L'état
du monde selon
George Bush
Devant
l'assemblée générale
des Nations
unies
par
ISABELLE
DURIEZ, publié
dans
Ouest-France
le 22
septembre 2004
Dialogue
de sourds à
l'Onu sur l'Irak
et l'état du
monde. D'un côté
Kofi Annan qui
en appelle au
respect du droit
contre la
tyrannie ;
de l'autre
George Bush qui
utilise la
tribune pour répondre
à son
adversaire démocrate
que la liberté
était du côté
de
l'intervention
militaire américaine.
C'est désormais
un rituel
automnal. Une
fois par an,
Georges W. Bush
défend sa
politique devant
l'Organisation
des Nations
unies, qu'il
passe le reste
de l'année à
pourfendre.
Chaque jour, ou
presque depuis
le début de la
campagne, le
vice-président
Cheney,
particulièrement
en verve,
affirme que les
États-Unis
n'ont pas besoin
d'un "mot
de
permission"
du Conseil de sécurité
pour faire usage
de leur force ou
de "délocaliser
leur sécurité
nationale à
Paris ou
Berlin"...
Modèle
pour le grand
Moyen-Orient
L'intervention
du Président
américain
hier devant
l'Assemblée générale
n'était
cependant pas
qu'une visite
de courtoisie,
accueillie par
des
applaudissements
polis, mais
froids. A
six semaines
exactement de
l'élection présidentielle,
George W. Bush
s'adressait
autant aux
leaders
mondiaux
inquiets de la
situation en
Irak qu'à son
électorat. Il
a donc profité
de la tribune
pour afficher
son habituel
optimisme à
toute épreuve
qui contraste
avec le
tableau sombre
dressé par
son rival, et les images de décapitation
d'otages qui
arrivent de
Bagdad. La
veille John
Kerry, avait dénoncé
les
"erreurs
colossales"
de
l'administration
Bush qui ont
conduit au
"chaos"
en Irak. Hier,
le Président
a répondu en
citant la présence
du Premier
ministre
irakien à
l'Assemblée
comme une
victoire. Les
jeunes démocraties
instaurées en
Afghanistan et
en Irak sont
un "modèle
pour le grand
Moyen
Orient"
et la promesse
d'un "XXIe
siècle de la
liberté". "Nous
pouvons nous
attendre à
une escalade
de la
violence"
avant les élections,
a-t-il admis.
Mais "la
bonne réponse
aux difficultés
n'est pas de
battre en
retraite, mais
de
l'emporter".
"Une
décennie de résolutions
ignorées"
Accusé par
John Kerry
d'avoir isolé
l'Amérique du
reste du monde
en partant
seul en
guerre, le Président
Bush a présenté
une
explication
qui convainc
la majorité
des Américains :
Saddam Hussein
"a ignoré
plus d'une décennie
de résolutions",
le Conseil de
Sécurité n'a
pas tenu ses "engagements",
donc "une
coalition de
nations a fait
respecter les
justes
demandes du monde". Par-dessus tout,
George Bush
voulait
montrer qu'il
n'a pas renoncé
à travailler
avec la
communauté
internationale,
contrairement
aux
accusations de
John Kerry. Il
a donc appelé
les membres de
l'ONU à
"répondre
à l'appel du
Premier
ministre
Allaoui et à
faire plus
pour aider à
construire un
Irak sûr, démocratique,
fédéral et
libre".
Un appel pour
la forme, qui
n'a pas déclenché
un seul
applaudissement.
Pour
Kofi Annan,
"la force découle
de la loi"
et non l'inverse
Le
secrétaire général
des Nations
unies, Kofi
Annan, a exalté
aujourd'hui le
multilatéralisme
et un monde où
la force découlerait
de la loi et non
l'inverse, dans
une nouvelle
condamnation à
peine voilée de
la politique
irakienne des
Etats-Unis
paru
dans le Figaro
le 21 septembre
2004
"En
ces temps
difficiles, les
Nations unies
sont
l'indispensable
maison commune
de la famille
humaine tout
entière",
a-t-il dit en
ouvrant le débat
annuel de
l'Assemblée générale
de l'Onu, 30
minutes avant
l'intervention
du président américain
George W. Bush
avec qui il est
en désaccord
sur la guerre en
Irak. "Plus
que jamais, le
monde a besoin
d'un mécanisme
efficace par
lequel il puisse
chercher des
solutions
communes à des
problèmes
communs", a
ajouté M. Annan.
"C'est
pourquoi cette
Organisation a
été créée.
N'allons pas
imaginer que, si
nous n'en
faisons pas bon
usage, nous
trouverons un
autre instrument
plus
efficace".
