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FLASH >> L’ALLIANCE ANTI-LIBANAISE MENACE
LE PAYS DU CÈDRE -
Vendredi
6 juillet 2007
www.rjliban.com
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Samedi
7 juillet, Journée
nationale du taboulé
Des
monts et des
merveilles au Liban
par
NAJI FARAH, directeur
de la rédaction
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L'Espagne
en deuil : la mort
de six soldats du
contingent espagnol
de la FINUL, dont
trois colombiens, au
Liban sud, le
dimanche 24 juin
2007, a provoqué
une grande
consternation dans
la péninsule
ibérique
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Le Liban,
il y a exactement un an, a de
nouveau été transformé en terrain
d’affrontement direct entre
l’Orient et l’Occident, dont les
gouvernements, véritables ennemis
du Liban, ne tiennent pas compte des
souffrances du peuple libanais, et même
plus s’acharnent à le diviser. A
travers leurs politiciens et leurs médias,
ils se veulent les défenseurs du
pays du Cèdre, mais dans les
coulisses, leurs plans sont tout
autres : encore plus de
destructions et de morts, tel est
leur dessein pour ce petit pays en
superficie qui, malgré le
rayonnement de ses fils à l’étranger,
n’arrive pas à s’imposer sur la
scène internationale. Car le Liban,
dans son entité démocratique, tolérante
et pluriculturelle, s’ajoutant à
son climat et ses paysages
merveilleux, est l’anti-thèse
d’Israël et des autres pays de la
terre arabe qui, avec leurs alliés
américains, européens et iraniens,
s’activent de façon coordonnée
à souffler le feu et les rumeurs.
La saison touristique est une fois
de plus perdue, dans l’attente de
l’avènement de la nouvelle guerre
imminente qui fait la une dans tous
les milieux libanais, mais dont on
ne sait toujours pas la nature :
un coup d’Etat militaire, un soulèvement
palestinien, une intervention
syrienne, une attaque en règle
contre le Hezbollah, les
suppositions sont multiples, amplifiées
par la volonté internationale de
provoquer une nouvelle guerre
civile. Sur
le terrain, le front du camp
palestinien de Nahr el-Bared au
Liban nord, engageant l’armée
libanaise, est bien établi, après
les violents affrontements faisant
suite au massacre à l’arme
blanche d’une trentaine de soldats
libanais, le 20 mai, par des
islamistes régionaux, qui n’ont même
pas eu la politesse de leurs co-prédateurs
israéliens, dix mois auparavant au
Liban sud, de donner une excuse
publique pour justifier leur
agression délibérée. Il ne se
passe pas dix jours sans qu’un
attentat sanglant survienne, pour
entretenir la tension en ce début
d’été libanais, comme
l’explosion d’une voiture piégée
sur la corniche du bord de mer de
Beyrouth, tuant le député Walid
Eido le 13 juin, suivie par celle
d’une autre voiture piégée au
passage d’une patrouille de
la FINUL
dans la localité de Khiam, tuant
six Casques bleus du contingent
espagnol dont trois colombiens le 24
juin. Alors, pays amis, vous voulez
vraiment aider le Liban ? Rien
de plus facile : il suffit d’équiper
l’armée libanaise, en lui
fournissant des armes de défense
anti-aérienne et des hélicoptères
de combat, lui donnant ainsi les
moyens d’étendre son autorité à
l’intérieur et le long des frontières
du pays. Aucune présence armée étrangère
ou dépendant de l’étranger ne
sera plus nécessaire ou tolérée,
et nous pourrons alors déguster en
paix notre taboulé en profitant des
monts et des merveilles au Liban,
sans avoir à nous soucier de
l’avenir de nos enfants. C’est
ainsi que sera célébrée ce samedi
7 juillet la Journée
nationale du taboulé, fleuron de la
gastronomie libanaise, avec des jeux
et des concours qui se tiendront dorénavant
tous les premiers samedis de
juillet.
