Liban
: quel équilibre après
les élections ?
L'intégralité
du débat avec CECILE
HENNION, envoyée spéciale
du "Monde"
au Liban, jeudi 23
juin 2005
Chat
modéré par CONSTANCE
BAUDRY et JUSTIN MEADE
*
Maxime : Lors de ces élections,
a-t-on voté pour les sunnites,
les chiites ou les chrétiens ?
Ou a-t-on voté réellement pour
un programme politique ?
Cécile
Hennion : Malheureusement,
les Libanais ont beaucoup voté
en fonction de leur communauté.
Malheureusement parce que ce n'était
pas prévu comme ça au départ.
Au départ, clairement, la
campagne avait été menée
selon un mot d'ordre pro ou
antisyrien. Mais plusieurs éléments
ont changé la donne. Premièrement,
et contrairement à l'avis de
beaucoup de politiques libanais,
c'est la vieille loi électorale
qui a été maintenue, une loi
élaborée en 2000 sous tutelle
syrienne, et qui privilégiait
les grands partis traditionnels
qui sont des partis
communautaires.
Deuxième
raison à ce vote confessionnel
: les chrétiens, au lieu de
voter pour les leaders de
l'opposition qu'on avait
beaucoup entendus lors des
grandes manifestations de mars,
ont préféré voter massivement
pour le général Aoun qui, lui,
s'était placé en dehors de
cette bataille anti et
prosyrienne. Ce qui fait qu'au
final le Parlement se retrouve
divisé en quatre blocs
nettement confessionnels :
chiite, sunnite, druze et chrétien.
Mais ce résultat a étonné
beaucoup d'observateurs. On peut
même dire qu'il les a déçus,
car les grandes manifestations
du mois de mars avaient été
pluriconfessionnels, et on espérait
que c'était un signe de
changement, au moins des
mentalités, et les élections
ont prouvé que cela n'a pas été
le cas.
* El :
Oui, mais cette fois-ci, et pour
la 1ère fois, il y a eu une
alliance confessionnelle (chrétiens/musulmans)
que les Libanais n'ont jamais
eue.
-
Oui,
c'est vrai. On a vu des
alliances tout à fait étonnantes,
notamment entre les druzes et
les chrétiens. Ces alliances
ont été mises en avant par ses
leaders pour montrer une
certaine avancée et une
certaine réconciliation. Mais,
au vu des résultats, on peut
penser que la masse des électeurs
n'a pas suivi cet appel des
leaders. Les leaders étaient
capables de faire ces alliances
mais, globalement, les électeurs
ne les ont pas suivis. C'est ce
qu'ont montré les résultats.
Lors de la bataille très serrée
qui avait lieu dans les
montagnes, notamment druzo-chrétienne,
très peu de leaders chrétiens
alliés au druzes ont été élus.
Ceux qui ont été élus étaient
justement sur les listes du général
Michel Aoun, dans une optique
qui n'était pas celle de la
multiconfessionnalité. Ce qui a
été analysé, notamment par la
presse libanaise, comme un signe
du sentiment chrétien d'avoir
été délaissé et d'avoir
perdu de son pouvoir dans les
années qui ont suivi la guerre
civile. Et le bon score de
Michel Aoun peut être analysé
comme une volonté de revenir
sur le devant de la scène en
tant que force chrétienne.
* Fadi
: Comment les communautés
peuvent-elles être si éloignées
aujourd'hui alors qu'elles ont vécu
dans le bonheur pendant des siècles
?
-
Ces
communautés n'ont jamais vécu
dans le bonheur pendant des siècles.
