La précipitation des événements
en février au
Proche-Orient, avec
l'assassinat de Rafic Hariri
au Liban, survenant juste après
le nouvel accord israélo-palestinien
de Charm el-Sheikh et entre
les visites de Condoleezza
Rice et George Bush en Europe,
ont donné lieu à de
nombreuses interviews dans la
presse francophone, dont nous
publions une partie parue en février par
ordre chronologique.
Hariri
ou le miracle libanais
Le
Liban a connu hier une journée
particulièrement intense en
émotions et en prières, les
communautés catholiques
commençant en ce Jeudi Saint
les célébrations de la
crucifixion du Christ en prélude
à la fête de Pâques, alors
que tout le peuple libanais se
recueillait pour le 40e de la
mort de l'ancien Premier
ministre Rafic Hariri. 40
jours au cours desquels Hariri
a fait un véritable miracle
au Liban, réussissant à réunifier
le peuple dans toutes ses
composantes et donnant la
force à la grande majorité
silencieuse de s'exprimer dans
les rues de Beyrouth : la
journée historique du 14 mars
sera ainsi suivie de celle du
13 avril, commémorant le 30e
anniversaire de la guerre du
Liban, au cours de laquelle
des milliers de Libanais résidant
à l'étranger, représentant
les 15 millions de Libanais de
l'émigration, sont attendus
pour renforcer la marche
finale pour la liberté.
A
Paris, en solidarité avec le
Liban libre, une manifestation
pour le 40ème de la mort de
Rafic Hariri aura lieu le
mardi 29 mars à 19h30, place
d'Iéna, à laquelle tous les
amis du Liban en France sont
conviés. Pour plus
d'informations, contactez le
courant du Futur et l'Amicale
des anciens étudiants de la
Fondation Hariri : Tél.
06.03.89.36.76 - E-mail : info@rafikhariri.net -
Site Web : www.rafikhariri.net .
Enfin,
le rapport de la commission
d’information de l’Onu sur
l’assassinat de Rafic Hariri
a été rendu public hier soir
par Kofi Annan. Ce texte au
ton acerbe est particulièrement
accablant pour les services de
sécurité libanais et
syriens. Il estime que
l’enquête libanaise souffre
de "négligences sérieuses
et systématiques",
impute à Damas la
responsabilité de la tension
qui a précédé le meurtre de
l’ancien Premier ministre et
conclut à la nécessité de
la formation d’une
commission d’enquête
internationale en bonne et due
forme.
Farid Abboud , pour une
application "graduelle
et prudente" de la 1559
par
IRENE MOSALLI, publié dans
l'Orient-le Jour le 10 février
2005
Les
ambassadeurs du Liban (Farid
Abboud) et de Syrie (Imad
Moustapha) ont abordé à
l’Institut James Baker de
l’Université de Rice
(Houston) l’actuel contexte
du processus de paix au
Proche-Orient. Tous deux ont
exprimé leur optimisme quant
à l’accord survenu entre le
leader palestinien Mahmoud
Abbas et le Premier ministre
Ariel Sharon concernant
l’arrêt de violence entre
les deux parties. Mais les
deux ambassadeurs ont souligné
que les trois mois à venir
allaient être critiques. M.
Abboud a néanmoins souligné
que c’était là "une
occasion à saisir", et
pour M. Moustapha, cette
initiative démontre "un
certain engagement". Et
tous deux restent sur leurs
gardes en attendant des résultats
plus tangibles. M. Moustapha
s’est dit choqué par cette
phrase prononcée par le président
Bush durant son discours sur
l’état de l’Union et qui
accuse la Syrie de tolérer
" des terroristes qui
cherchent à saboter toute
chance de paix dans la région".
Il a ajouté que ce
commentaire était fait à des
fins politiques et que la
Syrie avait fait plusieurs
gestes d’ouverture envers
Israël qui les a tous rejetés.
Pour ce qui est de la présence
militaire syrienne, il a fait
valoir que son pays était en
train de retirer ses troupes
dont il ne reste plus que
15.000 membres. De cette présence,
l’ambassadeur du Liban a dit
qu’elle constituait un
contentieux et qu’elle
serait probablement le point
central des élections législatives
libanaises qui se dérouleront
au printemps prochain.
Selon
lui, le pays expérimente un
important processus démocratique
accompagné d’une liberté
de presse et de débats.
Interrogé sur le rôle du
Hezbollah, il a répondu
qu’il faisait partie de la
vie politique du pays, qu’il
participe aux élections et
que, par conséquent, il ne
fallait pas le percevoir
uniquement sous un angle sécuritaire.
Pour M. Abboud, les différentes
clauses de la résolution 1559
doivent être appliquées
"graduellement et
prudemment". Il a également
réitéré la volonté du
Liban de voir le problème
palestinien traité dans le
cadre d’une solution régionale
globale. Quant au Syria
Accountability Act que le
Congrès a voté il y a deux
ans, M. Moustapha considère
qu’il s’agit là
"d’une législation
injustifiée... Nous ne sommes
pas l’ennemi des Etats-Unis...
Je ne pense pas que les
Etats-Unis aient besoin d’un
autre ennemi". Pour lui,
la Syrie a toujours la volonté
de dialoguer avec les
Etats-Unis et elle attend un
signal de ce côté-là.
Le
général Aoun va rentrer à
Beyrouth
par
JEAN-PIERRE PERRIN, publié
dans Libération le 11 février
2005
Même si la
police doit l'arrêter à son
arrivée, le général Michel
Aoun, qui vit en exil en
France, a annoncé hier son
intention de regagner bientôt
son pays. " Je
veux rentrer avant les élections
législatives (prévues
pour le printemps), d'une
façon classique ou non
classique", a-t-il déclaré
hier lors d'une conférence de
presse à Paris, se refusant
d'en dire plus. " Je
me présenterai avec les mains
tendues", a-t-il
ajouté, faisant écho aux récentes
déclarations du ministre de
la Justice, Adnane Addoum, qui
a fait savoir qu'il serait
alors arrêté : "Le général
Aoun a reconnu des faits qui,
selon la loi libanaise,
constituent un crime, à
savoir la fomentation de
troubles au Liban. S'il débarque
à l'aéroport, les services
de sécurité sont appelés à
exécuter le mandat d'arrêt
lancé contre lui."
L'officier rebelle a aussi
indiqué qu'il recevrait à
une date non encore fixée le
chef druze Walid Joumblatt,
qui incarne aujourd'hui
l'opposition légale à la
tutelle syrienne. Il a annoncé
son souhait de voir désarmé
le Hezbollah, plaidant pour
une séparation totale entre
les partis politiques et les
forces de sécurité.
Fneich : Le Hezbollah se
tient aux côtés de tout
projet de réforme
paru
dans l'Orient-le Jour le 14
février 2005
Dans une déclaration
qu’il a faite à Nabatiyé (Liban-sud)
à l’occasion de la commémoration
de la Achoura, M. Mohammed
Fneich, député du Hezbollah,
a indiqué que la formation à
laquelle il appartient se
tient aux côtés de tout
projet de réforme. "Si
un projet de réforme
authentique est établi et si
l’opposition tient réellement
à améliorer la situation
locale, notamment au niveau
des politiques économique et
sociale tout en appliquant
l’accord de Taëf, nous
serons parmi les premières
forces à soutenir cette
orientation réformiste",
a-t-il déclaré, affirmant
que le Hezbollah tend la main
à toute partie "sincère
dans son appel à la réforme".
"Le Hezbollah représente
une ligne politique à part.
Nous ne sommes pas avec les
loyalistes qui veulent
maintenir leur style
d’action erroné et leurs
politiques stériles qui
favorisent la corruption. Nous
ne sommes pas non plus avec
l’opposition qui veut entraîner
le pays dans une nouvelle
aventure, que ce soit ou non
à travers des paris sur des
projets externes", a
ajouté le parlementaire.
Le désarmement du
Hezbollah est une question
qui ne se pose pas, affirme
Kassem
Naïm Kassem, le n° 2 du
Hezbollah, a estimé samedi
que le désarmement du parti
de Dieu tel que stipulé par
la résolution 1559 de
l’Onu est une question qui
ne se pose pas, "ni
aujourd’hui ni dans
l’avenir". Interrogé
par l’agence Reuters, il a
précisé que ce désarmement
"n’est pas négociable",
soulignant que les armes de
son mouvement sont celles de
la Résistance, celles qui
"ont libéré le Sud et
qui œuvrent pour la libération
des fermes de Chebaa" ;
des armes qui ont été
"adoptées par le
peuple libanais". Naïm
Kassem a en outre tenu à réaffirmer
que la résolution 1559
constitue "une ingérence
flagrante dans les affaires
libanaises" et
qu’elle vise à concrétiser
la victoire "d’une
partie des Libanais contre
les autres". Pour sa
part, le chef du bloc
parlementaire du Hezbollah,
le député Mohammed Raad,
s’est exprimé hier dans
le cadre des dix jours de
deuil de la Achoura pour
affirmer que le parti de
Dieu est prêt à se
consacrer à « la chute de
l’entité sioniste dans la
région ».
Enfin, et selon la radio
publique israélienne citée
samedi par l’AFP, le
ministre israélien des
Affaires étrangères,
Sylvan Shalom, se serait
rendu hier à Londres puis
à Paris pour demander aux
deux capitales leur soutien
à une proposition de l’Etat
hébreu visant à convaincre
l’Union européenne
d’inscrire le Hezbollah
sur la liste des
organisations terroristes.
Aucune confirmation
officielle sur ce voyage
n’a pu être obtenue auprès
du ministère israélien des
AE, précise l’AFP.
