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INTERVIEW
RJLIBAN N°39 du 13
décembre 2006
www.rjliban.com
L'ancien
président américain
Jimmy Carter
accuse Israël
de pratiquer
l'"apartheid"
par
ERIC LESER,
publié dans le
Monde du 12 décembre
2006
L'ancien
président américain
Jimmy Carter,
82 ans, Prix
Nobel de la
paix en 2002,
est au coeur
d'une vive polémique
depuis la
publication,
il y a deux
semaines, de
son dernier
livre : Palestine
: Peace Not
Apartheid
("Palestine
: la paix, pas
l'apartheid").
L'ouvrage
retrace l'évolution
du processus
de paix depuis
les accords de
Camp David
entre Israël
et l'Egypte,
signés en
1978 sous sa
présidence,
jusqu'aux élections,
en 2006, dans
les
territoires
palestiniens où
Jimmy Carter a
mené une
mission
d'observation.
Il blâme les
Palestiniens
et les
Etats-Unis
pour les échecs
du processus
du paix, mais
surtout la
politique israélienne.
Dès la veille
de la
publication du
livre, Nancy
Pelosi, future
numéro un démocrate
de la Chambre
des représentants,
a pris ses
distances avec
M. Carter,
affirmant qu' "il
ne parle pas
au nom du
Parti démocrate
sur Israël".
Il y a
quelques
jours, Kenneth
Stein,
ex-directeur
du Centre
Carter,
organisation
de défense
des droits de
l'homme, et
directeur du
Centre d'études
sur Israël de
l'université
Emory, a démissionné
et rompu
publiquement
avec l'ancien
président. Il
juge son livre
"basé
sur des
analyses
simplistes,
bourré
d'erreurs
factuelles, de
matériaux
copiés et non
cités,
d'omissions et
de parties
tout
simplement
inventées".
Le Centre
Simon-Wiesenthal,
l'un des
principaux
groupes
mondiaux de défense
juifs, a lancé
une pétition
condamnant
l'utilisation
par M. Carter
du mot
"apartheid".
Dans une
lettre ouverte
à l'ancien président,
publiée dans
plusieurs
quotidiens,
des
organisations
comme l'Anti-Defamation
League et l'American
Jewish
Committee dénoncent
des critiques "injustes
et infondées"
qui "accordent
peu
d'attention au
fait qu'Israël
est attaqué
sans cesse
depuis sa création
et menacé
d'annihilation."
Jimmy
Carter a répliqué
en soulignant
que le mot
"apartheid"
ne faisait pas
référence à
un quelconque
racisme de la
part d'Israël
envers les
Palestiniens
mais au "désir
d'une minorité
d'Israéliens
de confisquer
et de
coloniser des
sites
palestiniens".
Il ajoute que "le
livre décrit
l'abominable
oppression et
les persécutions
dans les
territoires
palestiniens
occupés, le
rigide système
de
laissez-passer
et la ségrégation
stricte entre
citoyens
palestiniens
et colons
juifs en
Cisjordanie.
De bien des
manières,
c'est plus
oppressant que
pour les Noirs
vivant en
Afrique du Sud
au temps de
l'apartheid".
L'ancien président
s'en prend,
dans un
article publié
par le Los
Angeles Times
intitulé
"Parler
franchement
d'Israël et
de la
Palestine"
aux "critiques
(de son
livre) dans
les principaux
médias qui
ont été écrites,
dans leur
grande majorité,
par des représentants
d'organisations
juives".
Il affirme
vouloir faire
tomber "le
mur impénétrable"
qui empêche
le public américain
de voir la
souffrance des
Palestiniens.
Interrogé par
Forward,
un magazine de
la communauté
juive américaine,
Jimmy Carter
rappelle qu'il
a négocié
l'accord de
Camp David : "Je
n'ai pas à
donner des références
concernant mon
désir
d'apporter la
paix à Israël",
dit-il.
Dans
un de ses
derniers
discours, Kofi
Annan critique
sévèrement
l'administration
Bush
paru
dans le Monde
du 12 décembre 2006
Dans
une
intervention
largement
considérée
comme un
discours
d'adieu, à
quelques
semaines de la
fin de son
mandat à la tête
des Nations
unies, Kofi
Annan a
clairement
critiqué,
lundi 11 décembre,
les Etats-Unis,
laissant
entendre
qu'ils ont
bafoué leurs
valeurs
fondatrices
dans leur
lutte contre
le terrorisme.
"Ce
pays a
historiquement
été à
l'avant-garde
du mouvement
des droits de
l'homme",
a noté M.
Annan dans le
discours qu'il
devait
prononcer à
Independence
(Missouri),
distribué à
l'avance. "Mais
ce rôle ne
peut se perpétuer
que si l'Amérique
reste fidèle
à ses
principes, même
dans la lutte
contre le
terrorisme",
a-t-il ajouté,
estimant que
"les
droits de
l'homme et l'Etat
de droit sont
vitaux pour la
sécurité
globale et la
prospérité".
Lorsque l'Amérique
"semble
abandonner ses
propres idéaux
et objectifs,
ses amis à l'étranger
sont
naturellement
troublés",
a-t-il
poursuivi,
alors que
l'armée américaine
a été au
centre de
plusieurs
scandales en
Irak et que le
camp de détention
de Guantanamo
et les méthodes
de la CIA ont
donné
l'impression
que les
Etats-Unis
s'affranchissaient
des règles
internationales.
Dans une
allusion
claire à
l'invasion de
l'Irak en 2003 -
à laquelle il
s'était opposé
-, M. Annan
continuait : "Lorsque
la force, en
particulier la
force
militaire, est
utilisée, le
monde la
considère légitime"
seulement si
elle est
utilisée dans
"un
but
juste"
et pour des "objectifs
communs en
accord avec
des normes
globalement
acceptées".
Le secrétaire
général de
l'ONU, qui
sera remplacé
par le Sud-Coréen
Ban Ki-moon le
1er
janvier
prochain, a
prononcé son
discours
depuis la
bibliothèque
présidentielle
Harry-Truman,
qualifiant cet
ancien
dirigeant des
Etats-Unis
(1945-1953) de
"pionnier"
pour avoir
contribué à
l'émergence
des Nations
unies. Tout au
long de son
texte, M.
Annan a loué
l'administration
Truman, alors
qu'il n'a pas
une seule fois
prononcé le
nom de
l'actuel président,
George W.
Bush.
Réformer
le Conseil de
sécurité de
l'ONU
"Comme
le disait le
président
Truman, 'la
responsabilité
des grands
Etats est de
servir et non
de dominer les
peuples du
monde' ",
a-t-il estimé.
Et d'expliquer
que
l'ordonnateur
du largage de
deux bombes
atomiques sur
le Japon en
1945, qui fit
des Etats-Unis
le seul pays
à avoir fait
usage d'armes
nucléaires,
apprit de
cette expérience
que la sécurité
devait désormais
"être
collective et
indivisible".
Tirant les leçons
de ses dix années
passées à la
tête de
l'ONU, il a
fortement
plaidé pour
davantage de
multilatéralisme.
"Plus
que jamais,
les Américains,
comme le reste
de l'humanité,
ont besoin
d'un système
global à
travers lequel
les
populations
peuvent faire
face ensemble
aux défis"
tels que la
prolifération
nucléaire, le
changement
climatique, le
terrorisme et
les pandémies.
"Face
à ces
dangers,
aucune nation
ne peut
assurer sa sécurité
en cherchant
à dominer les
autres. Nous
partageons
tous la
responsabilité
de la sécurité
de
chacun",
a poursuivi
Kofi Annan.
Il a
notamment suggéré
une réforme
du Conseil de
sécurité,
expliquant que
sa composition
"reflète
toujours la réalité
de 1945, mais
pas celle
d'aujourd'hui".
Pour y
parvenir, le
secrétaire général
a souhaité
que "les
pays en voie
de développement
[aient] une
voix plus
forte" au
sein des
institutions
internationales. En
guise de
conclusion, il
a rappelé que"les
Américains
ont tant fait
lors du siècle
dernier pour
construire un
système
multilatéral
efficace, au
centre duquel
se trouvent
les Nations
unies",
et appelé les
dirigeants
actuels aux
Etats-Unis à
poursuivre
dans cette
voie, sur les
pas de Harry
Truman.
Benoît
XVI : la course
aux énergies
menace la paix
du monde
publié
par l'AFP le 12
décembre 2006
Les
injustices et
les tensions
provoquées par
la course aux
sources d'énergie
sont une menace
pour la paix du
monde, souligne
le pape Benoît
XVI dans son
message annuel
pour la paix
publié mardi.
Le pape
met en garde
contre les conséquences
de "la
course aux
ressources
disponibles sans
précédent"
provoquée par
"la raréfaction
des
approvisionnement
énergétiques",
qui laisse de
nombreux pays
sur le bord du
chemin.