L'histoire du Liban est faite de
multiples guerres de toute
sorte. Ces derniers siècles ont
été ensanglantés par de
multiples guerres
confessionnelles, notamment
druzes et chrétiennes, par
exemple en 1860-1880. Cela s'est
poursuivi par de multiples
incidents et puis de nouveau une
énorme guerre qui a commencé
en 1975, avec des combats entre
forces chrétiennes et
musulmanes. Puis de nouveau
entre chrétiens et druzes, mais
également des guerres
inter-musulmanes, et même
inter-chiites, et enfin, des
guerres inter-chrétiennes qui
ont caractérisé la fin du
conflit à la fin des années
1980. C'est probablement parce
que les communautés libanaises
ont tant de mal à cohabiter que
les tensions communautaires
ressurgissent au moment de
crises politiques, comme c'est
le cas en ce moment.
*
Nouvier : Comment les Libanais
ont réagi à cette élection ?
- Le
soir de l'annonce de la victoire
officielle de l'opposition
antisyrienne, beaucoup de
manifestations de joie ont eu
lieu dans la capitale et
ailleurs. Par ailleurs, ils ont
eu peu de temps pour savourer
leur joie, car moins de 24
heures après cette annonce, un
nouvel assassinat ciblé d'un de
leurs chefs politiques, Georges
Haoui, ex-leader du Parti
communiste libanais, est venu
leur démontrer de façon
brutale que les problèmes
politiques ne prenaient pas fin
avec ces élections.
*
Julado365 : Georges Haoui,
farouche opposant au régime
syrien, a été tué dans un
attentat à la voiture piégée,
après l'assassinat de Rafic
Hariri et celui de l'éditorialiste
Samir Kassir. Le nouveau
Parlement se donnera-t-il les
moyens pour contrer les
assassins ?
- Le
problème dans ces assassinats,
c'est qu'ils visent justement à
paralyser les députés, les
leaders politiques qui
voudraient mettre fin à ces
assassinats. Par exemple,
aujourd'hui même, le leader
druze Walid Joumblatt a appelé
la communauté druze dont il est
le chef "à réagir
rationnellement" s'il
venait à être à son tour
assassiné, et de ne pas réagir
comme ils l'avaient fait en
1977, quand son père Kamal
Joumblatt avait été assassiné.
Cet assassinat avait à l'époque,
en 1977, été imputé déjà à
la Syrie. La communauté druze
avait réagi en massacrant
plusieurs dizaines de chrétiens.
Walid Joumblatt n'est pas le
seul aujourd'hui à craindre
pour sa vie, les leaders
politiques libanais, notamment
lorsqu'ils appartiennent à
l'opposition, se plaignent de
menaces et ont peur pour leur
vie. Le grand quotidien libanais
Al-Nahar a par exemple
titré en "une" hier
: "Qui sera le prochain
?" Cela donne une idée
de l'ambiance dans laquelle va
être formé ce premier
gouvernement libanais sans
tutelle syrienne depuis 30 ans.
On imagine que, dans un tel
climat, les réformes à
entreprendre seront particulièrement
difficiles à mettre en place.
Déstabilisation
*
Sonia : Concernant les
assassinats, il est clair qu'ils
sont en train de devenir un
outil politique puissant pour la
coalition Hariri qui veut
ultimement destituer le président
Lahoud. La coalition Hariri ne
peut accuser la Syrie à chaque
coup. Le Liban a toujours été
une plaque tournante pour les
services secrets dans la région.
Qu'en pensez-vous ?
- Cette
opinion exprimée par cette
internaute est une opinion très
courante dans les rues de
Beyrouth. Beaucoup de Libanais
estiment en effet que la Syrie,
soumise à de multiples
pressions, n'a pas intérêt à
venir assassiner des politiques
au Liban, sachant que cela
pourrait lui valoir des
sanctions de la communauté
internationale, voire pire. Les
Libanais, qui ont vu beaucoup
d'intrigues se produire sur leur
territoire, notamment pendant la
guerre civile de 1975 à 1990,
ont tendance - mais c'est récent
- à de nouveau accuser Israël
ou n'importe quel service étranger,
notamment américain. On peut
voir ce genre de réaction comme
un signe d'une déstabilisation
qui est en marche, où les gens
ne savent plus qui croire ni
comment faire pour s'en sortir.
