|
|
 |
|
|
|
 |
 |
|
|
Terjé
Roed-Larsen, le diplomate
qui venait du froid
par
ISSA GORAIEB, publié
dans l'Orient-le Jour le 12
février 2005
Brûlante,
dévorante passion pour
les dossiers sensibles
du Proche-Orient, que
celle qui s’empara un
beau jour de cet austère
intellectuel norvégien,
professeur de sociologie
et de philo, l’amenant
d’ailleurs à laisser
plus d’une fois son
empreinte sur la
tumultueuse chronique de
cette région.
Fondateur et directeur
d’un institut de
sciences sociales
appliquées, Terjé
Roed-Larsen entreprend,
dans les années 80, un
projet de recherches sur
les conditions de vie
des Palestiniens dans
les territoires occupés.
Il ne tarde pas à nouer
de solides contacts avec
les deux bords ; et grâce
à sa parfaite
connaissance du problème,
sa patience, son flegme
et son opiniâtreté, il
devient le principal
architecte des négociations
secrètes israélo-palestiniennes
qui déboucheront en
1993 sur l’accord
d’Oslo. Comblé
d’honneurs par son
gouvernement,
Roed-Larsen estime
qu’il a mieux à faire
à l’Onu.
Collectionnant les
casquettes (coordinateur
spécial, adjoint du
secrétaire général,
émissaire personnel de
Kofi Anan), il
s’installe un temps à
Gaza, puis au Liban où
il doit s’assurer de
l’intégralité du
retrait unilatéral des
troupes israéliennes
survenu en 2000. Le voilà
enfin chargé, tâche délicate
entre toutes, de veiller
à l’application de la
résolution 1559
ordonnant le départ des
troupes syriennes de
notre pays et l’arrêt
des ingérences de Damas
dans les affaires
libanaises.
Terjé Roed-Larsen
n’est pas trop aimé
des gouvernements de la
région, mais
qu’importe, il a
l’habitude. Il était
devenu quasiment indésirable
à Gaza pour avoir déploré
la paralysie d’une
Autorité autonome livrée
à l’anarchie. Il a
indisposé Israël en dénonçant
comme "une horreur
qui dépasse
l’entendement"
l’attaque barbare
contre le camp de réfugiés
de Jénine, il s’est
attiré les foudres de
l’Etat libanais
refusant d’inclure les
fameuses fermes de
Chebaa dans le tracé de
la ligne bleue délimitant
la frontière
internationale. Tout
cela pour dire qu’il
en fallait davantage
qu’une rebuffade essuyée
à Damas - un
rendez-vous raté avec
le président Bachar
al-Assad initialement prévu
pour lundi, mais qui
n’a eu lieu que jeudi -
pour entamer l’ardeur
à l’ouvrage du diplomate
scandinave. Et surtout
le surprenant, le
troublant optimisme
qu’il a affiché au
terme des entretiens
qu’il a eus avec des
dirigeants syriens et
libanais notoirement
hostiles pourtant à la
1559.
La brèche dans ce mur
d’hostilité que
s’est employé à
creuser Roed-Larsen,
c’est la thèse,
publiquement défendue,
que la résolution
onusienne n’est guère
en contradiction avec
l’accord de Taëf et
le traité syro-libanais
auxquels s’accrochent
Damas et Beyrouth. Aux
deux partenaires sans
cesse harcelés par les
injonctions de
Washington et Paris, la
démarche vient offrir
une issue honorable :
cela dans une région de
la planète où il
importe plus que tout à
certains types de régime
de sauver la face. Il y
a là davantage
cependant que l’astuce
psychologique, que le
bonbon onusien censé
faire passer l’amère
potion : autant en effet
les Libanais aspirent à
recouvrer leur indépendance
et souveraineté à
l’ombre d’un Etat démocratique,
autant il y a lieu
d’appréhender les
secousses que risquerait
de provoquer un retrait
en catastrophe, non négocié,
non consenti, qui
viendrait libérer en même
temps que le territoire
de formidables capacités
de nuisance...
