud ! Je crois que nous, Français, sommes les moins francophiles de ceux qui parlent notre langue. On dirait qu'on a honte. Tandis que les autres francophones sont fiers de l'être."
Vigoureux propos relayés par Henri de Coignac, ambassadeur en retraite (qui fut, entre autres, en poste en Inde, au Maroc et en Espagne), aujourd'hui chargé de mission aux Affaires étrangères, ministère partenaire du festival, qui participe à hauteur de 12% de son budget. Pourquoi ce partenariat? "Parce que, répond le diplomate, le Quai d'Orsay veut soutenir la francophonie. C'est une communauté de plus de 160 millions de locuteurs. Il y a bien sûr au ministère un souci de relations financières et économiques. Mais la culture est aussi une dimension de la politique extérieure. Cela favorise les échanges. On leur donne une fenêtre, par exemple dans ce festival, mais eux nous ouvrent également diverses fenêtres. Ils aident la France, vous savez. Quand ils rentrent chez eux, ils deviennent nos ambassadeurs. En France, nous avons parfois du mal à être les prosélytes de notre culture et de notre langue. La peur ou la culpabilité, peut-être de passer pour d'affreux néo-colonialistes. Il semblerait que cela ne pose pas de problèmes particuliers à des ressortissants d'autres pays francophones, en Afrique notamment. Ils disent même qu'ils sont heureux de faire partie d'une communauté de langue et parfois de pensée. Sans jamais pour autant renier leur identité. C'est pour cette raison que je déplore que l'engagement de la France pour ce combat de la francophonie soit si insuffisant."
Gustave Akakto, jeune auteur togolais, n'est pas tout à fait d'accord. On le comprend. Car il est boursier. Il a un mot pour définir la francophonie, un joli mot : "Un lien. Un lien entre d'innombrables ethnies d'Afrique. Je peux ainsi partager certaines choses avec eux par le biais de la langue française (NDLR: il est vrai qu'au Cameroun, par exemple, on parle quelque 208 langues !) ; un lien également entre la civilisation française et le reste du monde." Gustave est boursier, donc. A Limoges, où existe une sorte de Villa Médicis pour les jeunes auteurs francophones étrangers. Durant trois mois, après présentation d'un projet (qu'ils devront avoir écrit un an après), ils travaillent à ce que l'on appelle la Maison des auteurs. Certains de ces textes finissent par être montés. Cette aide bienvenue est apportée par le Festival avec la participation de l'association Beaumarchais et le Centre national du livre. Ajoutez à cela que le Festival a suscité et créé une nouvelle et très intéressante collection qui édite des textes de théâtre contemporain de langue française, et vous ne pourrez que vous réjouir que la francophonie n'est pas un vain mot fossilisé et qu'elle fait plutôt bonne route.    haut

