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INTERVIEW  RJLIBAN  N°8  du 13 août 2003 

 
La bande pro-israélienne exploite le “séisme” des tours jumelles
 
Editorial de MELHEM KARAM publié le 9 août dans la Revue du Liban
 
Le “séisme” du 11 septembre 2001 est, sans nul doute, l’événement le plus dramatique dans la conscience américaine. Il dépasse de grands événements ayant ébranlé la société américaine, tels la guerre civile, Pearl Harbour, la guerre coréenne, le débarquement de Normandie, le marécage vietnamien, l’assassinat de Kennedy, de Martin Luther King et la communication aux Soviets des secrets de la bombe atomique.
Ainsi, l’orgueil américain a été atteint, de même que les symboles de la puissance financière et commerciale, alors que la philosophie libérale s’est brisée en un clin d’œil. Les masques recouvrant des organismes sécuritaires et de renseignements, dont le budget annuel approche de 30 milliards de dollars, sont tombés. Ces organismes disposent de réseaux intercontinentaux et de satellites. Ils coopèrent d’une manière partielle ou totale avec soixante-dix autres services sécuritaires dans le monde. C’est pourquoi Evgueni Primakov a dit, lorsqu’il dirigeait le F.S.B., héritier du K.G.B.: “Il existe sous chaque pierre un agent secret américain”.
En dépit de cette couverture s’étendant à tous les confins du globe, la “percée” a eu lieu ; elle a été terrible et a fait subir une cuisante défaite au cerveau stratégique américain. Aussi, les retombées de l’événement persistent-elles deux années plus tard, les succès réalisés par la suite, en Afghanistan ou en Irak, n’ayant pas réussi à l’éclipser ou à atténuer sa gravité. Cependant, l’Administration Bush a exploité le “Waterloo” américain pour alimenter la politique du bâton, tout en recherchant des boucs émissaires pour justifier sa négligence et ses erreurs, lançant ce que Geffrey Kemp appelle “la politique de vengeance illimitée”. Tel est le piège dans lequel elle est tombée, car au lieu d’étudier les causes ayant amené aux “séismes” de New York et de Washington, elle a eu recours à la diplomatie des “B52” et aux bombes à laser. De plus, elle a propagé une série “d’arguments fallacieux” pour justifier la guerre de l’hégémonie et du pétrole.
Ceci a mis dans l’embarras un homme comme Henri Kissinger que le président Bush a nommé à la tête d’une commission d’enquête sur les attentats du 11 septembre (27/11/2002) dont il a démissionné moins de trois semaines plus tard (16/12/2002). Il a publié dans le “Washington Post” deux jours avant sa démission, ce qui peut être considéré comme un rejet de la politique suivie par l’Administration après les attaques, sous le titre : “La vengeance n’est pas une riposte suffisante”.
L’Administration américaine a paru perplexe et allant à la dérive, malgré les apparences de confiance en elle-même. Elle a tenté de combler les brèches de la négligence à l’intérieur, en déclenchant la guerre contre l’Afghanistan et l’Irak, en plus d’une autre guerre contre certains Etats arabes et islamiques, l’Arabie saoudite en tête, partant du fait que quinze des dix-neuf suicidaires étaient saoudiens. Aussi, une campagne de diffamation a-t-elle été déclenchée contre Riyad, n’épargnant aucun responsable, ni prince, ni association de bienfaisance et éclaboussant, même, l’épouse de l’ambassadeur d’Arabie saoudite à Washington, le prince Bandar Ben Sultan. Depuis près d’un an, la cabale contre le royaume se perpétue, la revue “Time” ayant écrit sur sa couverture : “Avons-nous encore besoin des Saoudiens?” La revue “Commentary” a été plus arrogante en titrant : “Nos ennemis, les Saoudiens”, étant entendu que cette publication est une tribune du lobby juif américain. Puis, l’institution “Rand” a publié un rapport établi à la demande du “Conseil de la politique défensive” relevant du Pentagone. Il a été discuté le 10 juillet 