"L'Iran
constitue désormais
la plus grande
menace"
Interview d'ARIEL
SHARON réalisée
par Charles
Lambroschini et
publiée le 13
août dans le Figaro
Alors
qu'Israël a subi
hier deux attentats
suicides qui
montrent la fragilité
du processus de paix
international, le
premier ministre
israélien estime
notamment que les
combattants
palestiniens
profitent du
cessez-le-feu pour
se réarmer. Il réaffirme
en outre sa volonté
de voir Yasser
Arafat écarté du
contrôle de
l'argent public et
de toute position
d'influence sur les
services de sécurité.
Ariel Sharon
critique l'attitude
velléitaire de
Mahmoud Abbas et des Palestiniens
qui "se
refusent à tenir
leurs
engagements", soulignant
que les Américains
auraient dû exercer
des pressions encore
plus dures sur la
Syrie.
- En pleine
trêve, Israël a
encore été la
cible de deux
attentats suicides.
Quelle est votre
première réponse ?
Ces deux
attaques confirment
que l'Autorité
palestinienne ne
fait rien pour
combattre le
terrorisme. Nos
interlocuteurs se
refusent à tenir
leurs engagements,
à démanteler les
infrastructures des
organisations
terroristes, à
confisquer les
armes. Les
responsables
palestiniens doivent
bien comprendre que
s'ils ne font pas ce
qu'ils sont supposés
faire, toute avancée
dans le processus
politique deviendra
impossible.
- Que gagnerait
Israël à une
rupture ?
Nous ne pouvons pas
accepter que le
terrorisme devienne
partie intégrante
de la vie
quotidienne des Israéliens.
Et les Etats-Unis ne
l'accepteront pas
non plus. Tout en
regrettant que
l'Autorité
palestinienne refuse
de mener ce combat
de façon sérieuse,
Israël, lui,
continuera de lutter
contre les
terroristes. Mais si
Israël, qui
aimerait pourtant
continuer sur la
voie politique, est
obligé de constater
qu'il n'y a plus de
progrès à espérer,
le diagnostic sera
clair. Les
Palestiniens, aussi,
ne pourront plus
obtenir ce qu'ils
veulent.
- Trois jours
avant ce double
attentat, l'aviation
israélienne avait détruit
la batterie de DCA
du Hezbollah qui
venait de bombarder
la Galilée et de
tuer un jeune Israélien.
Puisque vous accusez
la Syrie d'être
derrière le
Hezbollah,
envisagez-vous de
frapper aussi la
Syrie ?
Ce n'est sûrement
pas la première
fois que le
Hezbollah nous
prenait pour cible.
Ces derniers mois,
les tirs contre Israël
n'ont jamais cessé.
Nous avons averti le
Hezbollah à
plusieurs reprises.
Les Etats-Unis ont
mis la pression sur
la Syrie. Mais les
tirs ont continué.
Alors nous avons décidé
que chaque fois
qu'une de ces
batteries de DCA
ouvrira le feu, elle
sera aussitôt détruite.
Israël veut le
calme sur sa frontière
nord et c'est
pourquoi nous
essayons de faire
preuve de la plus
grande retenue. Mais
nous n'accepterons
jamais que la sécurité
de nos citoyens soit
menacée. C'est le
message que, de
nouveau, nous avons
adressé à nos
adversaires.
- L'an dernier,
vous n'aviez pas hésité
à lancer vos avions
contre un radar
syrien au Liban, un
radar qui faisait
partie d'une chaîne
couvrant les
approches vers
Damas. Etes-vous prêts
à frapper aussi
fort si votre
message de dimanche
n'est pas entendu ?
Je prendrai toutes
les mesures nécessaires
pour protéger mes
concitoyens. Je veux
éviter l'escalade
parce que, je le répète,
je tiens à ce que
notre frontière
avec le Liban reste
tranquille, mais
nous ne nous
laisserons pas
faire. En face, il y
a suffisamment de
cibles disponibles.
Tout de suite après
la chute de Bagdad,
les Américains ont
soumis la Syrie à
de très fortes
pressions. Au début
les Syriens étaient
inquiets et ils ont
choisi le profil
bas. Mais, au bout
de quelques
semaines, ils sont
revenus à leur
politique de soutien
aux organisations
terroristes. De
nouveau, ils font la
sourde oreille aux
exigences de
Washington. Ils
continuent de
permettre que le
Hamas et le Djihad
islamique entraînent
leurs poseurs de
bombes sur le
territoire syrien.