 
A Montréal, le défi du multiculturalisme
 
par SCARLETT HADDAD, publié dans l'Orient-le Jour le 3 octobre 2002

A près d’une demi-heure de la frontière américaine, Montréal cultive ses différences, une capitale de la francophonie dans un continent anglophone. Même s’il ne connaît pas ses particularités, le voyageur sent tout de suite qu’il s’agit d’une ville à part, beaucoup française, un peu américaine, multiethnique et foisonnante, avec cette exubérance propre aux francophones. Depuis les années 90, quand la ville se battait pour exister, tiraillée entre les séparatistes québécois et les unionistes, partisans du maintien du Québec au sein de la fédération canadienne, la violence verbale s’est calmée, mais les tentations demeurent, canalisées vers plus de productivité et de tolérance. Aujourd’hui, la question semble dépassée, même si de nombreux Québécois continuent à rêver d’un Québec indépendant. Mais le plus important est désormais de s’affirmer dans la francophonie, sans être assimilés aux Français.
Bien qu’au minuscule aéroport de Dorval, la francophonie soit pratiquement inexistante des kiosques, elle est tout de même une réalité évidente dans toute la ville de Montréal. Même les touristes, nombreux en cet été indien, font l’effort d’essayer de s’exprimer en français. Le spectacle n’en est que plus étonnant, dans les "malls" à l’américaine, les fast-foods à l’américaine et au son d’une musique très américaine, tout le monde cherche à parler français, un français aux syllabes différentes et aux expressions qui semblent ressurgir d’un passé lointain, mais un français quand même. Dans cette province immense et plutôt cossue, la situation est différente de tout le reste du Canada. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le Québec est la seule des dix provinces canadiennes à avoir refusé de signer la Charte des droits et des libertés de 1982, qui garantit en quelque sorte les droits des minorités linguistiques et complète la loi de 1969 qui consacre le français et l’anglais comme langues officielles du pays.
L’épanouissement de l’immigrant 
C’est qu’au Québec, près de 90% de la population est francophone, et 30% appartiennent aux communautés ethnoculturelles. L’enjeu de la lutte, ici, est d’éviter que naissent des différences entre le Québécois natif et celui qui acquiert la nationalité, grâce à l’immigration. Il s’agit donc de favoriser l’épanouissement des immigrants, qui représentent pratiquement 43% de la population totale du Canada. Au Québec, les efforts du gouvernement fédéral, du gouvernement provincial et des autorités municipales se concentrent sur cet objectif. Ce n’est pas toujours évident, vu la diversité de la population. C’est ainsi que la visite de l’ancien Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Montréal a failli provoquer une émeute. Invité à donner une conférence à l’université Concordia, il a été accueilli par les manifestants d’origine arabe, refusant de le laisser parler. Pro-israéliens et propalestiniens ont échangé insultes et quelques coups, et M. Netanyahu est rentré à son hôtel sans avoir pu prononcer son discours. C’est dire qu’entre les différentes communautés, la tension est souvent extrême et les autorités ont beaucoup à faire pour chercher les points d’unité entre les nombreuses ethnies qui forment la population. Mais à part quelques incidents qui demeurent rares, le système québécois fonctionne plutôt bien et il est rare de voir des immigrants désespérés au point de vouloir rentrer chez eux.
Une semaine de lutte contre le racisme
De nombreuses ONG s’activent d’ailleurs sur le terrain, au sein des différentes communautés, pour traquer toute forme de racisme. C’est ainsi qu’avec un financement fédéral, une semaine de lutte contre le racisme a été instaurée il y a trois ans, visant à sensibiliser les citoyens contre toute forme de discrimination. Pour que le message de cette initiative soit bien clair, c’est un Noir et un juif qui l’expliquent aux journalistes. Alix André et Maurice Chalom s’étendent longuement sur les slogans un tantinet provocateurs, visant à titiller les passants à travers des affiches collées dans les stations de métro. Outre les campagnes