"Que
deviendront les
populations de
ces régions",
demande le chef
de l'Eglise
catholique.
"Quelles
injustices et
quelles
oppositions
provoquera la
course aux
ressources d'énergie
? Et comment réagiront
les exclus de
cette course
?" Dans
ce message publié
en prévision de
la journée
mondiale de la
paix, célébrée
le 1er janvier,
Benoît XVI dénonce
"la
destruction de
l'environnement,
son usage
impropre ou égoïste
et la mainmise
violente sur les
ressources de la
terre" qui
"engendrent
des déchirures,
des conflits et
des guerres
(...) parce
qu'ils sont le
fruit d'une
conception
inhumaine du développement".
Assassinat
Hariri :
l’enquête
Brammertz
progresse, le
lien entre tous
les attentats ne
fait plus de
doute
Lire
le rapport détaillé
de Serge
Brammertz sur
notre site
Internet
paru
dans l'Orient-le
Jour le 13 décembre
2006
Plus
aucun doute, désormais
: pour la
commission
d’enquête sur
l’assassinat
de Rafic Hariri,
il existe un
lien entre les
différents
attentats qui se
sont déroulés
au Liban depuis
le 1er octobre
2004. C’est en
tout cas ce que
confirme le sixième
rapport d’étape
rédigé par le
magistrat Serge
Brammertz, qui a
été remis le
12 décembre
2006 à New York
au secrétaire général
sortant de
l’ONU, Kofi
Annan. Le
rapport révèle
en outre que
l’homme qui a
actionné la
bombe le 14 février
2005, tuant
Rafic Hariri,
Bassel Fleyhane
et leurs
compagnons,
"n’a pas
passé sa
jeunesse au
Liban" et
n’aurait résidé
dans le pays que
deux ou trois
mois avant
l’attentat.
Par ailleurs, il
fait part des
premiers résultats
de l'enquête
sur l'assassinat
de Pierre
Gemayel le 21
novembre 2006.
Toujours à New
York, c’est
avec fermeté
que le Conseil
de sécurité a
pris position,
dans le cadre
d’une déclaration
présidentielle,
en faveur du
gouvernement
"légitime
et démocratiquement
élu du
Liban",
auquel il a
exprimé
"un appui
sans réserve".
Cependant, la séance
a failli tourner
à l’incident
diplomatique
entre la France
et la Russie,
Moscou exprimant
des réserves
sur la
formulation du
texte proposé.
Le soutien du
Conseil de sécurité
est venu
s’accompagner
d’une déclaration
sans appel de la
secrétaire d’Etat
US, Condoleezza
Rice, qui a
affirmé en
direction de
Damas et de Téhéran
que l’avenir
du Liban
"n’est
pas négociable".
Sur la scène
interne, le
Conseil des
ministres
s’est réuni
mardi pour
adopter le
projet de
tribunal
international,
avant de le
transférer immédiatement
à la Chambre
pour
ratification.
"La
presse en état
de siège"
ou
"l’art"
de réprimer
les
journalistes
dans les pays
arabes
Deuxième
jour du séminaire
pour la commémoration
de
l’assassinat
de GEBRAN
TUENI
par
SUZANNE
BAAKLINI, publié
dans
l'Orient-le
Jour le 12 décembre
2006
La deuxième
journée du séminaire
organisé à
l’hôtel Le
Royal de
Dbayeh, en
hommage à
Gebran Tuéni,
a été une
occasion de
constater
tristement la
pitoyable
situation de
la presse dans
les pays
arabes, qui
continuent de
rivaliser de répression
contre les
journalistes.
Certains
d’entre eux,
venus de
Tunisie, du
Maroc, de
Bahreïn ou
d’Egypte,
ont témoigné
hier de leurs
malheurs,
souvent avec
humour (mieux
vaut en rire
!), lors des
deuxième et
troisième
sessions de
l’événement
consacré à
la première
commémoration
de
l’assassinat
de Gebran Tuéni,
organisé par
an-Nahar et
l’Association
mondiale de
journaux, sous
le thème de
"La
presse en état
de siège".
L’omniprésent
et très
subtil problème
de la censure,
qui mène tout
naturellement
à
l’autocensure,
a été
largement
abordé durant
la première
session de la
journée.
Ahmad
Benchemsi,
directeur de
Tel Quel au
Maroc, a
affirmé que
la liberté
d’expression
dans ce pays
se porte
apparemment
mieux
qu’ailleurs,
mais qu’elle
a été
"grignotée
centimètre
par centimètre"
par les
journalistes
eux-mêmes,
sans attendre
qu’on la
leur accorde.
Selon lui, peu
de sujets
restent
vraiment
tabous, ce qui
ne signifie
pas que l’Etat
ne garde pas
une marge de
manœuvre
importante
contre les
publications,
comme les procès
ou les amendes
importantes
imposées aux
journaux, ou
encore le
boycott
publicitaire.
Ce regain de démocratie
a commencé, a
ajouté M.
Benchemsi,
avec le début
du règne du
roi Mohammad
VI. "Il
fallait
vaincre la
peur qui avait
donné lieu à
l’autocensure",
a-t-il souligné,
déclarant
qu’une
minorité de
journalistes
de la presse
indépendante
a alors procédé
par tests,
abordant
l’un après
l’autre les
sujets considérés
comme délicats,
dont des
critiques
dirigées
contre le roi
et la
monarchie ou
les tabous
sociaux.
Rien de tel en
Tunisie, à en
croire
l’exposé
fait par une
journaliste
connue pour
son audace,
Naziha Rjiba,
rédactrice en
chef d’un
journal en
ligne Kalima.
Son premier
journal, al-Raï,
avait été
fermé par le
régime actuel
à cause
d’un article
qu’elle
avait publié
et qui était
"pourtant
équilibré",
affirme-t-elle.
Toute la
presse libre a
ensuite connu
le même sort,
selon elle,
d’où la
prolifération
des journaux
en ligne.
"Les
arrestations
pour ce qui
paraît en
ligne se
poursuivent",
raconte Mme
Rjiba. Les
moyens de répression
par le biais
de la
"censure
préventive"
sont
multiples, et
les
journalistes
qui ont opté
pour la
confrontation
en subissent
les conséquences,
ajoute-t-elle,
avouant
"lutter
contre
l’autocensure
même si elle
existe aussi
chez
moi". Mme
Rjiba brosse
un sombre
tableau de
l’avenir de
la presse dans
son pays, mais
ne peut
"qu’espérer
un changement
futur".
La vie n’est
pas plus clémente
à Bahreïn
pour Ali
Abdeleman, qui
dirige une
publication en
ligne. Le
journaliste
explique
comment le
pays a été
secoué, de
1994 à 1999,
par une "intifada"
populaire, après
quoi "le
régime a fait
quelques opérations
esthétiques
sous les
pressions
internationales".
Son site
Internet naît
en 1999, dans
un Etat
toujours
policier, se développe
en restant
anonyme. En
2001, le Pacte
de travail
national est
voté,
augmentant
nettement la
liberté
d’expression.
"Nous
avons tous cru
en la bonne
volonté du
roi, et nous
avons dévoilé
les noms des
collaborateurs
au
journal",
raconte M.
Abdeleman.
Mauvaise idée
: en 2002, la
répression
recommence. Il
est lui-même
fait
prisonnier et
relâché
seulement sous
la pression
populaire.
Aujourd’hui,
la loi sur la
presse, très
impopulaire, a
été renvoyée
au Parlement,
mais les
arrestations
persistent.
Les législations,
arme
pernicieuse
La censure ne
provient pas
seulement de
mesures
directes
prises contre
les journaux,
mais elle peut
être imposée
par les législations
elles-mêmes.
Cette question
a été au
centre des débats
de la seconde
session
d’hier.
C’est le cas
dans la
quasi-totalité
des pays
arabes, mais
la presse d’Egypte
est particulièrement
touchée,
comme
l’explique
Ibrahim Issa,
rédacteur en
chef de la
revue
d’opposition
al-Doustour.
Lui-même
s’attend à
ce qu’un
jugement soit
prononcé
contre lui dès
son retour au
Caire, pour
"diffamation"
contre des
responsables.
Avec un humour
admirable, il
explique
comment on
l’a accusé
de "faire
régner la
terreur au
sein de la
population"
pour avoir
publié une
simple
information
qui a dérangé.
"Les législations
portent en
elles les
moyens de répression
et sont restées
inchangées
malgré la
succession de
régimes,
a-t-il déclaré.
Même
l’obtention
de permis est
liée à une
approbation
des services
de sécurité."
Et d’ajouter
: "Un
journaliste
libre en
Egypte est
constamment
menacé de
prison, même
s’il ne fait
que
respirer."