Ils acceptent que
les états-majors de
ces organisations
terroristes aient
pignon sur rue à
Damas.
- Cette attitude
ne signifie-t-elle
pas que plus
personne n'a peur
des Américains
maintenant que les
GI semblent enlisés
en Irak ?
Je crois plutôt
qu'il faut dénoncer
une erreur de méthode.
Au Proche-Orient, il
ne faut jamais se
contenter de
promesses, de beaux
discours, de déclarations
ronflantes. Si on
veut aboutir, il
faut fixer des buts
très précis, avec
le détail des étapes
pour arriver à
l'objectif et des
dates butoirs. Les
pressions sur les
Syriens auraient dû
être encore plus
dures. Les Américains
auraient dû leur
dire : les
organisations
terroristes qui sont
installées en Syrie
devront être expulsées
tel jour à telle
heure.
- En somme, vous
voulez exporter le
processus de la
"feuille de
route" que vous
appliquez dans vos
relations avec les
Palestiniens.
Pourquoi pas ? La
feuille de route est
un plan fondé sur
des résultats et un
calendrier. Soyons
concrets. Je veux
deux choses : la démocratisation
des institutions
palestiniennes, pour
que Yasser Arafat
soit écarté de
toute position
d'influence, et le démantèlement
d'organisations
terroristes comme le
Hamas, le Djihad
islamique, le Front
populaire, le Front
démocratique. Mes
interlocuteurs
doivent comprendre
que s'ils restent
immobiles sur ces
deux points, je
n'avancerai pas non
plus. Sans progrès
sur ces deux points,
ce sera la fin du
processus politique.
- A en juger par
vos reproches au
premier ministre
palestinien Mahmoud
Abbas, votre
technique de négociation
n'a guère eu de
succès.
Pour la sécurité
au jour le jour, je
le crédite
d'efforts indéniables.
Mais le fait que le
terrorisme ait baissé
d'intensité est très
important. Mais rien
n'a été entrepris
pour arracher les
racines du
terrorisme. Encore
une fois, mes
demandes sont très
concrètes. Il
s'agit d'arrêter
les chefs qui
ordonnent les
assassinats, de les
interroger, de les
punir. Il faut
ensuite interdire
les organisations
extrémistes. Enfin,
il faut confisquer
leurs armes et les
remettre à un
tiers, par exemple
les Etats-Unis, pour
qu'elles soient
exportées loin du
territoire de
l'autorité
palestinienne et détruites.
En plus, je veux
l'arrêt total des
attentats et l'arrêt
de l'incitation à
la violence. Même
si, pour ce dernier
cas, il faudra du
temps, la solution
passant par une réforme
de l'école et la
sensibilisation à
une éducation de la
paix.
- Mais votre armée
a tué tellement
d'hommes des forces
de sécurité
palestiniennes, détruit
tellement d'équipements
et d'installations
que Mahmoud Abbas
n'a pas forcément
les moyens de
s'attaquer à la nébuleuse
terroriste. Ni même
assez d'argent.
Vous plaisantez ! L'Autorité
palestinienne aligne
60.000 hommes répartis
entre douze services
de sécurité différents.
Malheureusement, 60%
de ces forces se
trouvent toujours
sous le contrôle de
Yasser Arafat alors
qu'elles devraient
relever d'un
responsable unique,
le chef du
gouvernement Mahmoud
Abbas. La première
réforme que Mahmoud
Abbas doit mettre en
œuvre c'est de
s'attaquer au
monopole d'Arafat
sur les services de
sécurité. Dans la
foulée, il devra le
priver du contrôle
de l'argent et donc
de la distribution
des salaires. Selon
nos estimations,
Arafat a placé à
travers le monde
quelque deux
milliards de dollars
: plus qu'il n'en
faut pour financer
les réformes.
- Mahmoud Abbas
ne veut peut-être
pas prendre le
risque de déclencher
une guerre civile
entre
Palestiniens...
Je crois que le plus
grand danger c'est
celui qui pèse sur
sa tête. Et il
restera menacé tant
que les
organisations
terroristes n'auront
pas été démantelées.