d’information, l’association qui prépare la semaine de lutte contre le racisme lance des débats et des conférences qui, comme c’est toujours le cas dans ce genre d’activités, s’adressent généralement aux élites. C’est donc à celles-ci que revient la responsabilité d’aller sur le terrain, d’accueillir les personnes victimes de discriminations diverses. L’effort est louable, mais le chemin est encore long, d’autant que le Québec accueille chaque année un flot considérable d’immigrés qui, vu l’absence d’équivalence des diplômes entre les universités du Québec et celles des pays d’origine des immigrés, vont souvent grossir le taux de chômage.
Lorsque le beurre de karité s’allie aux produits de beauté
Malgré des chiffres parfois peu encourageants, le Québec reste un pays où tout peut se produire, celui où la chance peut atteindre l’immigré alors qu’il s’y attend le moins. C’est ainsi que le Mondial de l’entreprenariat, qui existe depuis 1996, offre chaque année un forum aux chefs des petites et moyennes entreprises, afin qu’ils trouvent de nouveaux partenaires et de nouveaux marchés. Ce Mondial de l’entreprenariat a désormais un réseau de 7.000 entreprises, dispersées dans le monde francophone. C’est ainsi, par exemple, qu’un fabricant de produits de beauté québécois a pu se mettre en contact avec la représentante d’une coopérative qui produit du beurre de karité, au Burkina Faso, et se complétant, les deux entreprises font d’excellentes affaires ensemble. Grâce à cette initiative, la francophonie se recentre sur les échanges économiques et culturels, comme elle a commencé, mais cela ne diminue en rien son rôle politique, lancé officiellement lors du sommet de Hanoi. C’est d’ailleurs à cette date qu’a été formée l’Assemblée des parlementaires francophones, dont le Liban est d’ailleurs membre. M. Bernard Patry, qui en est le président au Canada, explique qu’elle a permis une grande coopération interparlementaire, d’autant plus utile que les parlementaires dans la plupart des pays ont une plus grande liberté d’action et de parole que les membres de l’Exécutif.
"Il faut avoir la foi"
Bernard Patry est tout à fait conscient des difficultés qui entravent l’action de l’Assemblée des parlementaires francophones, souvent bloquée par la complexité des régimes auxquels appartiennent ses membres et aussi par le fait que l’Organisation de la francophonie est encore jeune et peu rodée à gérer les conflits internationaux. M. Patry demeure toutefois optimiste, convaincu qu’il y a une place à prendre dans ce domaine, surtout si l’Organisation internationale de la francophonie continue à mettre l’accent sur l’importance de la culture au lieu de devenir une simple organisation d’échanges économiques. Selon le député canadien, avec la culture, on véhicule des valeurs et c’est ce qui finira par distinguer les membres de l’organisation francophone de ceux qui font partie d’autres groupes régionaux, économiques ou géographiques.
L’association a ainsi envoyé des délégués dans plusieurs pays à problèmes afin de mener une enquête sur place et de donner quelques conseils sur la bonne gouvernance et le respect des droits de la personne à leurs collègues parlementaires. A ce sujet, la déclaration de Bamako, adoptée en 2001, reflète bien l’esprit de l’Organisation francophone et les parlementaires de l’association se font un devoir de tenter de diffuser les principes qu’elle contient. L’objectif peut paraître très ambitieux, surtout que l’organisation de la francophonie a encore beaucoup de chemin à faire avant de devenir un regroupement cohérent et efficace, mais M. Patry estime qu’il ne faut pas baisser les bras. Si aujourd’hui, la francophonie paraît assimilée à la France, le Canada fait de son mieux pour s’y forger une place de moteur. Il possède d’ailleurs de nombreux atouts, dont sa diversité culturelle et l’absence de contentieux entre lui et les autres pays membres. Le Canada et la francophonie, cela pourrait bien devenir une longue histoire d’amour.
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Francophonie - "Quotidiens d’ailleurs" à la municipalité de Beyrouth
Découvrez douze pays francophones à travers les reportages de trois grands photographes
 
