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PRESSE
RJLIBAN N°102 - sélection du
printemps 2004 (2)
Douze
heures après le vote du
Conseil de sécurité à New
York d'une résolution initiée
par la France et les
Etats-Unis, appelant entre
autres à une élection
libanaise "libre, équitable,
selon les règles
constitutionnelles et sans
interférence étrangère",
le Parlement libanais a voté
le vendredi 3 septembre, par
96 voix pro-syriennes contre
29 défendant la démocratie
et l'honneur libanais (3 députés
se sont absentés), le
projet de loi visant à
octroyer au chef de l’Etat,
Emile Lahoud, une rallonge de
trois ans. Paris et Washington
ont immédiatement réagi à
la reconduction du mandat
Lahoud : "Un défi
à la communauté
internationale", a dénoncé
le premier ; "une parodie
de démocratie, un vote dicté
par une force
d’occupation", a renchéri
le second. Jusqu’ici, "l’équation"
libanaise issue des accords de
Taëf (1989), reposant
principalement sur la présence
militaire et l’influence
politique dominante de la
Syrie, recevait l’aval de la
communauté internationale. Même
après l’expiration du délai
de deux ans, au bout duquel la
Syrie aurait dû procéder à
un redéploiement de ses
troupes en prélude à un
retrait définitif, les
Etats-Unis, la France et les
autres grandes puissances
continuaient, bon gré mal gré,
à tolérer une tutelle qui
n’a jamais faibli et dont
les effets sur le Liban se
sont manifestés avec le plus
d’acuité lors des diverses
consultations électorales que
le pays a connues depuis 1992. C’est
la première fois depuis au
moins 15 ans que Washington
attribue à la présence
syrienne au Liban le
qualificatif d’
"occupation". Pour
ce qui est de la France, jamais
dans l’histoire des
relations franco-libanaises,
plusieurs fois centenaires,
Paris n’avait usé d’un
vocabulaire aussi sévère.
Pour
sortir du bain de
sang où nous
vivons
par
ABDEL-HAMID
EL-AHDAB, publié
dans l'Orient-le
Jour le 22 juin
2004
Les
semaines qui
passent sont
toutes imprégnées
de la douleur,
du sang, de la
violence et de
la haine qui
fusent tous
les jours en
Irak, en
Syrie, en
Arabie
saoudite, en
Palestine et même
en Jordanie. Où
allons-nous ?
L’histoire
de la douleur,
du sang et de
la violence ne
connaîtra-t-elle
donc pas de
fin ? Au même
moment, l’Inde
organise des
élections démocratiques
grâce aux
acquis
consolidés et
développés
par la
philosophie de
la
non-violence
prêchée par
Gandhi. L’Inde
est un pays très
pauvre qui
compte plus de
800 millions
d’habitants
et regroupe
plusieurs
langues et
nationalités.
Les élections
s’y sont déroulées
pendant trois
semaines dans
sept cent
mille bureaux
de vote.
Quatre
millions de
fonctionnaires
y ont travaillé
et toute la
campagne électorale
a porté sur
le programme
économique.
Il n’y a eu
aucun appel au
sentiment
religieux bien
qu’il existe
plusieurs
religions
rivales sur le
sol indien. La
victoire est
revenue au
parti du Congrès
présidé par
Sonia Gandhi
qui est
d’origine
italienne.
Celle-ci a
renoncé à la
fonction de
Premier
ministre et a
proposé à ce
poste un
membre éminent
du parti
d’origine
sikh. Cette
tolérance et
cette démocratie
ont fait que
l’Inde
enregistre une
croissance
annuelle de 10
%. Le Mahatma
Gandhi a réussi
à vaincre
l’impérialisme
britannique
par la
non-violence.
Après avoir
expulsé le
colonialisme
étranger, il
n’a pas
instauré un
colonialisme
intérieur.
Ses
compagnons, et
à leur tête
Nehru, ont
institué une
démocratie
solide et un
Etat moderne.
Les factions
violentes ont
tenté, et
continuent de
tenter, de
l’anéantir,
comme ils
l’ont fait
avec Gandhi
lui-même,
avec Indira
Gandhi et avec
son fils, mais
la démocratie
est demeurée
la plus forte
car elle
s’est bien
enracinée
dans la
conscience et
dans la
civilisation
indiennes.
