Portrait-robot de la femme kamikaze
 
Qui est-elle et pourquoi le fait-elle?       
 
par GUY TAILLEFER, publié dans le Devoir le 25 novembre 2005
 
[ Lire sur le même sujet notre Portrait RJLiban N°6 du 17 octobre 2003 : Hanadi Tayssir Djaradat, résistante palestinienne ]
 

Pour venger trois de ses frères tués par les troupes américaines dans les combats qui ont rasé la ville irakienne de Fallouja en 2004, Sajida Moubarak Atrous al-Rishaoui avait fait le voyage depuis l'Irak avec son mari et deux autres hommes avec l'intention de se faire sauter dans un hôtel d'Amman. Ils ont réussi, elle a échoué. Appréhendée quelques jours après l'attentat qui a fait une soixantaine de morts il y a deux semaines en Jordanie, elle a témoigné dans une vidéo : "Dans la salle du Radisson où se tenait une réception de mariage, il y avait des femmes et des enfants. Mon mari a fait exploser sa bombe et j'ai essayé de faire exploser ma ceinture, mais ça n'a pas marché. Les gens se sont mis à courir et j'ai couru avec eux."


La vidéo-confession et la photo de cette femme ceinturée d'explosifs font le tour du monde. Avec effet de terreur garanti. Dans les opinions occidentales, on éprouve stupéfaction et incrédulité à l'idée qu'une femme fasse comme les hommes et se porte volontaire pour un geste aussi désespéré qu'un attentat suicide. "C'est mal comprendre les motivations politiques des kamikazes et la stratégie terroriste", affirme Robert Pape, politologue à l'université de Chicago et auteur d'un récent essai intitulé Dying to Win : The Strategic Logic of Suicide Terrorism. Ces motivations, dit-il, procèdent d'une "colère profonde" devant la présence de forces d'occupation et sont fondées sur la conviction, acquise au Liban au début des années 80, que "tuer le plus grand nombre de personnes possible" parviendra à les chasser.

Agée de 35 ans, Sajida Moubarak, soeur de l'ancien bras droit du chef d'al-Qaïda en Irak, Abou Moussad al-Zarqaoui, n'a pas réagi autrement. Là où les gens veulent voir des fous furieux fanatisés par la religion, dit l'expert, il y a en fait des hommes et des femmes, plus instruits que la moyenne, qui obéissent avec sang-froid à de profondes raisons politiques. "Dans plus de 95 % des cas, les attentats suicide s'explique non par le religieux mais par l'opposition aux forces militaires étrangères." Cette logique, jouxtée aux affrontements sectaires, continue de jouer en Irak, estime M. Pape.

 

La participation des femmes à des attentats suicide n'en est pas moins l'exception. M. Pape a étudié 462 attentats suicide commis dans le monde au cours des 25 dernières années et responsables de centaines, sinon de milliers de morts, au Liban, en Tchétchénie, au Sri Lanka, en Israël... Dans plus de la moitié des cas, l'auteur de l'attentat était laïque. Les Tigres tamouls, organisation marxiste sri-lankaise, est l'organisation à avoir le plus souvent utilisé cette tactique. De ces 462 attentats, 48 ont été réalisés par des femmes, souvent âgées de moins de 25 ans.

 

Le Liban a joué un rôle fondateur dans l'usage stratégique du "martyr". En octobre 1983, un kamikaze du Hezbollah [ NDLR le Hezbollah a été officiellement créé en février 1985 ] tue 241 marines américains. Deux mois plus tard, le président Ronald Reagan retire les troupes américaines du pays. Ce succès contre un faucon d'entre les faucons convainc la résistance musulmane de la rentabilité politique de l'attentat suicide. Octobre 1983 demeure encore aujourd'hui une référence importante pour le Hamas et al-Qaïda.

 

C'est aussi au Liban que le phénomène des femmes kamikazes apparaît pour la première fois. Le 9 avril 1985, une jeune femme, Sana Mheidleh, fait exploser sa voiture piégée près d'un convoi militaire israélien, à Bater (Chouf, près de Jezzine) faisant deux morts parmi les soldats. Au total, 41 attentats suicide ont été commis de 1982 à 1986 au Liban contre les forces américaines, françaises et israéliennes, a compilé M. Pape. Les huit premiers ont été le fait d'islamistes purs et durs, les 33 autres, celui de communistes et de socialistes. De ces 33 attentats suicide, six ont été menés par des femmes.