Ce que fait Roed-Larsen
dès lors, c’est de
prendre au mot ceux qui
ne jurent que par Taëf.
Car c’est bien cet
accord, perverti par
Damas et ses satellites,
qui prévoit le plus
clairement du monde un
processus de désengagement
syrien voué à s’éterniser
s’il n’y avait précisément
eu la résolution 1559.
Il en va de même
d’ailleurs pour ces
relations bilatérales,
régies par un véritable
contrat léonin et dont
les plus éclairés des
officiels s’aperçoivent
aujourd’hui seulement
qu’elles ont
effectivement besoin
d’être assainies. Taëf
par la voie de la résolution
de l’Onu, et pourquoi
pas ? Mais de grâce,
que cela ne prenne pas
quinze ans, une fois de
plus : il ne faut pas
laisser noyer la 1559
dans dans les eaux
profondes de
"leur" Taëf.
1559
- L’émissaire de
l’Onu reçu par le
patriarche Sfeir avant
son départ pour Paris
Roed-Larsen de
nouveau au Liban
"dans les toutes
prochaines
semaines"
paru dans
l'Orient-le Jour le 12 février
2005
L’émissaire
des Nations unies en
charge de
l’application de la résolution
1559 du Conseil de sécurité,
Terjé Roed-Larsen, a
achevé hier sa première
mission ès qualités au
Liban et en Syrie par
une visite à Bkerké, où
il s’est entretenu
avec le patriarche
maronite, Mgr Nasrallah
Sfeir. Il a d’autre
part eu une conversation
au téléphone avec le
chef de l’Etat, Emile
Lahoud, au cours de
laquelle il a été décidé
de poursuivre le
dialogue en cours entre
l’Onu et les parties
concernées par la 1559.
Avant son départ pour
Paris, dans l’après-midi,
il a annoncé qu’il
reviendrait dans la région
"dans les toutes
prochaines
semaines". La
misson de M. Roed-Larsen
avait plutôt mal
commencé le week-end
dernier. Il avait
prolongé son séjour à
Damas pour attendre que
le président syrien,
Bachar el-Assad, le reçoive,
comme il était prévu,
mais cette rencontre
n’avait pu alors avoir
lieu. En quarante-huit
heures, l’émissaire
n’avait pu
s’entretenir qu’avec
deux responsables
syriens, le ministre des
Affaires étrangères,
Farouk el-Chareh, et son
vice-ministre, Walid
Moallem, en charge
depuis peu du dossier
libanais. De son
entrevue avec le
premier, M. Roed-Larsen
était sorti le visage
fermé et s’était
abstenu de la moindre déclaration
à la presse. Quant à
M. Chareh, il avait, au
cours de l’entretien,
sévèrement jugé
l’action de l’Onu,
estimant que la résolution
1559 était un "élément
de tension" au
Liban.
Mardi,
à l’issue de ses
entretiens avec les
responsables libanais,
l’émissaire onusien
était placé devant
l’alternative suivante
: admettre l’échec de
sa mission ou bien
tenter de retourner la
situation en jouant sur
le facteur
psychologique. Il a
choisi la deuxième
option, se disant très
encouragé par ses
contacts et affirmant
que la 1559 se recoupait
avec les accords de Taëf
et le traité
libano-syrien. Le
lendemain, cette
orientation était
confirmée lors des
conversations que M.
Roed-Larsen a eues avec
les représentants de
l’opposition, qui ont
semblé convenir avec
lui de la nécessité de
trouver une "porte
de sortie" pour la
Syrie, permettant de
parvenir à une
application sans dégâts
de la 1559. La nouvelle
approche a rouvert
devant M. Roed-Larsen le
chemin de Damas où il a
finalement été reçu
jeudi par M. Assad. Une
nouvelle fois, l’émissaire
s’est dit très
satisfait de son
entretien.
