La
bande pro-israélienne
exploite le “séisme”
des tours jumelles
Editorial de
MELHEM KARAM publié
le 9 août dans la
Revue du Liban
Le “séisme” du
11 septembre 2001
est, sans nul doute,
l’événement le
plus dramatique dans
la conscience américaine.
Il dépasse de
grands événements
ayant ébranlé la
société américaine,
tels la guerre
civile, Pearl
Harbour, la guerre
coréenne, le débarquement
de Normandie, le marécage
vietnamien,
l’assassinat de
Kennedy, de Martin
Luther King et la
communication aux
Soviets des secrets
de la bombe
atomique.
Ainsi, l’orgueil
américain a été
atteint, de même
que les symboles de
la puissance financière
et commerciale,
alors que la
philosophie libérale
s’est brisée en
un clin d’œil.
Les masques
recouvrant des
organismes sécuritaires
et de
renseignements, dont
le budget annuel
approche de 30
milliards de
dollars, sont tombés.
Ces organismes
disposent de réseaux
intercontinentaux et
de satellites. Ils
coopèrent d’une
manière partielle
ou totale avec
soixante-dix autres
services sécuritaires
dans le monde.
C’est pourquoi
Evgueni Primakov a
dit, lorsqu’il
dirigeait le F.S.B.,
héritier du K.G.B.:
“Il existe sous
chaque pierre un
agent secret américain”.
En dépit de cette
couverture s’étendant
à tous les confins
du globe, la “percée”
a eu lieu ; elle a
été terrible et a
fait subir une
cuisante défaite au
cerveau stratégique
américain. Aussi,
les retombées de
l’événement
persistent-elles
deux années plus
tard, les succès réalisés
par la suite, en
Afghanistan ou en
Irak, n’ayant pas
réussi à l’éclipser
ou à atténuer sa
gravité. Cependant,
l’Administration
Bush a exploité le
“Waterloo” américain
pour alimenter la
politique du bâton,
tout en recherchant
des boucs émissaires
pour justifier sa négligence
et ses erreurs, lançant
ce que Geffrey Kemp
appelle “la
politique de
vengeance illimitée”.
Tel est le piège
dans lequel elle est
tombée, car au lieu
d’étudier les
causes ayant amené
aux “séismes”
de New York et de
Washington, elle a
eu recours à la
diplomatie des
“B52” et aux
bombes à laser. De
plus, elle a propagé
une série
“d’arguments
fallacieux” pour
justifier la guerre
de l’hégémonie
et du pétrole.
Ceci a mis
dans l’embarras un
homme comme Henri
Kissinger que le président
Bush a nommé à la
tête d’une
commission d’enquête
sur les attentats du
11 septembre
(27/11/2002) dont il
a démissionné
moins de trois
semaines plus tard
(16/12/2002). Il a
publié dans le
“Washington
Post” deux jours
avant sa démission,
ce qui peut être
considéré comme un
rejet de la
politique suivie par
l’Administration
après les attaques,
sous le titre :
“La vengeance
n’est pas une
riposte
suffisante”.
L’Administration
américaine a paru
perplexe et allant
à la dérive, malgré
les apparences de
confiance en elle-même.
Elle a tenté de
combler les brèches
de la négligence à
l’intérieur, en déclenchant
la guerre contre
l’Afghanistan et
l’Irak, en plus
d’une autre guerre
contre certains
Etats arabes et
islamiques, l’Arabie
saoudite en tête,
partant du fait que
quinze des dix-neuf
suicidaires étaient
saoudiens. Aussi,
une campagne de
diffamation a-t-elle
été déclenchée
contre Riyad, n’épargnant
aucun responsable,
ni prince, ni
association de
bienfaisance et éclaboussant,
même, l’épouse
de l’ambassadeur
d’Arabie saoudite
à Washington, le
prince Bandar Ben
Sultan. Depuis près
d’un an, la cabale
contre le royaume se
perpétue, la revue
“Time” ayant écrit
sur sa couverture :
“Avons-nous encore
besoin des
Saoudiens?” La
revue
“Commentary” a
été plus arrogante
en titrant : “Nos
ennemis, les
Saoudiens”, étant
entendu que cette
publication est une
tribune du lobby
juif américain.
Puis,
l’institution
“Rand” a publié
un rapport établi
à la demande du
“Conseil de la
politique défensive”
relevant du
Pentagone. Il a été
discuté le 10
juillet 2002 et a
constitué un
“bond
qualitatif” dans
la mobilisation de
l’opinion américaine
contre le royaume.