Gracias
par
ZIYAD MAKHOUL, publié dans
l'Orient-le Jour le 26 juin 2007
Il
n’y a rien à dire ; simplement,
merci. Merci d’être aussi
gentils avec les Libanais du Sud,
même quand certains leur
demandent de moins vous sourire,
de moins bien vous accueillir.
Merci de participer à la
reconstruction de la souveraineté
libanaise, donc de l’État
libanais. Merci d’aider les
soldats de l’armée comme vous
l’auriez fait avec un frère.
Merci de contribuer à asseoir,
envers et contre tout(s), la
stabilité à la frontière méridionale
– qu’est ce que les Libanais
auraient aimé vous voir le long
de l’autre frontière, vous
savez, la cancéreuse passoire !
Merci de regarder le Liban comme
une autre casa, une petite
Espagne. Merci, comme les Français
et les Américains il y a vingt
ans, d’être des hombres
d’honneur. Léo Ferré vous
l’aurait dit, presque comme ça
: Tu ne m’as pas dit/Que les
guitares de l’exil/Sonnaient
parfois comme un clairon/Toi mon
ami l’Espagnol de la rue de
Madrid/Rencontré ce printemps une
fleur aux lèvres/Je ne t’ai pas
dit/Que les guitares de
Beyrouth/Pouvaient apprendre ta
chanson/Toi mon ami l’Espagnol
de la rue de Madrid/Rencontré ce
printemps une fleur aux lèvres/Et
puis tu es parti/Dans les rues là-haut/Et
tu ne m’as rien dit/PACIENCA
!… Infiniment, vous, six morts,
en ce dimanche d’été pour le
Liban, comme des Libanais ;
infiniment Jefferson Vagas,
Jonathan Galea, Alejandro Castello,
John Edison Posada, Manuel David
Portas, Juan Carlos Villora, et
tous vos copains du contingent et
toute l’Espagne qui vous pleure,
infiniment gracias.
Le Liban glisse dans la guerre
par explosions successives
incontrôlées
par ALAIN CAMPIOTTI, publié
dans le Termps le 26 juin 2007
L'attentat
qui a coûté la vie à six
Casques bleus du contingent
espagnol avait été annoncé. La
menace partait du camp assiégé
près de Tripoli que l'armée
libanaise ne parvient pas à réduire.
Qui tient le briquet ? Au
sud du lac Qaraoun, après un
chapelet de villages décorés de
fanions jaunes et de portraits des
martyrs du Hezbollah, l'armée
libanaise barrait le chemin.
Raison donnée : «La route est
trop mauvaise.» Même une
autorisation du Ministère de
l'information ne servait à rien.
C'était dimanche, à la mi-journée.
Peu après, deux véhicules de la
Finul ont été soufflés par
l'explosion d'une voiture piégée,
dix kilomètres plus loin, avant
Khiam. Opacité libanaise. Six
soldats du contingent de Casques
bleus espagnols venu renforcer la
surveillance du pays au sud du
Litani après la guerre de l'été
2006 ont payé de leur vie cette
action annoncée. Car l'ONU
savait. A Beyrouth, la protection
du QG de la Finul avait été
consolidée par de hautes barrières.
La menace venait de prisonniers du
Fatah al-Islam, capturés à Nahr
al-Bared, au nord de Tripoli, où
ce mouvement ultra-violent
soutient depuis trente-sept jours
un siège face à l'armée
libanaise. Ils avaient promi,
selon les services de
renseignement, d'autres actions
contre «les juifs, les croisés
et les infidèles» si le siège
n'était pas levé, et en
particulier des attentats contre
la Force intérimaire de l'ONU
(Finul).
Le
Liban entre peu à peu dans une étrange
guerre, faite d'actions violentes
compartimentées, illisibles ou à
lectures multiples. Tripoli, pour
la deuxième fois depuis mai, a été
dans la nuit de samedi à dimanche
le théâtre d'un épisode d'une
extraordinaire violence. Il s'est
terminé au matin par la
quasi-destruction d'un immeuble de
cinq étages dans le quartier
populaire d'Abou Samra. L'armée
libanaise, dont les chars sont
dans toutes les grandes avenues, a
voulu arrêter des membres d'un
groupe djihadiste. Dans la maison
en partie détruite, les soldats
ont retrouvé, après une prise
d'otages et dix heures de tirs,
les cadavres de sept personnes,
dont celui d'une femme : trois
Saoudiens, un Tchétchène, des
Libanais, dont certains avaient
aussi la nationalité
australienne. Ils appartenaient à
un groupe de plus de 200
combattants, puissamment armés.