L’étape parisienne
Hier, à l’issue
d’une rencontre de 45
minutes avec le
patriarche Sfeir, suivie
d’un déjeuner et
d’une promenade dans
les bois de Bkerké, il
a dressé un bilan assez
positif de sa mission,
qualifiant de
"bons" ses
entretiens à Beyrouth
et à Damas axés, selon
lui, sur "la nécessité
de trouver une
plate-forme commune
entre les parties
concernées par
l’application de la
1559". "J’ai
contacté ce matin le président
Lahoud. Nous avons eu
une bonne conversation
et je l’ai informé de
mes entretiens jeudi
à Damas. Nous sommes
convenus de la poursuite
du dialogue. J’ai
l’intention de
retourner au Liban dans
les toutes prochaines
semaines", a-t-il déclaré
à la presse. Ce matin,
M. Roed-Larsen sera reçu
à Paris par le président
français Jacques
Chirac.
De
sources diplomatiques,
citées par notre
correspondant au palais
Bustros, Khalil Fleyhane,
on admet que dans le
principe, un cadre de
l’Onu n’est pas censé
s’entretenir des résultats
de sa mission avec M.
Chirac ou tout autre
chef d’Etat avant
d’en avoir informé
celui qui l’avait
chargé de cette
mission, à savoir le
secrétaire général
des Nations unies, Kofi
Annan. Mais les sources
en question justifient
cette entorse aux
principes par des considérations
formelles et de fond.
Les premières sont
d’ordre purement
technique, M.
Roed-Larsen, qui voyage
à bord d’un avion de
la MEA, devant faire
escale en Europe sur sa
route à destination de
New York. Les secondes
tiennent au fait que la
France est, avec les
Etats-Unis, le principal
acteur de la 1559, mais
surtout à la détermination
affichée par Jacques
Chirac pour faire
appliquer la résolution
le plus vite possible.
Le rapprochement franco-américain
M. Roed-Larsen devra
donc prendre en compte
les observations du chef
de l’Etat français,
tout comme il
recueillera ultérieurement
celles de la secrétaire
d’Etat américaine,
Condoleezza Rice, qui a,
elle aussi, demandé à
le rencontrer. Ces deux
entretiens sont
absolument primordiaux
pour l’Onu dans la
mesure où ils
permettront de savoir si
le secrétaire général
devra toujours soumettre
son rapport sur l’applicaton
de la 1559 au Conseil de
sécurité le 2 avril,
comme prévu, ou bien
s’il est possible de
retarder quelque peu -
peut-être jusqu’à la
mi-avril - cette échéance,
à condition toutefois
que des mesures concrètes
soient prises dans
l’intervalle sur le
plan du retrait syrien.
Les mêmes sources
estiment par ailleurs
que l’intérêt
visiblement grand
manifesté par M. Chirac
au sujet de la 1559 ne
tient pas uniquement à
des considérations
franco-libanaises ou
franco-syriennes, mais
aussi et surtout au fait
que cette résolution
contribue de façon peu
négligeable au réchauffement
en cours des rapports
entre Paris et
Washington. C’est la
raison pour laquelle la
1559 occupera à n’en
pas douter une place
importante dans les
discussions qu’auront
les présidents Chirac
et George W. Bush lors
de leur sommet, prévu
le 21 mars à Bruxelles.
Bush nomme un
nouveau secrétaire d'Etat
adjoint pour le
Proche-Orient
paru dans le Monde
du 12 février 2005
Le président américain
George W. Bush a désigné
vendredi l'ambassadeur
des Etats-Unis en
Egypte, David Welch,
pour occuper le poste
de secrétaire d'Etat
adjoint pour le
Proche-Orient, a
annoncé la Maison
Blanche. M. Welch, qui
a déjà occupé les
fonctions de principal
conseiller auprès du
secrétaire d'Etat
adjoint pour le
Proche-Orient,
remplacera William
Burns s'il est confirmé
par le Sénat américain.
