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PRESSE
RJLIBAN N°81 du 22
décembre 2002
www.rjliban.com
Paris
II, côté purin
par GABY
NASR, publié dans l'Orient-le
Jour le 20 décembre 2002
Mais
comment est donc fabriqué ce
gouvernement, pour qu’à chaque
fois que l’un de ses bouffons détient
une brique de pouvoir, il se croit
obligé de foncer comme un butor
contre ces salauds de pauvres qui
ne pensent qu’à l’argent. Avec
le cirque des manifs qui vient une
fois de plus agiter le barnum
politique local, c’est le côté
purin de Paris II qui va bientôt
nous sauter à la gueule. Si je me
comprends bien, le Senior
croquemitaine des Finances, dont
je te rappelle qu’il n’y a pas
si longtemps encore avait les
juges aux fesses, a juré de nous
faire cracher au bassinet. Une
dette pour laquelle ni toi ni moi
avons jamais été consultés,
mais dont ce baveux au sourire
oblique s’amuse à en bidouiller
les chiffres pour nous pomper
l’air et la tirelire.
Alors forcément, tout y passe et
l’Aspirateur à fric carbure à
pleins gaz. Le téléphone ? On
n’en parle plus. On branchera à
la place une imprimante à
factures, elle-même reliée à
ton compte en banque. Le Senior te
sonne, la facture sort et ton
pognon est sucé jusqu’au
dernier fifrelin. La bagnole ?
Oublie ! Entre le racket douanier,
la TVA, la taxe mécanique, la dîme
sur l’enregistrement et la rançon
sur l’essence, même une
carriole tirée par un âne sera
bientôt hors de prix. Pourquoi le
Mou du cortex et ses compères bêlant
du gouvernement n’avaient pas
commencé plus tôt à la
rembourser, leur dette ? Tu l’as
dit, bouffi ! Y avait des priorités
stratégiques : payer les salaires
des gueux qui pantouflent dans les
ministères, acheter des 4x4
rutilantes aux espions et autres
margoulins officiels, rembourser
les kilomètres carrés de
drapeaux et de photos alimentant
un niais et grotesque culte de la
personnalité. Senior Siniora, qui
pratique couramment l’hypnose,
s’acharne à nous faire avaler
des boas constrictors : un pays
docile bercé au son du Koullouna,
sans salaires ni indemnités, orné
d’une guirlande de taxes et de
dettes. Et à défaut de cadeau de
Noël, on aura les boules début
janvier. Promis, juré. C’est
mieux que la méthode Coué.
C’est la méthode Arna-Coué !
Liban
: La FIDH demande la réouverture de
MTV et Radio Mont Liban
publié
par News Press le 17 décembre 2002
Le
27 décembre, la Cour d'appel des
imprimés au Liban rendra son
verdict sur le maintien ou non de la
fermeture de la chaîne de télévision
privée MTV, créée en 1991. La
FIDH avait exprimé sa préoccupation
lors de la fermeture brutale de MTV,
le 4 septembre. Les locaux de la chaîne
avaient été encerclés par les
forces de police et les employés
violemment expulsés. La radio Radio
Mont Liban (RML) avait subi le même
sort. MTV et RML appartiennent
à Gabriel El Murr. Les verdicts de
la Cour d'appel des imprimés sont
sans appel. Un premier recours avait
été rejeté le 21 octobre, le
tribunal ayant considéré que la décision
de fermeture constituait une mesure
administrative et qu'elle était,
par conséquent, sans appel. MTV
avait été sanctionnée pour avoir
" porté atteinte aux relations
avec la Syrie et à la dignité du
chef de l'Etat Emile Lahoud et pour
avoir violé les dispositions de la
loi électorale ".
La fermeture de la chaîne avait été
décidée au motif de publicité électorale
illicite, et conformément à
l'article 68 de la loi électorale
2000, qui stipule " il est
interdit à tous les médias
audiovisuels ainsi qu'à la presse
écrite (…) de faire de la
publicité politique tout au long de
la durée de la campagne électorale
(…) les médias qui ne respectent
pas cette disposition sont passibles
de fermeture totale(…) ". La
FIDH s'inquiète de l'application sélective
de cette loi, qui semble motivée
par des considérations d'ordre
politique. En effet, il est à noter
qu'au cours de la même période,
des médias proches du pouvoir ont
violé la loi électorale sans en être
pour autant inquiétés. Si la
fermeture de MTV était confirmée
le 27 décembre, cette décision
constituerait un dangereux précédent
en matière de liberté d'expression
au Liban et d'indépendance de la
justice.
La FIDH réitère ses
recommandations aux autorités
libanaises, en demandant notamment :
- d'autoriser la réouverture de MTV
et RML ;
- de procéder à une révision de
l'article 68 de la loi électorale
2000 afin de garantir le droit à la
liberté d'expression, conformément
à l'article 19 du Pacte
International relatif aux droits
civils et politiques, d'après
lequel les seules restrictions
possibles à la liberté
d'expression sont celles "nécessaires
qu respect des droits ou de la réputation
d'autrui, à la sauvegarde de la sécurité
nationale, de l'ordre public, de la
santé ou de la moralité
publique" ;
- de procéder à une enquête sur
les brutalités policières constatées
lors de la fermeture de MTV.
La FIDH demande également aux
autorités de respecter l'indépendance
de la justice et les droits de la défense,
conformément aux instruments
internationaux de défense des
droits de l'homme.
Enseignants et professeurs
universitaires décidés à faire échec
à l’article 9 du projet de budget
Contestation sociale - La CGTL
participera à la grève et à la
manifestation d’aujourd’hui
paru dans l'Orient-le
Jour le 17 décembre 2002
Pour
la deuxième fois en moins d’un
mois, toutes les écoles du Liban,
privées et publiques, ainsi que
l’Université libanaise seront en
congé forcé aujourd’hui, en
raison d’un large mouvement de grève
décidé par les enseignants et les
professeurs, à l’appui de leurs
revendications professionnelles et
salariales. En fait, les enseignants
et professeurs insistent sur le fait
qu’ils ne revendiquent rien de
nouveau, mais qu’ils veulent préserver
des acquis remis en question par le
ministre des Finances et le projet
de budget 2003. Le mouvement de grève
doit, dans l’intention de ses
organisateurs, mettre en garde les députés
contre une approbation telle quelle
du projet de budget, dont l’examen
sera entamé par la Chambre juste
après les fêtes de fin d’année.
Dans une conférence de presse,
hier, la ligue qui coordonne
l’action des deux corps
professionnels a élargi son
discours social en soulignant que
les taxes, notamment sur l’essence
et l’instauration de la TVA, ont réduit
le pouvoir d’achat des Libanais de
25 %. Toutefois, malgré ce discours
social, la politisation du mouvement
de grève se fait de plus en plus évidente,
tout en restant jusqu’à ce jour
"équilibrée".
L’originalité du mouvement de grève
d’aujourd’hui réside en effet,
en partie, dans le fait qu’il est
appuyé à la fois par
l’opposition et par certains
mouvements loyalistes.
D’un côté, les étudiants des
courants de l’opposition,
aounistes, Forces libanaises et base
Kataëb, ainsi que la gauche
estudiantine dite "Khatt
el-Moubachar" (action directe),
appuieront la grève en se
rassemblant vers midi, place Riad
el-Solh. D’autre part, le
mouvement Amal et le PSNS
l’appuieront séparément. Les
enseignants et professeurs, eux,
comptent défiler de la place Barbir
à la place Riad el-Solh et ont
demandé que ceux qui vont
participer à cette marche, entamée
vers 10h30, respectent le côté
corporatiste des slogans qui y
seront lancés. Au total, c’est
quelque 700.000 élèves qui
resteront chez eux aujourd’hui, et
plus de 70.000 universitaires (60 %
du total des étudiants au Liban).
La grève fait partie d’un
mouvement de mécontentement plus
large, affectant en outre les employés
du secteur public soumis au code du
travail. Elle est enfin appuyée par
la CGTL, dont les chefs
participeront à la marche
Barbir-Riad el-Solh, et qui défend
aussi bien le niveau de vie des
salariés que la préservation des
prestations de la CNSS, que la
politique fiscale de l’État met
en danger.
L’origine de tous les maux
L’origine de tous ces maux
sociaux, selon les grévistes,
c’est un budget d’austérité
dont l’annexe 9, réservée au
recettes, prévoit de nouveaux prélèvements
fiscaux, notamment sur les indemnités
de fin de service et les pensions de
retraite des fonctionnaires. Les
enseignants (45.000 dans le privé,
35.000 dans le public) insistent
pour l’amendement du projet de
budget, qui remet en cause certains
de leurs droits acquis. Selon
M. Georges Saadé, président du
syndicat des enseignants dans les écoles
privées, ce projet annule, en
effet, le régime de réduction des
heures de travail selon
l’ancienneté, augmente le nombre
des heures de travail, institue des
impôts sur les indemnités de fin
de service, accroît les prélèvements
fiscaux de 8 à 10 % sur les
pensions de retraite. Ces
modifications sont communes aux
enseignants du privé et du public.
La Caisse des indemnités
Par ailleurs, les enseignants
des écoles privées ont une
revendication fondamentale qui leur
est propre. Elle concerne leur
Caisse d’indemnités. Florissante,
avec quelque 230 milliards de LL de
dépôts (50 millions de dollars
environ), selon une source bien
informée, la Caisse suscite les
convoitises du ministre des
Finances, qui en veut à son
usufruit. Après le meurtre en
juillet dernier, de la présidente
de la Caisse et du trésorier,
abattus par un planton névrotique,
il existe à la Caisse un vide
administratif que l’Etat cherche
à exploiter pour nommer un nouveau
conseil d’administration qui lui
soit acquis. Le syndicat des
enseignants, de son côté, insiste
pour que le mandat de l’ancien
conseil d’administration soit
prorogé et que soit installé à sa
tête un enseignant légalement élu
par anticipation avant le drame de
l’Unesco. Le vide administratif
empêche les enseignants partant à
la retraite de toucher leurs
indemnités. Pour leur part, les
contractuels de l’Education
nationale, soit environ 15 % du
nombre des enseignants du public,
ont des revendications qui leur sont
propres. Ils réclament d’être
payés à temps, titularisés et de
recevoir des allocations de déplacement.