C'est ce qu'affirme un résident
de Tripoli bien connu en Europe :
Cheikh Omar Bakri, prédicateur
islamiste expulsé de Londres pour
ses accointances supposées avec
Al-Qaida. Le 20 mai dernier, un
assaut tout aussi violent dans la
ville avait conduit à la
liquidation d'une cellule d'un
autre groupe, Fatah al-Islam, dont
la base principale était à Nahr
al-Bared, camp palestinien installé
depuis plus d'un demi-siècle au
bord de la mer, au nord de
Tripoli. Le groupe s'est vengé en
exécutant une trentaine de
soldats libanais dans la périphérie
du camp, souvent égorgés pendant
leur sommeil. Le siège de la Rivière
froide (en arabe, le nom du camp)
a commencé le lendemain.
Elias
Murr, le ministre de la Défense,
a annoncé vendredi dernier la fin
de la bataille. Il ne restait,
disait-il, que quelques poches à
réduire. Mais samedi matin, au
nord de la ville-camp, sous un
hangar du port, aucun des soldats
couchés ou assis ne le croyait.
Ils revenaient d'un assaut
nocturne, exténués. Plusieurs étaient
blessés, l'un à la joue,
d'autres aux bras et aux jambes.
Les combats, il y a un mois,
avaient commencé là, où une
extension récente du camp touche
le village d'Al-Abde au bord de la
route côtière. Les combattants
du Fatah al-Islam ont été peu à
peu repoussés vers le «vieux
camp» des origines, où ils sont
encerclés, sans accès à la mer.
«Il y avait peu de Palestiniens
au départ, dit un ferrailleur qui
a ses locaux à côté du hangar
des soldats, mais beaucoup se
battent maintenant avec eux.» Des
habitants d'Al-Abde sont revenus
petit à petit, à l'abri des murs
côté route, regardant par les
fenêtres le résultat du
pilonnage de l'artillerie installée
sur les collines. Les véhicules
blindés entrent et sortent du
camp par une espèce de piste au
milieu des maisons détruites. Le
long mois de combats a été
ponctué par sept attentats dans
la région du grand Beyrouth. Le
dernier - déjà une voiture piégée
- a coûté la vie au député
Walid Eido. Il y a une dizaine de
jours, à Bar Elias, dans la
Bekaa, à côté de la ville de
Zahle, les services de sécurité
ont réussi un coup de filet sur
un autre groupe. Dans un garage,
ils ont retrouvé trois voitures,
bourrées d'explosifs, prêtes à
l'emploi.
Qui
veut faire sombrer le Liban ? Le
gouvernement des sunnites, des chrétiens
et des druzes, soutenu par les
Etats-Unis et - apparemment encore
- par la France, accuse la Syrie
de vouloir récupérer sa mise
perdue en 2005, après
l'assassinat de Rafic Hariri.
L'opposition (le Hezbollah et ses
petits alliés), qui s'est retirée
il y a sept mois du cabinet pour
le faire tomber, dénonce une
manipulation américaine pour défendre
un point d'appui au Proche-Orient.
Les deux camps s'invectivent avec
la même passion. On ne voit pas
ce qui empêchera le feu de
prendre dans la montagne.
Espoirs
libanais à la réunion du Mont-Pèlerin
par STEPHANE BUSSARD
Une
seconde rencontre interlibanaise
soutenue par la Confédération
s'est achevée dimanche. Des députés,
des professeurs, des conseillers
politiques, des avocats : de jeudi
soir à dimanche, des Libanais
représentant toutes les
sensibilités du Pays du Cèdre se
sont réunis au Mont-Pèlerin pour
échafauder des pistes pour sortir
le Liban de l'impasse dangereuse
dans laquelle il se trouve.