Avant d'être
ambassadeur en Egypte,
M. Welch a également
été en poste à Ryad
comme vice-chef de
mission à l'ambassade
américaine en Arabie
Saoudite. M. Bush a
par ailleurs nommé
Nicholas Burns,
l'ambassadeur américain
auprès de l'Otan,
pour le poste de secrétaire
d'Etat adjoint pour
les affaires
politiques, a précisé
son porte-parole Scott
McClellan dans un
communiqué. M. Burns,
qui avait été
ambassadeur en Grèce,
remplacera Marc
Grossman. Nicholas
Burns a également été
porte-parole du département
d'Etat et directeur
des affaires russes au
Conseil national de sécurité
(NSC). Ces nominations
entrent dans le cadre
du renouvellement de
la diplomatie américaine,
désormais menée par
Condoleezza Rice, pour
le second mandat de M.
Bush.
Un nouveau chef
pour le Shin Beth
paru dans le Monde
du 11 février 2005
Le nouveau chef du Shin
Beth, le service de sécurité
intérieure israélien,
Yuval Diskin, a la réputation
d'être un homme
d'action inflexible, ce
qui ne l'empêche pas d'être
ouvert au dialogue.
Yuval Diskin , 49 ans,
un vieux routier du Shin
Beth, a été désigné
mercredi 9 février par
le premier ministre israélien,
Ariel Sharon, comme le
prochain chef du service
de sécurité, a-t-on
annoncé de source
officielle. "C'est
un professionnel de
première classe, et
l'impression qu'il m'a
donnée, c'est qu'il est
en faveur du processus
de réconciliation"
entre les deux peuples,
palestinien et israélien,
a déclaré à l'AFP un
haut responsable sécuritaire
palestinien, Jibril
Rajoub. M. Rajoub
entretenait des contacts
avec M. Diskin après
les accords d'Oslo de
1993, lorsqu'il était
lui même à la tête
des services de la sécurité
préventive
palestinienne en
Cisjordanie.
L'homme des "opérations
de liquidation"
C'était avant le déclenchement
de l'Intifada en
septembre 2000, lorsque
les services de sécurité
israélien et
palestinien coopéraient
encore pour empêcher
des groupes radicaux
palestiniens de perpétrer
des attentats. Mais après
le déclenchement du
soulèvement
palestinien, le Shin
Beth a engagé une
guerre sans merci contre
les activistes, qui de
leur côté
multipliaient les
attentats-suicides et
autres attaques aveugles
contre des cibles israéliennes.
Dans ce contexte, Yuval
Diskin a joué un rôle
de premier plan, selon
la presse israélienne,
qui révèle qu'il a
organisé les "opérations
de liquidation" qui
ont notamment décimé
toute la direction du
mouvement islamiste
radical Hamas. Dans ce
but, il s'est efforcé
d'accentuer la
coordination avec l'armée
israélienne, notamment
l'armée de l'air, chargée
le plus souvent
d'effectuer ces
assassinats ciblés sur
la base des
renseignements fournis
par le Shin Beth. Mais
à l'encontre de
responsables politiques
et militaires, M. Diskin
n'a pas rendu
responsable le défunt
président palestinien,
Yasser Arafat, décédé
en novembre, du déclenchement
des violences, estimant
qu'elles provenaient
d'abord des militants de
base, rapporte le
quotidien Haaretz.
Entrée en
fonctions à la mi-mai
M. Diskin prendra ses
fonctions à la mi-mai
en remplacement d'Avraham
Dichter, qui va achever
un mandat de cinq ans,
sans prolongation d'un
an. Le nouveau chef du
Shin Beth a servi durant
vingt-sept ans au sein
du service de sécurité
intérieure, après
avoir effectué son
service militaire dans
un commando d'élite, la
Sayeret Shaked, rapporte
la presse israélienne.
Il a commencé sa carrière
au Shin Beth comme
responsable dans le
secteur de Tulkarem et
Naplouse, dans le nord
de la Cijordanie. Durant
la guerre du Liban en
1982, il a servi dans le
secteur de Beyrouth. Au
début des années 1990,
il est à la tête du département
du
"contre-terrorisme",
responsable du Shin Beth
en Cisjordanie et
adjoint du chef du Shin
Beth entre 2000 et 2003.