Citant des
extraits du code
d'Hammourabi,
qui régnait il
y a trois millénaires
sur ce qui est
aujourd'hui
l'Irak, il a
qualifié cet
antique recueil
de lois d'
"étape
essentielle dans
la lutte de
l'humanité pour
construire un
monde où, au
lieu que le
droit découle
de la force, la
force découle
de la loi".
"Cette
Organisation,
vos Nations
unies, est fondée
sur le même
principe",
a-t-il dit à
l'Assemblée. M.
Annan a déploré
qu'
"aujourd'hui,
l'état de droit
soit en danger
dans le monde
(...) des lois
fondamentales
soient
honteusement
ignorées, comme
celles qui
imposent le
respect des vies
innocentes, les
civils, les
personnes vulnérables,
en particulier
les
enfants".
A l'appui de ses
dires, il a cité
tout particulièrement
le Darfour,
appelant la
communauté
mondiale à
"porter
secours sans
tarder" à
ses populations.
Il a également
cité l'Ouganda,
le récent drame
de Beslan en
Russie, mais
aussi l'Irak, où
"des civils
sont massacrés
de sang-froid,
des
humanitaires,
des journalistes
et autres
non-combattants
sont pris en
otages et exécutés
de manière
barbare" et
où "on a
vu des
prisonniers
irakiens
victimes
d'exactions
scandaleuses".
M. Annan a aussi
déploré qu'
"en Israël,
des civils, dont
des enfants,
sont délibérément
pris pour cible
par les
kamikazes
palestiniens et
en Palestine des
maisons sont détruites,
des terres
confisquées et
des victimes
civiles
inutilement causées
par
l'utilisation
excessive de la
force par Israël".
"C'est la
loi, y compris
les résolutions
du Conseil de sécurité,
qui offre la
meilleure base
pour résoudre
les conflits
prolongés, au
Proche-Orient,
en Irak et à
travers le
monde",
a-t-il insisté.
M. Annan, dont
le mandat à la
tête de
l'organisation
mondiale s'achèvera
en 2006, a
conclu en
s'engageant à
faire d'ici-là
sa priorité du
renforcement de
l'état de droit
à travers la
planète. Parallèlement,
il a appelé les
dirigeants du
monde à
"faire
plus" pour
promouvoir cet
état de droit
"à l'intérieur
et à l'extérieur
de leurs frontières".
La semaine dernière,
M. Annan avait
qualifié la
guerre en Irak
d' "illégale"
car contraire à
la Charte des
Nations unies,
s'attirant immédiatement
les foudres des
Etats-Unis et de
leurs principaux
alliés.
Intervention
de Jacques
Chirac lors de
la réunion
consacrée à
la lutte
contre la faim
et la pauvreté
New
York, Nations
Unies, le
lundi 20
septembre 2004
paru
dans la Croix
le 21
septembre 2004
"Monsieur
le Président
de la République
fédérative
du Brésil,
Monsieur le
Secrétaire Général
des Nations
Unies,
Mes chers collègues
et amis du
Chili et
d'Espagne,
Mesdames et
Messieurs les
Chefs d’Etat
et de
Gouvernement,
Mesdames et
Messieurs,
La
misère et la
faim sont une
prison, une
prison où
plus d’un
milliard de
femmes,
d’hommes et
d’enfants
consument leur
existence.
L’un des
grands
scandales de
notre temps,
c’est notre
incapacité à
les libérer
de ces maux
alors que nous
en avons les
moyens. Dans
une époque de
richesse et de
progrès, nous
ne pouvons
nous résigner
à être, par
négligence
voir par mépris,
les complices
de
l’injustice
qui leur est
faite. En
abattant les
murs de cette
prison, nous
ferons bien
plus qu’un
acte de générosité.
Nous ferons
acte de
justice,
d’intelligence
et de paix.
Car la dignité
et l’espoir
d’une vie
meilleure sont
les antidotes
les plus
efficaces aux
poisons de la
violence et du
fanatisme. Car
le monde
entier bénéficiera
de l’énergie
et des capacités
de tous ceux
qui seront
enfin libérés
des
contraintes de
la survie.
Nous voyons
aujourd’hui
le renouveau
de la Chine,
du Brésil, de
l’Inde et de
tant
d’autres.
Le
revenu mondial
s’élève
aux alentours
de quarante
mille
milliards de
dollars par
an, quarante
mille
milliards de
dollars. La
valeur du
commerce
international
atteint huit
mille
milliards de
dollars. Ces
chiffres
disent la
puissance et
l’interdépendance
de l’économie
contemporaine.
Ils doivent être
la mesure de
notre
mobilisation.
