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Saint
Frumentius de Tyr, Apôtre de
l’Ethiopie, évêque du IVe siècle
Mar Frominsios, appelé Abba
Salama ("Père de la
paix") (+380)
La conversion du roi Ezanas
ou comment deux enfants chrétiens
de Tyr, Phénicie (actuel
Liban), semèrent l’évangile
sur la terre d’Ethiopie
Une messe solennelle en mémoire
de Saint Frumentius de Tyr, apôtre
de l’Ethiopie, sera célébrée
par le métropolite Mgr Youhanna
Haddad en la cathédrale Saint
Thomas des grecs-catholiques à
Tyr, dimanche 30 novembre 2003
à 10h, date de la fête
annuelle de Saint Frumentius.
Egalement, la première messe de
Mgr Nabil el-Hajj, nouvel évêque
maronite de Tyr, sera célébrée
en l'église Notre-Dame de la
Mer à Tyr, dimanche 30 novembre
2003 à 15h (le sacre du nouvel
évêque, qui succède à Mgr
Maroun Sader, se déroulera en
la basilique Notre-Dame du Liban
à Harissa, samedi 29 novembre
2003 à 14h30).
Tout semble
calme dans le port d’Adoulis. Un
navire vient de jeter l’ancre. A
son bord, le philosophe Méropius
de Tyr revient d’un voyage
d’exploration en Inde, accompagné
de ses deux élèves, Frumentius
et Edésisus, deux jeunes enfants
de sa parenté. Méropius est
soulagé de faire escale sur la côte
éthiopienne avant de reprendre
son périple. Il pourra
certainement ravitailler en eau et
en nourriture son équipage, épuisé
par de longues semaines de
navigation. Méropius et ses
compagnons s’apprêtent à
mettre pied à terre pour demander
aux sujets du roi d’Axoum les
vivres nécessaires à leur
voyage. Mais tout à coup, les
passagers sont pris de panique ;
les Barbares, loin de les
accueillir, se précipitent sur
eux, les armes à la main, et les
massacrent. Le navire est pillé,
l’équipage exterminé. Un
silence terrible plane sur le pont
du bateau fantôme jonché de
cadavres. C’est alors que deux
jeunes garçons, tremblants de
peur, sortent de leur cachette et
courent se réfugier à terre.
Frumentius et
Edésius restent de longues heures
cachés sous un arbre. Quand la
nuit commence à tomber, pour
briser le silence qui les entoure,
ils récitent les dernières leçons
qu’ils ont apprises. Et c’est
ainsi que les Barbares les
trouvent. Ils les conduisent à la
cour du roi d’Axoum dans
l’intention de les vendre comme
esclaves. Le souverain comprend
que les connaissances des deux
jeunes romains peuvent lui être
utiles. Frumentius, le plus âgé,
est sage et perspicace. Il lit et
écrit le grec, la langue
officielle de l’Empire romain
qui est aussi la langue écrite
employée à Axoum. Frumentius
devient alors secrétaire du roi,
tenant les comptes et les archives
du royaume, tandis que son jeune
frère Edésius est nommé échanson
du roi. Leurs compétences sont
vites appréciées par la famille
royale et les deux jeunes
prisonniers sont bien traités.
Mais la mort du
souverain vient assombrir le ciel
abyssin. Avant de mourir, le roi
d’Axoum a désigné son épouse
comme régente du royaume, en
attendant que son tout jeune fils,
Ezanas, soit en âge de régner.
Il a aussi rendu la liberté à
ses deux fidèles serviteurs,
Frumentius et Edésius. Les deux
frères peuvent désormais rentrer
dans l’empire. Pourtant, ils ne
partent pas. La reine, en effet,
connaissant leur fidélité et
leurs qualités, les supplie de
l’aider à gouverner son royaume
et à protéger son fils. Elle les
charge de l’éducation et de la
formation du futur roi, Ezanas, et
de son frère Sazanas.
Frumentius et
Edésius s’acquittent de leur tâche
avec loyauté et conscience. Les
deux jeunes romains sont chrétiens
: ils ont reçu oralement la
tradition chrétienne à Tyr, région
de tradition chrétienne grecque
et syriaque, avant de partir en
voyage avec leur oncle. Tout
naturellement, ils racontent à
leurs élèves royaux la vie du
Christ et celle des apôtres.
Ezanas, futur souverain axoumite,
apprend ainsi la vérité sur le
Dieu unique, le Dieu créateur,
sur les mystères du Christ et de
sa résurrection, sur l’action
de l’Esprit Saint qui parle au cœur
de tout homme. Il apprend à vivre
chrétiennement et à prier.
Pendant ce temps, Frumentius, qui
partage le pouvoir avec la reine,
peut mettre en place une politique
religieuse favorable aux chrétiens.
Il se renseigne sur la situation
des chrétiens dans le pays dont
il assure les gouvernements.
Constatant les liens commerciaux
entre l’Abyssinie et le monde
romain, il octroie des facilités
aux marchands chrétiens dans
leurs activités économiques et
les autorise à établir des lieux
de culte, en leur donnant des
terrains pour la construction d’églises.
De petites communautés chrétiennes
s’organisent alors dans les
villes du royaume d’Axoum. Les
premières conversions permettent
l’expansion rapide de la
nouvelle religion. Grâce à la
protection de Frumentius, la
liberté de pratiquer la religion
chrétienne - la religion de
l’empire, une religion d’étrangers
! - est accordée. Le
christianisme s’introduit pour
la première fois en Ethiopie.