L’Université libanaise
De leur côté, les professeurs de
l’Univesité libanaise ont fait
cause commune avec les enseignants,
d’abord parce qu’ils sont en désaccord
avec une fiscalité injuste, qui
s’attaque aux plus démunis et aux
catégories en position d’infériorité
sociale, ensuite parce que le projet
de budget réduit de 85 à 80 % le
pourcentage de leur dernier salaire
en base duquel se calcule
l’indemnité de fin de service,
enfin parce que, de la manière dont
les choses sont conduites, l’UL
perd en indépendance ce qu’elle
gagne en rigidité idéologique et
en médiocrité académique… De
fait, le contentieux entre les
professeurs de l’UL et le ministre
de l’Education nationale est
particulièrement lourd et porte
aussi bien sur les récentes
nominations de directeurs de facultés
que sur la politisation de l’Université
libanaise. Le clientélisme
politique à l’UL a fait dire hier
au député Boutros Harb que les
milices sont parvenues, en temps de
paix, à atteindre des objectifs
qu’ils n’avaient pas réussi à
réaliser en temps de guerre.
L’affaiblissement de l’UL se
reflète d’ailleurs dans la
minceur du budget qui lui est alloué.
Les professeurs réclament aussi que
la contribution de l’Etat au
budget de l’UL, pour l’année
2002-2003, soit au moins égale à
ce qu’elle était l’année dernière,
soit 145,5 milliards de dollars),
alors que ce chiffre est revu à la
baisse par le ministère des
Finances, et sans compter qu’à ce
jour l’UL n’a reçu que 58 % de
son budget et que l’Etat lui doit
encore quelque 65 milliards de
livres. Par ailleurs, les
professeurs de l’UL font des
remarques sur les bâtiments
universitaires à Beyrouth et dans
les régions, réclament que les
fonds nécessaires leur soient
accordés pour leur permettre de
faire face à un afflux chaque année
croissant d’étudiants, etc.
Mais au-delà du respect des statuts
de l’Université libanaise, de ses
moyens financiers et de son indépendance,
les professeurs luttent contre une
volonté insidieuse du pouvoir
politique de contrôler cette
institution et de la
"normaliser" idéologiquement.
Les employés du secteur public se
sont solidarisés avec ce mouvement
de grève, car le régime fiscal
auquel ils sont soumis est
sensiblement le même que celui des
enseignants. Rappelons qu’un
premier mouvement de grève avait
paralysé les écoles et l’Université
libanaise le 26 novembre dernier.
Les enseignants avaient clairement
indiqué alors que dans le cas où
le pouvoir fait la sourde oreille à
leurs exigences, ces deux grèves
d’avertissement pourraient être
suivies par une grève ouverte, en
2003. Ce n’est pas sans de sourdes
inquiétudes que les parents
assistent à cette épreuve de force
des enseignants avec l’Etat, se
demandant si le durcissement de la
grève ne va pas compromettre
l’année d’études de leurs
enfants.
Le Proche-Orient sous
perfusion de l'étranger
Israël fait appel aux Etats-Unis,
la Jordanie a conclu un accord avec
le FMI, et le Liban a reçu 4
milliards de dollars de crédit
par AGNES LEVALLOIS, publié
dans le Monde du 17 décembre 2002
La poursuite des affrontements
entre Israéliens et Palestiniens
et les perspectives d'une
intervention militaire américaine
contre l'Irak ont de graves
incidences sur la situation économique
des pays de la région. Seule une
aide financière extérieure
massive les empêche de sombrer un
peu plus. Le secteur touristique,
ressource importante, est sinistré ;
les investissements se font rares
et les perspectives de sortie de
crise lointaines. Les Palestiniens
sont les premiers touchés en
raison de la fragilité de leur
situation : absence d'un Etat
et de ressources propres tant que
les négociations avec Israël sur
le statut final n'auront pas lieu.
Ils sont donc dépendants de
l'aide extérieure et du
versement, par Israël, de fonds
correspondants essentiellement au
produit de la TVA et des droits de
douane prélevés sur les produits
importés dans les territoires
palestiniens et transitant par
Israël. Dans ce contexte, la
croissance n'est pas au
rendez-vous et une part de plus en
plus importante de la population
se paupérise. Les chiffres
atteignent des sommets en
Cisjordanie et dans la bande de
Gaza. Le taux de chômage dépasse
les 70 % et plus de 60 %
de la population vit en dessous du
seuil de pauvreté. La pratique de
bouclage des territoires par l'armée
israélienne empêche la
population active palestinienne de
se rendre dans son entreprise.
Quelque 200 000 Palestiniens
qui travaillaient en Israël avant
le déclenchement de la seconde
Intifada et rapportaient des
revenus représentant entre un
quart et un tiers du produit
national brut (PNB) ne peuvent
plus le faire. Du coup, l'aide des
pays donateurs, qui se faisait
auparavant sous forme
d'investissements à long terme
dans les infrastructures, s'est
transformée en aide humanitaire
à court terme.
En Israël, d'après les derniers
chiffres du Fonds monétaire
international (FMI), la croissance
sera encore négative en 2002 (-1 %),
le taux de chômage a dépassé
les 10 % ; quelque 240 000
emplois sont menacés au cours de
l'année à venir, ce qui
doublerait le nombre de chômeurs.
Un Israélien sur cinq vit désormais
en dessous du seuil de pauvreté.
En outre, les investissements
directs étrangers (IDE) ont chuté
de façon sensible même s'ils
restent importants par rapport aux
autres pays de la région. Par
ailleurs, il ne faut pas écarter
les conséquences qu'aurait une
attaque américaine contre l'Irak
sur l'économie mondiale et par
ricochet sur Israël. Dans cette
perspective, les Etats-Unis
envisagent, d'ailleurs, d'accorder
une aide supplémentaire. Israël
a demandé 10 milliards de
dollars de garanties bancaires, ce
qui permettrait de lever des
emprunts à faibles taux d'intérêt
sur les marchés financiers. Les
autorités espèrent obtenir 2 à
3 milliards de dollars sous
forme de dons, en plus des 3 milliards
de dollars d'aide annuelle, dont
plus de 2 milliards d'aide
militaire.
Le Liban et la Jordanie sont également
fragilisés par la situation régionale
et ils ne s'en sortent que grâce
à la bienveillance
internationale. Un nouvel accord a
été conclu entre le FMI et les
autorités d'Amman pour la période
2002-2004. Le rééchelonnement de
la dette extérieure à l'égard
du Club de Paris – 1 200 millions
de dollars d'échéances ont ainsi
été reportés – permet
d'envisager l'avenir avec un peu
plus de sérénité, évitant le
risque d'une crise des paiements
extérieurs pour les cinq
prochaines années. Une autre
inquiétude de taille pour le
royaume concerne son
approvisionnement en pétrole. Il
dépend, pour cela, de l'Irak qui
lui fournit la totalité de ses
besoins, une partie sous forme de
dons et une autre partie à un
prix préférentiel. En cas de
confrontation militaire irako-américaine,
la Jordanie se retrouverait coincée
entre deux zones conflictuelles.
Elle a d'ailleurs pris des mesures
à ses frontières pour éviter un
afflux de réfugiés, qu'ils
viennent d'Irak ou des territoires
palestiniens, n'étant pas en
mesure d'affronter un choc de
cette nature, comme ce fut déjà
le cas, en 1991, lors de la précédente
guerre du Golfe.
Enfin, la Conférence des
donateurs du Liban a réuni à
Paris, le 23 novembre, les
grands bailleurs de fonds, 17
pays, dont ceux du G7 et le
Danemark exerçant la présidence
de l'Union européenne, plus la
Commission européenne et des
institutions financières
internationales. Ceux-ci ont volé
au secours du pays du Cèdre en
lui consentant plus de 4 milliards
de dollars de crédits. Les
Etats-Unis ne se sont pas engagés,
en l'absence d'un accord entre le
FMI et le Liban. Le différend
porte sur la dévaluation de la
livre libanaise – dont la parité,
face au dollar, n'a pas changé
depuis 1994. Le premier ministre,
Rafiq Hariri est opposé à cette
mesure. Il est également réticent
à l'application d'un plan
d'ajustement préconisé par les
institutions de Bretton Woods.
L'accord obtenu à Paris va néanmoins
éviter au Liban une grave crise
financière, la dette atteignant
30 milliards de dollars, soit
180 % du produit intérieur
brut (PIB). En l'absence de véritables
réformes il ne s'agira cependant
que d'un répit. Le gouvernement
table sur le programme de
privatisations (5 milliards
de dollars sont attendus en 2003)
pour réduire le poids de la
dette. Mais la gestion calamiteuse
du dossier des télécoms mobiles,
qui s'est traduite par
l'expropriation de France Télécom
et de Libancell, a terni l'image
du Liban auprès des investisseurs
étrangers.
Varsovie
propose sa participation au déminage
du Liban-Sud
Présidence -
Le chef de l’Etat polonais en
visite hier à Beyrouth
paru dans l'Orient-le
Jour le 17 décembre 2002
Le
président polonais Aleksander
Kwasniewski, arrivé dimanche à
Beyrouth en provenance de Damas, a
été reçu hier par son homologue
libanais, Emile Lahoud, à qui il a
proposé la participation de son
pays au déminage du Liban-Sud en
cours sous la supervision de l’Onu.
Cette campagne vise à désamorcer
quelque 400.000 mines posées par
Israël au cours de ses 22 ans
d’occupation au Liban-Sud, et réparties
dans près de 300 champs. M.