Or, plus le temps
passe plus il
deviendra difficile
d'agir. Si les
mouvements
terroristes ont
accepté un
cessez-le-feu, c'est
à cause de
l'efficacité de
l'armée israélienne,
de nos services de
renseignement, de
notre police.
Maintenant ils
profitent du calme
pour recréer leurs
réseaux et pour
reconstituer leurs
stocks d'armes. Au
point que leur
industrie militaire
tourne à plein :
ils sont en train de
fabriquer des
missiles kassem par
centaines
d'exemplaires et même
d'allonger leur portée
jusqu'à, je crois,
une douzaine de
kilomètres.
- Mais comment
Mahmoud Abbas
peut-il imposer son
autorité à 60.000
soldats et policiers
sans s'exposer à
une explosion générale
?
Prenons l'exemple de
Gaza. L'Autorité
palestinienne
dispose de 20.000
hommes en armes. En
face, le Hamas et le
Djihad islamique
totalisent un
maximum de 500 à
1.000 militants. Ce
qui manque à
l'autorité
palestinienne ce ne
sont pas les
effectifs. C'est la
volonté. Alors,
comment les Israéliens
pourraient-ils lui
insuffler cette
volonté s'il ne la
trouve pas tout seul
? En appliquant la méthode
de la "feuille
de route" :
nous ne passerons
pas à l'étape
suivante si l'étape
précédente n'est
pas terminée.
- Mahmoud Abbas
se plaint que les
arrestations faites
par l'armée israélienne
dans les territoires
palestiniens mettent
en danger la trêve
qu'il tente de faire
respecter.
Allez-vous
poursuivre ces opérations
?
Le partage des
responsabilités est
sans ambiguïté.
Dans les zones qui
ont été remises à
l'Autorité
palestinienne, c'est
à elle de faire la
police. Dans les
zones dont nous
avons conservé le
contrôle, nous
restons actifs,
c'est vrai, mais
nous retenons nos
coups. Nous essayons
de nous comporter
avec modération. En
revanche, si les
mouvements
terroristes
poursuivent leurs
actions contre Israël
et si l'Autorité
palestinienne ne se
décide pas à
porter un coup d'arrêt
à ces
organisations, eh!
bien Israël fera le
nécessaire!
- Aidez-vous
Mahmoud Abbas à
lutter contre le
terrorisme ?
Absolument. D'abord,
nous l'aidons en
aidant la
population. Nous
avons libéré des
prisonniers, environ
700. Nous avons
augmenté le quota
des permis de
travail pour que les
Palestiniens
puissent être plus
nombreux à venir
gagner de l'argent
chez nous. Nous
avons enlevé un
certain nombre des
barrages sur les
routes qui gênaient
les déplacements.
Nous aidons aussi
Mahoud Abbas en
montrant que, pour
obtenir la paix,
Israël est prêt à
faire des compromis
douloureux. Ces
gestes que je vous
ai énumérés, nous
les avons consentis
alors que le
terrorisme continue,
que, contrairement
à nos espoirs, il
n'a jamais vraiment
cessé. Pour arriver
à une paix
authentique et
durable, Israël est
prêt à aller loin,
très loin, même si
cela doit lui coûter
beaucoup.
- Sous la
pression de
l'opinion
palestinienne, la
poursuite de la libération
des prisonniers est
devenue pour Mahmoud
Abbas une priorité
absolue.
Envisagez-vous de
vider les prisons ?
Jusqu'au dernier des
6.000 détenus ?
Israël a prouvé sa
bonne volonté en
relâchant quelque
700 prisonniers.
Mais il est exclu de
libérer des
assassins, de
pardonner aux
terroristes qui ont
du sang sur les
mains. Il n'est pas
question de libérer
des gens qui avaient
déjà été libérés
et qui, à peine
rentrés chez eux,
ont recommencé à
se livrer à des
attentats. Depuis la
reprise de l'intifada,
il y a trois ans, le
terrorisme a tué
818 Israéliens et
en a blessé 5.629.
J'ai sur mon bureau
un document qui démontre
qu'en proportion de
la population, ce
serait l'équivalent
en France de 8.000
morts et de 56.000
blessés. Pour
l'Union européenne
de 62.000 morts et
427.000 blessés.
Pour les Etats-Unis,
qui ont eu 3.000
victimes dans
l'attaque contre les
tours de Manhattan,
de 45.000 morts et
de 312.000 blessés.