Voici quatre
ans, la
communauté
internationale
s’est engagée
à mener
d’ici 2015
une action décisive
contre la
pauvreté, la
faim,
l’ignorance,
la maladie, la
discrimination
des femmes, la
destruction de
l’environnement.
Les termes du
contrat sont
clairs. Aux
pays pauvres
de mettre leur
maison en
ordre, d’améliorer
la gouvernance
et de conduire
de bonnes
politiques. En
Asie, en Amérique
Latine ou en
Afrique avec
le NEPAD, des
progrès
importants ont
été
accomplis. Aux
pays riches,
en
contrepartie,
d’assumer
leur devoir de
solidarité.
La France,
comme elle
l’a annoncé,
est engagée
dans
l’augmentation
de son APD qui
atteindra 0,5%
de sa richesse
nationale en
2007 et 0,7%
en 2012.
Malgré
le relèvement
de l’aide
publique au développement
décidé à
Monterrey, qui
doit être
poursuivi,
malgré les
progrès
attendus de la
croissance du
commerce
mondial, nous
savons
parfaitement
qu’au rythme
actuel nous
n’avons
aucune chance,
je dis bien
aucune chance,
de réaliser
nos objectifs.
Il nous faut
trouver au
moins
cinquante
milliards de
dollars supplémentaires
par an d’ici
2015 pour
atteindre nos
engagements.
Et je prenais
l'autre jour
dans un propos
que me tenait
le Président
algérien, le
Président
Bouteflika,
qui me faisait
remarquer
qu'il
suffirait de
trois
milliards de
dollars par an
pour assurer
une éducation
primaire à
tous les
enfants d’Afrique
subsaharienne,
qu'il
suffirait de
trois
milliards par
an pour mener,
avec le Fonds
Mondial, une
action décisive
contre le
sida, la
tuberculose et
le paludisme,
qu'il
suffirait de
deux milliards
pour financer
la recherche
d’un vaccin
contre cette
dernière
maladie.
Quarante
mille
milliards…
Huit mille
milliards…
Cinquante
milliards…
La
disproportion
est flagrante.
Dans un an,
nous ferons le
premier bilan
de la réalisation
des objectifs
du Millénaire.
Devant nos
peuples,
devant les
plus vulnérables,
face aux générations
futures, la
communauté
internationale
n’a pas le
droit
d’esquiver
ses
responsabilités.
Nous avons un
an pour
redresser la
barre. Et je
remercie le Président
Lula qui a
pris
l’initiative
de notre réunion.
Avocat
infatigable
des plus démunis,
dans son pays
et dans le
monde, il
porte, comme
la France,
comme la
France et
quelques
autres
naturellement,
une nouvelle
vision de la
solidarité
internationale.
Au-delà des
divergences
politiques et
des débats
techniques, un
large
consensus
existe désormais
pour reconnaître
l’insuffisance
du dramatique
système
actuel de
financement du
développement,
pour reconnaître
le besoin de
ressources
concessionnelles
stables et prévisibles
et la nécessité,
pour le
satisfaire, de
rechercher de
nouveaux mécanismes.
J’ai souhaité
apporter ma
contribution
à ce débat
crucial. Car
il faut
examiner sans
préjugé
toutes les
solutions
possibles.
Avec le Brésil
et la France,
le Chili et
l’Espagne
ont souhaité
s’associer
à cette réflexion.
Le rapport de
notre groupe
quadripartite
démontre la
possibilité
d’une
approche
commune.
Ses
conclusions
rejoignent
celles d’un
autre groupe,
composé à ma
demande de
personnalités
aux compétences
et sensibilités
les plus variées,
et qui a
examiné la
faisabilité
de nouveaux
instruments.
Non pour se
substituer à
l’aide
publique ou à
l’effort
privé mais
pour les compléter.
Il est désormais
établi que
des solutions
techniquement
réalistes et
économiquement
rationnelles
existent.
Recours à de
nouveaux types
d’emprunt,
instauration,
sur une base
internationale
ou mondiale,
de prélèvements
volontaires ou
obligatoires
pour financer
le développement.
De tels
instruments
peuvent être
conçus selon
des modalités
garantissant
l’absence de
distorsion économique,
la souveraineté
des Etats,
ainsi que la
gestion
transparente
des fonds,
dans le
respect du
contrat de
Monterrey. Des
idées jugées
voici peu
encore
utopiques ou
irresponsables
s’affirment.
Un tabou est
en train de
tomber.
Mettons
l’année à
venir à
profit pour
approfondir la
réflexion et
bâtir les
indispensables
consensus
politiques. Et
je souhaite
que cette
question soit
examinée par
cette Assemblée
Générale et
par celles du
Fonds Monétaire
International
et celle de la
Banque
Mondiale. Et
quant à moi
je proposerai
au Premier
Ministre
britannique
que le
prochain G8
prenne sur ce
sujet, en
Angleterre,
une position
claire et
forte.