Elle est
devenue une
amie.
Alors
que notre
monde arabe
vit dans le
sang, la
douleur et la
violence, l’Afrique
du Sud a fêté,
de son côté,
le dixième
anniversaire
de la chute de
l’apartheid,
de la libération
des Noirs et
de la sortie
de Nelson
Mandela de
prison. Ce
dernier a mis
fin à
l’oppression
des Noirs et
à la
discrimination
raciale par la
non-violence,
et ce du fin
fond de sa geôle.
Le monde
entier le
soutenait, et
il a gagné !
Il n’a pas
dit aux Blancs
:
"Quittez",
et ne les a
pas obligés
à choisir
entre le
cercueil et la
valise, mais
il les a gardés
et s’est réconcilié
avec eux afin
de faire
avancer son
pays par leur
entremise, ou
grâce à leur
coopération,
malgré tous
les crimes
commis par ces
mêmes Blancs
à l’égard
de ses frères
africains.
Lorsque le
mandat de
Mandela a pris
fin, celui-ci
n’a pas
demandé
qu’il lui
soit renouvelé
et n’a pas
cherché à
assurer le
pouvoir à ses
enfants. Il a
dit qu’il
voulait ouvrir
la porte à
d’autres et
a persisté
dans sa volonté
de se retirer
alors qu’il
était le héros
de l’indépendance
et qu’il
avait passé
les trois
quarts de sa
vie en prison.
Pour les
Arabes qui
font face
aujourd’hui
aux plus féroces
défis, à
savoir le
sous-développement,
l’oppression,
l’ignorance,
la pauvreté,
Israël, les
Etats-Unis...,
la violence
est-elle
l’unique
voie vers la
justice ?
Cette violence
leur a-t-elle
permis de récupérer
l’un
quelconque de
leurs droits
au cours des
trois derniers
quarts de siècle
? Leurs
ennemis ne
leur sont-ils
pas supérieurs
en violence ?
Le voisin de
l’Inde est
le Pakistan.
Celui-ci a
pris le chemin
de la violence
déjà emprunté
par les
Arabes. Quand
le Bangladesh
s’est rebellé,
l’armée
pakistanaise a
tué trois
millions de
musulmans.
Tous les
intellectuels
du Bangladesh
ont été
assassinés.
Un traitement
spécial a été
réservé aux
cardiologues :
on leur a
arraché le cœur
de la
poitrine. Les
généraux ont
mis la main
sur le pays.
Depuis, le
sous-développement
règne en maître
et les coups
d’Etat se
succèdent.
Pourquoi ne
pas jeter un
regard sur
l’Inde et
l’Afrique du
Sud pour
sortir un peu
de ces bains
de sang où
nous vivons ?
Abdel-Nasser
avait dit dans
son ouvrage
sur la
philosophie de
la révolution
: "Je ne
pouvais, au tréfonds
de moi, être
tranquille à
l’idée que
la violence
constituait
une action
positive qui
nous aidera à
construire
l’avenir de
notre
pays."
C’est
d’ailleurs
lui qui a épargné
la pendaison
au roi Farouk
lors de la
prise du
pouvoir.
C’est lui
qui a réussi
à lui
conserver sa
liberté en
disant à ses
compagnons :
"Lisez
l’histoire...
le sang
appelle le
sang."
Pourquoi un
nouvel esprit
ne voit-il pas
le jour ? La
non-violence
en Afrique du
Sud a vaincu
le racisme
blanc en dépit
de sa force et
de sa
puissance.
Elle a réussi
à ancrer la démocratie
et à assurer
la
cohabitation
entre les
Blancs et les
Noirs après
l’indépendance,
en dépit
d’un passé
fait
d’humiliation
et
d’oppression
! La
non-violence
en Inde l’a
libérée de
l’impérialisme
britannique et
a ancré la démocratie
en dépit de
l’obscurantisme,
des
antagonismes
et des luttes
entre
nationalités,
langues et
religions
indiennes...
Et voilà
qu’une femme
d’origine
italienne est
élue pour être
Premier
ministre, mais
renonce à ce
poste en
faveur d’un
hindou !