Par ailleurs, les enquêteurs de
l'ONU présents au Liban suite
à l'assassinat de Rafic Hariri
et dont le mandat a été
prolongé pour enquêter sur les
morts de Samir Kassir et de
Georges Haoui ont mis en cause
de façon indirecte les services
libano-syriens. Les leaders
politiques libanais ont également
fait état d'une "liste
noire" contenant des
noms de personnalités
libanaises, politiques ou
religieuses, à abattre par la
Syrie. Et cela peu après
l'assassinat de Rafic Hariri. Il
reste vrai que, jusqu'à présent,
il n'existe pas de preuve
formelle de l'implication de l'Etat
syrien dans les derniers
attentats libanais.
* Fadi
: Les Syriens vont-ils vraiment
laisser le Liban prendre des décisions
de façon autonome ?
-
C'est
la question que tout le monde se
pose au Liban. Ce qu'on peut
dire, c'est qu'ils sont
intervenus dans la politique
libanaise pendant trente ans,
qu'ils avaient dans ce pays des
réseaux puissants, qu'il existe
des intérêts économiques
importants qui lient ces deux
pays, ainsi que des liens
familiaux et des liens
historiques. Le Liban en tant
qu'Etat n'existe finalement que
depuis 1920. Ce sont autant d'éléments
qui font penser que la Syrie
n'abandonnera pas facilement son
influence au Liban. Ce que les
Libanais cherchent à présent,
du moins l'opposition
antisyrienne comme on l'appelle,
ce sont des liens d'Etat à Etat
égaux, et non pas des liens de
vassal par rapport à la Syrie.
*
Abou_Nayla : Le Hezbollah et la
question de son désarmement
constituent-ils un des motifs de
l'actuelle tension
inter-communautaire ?
- La
question du désarmement du
Hezbollah est une question
majeure, un véritable défi
pour le nouveau gouvernement.
Pour le moment, il n'a pas
suscité de tensions, dans la
mesure où la majorité des
politiques libanais, mais aussi
d'une grande partie de la
population, considèrent le
Hezbollah comme un mouvement de
résistance à qui,
estiment-ils, ils doivent la libération
du sud de leur pays occupé par
Israël et libéré en 2000.
L'aura du Hezbollah dépasse
largement la communauté chiite,
et il semble pour le moment y
avoir un consensus pour régler
cette question du désarmement
de façon politique, par des négociations
au sein du Parlement.
*
Maxime : Qui est Michel Aoun ?
Le De Gaulle du Moyen-Orient ou
un militaire populiste et peu démocrate
?
- Michel
Aoun est un général à la
retraite qui fut commandant de
l'armée libanaise pendant la
guerre civile, qui mena une "guerre
de libération" contre
les forces syriennes. Ce fut une
bataille coûteuse en morts et
perdue un an plus tard, et qui
lui valut un exil de quatorze
ans en France. Pour beaucoup de
ses partisans, cette bataille
fait de lui un vrai champion de
la lutte contre les Syriens.
Certains l'ont accueilli en libérateur
le jour de son retour au Liban,
le 7 mai. Par ailleurs,
provoquant la surprise et
parfois le mécontentement, il a
mené une bataille électorale
en compagnie de personnalités
libanaises très proches de la
Syrie, dont deux anciens
ministres de l'intérieur. Il
fait valoir que le combat entre
prosyriens et antisyriens n'a
plus lieu d'être. Il veut désormais
lutter contre la corruption, un
thème très porteur au Liban, où
les profiteurs de la guerre et
de l'après-guerre n'ont jamais
été punis.Ce discours a été
critiqué par les leaders de
l'opposition comme étant un
discours populiste. Seule son
action au futur Parlement
permettra de trancher et de
connaître ses véritables
intentions. Toujours est-il
qu'il jouit d'une véritable
popularité, principalement dans
la communauté chrétienne, qui
se sent marginalisée, et pour
qui il représente, à tort ou
à raison, le seul espoir de
changement.
*
Tropcesttrop : Quel est le
profil de Saad Hariri ? Est-il
si inexpérimenté en politique
qu'on le dit ?