Ali Amar,
cofondateur du
Journal
Hebdomadaire
marocain, a évoqué
les "lignes
rouges"
toujours présentes
dans la loi,
malgré les améliorations
constatées
sur le
terrain.
Ainsi, le
nouveau code
de la presse,
voté en 2002,
comporte des
éléments
d’ouverture
mais aussi de
crispation.
Les textes
restent
souvent
ambigus, selon
lui, sous
l’effet de
certains
principes
incohérents
et de thèmes
vagues
("atteinte
à l’ordre
public",
à titre
d’exemple)
qui accordent
au juge un
vaste champ
d’interprétations.
L’
"offense"
reste une arme
fatale pouvant
être utilisée
contre les
journalistes,
ce qui leur coûterait
trois à cinq
ans de prison,
pour des
sujets
sensibles. Les
tabous n’ont
eux non plus
pas vraiment
disparu. Le
Journal
Hebdomadaire a
été jugé
plusieurs fois
et condamné,
au fil des
ans, à payer
plus de
400.000 euros
d’amendes, a
précisé M.
Amar.
Enfin, le cas
du Liban a été
exposé par
l’avocat
Ziad Baroud,
qui a constaté
que, "même
si la liberté
d’expression
est protégée
par la
Constitution,
la loi
comporte en
elle les
limites de
cette liberté".
La loi a ainsi
empêché les
publications
"libres"
de
s’attaquer
à une foule
de sujets,
sous peine de
sanctions,
comme le fait
de publier les
procès-verbaux
des Conseils
des ministres,
par exemple.
Il y a donc
des
informations
"interdites",
"sous
restrictions"
ou "autorisées".
Le cas le plus
frappant reste
lié à la
diffamation :
Me Baroud
explique
qu’en cas de
procès, le
journaliste
n’est pas
acquitté même
s’il arrive
à prouver la
justesse de
ses
informations,
ce qui laisse
le coupable
libre et
sanctionne
celui qui
n’a fait que
dévoiler le
scandale...
Vers
une nouvelle
guerre au
Proche-Orient
!
par
GABRIEL ENKIRI,
candidat à la
présidentielle
française, reçu
le 11 décembre
2006
"Instaurer
une paix juste
et définitive
au Proche-Orient
- Créer un
Marché Commun Méditerranéen
alliant les deux
rives de la Mer
dans un seul
devenir -
Unifier les pays
francophones
dans une Confédération
appelée
Nouveaux
Etats-Unis
Francophones -
Créer un grand
club omnisports
dénomme COP au
stade de France
à Saint-Denis
pour hâter et
favoriser l'intégration
des jeunes
immigrés..."
On
aura du mal à y
échapper.
Toutes les
conditions sont
réunies pour
qu'une nouvelle
guerre ait lieu
au
Proche-Orient.
On peut même la
situer dans le
temps : au
printemps 2007 !
Qu'est-ce qui me
rend pessimiste
à ce point ?
L'inconscience
de nos candidats
à la présidentielle.
Deux d'entre eux
sont déjà
instrumentalisés
: Royal et
Sarkozy. Je résume
: en Israël,
les faucons préparent
leur
"revanche"
sur le
Hezbollah. Ils
ne peuvent
rester sur leur
échec de
juillet 2006 qui
rend impossible
toute négociation
avec
l'adversaire. A
Washington,
leurs
correspondants,
désavoués par
les électeurs,
restent en place
: ils vont tout
faire pour neutraliser
Bush junior qui
pourrait être
tenté de suivre
les
recommandations
de la commission
Baker-Hamilton.
Comme ils ne
peuvent agir en
Irak, ils vont
naturellement se
reporter sur le
Liban
actuellement en
décomposition
et qui devient
un terrain de
manoeuvre pour
tous ceux qui
veulent élargir
le conflit à
toute la région,
en frappant les
chiites du
Hezbollah. Les
sunnites,
actuellement en
guerre contre
les chiites,
peuvent
escompter
rallier à eux
une partie des
chrétiens, et
prendre ainsi en
tenaille le
Hezbollah entre
les troupes israéliennes
d'une part, et
les milices
d'autre part. Il
est probable que
le bombardement
de tout le
Liban-sud sera
terrible : les
Israéliens vont
profiter de
l'occasion pour
en
"finir"
avec le
Hezbollah. Les
troupes de
la FINUL
seront piégées
: elles ne
pourront rien
faire contre les
bombardements,
et se
retrouveront aux
prises avec les
combattants
libanais
chiites, entraînées
par conséquent
dans le camp
israélo-sunnite
! Washington
laissera faire,
tout en
neutralisant
l'Iran et
la Syrie
par une négociation
sur le
"nucléaire"
pour l'un, et le
Golan pour
l'autre, avec
abandon du
"procès
Hariri" à
la clef. Le
Liban, détruit
une fois de
plus, aura servi
de "monnaie
d'échange",
mais il est
probable que les
sionistes iront
jusqu'à le réduire
à peu de chose,
en détruisant
ses potentialités
économiques et
financières, et
en annexant le
sud du pays qui
permettra de détourner
les eaux du
Litani tant
convoitées !
Les faucons israéliens
ont besoin de
s'assurer le
soutien de Paris
- tant pour la
fourniture
d'armes que par
son rôle
diplomatique à
l'ONU, en proie
à une tempête
internationale
que l'agression
israélienne déclenchera
inévitablement.
Au Liban comme
en France les
dirigeants
politiques
doivent prendre
conscience du
danger qui nous
menace : au
Liban, les
dirigeants du
Hezbollah
doivent impérativement
rechercher au
plus vite un
compromis avec
tous les autres
Libanais qui
fera échec au
projet des
faucons ; en
France, Sarkozy
et Royal doivent
prendre
l'engagement
solennel devant
les Français
qu'ils ne
participeront,
en aucun cas, à
l'agression qui
se prépare
contre le Liban.
Tous les autres
candidats
doivent en faire
autant !
La
bourde d’Olmert
sur le nucléaire
sème le trouble
paru
dans le Figaro
le 12 décembre 2006
Le premier
ministre israélien
Ehoud Olmert a
brisé un tabou
hier, en
sous-entendant
lors d’une
interview à la
télévision
allemande
qu’Israël détenait
l’arme nucléaire.
Un porte-parole
officiel a immédiatement
démenti ses
propos. C’est
un flou qui auréole
la déclaration
d’Ehoud Olmert
et un vent de réactions
qui agite la sphère
politique israélienne.
En réponse à
une question de
la chaine
allemande N24
Sat1, le premier
ministre israélien
a affirmé :
"Nous
n’avons jamais
menacé un pays
d’annihilation.
L’Iran menace
ouvertement,
explicitement et
publiquement de
rayer Israël de
la carte.
Pouvez-dire
qu’il s’agit
du même niveau
de menace
lorsqu’ils
(les Iraniens)
aspirent à
avoir des armes
nucléaires,
comme la France,
les Américains,
les Russes et
Israël ?"
C’est la première
fois qu’un
dirigeant israélien
avoue
publiquement ce
que certains
considèrent être
un secret de
polichinelle. En
effet, selon les
experts
internationaux,
l’arsenal nucléaire
israélien
comporterait
jusqu’à deux
cents ogives
pouvant équiper
des missiles à
longue portée.
Mais l’Etat
juif a toujours
refusé de
confirmer ou de
démentir cette
analyse. La
semaine dernière,
Robert Gates, désigné
pour succéder
à Donald
Rumsfeld à la tête
du Pentagone,
avait déjà
mentionné Israël
parmi les
puissances nucléaires
de la région.
Depuis cinquante
ans, Israël
n’a cessé de
mener une
"politique
de l’ambiguité"
concernant son
dossier nucléaire.
De
vives réactions
Selon un haut
responsable
gouvernemental,
ces propos ne
remettent pas
en cause la
politique
d’Israël
sur cette
question alors
que la presse,
ce matin,
gonflait la
polémique et
qualifiait les
propos d’Olmert
de
"lapsus
nucléaire"
et de
"tempête
nucléaire".
Les réactions
ont été
vives. Le député
du parti de
droite le
Likoud, Youhal
Steinitz, a
appelé à la
démission du
premier
ministre à la
suite de ce
"lapsus
irresponsable
qui remet en
cause une
politique
datant de près
d’un demi-siècle".
Yossi Beilin,
député de
l’opposition
de gauche a dénoncé
"les
propos stupéfiants
d’Ehoud
Olmert qui ne
font que
renforcer les
doutes sur ses
capacités à
rester premier
ministre".