Il a servi récemment
comme conseiller du chef
du Mossad, le service
d'espionnage, le général
Meïr Dagan.
Désaveu pour
Avraham Dichter
Le chef sortant du Shin
Beth, Avraham Dichter,
avait été lui-même
chef adjoint de ce
service de sécurité où
il a commencé sa carrière
comme garde chargé de
la surveillance rapprochée
des personnalités. Il a
pris récemment des
positions en pointe
contre tout allégement
significatif de la
pression sur la
population
palestinienne, notamment
contre toute libération
significative de
prisonniers
palestiniens. M. Dichter
a réclamé en outre le
maintien par Israël du
contrôle de la frontière
entre la bande de Gaza
et l'Egypte, après un
retrait israélien de ce
territoire, prévu par
le "plan de désengagement"
du premier ministre,
Ariel Sharon. Ces prises
de position contrastent
avec celles de ses prédécesseurs,
qui ont tous pris
position contre la
poursuite par Israël de
l'occupation de la bande
de Gaza et de la
Cisjordanie. Elles ont
été appréciées en
revanche par le lobby
des colons, qui fait
campagne contre le
retrait de la bande de
Gaza.
A
Gaza, Mahmoud Abbas
frappe du poing
Il
a destitué 30 officiers
supérieurs et critiqué
les tirs de roquettes
sur les colonies
par JEAN-LUC
ALLOUCHE, publié dans Libération
le 12 février 2005
Couper court à toute
tentative de saboter la
timide embellie du
sommet de Charm
el-Cheikh qui s'est
conclu par un
cessez-le-feu mardi
dernier. C'est dans ce
but que le président de
l'Autorité
palestinienne, Mahmoud
Abbas, se rend, ce
samedi, à Gaza pour y
rencontrer tous les
partis. Pour leur rendre
compte des "acquis"
obtenus par les
Palestiniens, comme
l'exigent les
organisations, mais
surtout pour leur lancer
un avertissement sans
ambiguïté. Mahmoud
Abbas tient pour un défi
à son égard les
quelque 40 obus et
roquettes Qassam tirés
sur les colonies de
Gouch Katif, jeudi, et
revendiqués par le
Hamas et les Comités de
la résistance
populaire. Du coup, il a
ordonné que "tous
les services de sécurité
soient mis en alerte
pour faire échec à
toute tentative visant
à donner à Israël un
prétexte pour se dérober
aux engagements pris
lors du sommet".
De plus, afin
d'asseoir son autorité,
il a destitué quelque
30 officiers supérieurs
à Gaza, dont le chef de
la sûreté nationale,
le général Abdelrazzak
al-Majaïda, le chef de
la police, le général
Saïb al-Ajez, et le
chef de la sûreté
nationale dans le sud de
la bande de Gaza, le général
Omar Achour. Si ces
derniers ont été démis
de leurs fonctions pour "impéritie",
après que des hommes en
armes eurent tué trois
détenus palestiniens
dans la prison centrale
de Gaza, ces limogeages
servent aussi au Président
à offrir des postes que
convoite la jeune garde
impatiente. De son côté,
le Hamas, qui s'est dit "non
associé" aux
décisions de Charm
el-Cheikh, assure par la
voix de l'un de ses
porte-parole, Sami Abou
Zouhari, être "toujours
intéressé par une trêve",
mais qu'il "attend
de connaître les
engagements israéliens".
Par ailleurs, avant la
libération, en début
de semaine, de près de
500 détenus
palestiniens, le
ministre de la Sécurité
intérieure d'Israël
estime : "Nous
devrons d'une façon
ou d'une autre libérer
des prisonniers ayant du
sang sur les
mains." Souhaitée
par les Palestiniens,
cette mesure demeure
controversée en Israël.