Ce
milliard de
femmes,
d’hommes et
d’enfants
prisonniers de
l’extrême
pauvreté et
de la faim, ce
milliard
n’habite pas
une planète
lointaine, il
n'appartient
pas à un
temps reculé.
Nous ne
pouvons pas
faire semblant
de les
ignorer. Car,
au travers des
écrans de la
communication
planétaire et
par
l’effritement
progressif des
frontières,
ils sont
chaque jour
davantage nos
voisins et nos
contemporains.
Abattre
les murs de
leur prison de
misère et de
famine,
c’est
conjurer la
menace du
chaos, c’est
réunifier
l’humanité
dans un même
destin
d’espoir et
de progrès.
Je vous
remercie."
Quel
scénario pour
sortir de la
guerre ?
"Libération"
a interrogé
trois experts
internationaux
sur les
solutions au
conflit
irakien
par
CHRISTOPHE BOLTANSKI,
PASCAL RICHE et
ARMELLE THORAVAL,
publié dans Libération
le 22 septembre
2004
Les
Etats-Unis
peuvent-ils
sortir du
bourbier irakien
? Dans la foulée
de John Kerry,
candidat démocrate
à la présidentielle,
trois experts -
Hosham Dawod,
irakien,
anthropologue au
CNRS, Toby Dodge,
chercheur en
relations
internationales
au Queens Mary
College de
l'université de
Londres, et Joe
Wilson, ancien
ambassadeur et
dernier
diplomate américain
en poste en Irak
- tentent
d'esquisser un
plan de sortie.
1- Un
retrait de la
coalition
est-il
envisageable ?
Hosham
Dawod.
Dans l'état
actuel, non.
Si les Américains
décidaient de
partir, ce
serait aussi
catastrophique
que leur décision
d'envahir
l'Irak. Rien
sur place ne
peut permettre
à cet Etat
fantomatique
de se
maintenir. A
terme, c'est-à-dire
d'ici deux ou
trois ans, le
départ des Américains
n'est pas
seulement
envisageable,
mais
souhaitable.
La fixation
d'un
calendrier
leur
permettrait de
ne plus être
perçus comme
des occupants
et entraînerait
un rééquilibrage
des forces
politiques en
Irak.
Toby Dodge
. Cela accroîtra
la violence,
au moins à
court terme.
Elle est
certes centrée
sur les
troupes américaines,
mais pas
seulement.
Depuis le 28
juin, ces
dernières
sont dans une
large mesure
cantonnées
dans leurs
casernes. Les
insurgés
prennent
davantage pour
cibles les
autorités et
les forces de
l'ordre
irakiennes.
C'est désormais
une guerre
pour le contrôle
du territoire
et de l'Etat
irakiens qui
se déroule.
Joe
Wilson. Il
faut d'abord
essayer de
convaincre le
reste du monde
de participer
à un effort
international
pour mettre
fin à
l'instabilité
en Irak et
lancer un vrai
projet de
reconstruction.
Un Irak
instable au
coeur du
Moyen-Orient,
c'est un problème
pour tout le
monde, pas
seulement pour
les Etats-Unis.
Cette
administration
n'a plus
aucune crédibilité,
mais un
changement
d'administration
pourrait
ouvrir de
nouvelles
possibilités
de dialogue
diplomatique.
Cela dit, s'il
est impossible
de trouver un
consensus
international,
il faudra se
demander si la
présence des
troupes américaines
en Irak ne
participe pas
davantage du
problème que
de la
solution.
2- Y
a-t-il un
risque de
guerre civile
?
Hosham
Dawod. En
dépit de
conflits très
durs, l'Irak
n'est pas à
la veille
d'une guerre
civile, sauf
si un vide
dangereux
s'installait.
Le risque
existe
pourtant,
notamment à
Kirkouk,
revendiqué
par les Kurdes
et les Arabes.
Toby Dodge.
Nous devons être
très
attentifs à
ce terme. Un
exemple de
guerre civile
est celui du
Liban, avec
des milices très
organisées,
liées à des
positions
religieuses
bien identifiées.
La situation
irakienne
ressemble
davantage au
cas somalien,
caractérisé
par
l'anarchie.
Joe
Wilson.
Oui, il est réel,
et il pourrait
conduire à un
éclatement du
pays. La force
qui n'est pas
encore sur le
champ de
bataille, ce
sont les
chiites,
majoritaires.
Si l'on est
obligé de
retarder l'élection
d'une Assemblée
constituante,
en janvier,
quelle sera la
réponse de
Moqtada
al-Sadr (l'imam
radical, ndlr)
ou de
l'ayatollah
Ali Sistani (plus
haut
dignitaire
religieux
chiite, ndlr) ?