Kwasniewski a été reçu auparavant
par le Premier ministre libanais,
Rafic Hariri, et l’entretien a
porté sur le renforcement des échanges
commerciaux entre les deux pays.
Lors de son entretien avec le chef
de l’État polonais, le président
Lahoud a souligné une fois de plus
la nécessité de respecter les résolutions
des Nations unies et de les
appliquer sans discrimination. Réitérant
d’autre part le refus du Liban de
toute forme de terrorisme et de
fanatisme, M. Lahoud a affirmé que
la Résistance libanaise n’est pas
un mouvement terroriste, et
qu’elle n’entretient aucune
relation avec les formations intégristes
comme el-Qaëda. Le président de la
République a en outre remercié la
Pologne pour sa contribution à la
préservation de la paix au
Liban-Sud, à travers sa
participation à la Finul,
soulignant enfin le désir du Liban
de renforcer la coopération entre
les deux pays dans les différents
domaines politique, économique, sécuritaire
et touristique.
De son côté, le président
Kwasniewski a insisté sur le
respect des résolutions
internationales, tout en mettant en
garde contre une détérioration de
la situation en Irak qui pourrait
avoir des répercussions négatives
sur l’ensemble de la région. Il a
souligné dans ce cadre la nécessité
de privilégier le dialogue et de
s’abstenir du recours à la force,
avant d’inviter le président
Lahoud à effectuer une visite
officielle à Varsovie. Le chef de
l’Etat polonais était arrivé au
palais de Baabda à 11h où il a été
reçu par son homologue libanais,
après avoir passé en revue un
bataillon de la garde présidentielle.
Après un aparté d’environ une
demi-heure, une réunion élargie a
groupé des officiels polonais et
libanais qui ont examiné les
domaines et les moyens de coopération
entre les deux pays. A
l’issue de ces discussions, les présidents
Lahoud et Kwasniewski se sont promenés
dans "le jardin des présidents",
où sont plantées des pousses au
nom de tous les chefs d’Etat qui
ont visité le Liban sous le mandat
du général Emile Lahoud. Après
une tournée effectuée dans le
palais, le président polonais
s’est rendu au ministère de la Défense.
De là, il a gagné Naqoura pour
inspecter le contingent polonais de
la Finul, déployé à Ibl el-Saki.
Liban-Yémen
- Perspectives sur une visite
par KHALIL
FLEYHANE, publié dans l'Orient-le
Jour le 19 décembre
2002
Invité
le 29 septembre dernier au Liban
par le chef de l’Etat, qui
achevait une visite officielle au
Yémen, le président Ali Abdallah
Saleh sera au Liban aujourd’hui
pour la deuxième fois cette année,
puisqu’il a assisté, en mars
dernier, au Sommet arabe qui
s’est tenu à Beyrouth. Quel
est le secret de cette rapidité ?
Selon une source diplomatique, le
chef de l’Etat yéménite est un
homme paticulièrement dynamique,
qui possède une vision très précise
de ce que devrait être une
politique arabe concertée, sans
compter son enthousiasme pour
l’instauration d’un véritable
marché commun arabe. Le président
Saleh est enfin un homme qui rêve
de placer son pays au cœur du
monde arabe, et qui ne manque pas
une seule occasion de participer
aux différentes commissions qui
se forment au sein de la Ligue
arabe. Il est notamment
membre du comité de suivi arabe
pour l’initiative de paix.
Ainsi, la présence au Liban du président
Saleh est bien plus politique que
technique, en dépit des accords
bilatéraux qui seront signés par
lui.
Le chef de l’État yéménite
axera ses entretiens avec son
homologue libanais sur des
questions politiques de l’heure
: le drame palestinien et le
retour prévisible d’Ariel
Sharon au pouvoir, après les élections
anticipées israéliennes et la
guerre annoncée contre l’Irak,
sachant que le Yémen a appuyé en
son temps l’invasion irakienne
du Koweït (1991). Toutefois,
aujourd’hui, M. Saleh pense,
comme le président Lahoud, que la
solution en Irak est politique, et
non militaire, et qu’une
alternance politique à Bagdad est
moins évidente qu’on ne veut le
croire. Comme le Liban, mais plus
que le Liban, le Yémen fait face
enfin à une présence de
groupuscules et de cellules d’el-Qaëda
sur son territoire, et la
coordination entre le Liban et le
Yémen pourrait porter sur la
lutte contre le terrorisme. Un
terrorisme qui menace les liens du
Yémen avec le monde occidental,
et dont les éléments se
recrutent dans certaines tribus yéménites.
Notons qu’il y a environ 300
Libanais au Yémen qui, pour la
plupart, travaillent pour le
compte de sociétés étrangères,
dont 70 dans le secteur des télécommunications
(Mikati). L’ambassade du Liban
à Sanaa a été inaugurée en
1971, mais c’est seulement en
1984 que le Yémen a inauguré sa
chancellerie à Beyrouth.
Les intempéries
provoquent d’importants dégâts
dans l’ensemble du pays
Temps - Le
trafic aérien a été détourné
vers Chypre, au plus fort de la
tempête
paru dans l'Orient-le
Jour le 21 décembre
2002
De très
fortes pluies, conjuguées à
des vents violents, se sont
abattues hier sur le pays,
provoquant d’importants dégâts
matériels dans les zones
urbaines et rurales inondables.
La vitesse du vent a atteint par
moments les 90 km/h, selon les
services météo. Dans les zones
urbaines inondables,
d’innombrables domiciles et dépôts
ont été envahis par les eaux
de ruissellement, qui ont
surpris les habitants par leur
abondance et la véhémence des
courants qui les emportaient.
Les trombes d’eau et parfois
de grêle ont perturbé la
circulation routière,
provoquant de grands
embouteillages en cours de journée
aussi bien à Beyrouth que sur
les grands axes routiers nord et
sud. La neige est tombée à
partir de 900 mètres
d’altitude, et le col de Dahr
el-Baïdar reliant Beyrouth à
Damas a été fermé à la
circulation par l’armée à
partir de 17 heures. Des routes
de montagne ont également été
momentanément coupées par la
neige. Au plus fort de la tempête,
un avion de ligne des Kuwait
Airways attendu à 16h45 à
Beyrouth en provenance de Koweït
a été détourné sur l’aéroport
chypriote de Larnaca, ont indiqué
les autorités aéroportuaires.
L’aéroport de Beyrouth a été
mis en état d’alerte, en prévision
de nouvelles chutes de pluie.
Par ailleurs, les activités de
pêche ont été interrompues
tout au long de la côte, et les
ports de Saïda et Tyr ont été
fermés. A Saïda, les équipes
de la Défense civile ont
secouru les habitants d’une
trentaine de maisons du centre,
inondées par les eaux.
A la frontière méridionale,
une station de pompage installée
par Israël sur le Wazzani a été
déplacée par des torrents
d’eau dus aux fortes pluies.
Cette pompe alimentait en eau
potable le village de Ghajar,
dans la région des fermes de
Chebaa, occupée par Israël
depuis 1967. Des buvettes érigées
sur les berges du Wazzani ont été
balayées par l’eau. Plus
au nord, dans la région de
Hasbaya, l’eau des pluies a pénétré
dans une vingtaine de maisons
dans le village de Kfair, alors
que les vents ont arraché des
dizaines d’arbres qui ont barré
les routes et provoqué
d’importants dégâts dans les
oliveraies. Au Liban-Nord,
le fleuve Nahr el-Kébir,
longeant la frontière
libano-syrienne, est sorti de
son lit, inondant plusieurs
villages de Wadi Khaled. L’armée
et des équipes de défense ont
secouru une cinquantaine
d’habitants qui se sont réfugiés
sur les toits de leurs maisons. A
Kfarhalda, dans le Batroun, les
eaux des torrents ont envahi
plusieurs maisons. Sur les
hauteurs du Mont-Liban, les éboulements
ont coupé la circulation sur la
route reliant la côte aux Cèdres,
perchés à 3.000 mètres
d’altitude et recouverts de
neige. Dans cette partie du
Liban, des maisons ont été
isolées par la neige et des
secours ont dû être organisés
pour venir en aide à certains
habitants isolés.
Les coupures
de courant on eu des effets
dramatiques dans l’ensemble du
pays, et surtout en montagne,
privant la population de
chauffage et la faisant
grelotter. Dans la Békaa,
des centaines d’habitants,
dont les maisons ont été inondées,
ont été secourus. Partout dans
le pays, le vent a arraché des
poteaux électriques et des
arbres, provoquant
d’innombrables pannes de
courant, alors que les eaux ont
provoqué des éboulements de
terre qui ont isolé quelques
localités. Les eaux de
pluie ont recouvert de larges
superficies de terres cultivées,
emportant notamment des abris,
des serres et des bassins de
culture vivrière longeant les
fleuves et les cours d’eau. Sur
le plan météorologique, les
pluies tombées au cours des
derniers jours ont permis au
pays, qui souffrait jusqu’à
présent de sécheresse, de
renouer avec des chiffres
pluviométriques raisonnables.
Juifs et
Arabes à Auschwitz, derrière le
curé de Nazareth
par HENRI
TINCQ, publié dans le Monde du 18
décembre 2002
"Nous autres, Arabes,
sommes restés étrangers à
la persécution génocidaire
des juifs. Il est temps
de commencer ce travail de
fond qui permettra de prendre
la mesure du traumatisme vécu
par le monde juif" :
celui qui écrivait ces mots,
dans son dernier livre, Comme
un veilleur attend la paix (Albin
Michel), est à la fois un
Arabe, un chrétien et un Israélien. Curé
grec-catholique de Nazareth,
Emile Shoufani, au pays de la
Parole, tient sa promesse. Il
est en ce début de semaine à
Paris pour annoncer un projet
de voyage sans précédent à
Auschwitz, qui réunira au
printemps 2003 des personnalités
juives et arabes, chrétiennes
et musulmanes, israéliennes
et françaises. "Mémoire
pour la paix", tel est le
titre du projet et des deux
associations, l'une juive,
l'autre arabe, créées et déclarées
à Jérusalem. Deux
avions sont déjà affrétés.