 

[ NDLR Sana Mheidleh était une adolescente de 16 ans de confession chiite affiliée au Parti syrien national social. D'autres Libanaises ont par la suite également donné leur vie pour libérer le Liban en lançant des attaques suicide contre l'occupant israélien, comme : Ibtissam Kharib, 28 ans, le 9 juillet 1985 à Ras-el-Bayada (Tyr) ; Miriam Kheireddine, 18 ans, le 11 septembre 1985, à Hasbaya ; Hamida al-Taher, 17 ans, le 26 novembre 1985, à Kfar Falous (Jezzine). ]

 

Après Sana Mheidleh, une femme, membre du PKK (Parti des travailleurs kurdes), se fera exploser pour la première fois en Turquie, tuant six soldats turcs. En juin 2000 en Tchétchénie, Hawa Barayev entre, à bord d'une voiture piégée, dans un camp militaire russe et fait 27 morts. Le 27 janvier 2002, Wafa Idriss, 28 ans, devient la première Palestinienne à commettre un attentat suicide : elle tue un homme et blesse 90 personnes en se faisant exploser rue Jaffa, une artère commerciale de Jérusalem.

 

Réticences sociales et religieuses

 

Plus une campagne d'attentats suicide a tendance à durer, a constaté M. Pape, plus il devient plausible que des femmes s'y joignent. La femme représente un avantage tactique évident pour les organisations qui les recrutent : on ne soupçonnera pas qu'une femme apparemment enceinte soit sur le point de se faire exploser. Il reste que les femmes ont tendance à se rendre tardivement à pareille extrémité dhijadiste, à se faire shahidas (martyres), et elles ne le font jamais qu'en petit nombre. Cela s'explique en partie, avancent certains, par le rôle des femmes dans les sociétés musulmanes et les réticences sociales et religieuses à les voir occuper l'espace public. Du reste, le martyr reste l'objet d'un débat intense au sein de l'islam qui, comme les autres religions, interdit le suicide.

 

Le Hamas, l'organisation islamiste palestinienne, a refusé au départ d'approuver l' "acte de djihad féminin" et continue d'y être réticent. En partie parce que ces femmes représentent "une menace à l'ordre patriarcal", avance Linda Clarke, professeur d'études religieuses à l'université Concordia. Avant de mourir, la Palestinienne Wafa Idriss aurait d'ailleurs déclaré que "permettre à une femme d'accéder au martyre constitue une étape décisive vers l'égalité des sexes dans le monde arabe".

 

Pour les organisations religieuses, les femmes sont une arme de dernier recours du djihad, au même titre que les vieillards et les enfants. Le Hamas aurait modifié sa position après avoir pris conscience de la popularité acquise par les femmes recrutées par l'organisation rivale des Brigades al-Aqsa, groupe terroriste laïque rattaché au Fatah. Plus tard, le maître à penser du Hamas, cheikh Amhed Yassine, assassiné l'année dernière, a édicté une fatwa à l'intention des femmes, affirmant que celles qui "commettent un attentat suicide et tuent des juifs sont récompensées au paradis en devenant plus belles que les 72 vierges promises aux hommes martyrs".

 

Car popularité il y a. Wafa Idriss, prête à "mourir pour tuer", est aujourd'hui considérée comme une héroïne à Gaza et en Cisjordanie. Le sacrifice d'une femme est un puissant instrument de propagande utilisé ad nauseam par les organisations commanditaires et aurait donné, vont jusqu'à dire certains, une nouvelle respectabilité à l'attentat suicide dans la société palestinienne. "Le fait que des femmes se fassent exploser est perçu comme le signe d'une détermination hors du commun", signale Linda Clarke. "Aussi, une femme qui se fait kamikaze ajoute à l'efficacité de la terreur." Difficile pourtant de lier à un facteur unique ce qui pousse une femme - ou un homme - à vouloir commettre un attentat suicide. L'explication tient à une toile complexe de motifs sociaux, psychologiques et politiques.