Rappelons que le quotidien
israélien Haaretz avait
rapporté jeudi que
l’ambassadeur d’Israël
auprès de l’Union européenne,
Oded Eran, avait présenté
une demande formelle en ce
sens à Bruxelles.
Pharaon
: Le Liban et Beyrouth ont
basculé dans l’opposition
Le Liban a plus que jamais
besoin d’une surveillance
internationale, dit le député
de la capitale
par
ZIYAD MAKHOUL, publié dans
l'Orient-le Jour le 17 février
2005
Michel
Pharaon était l’allié de
poids de Rafic Hariri,
"un homme avec lequel
je me retrouvais dans la tolérance,
la diversité des cultures,
le respect des équilibres
et des spécificités
nationales, l’avenir économique
du Liban...", dit
d’emblée le député de
Beyrouth. Qui a-t-on voulu
tuer ? "Rafic Hariri était
le pivot central de l’Etat
de droit et de la démocratie
au Liban ; il s’est
toujours battu avec, comme
seules armes, l’ouverture
et le dialogue, la volonté
d’être un trait d’union
entre tous les Libanais,
mais aussi aux niveaux régional
et international." Son
assassinat signifie
clairement qu’il était
dans l’opposition ? "
C’est sûr, mais il ne
s’en réclamait pas pour
ne pas rajouter à la
division du pays, il voulait
maintenir le dialogue, à
l’heure où pratiquement
tous les ponts étaient coupés."
L’accusation lancée au
cours de la rencontre de
l'opposition à Koraytem
lundi soir était on ne peut
plus claire. "Rafic
Hariri était sous la
protection des forces de sécurité
et des forces de facto. Mais
il y a eu l’attentat
contre Marwan Hamadé, sans
oublier que les autorités
avaient décidé de réduire
la sécurité officielle
autour du président défunt
au lieu de la renforcer...
Il est dans l’intérêt du
gouvernement de demander une
enquête internationale, ou
la présence
d’observateurs
internationaux qui
garantiraient une
transparence maximale",
estime Michel Pharaon,
ajoutant qu’une prise de
position claire de la part
du cabinet Karamé "
pourrait constituer le
premier pas vers l’arrêt
de l’escalade". Le
pouvoir " ne se rend
pas compte que l’union
nationale s’est faite
(hier) dans la rue alors que
le gouvernement, dont la légitimité
populaire a été plus qu’ébranlée,
était dans ses
bureaux", a-t-il asséné.
La
rue sunnite a réagi très
vivement hier du Nord au
Sud. "Aujourd’hui,
l’impatience s’est
transformée en de
l’indignation et de la colère
contre le gouvernement. Et
cela ne s’arrêtera que si
l’enquête se fait dans la
transparence la plus totale,
que s’il y a des élections
libres et démocratiques, un
gouvernement d’union
nationale, le retrait des
forces syriennes et l’établissement
d’une relation saine, basée
sur le respect, entre le
Liban et la Syrie."
Demandez-vous vous aussi une
protection internationale,
une assistance à pays en
danger ? "Le Liban est
au cœur de la tourmente,
bien plus qu’il ne l’a
été depuis plusieurs mois.
Il a plus que jamais besoin
d’une surveillance
internationale et de négociations
pour aboutir à des résultats
concrets, pour que
l’application de la 1559
se fasse dans le respect des
intérêts du Liban et de la
Syrie, que ce soit par
rapport à leur lutte contre
Israël, par rapport au
processus de paix régional
ou par rapport à la Résistance
libanaise", a dit
Michel Pharaon. Les élections
auront-elles lieu ? "Il
est nécessaire que la
communauté internationale
intervienne, que le
processus d’adoption du
projet de loi électorale
continue ; ces élections
doivent avoir lieu, c’est
une échéance
constitutionnelle. Il est nécessaire
aussi que l’action commune
entamée avec l’opposition
plurielle dans toutes les régions
du Liban aille jusqu’au
bout par la formation de
listes communes. Le Liban et
Beyrouth ont basculé dans
l’opposition, et l’
“institution” Hariri ne
cessera jamais de peser de
tout son poids sur
l’ensemble du Liban",
a conclu le député de
Beyrouth.
L'accusé
de Damas
par
RICHARD
WERLY, publié dans le Temps
le 17 février 2005
Les faucons
du Pentagone ne pouvaient rêver
meilleure conjoncture : dans
la ligne de mire de la
communauté internationale après
l'attentat qui a coûté la
vie, lundi, à l'ex-premier
ministre libanais Rafic
Hariri, la Syrie leur semble
soudain offerte sur un
plateau. Voici donc, pour ses
accusateurs, le régime de
Damas pris à nouveau la main
dans le sac du terrorisme, et
soupçonné de recourir à la
pire des violences pour
maintenir sa tutelle sur sa
proie libanaise, mise sous séquestre
économique. Un régime
"irrécupérable"
dont la seule parade
officielle, par la voie du
premier ministre syrien
Mohammad Naji Otri, a consisté
mercredi à proposer à l'Iran
de constituer un "front
uni", c'est-à-dire, vu
des Etats-Unis, une sorte de
mini - "Axe du mal".
Quels qu'ils soient, les
hommes qui ont fait sauter le
convoi de Rafic Hariri ont du
même coup allumé des
projecteurs que Bachar
el-Assad, le président
syrien, aura le plus grand mal
à faire éteindre.
Responsable ou pas, coupable
ou non, l'homme fort de Damas
est un accusé qui arrange
tout le monde: les Libanais épris
d'indépendance, les Américains
désireux de démocratiser au
forceps le Moyen-Orient, les
Européens déçus par ses
promesses de modernisation non
tenues, les Israéliens lassés
de son double langage et les régimes
arabes voisins, inquiets de
son pouvoir de déstabilisation.
Cet acte
d'accusation n'a rien d'indécent.
L'implication de la Syrie au
Liban est tout sauf menée
dans le strict intérêt des
Libanais. La présence à
Damas d'ex-responsables
baassistes irakiens, grands
argentiers de l'insurrection
sunnite, du groupe terroriste
de Al-Zarqaoui et donc
artisans du bourbier actuel,
est aussi crédible. Le problème
qu'il pose est en revanche
celui de la cible : Bachar
el-Assad est-il un autre
Saddam Hussein, seul maître
à bord de son pays? A l'évidence,
non. La Syrie, coupable idéal,
peut-elle être militairement
remise sur le droit chemin ?
On peut en douter. On n'éradique
pas comme ça un pouvoir à
plusieurs têtes, dont les
services sont voués au culte
du secret et ont, depuis des décennies,
partie liée avec les
mouvements clandestins de
lutte armée. D'autant que
l'intervention en Irak a montré
les limites des stratèges de
Washington. Restent donc les
pressions. Elles vont à coup
sûr décupler. Le régime
syrien, avec à sa tête la
secte religieuse des Alaouites
qui représentent moins de 10%
de la population, se considère
déjà sans doute en état de
siège. Va-t-il, pour tenter
de desserrer l'étau, jouer
l'ouverture ? Ou au contraire
se murer et vociférer à la
manière de la Corée du Nord,
en purgeant au passage ses éléments
modérés ? Les deux options
imposent au procureur américain
et à ses alliés de se déterminer
vite, très vite, sur une
stratégie à adopter. Car à
Damas, les procès sont
souvent expéditifs.
Washington pour une
enquête "crédible"
et le retrait immédiat de
la Syrie
William Burns rencontre le
patriarche Sfeir et Walid
Joumblatt ; Scobey exprime
à Chareh son « indignation
» avant de quitter Damas
paru
dans l'Orient-le Jour le 17
février 2005
Les
Etats-Unis affirment ne pas être
en mesure de désigner nommément
le responsable de l’attentat
qui a coûté la vie à Rafic
Hariri et réclament une enquête
"impartiale et crédible"
sur cette affaire. Cela ne les
empêche pourtant pas
d’exprimer officiellement à
l’adresse des dirigeants
syriens leur profonde
"indignation" à la
suite de cet "acte
terroriste" et
d’appeler Damas à retirer
immédiatement ses troupes du
Liban. A Beyrouth d’abord,
le secrétaire d’Etat
adjoint pour le Proche-Orient,
Williams Burns, venu
participer aux funérailles de
Hariri, a souligné à
plusieurs reprises hier que la
mort brutale de l’ancien
Premier ministre "devrait
renforcer l’élan pour un
Liban libre, indépendant et
souverain. Cela veut dire une
application immédiate de la résolution
1559", a-t-il clairement
annoncé. A Damas
ensuite, l’ambassadrice US,
Margaret Scobey, a fait part
au chef de la diplomatie
syrienne, Farouk el-Chareh, de
"la profonde inquiétude
et de la profonde indignation
des Etats-Unis après cet acte
de terrorisme", et lui a
transmis un message de son
homologue américaine,
Condoleezza Rice. Celle-ci, de
Washington, s’est refusée
à donner une date pour le
retour à son poste de Mme
Scobey. "Au cours de mon
entrevue en cette triste journée
avec le ministre des Affaires
étrangères, j’ai à
nouveau insisté sur la
condamnation par les
Etats-Unis de l’assassinat
de l’ancien chef du
gouvernement, Rafic Hariri.
J’en profite pour présenter
une nouvelle fois mes condoléances
à la famille de Hariri et à
celles des autres victimes
innocentes qui ont péri du
fait de cet acte terroriste
barbare", a commencé par
dire William Burns au palais
Bustros.