En Israël, des intellectuels
arabes ont répondu à l'appel
du curé de Nazareth, comme le
mathématicien Daoud Bshouti,
de l'école polytechnique d'Haïfa,
ou le géographe Thabet Abou
Raas, de Beer Sheva. Ils
seront du voyage avec, entre
autres, le poète Beni Chvili,
Prix de Jérusalem de littérature,
l'écrivain André Chouraqui,
la psychanalyste Dina Wardi,
auteur d'ouvrages sur la
Shoah, ou le rabbin Menahem
Froumen. Des hommes politiques
d'Israël, juifs et arabes,
soutiennent aussi le projet.
En France, cet exceptionnel pèlerinage
à Auschwitz soulève un intérêt
croissant. Citons les noms de
Mohamed Arkoun, Hakim
el-Ghissassi (La Medina),
Djelloul Seddiki (Mosquée de
Paris). Puis ceux de rabbins
libéraux comme Daniel Fahri,
"conservative" comme
Rivin Krygier, orthodoxes
comme Michel Serfaty, Philippe
Haddad ou Addy Steg, président
de l'Alliance israélite
universelle. Des rencontres de
préparation sont prévues au
Musée de l'Holocauste à Beit
Lohamei Haguetaov (au nord
d'Israël). C'est sur la base
d'un appel commun aux fidèles
des trois religions monothéistes,
à un moment où celles-ci
sont tant décriées, que se
concrétisera dans quelques
semaines ce projet. On peut y
lire : "Ce détour
à Auschwitz, par les abîmes
les plus sombres de la mémoire
de l'humanité, ne peut
relativiser en aucune façon
les souffrances d'autres
populations, en d'autres lieux
et en d'autres temps. Il ne
peut au contraire que nous
renvoyer à nos responsabilités
du présent pour marcher
ensemble."
La bibliothèque du
Vatican, un trésor sur la Toile
La bibliothèque – archives
secrètes comprises – est désormais
accessible sur Internet
par SOPHIE DE RAVINEL, publié
dans le Figaro le 16 décembre
2002
La bibliothèque du Vatican
vient de faire son entrée sur
Internet. Une petite révolution
pour cette célèbre
institution qui accueille
entre ses murs la plus grande
collection mondiale de fonds
manuscrits et qui se place aux
côtés de la Bibliothèque
nationale de France, de la
Bibliothèque du Congrès de
Washington ou de la British
Library à Londres. Elle n'est
ni une bibliothèque de
documentation du Saint-Siège,
ni une bibliothèque de
science religieuse, mais bien
un lieu de conservation de
manuscrits et de livres
anciens. Réservée aux
chercheurs et aux professeurs,
elle ouvre ses portes au
compte-gouttes. Une centaine
d'entre eux s'y rendent chaque
jour pour consulter
quelques-uns des 1.500.000
imprimés et 150.000
manuscrits rassemblés, sans
oublier les estampes, les périodiques
ou les médailles et autres
monnaies. Le fonds de la reine
Christine est particulièrement
apprécié des chercheurs
francophones. Cette souveraine
suédoise du XVIIe
siècle avait dû abdiquer après
sa conversion au catholicisme
et parcoura l'Europe et la
France à la recherche de
manuscrits rares pour sa
collection privée.
Mais la bibliothèque ne fait
pas exception au Vatican. La
main-d'oeuvre est peu
nombreuse. Moins de cent
personnes la font vivre, du
pousse-balai au cardinal, et
son informatisation, au milieu
des années 90, a ainsi nécessité
la présence à plein temps de
plus de cent étudiants ou
vacataires durant deux ans. Le
site Internet devrait donc
faciliter la tâche des
usagers et, après un temps de
rodage, celle des employés...
Hébergé par le site officiel
du Vatican (1), qui enregistre
plus de 2,6 millions de
connexions chaque mois depuis
son lancement en 1997, celui
de la bibliothèque propose en
effet de nombreuses pages sur
son histoire, son trésor et
les modalités d'inscriptions,
mais surtout un moteur de
recherche bien construit
permettant de trouver la perle
rare parmi plus de 700.000 références
dont les titres et parfois les
photos ont été mis en ligne.
Autre nouveauté sur le site
du Vatican, l'ouverture de
pages consacrées aux
"archives secrètes"
du Vatican. Elles ne sont plus
secrètes si elles sont publiées,
peut-on conclure logiquement.
Mais ce serait sans savoir
qu'ici "secrètes"
signifie "mises à
part" et qu'il s'agit
tout simplement des archives
privées des papes dont un
certain nombre sont mises en
lignes et proposées à la
vente sous forme de CD-ROM ou
d'imprimés. Ces archives
mises côte à côte
exigeraient la construction
d'un rayonnage de 90 km de
long et sont publiées peu à
peu. Le cardinal Jorge Maria
Mejia, archiviste et bibliothécaire
du Saint-Siège, vient ainsi
de confirmer la publication en
janvier 2003 d'une partie des
archives concernant les
relations entre le Vatican et
l'Allemagne de 1922 à 1939
ainsi que, sous forme de
CD-ROM, les archives -
3,5 millions de fiches -
concernant les prisonniers de
guerre sur la période
1940-1946.
Enfin, une dernière
innovation Internet concerne
le fameux Musée du Vatican,
toujours hébergé sur le site
du même nom. Si, aujourd'hui,
quelques belles pages
permettent de visiter la
chapelle Sixtine, une véritable
visite guidée de l'ensemble
du musée est prévue pour les
prochains mois.
(1). http://www.vatican.va
. Le site du Vatican est
traduit en six langues, dont
le français, mais celui de la
bibliothèque est
anglo-italien
Le président syrien en
visite à Londres
par JACQUES DUPLOUICH, publié
dans le Figaro le 17 décembre
2002
Le président syrien Bachar
al-Assad, peut bien être persona
non grata à la
Maison-Blanche, Tony Blair,
lui, l'accueille volontiers à
Downing Street. "Membre
additionnel" du club
des Etats qualifiés d' "xe
du Mal" par George W.
Bush, la Syrie est, aux yeux
du premier ministre
britannique, "un
pouvoir" avec lequel
il faut compter au
Proche-Orient. Et puis,
dans le contentieux qui oppose
l'Irak à l'ONU, la Syrie est
en mesure de tenir un rôle de
premier plan. A l'inverse de
l'administration américaine,
Tony Blair estime qu'un "dialogue
franc est plus productif que
l'absence de dialogue". C'est
pourquoi Bachar al-Assad est,
depuis hier, à Londres, l'hôte
pour quatre jours du
gouvernement de Sa Très
Gracieuse Majesté. Il aura
l'insigne honneur de
rencontrer la reine Elisabeth
elle-même, à Buckingham
Palace. Dès hier après-midi,
le président syrien s'est
longuement entretenu avec le
chef du gouvernement
britannique avec qui il a noué,
dit-il "des relations
personnelles
chaleureuses". Mais
des divergences sérieuses
persistent. Sur l'Irak, précisément.
La première évaluation du
document irakien sur
l'absence, dans son arsenal,
d'armes d'extermination, a
fait le plus mauvais effet à
Londres. Et Tony Blair le répète,
désormais, comme une litanie
: si Saddam Hussein a menti, "l'action
doit suivre". Bachar
al-Assad est, lui, à l'opposé.
Bagdad a fait preuve "d'une
bonne coopération avec les
inspecteurs en désarmement
des Nations unies".
"Je suis optimiste,
maintenant", la
guerre "peut être évitée".
Pour cela, "qu'on
laisse les inspecteurs faire
leur travail", précise-t-il.
Les liens de la Syrie avec le
terrorisme palestinien posent
aussi problème. "Je
crois qu'on ne peut pas ne pas
être à 100% contre le
terrorisme", expliquait,
hier, Tony Blair dans une
tribune publiée par le Financial
Times. Bachar al-Assad lui
avait répondu par avance.
Dans un entretien accordé au Times,
la semaine dernière, le
chef de l'Etat syrien
soutenait que les attaques
suicides contre la population
israélienne sont "une
réaction au terrorisme
pratiqué par Ariel Sharon
contre la population civile
palestinienne". Les "organisations
terroristes" -
Hamas et Djihad islamique,
notamment - qui ont
pignon sur rue à Damas ? "Il
n'y a rien de tout cela",
affirmait-il, hier, à
Downing Street, lors d'une
conférence conjointe avec
Tony Blair. "Seulement
des chargés de presse qui
expriment l'opinion des
Palestiniens résidant en
Palestine et de ceux qui n'y résident
pas." Les
Palestiniens "ont bien
le droit d'avoir des
porte-parole", insistait-il.
Dehors, face à l'entrée de
"Number Ten", la
communauté juive de Londres
exprimait indignation et colère
devant le tapis rouge déployé
sous les pas du président
Assad.
Guerre de l'ombre - Entre les
Israéliens et les Nohra,
l’histoire d’une longue
lutte
Tué par une charge explosive,
Ramzi avait un passé de résistant
par SCARLETT HADDAD, publié
dans l'Orient-le Jour le 21
décembre 2002
Il y a des
familles prédestinées à
vivre avec le danger et à
mourir pour défendre une
cause. Les Nohra, d’Ibl
el-Saki, en font partie. Dans
ce village à grande majorité
chrétienne
(grecque-orthodoxe), ils ont
choisi d’être baassistes,
comme une affirmation de leur
identité arabe, et leur
engagement à lutter contre
Israël. Pendant les longues
années d’occupation israélienne
du Liban-Sud, ils n’ont rien
perdu de leurs convictions,
entrant en résistance, comme
d’autres entrent en
religion. Et, aujourd’hui,
ils sont le symbole d’un
Liban uni pour une même cause
: travaillant pour le
Hezbollah, ils viennent de
sacrifier deux des leurs,
Ramzi Nohra et Elie Issa, tués
par l’explosion d’une
charge au passage de leur
voiture... Dimanche dernier,
Ibl el-Saki arborait de drôles
de banderoles, jaunes et
noires, aux couleur du
Hezbollah, en hommage à un résistant
chrétien : Ramzi Nohra.