- Saad
Hariri n'a que 35 ans. Il a passé
la plus grande partie de sa vie
aux Etats-Unis et en Arabie
saoudite. C'est un homme
d'affaires expérimenté qui
avait de grosses responsabilités,
mais qui a découvert la
politique et, selon son propre
aveu, bien malgré lui, le jour
où son père a été assassiné.
Si l'on tient compte de son âge
et du peu de temps qu'il a passé
au Liban, c'est-à-dire quelques
mois, on peut en effet conclure
qu'il est inexpérimenté. Mais
il est entouré par tous les
anciens conseillers de son père
qui sont, eux, rompus à
l'exercice de la politique au
Liban.
17
communautés
*
Bazalte : Comment expliquer les
alliances électorales des uns
et des autres lors des législatives
?
-
Le
système électoral libanais est
très compliqué. Le nombre de
sièges du Parlement est réparti
selon les confessions de façon
stricte. Sans entrer dans les détails,
on dira par exemple que 64 sièges
reviennent aux musulmans, et 64
aux chrétiens. Mais chaque
petite communauté, qu'elle soit
chiite, druze, grecque
orthodoxe, dispose aussi d'un
nombre défini de sièges à
l'Assemblée. Ce système
confessionnel s'accompagne d'un
vote par liste. Chaque liste
doit elle-même contenir des
candidats de toutes ces
communautés. Il est presque
impossible de former ces listes
sans former des alliances,
parfois contre nature. Voilà
pourquoi on peut s'attendre à
voir changer toutes ces
alliances au sein du nouveau
Parlement.
*
Abou_Nayla : Au vu de certaines
alliances électorales, peut-on
encore parler d'
"opposition" et de
"loyalistes" ?
- Il
est vrai que les deux camps ont
formé des alliances avec le
camp adverse. Le général
Michel Aoun avec des prosyriens
notoires, mais aussi, par
exemple, Walid Joumblatt avec le
Hezbollah, un parti allié de
Damas. De ce point de vue-là,
la séparation qui prévalait
entre clans antisyrien et
prosyrien a presque disparu au
cours de ces élections. Tout dépendra
encore une fois des alliances
qui seront nouées dans le
nouveau Parlement. Toutes ces
alliances ont été expliquées
par les intéressés eux-mêmes
comme une obligation due au système
électoral. Si l'on s'en tient
aux résultats finaux,
l'opposition syrienne - et elle
continue à se définir comme
telle - a remporté la majorité
absolue au Parlement.
*
Abou_Nayla : Existe t-il des
chances selon vous de voir une
autre personnalité chiite que
Nabih Berri accéder à la présidence
de l'Assemblée nationale ?
- Nabih
Berri semble aujourd'hui être
le favori dans la course à sa
propre succession. Il existe
quelques autres personnalités
chiites mais qui ont du mal à
se faire entendre. Il y a, par
exemple, Hussein Husseini, qui
fut chef du Parlement pendant
presque toute la guerre civile,
aujourd'hui député à Baalbek,
qui jouit dans le pays d'un
grand respect, et qui a maintenu
durant toutes ces élections une
attitude modérée entre les
deux clans pro et antisyrien. Il
a confié au "Monde"
être candidat et bénéficier
de quelques soutiens. Il semble
néanmoins probable que Nabih
Berri récupérera son poste au
sein du futur Parlement. C'est
une question cruciale parce
qu'elle permettra de juger de la
volonté de changement du
Parlement. Nabih Berri étant
l'un des deux plus gros symboles
au Liban de la collaboration
avec l'Etat syrien.
*
Brice : Avec les changements démographiques
(c'est-à-dire la distribution
ethnique au sein de la
population et le poids que
chaque groupe représente au
Parlement), le modèle
confessionnel libanais peut-il
encore fonctionner ?