Le futur roi
est bientôt en âge de prendre
lui-même en charge le royaume. La
tâche de Frumentius et d’Edésius
est achevée, ils peuvent regagner
l’Empire romain. Edésius rentre
à Tyr, retrouve ses parents et
est ordonné prêtre ; plus tard,
il rencontre Rufin d’Aquilée.
C’est lui qui rapportera les épisodes
de la première christianisation
d’Axoum dans son Histoire ecclésiastique.
Frumentius, lui, gagne Alexandrie
en Egypte. Il raconte toute son
histoire à l’évêque Athanase
et lui demande d’envoyer à
Axoum un homme digne d’être évêque
pour conduire ce nouveau peuple
chrétien. Athanase considère que
seul Frumentius est susceptible de
remplir cette mission, le sacre
aussitôt évêque et l’envoie
diriger l’Eglise d’Abyssinie,
entre 3 40 et 356. Commence alors
la seconde œuvre missionnaire de
Frumentius dans le royaume d’Axoum,
nouvelle terre chrétienne.
Les monnaies du
royaume sont frappées de la croix
du Christ. Le christianisme se développe
à Axoum, dans une fidélité
parfaite à la foi nicéenne. A
tel point que l’empereur romain
Constance II, disciple de
l’arianisme, tente de faire
renvoyer Frumentius pour le
remplacer par un évêque arien en
écrivant personnellement à
Ezanas ! Comment cette missive
a-t-elle été reçue ? Les
chroniques sont muettes sur ce
point. Mais une chose est certaine
: avec Frumentius, une nouvelle
Eglise est née sur les bords de
la mer Rouge, et dans les siècles
qui suivirent, une nouvelle nation
chrétienne se développa en
Ethiopie. La conversion d’Ezanas
en fut le germe, et même si le
royaume ne s’est converti
officiellement au christianisme
qu’au Ve siècle, la flamme de
la foi était dès lors présente.
Elle fut portée par deux enfants
chrétiens de Tyr qui, dans des
circonstances extraordinaires, ont
converti un roi et jeté la
semence du christianisme en terre
éthiopienne. Les siècles
suivants ont montré combien la
moisson fut abondante.
La fête de
saint Frumentius, le célèbre évêque
d'Axoum, fondateur de l'Eglise d'Ethiopie,
né à Tyr vers 315, mort à Axoum
vers 380, connu sous le nom d'Abba
Salama ("Père de la
paix"), est célébrée le 27
octobre par les Latins, le 30
novembre par les Grecs et le 18 décembre
par les Coptes.
Phoenician
Saint Frumentius, Apostle of
Abyssinia and Bishop of Axum,
and his brother priest Edesius
The
brothers from Tyre, Phoenicia (Lebanon).
Frumentius introduced
Christianity to Abyssinia (Ethiopia)
and translated the New Testament
into Ethiopian
Edesius and Frumentius,
brothers from Tyre, Phoenician,
introduced Christianity into
Abyssinia; the latter a saint
and first Bishop of Axum is
styled the Apostle of
Abyssinia, d. about 383. When
still mere boys they
accompanied their uncle
Metropius on a voyage to
Abyssinia. When their ship
stopped at one of the harbor
of the Red Sea, people of the
neighborhood massacred the
whole crew, with the exception
of Edesius and Frumentius, who
were taken as slaves to the
King of Axum. This occurred
about 316. The two boys soon
gained the favor of the king,
who raised them to positions
of trust and shortly before
his death gave them their
liberty. The widowed queen,
however, prevailed upon them
to remain at the court and
assist her in the education of
the young prince Aeizanas and
in the administration of the
kingdom during the prince's
minority. They remained and (especially
Frumentius) used their
influence to spread
Christianity. First they
encouraged the Christian
merchants, who were
temporarily in the country, to
practice their faith openly by
meeting at places of public
worship; later they also
converted some of the natives.
When the prince came of
age, Edesius returned to his
friends and relatives at Tyre
and was ordained priest, but
did not return to Abyssinia.
Frumentius, on the other hand,
who was eager for the
conversion of Abyssinia,
accompanied Edesius as far as
Alexandria, where he requested
St. Athanasius to send a
bishop and some priests to
Abyssinia. St. Athanasius
considered Frumentius himself
the most suitable person for
bishop and consecrated him between 340-46. Frumentius
returned to Abyssinia, erected
his episcopal see at Axum,
baptized King Aeizanas, who
had meanwhile succeeded to the
throne, built many churches,
and spread the Christian Faith
throughout Abyssinia. The
people called him Abuna (Our
Father) or Abba Salama (Father
of Peace), titles still given
to the head of the Abyssinian
Church. In 365 Emperor
Constantius addressed a letter
to King Aeizanas and his
brother Saizanas in which he
vainly requested them to
substitute the Arian bishop
Theophilus for Frumentius (Athanasius,
"Apol. ad Constantium"
in P.G., XXV, 631).
The Latins celebrate the
feast of Frumentius on 27
October, the Greeks on 30
November, and the Copts on 18
December. Abyssinian tradition
credits him with the first
Ethiopian translation of the
New Testament.


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