Déclaration
de Terje Roed-Larsen,
coordonnateur spécial
du processus de paix au
Moyen-Orient, 19 mai
2003
La
communauté
internationale doit user
de son influence pour
obtenir la création
d'un Etat palestinien
diffusé par le Réseau
Voltaire le 19 mai 2003
M. Terje
Roed-Larsen,
coordonnateur spécial
pour le processus de
paix au Moyen-Orient et
représentant personnel
du Secrétaire général
de l'ONU, a, au cours de
la présentation qu'il a
faite ce matin devant le
Conseil de sécurité, déclaré
qu'il espérait que les
attentats survenus ce
week-end au Moyen-Orient
ne feraient pas dérailler
le processus de paix
enclenché depuis la
confirmation d'Abou
Mazen comme Premier
Ministre palestinien et
depuis la présentation
de la Feuille de route,
par le Quatuor, aux
parties israélienne et
palestinienne. Le
succès du processus de
paix dépendra de la
bonne foi et des
performances de toutes
les parties, a poursuivi
M. Roed-Larsen, en
notant que la détermination
à soutenir le
processus, de la part
des acteurs régionaux
clefs que sont l'Egypte,
la Jordanie, l'Arabie
saoudite, était
indispensable. Nous
devons à tout moment
garder à l'esprit les
objectifs finaux du plan
qui sont la création
d'un Etat palestinien
viable, souverain, démocratique
et la création d'un
cadre assurant la sécurité
et la prospérité de l'Etat
d'Israël. Le
processus doit mener à
une paix globale, juste
et durable. La
route qui y mène est
longue et semée d'embûches. Depuis
notre dernière
rencontre avec le
Conseil de sécurité,
95 personnes ont perdu
la vie dont 79
Palestiniens et 16 Israéliens,
et depuis le début de
la deuxième Intifada en
septembre 2000, 2 648
Palestiniens et 751 Israéliens
sont morts.
Les
groupes responsables des
actes terroristes
doivent mettre fin à
ces actes et l'Autorité
palestinienne doit les
combattre et traduire en
justice ceux qui sont
reconnu coupables de
soutenir ou de planifier
les attentats
terroristes. Il
existe une dépendance
mutuelle entre
Palestiniens et Israéliens. La
terreur ne devra pas empêcher
les deux parties de
faire des avancées réciproques. Mais
ces progrès ont besoin
de détermination et de
volonté de la part du
nouveau Gouvernement
palestinien. Des
prises de position
fermes seront un test
qui démontrera la
capacité de l'Autorité
palestinienne à prendre
les mesures nécessaires
à la mise en œuvre de
la Feuille de route. Dans
le cadre de la première
phase de la Feuille de
route, Israël ne doit
prendre aucune
initiative qui minerait
la confiance, y compris
des attaques contre les
civils ou la
confiscation ou la
destruction de maisons
palestiniennes comme
mesure punitive. Juste
quelques heures après
la publication de la
Feuille de route, les
forces israéliennes ont
tué au moins 13
personnes dans la Bande
de Gaza et en ont blessé
beaucoup d'autres. Et
les destructions de
maisons palestiniennes
se poursuivent :
environ 70 maisons sont
rasées chaque mois et
ce chiffre va en
augmentant. Quant
aux destructions de
terres agricoles, elles
ont quasiment doublé en
six mois. Les
Nations Unies doivent
rappeler à Israël ses
obligations en vertu du
droit international
humanitaire et doivent
lui répéter qu'il est
inacceptable de faire
continuellement usage
d'une force excessive. Nous
réitérons aussi notre
opposition aux exécutions
extrajudiciaires et
demandons au
Gouvernement israélien
d'y mettre fin.