L’image d’un Liban que
l’on voit de moins en moins
en ces temps d’exacerbation
confessionnelle,
l’expression pourtant d’un
engagement indéfectible au
sein de la résistance.
Qu’elle soit progressiste,
laïque ou chiite, pour les
Nohra, cela importe peu. Ils
en sont et ils sont prêts à
mourir pour elle. Les orateurs
en cette messe de requiem, une
semaine après la mort
tragique de Ramzi Nohra et de
son neveu Elie Issa, ne s’y
sont pas trompés, insistant
sur l’unité des Libanais
autour de la résistance et
sur la détermination israélienne
à détruire cette même unité.
Mais au-delà des symboles,
l’histoire de Ramzi Nohra mérite
d’être racontée. Engagé
dans les rangs des partis
hostiles à Israël, il
s’est très tôt lancé dans
des opérations de résistance,
au milieu des années 80,
lorsque le Liban ployait sous
le joug des soldats israéliens.
Arrêté une première fois,
il a passé deux ans dans les
prisons israéliennes de 1989
à 1991 et les agents d’Israël
avaient cette famille à l’œil.
Libéré mais étroitement
surveillé, il n’a pas
renoncé à ses convictions,
faisant une nouvelle fois de
la prison en Israël en 1992.
Là, il est resté trois ans,
soumis à toutes sortes de
pressions pour briser sa détermination
et son courage.
Un enlèvement mené de
main de maître
En vain. A peine libéré,
il a planifié, avec ses frères,
Camille et Moufid, tout aussi
engagés que lui, l’enlèvement
d’Ahmed Hallak, le poseur de
la bombe de Bir el-Abed, le 31
décembre 1994. Les services
libanais avaient en effet réussi
à identifier le poseur de
cette bombe, qui avait fait
plusieurs victimes, dont le frère
de Imad Moghnié, une des
personnes recherchées par les
Américains et les Israéliens
depuis des années. Ahmed
Hallak avait donc été repéré
grâce à sa compagne, qui
avait tout raconté aux
autorités libanaises,
notamment l’enrôlement d’Ahmed
par les services israéliens
et sa tentative d’assassinat
d’Imad Moghnié, à Bir
el-Abed. Seulement, Ahmed
Hallak avait eu le temps de se
réfugier dans la zone alors
occupée, laissant sa compagne
aux mains des autorités.
C’est donc dans cette zone
que l’auraient cueilli les
frères Nohra, procèdant à
son enlèvement, le gardant
quelque temps chez eux, avant
de l’envoyer vers la zone
libérée, dans le coffre
d’une voiture. Par la suite,
la justice libanaise a jugé
Hallak et l’a condamné à
mort pour haute trahison,
alors que les autorités sont
restées très discrètes sur
les circonstances de son
arrestation. On en comprend
d’ailleurs aisément la
raison. L’arrestation
de Hallak avait d’ailleurs
provoqué une vague
d’arrestations par les Israéliens
dans la zone alors occupée.
Et, bien entendu, Ramzi Nohra
a été une nouvelle fois arrêté.
Il est resté en détention
jusqu’à la fameuse opération
d’échange de prisonniers
entre les Israéliens et le
Hezbollah en 1998. Mais les
Israéliens avaient alors posé
comme condition à sa libération
qu’il reste loin de la zone
occupée. Nohra s’est plié
à cette exigence, avant
d’opérer un retour
triomphal dans son village en
mai 2000. Lui et ses frères
ont alors repris leurs activités
officielles de commerçants.
L’armée israélienne,
une ligne rouge
Ayant mis à profit ses
longues années de prison en
Israël pour tisser des liens
avec des officiers de Tsahal,
Nohra a gardé ces relations,
les consolidant par le biais
de trafics divers, on parle même
de drogue. C’est ainsi que,
selon certaines informations,
il aurait réussi à enrôler,
pour le compte de la résistance
libanaise, des officiers israéliens
de haut rang, dont le colonel
Omar el-Hayb récemment arrêté
et jugé en Israël. Il a dès
lors signé son arrêt de
mort, l’armée étant pour
les Israéliens une ligne
rouge intouchable,
puisqu’elle est à
l’origine du mythe de
l’invincibilité de l’Etat
hébreu. C’est pourquoi, le
vendredi 6 décembre, une
charge explosive, placée sur
le bord de la route, a fait
sauter la Mercedes de Ramzi
Nohra, à la sortie d’Ibl
el-Saki, alors qu’il se
trouvait avec son neveu, Elie
Issa. Pour les frères Nohra,
ce n’est qu’une étape
dans leur lutte contre
l’ennemi israélien.
"Ils ont gagné une
manche, nous en remporterons
d’autres, la guerre est loin
d’être finie", aurait
dit l’un des frères lors de
la cérémonie des funérailles.
Mais pour pouvoir le faire, il
faudrait d’abord que les
services de l’Etat
parviennent à arrêter les
agents qui ont exécuté
l’assassinat de Nohra. Et,
pour l’instant, aucun indice
ne permet de croire qu’ils
possèdent une piste. La
guerre est bien loin d’être
terminée.
"Le lobby sioniste contrôle
les moindres détails des décisions
d’Ottawa", accuse le
Hezbollah
paru
dans l'Orient-le Jour le 16
décembre 2002
Le
responsable de l’information
du Hezbollah, Hassan Ezzeddine,
a estimé hier que ce qui a
motivé la décision du Canada
d’inscrire le parti intégriste
sur la liste noire des
organisations terroristes étaient
"de pures allégations".
Ajoutant que "cela prouve
bien que le gouvernement
canadien est influencé par le
lobby sioniste et d’autres
groupes de pression également
sionistes, et qui semblent contrôler
désormais les moindres détails
des décisions" d’Ottawa. Notons
que le cadre hezbollahi répondait
à la déclaration officielle de
l’ambassadeur canadien à
Beyrouth, Michel Duval. Qui
avait repris les mots,
recueillis la veille par L’Orient-Le
Jour à Lausanne, du secrétaire
d’Etat canadien à la
Francophonie, Denis Paradis,
ainsi que d’une source proche
de la délégation canadienne
dans la capitale vaudoise.
Laquelle source avait affirmé
que la raison de cette mise en
quarantaine du Hezbollah a été
motivée par "le dernier
discours en date (à
l’occasion de la célébration
de la Journée de Jérusalem) du
secrétaire général" du
parti intégriste, Hassan
Nasrallah. "L’ambassadeur
a commis une erreur flagrante en
essayant de préciser ce qu’il
y avait derrière la décision
canadienne. C’est-à-dire ces
propos - faussement attribués
au secrétaire général (du
Hezbollah) - et selon
lesquels il aurait soutenu les
agressions terroristes non
seulement en Israël, mais dans
d’autres pays. Si
l’ambassadeur avait pris la
peine de demander le texte
original du discours, il aurait
permis à son gouvernement d’être
précis et objectif, de prendre
la bonne décision, et de ne pas
tomber ainsi dans l’erreur ».
Et le responsable de
l’information du Hezbollah de
réaffirmer que si Hassan
Nasrallah "a toujours
soutenu l’option de la résistance
pour libérer les territoires
palestiniens occupés, il n’a
jamais évoqué des opérations
contre des cibles données à
l’extérieur de la Palestine
occupée". Et de rappeler,
à l’adresse de
l’ambassadeur Duval, que "lui-même
avait déclaré aux journalistes
que le Hezbollah est un parti
politique représenté au
Parlement, qu’il est connu
comme tel, comme une
organisation qui combat pour la
libération des terres
libanaises, notamment dans les
fermes de Chebaa", a conclu
Hassan Ezzeddine. Pour sa part,
cheikh Mohammed Yazbeck, représentant
officiel du guide suprême
iranien, l’ayatollah Ali
Khamenei, a estimé hier que la
décision canadienne
"correspond au prix à
payer en contrepartie de Paris
II, et c’est ce contre quoi
nous mettions en garde"...
Mettant l’accent sur une
volonté américaine
"d’encercler le Liban et
de le faire tomber dans le piège".
Quant au chef du bloc
parlementaire hezbollahi,
Mohammed Raad, il a affirmé que
la décision canadienne a été
"hâtive, improvisée et
subjective. Elle répond aux désideratio
américano-israéliens, et ne
nous a pas surpris", a-t-il
souligné. Enfin, le vice-président
du Conseil supérieur chiite,
cheikh Abdel-Amir Kabalan, a
fermement condamné la décision
d’Ottawa, jugeant que le parti
intégriste est "un
mouvement de résistance voué
à la défense de l’être
humain".
L'Union
européenne va pouvoir enfiler
son treillis
Un
accord a été signé hier avec
l'Otan qui lui prêtera des
moyens militaires
par JEAN-DOMINIQUE MERCHET,
publié dans Libération le 18 décembre
2002
L'Europe de la défense doit
une fière chandelle à la
Turquie. Alors qu'au Sommet de
Copenhague les Turcs négociaient
leur rapprochement avec
l'Union européenne, leur représentant
auprès de l'Alliance
atlantique a donné, vendredi
soir, son feu vert à la
conclusion d'un accord stratégique
entre l'Otan et l'UE. Un gage
de bonne volonté pour un
dossier bloqué par Ankara
depuis deux ans, sur fond de
rivalités gréco-turques.
Première
Officiellement scellé hier à
Bruxelles entre Lord Robertson
(Otan) et Javier Solana (UE),
cet accord de "partenariat
en matière de gestion de
crise" doit permettre
aux Européens de mener des opérations
militaires, en utilisant
certains moyens de l'Otan. Une
première dans l'histoire de
la construction européenne
qui devrait trouver rapidement
une application en Macédoine,
et peut-être en Bosnie.