Il était bourré
d’erreurs et de déductions
haineuses et
hypocrites. Riyad a
répliqué à ce
rapport, montrant
avec logique, vision
claire et confiance,
les erreurs de
l’auteur dudit
document, un juif
français intimement
lié au lobby
sioniste d’Amérique.
Les vérités avec
lesquelles le
royaume a affronté
une campagne
injuste, a entraîné
la révocation de
l’analyste français,
auteur du rapport,
“Rand” ayant été
incapable de le
couvrir, en dépit
de tout le sang juif
qui coule dans ses
veines.
L’offensive
américaine contre
le royaume n’émane
pas d’un centre de
recherches ou
d’une institution
académique, mais de
commissions du Congrès
ayant enquêté sur
les attentats du 11
septembre et établi
un rapport de 850
pages sur l’événement,
taxant
d’impuissance les
organismes de sécurité
et de
renseignements, pour
n’avoir pas découvert
le plan de sabotage
et les objectifs
d’“al-Qaëda”,
ainsi que les
intentions de Ben
Laden qui n’a
aucun jour caché sa
détermination à
causer du tort à
l’Amérique, à
ses ressortissants
et à ses intérêts.
Fait surprenant :
l’Administration
Bush a accepté de
publier la majeure
partie du rapport du
Congrès, sauf 28
pages traitant du prétendu
rôle joué par le
royaume dans le séisme
du 11 septembre. Sur
les instructions
directes du président
Bush, les pages non
publiées ont été
effacées à
l’encre noire,
sous prétexte de ne
pas exposer la sécurité
nationale américaine
au péril, tout en
camouflant les
sources des
renseignements.
Riyad s’est
empressé de rejeter
cette hypocrisie et
a dépêché le
prince Saoud al-Fayçal,
son ministre des
Affaires étrangères
à Washington, pour
demander de diffuser
la partie supprimée
du rapport relative
à l’Etat et au
système saoudiens.
Le royaume a affirmé
qu’il n’y avait
aucun fondement à
de tels
renseignements et,
en conséquence, il
importe de faire
connaître les 28
pages non divulguées
du rapport, afin de
réfuter des
accusations confuses
et falsifiées.
Malgré la logique
des arguments avancés
par Riyad, Bush, ses
faucons, ses juifs
et ses extrémistes,
ont refusé la requête
saoudite
probablement pour
porter atteinte au
royaume, à son rôle,
à son influence et
à sa crédibilité.
Ce comportement américain
suspect, nécessite
les trois
observations complémentaires
suivantes :
1 - L’Arabie
saoudite pâtit du
terrorisme autant
que l’Amérique
elle-même. Elle
s’est exposée à
des agressions à
Khobar, Riyad et
ailleurs, avant la
dernière attaque
contre le complexe résidentiel.
Il n’est pas
possible qu’elle
soit de connivence
avec des parties
menaçant sa
stabilité et sa sécurité.
Aussi, a-t-elle
mobilisé de grandes
forces pour les éradiquer.
2 - Les Etats-Unis
supportent une
grande responsabilité
dans le raidissement
des groupes
fondamentalistes ou
ce qu’on appelle
les “Afghans”
arabes et, parmi
eux, les
“Afghans”
saoudiens. Car les
camps d’entraînement
de Jelal Abad, Khost
et Kandahar, ont été
aménagés à
l’initiative et
avec le financement
américains. La CIA
a parrainé Abdallah
Azzam, père des
“Afghans”
arabes. Elle a menacé
Rassoul Sayaf qui a
soutenu Ben Laden et
a rapproché
“al-Qaëda” du
“Jihad” égyptien
sous le leadership
de Ayman Zawahiry.
3 - Ce n’est pas
un secret que les
services principaux
du Pentagone et des
renseignements américains
sont acquis au
sionisme et au judaïsme.
Après l’offensive
contre l’Irak, les
“faucons”
estiment qu’il
faut passer à la
seconde étape,
s’attaquer au
monde arabe et
islamique, en
compromettant sa
stabilité et en le
rendant tributaire
de la “Sublime
Porte” américaine
et, partant, de la
porte tournante israélienne.
Mais rien
n’indique que le
royaume peut
transiger sur ses
constantes, même si
cela ne plaît pas
à certains membres
du Congrès et aux
nouveaux faucons de
l’Administration
US.