Concernant
la Bande de Gaza et la
Cisjordanie, nous
pensons que la profonde
crise humanitaire qui
affecte les populations
de ces territoires est
due aux restrictions de
sécurité imposées par
l'armée israélienne. Dans
les deux zones, nous
avons dénombré une
centaine de points de
contrôle et plus de 400
obstacles et fossés
barrant les routes. Dans
les deux territoires, le
taux de pauvreté a
augmenté de 25% en 1998
pour atteindre 60% en
2002. Dans la Bande
de Gaza, qui est la plus
pauvre, le taux de
pauvreté de la
population est de 75%. Au
cours des deux dernières
années, le chômage est
passé de 20% à 53% et
les blocus imposés par
Israël ont coûté 5,4
milliards de dollars à
l'économie
palestinienne.
Face
à cette augmentation de
la misère des
Palestiniens, il faut
qu'Israël lève le régime
de blocus qu'il leur a
imposé. Nous
savons qu'il pourrait y
avoir un revers de médaille
à ce genre
d'initiative, notamment
en matière de sécurité. Mais
seule une réouverture
des points de passage
peut relancer l'économie
palestinienne. La
Feuille de route peut
offrir des mesures
permettant de lutter
contre l'augmentation du
nombre d'attentats
terroristes. Son
approche place en effet
les deux parties devant
leurs obligations
concernant la sécurité
et les obligations
humanitaires tout en
renforçant l'appareil
de sécurité de
l'Autorité
palestinienne sur la
base du programme de
lutte antiterroriste du
Premier Ministre.
A
la suite de l'attentat-suicide
à la bombe commis le 30
avril à Tel-Aviv, a dit
M. Roed-Larsen,
Israël a voulu imposer
de nouvelles
restrictions de sécurité
et d'accès à la Bande
de Gaza. Le 8 mai
dernier, le Groupe de
travail sur la mise en
œuvre des projets, qui
représente le système
des Nations Unies et la
communauté des
donateurs, a reçu un
certain nombre de
directives. Ces
directives veulent,
entre autres imposer une
fouille des véhicules
des personnels
humanitaires entrant ou
sortant de Gaza. Selon
ces directives, tous les
personnels se rendant à
Gaza devront aussi
signer une déclaration
qui en fait est une
tentative d'exonérer
Israël de ses
responsabilités vis-à-vis
du personnel des Nations
Unies. Toutes ces
politiques constituent
des violations des
privilèges et immunités
du personnel des Nations
Unies et elles vont à
l'encontre des
obligations israéliennes,
en tant que puissance
occupante, en matière
de droit humanitaire.
Si
les efforts déployés
ne contribuent pas à améliorer
l'accès du personnel
des Nations Unies à la
Bande de Gaza, a estimé
M. Roed-Larsen, il
deviendra
progressivement
impossible d'y
poursuivre les opérations. Comme
le faisait remarquer le
Commissaire général de
l'UNRWA, M. Peter
Hansen, cette situation
ne pourrait durer si les
mesures israéliennes étaient
maintenues. Les
deux tiers de la
population de la Bande
de Gaza sont des réfugiés
qui dépendent des
services de l'UNRWA pour
les questions de santé,
d'éducation et de
services sociaux, a
poursuivi M. Roed-Larsen,
avant de rappeler à
Israël sa responsabilité,
en tant que puissance
occupante, en matière
de protection
humanitaire au peuple
palestinien. Si
Israël empêche les
Nations Unies de
travailler sur le
terrain, il est légitime
d'attendre de lui qu'il
apporte l'assistance
dont a besoin la
population de Gaza.
Le
Coordonnateur spécial a
en outre souligné que
la situation humanitaire
compliquait la tâche du
nouveau Premier Ministre
palestinien, Abou Mazen. Il
a indiqué que
l'acceptation par Abou
Mazen de la Feuille de
route constitue une étape
importante qu'il importe
de soutenir d'autant que
l'Autorité
palestinienne a fait des
progrès considérables
ces derniers mois dans
de nombreux domaines. Parmi
ces progrès, M. Roed-Larsen
a mentionné la désignation
d'un Premier Ministre
investi de pouvoirs réels,
la mise en place d'un
cadre crédible et
propice à la préparation
d'une constitution pour
un Etat palestinien, la
nomination de ministres
chargés de procéder à
des réformes, et enfin
l'établissement d'une
commission électorale
indépendante. Nous
sommes prêts à
travailler en étroite
collaboration avec
l'Autorité
palestinienne pour
mettre en œuvre ces réformes,
a assuré le
Coordonnateur spécial,
de même que pour améliorer
les conditions de sécurité
comme prévu dans la
Feuille de route. La
sécurité est le
domaine dans lequel
l'Autorité
palestinienne a échoué
au cours des deux dernières
années, a-t-il dit,
faisant observer que,
tant que les
Palestiniens et les Israéliens
ne se sentiront pas en sécurité,
la mise en œuvre de la
Feuille de route restera
illusoire.