Augusto
Pinochet, un
dictateur mis
en place par
les Etats-Unis
L'ancien
dictateur
chilien, qui
est mort hier,
fut longtemps
un protégé
des Etats-Unis
qui l'aidèrent
activement
lors de son
coup d'Etat du
11 septembre
1973
paru dans
le Devoir le
11 décembre
2006
Augusto
Pinochet n'a
pas pris le
pouvoir à la
suite d'une
intervention
américaine
directe, mais
son coup d'Etat
a été rendu
possible par
les opérations
entreprises
par la CIA, dès
1970, lorsque
le socialiste
Salvador
Allende fut élu
président de
la République
chilienne.
Craignant que
les Soviétiques
ne profitent
de l'élection
d'un
gouvernement
socialiste au
Chili pour
installer un régime
communiste sur
le continent
sud-américain,
Washington
avait décidé
d'agir secrètement
avec la CIA
pour tenter de
renverser
Salvador
Allende et lui
substituer un
homme de
droite fidèle
aux principes
de la doctrine
américaine.
Les
principales
ressources
minières du
pays, comme le
cuivre, étant
à l'époque
contrôlées
par des
multinationales
américaines,
les Etats-Unis
craignaient également,
avec la venue
d'un président
socialiste, la
nationalisation
de ces
importantes
ressources
minières.
Commandité et
soutenu par
Washington, le
coup d'Etat du
11 septembre
1973 avait
pour but
premier d'éliminer
le
gouvernement
socialiste
d'Allende,
premier et
seul
gouvernement
de gauche à
avoir vu le
jour en Amérique
latine à
cette époque.
Une fois aux
commandes,
Pinochet fut
acclamé par
l'administration
américaine
d'alors pour
avoir restauré
l'ordre et
relancé l'économie
chilienne en
suivant les préceptes
monétaristes
et ultralibéraux
de l'Ecole de
Chicago. Mais,
arrivé au
pouvoir, le général
Pinochet prit
également des
mesures
instaurant la
répression
sur le plan
politique et régional,
y compris par
la torture et
le meurtre de
ressortissants
étrangers.
Soupçonnant
que les
autorités américaines
aient été
sinon impliquées
du moins
informées de
ces exactions,
le juge
chilien Juan
Guzmán Tapia
a demandé en
vain dès
juillet 2001
d'interroger
l'ex-secrétaire
d'Etat Henry
Kissinger dans
le cadre d'une
enquête sur
l'assassinat
du journaliste
américain
Charles Horman
fusillé
pendant la
dictature du général
Pinochet
(1973-1990).
Charles Horman,
dont
l'assassinat a
inspiré le
film "Missing"
de Costa
Gavras, avait
été arrêté
par des agents
chiliens le 17
septembre
1973, six
jours après
le coup d'Etat,
après avoir dénoncé
des actions de
la CIA contre
le régime
d'Allende. Il
avait disparu
au Stade
national de
Santiago,
transformé
alors en
centre de détention
et de torture,
et son cadavre
avait été
retrouvé en
1974 dans une
fosse commune
du cimetière
général de
la capitale.
L'assassinat
à Washington,
le 21
septembre
1976,
d'Orlando
Letelier,
ancien chef de
la diplomatie
chilienne et
ancien
ambassadeur du
Chili aux
Etats-Unis et
de sa secrétaire,
l'Américaine
Ronni Moffitt,
a commencé à
distendre les
liens entre
Pinochet et
les Etats-Unis.
Avec l'arrivée
du démocrate
Jimmy Carter
à la
Maison-Blanche
en janvier
1977, les
Etats-Unis ont
commencé à
prendre leurs
distances avec
le plan
Condor. Ce
plan, conçu
en 1975 sous
les auspices
de Pinochet,
visait à éliminer
les opposants
de gauche des
dictatures
sud-américaines.
Quand l'étau
judiciaire
s'est refermé
sur Augusto
Pinochet pour
fraude
fiscale, les
autorités américaines
ont fourni à
la justice
chilienne des
informations
sur les
montages
financiers
complexes de
la famille
Pinochet aux
Etats-Unis. Et
quand la fille
aînée de
l'ex-dictateur,
Lucia
Pinochet,
inculpée de
fraude fiscale
au Chili, a
cherché asile
aux Etats-Unis
en janvier
2006, elle n'a
pas été
admise sur le
territoire américain.
Cheikh
Naïm Kassem :
Nous voulons
nous débarrasser
de la tutelle
américaine
Les
opposants catégoriques au
Liban : le
mouvement
continuera
jusqu’à la
chute du
gouvernement
paru
dans
l'Orient-le
Jour le 2 décembre
2006
Le ministre démissionnaire
de
l’Agriculture,
Talal Sahili,
a déclaré
hier que les
manifestations
d’hier
constituaient
"un moyen
d’expression
démocratique,
pacifique et
civilisé".
Il a de plus
estimé
qu’il ne
fallait pas
"perdre
espoir, même
dans les
situations les
plus
noires".
Le ministre démissionnaire
a ajouté que
la majorité
"a voulu
se comporter
comme le
ferait la
majorité en
Occident,
(...) Voilà
aussi une
manifestation
à
l’occidentale.
Mais il existe
une réalité
libanaise
qu’il ne
faut pas
perdre de vue
: le Liban est
un pays qui ne
peut survivre
que grâce au
consensus
entre ces différentes
composantes".
Concernant
d’éventuelles
initiatives
tendant à
calmer les
tensions, M.
Sahili a
souligné que
"si une
telle
initiative
existait, les
gens seraient
rentrés chez
eux".
Le secrétaire
général
adjoint du
Hezbollah, Naïm
Kassem, a pour
sa part indiqué
que "le
peuple
libanais ne
supportait
plus que des
groupuscules
se réunissent
pour décider
de sa destinée
en fonction
des souhaits
des pays étrangers".
Cheikh Kassem
a ainsi mis en
exergue
"la lutte
contre la
tutelle américaine"
qui, selon
lui, a débuté
hier par le
biais des
manifestations.
"Nous
avons tenté
de discuter
avec la
majorité pour
la convaincre
de ne pas
livrer le pays
et ces
discussions
n’ont pas
abouti, que ce
soit par le
biais du
dialogue ou
par celui des
concertations",
a poursuivi M.
Kassem, qui a
précisé
"qu’il
n’y aura pas
de retour en
arrière",
le but étant
de parvenir à
la chute de
l’actuel
gouvernement.
Le responsable
de la
communication
du Courant
patriotique
libre (CPL),
Georges Bassil,
a quant à lui
affirmé que "les
revendications
de
l’opposition
consistent en
la formation
d’un cabinet
d’union
nationale qui
puisse mettre
un terme au
monopole du
pouvoir et à
l’exclusion
des
autres".
M. Bassil a
ajouté que le
fait que le
pouvoir actuel
se proclame
"gouvernement
de l’indépendance"
signifie que
"tous les
gouvernements
formés sous
Rafic Hariri
étaient des
cabinets de
tutelle".
Le
général
Michel Aoun :
L’opposition
prête à
former un
"gouvernement
de
transition"
paru
dans
l'Orient-le
Jour le 11 décembre
2006
L’opposition
annoncera dans
"les
prochains
jours la
formation
d’un
gouvernement
de
transition",
a déclaré le
chef du CPL,
le général
Michel Aoun.
"Dans les
prochains
jours,
l’opposition
formera un
gouvernement
de transition,
si un cabinet
d’entente
nationale
n’est pas
mis sur pied
pour remplacer
celui de
Siniora, désormais
illégitime",
a lancé le général
Aoun, tout
d’orange vêtu,
dans un
discours
retransmis en
direct aux
centaines de
milliers de
manifestants
au
centre-ville.
Selon lui,
"le
gouvernement
de transition
devra préparer
la tenue d’élections
législatives"
anticipées.
"Les
barbelés ne
protégeront
pas le Sérail",
a-t-il ajouté.
"Les fils
de fer barbelés
ne résisteront
pas à la
poussée des
manifestants
de
l’opposition"
a-t-il encore
dit. Le général
Aoun a affirmé
"ne plus
accepter désormais
les
demi-mesures",
soulignant que
l’opposition
"pourrait
recourir à la
désobéissance
civile pour
faire chuter
Siniora".
Le chef du CPL
a rappelé les
mouvements révolutionnaires
qui avaient eu
lieu "en
Ukraine et en
Serbie, quand
le peuple
avait pris
d’assaut les
sièges des
institutions
gouvernementales".
Le général
Aoun a aussi
affirmé que "le
7 mai 2005
(date de son
retour au
Liban) il s’était
engagé à
lutter contre
un diable à
trois têtes :
le féodalisme
politique, le
sectarisme et
le
confessionnalisme,
et l’argent
politique",
soulignant que
"le
mouvement de
changement a
commencé".