"Les
Etats-Unis se joignent à
l’ensemble de la communauté
internationale pour réclamer
que des investigations
impartiales et crédibles
conduisent les responsables de
cet acte barbare devant la
justice. Pour notre part, nous
insistons sur l’urgence de
cette démarche en raison de
l’importance de
l’enjeu", a-t-il
poursuivi. Pour le diplomate
US, Rafic Hariri était
"un homme d’Etat dans
tous les sens du terme et était
profondément engagé en
faveur de l’indépendance,
de la souveraineté et de la
liberté du Liban".
" Il avait beaucoup
d’amis aux Etats-Unis et les
Américains se joignent en ce
jour au peuple libanais pour
partager avec lui sa profonde
peine et sa colère face à
cette perte", a-t-il déclaré.
"La mort de Rafic Hariri
devrait renforcer l’élan en
vue d’un Liban indépendant,
souverain et libre. Cela
signifie l’application immédiate
et totale de la résolution
1559 du Conseil de sécurité
et, par voie de conséquence,
la mise en œuvre totale et
immédiate du retrait par la
Syrie de toutes ses forces du
Liban", a ensuite martelé
le sous-secrétaire d’Etat
adjoint, assurant que
"c’est avec un soin
extrême que la communauté
internationale suivra les préparatifs
des élections législatives
du printemps prochain. Il faut
que l’on permette au peuple
libanais d’exprimer par
lui-même ses choix politiques
et que le scrutin se déroule
sans ingérence étrangère",
a-t-il dit. William Burns en a
également profité pour
insister sur l’application
de la résolution 1566 du
Conseil de sécurité
(relative au terrorisme) et
sur "la détermination de
la communauté internationale
à œuvrer avec tous les Etats
et gouvernements du monde en
vue d’une coopération
totale dans la lutte contre le
terrorisme".
A Bkerké
Sur le perron du
patriarcat maronite, et à
l’issue d’un entretien
avec le patriarche Sfeir,
auquel assistait
l’ambassadeur US Jeffrey
Feltman, William Burns a réaffirmé
son attachement à une enquête
sérieuse, à l’application
de la 1559 et à des législatives
libres et justes. Rappelant
que Rafic Hariri avait œuvré
pour que le Liban redevienne
libre, indépendant et
souverain. "Je ne sais
pas qui est responsable de cet
odieux acte terroriste",
a-t-il répondu, interrogé
par les journalistes présents
à Bkerké et qui ont enchaîné
avec une question relative à
d’éventuelles sanctions
contre la Syrie. "Nous
avons convoqué
l’ambassadrice des
Etats-Unis à Damas pour
consultations et cela donne
une image du comportement de
la Syrie et de la difficulté
des relations que nous avons
avec elle. Vous savez que le
Syria Accountability Act, que
le président Bush a commencé
à appliquer, comporte
plusieurs dispositions et il
est certain que cela va être
l’objet de consultations à
Washington", a-t-il
indiqué. "J’ai une
profonde foi dans les capacités
du peuple libanais de prendre
en charge ses propres affaires
politiques et de participer
aux législatives, de manière
à ce que celles-ci soient une
source de fierté pour le
Liban. Je crois aussi dans la
capacité des Libanais à édifier
un avenir économique qui
serait le fruit des efforts déployés
par Rafic Hariri. Cela exigera
beaucoup d’aide de la part
des amis du Liban", a
reconnu William Burns.
A Koraytem puis à dîner
avec Joumblatt
Rappelons que la visite de M.
Burns à Beyrouth pour les obsèques
de Rafic Hariri intervient au
lendemain du rappel à
Washington de l’ambassadrice
américaine en poste à Damas,
Margaret Scobey. Mme Scobey a
quitté hier Damas pour
Washington où elle a été
rappelée pour des
"consultations urgentes
après le meurtre brutal"
de l’ancien Premier
ministre, a indiqué le département
d’Etat américain.
"Elle est partie et est
en route pour
Washington", a dit un
responsable du ministère américain
des Affaires étrangères sous
couvert d’anonymat. Mme
Scobey a rencontré avant son
départ le ministre syrien des
Affaires étrangères, Farouk
el-Chareh, "à qui elle a
réaffirmé notre
position", a-t-il ajouté.
Elle a exprimé la
"profonde inquiétude et
la profonde indignation"
des Etats-Unis après cet
"acte de terrorisme"
que constitue l’attentat
contre Hariri, selon le département
d’Etat.
Pour
sa part, la secrétaire d’Etat
Condoleezza Rice a indiqué
hier devant la commission des
Affaires étrangères du Sénat
américain qu’aucune date
n’était fixée pour un
retour de Mme Scobey à Damas.
"Ce n’était pas déterminé
à ce stade", a-t-elle précisé,
laissant entendre que ce
retour pourrait être lié à
l’adoption par la Syrie
d’une attitude plus
conciliante à l’égard des
Etats-Unis, et insistant
notamment sur la nécessité
pour Damas de faire cesser
tout soutien dont
l’insurrection irakienne bénéficierait
sur son sol. "Nous allons
faire savoir qu’il y a des
pas que nous voudrions voir
faits" par le régime du
président syrien Bachar
el-Assad. "Nous devons
voir avec quel sérieux les
Syriens prennent ce
signal", a ajouté
Condoleezza Rice, réaffirmant
que Washington n’accusait
pas directement le pouvoir
syrien d’être l’auteur de
l’assassinat de Rafic
Hariri, mais soulignant que la
présence militaire syrienne
et le soutien de Damas à des
organisations extrémistes créaient
"un environnement déstabilisant"
au Liban. Mme Rice a indiqué
que les Etats-Unis allaient
continuer de travailler à
l’Onu sur la question
libanaise, et en particulier
avec la France, soulignant
qu’elle s’était
entretenue au téléphone avec
son homologue français,
Michel Barnier, après
l’assassinat de Rafic
Hariri. Pour en revenir à M.
Burns, il convient
d’indiquer qu’il a
rencontré à dîner, hier
soir, le leader du PSP, Walid
Joumblatt.
Un
partenariat pour agir, par
Javier Solana
Haut
Représentant de l'Union européenne
pour la politique étrangère
et de sécurité commune
publié
dans le Figaro le 21 février
2005
Je
vois une double signification
dans la visite du président
Bush demain à Bruxelles : la
reconnaissance par l'Amérique
de la valeur ajoutée de
l'Union européenne dans la
construction d'un monde
meilleur ; le souhait légitime
de l'Amérique d'investir
davantage dans le partenariat
avec l'Union européenne. Dès
lors, rien de plus normal pour
les Européens que de saisir
cette opportunité et finir de
convaincre les derniers
sceptiques qu'une Europe unie
et plus forte constitue le
meilleur autre partenaire
global avec lequel les
Etats-Unis peuvent travailler.
Des différences d'approche
peuvent subsister entre les
deux rives de l'Atlantique.
Mais vouloir toutes les abolir
serait vain, voire dangereux.
Le socle de notre relation
reste suffisamment profond et
solide pour vivre avec ces
différences. Comme par le
passé, nous savons pouvoir
compter sur la confiance et le
sens du compromis de l'autre.
Mais pour demain, il nous faut
apprendre à moins parler de
nous-mêmes et à plus
travailler ensemble aux problèmes
du monde.
Ce
travail est déjà engagé.
Les résultats, trop peu mis
en valeur, de notre action
commune dans la lutte contre
le terrorisme en attestent :
accords sur l'extradition et
l'assistance juridique
mutuelle, accords entre
Europol et les agences américaines
compétentes, établissement
de mécanisme de consultation
sur la sécurité des frontières
et des transports. Les priorités
futures sont d'ores et déjà
fixées : renforcement de la
lutte contre le financement du
terrorisme, le recrutement et
l'assistance par des Etats
tiers.Récemment et de manière
plus visible, Européens et Américains
ont aussi oeuvré ensemble au
succès des élections en
Irak. Dans ce dernier pays, la
poursuite et
l'approfondissement de
l'engagement des Européens
sera d'autant plus décisif
qu'il se fera au travers de
l'Union européenne, dans le
cadre du processus fixé par
la résolution 1546 du Conseil
de Sécurité des Nations
unies. Ensemble avec les
Etats-Unis, l'Europe veut et
peut aider au succès des
prochaines étapes attendues
du processus politique irakien
: dans une logique de développement
d'un Etat de droit, la
contribution européenne à la
rédaction de la future
Constitution irakienne, à
l'installation d'institutions
politiques et administratives
solides ou encore à la
formation d'un large nombre de
juges et de policiers
irakiens, sera déterminante.
Dans
d'autres régions du monde,
les vertus d'un partenariat
transatlantique équilibré et
déterminé à réussir ont également
fait leur preuve. En
Afghanistan ou dans les
Balkans par exemple : dans le
cadre d'une vraie stratégie
conjointe, l'Union européenne
vient ainsi, avec le soutien
constant des Etats-Unis, de
prendre la relève de l'opération
de l'Otan en Bosnie pour
assumer le commandement d'une
force militaire de pas moins
de 7.000 hommes. Le travail
qui reste à accomplir pour définitivement
stabiliser cette région, et
en particulier la
Serbie-et-Monténégro et le
Kosovo, exige que nous y
maintenions ce même esprit de
partenariat efficient.
L'enseignement est désormais
clair pour chacun : en
travaillant dans la même
direction, les Etats-Unis et
l'Europe sont capables des
meilleures réalisations. La tâche
qui nous attend ici et
maintenant est de définir une
base d'action commune pour
relever le plus grand nombre
possible de défis, y compris
les plus difficiles. J'en
mentionnerai deux pour
lesquels l'action concertée
peut faire toute la différence.