paru dans l'Orient-le Jour le 10 octobre 2002 
"Quotidiens d’ailleurs" est une exposition issue d’une série de reportages commandés par l’Agence intergouvernementale de la francophonie sur ses actions de terrain. Réalisés en 2001 et 2002 par des photographes et des journalistes, ces reportages sont progressivement intégrés dans la base "Images de la francophonie" mise en ligne le 20 mars 2002. Une exposition présentée en version bilingue français-arabe du 12 octobre au 10 novembre 2002 à la municipalité de Beyrouth, dans le cadre de l’année Franco-Bis, à l’occasion du IXe Sommet de la francophonie. Une seconde version de l’exposition, réalisée avec la collaboration du Centre Wallonie-Bruxelles, est présentée jusqu’au 24 novembre au Centre Wallonie-Bruxelles, à Paris, dans le cadre du XIe Festival de francophonie métissée. Boubacar Touré Mandémory, Roger Moukarzel, Cécilia Olsson, trois photographes aux parcours confirmés, ont promené leur objectif dans douze pays (Bénin, Bulgarie, Burkina Faso, Cambodge, Centrafrique, Liban, Madagascar, Mauritanie, Niger, Roumanie, Sénégal, Vietnam) choisis selon un critère commun: leur choix de la langue française et leur appartenance à la communauté francophone.
Comment la francophonie peut-elle être utile aux populations dans leur lutte contre les multiples difficultés auxquelles elles doivent faire face? Pauvreté extrême pour certains pays africains classés parmi les moins avancés du monde ; défi considérable pour les pays d’Europe centrale et orientale, jeunes démocraties hésitantes; reconstruction pour des pays ayant connu les ravages de la guerre… Ces images de femmes et d’hommes saisis dans la réalité d’un vécu souvent pénible, mais aussi joyeux, coloré, créatif… sont autant de témoignages de leur détermination à se prendre en charge, à assurer un avenir meilleur pour les générations montantes, à contribuer à la construction d’une société plus libre, plus ouverte sur les autres… Ce sont aussi autant d’exemples des actions menées sur le terrain par l’Agence de la francophonie : des sites d’expérimentation qui accompagnent les populations dans leurs luttes quotidiennes et dont les résultats apportent un éclairage particulier sur la manière de faciliter l’accès au savoir, à la connaissance, à la culture et aident les États et les gouvernements à opérer leurs choix dans les réponses aux besoins de développement.
Boubacar Touré Mandémory
Né en 1956, au Sénégal, Boubacar Touré Mandémory se classe comme "photodidacte". Sa première exposition a lieu en 1986 à Gorée sur le thème des "Fous de Dakar". Essentiellement reporter de la rue, il se lance en 1992 dans le grand reportage en effectuant des voyages auprès des groupes ethniques du Sénégal (bassaris, bedik, diolas), puis sur les Timinis de Sierra Leone. Il expose à Dakar, Saint-Louis, Bamako et dans divers lieux parisiens, et collabore à plusieurs journaux, dont Libération et Télérama. Le style de Boubacar Touré Mandémory est fait d’angles de prises de vues inhabituels dégageant des plans aux perspectives contradictoires. Il en résulte une image dynamique qui donne le meilleur de l’information dans son aspect anecdotique ou essentiel.
Cécilia Olsson 