"J'ai
peur que le
Liban en
reprenne pour 10
ans"
Trois
questions à...
notre confrère
Nicolas Cavagni,
qui fut Casque
bleu au Liban en
1995. Et qui
conserve un
regard très
attendri sur ce
pays
Propos
recueillis par
MICHEL TANNEAU,
publiés dans
Ouest-France le 28
août 2006
-
Vous vous êtes
engagé dans les
Casques bleus en
septembre 1994,
alors que vous
étiez non pas
militaire de
carrière, mais
simple appelé
du contingent ?
Je sortais de l'Ecole
supérieure de
journalisme de
Paris, et
j'avais encore
en moi le
fantasme du
grand reportage.
Or, j'effectuais
mon service
militaire en
Allemagne.
Lorsque mon régiment
a demandé des
volontaires pour
le Liban, je me
suis dit que c'était
l'occasion de me
confronter à la
réalité de
l'actualité
Proche-orientale.
Plutôt que
d'effectuer des
marches
nocturnes en Forêt
Noire, ou de
tourner en rond
à la caserne.
Nous avons quitté
Metz où il
faisait zéro
degré, pour une
température de
40 degrés à
Naqoura, sur la
côte méditerranéenne,
à l'extrême-sud
du Liban, tout
près de la
frontière avec
Israël. Dans
notre
contingent, il y
avait à la fois
des militaires
du Ghana, des îles
Fidji, du Népal
ou de Finlande.
-
Votre mandat était
de six mois,
jusqu'en mars
1995. Comment
ressort-on de ce
climat de guerre
?
Nous gardions un
camp et des
postes ONU, tout
en servant
d'escorte aux
convois, et
d'aide sanitaire
aux Libanais qui
allait se faire
soigner à l'hôpital
militaire de
Naqoura. Le
tout, entre tirs
de roquette du
Hezbollah d'un côté,
mesures de rétorsions
de l'armée israélienne
de l'autre,
bombes au bord
de la route,
terrains minés.
Du haut de mes
25 ans, je ne
pensais pas la
situation du
Proche-Orient
aussi compliquée.
On rencontrait
des gens d'une même
famille dans des
camps opposés.
A Tyr, nous
rencontrions des
mères de
martyrs, la
photo de leur
fils autour du
cou.
Aujourd'hui,
lorsque je vois
des images télévisées,
je pense aux
gens que j'ai
croisés là-bas. A
la grand-mère
libanaise qui
avait vécu dans
les années 30
à Carnac. A
ces enfants qui
vivaient la
guerre en
continu, qui
voulaient
regarder les
collines à
travers mes
jumelles. J'étais
idéaliste,
j'espérais
apporter ma
pierre à la
paix au
Proche-Orient.
- Le
Liban vient de
vivre un mois
sous les bombes.
Comment
voyez-vous son
avenir ?
Dans ce pays, au
bout du monde,
coupé de tout,
j'ai découvert
des gens qui
parlaient notre
langue, avec qui
on avait une
culture commune.
Mais aussi un
pays
multiconfessionnel,
où se mélangent
les cultures,
les traditions
et les
religions. Hélas,
toutes les problématiques
du Proche-Orient
se concentrent
au Liban. C'est
comme si on
avait voulu lui
faire payer sa
capacité à
faire vivre
ensemble toutes
ces communautés.
10 ans plus
tard, alors que
la diaspora
revenait, que le
commerce
reprenait ses
droits, et que
la
reconstruction
était aussi
d'ordre économique,
patatras ! Les
Israéliens s'étaient
retirés, ils
sont revenus.
Cela semble sans
fin. Tout dépendra
du mandat que
l'on donnera aux
forces de la
FINUL. Avec ce
conflit, j'ai
peur que le
Liban en
reprenne pour 10
ans. J'aurais
bien aimé
revenir en
touriste dans ce
pays
merveilleux. Il
va falloir
attendre.
Tarek
Mitri sur le
perron de Bkerké
:
"L’heure
de la politique
a sonné"
Le
ministre de la
Culture évoque
"les inquiétudes
du patriarche
maronite"
paru
dans l'Orient-le
Jour le 12 décembre
2006
Le
ministre de la
Culture, Tarek
Mitri, a jugé
hier que la
manifestation de
dimanche dernier a
été une "démonstration
de force",
mais que
"l’heure de
la politique a
sonné".
S’exprimant après
avoir été reçu
par le patriarche
maronite et déjeuné
à sa table, le
ministre de la
Culture, rendant
compte de
l’inquiétude du
chef de l’Eglise
maronite, a affirmé
: "Le
patriarche est très
inquiet pour le
Liban et les
Libanais, à cause
du profond clivage
politique, de la
dureté du langage
et de cette forme
d’opposition.
Dans tous les pays
du monde,
l’opposition
prend certaines
formes qui lui
sont propres. Les
manifestations de
masse sont une démonstration
de force. Et
personne de nous
n’affirme que le
Hezbollah n’a
pas des masses qui
le suivent. Le
nombre des
manifestants était
hier très
important, et nul
ne peut le nier,
tout le monde a pu
le voir à la télévision.
Voilà une forme
d’expression
qu’il faut
respecter. Mais
cette démonstration
faite, l’heure
est à la
politique.
L’heure de la
politique a sonné."
Pas de défi
Par
ailleurs, le
ministre de la
Culture a nié que
la convocation du
Conseil des
ministres,
aujourd’hui,
soit "une
provocation pour
quiconque".
"Le Conseil
des ministres, a
dit M. Mitri,
estime qu’il
agit de façon légale
et
constitutionnelle.
Il a même le
devoir de remplir
sa fonction et de
faciliter la vie
quotidienne des
Libanais. Certains
ministres assurent
des heures de
travail, mais
moins que
d’habitude. Nous
avons besoin
d’un
gouvernement qui
assume ses
fonctions, et
c’est ce qui va
être examiné
demain
(aujourd’hui).
Nous n’agissons
pas dans la volonté
de provoquer
quiconque. Le fait
que le
gouvernement
assume son devoir
et ses fonctions
n’est une
provocation pour
personne."
Par ailleurs, M.
Mitri, qui a
rencontré aussi,
hier, le métropolite
grec-orthodoxe de
Beyrouth, Elias
Audeh, a affirmé
qu’il
transmettra au
Premier ministre
les propos du
patriarche Sfeir.
"Je lui ai
dit pour ma part
que les propos de
l’opposition ont
atteint leur point
de saturation, et
qu’ils
n’apportent plus
aux Libanais rien
de positif ou de bénéfique,
mais ne sauraient
provoquer qu’un
surcroît de
tension",
a-t-il affirmé.
Le
ministre de l'Economie
Sami Haddad craint
un report, voire
l’annulation
de Paris III
Le ministre de
l'Economie
poursuit les préparatifs
de la conférence,
de plus en plus
menacée
paru
dans l'Orient-le
Jour le 12 décembre
2006
La
crise politique
menace la tenue de
la conférence
d’aide
internationale au
Liban, prévue le
mois prochain, a
estimé hier le
ministre de l’Economie
et du Commerce,
Sami Haddad. Dans
un entretien
accordé à
Reuters, il a
affirmé que
"si la
tension politique
persiste, le
risque que cette
conférence soit
repoussée ou,
Dieu nous en préserve,
annulée, sera très
grand". "Le
scénario du pire
pourrait être très
sombre. Si la
tension politique
se poursuit et si
nous ne sommes pas
en mesure de nous
rendre à la conférence
de Paris pour
obtenir
l’assistance
financière dont
nous avons désespérément
besoin, les choses
pourraient échapper
à tout contrôle",
a-t-il ajouté.
M. Haddad a
toutefois indiqué
que la date de la
conférence de
Paris III est
maintenue, le 25
janvier prochain,
et que le
gouvernement
poursuivait les préparatifs.
"L’opposition
est responsable de
tout ce qui est en
train de se passer
; par conséquent,
si, pour une
raison ou une
autre, nous ne
pouvions nous
rendre à cette
conférence, elle
devrait en assumer
toutes les conséquences",
a conclu le
ministre, qui
n’est pas le
premier à mettre
en garde contre un
éventuel échec
de Paris III.
Plusieurs
responsables
libanais et
certains
diplomates étrangers
ont récemment émis
des craintes sur
un possible
nouveau report.
De
son côté, le
ministre des
Finances, Jihad
Azour, s’est
voulu un peu moins
alarmiste. Mais il
a néanmoins fait
part de son inquiétude
dans un entretien
à l’AFP.
"Si nous
continuons dans le
parcours politique
actuel, bien
entendu cela va
avoir un impact négatif
sur l’assistance
internationale,
a-t-il reconnu,
mais le
gouvernement
continue de
travailler
d’arrache-pied
afin de
s’assurer que la
conférence aura
lieu à la date
fixée." M.
Azour a une
nouvelle fois
souligné que le
but de cette conférence
est de donner
"un nouveau départ"
au pays, malgré
la crise politique
qui paralyse les
institutions.