Le
premier de ces défis est
l'Iran. Ensemble, Américains
et Européens, nous souhaitons
un Iran qui soit un pays démocratique,
gouverné de manière
responsable par des dirigeants
prêts à s'intégrer à la
communauté internationale et
à en assumer les règles.
Ensemble, nous considérons
qu'un Iran disposant de l'arme
nucléaire n'est pas une
option. Nous, Européens,
estimons que la meilleure voie
pour écarter cette option
passe par la négociation,
l'engagement politique et
l'ouverture du pays. En rien
cela signifie une quelconque
naïveté. L'Europe a
d'ailleurs clairement fait
savoir qu'une telle voie
exigeait des garanties
objectives de la part de
l'Iran. L'Union européenne
est fermement déterminée à
rechercher une solution
diplomatique à la situation
actuelle. Nos efforts ont déjà
commencé à porter : l'Iran a
suspendu ses activités
d'enrichissement tandis que
les discussions se poursuivent
pour consolider un accord
global. Mais les Etats-Unis
ont un rôle à jouer. Une
approche concertée selon
cette ligne ne ferait que
maximiser les chances de succès
et garantir la viabilité d'un
résultat.
La
seconde priorité immédiate
concerne le processus de paix
au Proche-Orient. Ensemble, Américains
et Européens, nous sommes décidés
à mettre à profit la fenêtre
d'opportunités nouvelles qui
s'ouvre. La récente élection
présidentielle de Mahmoud
Abbas a frappé par la dignité
et l'espoir manifesté alors
par le peuple de Palestine. Il
faut aussi miser sur la
nouvelle équipe israélienne.
Ainsi que sur le cessez-le-feu
formel mis aujourd'hui en
place. L'espoir enfin d'une
paix durable dans cette région
du monde mérite qu'on lui
sacrifie tous les efforts.
Ensemble, les responsables
palestiniens et israéliens
doivent assumer de prendre des
décisions courageuses pour
leur peuple. Mais là encore,
nul ne peut masquer les
difficultés qui subsistent.
Le désengagement israélien
de Gaza reste un lourd défi.
Ensemble, Israéliens,
Palestiniens, Européens, Américains
ainsi que les voisins arabes,
nous devons partager le même
intérêt au succès de cette
opération. L'effort devra se
porter sur le volet sécuritaire,
mais aussi sur celui économique
et social pour enrayer la
catastrophe humaine qui menace
de laisser les Territoires
palestiniens aux mains des
seuls extrémistes.
Au-delà,
en travaillant au succès du désengagement
de Gaza, il nous faudra
renouer avec la mise en oeuvre
de la "feuille de
route". Il est nécessaire
de redonner une perspective
politique aux deux parties. A
Israël : celle de la paix, de
la sécurité et de sa
reconnaissance par tous les
autres pays de la région. Aux
Palestiniens : celle d'un Etat
viable et indépendant qui
permette de rompre définitivement
avec une occupation entamée
en 1967. Bien sûr, d'autres
questions figurent à l'ordre
du jour de l'agenda
transatlantique. La Syrie et
le Liban, l'Afghanistan, la
Chine, la Russie, l'Ukraine,
le réchauffement de la planète
et le protocole de Kyoto, la réforme
des Nations unies, le traité
de non-prolifération, le
cycle commercial de Doha :
autant de questions qui
exigent des Américains et des
Européens de bâtir une
approche commune et de
consolider un vrai partenariat
pour agir. Demain, nous en
avons l'opportunité.
Espoir
de paix au Moyen-Orient, par
le roi Abdallah II de Jordanie
publié dans le Monde du
23 février 2005
Le
mois dernier, je suis allé à
Charm el-Cheikh pour assister
au sommet durant lequel le président
palestinien Abbas et le
premier ministre Sharon ont
promis de réactiver le
processus de paix au
Moyen-Orient. Peu après, j'ai
téléphoné afin de finaliser
l'organisation de ma rencontre
avec le président Chirac, à
Paris. Mon appel montre ma
reconnaissance du rôle de
leader de la France dans la
construction d'un avenir
positif pour ma région et
pour toute l'humanité, un
avenir plein d'espoir de paix
et de liberté. A Charm
el-Cheikh, le monde a pu
observer un engagement sincère.
Mais l'histoire démontre que
les mots ne peuvent être
qu'un début. Aujourd'hui et
dans les jours à venir, les
espoirs de paix doivent être
concrétisés et, pour cela,
il faudra du courage, des
compromis et beaucoup de
travail. Les amis de la paix
ont un besoin urgent du
soutien de la communauté
internationale et aucune
nation n'a plus d'influence
dans cette cause que la
France, de par son rôle
historique, son équité et
son profond respect envers les
autres nations.
Le
soutien total pour la paix est
plus qu'une obligation morale.
Le conflit arabo-israélien
demeure la crise centrale de
la région, qui est à
l'origine d'immenses
souffrances, de destructions,
et entrave le développement régional.
Ce conflit a également eu un
impact général explosif en
aidant les terroristes et les
extrémistes à créer des
tensions culturelles et
religieuses à travers le
monde. La paix est par conséquent
une cause universelle.
Actuellement, et avec le
soutien français, il existe
une "feuille de
route" qui reflète les
initiatives réussies de paix
réalisées par les nations
arabes au sommet de Beyrouth
en 2002, initiatives approuvées
par les membres du Quartet
(l'Europe, la Russie, l'ONU,
les Etats-Unis) et le G8 des
nations industrialisées. La
"feuille de route"
apporte la solution de deux
Etats, seul moyen d'une paix
durable : une Palestine
souveraine, démocratique et
viable ; des garanties de sécurité
pour Israël ; et un processus
qui amène à un accord global
s'adressant à la Syrie et au
Liban. La "feuille de
route" assure la justice
et la sécurité en réunissant
la région entière, du Maroc
au Yémen, dans un processus
de guérison apportant réconciliation
et espoir.
Nous
devons maintenant travailler
ensemble pour être à la
hauteur de cette promesse. La
France a un rôle de leader à
jouer en Europe et dans le
monde, pour s'assurer que le
processus de paix soit repris
efficacement, ainsi que pour
soutenir les efforts du président
Abbas et de son gouvernement
à créer les institutions nécessaires
à la paix, à la sécurité
et au développement. Dans
cette perspective, une
occasion importante se présentera
à la conférence de Londres
au mois de mars, qui
organisera l'assistance
internationale pour soutenir
les efforts palestiniens dans
la construction des
institutions démocratiques et
débattra également du
soutien économique public et
privé nécessaire pour
apporter aux Palestiniens un
nouvel avenir rempli d'espoir.
En anticipant cette réunion,
ainsi que celle de la Ligue
arabe à Alger, je me réjouis
d'un dialogue étroit et
ininterrompu avec le président
Chirac.
Le
processus de paix arabo-israélien
n'est sûrement qu'un champ
d'action où notre partenariat
est requis d'urgence. La
Jordanie et la France
partagent un intérêt commun
pour l'avenir libanais dans le
soutien de la paix et de la démocratie.
Nous travaillons aussi
ensemble pour aider l'Irak à
organiser la sécurité, la
normalisation et la
reconstruction du pays. Le
succès des récentes élections
irakiennes a été un pas en
avant important, mais nous
devons encourager la
participation du peuple
irakien dans la rédaction de
la Constitution et aux élections
qui auront lieu à la fin de
cette année. La Jordanie est
aussi déterminée à soutenir
la France dans ses propres intérêts.
Nous avons été fiers d'avoir
joué un rôle dans la libération
des otages français, l'année
dernière, et nous faisons
encore tout ce qui est en
notre pouvoir pour faire de même
pour la journaliste française
actuellement retenue captive.
La
volonté de cesser le conflit
dans notre région doit être
accompagnée parallèlement
d'engagements pour créer un développement
durable, en donnant une chance
à un avenir de paix pour ceux
qui en sont actuellement dépossédés.
Aujourd'hui, notre peuple,
surtout les jeunes, a un
besoin désespéré d'accéder
à la liberté, à la prospérité
et aux progrès du XXIe siècle.
Pour réaliser cela, le monde
arabe s'accorde sur la nécessité
d'une réforme : une
gouvernance réactive et
transparente, des systèmes éducatifs
dédiés à l'excellence, des
avancées tangibles dans le développement
humain et un secteur privé
rigoureux, pouvant contribuer
à créer de l'innovation et
de la croissance économique.
La Jordanie s'est déjà engagée
dans cette perspective ; notre
pays a effectué des
changements structurels afin
de construire une vie
politique démocratique et
pour enraciner les droits de
l'homme et l'accès à toutes
les possibilités à tous les
niveaux de la société. Dans
l'économie, nous avons
encouragé l'innovation et le
partenariat avec le secteur
privé. L'investissement français
a joué un rôle important et
apprécié. La Jordanie a eu
l'honneur d'être le premier
pays du Machrek à signer un
accord d'association avec
l'Union européenne, et nous
travaillons en étroite
collaboration avec la France
et d'autres pays européens à
travers le processus de
Barcelone.
La
vision de mon pays est celle
d'une société ouverte et
moderne basée sur les valeurs
authentiques arabo-islamiques
: la paix, la dignité égale
pour tous, le règne de la loi
et la poursuite de
l'excellence. Nous croyons
fortement à la tolérance et
au respect des autres. En
novembre 2004, la Jordanie a délivré
le message d'Amman pour tous
les musulmans et pour d'autres
à travers le monde, affirmant
le véritable islam ; celui de
la paix, de la modération et
du progrès. Nous croyons que
le modèle local de la
Jordanie est pertinent pour la
région entière, dans la création
du développement, dans le
combat contre l'extrémisme,
et pour apporter un nouvel
espoir. L'initiative
"Vision 2010 du monde
arabe", qui sera lancée
au Forum international économique
de la mer Morte, en Jordanie,
en mai, accueillera des chefs
d'entreprises privées et de
la société civile de tout le
monde arabe afin d'organiser
un plan d'action régionale
efficace.