Pourquoi les
Arabes
n’essayeraient-ils
pas la démocratie
et la
non-violence ?
Pourquoi
n’abandonnerions-nous
pas le
discours qui
dit que la
liberté et la
démocratie
procèdent
d’un complot
américain
visant à
servir Israël
?!!!
N’est-ce pas
là une
insulte à la
notoriété de
la liberté et
à la place
qu’elle
occupe dans
l’histoire
et la pensée
arabes ?
Abdelaziz
Bouteflika a
dit à
Beyrouth : "La
raison de
notre
obscurantisme
et de notre échec
social est
notre
“vision de
la vie” qui
est incapable
de répondre,
par des
efforts
continus, aux
défis de la réalité,
de même
qu’elle est
incapable de
franchir les
obstacles..."
C’est lui
qui a appelé
à réformer
notre système
de pensée
pour vaincre
l’immobilisme.
La pensée
arabe sombre
dans le
sommeil.
N’est-il pas
temps de la réveiller
quelque peu ?
Pourquoi n’écoute-t-on
pas Bouteflika
?
haut
Y
a bon la soupe
par GABY
NASR, publié
dans l'Orient-le
Jour le 26
mars 2004
Des
Israéliens
qui savourent
leur stratégie
meurtrière à
domicile et à
deux missiles,
des
Palestiniens
qui gèrent
leurs
territoires
dans le fatras
et la
corruption façon
Beyrouth des
années 70,
une
internationale
barbue qui rêve
de ratisser
large parmi
les mécréants
de tout poil
dans un
pitoyable mélange
des genres...
La poubelle du
Proche-Orient
est à ras
bord, n’en
jetez plus !
Si quand même
: quelques
confettis
politiques
libanais, agrémentés
d’une pincée
de ministres
en dessous du
niveau de la
mer, qui
viennent
donner à
l’ensemble
une note
guillerette de
joyeuse
insouciance.
Cette
chance de
cocu, ma mère
! Il aura
suffi que le
gros baril
d’Ariel d’à
côté lave
plus rouge en
assassinant le
vieil ancêtre
du Hamas pour
que toute la
classe
politique décide
de capitaliser
le tir forain
à son
service.
Fallait les
voir tous,
genoux à
terre et
battant le
bedon qui leur
sert de
coulpe,
invoquer avec
componction
ces fameuses
circonstances
exceptionnelles
qui leur
permettront de
remettre le
couvert pour
un nouveau
bail. Un
salmigondis de
prières dans
le plus secret
des replis de
leurs panses
recueillies.
Extraits :
"Vas-y
Ariel, cogne,
cogne encore
et atomise-moi
tout ça !
Courage,
George,
balance tes
vitamines
B-52, et démocratise-moi
tout ça !
Tintin, les
municipales !
Bernique, la
présidentielle
! Et gloire à
Emile, Nabih
et Rafic pour
les siècles
des siècles."
Le public
retient son
souffle, mais
pas ses
applaudissements.
Dieu,
qu’on est
bien entre
nous ! Pendant
que brûle la
cocotte-minute
régionale, on
en est encore
à vidanger
les scories échappées
du dernier
lavage des cœurs
: Emile 1er,
68 carats, qui
sous-traite
auprès de
Jean-Louis la
gamelle destinée
au Premier
ministre ;
Bouboule, 60
balais, qui
rentre dans le
rang la tête
basse, comme
un petit garçon
pris les
doigts dans le
pot de
confiture ;
Istiz Nabeuh,
66 berges, qui
joue les
agents doubles
pour ne pas
revenir à la
case départ :
un déshérité
au chômage. C’était
notre rubrique
: "Quand
la soupe est
bonne, les
papys ne décrochent
jamais."
haut
Un
procès très
politique pour
les Américains
Washington
veut faire
oublier
l'absence
d'armes de
destruction
massive et
mettre l'accent
sur les atrocités
de la dictature
par
GEORGES MALBRUNOT,
publié dans le
Figaro le 29 mars
2004
Les
Américains
marchent sur des
oeufs avant de
juger Saddam
Hussein. Ils
veulent éviter
que son procès
ne se prolonge
indéfiniment et
ne lui fournisse
une tribune pour
diluer sa
responsabilité
dans les crimes
qui lui sont
imputés, en
enflammant les
sentiments
antiaméricains
dans le monde
arabe. L'arrivée
début mars à
Bagdad d'une
poignée
d'experts américains
a signalé le début
de
l'instruction.