2002 et a constitué un “bond qualitatif” dans la mobilisation de l’opinion américaine contre le royaume. Il était bourré d’erreurs et de déductions haineuses et hypocrites. Riyad a répliqué à ce rapport, montrant avec logique, vision claire et confiance, les erreurs de l’auteur dudit document, un juif français intimement lié au lobby sioniste d’Amérique. Les vérités avec lesquelles le royaume a affronté une campagne injuste, a entraîné la révocation de l’analyste français, auteur du rapport, “Rand” ayant été incapable de le couvrir, en dépit de tout le sang juif qui coule dans ses veines.
L’offensive américaine contre le royaume n’émane pas d’un centre de recherches ou d’une institution académique, mais de commissions du Congrès ayant enquêté sur les attentats du 11 septembre et établi un rapport de 850 pages sur l’événement, taxant d’impuissance les organismes de sécurité et de renseignements, pour n’avoir pas découvert le plan de sabotage et les objectifs d’“al-Qaëda”, ainsi que les intentions de Ben Laden qui n’a aucun jour caché sa détermination à causer du tort à l’Amérique, à ses ressortissants et à ses intérêts.
Fait surprenant : l’Administration Bush a accepté de publier la majeure partie du rapport du Congrès, sauf 28 pages traitant du prétendu rôle joué par le royaume dans le séisme du 11 septembre. Sur les instructions directes du président Bush, les pages non publiées ont été effacées à l’encre noire, sous prétexte de ne pas exposer la sécurité nationale américaine au péril, tout en camouflant les sources des renseignements. Riyad s’est empressé de rejeter cette hypocrisie et a dépêché le prince Saoud al-Fayçal, son ministre des Affaires étrangères à Washington, pour demander de diffuser la partie supprimée du rapport relative à l’Etat et au système saoudiens. Le royaume a affirmé qu’il n’y avait aucun fondement à de tels renseignements et, en conséquence, il importe de faire connaître les 28 pages non divulguées du rapport, afin de réfuter des accusations confuses et falsifiées. Malgré la logique des arguments avancés par Riyad, Bush, ses faucons, ses juifs et ses extrémistes, ont refusé la requête saoudite probablement pour porter atteinte au royaume, à son rôle, à son influence et à sa crédibilité.
Ce comportement américain suspect, nécessite les trois observations complémentaires suivantes :
1 - L’Arabie saoudite pâtit du terrorisme autant que l’Amérique elle-même. Elle s’est exposée à des agressions à Khobar, Riyad et ailleurs, avant la dernière attaque contre le complexe résidentiel. Il n’est pas possible qu’elle soit de connivence avec des parties menaçant sa stabilité et sa sécurité. Aussi, a-t-elle mobilisé de grandes forces pour les éradiquer.
2 - Les Etats-Unis supportent une grande responsabilité dans le raidissement des groupes fondamentalistes ou ce qu’on appelle les “Afghans” arabes et, parmi eux, les “Afghans” saoudiens. Car les camps d’entraînement de Jelal Abad, Khost et Kandahar, ont été aménagés à l’initiative et avec le financement américains. La CIA a parrainé Abdallah Azzam, père des “Afghans” arabes. Elle a menacé Rassoul Sayaf qui a soutenu Ben Laden et a rapproché “al-Qaëda” du “Jihad” égyptien sous le leadership de Ayman Zawahiry.
3 - Ce n’est pas un secret que les services principaux du Pentagone et des renseignements américains sont acquis au sionisme et au judaïsme. Après l’offensive contre l’Irak, les “faucons” estiment qu’il faut passer à la seconde étape, s’attaquer au monde arabe et islamique, en compromettant sa stabilité et en le rendant tributaire de la “Sublime Porte” américaine et, partant, de la porte tournante israélienne.
Mais rien n’indique que le royaume peut transiger sur ses constantes, même si cela ne plaît pas à certains membres du Congrès et aux nouveaux faucons de l’Administration US.

 

 

 
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