Nous
sommes reconnaissants à la
France d'avoir pris une
position forte dans le respect
du propre processus de réforme
de notre région et encouragé
son soutien. Le président
Chirac a également joué un rôle
de leader important en
abordant la question du
financement inadéquat du développement.
De tels efforts favorisent la
mise en place d'un cadre
international en vue
d'augmenter le financement du
développement pour les pays démontrant
une forte volonté de
progresser et motivés par un
changement positif. Je suis
fier de prendre part au
dialogue continu entre la
France et la Jordanie. Depuis
l'époque de Sa Majesté le
feu roi Hussein, nous avons établi
un partenariat fort, qui se
poursuit aujourd'hui, fondé
sur des intérêts et une base
d'idéaux communs. De nos
jours, une plus grande liberté
et une plus grande sécurité
sont davantage à la portée
de l'humanité. Je suis
persuadé qu'en travaillant
ensemble nous pouvons passer
de la promesse à l'action.
Entretien
avec le Cardinal Pierre
Nasrallah Sfeir, Patriarche
d’Antioche des maronites
par
TRISTAN KHAYAT, publié dans
la Croix le 23 février 2005
Pour
le patriarche d'Antioche des
maronites, "les Libanais
savent ce que coûte une
guerre" et il appelle le
gouvernement Karamé à démissionner
– Comment jugez-vous
la mobilisation sans précédent
autour de l’opposition
depuis une semaine ?
Ce qui est arrivé est sans précédent.
Il n’est pas naturel qu’un
homme tel que Rafic Hariri
soit liquidé ainsi. C’est
un grand coup pour le pays. Déjà,
plusieurs personnalités
avaient disparu ainsi et les
enquêtes n’ont jamais rien
donné. Mais ce crime a soudé
les Libanais, musulmans et chrétiens,
et ils réclament la même
chose : le retrait de la Syrie
du Liban. Spontanément, les
gens se dirigent vers le
tombeau de Rafic Hariri et là
ils s’expriment : les uns
prient, les autres pleurent,
d’autres encore rient.
C’est un sentiment unanime
qui a unifié les Libanais.
– L’opposition
pourra-t-elle conduire seule
cette bataille pour l’indépendance
et la souveraineté du Liban ?
Elle
n’est pas seule. Il y a
aussi les Nations unies, qui
ont déjà voté une résolution
à ce propos. Il y a la France
et les États-Unis, certes,
mais les Nations unies en tant
que telles sont favorables à
ce que le Liban recouvre sa
souveraineté, son indépendance
et sa capacité de libre décision.
Alors, je crois que cela
pourrait aboutir. C’est un
droit, et cela ne doit pas se
faire dans une atmosphère
d’inimitié contre la Syrie,
au contraire : la Syrie est
voisine du Liban, et nous
devons nous arranger tous deux
pour pouvoir être toujours
dans une position qui nous
permette de vivre ensemble,
mais chacun à l’intérieur
de ses propres frontières.
Cela n’interdit pas qu’il
y ait coopération pour tout
ce qui ne regarde pas la vie
intérieure de chaque pays.
– Lundi, le président
syrien Bachar Al Assad a
annoncé qu’il allait redéployer
les troupes syriennes dans la
Békaa, conformément aux
accords de Taëf signés en
1989. Qu’en pensez-vous ?
On ne peut que le juger
positivement, parce que les
accords de Taëf avaient
stipulé que deux ans après
leur signature, les Syriens
devaient au moins redéployer
leurs troupes, ce qui
n’avait pas été fait. Nous
sommes en l’an 2005, vous
voyez. Alors s’il a dit
cela, c’est très bien.
– Est-ce suffisant selon
vous, alors que la communauté
internationale et une grande
partie du peuple libanais réclame
un retrait immédiat et total
?
Il faut qu’il y ait une
marge de compréhension entre
le Liban et la Syrie. La Syrie
doit retirer ses troupes, mais
rien n’empêche qu’il y
ait de bonnes relations entre
les deux pays.
– Estimez-vous que le
gouvernement libanais a la
capacité de réclamer ou, en
tout cas, la volonté de réclamer
que les troupes syriennes se
retirent de ce pays ?
Je ne dis rien de nouveau
quand j’affirme que le
gouvernement actuel du Liban
est contrôlé par la Syrie.
Alors, il ne peut pas mener
son travail comme il devrait
le faire.
– Devrait-il démissionner
?
Tôt ou tard, cela va se
faire. Après un événement
de la dimension d’un
attentat contre un premier
ministre de cette valeur, on
ne peut pas laisser les choses
comme si rien ne s’était
passé.
– Beaucoup de personnes
dans ce pays ont peur d’une
reprise de la guerre. Est-ce
un risque possible ?
Non, je ne le crois pas. Les
Libanais ont été en guerre
pendant dix-sept ans, et les
malheurs que cette guerre
avait charriés sont toujours
là dans leurs conséquences.
Il y a les estropiés, les
blessés, les malades, et
beaucoup de destructions
n’ont pas été relevées.
Les Libanais savent ce que coûte
une guerre. Personne n’a
plus la disposition ni les
moyens de la faire, à moins
qu’il n’y ait des
interventions extérieures.
– En tant qu’homme d’Eglise,
quel est votre message pour
sortir ce pays de l’impasse
dans laquelle il se trouve
aujourd’hui ?
Il faut faire tout son
possible pour installer la
paix au Liban. La leçon du
passé devrait nous imposer de
ne pas retourner à la guerre,
parce que la guerre a été
trop coûteuse ; elle a aussi
occasionné le départ de
nombre de jeunes. Le Liban se
vide, et c’était à cause
de la guerre. Tout le monde a
intérêt à vivre en paix.
Nous souhaitons que les
Libanais puissent vivre en
paix ensemble, musulmans et
chrétiens, parce qu’ils se
trouvent dans les mêmes
conditions.
"Il n'est pas
question de discuter avec un
pouvoir fantoche"
Entretien avec Walid
Joumblatt, leader druze
Propos
recueillis par MOUNA NAIM,
publiés dans le Monde du 23 février
2005
- Comment évaluez-vous
la situation après les déclarations
du secrétaire général de
la Ligue arabe Amr Moussa et
celle du président George
Bush concernant le retrait
syrien ?
M. Moussa, en sortant de
chez le président syrien, a
déclaré que ce dernier était
disposé à appliquer les
accords de Taëf. Cette
histoire, on en parle depuis
1991, depuis presque quinze
ans. Alors, il faut une
application immédiate et le
démantèlement de
l'appareil sécuritaire
syrien conjoint avec les
Libanais et le retrait -des
forces syriennes- dans la Békaa.
Ensuite, et Taëf est très
clair à ce sujet, il faut
qu'un gouvernement d'union
nationale soit formé, un
gouvernement libre, et non
un gouvernement fantoche
sous la tutelle syrienne,
pour définir les modalités
de la sortie honorable des
Syriens du Liban. Cela est
écrit dans la Constitution
de Taëf.
- Les assurances fournies
par M. Moussa ne vous
paraissent donc pas
suffisantes ?
Elles ne sont pas du tout
suffisantes. Si le président
syrien veut gagner du temps,
il a réussi à se mettre à
dos presque toute la
population libanaise,
surtout en couvrant un
gouvernement libanais qui
est quelque part responsable
de l'assassinat de Rafic
Hariri -l'ancien premier
ministre libanais- et de la
tentative d'assassinat de
Marouan Hamadé -député et
ancien ministre de l'économie-.
Quand on parle de
gouvernement libanais, c'est
d'un gouvernement simplement
géré par le Gauleiter
syrien, dans la Békaa.
- Pensez-vous que la décision
du président syrien vise
uniquement à gagner du
temps ?
Je regrette de dire que je
n'ai pas confiance dans la
Ligue arabe et je connais un
peu la tactique syrienne.
Ils font appel au dialogue.
On va dialoguer avec qui ?
Avec une bande de criminels
qui ont hier assassiné
Hariri ? Avec un pouvoir
fantoche à la solde des
services de renseignements
syriens ? Il n'en est pas
question. Il nous faut des
assurances quant au retrait
immédiat des Syriens.
- Et ces assurances, qui
peut vous les donner ? Les
Syriens eux-mêmes ?
Il faut d'abord des élections,
mais des élections libres,
pas à l'ombre des baïonnettes
syriennes. Il faut en deuxième
lieu le départ de ce régime
laquais, Emile Lahoud -le président
de la République-, Omar
Karamé -le premier
ministre- et compagnie. En
troisième lieu, il faut définir
un calendrier très précis
concernant le retrait syrien
du Liban.
- Le Parlement libanais
va discuter de la présence
syrienne au Liban le 28 février.
Estimez-vous que c'est un
bon début ?
Le Parlement libanais,
hormis l'opposition, est à
la solde des Syriens. On va
aller au Parlement, on va
discuter et on va exiger des
modalités précises pour le
retrait syrien. Mais, en même
temps, une enquête sur
l'assassinat de Rafic Hariri
est indispensable. La
commission internationale
d'enquête désignée par
Kofi Annan est une
excellente chose, mais il
faut que le commissaire
irlandais Fitzgerald puisse
interpeller les plus hauts
responsables syriens et
libanais, et les hommes
politiques. Faute de quoi,
l'enquête se soldera par un
échec.