"C’est à
travers cette conférence
que le Liban
pourra s’en
sortir, ce n’est
pas seulement de
l’assistance
financière que
nous cherchons,
c’est un nouveau
départ, un nouvel
élan qui
permettra de
reprendre les réformes",
a affirmé le
ministre.
Initialement
conditionnée à
la mise en œuvre
de réformes économiques,
cette conférence
doit
essentiellement
permettre au Liban
de faire face à
sa dette publique,
qui dépassera à
la fin de l’année
les 40 milliards
de dollars -
soit 190 % du PIB -
et dont le service
représente au
moins les deux
tiers des revenus
de l’Etat. Cette
dette s’est
accrue sous
l’effet de
l’offensive israélienne
de cet été et le
PIB devrait se
contracter de 5 %
cette année,
rappelle l’AFP.
Darfour,
les raisons de
l'insoutenable
silence de la
communauté
internationale
L'inertie est
totale au
Soudan. Le
Conseil des
droits de
l'homme ouvre
une session
extraordinaire
sur la province
en guerre.
par
PIERRE CHAMBONNET,
publié dans le
Temps le 12 décembre 2006
Le
Conseil des droits
de l'homme va-t-il
enfin briser le
silence qui
entoure le Darfour
? Aujourd'hui
s'ouvre à Genève
une session
extraordinaire sur
la province
soudanaise en
proie à une
guerre civile dévastatrice
depuis bientôt
quatre ans. Signe
de la difficulté
à mobiliser sur
la question: Kofi
Annan, le secrétaire
général des
Nations unies en
personne, a dû
frapper du poing
sur la table pour
que les 47 Etats
membres du Conseil
se penchent sur
les massacres et
autres violations
massives des
droits de l'homme
dans l'ouest
soudanais. Fin
novembre, le
Conseil avait péniblement
accouché d'une résolution
édulcorée sur la
crise du Darfour.
Le texte, amendé
par le groupe
africain au
Conseil, évitait
soigneusement de
pointer la
responsabilité du
régime de
Khartoum.
La crise déborde
sur les pays
voisins
Des voix qui
crient dans le désert.
Depuis le début
de la guerre
civile, la
communauté
internationale dénonce
un conflit qui
aurait déjà fait
entre 200.000 et
300.000 victimes.
Mais en dépit
d'un accord de
paix, d'une résolution
de l'ONU et de
l'indignation générale,
la crise redouble
d'intensité et déborde
sur les pays
voisins, Tchad et
Centrafrique en tête
; sans pour autant
que la
mobilisation soit
suffisante pour
mettre un terme au
conflit, et que la
communauté
internationale
parvienne à
s'entendre pour
agir de manière
significative. A
l'heure actuelle,
seuls 7.000
soldats mal équipés
et mal préparés
de la force AMIS,
déployée par
l'Union africaine,
tentent de faire régner
l'ordre. En vain.
Depuis février
2003, les forces
gouvernementales
soudanaises, appuyées
par des milices
arabes - les
Janjawid -
s'opposent à des
mouvements
rebelles qui réclament
une plus grande
autonomie pour
leur région ainsi
qu'un partage plus
équitable des
ressources du
pays, notamment pétrolières.
Les Janjawid
s'appuient sur les
tribus musulmanes
arabes pour
massacrer les
tribus musulmanes
africaines
contestataires.
Parmi les 6
millions
d'habitants répartis
dans les trois
provinces du
Darfour - un
territoire grand
comme la France -,
2,5 millions ont
été déplacés
vers des camps
humanitaires ;
250.000 autres se
sont réfugiés au
Tchad. Le Darfour
poursuit sa longue
descente aux
enfers, sans intéresser
suffisamment le
reste du monde.
L'inertie de la
communauté
internationale,
divisée sur la
question, est
totale.
Pourtant,
en septembre 2005,
les Nations unies
avaient approuvé
un texte pour empêcher
les massacres à
grande échelle,
après les précédents
bosniaque et
rwandais. Adoptée
en grande pompe
par l'Assemblée générale,
la doctrine
assurant une
protection aux
populations
civiles "face
aux génocides,
nettoyages
ethniques et
crimes contre
l'humanité"
reste lettre
morte. La gabegie
s'explique par
différents
facteurs. D'abord
la volonté de la
communauté
internationale de
régler le conflit
vieux de vingt ans
entre le nord du
Soudan et le sud :
pas question
d'intervenir au
Darfour pour
mettre fin aux
massacres, au
moment où la coopération
du gouvernement
soudanais est
requise pour
parvenir à
l'accord de paix
du Sud-Soudan, en
2004. A cette période,
la communauté
internationale
parle d'un
"problème
humanitaire"
au Darfour, et
tarde à reconnaître
l'ampleur des
atrocités et la
dimension
politique du
conflit. En dépit
des condamnations
de principe et des
déclarations
d'intention (dont
le déploiement de
20.600 casques
bleus voté par
l'ONU en août
2006 mais bloqué
par Khartoum), les
puissances
mondiales ne se
pressent pas pour
organiser une opération
d'envergure à
destination d'une
région périphérique
et sans grand intérêt
stratégique.
Au sein de l'ONU,
les blocages
s'expliquent en
revanche par des
enjeux géostratégiques
: la Chine importe
8% de son pétrole
du Soudan, et sa dépendance
vis-à-vis de
Khartoum explique
ses réticences.
Avec
l'accroissement
des recettes pétrolières,
le gouvernement
soudanais se sent
en position de
force. Aussi avec
l'appui de la
Russie, grand
pourvoyeur d'armes
au Soudan.
L'administration
Bush a été la
première à
employer le terme
de "génocide",
au sujet des
tueries du
Darfour. Mais,
entaché par l'expédition
désastreuse en
Irak, le
messianisme américain
ne fait plus
recette. Et les
Etats-Unis doivent
jongler entre des
intérêts
divergents : d'un
côté la
condamnation du
gouvernement
soudanais pour son
rôle au Darfour ;
de l'autre, la
coopération avec
le régime de
Khartoum (qui a hébergé
Oussama ben Laden
un temps) dans la
guerre contre le
terrorisme. Enfin,
nombre
d'humanitaires sur
place pointent le
délitement d'une
crise aujourd'hui
ingérable : la
violence est
devenue totalement
désorganisée du
fait de la
multiplication des
groupes
insurrectionnels.
On assiste à un
éclatement du
conflit encouragé
par Khartoum, où
le clan au pouvoir
consolide sa
domination en
divisant pour
mieux régner.
Profitant aussi
des divisions de
la communauté
internationale, le
gouvernement
soudanais dilue sa
responsabilité en
mettant le plus de
champ possible
entre ceux qui
commettent les
exactions et ceux
qui les ordonnent.
Decenas
de miles de
personas vuelven
a pedir en
Beirut la
renuncia de
Siniora
Hezbolá
convoca la
segunda gran
marcha contra el
Gobierno
prooccidental de
Líbano
El País, el 12
de diciembre de
2006
Decenas
de miles de
libaneses han
vuelto a pedir
en las calles de
Beirut el fin
del Gobierno
prooccidental de
Fuad Siniora,
tal como llevan
haciendo desde
hace 10 días.
De nuevo, los
manifestantes,
convocados por
la organización
radical chií
Hezbolá, se han
dirigido hacia
la sede del
Gobierno, donde
permanece
atrincherado el
primer ministro,
que se niega a
ceder a las
presiones de los
sectores
prosirios.
Tropas de
combate del Ejército
libanés, así
como fuerzas
armadas de la
policía,
protegen las
inmediaciones de
la sede
gubernamental,
donde Siniora y
sus ministros se
encuentran
alojados desde
el pasado 1 de
diciembre.
Siniora encabeza
un Gobierno de
corte
prooccidental
que ha perdido a
los cinco
ministros chiíes
de Hezbolá y
Amal previstos
en los pactos
constitucionales.
Los ministros
renunciaron en
protesta por la
disposición del
primer ministro
a crear un
tribunal
internacional
patrocinado por
la ONU que
investigue la
muerte del ex
presidente
antisirio Rafik
Hariri,
asesinado en un
atentado en
febrero de 2005.
Ayer
mismo, la crisis
política se
agudizó después
de que el
presidente del país,
Emile Lahud,
prosirio, se
negase a firmar el
decreto de creación
de este tribunal
enviado por el
Gobierno de
Siniora. Lahoud,
un férreo aliado
de Siria, señaló
que el Gobierno
carece de toda
legitimidad
constitucional
para presentar el
documento, por la
ausencia de los
cinco ministros
chiíes. Hezbolá
exige la dimisión
del Gabinete o
bien que se le
otorguen los
ministerios
necesarios para
disponer de una
minoría de
bloqueo en el
Ejecutivo. Siniora
rechaza una y otra
opción.