3- Le
pays peut-il
être géré
par le
gouvernement
intérimaire ?
Hosham
Dawod. Actuellement,
il est
incapable
d'assurer seul
la sécurité,
de rétablir
les
infrastructures
ou de
redresser l'économie.
Sur les 40.000
policiers
recrutés à
ce jour, moins
de 2.400 ont
été formés.
Ce
gouvernement a
aussi un grave
problème de
représentativité,
en dépit des
différents
courants qui
le composent.
C'est une
juxtaposition
de partis et
non un tout
cohérent. A
l'approche des
élections,
ces divisions
internes au
sein de l'équipe
gouvernementale
s'accroissent.
Chacun joue de
son côté.
Toby Dodge.
Je ne
crois pas
qu'il puisse gérer
le pays.
Allaoui n'a
pas d'armée
sur laquelle
s'appuyer. Il
ne peut avoir
confiance dans
la garde
nationale et
pas davantage
dans les
forces de
police
irakiennes. Il
essaie de
reconstruire
tout un système
de défense à
partir de
rien, alors
que le système
était
auparavant très
organisé et
discipliné.
Second point,
il est trop lié
aux Etats-Unis.
Joe
Wilson. Pour
contrôler la
situation, une
autorité
centrale doit
disposer,
sinon du
monopole de la
force, au
moins d'une
force prépondérante.
Aujourd'hui,
si le
gouvernement
Allaoui
dispose d'une
telle force,
c'est
uniquement grâce
à la présence
des troupes américaines.
En cas de
retrait, la
question sera
de savoir s'il
peut trouver
assez d'alliés
internes pour
maintenir sa
prépondérance.
C'est douteux.
4-
Peut-on négocier
avec la guérilla
?
Hosham
Dawod. Le
gouvernement
irakien a
essayé de
tirer vers lui
une frange de
la guérilla,
principalement
baasiste.
Cette
politique a échoué.
Est-ce que les
Irakiens sont
capables tout
seuls de
surmonter
leurs
divisions ?
J'en doute.
Les pays
arabes voisins
sont trop
impliqués
pour pouvoir
jouer un rôle.
La communauté
internationale,
elle, peut
jouer un rôle
et notamment
accompagner
collectivement
la période de
transition.
Mais l'Europe
et la France
doivent alors
être prêtes
à mobiliser
des hommes et
des moyens. Se
contenter de
critiquer la
guerre d'Irak
ne fait pas
une politique.
Toby Dodge.
C'est la
question
cruciale. Mais
il y a vingt
ou trente
organisations
qui
combattent. Il
n'y a pas de
chef de file,
donc pas
d'interlocuteur
pour négocier.
Aucune
organisation
irakienne
n'est
aujourd'hui en
mesure de
contrôler
l'insurrection.
Je ne vois pas
comment les
choses
pourraient
s'apaiser.
Cela ne peut
qu'empirer. La
seule issue
est une
intervention
multilatérale,
à travers les
Nations unies.
Joe
Wilson. Ce
n'est pas une
guérilla,
mais plutôt
un mouvement
de résistance
à
l'occupation.
Pour discuter
avec ce
mouvement, il
faut assurer
un processus
plus paisible,
vers un
gouvernement
plus représentatif.
Mais il y a
des forces en
Irak avec
lesquelles il
sera très
difficile de
discuter -
les gens qui
se battent à
Fallouja, les
extrémistes
sunnites -
car ce sont
les perdants,
quoi qu'il
arrive. Mais
il faut
toujours
essayer de
parler.
Re-redéploiements...
par
ISSA GORAIEB, publié
dans
l'Orient-le
Jour le 22
septembre 2004
Quelle
trouvaille,
tout de même,
que ce terme
de "redéploiement"
consacré par
l’accord de
Taëf et désignant
la subtile manœuvre
qui consiste
à retirer des
unités
militaires de
certaines
positions pour
leur en
assigner
d’autres un
peu plus loin
: sans évidemment
que ces
mouvements
impliquent nécessairement
un
rapatriement
de ces
troupes. Voilà
qui revient à
ne retirer ses
billes d’une
poche que pour
mieux les
enfourner dans
l’autre.
Jusqu’à
nouvel ordre,
c’est cette
même
impression de
déjà-vu,
pour ne pas
dire de tour
de
passe-passe,
que laisse
l’opération
syrienne entamée
hier matin au
Liban et qui
n’affecte
d’ailleurs
qu’une
modeste partie
des effectifs
présents sur
notre sol
depuis déjà
28 ans. A
l’évidence,
il ne s’agit
là que d’un
geste
d’apaisement
adressé à la
communauté
internationale,
et en premier
lieu à l’Amérique,
et qui ne
saurait
raisonnablement
convaincre que
s’il est
suivi d’une
série de
mesures plus
concrètes.