- Il y a quelque temps
encore, aussi bien vous que
feu Rafic Hariri étiez plutôt
conciliants avec les
Syriens. Quel a été le
point de rupture ?
Le point de rupture a été
la tentative d'assassinat de
Marouan Hamadé, en octobre
2004, juste après que l'on
a pacifiquement osé dire
non à la décision de
Bachar Al-Assad de prolonger
le mandat présidentiel de
M. Lahoud. Ils, c'est-à-dire
Syriens et Libanais, ont
essayé de tuer Marouan.
Puis, quand on a demandé
l'application de Taëf, ils
ont assassiné Hariri.
- La position franco-américaine
peut-elle vous aider ou
est-elle au contraire
contre-productive ?
Elle peut aider. Mais qu'on
ne se trompe pas, nous ne
voulons pas être accusés
d'être traîtres. Nous ne réclamons
pas les flottes françaises
et américaines. Nous
demandons, en tant que
citoyens libres et libanais,
le respect des droits de
l'homme. Nous voulons un
Liban indépendant et libre,
ni plus ni moins. Il faut
que le président syrien
comprenne que le mur de
Berlin est tombé, que
l'empire soviétique est
tombé.
- Craignez-vous pour
votre vie ?
Ecoutez, le sacrifice doit
être accepté pour l'indépendance
de ce pays. Je me souviens
de mon père. Il avait prévenu,
à l'époque, certains
leaders de l'extrême droite
chrétienne du danger de
l'occupation syrienne. Ils
ne l'ont pas écouté. Je
rejoins la mémoire de mon père.
Après tout, j'ai la
conscience tranquille.
La
Syrie au Liban : les ambiguïtés
d'une si vieille liaison
par
SAMUEL GARDAZ, publié dans le
Temps le 25 février 2005
L'assassinat
de l'ancien premier ministre
Rafic Hariri a poussé la
communauté internationale à
durcir considérablement le
ton à l'encontre de Damas,
instamment prié d'évacuer
dans les plus brefs délais
ses troupes du Pays du Cèdre.
Mais, sur la question, les
Libanais sont partagés.
Reportage.
"Que
les Syriens partent en gardant
des amis au Liban, plutôt que
des ennemis. Qu'ils
sauvegardent de bonnes
relations entre nos deux Etats,
car aucun parti d'opposition
ne souhaite de mauvaises
relations entre eux. La géopolitique
nous dicte cette
attitude." L'homme qui
tient ces propos est Toufiq
al-Hindi, ex-conseiller
politique de Samir Geagea,
l'ancien chef de guerre chrétien
du mouvement des Forces
libanaises actuellement incarcéré
pour crimes. Il a lui-même
fait de la prison pour son
opposition à l'occupation
syrienne au Liban, avant de
participer l'an dernier à la
fondation de Kornet Chehwane,
l'une des composantes de
l'opposition anti-syrienne en
pleine effervescence
aujourd'hui à Beyrouth. Pas
franchement ce qu'on peut
appeler un "
ami"
historique et spontané de la
Syrie, donc. Et pourtant...
Comme Toufiq al-Hindi, croisé
lundi dernier lors de la
grande manifestation marquant
le septième jour de
l'assassinat de l'ex-premier
ministre Rafic Hariri, c'est
toute l'opposition libanaise
à la présence militaire
syrienne qui insiste sur cette
nécessité de conserver de
bonnes relations. Par nécessité
géopolitique, mais aussi
parce que les liens sont dans
la réalité multiples :
familiaux, humains, économiques,
affectifs. Bref, l'interpénétration
de ces deux pays
artificiellement constitués
par la puissance mandataire
française au sortir de la
Première Guerre mondiale est
telle qu'elle impose ces liens
particuliers.
Vu
d'Occident, et dans le
contexte subit de la résolution
1559 de l'ONU sommant la Syrie
de retirer ses troupes –
quelque 15.000 hommes –, le
président libanais Emile
Lahoud fait figure de vil
"pro-syrien" inféodé
à l'un des derniers "régimes
staliniens" de la planète,
pour reprendre l'un des
leitmotivs d'une partie de
l'opposition. A Beyrouth, il
se trouve des voix pour défendre
en toute indépendance une
autre perception. "Lahoud
considère qu'Israël ne s'est
pas normalisé et conserve des
visées hégémoniques dans la
région, explique par exemple
l'ancien ministre Georges Corm,
auteur de nombreux ouvrages de
référence sur le Proche et
le Moyen-Orient. Sa position
consiste donc à coller à la
Syrie pour garantir la
stabilité du Liban et à
accepter la présence du
Hezbollah dans le sud comme épouvantail."
Subitement, c'est ce
positionnement qui se retrouve
en pleine redéfinition depuis
cette résolution de l'ONU
adoptée en septembre dernier
et qui exige en outre le désarmement
des milices, dont celle du
mouvement chiite. "Quel
que soit l'avenir, les
relations entre la Syrie et le
Liban sont vouées à demeurer
proches", remarque précisément
le Dr Hussein el-Hajj Hassan,
l'un des douze députés du
Hezbollah au parlement.
"Moi-même, je suis
Syrien par ma mère, et
beaucoup de gens de
l'opposition sont eux aussi
d'origine syrienne, ou égyptienne.
Nous sommes un peu ici dans
une région comme l'Alsace, où
les liens de toutes sortes
sont très forts de part et
d'autre de la frontière."
Ces
appels à l'apaisement ne
semblent toutefois pas être
compris par tous au Liban. Ou,
peut-être, le ressentiment
accumulé par une partie des
Libanais en vingt années
d'une présence massive et
brutale rend-il simplement
inaudibles ces appels au bon
sens. La crise politique
ouverte par l'assassinat de
Rafic Hariri, le 14 février,
alimente une atmosphère
anti-syrienne. Des
travailleurs syriens, très
nombreux dans les secteurs de
la construction et de
l'agriculture, ont été
parfois pris à partie par la
population, provoquant depuis
quelques jours le départ d'un
grand nombre d'entre eux. Et,
selon des Beyrouthins bien
informés, beaucoup de Syriens
de la bourgeoisie damascène,
habitués des plaisirs et des
commodités de Beyrouth,
laissent désormais leur
voiture à la frontière pour
rejoindre la capitale
libanaise à bord de véhicules
à plaques locales pour éviter
les ennuis. "Il est dans
l'intérêt des deux pays que
ces travailleurs syriens
reviennent", affirme
Fouad al-Khazel, président du
syndicat des entrepreneurs de
BTP, qui parle d'un nombre
suffisamment important de
personnes pour que le phénomène
ait des conséquences graves
s'il ne s'avérait pas
"momentané", comme
il veut le croire. "Vous
comprenez, beaucoup de gens
ici associent cette main-d'œuvre
peu qualifiée aux agents des
services de renseignement
syriens", dit-il encore.
Sous
les coups de boutoir des
Etats-Unis et de la France,
Damas donne des signes de
vouloir lâcher prise. Selon
le ministre libanais de la Défense,
la Syrie aurait décidé de
procéder à un dernier redéploiement
de ses troupes pour ne plus
les cantonner que dans la
plaine de la Békaa. Mais sur
le plan sécuritaire, et dans
un contexte de tension
politique tendu, la pression
des services de renseignement
syriens ne semble pas se relâcher.
"Les gens de ma
circonscription ont peur de
venir me voir par crainte des
menaces qui planent sur
eux", affirme un député
de l'opposition dont les
gardes du corps sont équipés
de fusils d'assaut. "Oh,
des petites choses, comparé
à certains de mes collègues..."
Des petites choses qui
laissent craindre que, dans un
pays qui n'a pas soldé les
comptes de quinze ans de
guerre civile de 1975 à 1990,
la redéfinition des relations
avec la Syrie ne se fasse dans
la violence.
Pour
le Hezbollah, l'ennemi reste
encore et toujours Israël
Dans banlieue sud de
Beyrouth, le député
Hussein el-Hajj Hassan dénonce
la pression exercée par
la communauté
internationale.
Des portraits jaunis de
l'ayatollah Khomeiny et de
l'actuel leader du
Hezbollah, Sayyed Hassan
Nasrallah, accrochés le
long des artères
principales; et, dans
l'enchevêtrement des fils
électriques et des
enseignes bariolées, de
discrètes caméras de
surveillance, difficiles à
distinguer. Bienvenue dans
Haret Hreik, un quartier de
la banlieue sud de Beyrouth,
fief du "Parti de
Dieu", le grand
mouvement chiite libanais
d'inspiration iranienne, qui
y possède son quartier général,
barricadé derrière de
hauts murs surmontés de
barbelés, et un peu plus
loin, dans une ruelle calme,
son centre d'information.
C'est là, au troisième étage
d'un immeuble d'habitation
anonyme, que le Dr Hussein
el-Hajj Hassan, l'un des
douze députés du parti, reçoit
les journalistes étrangers
de passage. Patelin, faisant
dans l'allusion et
l'ellipse, cet ancien
responsable du département
de l'éducation du Hezbollah
participe, dans un français
élégamment cultivé dans
l'Hexagone, à la riposte de
son mouvement face aux
pressions internationales.
Et il ne cache pas son but :
"Nous espérons que la
France révisera sa
politique en des termes
positifs à notre égard",
dit-il. Comment? "Nous
avons des moyens pour résister
à cette pression et négocier",
dit-il sur un ton laconique
qui permet toutes les
interprétations. "Nous
défendons une cause
juste", dit-il encore.