Née en 1965, en Suède. Photographe indépendante, Cécilia Olsson forme, avec le journaliste francophone belge René Sépul, un tandem inséparable sur le terrain comme dans la vie, liés par leur humanisme et l’amour de la terre. Lauréate de nombreux concours et distinctions dont le concours international du Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations unies pour Mémoires en exil (1992) et le concours de l’Unesco, Des villes après la guerre (2001), Cécilia Olsson a présenté de nombreuses expositions individuelles à Liège, Stokholm, Vientiane, Bangkok ou encore Bruxelles. Elle collabore régulièrement à de nombreux titres de la presse belge et occasionnellement à des publications internationales. Elle est l’auteur de deux ouvrages parus aux éditions Antoine Degive, Liège (Communauté française de Belgique) : Gens du Laos. Lao People, 1996 et Luang Prabang, collection Cités, 1998.
Roger Moukarzel
Né en 1962, au Liban. Depuis son premier reportage réalisé pour la presse libanaise à l’âge de quinze ans, Roger Moukarzel a longtemps pratiqué le photo-journalisme avant de consacrer l’essentiel de sa production à la création. Reporter de guerre pour Syfia et Reuters durant une douzaine d’années, il a sillonné le Proche-Orient, du Liban à l’Irak, de l’Iran à la Syrie. Ses reportages ont été publiés dans la presse internationale durant toute cette période. Paris Match retiendra l’une de ses photos pour la couverture de son édition spéciale à l’occasion de son 40e anniversaire. Roger Moukarzel se détache par la suite de cet univers, pour se consacrer à l’art. Présentés sous le titre Trait portrait, ses photos sur les communautés druze et maronite du Liban sont exposées en 1998 à la municipalité de Beyrouth dans le cadre du Mois de la photo et lui valent le Prix du ministère français de la Culture. Il en tire un ouvrage édité à compte d’auteur à Beyrouth en 1999.
Yasmina Traboulsi, prix du jeune écrivain 
Le prix du jeune écrivain francophone pour l’an 2002 a été attribué à la Libanaise Yasmina Samir Traboulsi (27 ans), qui vit au Brésil, pour sa nouvelle Maria Aparecida.
L’équipe technique
Direction : Anissa Barrak. 
Scénographie : Joanna Lasserre.
Textes : Faouzia Zouari. 
Graphisme : Andraini Bachrain.
Et la collaboration de Anna Kapitaniac.
Réalisation technique au Centre Wallonie-Bruxelles : Alain Moors, Rodolphe Rosillette, Mouinou-Paul Ally, Christian Cornano. Laboratoires Picto - France. 
Réalisation à Beyrouth avec l’équipe technique de la municipalité de Beyrouth. Laboratoires Print Works.
Le Liban à l’honneur à Poitiers
Alors que le mois d’octobre est placé sous le signe de la Francophonie au Liban Poitiers, capitale régionale de Poitou-Charentes, met à l’honneur la littérature et la culture libanaises. Organisées dans le cadre de la manifestation nationale Lire en fête, les activités proposées sont le fruit de la collaboration entre la Médiathèque François Mitterrand de la ville et l’Association franco-libanaise Pictacèdres. Le programme, ouvert à tous, présente les richesses artistiques et culturelles du Liban : ateliers pour enfants, rencontres littéraires, expositions, concerts et une présentation de la cuisine libanaise. Autant de moments privilégiés à partager entre le Liban et la France pour un dialogue des cultures fructueux.    haut
 