División
social
La
crisis política
ha dividido al país
: la mayoría de
los suníes
respaldan a su
primer ministro,
mientras que los
chiíes han
expresado su apoyo
al grupo radical
Hezbolá, mientras
que las facciones
cristianas se
encuentran en
medio del
conflicto, con la
opinión dividida.
Es Hezbolá el
grupo que canaliza
las protestas de
los sectores
prosimios, desde
una posición
reforzada tras la
guerra del pasado
verano contra
Israel. Así,
convocados por la
guerrilla chií,
miles de personas
ocupan desde la
madrugada del sábado
dos plazas del
centro de Beirut a
las que se han
unido hoy otros
varios miles a
para protagonizar
una nueva
manifestación
contra el Gobierno
de Siniora. Muchos
de estos
manifestantes
ondeaban banderas
libanesas o de
Hezbolá, mientras
se escuchaban
himnos en honor a
la guerrilla a
través de megáfonos.
Aunque al
principio de las
movilizaciones se
pedía un Gobierno
de unidad nacional,
los manifestantes
se limitan ya sólo
a intentar
derribar el
Gabinete de
Siniora. Éste ha
afirmado en varias
ocasiones que no
dimitirá bajo la
presión de la
calle y ha instado
a la oposición
reanudar el diálogo,
único medio para
salir de la grave
crisis.
Hezbollah
chief 'plotting
coup'
BBC,
8 December 2006
Lebanese
Prime Minister Fouad
Siniora has accused
the leader of the
Hezbollah militant
movement of plotting
a coup. He pointed
to comments by
Hezbollah's Hassan
Nasrallah that the
opposition would
form an interim
government without
the existing
administration. Mr
Siniora said these
were tantamount to a
plot to overthrow
the government. In
another development,
a Sunni preacher led
thousands of Sunni
and Shia anti-government
protesters in a show
of unity during
Friday prayers. The
preacher, Fathi
Yakan, praised the
protesters for
trying to stop what
he called the
American project in
Lebanon - a
reference to western
support for Mr
Siniora's government.
Speaking in
al-Jazeera TV, Mr
Siniora said :
"The least that
can be said is that
Mr Nasrallah was not
right yesterday to
say what he said."
"He is trying
to stage a coup. Or
at least he's
threatening to stage
a coup. And he has
already decided the
outcome."
TV
address
In
a televised address
on Thursday, Sheikh
Hassan Nasrallah
also said street
protests would
continue until the
opposition achieved
its aim of forming a
new national unity
government. Sheikh
Nasrallah told
supporters camped in
central Beirut that
Lebanon needed a new
government, one free
from foreign
influence. He said
Hezbollah was open
to negotiations, and
would not fight
fellow Lebanese. The
group, backed by
Iran and Syria,
withdrew from
government last
month. Thousands of
Hezbollah followers
have been protesting
in central Beirut
for a week, with
sporadic clashes
between government
and anti-government
supporters.
Hezbollah withdrew
its minister from
the government last
month - and other
pro-Syrian members
of the cabinet
followed suit.
Téhéran,
capitale du déni de
la Shoah
par
THOMAS HOFNUNG, publié
dans Libération le
12 décembre 2006
Le "mythe" vaut
bien une conférence.
Une réunion sur
la "réalité"
de
l'extermination
des Juifs durant
la Seconde
Guerre mondiale,
notamment sur
l'utilisation de
chambres à gaz
dans les camps
de concentration
nazis, s'est
ouverte, hier,
à Téhéran.
Intitulée "Etude
de l'Holocauste
: une vision
mondiale", la
conférence se
tient à
l'Institut d'études
politiques et
internationales,
qui dépend du
ministère des
Affaires étrangères.
Durant deux
jours, des
"universitaires"
et
"chercheurs"
européens, tel
l'ex-universitaire
et révisionniste
français Robert
Faurisson,
condamné à de
multiples
reprises par la
justice française
pour sa négation
de la réalité
de l'Holocauste, mais
aussi des
rabbins
antisionistes ou
encore l'ancien
représentant républicain
de Louisiane
David Duke,
ex-dirigeant du
Ku Klux Klan,
vont "débattre"
sur le sujet.
Ils sont
notamment invités
à se pencher
sur le thème
suivant : "Holocauste
: suites et
exploitation." Le
président
iranien Mahmoud
Ahmadinejad en
est à la fois
le concepteur et
le promoteur.
Depuis son arrivée
au pouvoir, en
août 2005, il a
parlé à
plusieurs
reprises de
l'Holocauste
comme d'un "mythe", utilisé
selon lui
par Israël au
Proche-Orient,
qu'il qualifie
par ailleurs de "tumeur" et
qu'il souhaite
ouvertement "rayer
de la
carte". Malgré
les pressions de
la communauté
internationale,
Téhéran
cherche à se
doter de l'arme
nucléaire.
Dans son
discours
d'ouverture, le
ministre iranien
des Affaires étrangères,
Manouchehr
Mottaki, a
affirmé : "Le
but de cette
conférence
n'est pas de
nier ou de
confirmer la réalité
de l'Holocauste.
L'objectif
principal, c'est
de donner
l'occasion de
s'exprimer à
des penseurs qui
ne peuvent pas
le faire
librement en
Europe." Cette
conférence a
provoqué de
nombreuses
protestations.
Le Premier
ministre israélien
Ehud Olmert l'a
qualifiée de "nauséabonde". Paris
a exprimé son "inquiétude", alors
que Berlin a
condamné "toute
tentative de
ceux qui
cherchent à
donner un forum
à ceux qui
relativisent et
remettent en
cause
l'Holocauste". Washington
a parlé de "geste
honteux". Enfin,
le secrétaire général
de l'ONU, Kofi
Annan, a estimé
que "toute
tentative de
semer le doute
sur la réalité
de cette horreur
unique et indéniable
doit susciter
l'opposition
ferme de toute
personne de
bonne volonté,
quelle que soit
sa
religion". La
conférence est
également
critiquée par
la communauté
juive d'Iran
(25.000
personnes). "Nier
l'Holocauste est
une immense
insulte", a
dit Moris
Motamed, unique
député juif au
Parlement
iranien. Pas aux
yeux des
dirigeants
iraniens.
Trouvons
une stratégie
commune pour
apaiser le
Moyen-Orient
par JOSCHKA
FISCHER, publié
dans le Figaro le
7 décembre 2006
L'auteur est
ancien ministre
des Affaires étrangères
et vice-chancelier
allemand de 1998
à 2005. Chef de
file du parti des
Verts pendant
presque vingt ans,
actuellement
professeur à la
Woodrow Wilson
School de
l'université de
Princeton
La
situation
politique et les
problèmes de sécurité
sont extrêmement
préoccupants dans
la vaste région
comprise entre la
vallée de l'Indus
et la rive est de
la Méditerranée.
Quand les
Etats-Unis sont
intervenus
militairement en
Irak en 1991, leur
objectif était
d'entraîner un
changement radical
dans toute cette région.
Aujourd'hui, il
est clair que pour
l'essentiel ils
n'y sont pas
parvenus, quel que
soit le domaine
considéré. Et même
un succès, la
tenue d'élections
libres en Irak,
menace de diviser
le pays, plutôt
que de l'unifier.
Les relations de
pouvoir au
Moyen-Orient sont
instables, en
transformation
constante, ce qui
n'entraîne pas un
effet de dominos
vers la démocratisation,
mais soulève la
menace d'une chute
en dominos vers le
chaos. En 1991, la
décision de
partir en guerre
contre l'Irak pour
libérer le Koweït
a marqué le début
du rôle de l'Amérique
comme seul pouvoir
militaire hégémonique
dans la région.
La décision de
mener la guerre
contre l'Irak pour
la deuxième fois
et d'occuper le
pays en mars 2003
a transformé
cette hégémonie
en responsabilité
directe des
Etats-Unis quant
à l'avenir du
Moyen-Orient. Le
positionnement des
Etats-Unis comme
acteur principal
au Moyen-Orient
pouvait déboucher
sur deux scénarios
différents. S'ils
réussissaient en
utilisant leur
puissance
militaire, cela
pouvait conduire
à un nouveau
Moyen-Orient, démocratique,
mais si en dépit
de leur force
militaire ils échouaient,
cela pouvait entraîner
un vide de pouvoir
déstabilisateur
pour la région.
C'est ce deuxième
scénario, prévisible
depuis le début,
qui est devenu une
réalité.
L'objectif même
de la guerre en
Irak s'est
transformé d'une
mission de démocratisation
à une mission de
stabilisation très
coûteuse en
termes de vies
humaines et de
moyens financiers. A
la place d'un réaménagement
radical des
relations entre
les pouvoirs dans
la région,
l'objectif se réduit
maintenant à
maintenir le statu
quo. Au mieux, les
Etats-Unis peuvent
maintenant espérer
un retrait qui
leur permettrait
de sauver la face.