Organisée par l'Association
suisse pour le dialogue
euro-arabo-musulman avec un appui
important du Département fédéral
des affaires étrangères (DFAE),
la réunion a débouché sur l'élaboration
d'un document. Celui-ci s'attelle
aux causes profondes de la crise
et devrait être soumis aux
leaders politiques. Les Libanais
en conclave sur les hauts du Léman
ont appelé à l'application complète
des accords de Taëf, conclus en
1990 en Arabie saoudite pour
mettre fin à la guerre civile.
Aujourd'hui, l'organisation
politique de l'Etat libanais est
l'otage du communautarisme : la présidence
revient à un chrétien maronite,
celle du gouvernement à un
sunnite et celle du parlement à
un chiite. Le document élaboré
au Mont-Pèlerin invite à la
suppression de ce
confessionnalisme politique.
Autre
impératif : rétablir les
institutions de l'Etat qui est
particulièrement affaibli. Dans
les discussions est apparue une
crainte énorme du Hezbollah
alimentée par la prise de Gaza
par le Hamas. Mais l'esprit coopératif
du représentant du Hezbollah a
apparemment montré que le Parti
de Dieu n'a rien à voir avec le
Hamas palestinien et qu'il peut être
davantage pris au sérieux dans le
jeu politique libanais. Si le DFAE
soutient pour la seconde fois une
telle réunion au Mont-Pèlerin -
la première s'est tenue les 20 et
21 avril -, il a aussi exposé
l'expérience suisse en matière
de neutralité. En bref, les
enseignements historiques qu'a tirés
la Suisse à propos de ses
relations avec ses voisins ou de
l'organisation sécuritaire de son
territoire peuvent servir au
Liban. Un porte-parole du DFAE
estime que la rencontre nourrit
des espoirs : «Le groupe du
Mont-Pèlerin peut produire des
effets positifs sur le dialogue
interlibanais. On espère que ce
dialogue puisse s'instaurer à un
plus haut niveau.» Berne met en
tout cas les moyens. Depuis le
mois de mars, l'ambassadeur Didier
Pfirter s'est rendu à trois
reprises à Beyrouth.
Paris
canaille
par
GABY NASR, publié dans
l'Orient-le Jour le 6 juillet 2007
À
nous les belles Françaises ! Dans
un peu moins de pas longtemps, la
Camarilla Banana Libanera s’en
ira avec ses grosses babouches
pantoufler à Paris, emmenant dans
ses bagages une bonne dose
d’obscurité locale, au propre
comme au figuré, qui tranchera
avec le scintillement insolent de
la Ville lumière. Là, sous les
lambris et la cristallerie, les 28
Chevaliers de la Table Bancale débattront
non point des « problèmes de
l’heure à la lumière des
derniers événements », comme
ils ont l’habitude de l’ânonner
quand ils veulent jeter un os aux
journalistes indigènes, mais
d’un seul problème à la lumière
d’un événement unique : un
accident de la nature datant du 22
novembre 1943. L’identité des
stars de ce pince-fesse n’a pas
de quoi faire grimper aux rideaux.
Rien que des seconds couteaux tout
juste bons à se passer la soupière
les uns aux autres avant d’en référer,
chacun, à son demi-dieu exotique
à qui seul reviendra le droit de
renverser la table à distance à
la fin du verbiage.
Parallèlement,
chaque partie devra gérer ses
petits problèmes domestiques.
Certains parmi nos roitelets qui
ne babillent aucune langue étrangère
feront l’effort de dépêcher
des francophones pour traduire à
leurs hôtes les insultes et
autres échanges fructueux de
vases et de cendriers. Quant aux
autres, chez qui la confiance règne
au plus haut point, ils enverront,
pour changer, qui son frérot, qui
sa fifille. Famille, quand tu nous
tiens… Puis, place au tourisme
dans le Gai Paris ! Certes,
l’exercice sera un peu plus
difficile pour ceux des délégués
qui en sont encore à «
ascensaire », « atoubiss » et
« boftaik », mais tous devraient
en gros passer un bon moment.