 

Une autre thèse veut que les femmes soient dans leur grande majorité des candidates non pas volontaires mais forcées au suicide, victimes des traditions. Elles se sont rendues coupables de crimes d'honneur, essentiellement l'adultère, et doivent payer pour laver leur réputation et celle de la famille. La vie personnelle de Wafa Idriss - poussée au divorce parce qu'elle ne pouvait pas avoir d'enfant - a nourri cette thèse auprès d'observateurs comme Barbara Victor, ancienne journaliste de CBS, qui a écrit Shahidas, les femmes kamikazes de Palestine. Pour Mme Victor, une "culture de mort" ronge la société palestinienne et lave les cerveaux. Ses recherches l'ont menée à constater que "toutes [les femmes qui ont commis des suicides terroristes] avaient traversé des tragédies personnelles si graves que leurs conditions de vie étaient devenues intenables au sein de leur propre culture et de leur propre société".

 

Linda Clarke n'approuve guère ces conclusions, estimant qu'on "exagère l'oppression des femmes dans les sociétés musulmanes". Elle pense, comme M. Pape, que l'attentat suicide est d'abord un geste politique, "même enveloppé dans un discours religieux". Jointe récemment par courriel, Amneh Badran, ancienne directrice du Centre des femmes de Jérusalem, à Jérusalem-Est, constate à son tour : "Dans le contexte du conflit israélo-palestinien, le degré d'injustice et d'humiliation et l'absence d'espoir écrasent tout le monde, hommes et femmes. La solution prend alors la forme d'actes de désespoir." Elle ajoute : "La plupart des Palestiniens sont devenus prisonniers de leur minuscule territoire. Il n'est pas surprenant que, dans une telle situation, les points de vue absolutistes aient prise." 

 


 

May Chidicac "a le moral", sa santé s'est améliorée

 

Premiers visiteurs de la journaliste à l’unité des soins intensifs

 

paru dans l'Orient-le Jour le 3 octobre 2005

 

La santé de la journaliste de la LBCI May Chidiac, grièvement blessée lors du terrible attentat à l’explosif qui a détruit sa voiture il y a une semaine à Ghadir, était en nette amélioration hier. Mme Chidiac n’est plus intubée et peut respirer librement. Elle est dorénavant capable de converser avec sa famille et ses visiteurs, dont l’un des premiers a été, hier, le ministre Marwan Hamadé, qui avait lui-même échappé par miracle à un attentat à la voiture piégée, il y a un an, jour pour jour. M. Hamadé est entré à l’unité des soins intensifs de l’Hôtel-Dieu de France, où se trouve la journaliste depuis une semaine, en compagnie de sa famille et du PDG de la LBCI, Pierre Daher. Selon M. Daher, l’entretien entre les deux miraculés, qu’il a qualifié d’ "émouvant", a porté sur ce qu’ils ont éprouvé durant l’explosion, sur la manière dont ils se sont comportés dans les premiers instants qui ont suivi la déflagration, et sur la force qui leur est venue à ce moment-là pour les pousser hors de la voiture. Il a également précisé que May se souvenait de tout et surtout du fait qu’elle avait tout de suite compris que sa jambe et son bras avaient été gravement touchés, qu’elle trouvait toujours la force de sourire et de remercier Dieu de l’avoir sauvée, et qu’elle avait le moral.

