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Le thème (les Phéniciens en
Bretagne) passionne. Il est certain que le
colloque qui se tiendra dans le cadre de la
semaine Bretagne-Liban prévue au printemps
prochain n’attirera pas que des spécialistes ou
des historiens, mais tous les amoureux de la
Bretagne ! Il suffit de voir comment le public
« accroche », émerveillé par
l’aventure des Phéniciens le long des côtes
bretonnes, il y a plus de 3 000 ans... L’écrivain
Camille Busson peut se vanter d’avoir soulevé
une immense interrogation au pays des Vénètes,
de l’embouchure de la Loire jusqu’à l’île
de Sein. Yves Coppens
nous a fait rêver avec Lucy. Busson, lui, nous
embarque, avec les Phéniciens, à la recherche
d’une nouvelle Atlantide...
À l’estuaire du Blavet et du
Scorff, là où Colbert,
pour le compte de Louis XIV, a fondé
l’Orient
en 1666 pour commercer avec l’Asie, les voiles
des bateaux phéniciens sont apparues... deux ou
trois millénaires plus tôt, entre Groix et
Belle
Île, en provenance de La Corogne, après avoir
franchi le redoutable
golfe de Gascogne. Ce passé-là
ressuscite donc aujourd’hui grâce à Camille
Busson, pourfendeur de l’océan en partance de
Quiberon vers Carthage habité par un vieux père
Blanc breton, qui lui a révélé l’itinéraire
des formidables marins-marchands sur la route de
l’étain, tel Marco
Polo parti, lui bien plus tard, en sens inverse,
à travers le continent sur « la route de la
soie ». Ainsi, le grand marin carthaginois, Himilcon,
remontant l’Atlantique en 550 av. J.-C., serait
notre Marco Polo, ou un Jacques
Cartier,... venu du Sud ! « Oui, nous dit un
Lorientais qui connaît bien l’histoire de sa
ville, la saga des Phéniciens le long de nos côtes
redonne vie à l’arc atlantique... jusqu’en Méditerranée
! »
Les noms fondateurs : « Vénètes »,
« Bretagne » et « Ker »
Citons quelques extraits de l’ouvrage de Camille
Busson : Essai impertinent sur l’histoire de la
Bretagne méridionale : les hommes de Téviec
dans l’ombre des Phéniciens, (éditions
L’Harmattan, 2005).
« ... On peut aller jusqu’à dire que le
nom de “Vénètes” s’identifie à cette
longue route de navigateurs-commerçants phéniciens...
En d’autres termes, écrit dans la forme latinisée
: “Vénètes” et prononcé “Fenece”, ce
nom désignait les autochtones de Bretagne Sud,
vivant aux côtés des colons phéniciens puis
puniques installés le long du littoral. C’est
ce nom que leur accorda César... »
« ... L’histoire nous apprend que partant
de Tyr et de Cadix pour s’approvisionner en étain,
les navigateurs-commerçants phéniciens et
carthaginois, après avoir traversé le golfe de
Gascogne, atteignaient l’actuelle
“Bretagne”, puis les îles britanniques et
l’Irlande. Les hommes qu’ils découvraient en
“Bretagne” étaient des autochtones
descendants des “hommes de Téviec”,
fondateurs d’un univers cosmogonique où la
pierre était devenue objet de culte, où le
Soleil et la Lune étaient placés au sommet de
leur panthéon. Cela procurait un avantage cultuel
indiscutable aux premiers arrivants phéniciens
qui surent faire preuve de syncrétisme. Habiles
commerçants, ces derniers sauront communier avec
les autochtones dans leur culte du Soleil et de la
Lune. Ils leur apporteront Baal pour incarner
l’un, et Astarté/Tanit, la déesse mère,
pour incarner l’autre (liée à la Terre, elle
en assurait la fécondation)...
Des chercheurs levantins, pour
leur part, voient dans le nom “Bretagne” la
juxtaposition de barra pour péninsule,
promontoire ou sommet et tanna pour étain,
l’ensemble donnant Barra-tanna écrit en
alphabet consonantique breton et prononcé :
“B’ratan” pour la “péninsule de l’étain”,
ces terres vers lesquelles cinglaient les navires
de Tyr puis de Carthage en quête d’étain...
Les navigateurs phéniciens quitteront Cadix et
mettront le cap sur la Barrat-Tanit qu’ils
finiront par désigner dans leur “sabir” comme
la B’ratanit et que Pythéas transcrira sous le
nom de “Bretani” !... En conclusion,
l’origine phénicienne du nom “Bretagne” est
indiscutable et ne semble plus devoir être mise
en doute.
Un coup d’œil sur la carte
Michelin révèle en Bretagne Sud la profusion des
noms de villes et villages en “ker”. C’est
tout à fait remarquable et plus encore, si on se
livre à une comparaison avec la Bretagne Nord
qui apparaît comme le pays des “Plou”,
c’est-à-dire des “paroisses primitives” en
breton, il s’avère que le mot “ker”,
provenant d’un protolangage dont l’origine
serait associée au courant migratoire
“cardial”, existait déjà bien avant
l’arrivée des premiers émigrants des îles
britanniques... En conséquence de quoi, “ker”
ne serait en rien redevable à la langue celte et
donc à la branche dite indo-européenne...
C’est bien à l’intense activité commerciale
des Phéniciens puis des Puniques que nous devons
l’existence et la prolifération des noms en
“ker” sur tout le littoral méridional de la
Bretagne... Actuellement, on a pu recenser près
de vingt mille “ker” dont plus des trois-quarts
en Bretagne Sud… »
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