- C'est
une question extrêmement
sensible dans ce pays. Beaucoup
de Libanais estiment que ce système
confessionnel est à l'origine
de tous leurs maux. On voit ici
et là naître des initiatives
de la société civile pour y
remédier. Le problème est
tellement sensible qu'aucun
recensement officiel n'a eu lieu
depuis 1932. Il n'existe donc
aucun chiffre officiel du poids
démographique de l'une ou de
l'autre des 17 communautés.
Avant la guerre civile, le
Parlement libanais donnait
l'avantage à la communauté chrétienne.
En 1989, les accords de Taëf
ont essayé de rééquilibrer en
donnant la moitié du Parlement
aux chrétiens et la moitié aux
musulmans. On sait qu'à l'époque
les chrétiens étaient déjà démographiquement
minoritaires. Ils le sont sans
doute encore plus aujourd'hui.
Briser le système confessionnel
risquerait de refaire naître
les rivalités entre communautés,
ces mêmes rivalités qui
avaient provoqué la guerre en
1975. C'est pourquoi les
politiques libanais, quelle que
soit leur appartenance
religieuse, sont aussi frileux
à vouloir le changer
aujourd'hui. Cela demanderait
une maturité politique de la
part des électeurs et une réconciliation
civile dont beaucoup estiment
qu'elle n'a pas vraiment eu lieu
depuis la fin de la guerre.
C'est une question cruciale pour
l'avenir du pays.
*
Italco : Un Liban libre des
influences étrangères et
partisanes : une ambition
insurmontable ?
- Les
Libanais ont parfois le
sentiment d'être au centre du
monde. C'est une chose qu'ils
disent avec fierté, mais aussi
avec désespoir. D'un côté,
ils ont conscience de posséder
une histoire riche en cultures
et en civilisations, d'avoir une
position stratégique et
avantageuse entre l'Orient et
l'Occident. De l'autre côté,
ils ont l'impression que les
grandes batailles du
Moyen-Orient finissent toujours
par se jouer les armes à la
main sur leur territoire. Leur
destin est étroitement lié à
celui d'Israël et de la
Palestine. 300.000 réfugiés
palestiniens vivent au Liban
dans des camps. C'est un autre
gros problème. Leur destin est
également, comme on l'a vu, étroitement
lié à la Syrie. Tant que ces
pays autour n'auront pas réglé
leurs problèmes, il est à
craindre que le Liban continue
à faire l'objet de déstabilisation.
Voilà pourquoi un Liban indépendant
est une ambition, mais aussi un
grand rêve qui dépasse
largement ses frontières, et
qui peut-être ne dépend pas
que des Libanais.
Ya
benti ! Ma fille ! : Itinéraires
d'une jeune reporter en terres
d'Islam
par CECILE
HENNION, publié aux Editions
Anne Carrière (février 2005)
Présentation
de l'éditeur
Les
reporters fascinent mais qui
sont-ils vraiment : des idéalistes,
des aventuriers, des accros à
l'adrénaline ? Cécile
Hennion nous livre ici un témoignage
rare en retraçant son propre
parcours, de l'appel mystérieux
d'un Orient idéalisé par une
universitaire à la réalité
du terrain vécue par une
jeune journaliste. Entre
petite et grande histoire,
elle nous parle de l'envers du
décor, du trajet personnel
d'une jeune femme française
plongée dans un univers
souvent en guerre, peuplé
d'hommes et de groupes aux
noms inquiétants : Brigades
el-Aqsa et Hamas en Palestine,
Hezbollah libanais, Muhajiroun
londoniens, combattants
irakiens. Elle nous parle
aussi des aléas de son métier
: la solitude, la difficile
position de femme dans des
pays qui nient la féminité,
et l'émotion qu'il faut
contenir, mais qui prend à la
gorge et ne quitte plus la mémoire...
Et puis les amitiés
inattendues, les moments
insolites, l'humour du désespoir
et l'amour en point de fuite.
Fragments d'une vie de
voyages, galerie de portraits
inoubliables, ce livre est le
récit émouvant d'une jeune
femme qui s'interroge sur sa
passion, son métier et ce
qu'il a fait de sa vie.