L'affaire traînait depuis
1999. En avril, au Sommet de
l'Alliance atlantique, l'Otan
avait reconnu pour la première
fois l'Union européenne comme
"partenaire stratégique".
Puis, en décembre, les Quinze
s'étaient entendus à
Helsinki pour se doter, en
2003, d'une force de réaction
rapide de 60.000 hommes.
Depuis lors et jusqu'à
vendredi, rien. Pour leurs
actions militaires, les Quinze
ont en effet impérativement
besoin des capacités de
planification et de logistique
qui existent dans les différents
états-majors de l'Otan, en
particulier celui de Mons, en
Belgique. Lorsqu'ils ne
souhaitent pas s'engager
directement, les Etats-Unis
sont d'accord pour "prêter"
ces moyens de l'Otan à l'UE.
Mais pour cela, il faut des
arrangements techniques entre
les deux organisations. La
Turquie, qui y voyait un moyen
de pression sur les Quinze,
les bloquait. Rassuré sur le
fait que la Force de réaction
européenne ne serait pas
utilisée à Chypre (où Grecs
et Turcs sont face à face),
Ankara vient d'ouvrir la porte
à la défense européenne.
L'UE devrait ainsi prendre la
responsabilité de l'opération
de maintien de la paix en Macédoine
"dans les semaines qui
viennent", a promis
Jacques Chirac vendredi au
Sommet européen de
Copenhague. La présence de
troupes de l'Otan en Macédoine,
depuis l'été 2001, a permis
d'éviter que ce pays bascule
dans la guerre civile. Il
s'agit aujourd'hui d'une
mission modeste. Rebaptisée
samedi "Allied Harmony",
elle n'implique que 450
militaires et 25 équipes de
liaison, quasiment tous issus
de pays européens. Important
sur le plan politique, le
passage de relais entre l'Otan
et l'UE ne devrait pas avoir
de grandes conséquences sur
le terrain.
Criminels
A Copenhague, les Quinze se
sont aussi déclarés "disposés
à mener une opération
militaire en Bosnie à la
suite de la Sfor", la
force de stabilisation de
l'Otan. C'est un plus gros
morceau : 17.000 militaires y
sont encore présents et
traquent notamment les
criminels de guerre recherchés
par le Tribunal pénal
international. Toutefois, "il
est possible de réduire les
effectifs de moitié",
confie un responsable
militaire français. Si l'UE
prend la responsabilité
militaire de la Bosnie (elle
assumera celle de la police à
la place de l'ONU dès le 1er
janvier 2003), les Etats-Unis
pourraient en profiter pour
retirer leurs 2.500 GI. Une idée
qui faisait encore, il y a
peu, dresser les cheveux sur
la tête des Européens qui
s'en tenaient à la formule : "Nous
sommes arrivés ensemble, nous
partirons ensemble." L'accord
UE-Otan devrait enfin
permettre la mise en place de
la Force de réaction européenne
en mars prochain. Reste que la
volonté des Européens de se
doter d'une défense commune
se heurte aux réalités des
budgets nationaux. Après les
Pays-Bas, l'Allemagne vient
d'annoncer une nouvelle baisse
des crédits militaires,
portant sur près de 6
milliards d'euros d'ici 2006.
Entre le meilleur et le
pire
Irak - Les incertitudes de l'après-Saddam
par ANTOINE BASBOUS, publié
dans le Figaro le 16 décembre
2002
L'auteur
est politologue et directeur de
l'Observatoire des pays arabes.
Ouvrage paru : L'Arabie
saoudite en question. Du
wahhabisme à Bin Laden. Ed.
Perrin
Face à la suprématie
technologique et à la détermination
des Etats-Unis, Saddam ne peut
opposer que la ruse : il se
montre très conciliant, "avale
les couleuvres", accepte
l'humiliation pour échapper à
la guerre... En attendant
l'arrivée de la saison chaude
qui rendra plus difficile un
conflit qui obligerait les
soldats d'enfiler des
combinaisons de protection
contre les armes non
conventionnelles. Ce faisant, il
aura gagné un an. Puisqu'à
l'automne 2003 George Bush sera
engagé dans le renouvellement
de son mandat et accordera la
priorité à l'économie. Mais
en cas d'attaque américaine,
Saddam tentera de s'évaporer
dans une grande ville afin
d'organiser la résistance du
dernier carré de ses fidèles
qui auront tout à perdre avec
lui. Cette posture est censée
faire durer la guerre et enliser
les forces américaines dans
l'attente d'inévitables bavures
qui ne manqueraient pas de
soulever les opinions publiques
arabes et occidentales. Dans
cette hypothèse, l'armée américaine
courrait deux lièvres à la
fois : à la chasse de Ben Laden
s'ajouterait alors celle de
Saddam. Et l'Irak rejoindrait
l'Afghanistan comme foyer
d'instabilité où les Américains
tenteraient de faire régner
l'ordre. Leurs lignes de défense
seront allongées, au risque
d'une guerre d'usure qui les épuiserait
et réactiverait, à terme, la
tentation du désengagement et
du repli.
En revanche, une éviction
rapide du raïs irakien aura
pour effet de clarifier la
situation et de soulager les régimes
arabes qui n'auront pas à
justifier leur inertie face à
l'offensive américaine. Car un
enlisement de la guerre rendra
intenable la position de la
plupart des régimes, suspectés
par leur opinion publique de "complicité"
avec "l'agresseur"
américain. D'autant plus
que plusieurs pays auront accordé
des facilités militaires à
l'armée américaine. Les deux
chefs "rebelles", Ben
Laden et Saddam Hussein,
risquent de partager un constat
très amer, celui de la
"trahison" des leurs.
Malgré son antiaméricanisme,
justifié par un alignement systématique
sur Israël, la Oumma islamique
ne s'est toujours pas mobilisée
pour répondre aux appels au
djihad lancés par Ben Laden,
bien qu'une minorité endoctrinée
et très active ait rejoint ses
rangs pour se transformer en
redoutables kamikazes. Et les
masses arabes resteront, sans
doute, bien sourdes aux appels
de Saddam destinés à créer
des diversions pour détourner
l'armée américaine de ses
objectifs dans l'ancienne Mésopotamie.
Pourtant, les Arabes ne
partagent pas les convictions de
Washington, qui n'a pu présenter
une seule preuve tangible sur la
collusion entre Saddam et Ben
Laden. D'autant plus que les
hommes d'al-Qaida trouvent
refuge davantage au Pakistan, en
Iran, en Arabie, au Yémen que
dans la partie de l'Irak contrôlée
par Saddam. Bagdad n'a jamais
commandité l'assassinat de
centaines de ressortissants américains,
telle la Syrie, ni financé
l'islamisme international, à
l'instar de Riad qui vient de le
reconnaître en promettant de
s'amender. Mais les motivations
inavouées de Washington font du
conflit annoncé et du
changement de pouvoir à Bagdad
une étape sur la route de Riad,
le foyer ardent de la doctrine
islamiste, entretenue, exportée
et financée par la mouvance
wahhabite qui constitue une
partie intégrante du régime
saoudien. En "libérant"
les deuxièmes réserves
mondiales de pétrole,
Washington serait alors en
mesure de peser sur Riad et de
dicter ses conditions : le désarmement
de la doctrine wahhabite
responsable des attentats du 11
septembre, la dissociation entre
islamisme et pétrodollar pour
parvenir à l'arrêt du
financement de la mouvance
islamiste internationale.
En admettant que l'éviction de
Saddam se passe selon le
meilleur scénario américain,
comment envisager "le
jour d'après" ? Trois
hypothèses peuvent alors se présenter
: Washington installe un
gouvernement autoritaire allié
qui se substitue à celui de
Saddam ; il opte pour une fédération
entre les trois principales
entités nationales (chiite,
sunnite et kurde) sous l'égide
d'un triumvirat ou d'un prince
hachémite ; il laisse les
Irakiens s'exprimer dans les
urnes, au risque d'élire,
aujourd'hui ou demain, un
pouvoir islamiste ou
nationaliste belliqueux,
ombrageux ou jaloux de son indépendance.
Dans cette dernière hypothèse,
quelle serait la réaction de
Washington qui n'a pas montré,
par le passé, un empressement
pour prescrire la démocratie à
ses alliés arabo-islamiques ?
Mais la démocratie ne se décrète
pas au journal officiel. Elle résulte
d'un long apprentissage et d'une
adhésion à des valeurs intrinsèques.
En tout état de cause, le choc
prévisible, surtout s'il est
suivi d'une défaite de
l'arabisme (version Saddam) et
de l'islamisme (version
wahhabite de Ben Laden), ne
manquera pas de remettre en
cause ces deux idéologies qui
dominent l'espace arabe depuis
le lendemain des indépendances
en supprimant les libertés
publiques et privées au nom de
la lutte pour de justes causes.
Comme si ces deux valeurs étaient
incompatibles !
Conclusion : les élites ont
souvent fui leurs pays pour
s'installer en Occident. Ce qui
a contribué à la fossilisation
des régimes arabes, dont les
opinions publiques sont
nostalgiques de la grandeur passée
et désireuses de renouer avec
elle. En cas de remise en cause,
elles seront contraintes
d'explorer de nouvelles voies et
de rompre avec la médiocrité
du "système arabe" en
vigueur, en ouvrant des horizons
plus prometteurs. C'est alors
que les élites arabes en exil,
donc en contact avec la modernité,
pourraient entrer en action pour
promouvoir un nouveau mode de
gouvernance qui allie modernité
et valeurs authentiques de
l'espace arabo-islamique. Les
plus optimistes pensent que le
choc suscité par l'effondrement
de certains régimes pourrait déboucher
sur un processus et sur une
dynamique de renaissance arabe.
Les pessimistes, qui plaident
pour le statu quo, redoutent au
contraire le chaos et
l'amplification du terrorisme.