Filature


M. Daher avait également précisé que l’enquête sur la tentative d’assassinat de May Chidiac avait été "plus loin que les autres enquêtes", et que, selon les rapports des enquêteurs, la journaliste avait été filée durant les deux semaines qui avaient précédé l’attentat. May Chidiac devrait subir une troisième opération aujourd’hui, en attendant que les médecins décident du moment où elle pourrait quitter l’unité des soins intensifs et intégrer une chambre d’hôpital. Par ailleurs, le salon de l’Hôtel-Dieu, pour la septième journée consécutive après le crime, n’a pas désempli : des personnalités politiques et sociales sont venues prendre des nouvelles de la journaliste. Jeffrey Feltman, ambassadeur des Etats-Unis, s’est pour sa part rendu à l’hôpital samedi, pour la troisième fois depuis l’attentat. L’émoi qu’a causé l’attentat de ce funeste dimanche 25 septembre était loin de s’être dissipé hier. Des rassemblements et des messes ont été célébrées dans les différentes régions libanaises en signe de solidarité avec May Chidiac, notamment à la cathédrale Notre-Dame du Liban, à Harissa, en présence des parents, amis et collègues de la victime. A signaler l’initiative de la paroisse de Ghadir, où a eu lieu le crime, de rassembler les habitants de la région à l’endroit même de l’explosion. Ceux-ci ont allumé des bougies et levé des prières à l’intention de May Chidiac.

 


 

Le prix de la Libre Expression de l’UPF décerné à May Chidiac

 

paru dans l'Orient-le Jour le 9 novembre 2005

 

Le prix de la Libre Expression 2005 de l’Union internationale de la presse francophone (UPF) a été décerné à May Chidiac. Le comité international de l’UPF, réuni à Lomé pour les 37e assises de la presse francophone, a estimé que la présentatrice-vedette de la chaîne LBCI a été visée à cause de ses "analyses courageuses" et ses "commentaires sans détour" sur la présence syrienne au Liban. Le prix de la Libre Expression, accordé par l’UPF avec le concours de l’agence internationale de la francophonie, de TV5 et de RFI, avait été créé en 1991 pour récompenser un journaliste francophone, un directeur de publication, de radio ou de télévision qui se serait "distingué pour avoir, dans un environnement difficile, maintenu, contre vents et marées, l’indépendance de sa ou de ses publications, de ses émissions de radio ou de télévision, malgré les pressions et les atteintes à ses installations ou à sa personne". De son côté, l’avocat de Mme Chidiac, Me Naoum Farah, a porté plainte hier au nom de sa cliente devant Me Adnane Belbol, juge d’instruction près la Cour de justice, dans l’affaire de la tentative d’assassinat du 25 septembre dernier, à Jounieh, qui avait visé May Chidiac.

 


 

Première apparition publique de May Chidiac après la tentative d'assassinat

 

publié par l'AFP le 23 novembre 2005

 

La journaliste libanaise May Chidiac, dans sa première apparition publique depuis une tentative d'assassinat qui l'a mutilée il y a deux mois, a affirmé mercredi qu'elle était déterminée à reprendre son travail. "Ils ont cru que je ne travaillerai plus mais je reviendrai après une opération pour me fixer une main et une jambe artificielles", a déclaré sur un ton confiant et posé Mme Chidiac, 40 ans, apparue en soirée sur la chaîne de télévision privée LBC qui l'emploie. Connue pour ses positions hostiles à l'ancienne tutelle syrienne du Liban, May Chidiac, présentée par la presse libanaise comme "martyre vivante de la liberté d'expression", a été grièvement blessée le 25 septembre au nord de Beyrouth dans l'explosion d'une bombe placée sous sa voiture. Elle a été amputée d'une jambe et d'une main et a subi une vingtaine d'opérations après cet attentat, condamné par la communauté internationale.

La journaliste vedette à la LBC a remercié tous ceux qui l'ont soutenue et exprimé leur sympathie après le drame. "Je ne peux que vous donner mon sourire et la parole honnête". "C'est le prix que j'ai dû payer pour avoir donner tant à ce pays", a-t-elle dit. Le 8 novembre, les 37èmes assises de la presse francophone ont attribué le "prix de la libre expression 2005" à May Chidiac, honorée pour "ses analyses courageuses et ses commentaires sans détours sur le rôle néfaste de la présence syrienne au Liban". Le Liban a été ensanglanté entre octobre 2004 et septembre 2005 par 14 attentats dont le plus spectaculaire a été l'assassinat de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri. Leurs auteurs n'ont pas été arrêtés. May Chidiac est le deuxième professionnel des médias à être visé par un attentat à la bombe après le journaliste et opposant de gauche anti-syrien, Samir Kassir, tué dans l'explosion le 2 juin à Beyrouth d'une bombe placée sous sa voiture.