Aussi,
le Premier Ministre
palestinien, Abou Mazen,
a deux tâches
prioritaires dans le
domaine sécuritaire, à
savoir restaurer la loi
et l'ordre au plan
interne et dans le même
temps, prendre des
mesures immédiates pour
faire cesser le
terrorisme et traduire
en justice les
responsables des
attaques terroristes. Il
doit s'assurer que les
zones palestiniennes ne
servent pas de base arrière
aux attaques contre Israël,
a-t-il dit, saluant au
passage la déclaration
d'investiture faite par
Abou Mazen devant le
Conseil législatif
palestinien au cours de
laquelle il s'est engagé
à désarmer les groupes
armés. Les efforts
d'Abou Mazen seront sans
aucun doute encouragés
par la tentative du
Gouvernement égyptien
visant à obtenir un
cessez-le-feu entre les
groupes armés
palestiniens. Un
tel cessez-le-feu
faciliterait la tâche
du nouveau Premier
Ministre qui a pour
objectif de placer les
armes palestiniennes
entre les mains d'un
appareil de sécurité réformé
et efficace, comme prévu
dans la Feuille de
route.
Le
Gouvernement israélien
doit pour sa part
avaliser la Feuille de
route et la mettre en œuvre,
a poursuivi M. Roed-Larsen,
souhaitant que la
rencontre de samedi
dernier entre les
Premiers Ministres
Sharon et Abou Mazen ait
renforcé la confiance
d'Israël dans ce plan
de paix. Une large
majorité d'Israéliens,
y compris parmi les électeurs
du Likoud, soutient la
Feuille de route, s'est
félicité le
Coordonnateur spécial,
soulignant que sa mise
en œuvre est également
dans l'intérêt d'Israël. Le
fait que les deux
parties prennent des
mesures pour mettre en
œuvre cette Feuille de
route est un élément
essentiel, a-t-il dit,
car cette initiative
suppose des mesures réciproques
et parallèles selon un
échéancier précis.
Abordant
la question de la Ligne
bleue, où il s'est
rendu la semaine dernière,
M. Roed-Larsen a
indiqué que la dernière
violation de cette Ligne
remonte à la fin
janvier et depuis cette
date, les parties font
preuve de retenue. Toutefois,
il a dénoncé les
violations aériennes de
la Ligne bleue par Israël
et les tirs anti-aériens
du Hezbollah contre des
positions israéliennes
au-dessus de la Ligne
bleue. Faisant état
d'une série
d'incidents, il a invité
le Gouvernement libanais
à assurer la sécurité
du personnel de la FINUL
et invité les parties
à faire preuve de
retenue.
Il a fallu neuf mois
pour finaliser la
Feuille de route, a dit
ensuite M. Roed-Larsen,
convaincu que le vrai
travail commence
aujourd'hui avec sa mise
en œuvre. C'est
peut-être là la dernière
chance pour les deux
parties de parvenir à
la coexistence de deux
Etats en raison d'une série
de facteurs qui éloignent
progressivement les
perspectives de paix,
a-t-il ajouté, citant
notamment le cycle de
terreur et de violence
et la construction d'un
mur de séparation et la
poursuite des colonies
de peuplement par Israël
qui progressivement
rendra de plus en plus
improbable la création
d'un Etat palestinien. Il
a lancé un appel aux
parties palestinienne et
| | | | | | |