D’autant plus rigolo que ce sont
les contribuables français qui
vont cracher au bassinet. Grand
panache et petites misères de la
diplomatie. Qu’est-ce qui a bien
pu pousser Bernard Kouchner à se
coltiner ces 28 sacs de riz ?
Allez savoir ! Ce n’est plus le
Quai d’Orsay, c’est le quai
des brumes…
La
messe annuelle de l’Ordre
souverain de Malte a été célébrée
à Baraachit (Liban-Sud)
Là
où la politique trébuche,
l’amour poursuit sa route
par FADY NOUN, publié dans
l'Orient-le Jour le 2 juillet 2007
Le Liban dans ce qu’il a de
plus noble, de plus authentique,
était au cœur de l’événement
créé jeudi 28 juin par
l’association des chevaliers de
l’Ordre de Malte, à Baraachit,
en plein cœur de ce Liban-Sud
martyrisé en juillet dernier. Il
fallait de l’audace et de la foi
pour arracher à leurs demeures
confortables une cinquantaine de
personnes et les emmener par des
routes chaotiques, tronçonnées
par les raids israéliens, dans un
de ces villages mixtes du diocèse
de Tyr, assister à une messe !
Mais ce n’est pas la foi qui
manque à Marwan Sehnaoui, président
de l’association des chevaliers
de l’Ordre de Malte ! À
l’occasion de la fête de
Jean-Baptiste, son saint patron,
l’Ordre célèbre annuellement
une messe. Cette année, il a
choisi de la célébrer au
Liban-Sud, à Baraachit, village
violemment bombardé lors des
hostilités de juillet 2006, dont
300 habitations ont été
gravement endommagées ou détruites,
l’infrastructure dévastée et
dont l’église, dédiée à
Notre-Dame de l’Assomption, a été
sérieusement endommagée.
La messe annuelle a donc été
décalée de quelques jours, pour
correspondre à la volonté des
organisateurs : célébrer le
Liban de la convivialité loin de
Beyrouth, dans un Sud où les chrétiens,
par moments, ne se sentent plus
complètement chez eux. Cette
amertume a été adoucie jeudi, grâce
à l’Ordre de Malte, qui a fait
sonner la cloche de l’église de
l’Assomption, restaurée grâce
à l’effort conjugué de
l’Ordre et de l’Émirat du
Qatar. Mais ce n’est pas la
cloche seulement qui a résonné ;
le cœur des habitants s’est
aussi mis de la partie, heureux de
retrouver pour quelques moments
trop vite passés le Liban qu’il
connaît, celui de la fraternité
insouciante des temps de paix. Des
soldats des contingents français
et belge de la Finul ont aussi pu
goûter à cette ferveur
authentique qui est la vraie
marque du Liban de toujours, ce
Liban que les politiques
sacrifient sur l’autel des axes,
de la haine et des égoïsmes.
Le sens profond d’un
déplacement
C’est bien ce qu’a déploré
l’archevêque de Tyr des
grecs-catholiques, Mgr Georges
Bakouni, qui a relevé que
« l’amour triomphe là où
la politique échoue ». C’était
là le sens profond de ce déplacement
inhabituel que l’Ordre de Malte
a eu l’intelligence,
l’intuition, la bonne idée
d’effectuer. Tout était dit,
d’ailleurs, dans cette homélie.
Citant l’Exhortation
apostolique, Mgr Bakouni a appelé
« tous les Libanais à
poursuivre et à développer des
gestes concrets de solidarité et
de partage, dans tous les domaines
de la vie sociale, confirmant
ainsi l’interdépendance
indispensable entre citoyens
d’un même pays, le principe de
la destination universelle des
biens de la terre et l’option préférentielle
pour les plus démunis ».