Ou bien, d'une moue
sibylline, "nous sommes
présents..." Une manière
de dire, peut-être, ce que
chacun sait ici : l'armée
libanaise ne ferait pas le
poids si elle devait engager
la confrontation avec la
puissante milice chiite
aguerrie par des années de
guerre contre Israël.
Sa position
concernant la résolution
1559 de l'ONU est claire :
elle comporte des exigences
réclamées de longue date
par l'Etat hébreu – le
retrait syrien du Liban et
le désarmement des
"milices" – et
s'avère donc inacceptable.
A ses yeux, la Syrie
n'occupe pas son voisin mais
y est "présente"
légitimement en vertu d'un
accord passé entre les deux
gouvernements. "Ceux
qui parlent d'occupation
aujourd'hui sont ceux-là mêmes
qui ont demandé aux Syriens
de venir",
rappelle-t-il en outre.
"Quant à nous, nous
aussi sommes des Libanais.
Nous respectons la
souveraineté du Liban que
nous avons défendue contre
Israël." Un dernier
argument difficilement
contestable. Les trophées
de guerre du Hezbollah, ces
chars de Tsahal capturés
puis exhibés dans les rues
de Beyrouth au plus fort de
la guerre contre Israël,
ont même suscité
l'admiration et
l'enthousiasme jusque dans
la communauté chrétienne.
Il n'en demeure pas moins
que le Hezbollah, après
avoir fondé sa légitimité
dans le combat contre Israël
et son exigence du respect
des résolutions de l'ONU
sur la Palestine, se
retrouve en porte-à-faux
face à la résolution 1559.
D'où ses contorsions rhétoriques
pour défendre l'idée que
cette dernière est
inacceptable. Contrairement
à l'accord de Taëf, auquel
il faut revenir, dit celui
qui est élu de la Békaa
depuis 1996. Le temps
presse. Une équipe de télévision
française attend El-Hajj
Hassan dans une pièce
voisine. Nul doute qu'à
elle aussi, il dira qu'
"on ne peut pas faire
confiance au Pharaon américain".
Dans sa bouche, la formule,
qui reprend la terminologie
de l'islamisme sunnite des
années 60-70 pour désigner
les régimes arabes, aurait
presque un charme désuet.
"On sait
communiquer", disait-il
aussi...
"Pitié
! Ce pays ne doit plus servir
d'Etat tampon"
Georges Corm, ancien ministre
libanais des Finances et
auteur de nombreux ouvrages de
référence sur le Proche et
le Moyen-Orient, décrit un
"climat d'hystérie".
Interview.
- Qu'est-ce qui explique
que la Syrie continue
d'occuper le Liban
aujourd'hui? Est-ce la mise en
œuvre par Damas du projet de
"Grande Syrie" ?
Je n'ai jamais beaucoup cru à
cette idée. Je pense plutôt
que cette occupation découle
d'une vision stratégique
directement liée au conflit
israélo-palestinien. Pour
compenser le fait que l'Egypte
ait signé la paix avec Israël
en 1978, la Syrie a cherché
à pallier cette défection en
essayant de coordonner de façon
très étroite l'action des
pays qui entourent l'Etat hébreu.
Au Liban, toute la politique
de Damas a été de mettre au
pas l'OLP, ce qui coïncidait
avec les intérêts américains,
avant de faire du Liban un
partenaire à sa botte. Et le
Liban a eu de plus en plus
d'importance à ses yeux au
fur et à mesure que la résistance
du Hezbollah dans le sud s'avérait
efficace. L'alliance entre la
Syrie et le Liban est donc
devenue un élément
fondamental, que les
Etats-Unis eux-mêmes ont
contribué à consolider. Dans
le contexte de la première
guerre du Golfe de 1991 et en
contrepartie de l'adhésion de
la Syrie à la coalition
anti-Saddam, les Américains
ont d'autant plus accepté
cette mise sous tutelle
syrienne qu'ils ne voulaient
pas de problèmes sur la scène
libanaise.
- Ce furent les années
Hariri.
Oui, et l'arrivée d'une
nouvelle équipe dirigeante au
Liban, dont Rafic Hariri était
le catalyseur, qui a énormément
profité de ces relations
libano-syriennes pour
installer un régime économique
tout à fait condamnable. Au
lieu de réparer les dégâts
de la guerre et de restaurer
le potentiel productif du
pays, son slogan a été :
"Enrichissez-vous !"
Le résultat a été une crise
sociale majeure, l'explosion
de la dette publique et la
fuite des cerveaux.
- L'occupation syrienne ne
s'explique-t-elle pas aussi
par les avantages économiques
qu'elle en tire ?
Bien sûr, la Syrie a
ponctionné le Liban pendant
la guerre, mais tout le monde
l'a fait : les Palestiniens,
les milices libanaises, les
Israéliens, tout le monde.
Mais après la guerre, ce sont
les Libanais eux-mêmes qui
ont mis en place des systèmes
de corruption, auxquels ils
ont associé les Syriens.
- Vous évoquez la
responsabilité des Etats-Unis
dans cet état de fait. La
France non plus n'est pas
exempte de reproches.
Elle a même des responsabilités
majeures. Elle a poussé le général
Aoun dans une aventure insensée
en 1989 (ndlr: une guerre de
libération), avant de se
taire complètement. Et puis,
subitement, elle se manifeste
de nouveau avec une espèce
d'hystérie.
- Pour quelles raisons ?
Tout d'abord, du fait des
relations très personnelles
entre le président français
Jacques Chirac et Rafic Hariri
; ensuite, pour se rapprocher
à bon compte des Etats-Unis ;
enfin, pour essayer de délimiter
une zone d'influence au
Moyen-Orient, où elle a été
complètement marginalisée
dans le règlement du conflit
israélo-palestinien. Il est
urgent de calmer ce climat
d'hystérie et que le Liban
sorte de ce statut d'Etat
tampon, qui sert aux grands
joueurs régionaux et
internationaux pour la
domination du Moyen-Orient, de
ce statut d'espace symbolique
où chacun marque ses points
au prix de cataclysmes
terribles pour les Libanais.
Pitié pour le Liban !
- Trouve-t-on dans l'héritage
de Rafic Hariri une volonté
de sortir de ce statut ?
Absolument pas. Il a laissé
en suspens des questions
fondamentales pendant les
quatorze années pendant
lesquelles il a été omniprésent
sur la scène politique. Il
n'a entrepris aucune réforme
de quelque sorte que ce soit
sous prétexte qu'on ne le
laissait pas faire. Or, le
problème du Liban, c'est précisément
que son système communautaire
est à la base de cet Etat
tampon, qu'il a une classe
dirigeante qui bénéficie de
ce statut et qui n'a donc
aucun intérêt à le remettre
en cause.
- C'est-à-dire ?
Les communautés
religieuses ont cessé depuis
le XIXe de ne s'occuper que de
vie spirituelle pour devenir
des organes d'expression
politique qui se sont insérés
dans les réseaux des
puissances régionales et
internationales, dont elles
sont devenues le symbole.
C'est ainsi que les maronites
ont longtemps représenté la
France, les sunnites les
relais du nationalisme arabe
de type nassérien, avant d'être
happés par l'Arabie saoudite
puis récupéré un peu par la
Syrie. Quant aux chiites,
longtemps délaissés, ils ont
fini eux aussi par rentrer
dans ces réseaux.
– Aujourd'hui au Liban,
existe-t-il des hommes
capables de remettre en cause
ce statut d'Etat tampon?
Tous ceux qui, depuis l'indépendance,
ont essayé, ont soulevé
l'hostilité de la classe
politique traditionnelle et
ont fini par être écartés :
le président de l'indépendance,
Béchir el-Khoury, qui a refusé
d'entrer dans le Pacte de
Bagdad en 1955, le général
Fouad Chehab entre 1958 et
1964.
- Ou le général Aoun en
1989...
Oui, lui aussi a beaucoup dérangé,
à commencer par ses propres
coreligionnaires.
- A l'inverse, faut-il
craindre un renforcement de ce
statut, en dépit des appels
de la communauté
internationale au respect de
la souveraineté libanaise,
voire la multiplication de ce
type d'entités ?
C'est vrai qu'il existe
aujourd'hui une école de pensée
israélienne qui a une vision
extrêmement détaillée de la
nécessité de morceler les
grands Etats du Moyen-Orient
en petits Etats communautaires
ou ethniques. La guerre du
Liban de 1975 à 1990, de ce
point de vue, était largement
un galop d'essai, avec ces
quasi-Etats qui ont émergé
après le retrait israélien.
L'Irak est aussi un champ
d'expérimentation de cette
vision. Je n'exclus pas du
tout qu'on essaie de remettre
en œuvre cette dynamique au
Liban, mais je pense que ce
sera beaucoup plus difficile
car les Libanais ont trop payé
ces années de guerre.
Dernier ouvrage de Georges
Corm : "Orient-Occident,
la fracture imaginaire",
Ed. La Découverte, Paris,
2005.