Au total, une
cinquantaine de
juges, d'enquêteurs
et de spécialistes
en sciences
seront à pied
d'oeuvre à la
fin de ce mois. "Nous
sommes ici
uniquement pour
conseiller les
Irakiens avant
de juger
Saddam", confie
l'un d'eux. Les
Américains ne
veulent pas
apparaître
comme ceux qui
inspirent la
justice
irakienne, en
coulisses. Au début
de décembre
2003, le Conseil
intérimaire de
gouvernement (CIG),
dont les 25
membres ont été
cooptés par
Paul Bremer, le
proconsul américain
en Irak, a créé
un tribunal spécial
pour juger les
crimes contre
l'humanité du régime
de Saddam perpétrés
contre "le
Koweït, la République
islamique d'Iran
et contre les
fils du peuple
irakien, entre
le 17 juillet
1968 et le 1ermai
2003", les
dates
d'accession au
pouvoir du Baas,
et de la fin des
opérations
majeures de
guerre décrétée
par George Bush.
Cinq juges
irakiens ont été
choisis par le
CIG. Le tribunal
pourra faire
appel à des
experts étrangers.
Les Américains
disent tenir à
un procès
juste, mais des
organisations de
défense des
droits de
l'homme, comme
Amnesty
International,
mettent en garde
contre le manque
d'expérience
des juges
irakiens pour
confronter
Saddam avec son
passé. Elles
redoutent une
justice expéditive.
Trois
mois après la
capture du
tyran, nul ne
sait quand se
tiendra son procès.
"Le but
est d'aller
aussi vite que
possible tout en
préservant
l'intégrité du
processus",
soulignait récemment
dans le Financial
Times Pierre
Richard Prosper,
responsable au département
d'Etat des
questions
relevant des
crimes de
guerre. Selon
lui, "l'idée
est de trouver
le moyen d'avoir
un procès équitable
et efficace en même
temps". Il
n'excluait pas
qu'il ait lieu
en fin d'année.
Le procès
Saddam doit
permettre aux Américains
de détourner
l'attention de
la recherche,
toujours vaine,
des armes de
destruction
massive aux
atrocités
commises sous la
dictature. Pour
contrer les
accusations de
manipulation de
la justice
irakienne, leurs
porte-parole à
Bagdad répètent
que les
conseillers américains
ne sont là
qu'aux côtés
d'autres représentants
de pays membres
de la coalition
et, surtout, que
les Irakiens
seront les maîtres
d'oeuvre pour
juger celui qui
les soumit
pendant
vingt-cinq ans. "Les
Irakiens auront
le rôle
principal. Il
s'agira de leur
procès", insiste
Dan Senor, le
porte-parole de
Paul Bremer.
Pour les autorités
irakiennes, qui
souffrent d'un déficit
de crédibilité,
ce procès
constitue un
acte fondateur
de leur nouvelle
démocratie.
Elles ont demandé
aux Américains
de leur livrer
Saddam et de
changer le
statut de
prisonnier de
guerre que
ceux-ci lui ont
accordé, peu
après sa
capture à la
mi-décembre.
Cette remise du
dictateur
devrait
intervenir après
le 1er
juillet, date du
transfert du
pouvoir aux
Irakiens.
Washington
n'a jamais exclu
un changement de
ce statut de
prisonnier : "Ils
devront tout de
même trouver
une bonne raison
pour le
justifier",
note un
expert proche du
dossier qui
s'interroge : "Pourquoi
les Américains
ont-ils donné
le statut de
prisonnier de
guerre à
Saddam, s'ils
doivent ensuite
le modifier pour
le remettre aux
Irakiens ?"
Pour certains,
il s'agissait en
fait à l'époque
d'amadouer
Saddam, afin de
le convaincre de
parler à ses
interrogateurs
du FBI et de la
CIA. D'autres évoquent
cette condition
posée par la résistance
sunnite dans sa
tentative de
dialogue avec
les Américains.