Fait
significatif,
c’est
l’ambassadeur
syrien à
Washington
Imad Moustapha
qui, le
premier, a
fait
l’annonce de
ce mouvement
qu’il a
qualifié de
"majeur".
Et tout en
expliquant que
la situation
au Liban
inspire
davantage
confiance, le
diplomate
s’est réjoui
d’une décision
propre selon
lui à
satisfaire
toutes les
parties.
Ce
clin d’œil
appuyé à
l’Oncle Sam
ne sera pas
trop apprécié
en revanche
par les
autorités de
Beyrouth, dont
on peut même
se demander si
elles ont été
prévenues à
l’avance du
timing précis
de ce redéploiement.
Il a l’air
fin en tout
cas, le
pouvoir local
qui, pour
contrer la résolution
1559, se
propose de
vendre à l’Assemblée
générale des
Nations unies
l’invendable
fiction d’un
Liban
effectivement
maître de sa
décision : et
seul habilité
donc à
traiter avec
Damas de la présence
sur son
territoire de
l’armée
syrienne.
Faudra-t-il
donc remercier
la Syrie
d’avoir
elle-même
fait un sort
à ce genre de
balivernes en
quêtant de
manière aussi
voyante la tolérance,
la
bienveillance
de Washington
? En
viendra-t-on
à se féliciter
du scandale de
la
reconduction
manu militari
du mandat
Lahoud, qui,
tout en
rameutant la
planète sur
les
agissements de
Damas, a
suscité une
salutaire
prise de
conscience
interne et sécrété
pour la première
fois un large,
un sérieux et
crédible
mouvement
d’opposition
multiconfessionnelle
? Est-ce en
harcelant ses
partisans à
coups de
rafles et
perquisitions
que le pouvoir
espère réduire
un Walid
Joumblatt,
dont la
stature, de
par son
attachement
forcené aux
libertés
publiques et
son courageux
refus des ingérences
syriennes, dépasse
de très loin
aujourd’hui
celle d’un
chef
traditionnel
druze ? Et
comment un
comportement
aussi
mesquinement
vindicatif
peut-il donner
quelque
consistance
aux bonnes résolutions
prêtées au régime,
au changement
des mentalités,
auquel il
appelle lui-même
?
A quand
enfin
d’autres
Joumblatt,
qui, sans
remettre en
cause leurs
principes
arabes et
leurs choix
stratégiques,
rejettent le
prétexte sécuritaire
brandi pour
justifier le règne
des
Moukhabarate
(services de
Renseignements),
comme le
souligne le
manifeste
publié hier
par son bloc
parlementaire
? S’agissant
d’une classe
politique
libanaise
aussi
versatile que
veule et dont
une bonne
partie s’est
accommodée
tour à tour
et sans
transition,
sans trop d’états
d’âme, de
l’ordre israélien
comme de l’hégémonie
syrienne,
c’est l’éternelle
histoire de la
poule et de
l’œuf.
Faut-il bouger
sur place pour
appeler les
vents
favorables ?
Faut-il plutôt
attendre que
le vent ait
franchement
tourné pour
se risquer à
mettre le nez
dehors ? Walid
Joumblatt, ses
compagnons et
ses alliés de
Kornet
Chehwane, du
Forum et de la
Gauche démocratique
ont choisi,
eux, de
bouger. Ils
ont opté pour
l’œuf. Aux
autres, la
poule. Mouillée,
comme de bien
entendu.
Liban
: découverte
du premier réseau
d'Al-Qaida
paru
dans le
Figaro le 22
septembre
2004
Le
ministre
libanais de
l'Intérieur a
annoncé cet
après-midi la
découverte du
"premier
réseau d'Al-Qaida"
au Liban, et
l'arrestation
de son chef et
de certains de
ses membres
dans le cadre
de l'enquête
sur une
tentative
d'attentat
contre
l'ambassade
d'Italie à
Beyrouth. Le
ministre,
Elias Murr, a
précisé lors
d'une conférence
de presse que
le Libanais
Ismaïl
Mohammad
Al-Khatib,
"chef
d'un réseau
lié au
mouvement
terroriste
Al-Qaida"
de ben Laden
avait été
arrêté dans
l'ouest de la
Békaa, région
à population
majoritairement
sunnite.
"C'est la
première fois
que le Liban démantèle
un réseau d'Al-Qaida",
a-t-il souligné.