Je ne crois pas que
la France
accepterait de
telles pertes sans réagir.
Ni aucun des pays
européens. Alors,
je peux vous dire
que ce fut très
difficile de
convaincre mes
ministres d'ouvrir
les portes des
prisons.
- Sur ce sujet,
les tensions au sein
du gouvernement ne
sont-elles pas le
reflet des
interrogations dans
l'opinion ?
La libération des
prisonniers n'a pas
été une décision
populaire. Car le
bilan du terrorisme
ne se limite pas aux
chiffres horribles
que je vous ai cités.
Il y a aussi
l'impact
psychologique : des
familles de cinq ou
six enfants qui
n'ont plus ni père
ni mère, des
parents qui perdent
d'un coup tous leurs
enfants. Les gens
accepteraient plus
facilement les libérations
si l'Autorité
palestinienne avait
montré plus de détermination
contre les
terroristes.
- Face au
terrorisme, Israël
trouve donc que les
Palestiniens n'en
font pas assez
tandis que Mahmoud
Abbas trouve qu'Israël
en fait trop. On
n'en sortira jamais
!
Les Palestiniens,
notamment Yasser
Arafat, ont cru que,
grâce au
terrorisme, ils
parviendraient à
briser la volonté
de la nation israélienne.
Je pense que les
Palestiniens sont
aujourd'hui de plus
en plus nombreux à
réaliser qu'il est
impossible de
vaincre Israël par
la terreur. Quant à
Mahmoud Abbas, il y
a déjà plusieurs
années qu'il a
compris deux choses.
Un, qu'il ne réussira
à s'entendre avec
Israël que par la négociation.
Deux, que les
souffrances de la
population
palestinienne ont
pour cause
essentielle la stratégie
terroriste de Yasser
Arafat.
- Mahmoud Abbas dénonce
la poursuite de
l'expansion des
colonies de
peuplement dans les
Territoires
palestiniens. C'est
ainsi qu'un appel
d'offres a été
lancé pour la
construction de 22
logements à Névé
Dékalim dans la
bande de Gaza.
Comment pouvez-vous
justifier ce genre
d'initiative alors
que la "feuille
de route" a décrété
le gel des
implantations ?
Ecoutez, il faut
distinguer entre les
implantations illégales
et les autres. Parmi
celles qui n'étaient
pas autorisées,
nous en avons démantelé
26 et 12 le seront
bientôt. Pour les
implantations
autorisées, le
dossier n'est pas
facile. Au total,
240.000 habitants
sont concernés.
Pour certains, ils
en sont à la troisième
génération: ce
sont leurs
grands-parents qui
étaient venus
s'installer. Et ils
continuent, ils se
marient, ils font
des enfants. Que
dois-je faire, les déporter
? Pour l'instant,
tout ce que je puis
dire c'est que l'on
peut ajouter des
constructions dans
un périmètre déjà
bâti mais qu'il n'y
a pas
d'expropriation pour
de nouvelles
installations ni de
subventions
particulières pour
les financer. De
toute façon, il est
entendu que le sort
définitif de ces
implantations sera
discuté dans la
phase finale des négociations
de paix.
- Autre sujet qui
fâche : le mur de sécurité
que vous êtes en
train d'édifier
pour empêcher le
passage des
terroristes entre la
Cisjordanie et Israël
mais qui aboutit
souvent à couper
les paysans
palestiniens des
champs derrière
leur ferme. Ce n'est
plus seulement
Mahmoud Abbas qui
s'inquiète à l'idée
que les Israéliens
dessinent unilatéralement
la future frontière.
Le président Bush
juge que ce mur crée
un "problème"
dans la mesure où
il rendra extrêmement
difficile la création
d'un Etat
palestinien au
territoire continu.
Quelle est votre réponse
?
Je l'ai dit maintes
et maintes fois. Je
ne transigerai pas
sur la sécurité de
mes concitoyens. Ces
barrières n'ont
rien de politique.
Leur construction
correspond à des
objectifs de sécurité.
Premièrement, il
s'agit de décourager
les terroristes de
venir commettre
leurs crimes au cœur
même d'Israël.
Deuxièmement, nous
voulons stopper la pénétration
par les Palestiniens
de la communauté
des Arabes israéliens.
Notre pays compte
5,4 millions de
juifs et un million
d'Arabes qui sont
citoyens israéliens.