L’archevêque de Tyr a pris soin
de remercier, outre l’Ordre de
Malte, l’Émirat du Qatar pour
sa participation à la
reconstruction de l’église
Notre-Dame à Baraachit, et d’un
bâtiment annexe, ainsi que du
domicile du prêtre à Safad
el-Battikh et de l’église, en
sus du siège de l’évêché à
Yaroun, toujours en association
avec l’Ordre de Malte. « C’est
là la vérité de la religion
musulmane », a-t-il relevé,
réprouvant ceux qui font
l’amalgame entre islam et un
terrorisme qui est « étranger
à l’enseignement islamique ».
« Pour la croix, emblème de
l’Ordre de Malte, que nous nous
réjouissons de voir, elle est
celle de l’abnégation de soi
pour autrui, a encore dit
l’archevêque de Tyr, elle n’a
jamais été un moyen de soumettre
les autres, de s’opposer aux
différentes religions, au
contraire ! »
Du reste, si l’activité
hospitalière de l’Ordre de
Malte s’étend sur l’ensemble
du territoire libanais, une
sollicitude particulière se
manifeste en ce moment pour le
Sud. Depuis novembre dernier, la
guerre ayant rendu pénible le déplacement
sur les routes, une unité mobile
de l’Ordre de Malte, avec la
collaboration des Filles de la
Charité, sillonne la région méridionale,
tandis qu’une seconde unité
sera opérationnelle à partir de
la mi-juillet, en coopération
avec la Fondation de l’imam Sadr.
L’Ordre de Malte gère par
ailleurs quatre centres médico-sociaux
à Yaroun, Siddikine, Marjeyoun et
Roum. Ce moment de communion
s’est achevé par un buffet où,
après la messe, les invités, la
population locale et les notables
de la région ont pu bavarder sans
façon. Parmi eux, les fils de Mme
Rabab Sadr Charafeddine, Loay et
Kosay, le président du conseil
d’administration de l’hôpital
de Tebnine, le Dr Mohammad Hamadé,
le nonce apostolique, Mgr Luigi
Gatti, l’ambassadeur de
l’Ordre de Malte, Jacques
Guerrier de Dumast, le prince et
la princesse de Lobkowicz,
l’archevêque maronite de Tyr,
Nabil Chekrallah Hajje, l’aumônier
des chevaliers de l’Ordre de
Malte, le père Mansour Labaki,
etc. Un moment d’espoir, mais
non pas d’espoir factice, avec
la dose nécessaire de simplicité
pour faire passer les choses
importantes.
Son appui à la guerre américaine
en Irak a plombé la réputation
du nouvel envoyé spécial du
Quartette
Le monde arabe réservé
sur la mission de Tony Blair au
Proche-Orient
par GEORGES MALBRUNOT,
publié dans le Figaro le 28 juin
2007
« Un va-t-en guerre en
Irak pour construire la paix
israélo-palestinienne, c'est
plutôt cocasse ! »,
réagissait hier un diplomate
arabe, à l'annonce de la
nomination de Tony Blair comme
envoyé spécial du Quartette au
Proche-Orient. Retardée par un
mouvement d'humeur des Russes,
la nomination de l'ex-premier
ministre britannique a été
confirmée hier par les États-Unis,
la Russie, l'Europe et l'ONU. Sa
mission consistera à aider le
président palestinien Mahmoud
Abbas à édifier les
institutions indispensables à
un futur État. Si les régimes
amis de l'Occident se félicitent
- du moins officiellement - de
la désignation de Blair, la rue
arabe, elle, exprime ses réserves.
La participation de Londres au
conflit irakien, aux côtés des
États-Unis, est restée en
travers de la gorge de beaucoup.
« Je ne vois pas du
tout en quoi sa personnalité
sera un atout pour la paix entre
Israéliens et Palestiniens »,
déclare Assem al-Omari, un
politologue jordanien, qui voit
plutôt sa nomination comme « un
cadeau fait à un ami qui part
en retraite. Blair n'a ni
indépendance, ni influence
morale auprès des Arabes, je ne
le vois pas venir dans la région
armé d'une grande énergie pour
faire avancer la paix »,
dit-il.