Bush donne à la CIA une
liste de terroristes à éliminer
paru dans le Figaro le 16 décembre
2002
La Maison-Blanche a établi une
liste d'une douzaine de chefs
terroristes présumés que la
CIA, l'agence de renseignement
américaine, est autorisée à
tuer, a rapporté hier le New
York Times. Cette liste
jusqu'alors tenue secrète
comprend le chef du réseau
terroriste islamiste al-Qaida
Oussama ben Laden et son
lieutenant Aymane al-Zawahri,
ainsi que d'autres dirigeants de
groupes liés ou affiliés à
al-Qaida, selon des hauts
responsables militaires et du
renseignement. Le président
George W. Bush a donné par écrit
tout pouvoir à la CIA de
poursuivre et tuer ces
terroristes présumés sans
avoir à obtenir une
autorisation expresse chaque
fois qu'elle est sur le point de
lancer une opération, explique
le quotidien.
Décès
du journaliste de TF1 Patrick
Bourrat au Koweït
publié
par Reuters le 22 décembre 2002
Le journaliste de TF1 Patrick
Bourrat, renversé par un char
samedi alors qu'il couvrait des
manoeuvres de l'armée américaine
au Koweït, est décédé des
suites de ses blessures, ont
annoncé l'ambassade de France
et TF1. Patrick Bourrat, qui était
âgé de 50 ans, a succombé à
ses blessures au premières
heures de la journée, a précisé
un porte-parole de l'ambassade
au Koweït. Les médecins
avaient d'abord fait état de
quatre côtes cassées mais les
blessures se sont avérées plus
sérieuses. L'état de santé du
journaliste s'est aggravé au
cours de la nuit. "Sa rate
a éclaté et un de ses reins a
été touché", a indiqué
le porte-parole de l'ambassade.
TF1 a précisé que Patrick
Bourrat était parti le 18 décembre
pour une mission de cinq jours
au Koweït pour suivre les
manoeuvres américaines, sur
fond de tension croissante entre
Washington et Bagdad. "Il a
été renversé par un char dans
un nuage de poussière, alors
qu'il s'en était approché précisément
pour demander à son compagnon
cameraman de s'écarter de
l'engin pour sa sécurité",
a expliqué Robert Namias, le
directeur de l'information de
TF1. "Il a été projeté
dans des barbelés", a-t-il
ajouté. TF1 a rappelé sur son
site internet que Patrick
Bourrat avait déjà été blessé
sur le terrain. En octobre 1993,
il avait reçu une balle dans le
bras lors d'affrontements entre
l'armée russe et les députés
retranchés dans le parlement à
Moscou. Lors de ces
affrontements, un de ses collègues,
Yvan Skopan, cameraman, avait été
tué par des tirs. Patrick
Bourrat en avait été très
marqué.
Patrick Poivre d'Arvor,
directeur adjoint de la rédaction
à TF1, a souligné que Patrick
Bourrat était "d'une
immense générosité".
"Il pensait toujours aux
autres (...) Je l'ai vu dans un
moment malade en Afghanistan
s'occuper d'abord des autres
avant de s'occuper de lui-même",
a-t-il insisté. Mais le présentateur
a tenu à préciser sur France
Info que, si le journaliste était
"très enthousiaste,
adolescent et juvénile, c'était
tout sauf une tête brûlée".
"Il faisait attention à
tout", a-t-il dit. "On
est absolument effondrés à la
rédaction et dans tout
TF1", a conclu Patrick
Poivre d'Arvor. Dans une lettre
adressée dimanche à la
direction de TF1, le président
Jacques Chirac s'est déclaré
"consterné" à
l'annonce du décès de Patrick
Bourrat, "l'un des
journalistes les plus talentueux
et les plus emblématiques de la
profession".
"Jusqu'au
sacrifice"
"Il couvrit tous les champs
de bataille et les conflits du
monde de ces dernières années",
a rappelé le chef de l'Etat.
"Courageux et expérimenté,
il a porté jusqu'au sacrifice
la mission d'informer".
"A TF1, à laquelle il
appartenait depuis 25 ans, aux
journalistes et aux techniciens,
ma femme Bernadette et moi-même
adressons nos très sincères
condoléances", a conclu le
chef de l'Etat. Jean-Pierre
Raffarin a salué la mémoire du
journaliste de TF1. "Je
salue la mémoire de Patrick
Bourrat, qui était un exemple
de professionnalisme au service
de l'information. Son expression
mêlée d'énergie et d'humanité
était particulièrement pénétrante",
a déclaré le chef du
gouvernement dans un communiqué.
"Dans ces périodes de
tension internationale, notre
respect pour ceux qui exercent
leur métier dans des conditions
de grande insécurité est
immense. A la famille de Patrick
Bourrat, j'adresse mes sincères
condoléances", a conclu le
Premier ministre. Le ministre
des Affaires étrangères
Dominique de Villepin s'est dit
"bouleversé" et a
salué la mémoire d'un
journaliste qui "a porté
haut la passion et l'honneur de
découvrir, de comprendre et
d'expliquer sur tous les théâtres
et les champs de la bataille de
la planète".
"Toujours à l'écoute,
prompt à s'effacer pour laisser
place au grondement de
l'actualité, il nous laisse
l'exemple d'une vie d'exigence,
sans concession, toujours au
plus près de l'événement pour
défendre le droit à
l'information", a-t-il déclaré
dans un communiqué. "C'était
un homme au grand coeur, un
homme de passion, droit, généreux
et sincère, comme son rire, que
nul dans la grande famille des
aventuriers de la vie
n'oubliera", a conclu
Dominique de Villepin.
La ministre de la Défense, Michèle
Alliot-Marie, a rendu hommage
"au sens élevé de
l'information dont témoignait
Patrick Bourrat". Le président
de l'UMP, Alain Juppé, a salué
"le professionnalisme, le
courage et la générosité"
du journaliste. Diplômé de
sciences politiques, Patrick
Bourrat était entré à TF1 en
1978. Il a été correspondant
à Jérusalem et Moscou. Il
avait également couvert
plusieurs conflits, la guerre du
Golfe en 1991 mais aussi le
Timor Oriental, le Kosovo, la
Tchétchénie et le Liban. Il était
marié et père d'une fille.
Washington a dépêché un peu
plus de 12.000 hommes au Koweït
et la plupart d'entre eux
participent à des exercices
dans le cadre de l'opération
"Desert Spring". L'armée
américaine, qui se prépare à
une éventuelle intervention en
Irak, a autorisé une large
couverture journalistique de ces
manoeuvres.
Bernard Pivot et les
cracks de la dictée
Affluence au Grand Sérail pour un
remue-ménage grammatical
par EDGAR DAVIDIAN, publié
dans l'Orient-le Jour le 16
décembre 2002
Remue-ménage
"grammatical" au Grand Sérail,
où officie en toute discrète élégance
Bernard Pivot. La dictée, vous
connaissez certainement !
Pour la seconde année consécutive,
qui aurait dit une telle affluence
en ce dimanche ensoleillé depuis
10 heures du matin au marathon de
celui qui commettrait le moins (ou
le plus !) de fautes. Après
le premier tri de postulants à
une orthographe sans failles, voilà
les finalistes (123 entre
scolaires et seniors), leurs
accompagnateurs et quelques gens
de la presse pour affronter cette
"discipline" sans états
d’âme qui, sans nul doute,
n’a jamais fait les délices des
écoliers. A part quelques
heureux élus forts en thèmes,
latin et grammaire. Mais c’est
bon de sonder son savoir et peu
importe l’âge. Un mal nécessaire,
diront les plus sages; un passage
obligé, les puristes ! D’où
cette foule hétéroclite et
bigarrée qui se dirigeait bien
sagement et quelque peu intimidée
(juste comme avant de passer une
"colle") à la salle du
Grand Sérail qui a l’allure de
tout sauf d’une austère classe
où l’on gèle de froid…
Illuminée avec ses grands lustres
à pendeloques, colorée de ses
vitraux bleus, enrichie de lourds
pans de rideaux ramagés et à
passementeries, dominée par un
plafond en poutrelles et boiserie
sculptée, recouverte de murs en
marbre, cette salle magnifique et
immense offrait non de petits
bureaux aux participants mais des
chaises en plastique recouvertes
de housses à nœud… Le
temps de répartir les concurrents
en bonne place avec consigne d’éteindre
les mobiles et défense de
mastiquer (les chewing-gums font
mauvais genre à la télé, dixit
l’organisatrice au micro avec un
ton d’institutrice excédée !)
et voilà que les feutrines des
stylos sont en l’air et que les
crayons, bien taillés, s’apprêtent
à la chasse aux incorrections…
Le regard (un peu) sévère, le
costume sombre, la chemise bleu
ciel, le nœud de cravate
impeccable, Bernard Pivot, avec
une voix claire, commence la
lecture d’un texte jugé par les
“connnaisseurs” moins “poétique”
et moins difficile que celui de
l’année dernière. Mais bien
entendu n’excluant guère des pièges
(assez fins) à éviter toutefois
comme à Fort Boyard… Tout en
pensant aussi qu’ci tout le
monde n’est pas gagnant comme
chez Jacques Martin. Et file la
première phrase : "Durant
la dictée du Liban, la vie était
comme suspendue." Ça c’est
encore simple. Oui mais alors
comment écrivez-vous b.a.-ba ?
Antisèche ? Les participes
passés ? Ecritoires appropriées ?
( Eh oui écritoire c’est féminin !)
Et surtout, surtout ce
"mangeotté" où presque
tout le monde a glissé… Au
moment même (redoutable test ou
jeu d’enfant pour un lettré ?),
devant votre papier (et même si
vous pipez du côté du voisin à
supposer que vous êtes maître
dans l’art de la triche) rien
n’est évident et vous paniquez.