De Vatican II à Vatican III ?
 
par HENRI TINCQ, publié dans le Monde du 12 septembre 2002
"Il n'y a rien à faire de décisif tant que l'Eglise romaine ne sera pas sortie totalement de ses prétentions seigneuriales et temporelles. Il faudra que tout cela soit détruit. Et cela le sera." Ce cri de révolte d'Yves Congar, l'un des plus grands théologiens du XXe siècle, remonte au 14 octobre 1962. Trois jours plus tôt, avec faste, s'ouvrait à Rome le concile Vatican II, sous la présidence prophétique du pape Jean XXIII. Le Père Congar, qui sous Pie XII avait commencé dans la dissidence, finit cardinal sous Jean Paul II. Son volumineux Journal du Concile - qu'il avait donné l'ordre de ne publier qu'après sa mort et l'an 2000 - vient de sortir aux éditions du Cerf. Quarante ans après, son cri résonne encore. Détruites les prétentions "seigneuriales et temporelles" de l'Eglise ? L'un des principaux acquis de Vatican II (1962-1965) est sans doute le consentement à une plus grande modestie, la renonciation à la pompe liturgique que symbolisaient le latin et la soutane, la responsabilité confiée au laïcat, le dialogue fraternel avec les autres expressions d'Eglise et les confessions non chrétiennes (judaïsme, islam, bouddhisme, etc.), autrefois ignorées et maltraitées. A ces mutations, le pape Jean Paul II a ajouté sa touche particulière. Si la volonté de peser sur les mœurs s'est renforcée, toute revendication de puissance temporelle a disparu. Les anathèmes doctrinaux sont devenus l'exception. L'heure est à la repentance pour les fautes commises contre les juifs ou les hérétiques.
L'aggiornamento, promis le 11 octobre 1962 par Jean XXIII, est si bien entré dans les mœurs qu'il est cité en exemple dans l'ordre civil ou religieux. A destination de la puissante orthodoxie russe dont l'intuition conciliaire de 1917 a été brisée par la révolution bolchevique et ne s'en est jamais remise. A destination d'un islam dont les soubresauts, non maîtrisés par des magistères centraux, inquiètent le monde. Avec peine, et au prix d'un schisme (celui des traditionalistes de Mgr Lefebvre), l'Eglise a su rompre avec une conception fixiste de sa tradition, renouer avec ses racines scripturaires (ce que les protestants avaient fait quatre siècles plus tôt), restaurer la notion de "peuple de Dieu" occultée par un pouvoir pyramidal, ultraclérical, dogmatique, discerner les "signes du temps" lui permettant d'épouser la société moderne. Un historien catholique, parfois contestataire, comme Jean Delumeau affirme que Vatican II est allé si loin qu'aucun revirement n'est plus désormais possible. On en veut pour preuves la part prise hier par les Eglises dans la chute des régimes communistes et des dictatures d'Amérique latine, la dénonciation de tout "enseignement du mépris" des autres religions, les paroles de "repentance" du pape à Rome et à Jérusalem, ses visites aux mosquées de Casablanca et de Damas, les rencontres d'Assise pour faire reculer l'intégrisme. Au plan intérieur, jamais les laïcs n'avaient été autant associés, malgré des grincements, à la marche des communautés, invités à approfondir leur foi, rencontrer celle des autres, dialoguer avec l'intelligence contemporaine et les cultures lointaines.