Il y a des dizaines
de milliers de
Palestiniens qui
sont venus vivre
clandestinement aux
côtés des Arabes
israéliens. Ils
participent à des
actes terroristes et
ils essaient de
convaincre les
Arabes israéliens
de se joindre à
eux. Cela dit, je
veux que ces barrières
causent le moins de
dommages possibles
aux paysans
palestiniens. Etant
un paysan moi-même
je comprends leurs
difficultés et je
vais faire un
effort. Mais si ces
barrières
permettent de réduire
la menace
terroriste, on
s'apercevra vite
qu'elles ne sont pas
un obstacle à la
paix. Au contraire.
- Vous avez
applaudi
l'intervention américaine
en Irak. Mais devant
le chaos actuel,
n'avez-vous pas des
doutes ?
Je continue
d'approuver cette
guerre. Saddam
Hussein était très
dangereux. Comme il
l'avait démontré
en utilisant des
armes chimiques
contre son propre
peuple, en gazant
des dizaines de
milliers de gens. Et
il a failli avoir la
bombe. Pour le
malheur du monde, il
aurait réussi à
doter l'Irak de
l'arme nucléaire
sans la courageuse décision
du gouvernement
Begin d'aller
bombarder le réacteur
de Tamouz.
Maintenant, en ce
qui concerne la
situation actuelle,
je crois que les Américains
doivent poursuivre
leurs efforts pour
établir à Bagdad
un gouvernement dont
la stabilité ne
pourra que rendre
plus sûr l'ensemble
du Moyen-Orient.
Quant à savoir si
un pays arabe peut
devenir un pays démocratique,
c'est le cœur du
problème. Dans
toute la région, il
n'y a qu'une seule démocratie
: Israël. Si Israël
avait été entouré
de voisins démocratiques,
nous aurions sûrement
pris plus de risques
que nous n'en
prenons aujourd'hui.
- George W. Bush
insiste désormais
sur un autre danger
nucléaire : celui
que représente Téhéran.
Seriez-vous
favorable à une opération
préventive des
Etats-Unis qui répéterait
contre la centrale
iranienne de Bouchir,
par exemple, celle
de l'aviation israélienne
contre l'Irak ?
Je n'ai pas qualité
pour recommander les
mesures qui
devraient être
prises. Mais je
crois que la priorité
doit être d'exercer
des pressions économiques
et politiques les
plus fortes
possible. Dans cette
perspective, je
pense que l'Europe a
un rôle très
important à jouer.
- Face à Téhéran,
vous êtes quand même
en première ligne
puisque vous
reprochez à l'Iran
une double
manipulation
anti-israélienne.
Celle du Hezbollah
chiite à la frontière
libanaise, celle des
organisations
islamistes dans les
Territoires
palestiniens.
Les Iraniens ne
peuvent rien nier de
tout cela. Sur la
frontière
libanaise, Téhéran
a envoyé ses
Gardiens de la révolution
pour encadrer les
hommes du Hezbollah.
C'est aussi l'Iran
qui fournit au
Hezbollah la plupart
des missiles qui
sont maintenant
capables d'atteindre
Haïfa. Même si, de
leur côté, les
Syriens en ont livré
des centaines. Les
armes iraniennes
sont débarquées
sur les aéroports
syriens par des
avions venus de Téhéran.
Depuis
l'interception du
Karin A par la
marine israélienne,
les cargos affrétés
par l'Iran ont
renoncé au canal de
Suez. Ils n'arrivent
dans les ports
syriens qu'après
avoir fait le tour
de l'Afrique. Mais
ils continuent de
venir.
- Et dans les
territoires
palestiniens ?
L'Iran fait passer
des armes
clandestinement. Et
il donne de l'argent
à tout le monde. Au
Hamas et au Djihad,
bien sûr, mais
aussi au Fatah
d'Arafat et même au
parti de Mahmoud
Abbas. L'Iran est à
la tête d'un réseau
terroriste qui est
simultanément régional
et mondial puisque
ce pays dispose de
missiles balistiques
d'une portée de
1.300 kilomètres.
C'est bien ce qu'ont
compris les Américains
quand ils dénoncent
les projets nucléaires
de Téhéran. Au
Moyen-Orient, c'est
l'Iran qui constitue
désormais la plus
grande menace.