Selon M. Murr,
ce réseau,
qui ne s'est
pas doté
d'une
appellation
particulière,
s'était fixé
pour rôle
"d'embrigader
de jeunes
fondamentalistes
pour mener des
opérations
contre les
forces de la
coalition en
Irak". Le
ministre a
ajouté que,
au total, dix
personnes soupçonnées
d'appartenir
à ce réseau
avaient été
arrêtées. M.
Murr a indiqué
qu'il se
contentait de
fournir à la
presse
"les détails
que permet de
dévoiler
l'enquête en
cours"
sur le projet
d'attentat
contre
l'ambassade
d'Italie à
Beyrouth déjoué
récemment. Le
ministre de la
Défense
italien
Antonio
Martino avait
indiqué hier
à Rome qu'un
projet
d'attentat à
la voiture piégée
contre
l'ambassade
d'Italie à
Beyrouth
avaient été
déjoué par
les services
de
renseignement
militaires
italiens
John
Kerry
reprend
l'offensive
et dénonce
"les
fautes
colossales"
de George
Bush
"La
politique du
président a
affaibli
notre sécurité
nationale",
affirme le
candidat démocrate
paru
dans le
Monde du 22
septembre
2004
L'opposition
entre George
Bush et John
Kerry a pris
un tour plus
brutal, au
sujet de
l'Irak, alors
que le président
américain
devait
s'adresser,
mardi 21
septembre, à
l'Assemblée générale
de l'ONU, puis
recevoir,
jeudi, à
Washington, le
chef du
gouvernement
intérimaire
irakien, Iyad
Allaoui.
Lundi, le
candidat démocrate
a prononcé,
à New York,
un discours
accusant M.
Bush d'avoir
commis des "fautes
de jugement
colossales"
et d'avoir
provoqué, en
Irak, un "chaos"
plus
dangereux que
le régime de
Saddam
Hussein.
L'assassinat
d'un otage américain,
revendiqué
lundi, est
venu rappeler,
après des
attentats qui
ont tué des
dizaines
d'Irakiens,
que les
affrontements,
dans ce pays,
ne sont pas en
voie
d'apaisement.
La presse a
fait état, il
y a plusieurs
jours, d'un
rapport de
synthèse des
services de
renseignement,
présenté à
M. Bush en
juillet, et décrivant,
parmi trois scénarios
pessimistes,
le risque
d'une guerre
civile. Néanmoins,
dans ses
discours de
campagne, le
président
sortant a
continué à
parler de la
situation
irakienne en
termes
positifs, ce
qui lui a valu
des critiques
cinglantes de
M. Kerry -
"est-ce
que le président
lit les
journaux
?",
s'est demandé
le candidat démocrate
- et des
observations,
plus mesurées,
mais aussi gênantes,
de sénateurs
républicains.
"Le président
pourrait être
plus
franc",
a déclaré,
notamment, sur
Fox News, John
McCain.
Le
discours
prononcé par
M. Kerry,
lundi, à la
New York
University,
est une mise
en accusation
de M. Bush
pour les
propos qu'il
tient
aujourd'hui et
pour les décisions
qu'il a
prises, depuis
dix-huit mois,
au sujet de
l'Irak. Le sénateur
du
Massachusetts
a reproché au
président de
ne pas dire "la
vérité qu'il
doit aux
troupes et au
peuple américain".
Il a mis en
cause, aussi,
le secrétaire
à la défense,
Donald
Rumsfeld, pour
avoir dissimulé
la réalité
du nombre de
soldats et de
policiers
irakiens ayant
suivi un entraînement
complet et
capables, par
conséquent,
de prendre le
relais des
troupes américaines
dans la lutte
contre les
insurgés. "La
violence
contre les
Irakiens, des
attentats aux
enlèvements
et à
l'intimidation,
est en
augmentation",
a souligné M.
Kerry. Alors
que certains
de ses
conseillers
lui avaient
recommandé de
dire qu'il
regrettait
d'avoir voté,
en octobre
2002, au Sénat,
la résolution
autorisant M.
Bush à
employer la
force contre
Saddam
Hussein, le
candidat démocrate
a maintenu que
ce vote était
justifié,
afin de donner
au président "l'autorité"
nécessaire
pour faire
pression sur
Bagdad. Mais,
pour le reste,
M. Kerry a récusé
tous les
motifs invoqués
pour faire la
guerre.
"La
politique du
président, en
Irak, n'a pas
renforcé
notre sécurité
nationale,
elle l'a
affaiblie",
a-t-il déclaré,
reprochant à
M. Bush de
n'avoir écouté
que "des
idéologues"
- sous-entendu
les néoconservateurs
- et d'avoir
ignoré ou écarté
ceux qui "disaient
la vérité"
sur les
dangers et le
coût de la
guerre. M.