Plus d’une possibilité et
toutes semblent brusquement
logiques et adéquates. Et Bernard
Pivot qui passe entre les rangs,
souriant. Têtes penchées,
regard en l’air, stylos crissant
sur la page à moitié vide ou mâchonnant
fébrilement la gomme du crayon,
les participants sont littéralement
absorbés à débroussailler ce
chemin semé d’embûches qu’on
leur désigne. De la mèche rousse
d’une mamie au collier en perles
au quinquagénaire en costard et
cravate, en passant par
l’adolescent au jeans délavé
et aux cheveux peroxydés ou à la
jeune fille fluette avec piercing
et bottines à talons aiguilles,
la dictée est ici une même épreuve
de savoir et de force
intellectuelle. Silence, on
cogite. Le point final tiré,
moment de réflexion pour relire
un texte où les fautes ne seront
pas forcément corrigées... On
peut même en (r)ajouter, qui sait ?
Les dés sont jetés. On ramasse
les copies. Tout à fait comme en
classe.
Murmure de soulagement. Les
langues se délient. Le bruit des
chaises qu’on écarte pour mieux
bavarder les uns avec les autres
s’amplifie. On s’informe
d’un pluriel, d’un participe
passé, d’un accord, d’un
masculin, d’un féminin, d’un
accent, d’une parenthèse… Il
n’y a pas encore de bémols dans
les voix. Les résultats c’est
pour ce soir. Maintenant c’est
la pause de midi. Rebelote vers 18
heures pour la même dictée mais
avec un autre public. Plus
nombreux, plus prestigieux, plus
familier aussi peut-être avec le
grand Sérail. Il s’agit d’un
public invité sur carton, où
l’on retrouve ministres,
ambassadeurs, intellectuels,
artistes et gens du monde. On
cite volontiers la présence de
Monsieur l’ambassadeur de France
Philippe Lecourtier,
l’intervention savante de Roger
Assaf, le beau sourire de Norma
Naoum qui prouve que beauté et
culture ne sont pas forcément
incompatibles. Salle comble, un
peu moins appliquée et
certainement plus agitée que
celle du matin, se rendant au
rendez-vous de Pivot comme pour un
spectacle. Et spectacle il y
en avait ce soir-là pour les
stakhanovistes de la dictée. Un
invité de charme, Philippe
Laville, a animé la scène avec
trois ritournelles tout en étant
secondé par un jeune chanteur
libanais Fouad Nohra, usant bien
des rythmes levantins mais que
Pivot a bien voulu nous révéler
dans sa "francité
musicale". Atmosphère de fête
avec impératif de marketing, avec
quelques moments de confusion lors
des remises des prix plutôt que
la retenue d’une authentique présence
intellectuelle.Voilà la dictée
de Bernard Pivot qui se transforme
en show. Mais on n’oublie
pas pour autant les lauréats qui
bénéficient d’un voyage à
Paris ainsi que des montants
allant de 2.000 à 5.000 euros.
Uni dans l’amour de la langue
française, le public écoutait
encore les dernières mesures de
la chanson On vit sous le même
soleil quand les portes de la
salle d’en face se sont grandes
ouvertes, découvrant des tables
magnifiquement dressées pour
retrouver les nourritures
terrestres.
Les lauréats
Scolaires : 1- Margarita
Abi Zeid Daou, 2-Georges Achi,
3-Laura Abi Chakra ; Adultes : 1-Danièle
Yazbeck (zéro faute !), 2-
Bechara Mouzannar, 3-Eliane
Koniski.
Le Déluge,
c’était en mer Noire
Archéologie - A
la recherche d’une civilisation
perdue, il y a 7.600 ans
paru dans l'Orient-le
Jour le 18 décembre
2002
Une
expédition américano-bulgare se
lance depuis le port bulgare de
Varna à la recherche des vestiges
d’une civilisation antérieure
à celles d’Egypte et de Mésopotamie,
disparue sous la mer Noire pendant
une inondation gigantesque, il y a
7.600 ans. Le navire bulgare
Akademik explorera du 15 au 31 août
au moyen de sonars les traces des
embouchures des rivières
Provadiyska (nord) et Kamtchia
(sud) dans le lac d’eau douce
que fut jadis la mer Noire, et le
long desquelles devraient se
situer des localités. Un robot télécommandé
actuellement en construction,
"Hercules", examinera en
détail les sites trouvés au
cours d’une nouvelle expédition
en 2003. Le projet est dirigé par
le géologue américain Robert
Ballard, qui a découvert en 1985
les vestiges du Titanic dans l’Atlantique,
et qui vérifie actuellement
l’hypothèse selon laquelle le Déluge
biblique s’est produit dans la
mer Noire.
A l’origine, un lac
d’eau douce
"Nous cherchons des preuves
d’habitations humaines" où
des hommes auraient vécu avant
l’inondation qui transforma un
lac d’eau douce en mer salée,
l’actuelle mer Noire. "Nous
ne pensons pas que l’arche de Noé
puisse être retrouvée", même
si cette inondation a pu donner
naissance à la légende biblique
du Déluge, a déclaré Robert
Ballard. Pour le professeur de géologie
Petko Dimitrov, chef de l’expédition
du côté bulgare, le Déluge
biblique devrait être confirmé
par deux éléments : les preuves
de la catastrophe et des traces
d’une civilisation que celle-ci
aurait effacée. "Des sédiments
organiques qui se forment en cas
de catastrophe écologique ont été
retrouvés. Ils datent d’il y a
7.000-8.000 ans, époque du Déluge
décrit par la Bible".
D’autre part "l’ancien
littoral, celui du lac, a été
retrouvé et il est naturel de
croire qu’il fut peuplé",
a-t-il ajouté.
Des inondations se sont produites
partout dans le monde, mais en mer
Noire ce fut "l’inondation
des inondations", a déclaré
M. Ballard. La différence des
niveaux de l’ancien lac d’eau
douce et de la Méditerranée a
fait qu’après la fonte des
glaciers à la fin de l’ère
glacière, l’eau de la Méditerranée
déferla au-delà du Bosphore à
une vitesse 200 fois supérieure
à celle des chutes d’eau du
Niagara, a-t-il expliqué. Deltcho
Solakov, chercheur à l’Institut
bulgare d’océanologie, a rappelé
que, selon la Bible, l’arche de
Noé s’échoua au mont Ararat,
dans le Caucause, au sud de la mer
Noire. L’existence d’une
civilisation antérieure à celle
de l’Egypte et de la Mésopotamie
est déjà attestée par une nécropole
néolithique découverte en 1972
près de Varna et comportant "la
plus ancienne tombe découverte à
ce jour en Europe et le plus
ancien trésor d’or du
monde", a indiqué M.
Dimitrov.
Le bol de Noé
Datée de 4.600 à 4.200 av.
J-C, la nécropole exposée au musée
archéologique de Varna contient
294 tombes avec environ 3.000
objets en or d’un poids total de
plus de 6 kg, 200 objets en cuivre
et de nombreux outils en silex et
en pierre, objets de culte et de
rites funéraires. La tombe la
plus riche est celle d’un homme
âgé de 40 à 50 ans, chef de
tribu ou prêtre, enterré avec
900 objets en or. Par ailleurs,
une expédition bulgaro-russe a découvert
en 1985, enseveli au fond de la
mer Noire, un récipient en argile
parfaitement rond et portant une
inscription que l’on a pas
encore su déchiffrer, surnommé
par les archéologues "le bol
de Noé". M. Ballard explique
que la mer Noire, dont la
profondeur dépasse 2.000 mètres,
est "le meilleur endroit
pour trouver des bateaux
parfaitement préservés" et
d’autres vestiges en bois.
Partout dans les océans, l’oxygène
pénètre jusqu’au fond porté
par l’eau froide dense et lourde
issue des glaciers des pôles. La
mer Noire constitue un réservoir
auquel cette eau n’a pas accès
car elle n’est reliée à la Méditerranée
que par l’étroit détroit du
Bosphore. La vie n’y existe
qu’à une profondeur de 85 à
750 mètres, et un bateau coulé
demeure parfaitement préservé
car aucun micro-organisme
susceptible de le détruire n’y
a accès. Déjà l’année dernière,
une expédition Ballard, près de
Sinap, en Turquie, a découvert
des bateaux en bois vieux de 1.500
ans. Pour Robert Ballard, il reste
beaucoup à explorer.
Actuellement, "nous disposons
de meilleures cartes de la planète
Mars que de la mer Noire",
constate-t-il.
Irak :
un pas de plus vers la guerre
publié dans le Monde du 22 décembre
2002
Les Etats-unis ont accusé,
jeudi 19 décembre, le régime
de Bagdad d'avoir violé ses
obligations en matière de désarmement.
Le secrétaire d'Etat, Colin
Powell, a relevé des "omissions"
dans le document militaire de
11.000 pages remis par l'Irak à
l'ONU. Il a souligné des "violations
patentes" de la résolution
1441 des Nations unies sur le désarmement
de ce pays, et ajouté que si le
désarmement "ne peut être
fait pacifiquement, ce sera fait
par la force". Parmi
ces "omissions",
Washington mentionne le fait que
l'Irak a tenté de se procurer
au Niger de l'uranium nécessaire
à la fabrication de l'arme nucléaire.
Dans la matinée, le chef des
inspecteurs de l'ONU, Hans Blix,
et son homologue de l'Agence
internationale de l'énergie
atomique, Mohammed Al-Baradei,
avaient pointé plusieurs
carences dans la déclaration
irakienne et "peu de
nouvelles informations
significatives".Le même
constat d'insuffisance a été
fait par le Royaume-Uni et la
France. Le ministre français
des affaires étrangères,
Dominique de Villepin, a déclaré,
jeudi, qu'il y avait "des
zones d'ombre" dans
l'inventaire fourni par l'Irak.
"Nous faisons confiance à
MM. Blix et Al-Baradei pour
compléter cette déclaration",
a-t-il ajouté. Washington se
donne quelques semaines pour
achever ses préparatifs
militaires et diplomatiques en
vue d'une éventuelle offensive.
"Le monde n'attendra pas éternellement
que l'Irak obtempère",
a expliqué Colin Powell.
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