 


 

Salut les filles !


Une exposition montre la représentation de la jeune demoiselle de 1860 à nos jours

 

par CLAIRANDREE CAUCHY, publié dans le Devoir le 25 novembre 2005

 

Salut les filles ! La jeune fille en images débute par des peintures et des gravures sur l'allégorie de la jeune fille. a la fin du XIXe siècle, le dominion du Canada était fréquemment représenté par une mère entourée de ses dix filles, soit autant de provinces en plein épanouissement mais qui nécessitaient aussi une protection de la mère-patrie. Une iconographie guère prisée des politiciens, qui ont refusé d'accrocher un de ces tableaux dans le hall du Palais législatif. C'est à la section appelée "Lieux et Espaces" que les stéréotypes de l'époque sont les plus flagrants. La plupart des tableaux présentent la jeune fille, calme et studieuse, dans la chaleur du foyer familial. On y illustre "la fille intelligente de la bourgeoisie, qui doit lire, rester tranquille, être artistique et intellectuelle, mais pas trop", explique la conservatrice invitée pour l'exposition, Loren Lerner, du département d'histoire de l'art de l'université Concordia.

 

Plusieurs images montrent la fille en compagnie de sa mère, qui fait son éducation. Lorsqu'on retrouve frères et soeurs sur une même image, les garçons sont toujours montrés en train de jouer, plus actifs, alors que les jeunes filles sont très attentives, agréables. Les époques changent mais la représentation des stéréotypes n'évolue pas tant que cela. La vertu, voire la virginité des jeunes filles est aussi fréquemment illustrée par un paysage champêtre ou un jardin. Il est cependant rare de trouver des images de jeunes filles en action dans la vie quotidienne. Outre les valeurs de l'époque, cette idéalisation n'est probablement pas étrangère au fort taux de mortalité infantile, note Mme Lerner.

 

Elle avoue avoir longtemps cherché un tableau présentant les écolières. "A mon avis, c'est un sujet public. A cette époque-là, on ne voit pas ou on ne représente pas les filles dans les espaces publics. C'est plutôt l'esprit victorien qui garde les filles à la maison", explique le professeur d'histoire de l'art. Mme Lerner a fini par mettre la main sur un grand tableau, assez réaliste, où on voit des jeunes filles à la sortie de l'école, en plein hiver. Le même défi s'est posé pour ce qui est du travail des enfants, que ce soit pour les tâches domestiques au domicile familial, chez de riches bourgeois ou à l'usine. On retrouve néanmoins une photo de Mlle Rye et ses "protégées", des fillettes ravies à des familles pauvres anglaises afin d'être formées pour travailler comme domestiques au Canada.

 

Pour marquer un contraste avec les images très typées d'autrefois, la conservatrice a invité des femmes artistes contemporaines à exposer certaines de leurs oeuvres. Selon Mme Lerner, on y retrouve des images de femmes plus affirmées et dotées d'une personnalité au-delà des caractéristiques propres à leur genre. Un tableau de l'artiste Natalka Husar présente une jeune immigrante ukrainienne, aux vêtements voyants, seule sur un grand tableau gris, qui dégage une grande tristesse. Une autre oeuvre contemporaine montre une jeune danseuse en train de s'observer sous toutes les coutures, symbole de la grande anxiété des adolescentes face à leur corps.

 

Si l'exposition montre une évolution historique intéressante, un pan semble manquer pour ce qui est de l'image contemporaine de la jeune fille. A une époque où on ne cesse de parler de leur hypersexualisation, omniprésente dans la culture populaire, cette dimension n'apparaît pas vraiment dans l'exposition. "C'est une image commerciale, ce n'est pas l'image qu'on trouve dans les oeuvres d'art", explique Mme Lerner, qui avance que les artistes d'aujourd'hui sont même en réaction avec cette iconographie quasi publicitaire.


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Salut les filles ! La jeune fille en images
Musée McCord
690, rue Sherbrooke Ouest, Montréal
www.musee-mccord.qc.ca  
Jusqu'au 9 avril 2006