Pourtant, quarante ans après Vatican II, jamais on n'avait parlé autant de... Vatican III. Sans le ton imprécateur et prophétique d'un Congar, des voix s'élèvent pour estimer que l'Eglise de Rome n'est pas allée au bout de son aggiornamento, que des scléroses n'ont pas été guéries et que d'autres sont réapparues, que la prétention au monopole catholique de la Vérité revient à grands pas, que l'autorité qui devait être "collégiale", c'est-à-dire partagée entre la papauté et les Eglises locales, tourne à l'omnipotence des structures vaticanes. En 1999, le cardinal Martini, alors encore à la tête du diocèse de Milan, avait exprimé le souhait d'une nouvelle assemblée de type conciliaire en vue de dénouer les crises dues à l'insuffisance du nombre de prêtres ou à des disciplines aussi archaïques que l'interdiction de la pratique sacramentelle imposée aux divorcés remariés. D'autres évêques et théologiens des Etats-Unis, des Pays-Bas, de Suisse, de France rêvent aussi d'un concile largement œcuménique, à Jérusalem, berceau des monothéismes, ou en Amérique latine où vivent quatre catholiques sur dix. Les nostalgiques chagrins de l'Eglise "préconciliaire" sont désormais moins nombreux que les partisans d'une nouvelle ère de réformes.
Les crispations portent sur le dialogue œcuménique qui paraît bloqué, sur l'accès de laïcs à des ministères ordonnés (diacres, prêtres), sur le décalage entre l'évolution accélérée des mœurs et un discours de l'Eglise jugé immobile, sur l'épuisement des procédures de concertation (comme les synodes épiscopaux) et l'extrême centralisation des décisions. Les anathèmes contre les protestants, anglicans et orthodoxes ont disparu, mais un document comme Dominus Jesus, publié il y a deux ans, réaffirmant la supériorité absolue de la foi catholique, est apparu comme une régression. Le vieux rêve de Jean Paul II de réconcilier les deux "poumons" - oriental et occidental - du christianisme bute aussi sur le raidissement de la principale Eglise orthodoxe, celle de Russie, exsangue et isolée après soixante-dix ans de persécution communiste. Le rapprochement entre catholicisme et anglicanisme est également au point mort depuis la décision de Canterbury d'ordonner des femmes prêtres (et bientôt évêques).
Le souhait des fidèles
La crise du sacerdoce est plus grave en Europe et en Amérique du Nord que dans les pays de l'hémisphère Sud. Mais, en aucun lieu, la promotion du laïcat voulu par Vatican II n'a compensé les impasses de la pastorale liées à l'effondrement du nombre des prêtres, en particulier dans les pays de vieille chrétienté comme la France, l'Allemagne, le Benelux et même l'Italie et l'Espagne, où des prêtres polonais ou africains sont appelés à la rescousse. Le diaconat (dignité proche de la prêtrise) restauré par le concile et ouvert à des hommes mariés reste interdit aux femmes. Liée au caractère entier et sacré du sacerdoce, l'obligation du célibat du prêtre demeure l'une des raisons de la raréfaction des vocations qui pénalise des communautés entières dans les zones de banlieues ou de campagnes.
Obéissance à l'autorité ou autonomie de la conscience ? Centralisation ou diversification des disciplines, des discours, des formes rituelles ? Des questions ne cessent d'être soulevées devant la distance prise par les fidèles dans l'orientation de leur vie morale ou sexuelle, devant le mode romain de gouvernement d'une Eglise dont la majorité n'est plus blanche, ni européenne, devant l'obstacle que représentent les pouvoirs de la papauté pour les autres Eglises largement décentralisées, au risque d'être démangées, comme les Eglises orthodoxes, par le nationalisme. Dans une enquête publiée en juin 2000 par l'hebdomadaire La Vie, neuf catholiques pratiquants sur dix en France exprimaient le souhait d'un nouveau concile, portant sur le célibat des prêtres, la place des laïcs et des femmes ou le dialogue interreligieux. Mais Vatican III, s'il advient, devra avoir plus d'ambition. L'enjeu ne serait rien alors d'autre que l'avenir d'une Eglise défiée par la progression des sectes en Amérique latine, contestée, voire désertée, dans ses fiefs européens et nord-américains, marginale dans l'océan des sagesses et religions asiatiques, enfin menacée en Orient où elle est née par l'instabilité politique et l'intégrisme musulman.    haut
 