L'octroi du
statut de
prisonnier de
guerre, qui
permet notamment
à Saddam de
recevoir des
visites du Comité
international de
la Croix-Rouge
(CICR), avait mécontenté
les responsables
irakiens.
Souverains, ces
derniers, auront
le droit de
demander aux Américains
qu'il leur soit
livré pour être
jugé. Selon le
CICR, dépositaire
des conventions
de Genève, un
prisonnier de
guerre comme
Saddam doit être
jugé par un
tribunal
militaire américain.
Du massacre des
Kurdes à la répression
contre les
chiites, en
passant par les
charniers découverts
depuis la
guerre, les
charges contre
le dictateur ne
manquent pas.
Dans un souci
d'efficacité et
de rapidité,
certains préconisent
toutefois de
n'en retenir que
quelques-unes,
les plus évidentes,
celles qui
suffisent pour
confondre
Saddam, comme le
gazage de
milliers de
Kurdes en 1988
à Halabja.
Mais
les experts américains
et leurs
collaborateurs
irakiens sont
hantés par le
syndrome
Milosevic. Ils
ne tiennent pas
à ce que Saddam
bénéficie,
comme son compère
serbe jugé
depuis des années
par le Tribunal
pénal
international,
d'une
plate-forme qui
lui permettrait
d'accuser ses
""amis
étrangers"
de lui avoir
fourni les armes
qui servirent à
mater les
Kurdes, par
exemple. Leur
priorité : établir
la responsabilité
directe de
Saddam dans la
chaîne de
commandement qui
aboutit au
massacre de
milliers
d'Irakiens entre
1968 et 2003. Le
tyran est détenu
dans un endroit
secret à
Bagdad. Très
peu a filtré de
ses
interrogatoires.
"Il
n'est pas très
utile", a
seulement déclaré
Paul Bremer.
Pour faciliter
l'instruction,
l'idée de juger
avant lui
d'autres piliers
de la dictature
est également
étudiée. Selon
Salem Chalabi,
un avocat
irakien proche
de l'accusation,
inculper Ali
Hassan al-Majid,
cousin de Saddam
et le
responsable de
ses très sales
besognes, serait
plus facile, et
sa culpabilité
rendrait du même
coup plus aisée
le procès de
Saddam.
haut
L’implantation
palestinienne,
fille inévitable
de l’ineptie
et de
l’inertie
arabes
La
bataille de la
communication
perdue par défaut
paru dans
l'Orient-le Jour
le 2 juin 2004
Depuis
la fin de la
Seconde Guerre
mondiale, on
s’est mis à
mettre des mots
sur des choses
qui ont toujours
existé. Sans être
bien reconnues
ou définies.
Par exemple, en
sport, le
sponsoring. En
économie, la
flexibilité. En
géopolitique,
l’épuration
ethnique. En
sciences, la
complexité. Et
en tout, la
communication,
dite com. Un
support
indispensable,
souvent même décisif,
dans la
quasi-totalité
des champs de
l’activité
humaine. Et une
arme de défense,
de déviation
autant que
d’attaque pour
toutes les stratégies.
Commerciales,
sociales,
militaires,
religieuses,
diplomatiques...
Incroyable mais
vrai :
aujourd’hui
encore, cet
instrument
capital, les
Arabes n’en
soupçonnent que
vaguement
l’importance.
En fait, dans la
pratique, et
dans
l’histoire, un
seul de leurs
leaders, Abdel
Nasser, a su en
user. En
offrant, par
exemple, des
transistors à
ses fellahs. Et
en envahissant
le monde arabe
avec sa fameuse
radio Saout
el-Arab. Mais
ses visées
n’allaient pas
plus loin. Par
une sorte
d’aveuglement
et de surdité
fatals, il était
absolument
interdit dans
les années
soixante, et
dans le monde
arabe, d’évoquer
le nom d’Israël.
Résultat immédiat
autant que prévisible
: la guerre des
Six-Jours. A
l’issue de
laquelle Nasser
avouait
piteusement :
"Nous les
attendions à
l’Est, ils
sont venus de
l’Ouest."
Une défaite du
renseignement ?
Certes | | | | | | |