Le récent scrutin
aux Etats-Unis était
un référendum
sur la guerre en
Irak. Le résultat
conduit à un
calendrier vers
"l'irakisation"
et à un retrait
américain avant
la prochaine élection
présidentielle.
Derrière la trop
prévisible fin de
la mission américaine
de stabilisation
en Irak se
profile une guerre
civile qui menace
de se transformer
en guerre entre
Arabes et Iraniens
par milices
interposées, avec
pour enjeu le
contrôle de
l'Irak, du Golfe,
du Liban, des
territoires
palestiniens et
au-delà. Il faut
aussi prendre en
compte le risque
important présenté
par le vide de
pouvoir en Irak
qui pourrait
fusionner le
conflit israélo-arabe,
la situation en
Irak et en
Afghanistan en une
mégacrise régionale. A
la lumière du
retrait américain
à venir, les
pouvoirs régionaux
réévaluent leurs
intérêts et
leurs objectifs.
Les principaux
acteurs seront
l'Iran, la Syrie,
l'Arabie saoudite,
l'Egypte, la
Jordanie, le
Pakistan, la
Turquie et Israël.
Avec la guerre en
Irak, les
Etats-Unis ont
perdu leur
position de
pouvoir unilatéral,
cela tant au
Moyen-Orient
qu'ailleurs. A
l'avenir,
plusieurs grandes
puissances se
manifesteront au
Moyen-Orient,
notamment les
Etats-Unis, la
Russie, la Chine
et l'Inde. Espérons
que l'Europe sera
de la partie, car
sa sécurité se
joue dans cette région.
L'enjeu n'est
plus seulement
l'Irak, mais
l'avenir de toute
la région. Nous
pourrons nous
estimer heureux si
le chaos naissant
peut être limité
à l'Irak. La
reconnaissance par
Washington que
l'Irak ne peut
plus être gagné
ni même stabilisé
sans un changement
de structure au
niveau de toute la
région est venue
très tard, peut-être
même trop tard.
Les Etats-Unis
devront trouver un
accord avec leurs
alliés et entamer
des pourparlers
directs avec tous
les autres acteurs
pour essayer de
parvenir à un
nouveau consensus
régional. Si ce
changement de politique
avait eu lieu il y
a un an ou même
au début de l'été
dernier, les
perspectives
auraient été
meilleures. Avec
chaque jour qui
passe, la position
américaine dans
la région
s'affaiblit encore
et les chances de
réussite d'une
nouvelle stratégie
politique s'éloignent.
Le plus grand
danger vient de
l'Iran, le premier
bénéficiaire du
vide de pouvoir en
Irak. L'Iran a des
ambitions hégémoniques
qu'il cherche à réaliser
en s'appuyant sur
son potentiel militaire,
ses réserves en pétrole
et en gaz, son
programme nucléaire,
son influence sur
les chiites dans
toute la région
et ses tentatives
pour mettre fin au
statu quo dans le
monde
arabo-musulman. Néanmoins,
ce pays est
relativement isolé.
Ses seuls alliés
dans la région
sont la Syrie et
le Hezbollah.
D'autre part, il
est menacé par
une coalition
anti-iranienne de
facto de tous les
autres pouvoirs régionaux
rassemblés par
leur crainte d'une
domination
iranienne.
Si l'Occident -
l'Amérique et
l'Europe - agit
vite et résolument
dans le cadre
d'une stratégie
conjointe, il
reste une chance
de stabiliser la
situation. Mais,
pour y parvenir,
il sera nécessaire
de réexaminer les
relations avec les
principaux acteurs
de la région.
Cela passe par une
stratégie fondée
sur des moyens de
nature politique
et non sur une
menace
d'intervention
militaire ou de
changement de régime. A
la place, il faut
des négociations
directes, des
garanties de sécurité
et une aide à
l'intégration
politique et économique.
Pour réussir,
cette stratégie nécessite
aussi le recours
à une menace réaliste
d'isolation envers
ceux qui
continuent à
miner la stabilité
régionale, ainsi
que des progrès
substantiels dans
la résolution du
conflit israélo-arabe.
Une nouvelle
politique
moyen-orientale
doit donc privilégier
quatre éléments :
1) une offre
globale à la
Syrie, pour la détacher
de l'Iran, et la résolution
des points de
friction ; 2)
une offre de négociations
directes à l'Iran
portant sur une
perspective de
normalisation
complète des
relations ;
3) une initiative
décisive et réaliste
pour résoudre le
conflit israélo-arabe ;
4) une
architecture de sécurité
régionale centrée
sur la
stabilisation de
l'Irak et de
l'Afghanistan.
Interpellation,
par John Le
Carré
publié
dans le Monde du 7
septembre 2006
Répondez un
peu à cette
question, je vous
prie. Quand vous
tuez cent civils
innocents et un
terroriste, est-ce
que vous gagnez ou
perdez la guerre
contre le
terrorisme ? "Ah,
me rétorquerez-vous,
mais ce
terroriste aurait
pu tuer deux cents
personnes, mille
personnes, plus
encore !"
Se pose alors une
autre question :
si, en tuant cent
personnes
innocentes, vous
provoquez l'émergence
future de cinq
nouveaux
terroristes et
leur procurez une
base populaire qui
jure de leur
fournir aide et
soutien,
garantissez-vous
un avantage aux
prochaines générations
de vos
concitoyens, ou
vous êtes-vous créé
l'ennemi que vous
méritez ? Le 12
juillet, le chef
d'état-major de
l'armée israélienne
nous a gratifiés
d'un aperçu des
subtilités de la
pensée militaire
de son pays. Les
opérations
militaires prévues
au Liban, nous déclara-t-il,
"allaient
renvoyer ce pays
vingt ans en arrière".
Eh bien, j'étais
là-bas il y a
vingt ans, et ce
n'était pas joli,
joli. Après sa déclaration,
le général a
tenu sa promesse.
J'écris ceci
vingt-huit jours
exactement après
que le Hezbollah a
enlevé deux
soldats israéliens,
pratique militaire
assez fort
courante que les
Israéliens eux-mêmes
ne s'interdisent
pas.
Au cours de ces
vingt-huit jours,
neuf cent
trente-deux
Libanais ont été
tués et plus de
trois mille blessés.
Neuf cent treize
mille sont devenus
des réfugiés. Le
nombre de victimes
israéliennes s'élève
à
quatre-vingt-quatre
morts et huit cent
soixante-sept
blessés. Au cours
de la première
semaine du
conflit, le
Hezbollah tirait
environ
quatre-vingt-dix
roquettes par jour
sur Israël. Un
mois plus tard -
en dépit de huit
mille sept cents
sorties effectuées
par les forces aériennes
israéliennes sans
qu'elles
rencontrent la
moindre résistance,
et qui provoquèrent
la paralysie de
l'aéroport
international de
Beyrouth et la
destruction de
centrales électriques,
de dépôts de
carburant, de
flottilles de pêche,
de cent
quarante-sept
ponts et de
soixante-douze
axes routiers -,
le Hezbollah porta
sa moyenne
quotidienne de
tirs de roquettes
à cent
soixante-neuf. Et
les deux soldats
israéliens qui étaient
la raison affichée
de toute cette
agitation ne sont
toujours pas rentrés
chez eux.
Alors oui,
comme nous en
avions été
avertis, Israël a
fait au Liban ce
qu'il lui avait
fait il y a vingt
ans : il a saccagé
son infrastructure
et infligé une
punition
collective à une
démocratie
fragile,
multiculturelle et
résiliente qui
s'efforçait de réconcilier
ses différences
confessionnelles
et de vivre en
bonne harmonie
avec ses voisins.
Il y a encore un
mois à peine, les
Etats-Unis
faisaient du Liban
le modèle de ce
que les autres
pays du
Proche-Orient
pourraient
devenir. Le
Hezbollah,
pensait-on avec un
optimisme peut-être
excessif dans la
communauté
internationale,
allait peu à peu
couper ses liens
avec la Syrie et
l'Iran et se muer
en une force
politique et non
plus purement
militaire. Et voilà
qu'aujourd'hui
l'Arabie entière
célèbre cette
force armée, la réputation
de suprématie
militaire dont
jouissait Israël
est en miettes et
l'image dissuasive
à laquelle il
tenait tant ne
dissuade plus
personne. Et les
Libanais sont
devenus les dernières
victimes d'une
catastrophe
globale qui est
l'oeuvre de zélotes
égarés et ne
paraît avoir
aucune issue.
L'ancien
président américain
Jimmy Carter, Prix
Nobel de
la
paix en 2002,
accuse Israël d'
"apartheid"
et affirme
vouloir
faire tomber "le
mur impénétrable"
qui empêche
le
public américain de
voir la souffrance
des Palestiniens
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