Bush mettant
en avant
l'Irak comme
preuve de ses
qualités de
chef d'Etat,
M. Kerry lui a
répondu en détaillant
ses fautes de
jugement et en
soulignant que
son refus de
les reconnaître
est inquiétant
pour l'avenir.
Pour en
sortir, le
candidat démocrate
a présenté
quatre
orientations générales
: obtenir
d'autres pays
qu'ils
s'engagent en
Irak ;
organiser sérieusement
l'entraînement
des forces
irakiennes ;
investir
vraiment dans
la
reconstruction
du pays, en
offrant des
emplois aux
Irakiens ;
garantir les
élections "l'année
prochaine".
M. Bush, qui a
pris la
parole, dans
le New
Hampshire,
quelques
heures après
le discours de
M. Kerry, a
assuré que ce
plan est celui
que son
gouvernement
met en œuvre.
Il a affirmé
que les
Irakiens "auront
des élections
en
janvier".
L'accord
exprimé par
le président
avec son
adversaire
s'est arrêté
là. M. Bush a
vigoureusement
dénoncé tous
les autres
propos de M.
Kerry, accusé
d'avoir encore
changé
d'avis. Il a
rappelé des
propos du sénateur
du
Massachusetts,
reprochant à
Howard Dean,
l'un de ses
concurrents
des primaires
démocrates,
d'avoir dit
que la capture
de Saddam
Hussein, en décembre
2003, ne
mettait pas
l'Amérique
plus en sécurité.
Aujourd'hui,
John Kerry "préfère
la stabilité
d'une
dictature à
l'espoir et à
la sécurité
d'une démocratie",
a lancé M.
Bush. Il a
expliqué, de
nouveau, que
ceux qui
combattent les
forces américaines,
en Irak,
veulent que
les Etats-Unis
"s'en
aillent",
afin d'empêcher
la démocratie
de s'établir.
"Notre
travail, en
Irak, est
absolument
essentiel pour
la sécurité
de notre
pays",
a martelé le
président. Il
a condamné
ceux qui
envoient des "signaux
mitigés"
- M. Kerry,
mais peut-être,
aussi, les sénateurs
républicains
indociles -,
car ce sont de
"mauvais
signaux"
pour les
Irakiens, pour
les alliés et
pour les
soldats.
Devant
l'Assemblée générale
des Nations
unies, à
laquelle il
devait
s'adresser,
comme chaque
année, depuis
2001, M. Bush
prévoyait
d'expliquer
que l'action
menée pour
libérer
l'Afghanistan
et l'Irak de régimes
tyranniques
doit se
prolonger par
un effort général
pour "étendre
la prospérité
et accélérer
la marche de
la liberté
dans le
monde".
Son propos
devait se
situer dans
l'axe de
discours passés,
consacrés à
la nécessité,
pour les pays
occidentaux,
de s'unir,
sous la bannière
des Etats-Unis,
pour diffuser
la démocratie.
La chaîne de
télévision
américaine
CBS a reconnu,
lundi 20
septembre,
avoir fait une
"erreur"
en
diffusant des
documents à
l'authenticité
douteuse sur
le passé
militaire de
George Bush,
le 8
septembre,
dans son émission
"60
minutes".
Ces documents
accusaient le
président américain
d'avoir bénéficié
d'appuis lors
de son service
dans la garde
nationale. Le
journaliste
vedette de la
chaîne, Dan
Rather, a présenté
ses excuses,
lundi soir,
lors de son
journal télévisé.
"Je
suis désolé",
a-t-il dit.
"Sergent
recruteur"
d'Al-Qaida
L'ambassadeur
de
Grande-Bretagne
en Italie a
estimé que
le président
américain
George Bush
"est le
meilleur
sergent
recruteur"
d'Al-Qaida,
selon des
propos
rapportés,
lundi 20
septembre,
par le
quotidien Corriere
della sera.
"Si
quelqu'un
doit se préparer
à fêter l'éventuelle
réélection
de Bush,
c'est
Al-Qaida",
aurait déclaré
Ivor Roberts
lors d'une
conférence
britanno-italienne,
à huis
clos,
organisée
par le
British
Council, ce
week-end, à
Pontignano,
près de
Sienne. Sans
commenter la
teneur de
cette
affirmation,
l'ambassade
a rappelé
que les
propos tenus
lors de
cette conférence,
qui réunissait
des
responsables
politiques
britanniques
et italiens,
auraient dû
rester
confidentiels.
Par l'intermédiaire
du Foreign
Office, M.
Roberts a
publié un
communiqué
dans lequel
il déclare
: "Ces
propos tels
qu'ils ont
été
rapportés
ne reflètent
pas mon
opinion
personnelle."