Satterfield
: Donner plus de force
encore à un message US déjà
connu
Le
sous-secrétaire d’Etat US
entame son séjour libanais
par un briefing de presse
par
ISSA GORAIEB, publié dans
l'Orient-le Jour le 28 février
2005
"Souligner,
étoffer, renforcer un message
qui vous est désormais
familier, à savoir la nécessité
absolue d’une mise en
application de la résolution
1559 de l’Onu" : tel
est l’objet de l’actuel séjour
du sous-secrétaire d’Etat
américain David Satterfield,
ainsi qu’il l’a défini
lui-même hier matin devant
une dizaine de représentants
de la presse libanaise invités
à le rencontrer pour un
"briefing" à
l’ambassade des Etats-Unis
à Awkar. M. Satterfield, qui
a occupé dans le passé les
fonctions de conseiller puis
d’ambassadeur à Beyrouth,
s’est dit pleinement
confiant de l’aptitude du
peuple libanais à décider de
son propre destin, pourvu
seulement que lui en soient
donnés les moyens et qu’il
soit mis fin à toute
influence étrangère dans ses
affaires. Auquel cas, estime
le responsable US, les
Libanais seront à même de régler
entre eux le problème du désarmement
du parti intégriste. Le
terme de "c’est
assez", formulé avec
force, est revenu comme un
leitmotiv tout au long de
cette rencontre, à laquelle
assistait également
l’ambassadeur Jeffrey
Feltman et qui a comporté une
brève partie non destinée à
la publication. L’agenda
officiel de M. Satterfield,
qui séjournera quatre jours
dans notre pays, se limite
pour le moment à un entretien
avec le ministre des Affaires
étrangères Mahmoud Hammoud ;
il rencontrera toutefois
"un vaste éventail"
de personnalités libanaises.
Ci-dessous sont résumées les
principales idées-force développées
par M. Satterfield :
La résolution
1559 –
Les Etats-Unis sont
intraitables sur la nécessité
de sa mise en application.
Cette visite fait suite à
celle effectuée au lendemain
de l’assassinat de Rafic
Hariri à Beyrouth par le numéro
deux du département d’Etat,
qui a exprimé le soutien américain
au droit des Libanais de décider
pour eux-mêmes. C’est bien
là le propos de la résolution
1559 du Conseil de sécurité,
qui stipule le départ de
toutes les forces étrangères,
c’est-à-dire syriennes, du
pays, et l’arrêt des ingérences
dans ses affaires. Ce message
est clair, dénué de toute équivoque,
il est bien connu désormais
et cependant cette visite est
loin d’être inutile,
puisqu’elle a précisément
pour objet de lui conférer
plus de force encore. Nous
voulons un avenir différent
pour le peuple libanais, sans
que nul ne prenne les décisions
qui lui appartiennent : cela
vaut mieux pour les Libanais
bien sûr ; pour les Syriens
aussi, mais chez eux et sans
ingérence dans les affaires
de leur voisin. M. Satterfield
a évoqué à un moment un
"délai" (timeline)
pour l’exécution de la résolution
1559, mais s’est refusé à
se montrer plus précis ;
pressé de questions, et à
celle de savoir si une telle période
pouvait s’étaler sur deux
années comme le veulent
certaines rumeurs, il a
instantanément répondu :
"Oh non, beaucoup
moins." Quant aux
accusations d’ingérence
portées contre les Etats-Unis
eux-mêmes, elles appellent
une seule réponse, a dit M.
Satterfield : s’il faut
qualifier d’intervention la
mise en œuvre d’une résolution
internationale, alors oui, il
y a bien intervention de
Washington. Tous les peuples
de la terre ont le droit de se
gouverner eux-mêmes, le Liban
n’est pas une exception et
il mérite encore mieux. Aux
yeux de l’Amérique, la résolution
1559 reflète parfaitement, de
surcroît, la lettre et
l’esprit de l’accord de Taëf.
Le dossier libanais –
Pourquoi cet intérêt
relativement récent pour le
Liban, après tant d’années
d’acceptation du statu quo,
sinon d’indifférence ?
"Précisément parce que
quinze années se sont écoulées
et qu’assez, c’est
assez." "Depuis la
vingtaine d’années que je
m’occupe du Liban, souligne
à ce propos M. Satterfield,
des Libanais m’ont souvent
fait part de leur crainte d’être
victimes de quelque marché régional."
Beaucoup d’erreurs ont été
commises, poursuit-il, et une
fois de plus c’est assez,
nous sommes en 2005 et le
Liban et la Syrie doivent
changer. Les Etats-Unis sont
fortement engagés déjà, ils
ne soutiennent pas des
individus libanais ou des
groupements d’individus,
mais des idées et des
principes, et ce sont les
peuples eux-mêmes, non l’Amérique,
qui doivent assumer leurs
responsabilités. Washington
est confiant que les Libanais
sont mûrs pour cela, et
considère avec confiance la
perspective d’élections
libres. Comment les Etats-Unis
réagiraient-ils à d’éventuelles
fraudes électorales et autres
abus dont est devenu coutumier
l’Etat libanais ? Se bornant
à réitérer l’exigence
d’un environnement sain,
d’une atmosphère normale
autorisant le libre choix, de
même que la confiance US dans
l’aptitude du peuple
libanais à se prendre en
charge, M. Satterfield a résolument
écarté tout risque d’une
reprise des affrontements
entre Libanais "lesquels,
en effet, en ont déjà trop
vu". Il n’a pas manqué
de dénoncer "les
intimidations et
menaces", les propos
"extrêmement
destructeurs" proférés
à ce sujet, et a pris soin de
préciser que "ce
jugement vaut aussi pour tous
les officiels".
Affirmant
que l’Administration US a
"les contacts adéquats"
avec les autorités
libanaises, le sous-secrétaire
d’Etat a indiqué que le
programme de ses rencontres
avec les officiels se limitait
à un entretien avec le
ministre des Affaires étrangères.
A la question de savoir
toutefois si quelque rôle spécifique
pouvait encore être joué par
le président de la République,
il a répondu en soulignant la
volonté des Etats-Unis
"de venir en aide à
toute institution libanaise en
mesure de parvenir à
l’objectif souhaité".
A propos des déclarations
israéliennes relatives à la
résolution 1559 - et qui
risquent d’être source
d’embarras pour une
opposition libanaise déjà en
butte aux accusations de
"collusion" des
prosyriens - M. Satterfield,
qui va rencontrer un vaste éventail
de personnalités politiques
locales, s’est borné à dégager
toute responsabilité des
Etats-Unis. Il a toutefois
qualifié d’insensée l’idée,
attribuée par un journal de
Tel-Aviv au chef de la
diplomatie israélienne,
d’une quelconque paternité
israélienne de ladite résolution.
L’assassinat de Hariri
– L’attentat du 14 février
a hâté un processus déjà
en marche et Beyrouth doit
coopérer pleinement avec les
enquêteurs internationaux.
L’assassinat de Rafic Hariri
tombe sous le coup de la résolution
1556 des Nations unies qui
fait obligation à tous les
Etats de coopérer dans la
lutte contre le terrorisme, et
les Etats-Unis attendent du
Liban et de la Syrie qu’ils
s’acquittent de leurs
obligations (l’ambassadeur
Feltman est intervenu à ce
moment pour signaler que sur
les 12 conventions
internationales que renferme
la résolution 1556, deux
attendent encore d’être
signées par l’État
libanais).
Le Hezbollah – Les
Etats-Unis exigent
l’application intégrale de
la résolution 1559 stipulant
la dissolution de toutes les
milices armées. Washington a
des vues très claires sur le
terrorisme, qu’il soit exercé
sur ou à partir du territoire
libanais, ou hors de celui-ci,
à partir de Gaza par exemple
ou d’autres régions
palestiniennes. C’est là un
problème qui inquiète non
seulement Israël et les
Etats-Unis, mais aussi les
chefs palestiniens eux-mêmes.
L’Iran et le Hezbollah
n’ont pas intérêt à la
paix, et les Etats-Unis ne
voient pas en quoi de telles
actions peuvent servir les intérêts
du Liban, mais aussi de la
Syrie. Quant à savoir qui
procédera un jour au désarmement
du Hezbollah, il a assuré
qu’il s’agit là d’une
question libanaise, ajoutant :
"Nous avons la certitude
que si un libre choix, un
climat différent leur est
offert, les Libanais seront
capables d’assumer leurs décisions."
La Syrie et la paix –
Damas a abusé de rhétorique,
c’est des actions concrètes
qu’il faut et la mise en
application de la résolution
1559 ne souffre aucun
compromis. Toute mesure concrète
sur le territoire libanais,
tel un repli sur la plaine de
la Békaa, serait la bienvenue
; ce serait un pas positif
mais non suffisant, puisque la
résolution onusienne doit être
appliquée dans toutes ses
clauses. M. Satterfield a paru
minimiser la portée des
initiatives déployées
notamment par l’Egypte et
l’Arabie saoudite, en vue
d’apporter une couverture
arabe au retrait des forces
syriennes : "C’est leur
affaire", a-t-il assuré. Il
a de même affirmé que les
Etats-Unis ne recherchent pas
un changement de régime à
Damas, mais un changement de
politique et de comportement.
A plus d’une reprise, a-t-il
dit, le président Bachar
el-Assad a exprimé sa quête
d’une paix globale au
Proche-Orient. Or pour y
parvenir, la Syrie ne peut
plus continuer de
s’impliquer aux côtés de
groupes terroristes. Si elle
persiste dans son attitude, il
ne sera jamais possible pour
les Etats-Unis de l’aider ;
et quand des mesures concrètes
de désengagement auront été
prises, l’assistance US
deviendra possible. Les
Etats-Unis sont loin d’avoir
oublié la résolution 242 et
les autres textes onusiens
relatifs au conflit arabo-israélien,
mais c’est bien la politique
syrienne qui empêche que
l’on y vienne. Il existe
aujourd’hui une sérieuse
chance de paix au
Proche-Orient, et beaucoup est
en train d’être fait dans
le sens d’une application de
la résolution 242 datant de
1967.
Manifestation
à Paris, mardi 29
mars à 19h30, place
d'Iéna, pour
le 40ème de la
mort de Rafic Hariri