Colloque - Clôture du quatrième forum méditerranéen à Amman
Le développement politique, une priorité dans le monde arabe

 

par MICHEL HAJJI-GEORGIOU, publié dans l'Orient-le Jour le 11 octobre 2002

La région Moyen-Orient-Afrique du Nord (Mena), et notamment le monde arabe, souffre de plusieurs maux: absence de participation de la femme à la vie publique, manque d’emplois, analphabétisme, mauvaise gestion des ressources naturelles et humaines ou problèmes d’éducation. Mais s’il est un fléau qui constitue un obstacle principal au développement de ces pays, il est bien de nature culturelle et politique. Il s’agit de l’absence de démocratie et de libertés, privés ou publiques, et, tout aussi grave, du manque de diffusion de la culture des droits de l’homme, voire même de leur remise en question dans certaines idéologies à l’échelle nationale ou partisane, à l’heure où le monde entier est en train d’adopter ces principes universels comme normes supérieures. La société civile qui se réclame de ces valeurs pour tenter de faire bouger les choses est d’ailleurs systématiquement laminée dans ces pays. Tel est le constat principal du quatrième forum méditerranéen pour le développement, qui a clôturé ses travaux mercredi soir, à l’hôtel Inter-Continental à Amman. Constat amer, d’autant plus qu’il a été fait un peu a contrario, les sujets fondamentalement politiques ayant été peu évoqués et débattus, comme s’il s’agissait d’une fatalité à laquelle il faut soit se résigner, soit contourner en œuvrant à d’autres niveaux, social ou économique par exemple, dans l’espoir d’initier un changement de l’intérieur à très long terme. Pourtant, comme le souligne Ahmad Galal, chercheur égyptien en économie, au cours de la séance de clôture, une bonne économie ne sert à rien si le terrain politique n’est pas favorable.
Une presse muselée
L’une des rencontres les plus révélatrices au niveau du constat sur les libertés limitées dans la région Mena et le monde arabe a été le "Panorama médiatique régional", qui a regroupé des journalistes de différents pays. Une véritable thérapie de groupe, au cours de laquelle chacun a fait un bilan de la répression subie par la presse dans son pays. Certains ont fait part de leur expérience personnelle, des poursuites engagées contre eux pour telle ou telle opinion exprimée. Plusieurs d’entre eux ont même fait de la prison pour leurs idées. Quant aux solutions recommandées par certains des participants, elles n’augurent rien de meilleur pour l’avenir : davantage de vigilance, encore plus d’autocensure. Difficile de parler de développement dans ce domaine. Et le problème, une fois de plus, provient de la sphère politique, de pouvoirs autoritaires peu portés sur la culture des libertés publiques et des droits de l’homme. Les participants ont toutefois discuté de l’éventualité de tenir prochainement plusieurs tables rondes à l’échelle régionale sur les étapes à suivre pour essayer d’améliorer les conditions de la presse. 
La décentralisation au Liban
L’atelier de travail organisé par le Centre libanais d’études des politiques publiques (LCPS) sur le renforcement des capacités des gouvernements locaux dans la région Mena, et plus précisément sur la décentralisation, a également débouché sur une conclusion similaire, concernant l’inévitable lien entre décision politique et développement. L’un des intervenants à la dernière séance de l’atelier de travail du LCPS, M. Ziyad Baroud, chargé du programme du Pnud pour la décentralisation et professeur à l’USJ, a particulièrement insisté sur ce point : "Les accords de Taëf consacrent des dispositions spécifiques en vue de l’organisation administrative et de la décentralisation (...) Depuis 1989, ces recommandations sont restées lettre morte. Les tentatives de réforme ont buté sur deux obstacles principaux : l’absence d’une volonté politique claire, irrévocable, convaincue et convaincante, qui puisse mener ce projet de réforme à son terme, et l’absence, jusqu’en 1998, des acteurs de la démocratie locale, les municipalités, et la timidité de la revendication au niveau local et dans la société civile." Et de rappeler, toujours au plan politique, que le sort de la décentralisation dépend aussi de la dialectique entre démocratie consensuelle et démocratie numérique, puisqu’il est tributaire de la loi électorale mise en place pour l’élection des représentants locaux. Même constat du côté du directeur du LCPS, Sélim Nasr, qui a ajouté, entre autres, dans une synthèse des travaux de l’atelier de recherche que la décentralisation nécessite un pouvoir central fort, mais dans le sens de l’efficacité et non de la brutalité.
Changer l’infrastructure ?
Beaucoup parmi les composantes de l’élite intellectuelle présente à Amman ont déploré l’absence de mesures pratiques, sur le terrain, en faveur du développement. La critique est revenue comme un leitmotiv, surtout durant la cérémonie de clôture. Le rôle que le forum s’était fixé était de mettre en relation plusieurs chercheurs pour aboutir à des plans d’action communs en matière de développement. Les échanges théoriques se sont avérés des plus fructueux, mais la dimension pratique était nettement moins évidente, du moins jusqu’à présent. Dans un forum plein de non-dits - on est en Jordanie, en plein cœur du monde arabe - la question des libertés et de la démocratie a hanté les participants, surtout dans les dicussions en marge des sessions plénières et des ateliers de travail. La question est à débattre : est-il possible de changer l’infrastructure, si les structures étatiques et les pouvoirs en place y font le plus souvent obstacle ? La question est brûlante dans le contexte régional et international actuel, à l’heure où le dialogue Nord/Sud se porte mal. Et alors que les événements du 11 septembre ont frappé des pays de la région Mena du sceau de l’infamie.    haut
 
Wazzani - Israël baisse enfin le ton
Les pompes testées avec succès - La médiation US se poursuit
 
paru dans l'Orient-le Jour le 10 octobre 2002 

Israël, par la bouche de son ministre des Affaires étrangères, Shimon Peres, a enfin baissé le ton hier au sujet du litige sur le Wazzani. Reçu à Paris par le président Jacques Chirac, M. Peres s’est dit favorable à une solution "fondée sur le droit international" et a affirmé que son pays était "à la recherche d’eau, pas de feu". M. Chirac, qui s’est lui aussi prononcé en faveur du respect du droit, a ensuite évoqué la question avec le président de la Chambre, Nabih Berry, en visite à Paris. Au Liban, où les pompes installées sur la source du Wazzani ont été testées avec succès, on se préparait à adresser à l’Onu le rapport technique, à présent achevé, pendant que l’hydrologue américain Charles Lawson était reçu par le Premier ministre, Rafic Hariri.    haut

 

 

 
 
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