Plus les
Etats-Unis s'enlisent
dans l' "après-guerre"
d'Irak, plus les déclarations
de responsables américains
se font fracassantes.
La dernière en date
est celle du président
Bush lui-même, qui a
affirmé qu'il ne détenait
pas encore de preuves
de l'implication de
Saddam Hussein dans
les attentats du 11
septembre. Pendant ce
temps, un grand nombre
de soldats américains
restent convaincus du
contraire, qui aura été
la principale
motivation de
leur participation à
cette guerre. Nous
publions à ce sujet
un article qui vient
de paraître dans le
Monde, ainsi
qu'une interview
d'actualité de Donald
Rumsfeld réalisée
par le Canard
enchaîné.
Les interviews
(presque) imaginaires
du "Canard"
Propos (presque)
recueillis par
FREDERIC PAGES et
publiés dans le
Canard enchaîné du
10 septembre
2003
Dans l'avion qui le
ramène de l'Orient
compliqué, le secrétaire
à la Défense américain
nous invite à déjeuner
simplement. (Le
texte de cet
entretien a été
relu et amendé par
Donald Rumsfeld.)
- Alors,
Donald, votre
sentiment, après
ces deux jours en
Irak ?
(effondré) On l'a
voulu, on l'a eu.
- Qui ?
Saddam ?
Non, le bordel !
- Mais à
Bagdad vous avez dit
: "Quel
merveilleux début
!"
C'est vrai. La
canicule là-bas a
tué moins de vieux
que chez vous. Non,
je plaisante... En
fait, j'adore la
France. (Il sonne le
maître d'hôtel.)
Roquefort pour tout
le monde ! Et je
confirme que notre
présence en Irak
est un succès. La
preuve : Saddam
Hussein n'a pas réussi
à me choper.
- Pourtant
deux missiles
sol-air ont été
tirés contre un
avion américain qui
décollait de l'aéroport
de Bagdad quelques
heures avant votre départ.
Cela prouve qu'il
existe là-bas des
armes de destruction
massive ! J'ai
failli les prendre
en pleine poire !
- Ensuite
vous avez décollé
vers
l'Afghanistan...
Tout va bien là-bas
! J'ai pu rester
quelques heures à
Kaboul au nez et à
la barbe de mollah
Omar, qui n'a pas réussi
à me tendre une
embuscade.
- Revenons
à l'Irak.
Finalement, vous
appelez à l'aide le
reste du monde...
Vous avez aimé les
Américains, vous
adorerez l'ONU, sa
bureaucratie, ses
motions
inapplicables...
- Mais ça
ne vous gêne pas de
tendre la main aux
Français et aux
Allemands ?
J'adore le Vieux
Continent ! (Il tape
dans ses mains.)
Blanquette de Limoux
pour tout le monde !
Comme l'a dit George
W, oublions
"nos
divergences passées".
Partageons-nous
tranquillement
l'Irak. Vous vous
occupez des feux
rouges, nous nous
occupons des puits
de pétrole.
- Mais le président
Bush vient de
demander une
rallonge de 87
milliards de dollars
au Congrès pour
continuer la guerre
!
C'est un hommage à
la France. Il
s'inspire de
Raffarin et de
Chirac. Moins il y a
d'argent dans la
caisse, plus on en dépense
! Vous reprenez des
frites ? C'est le
moment : nous allons
à nouveau les
appeler "French fries".
- Par décret
?
Non, par un vote
solennel de l'ONU.