« L'Europe ne compte
pas »
L'« État palestinien
viable », objectif
affiché du Quartette
international, semble un leurre
pour certains. « Le
Quartette n'existe que sur le
papier. Il n'a jamais produit le
moindre résultat, constate
amèrement Assem al-Omari. La
paix a besoin d'autres
dynamiques, et d'abord de la détermination
des Européens et des Américains
à exercer des pressions sur
leurs amis israéliens, et non
pas de quelqu'un qui va jouer
les figurants. »
D'autres se disent même « choqués »
que l'Union européenne ait entériné
sa nomination. « Quand
la presse américaine a commencé
de parler de Tony Blair au
Quartette, après sa récente
visite d'adieu à George Bush,
les Européens n'y étaient pas
du tout favorables »,
relève un diplomate
palestinien. S'ils ont changé
d'avis, « cela montre
une fois de plus qu'ils ne
comptent pas au sein du
Quartette, feuille de vigne
manipulée par les Américains »,
d'après lui.
L'envoyé spécial de l'ONU,
Alvaro de Soto, dénonce la
politique des Etats-Unis, d'Israël
et des Nations unies envers la
Palestine
Washington est accusé
d'avoir encouragé le chaos
palestinien
par MICHEL-BOLE RICHARD,
publié dans le Temps le 15 juin
2007
Après deux années passées
comme envoyé spécial du secrétaire
général de l'ONU au
Moyen-Orient, Alvaro de Soto
dresse, dans un rapport
confidentiel de fin de mission
daté du 5 mai et révélé le
13 juin par le Guardian, un
constat dramatique et désabusé
sur le conflit israélo-palestinien.
A tel point que ce Péruvien
qui, pendant vingt-cinq ans,
s'est évertué à trouver une
solution aux conflits de la planète
se demande s'il est nécessaire
de pourvoir au remplacement de
son poste (ce qui est déjà
fait en la personne du
Britannique Michaël Williams)
et au maintien du Quartette,
cette entité constituée par
les Etats-Unis, l'ONU, la Russie
et l'Union européenne. A tout
le moins, «le rôle des Nations
unies devrait être sérieusement
revu», fait remarquer le
diplomate international, dans un
texte de 51 pages particulièrement
amer et pessimiste où il fait
part de ses désillusions.
Passant en revue tous les événements
qui ont émaillé son mandat,
Alvaro de Soto constate, comme
il l'a déclaré récemment au
quotidien Haaretz, que «la
situation est extrêmement
volatile lorsqu'il n'y a pas de
progrès dans le processus de
paix et que le boycottage de
l'Autorité palestinienne se
poursuit».
«Prison à ciel ouvert»
A ce propos, il dénonce la
suppression de l'aide directe de
la communauté internationale,
dont «les conséquences ont été
dévastatrices sur le plan
humanitaire et dans
l'affaiblissement des
institutions palestiniennes».
«Les mesures prises censées
conforter les Palestiniens qui
avaient le désir de vivre en
paix avec leur voisin ont eu
l'effet contraire.» Avant
d'ajouter que «les eurocrates
ont réalisé qu'ils avaient dépensé
plus d'argent en boycottant
l'Autorité palestinienne que
lorsqu'ils la soutenaient et
qu'en la contournant, cela n'a
pas permis de la consolider,
mais que cet argent a été
investi à fonds perdu». «J'éprouve
une grande tristesse», avait-il
dit en quittant ses fonctions.
Ayant travaillé au Salvador, à
Chypre, il fait remarquer que le
retrait israélien de la bande
de Gaza, qui a soulevé tant
d'espoirs, a été utilisé par
Ariel Sharon «pour obtenir des
concessions importantes des
Etats-Unis alors que la
construction de «la barrière
de sécurité» se poursuivait
et que des colons s'installaient
en Cisjordanie». De fait,
constate Alvaro de Soto, la
bande de Gaza est devenue «une
prison à ciel ouvert» et le
processus s'est enlisé d'autant
que le Hamas a remporté les élections
générales du 25 janvier 2006.
Analysant la mise en place du
processus de boycottage du
Mouvement de la résistance
islamique qui avait gagné démocratiquement
les élections, Alvaro de Soto
estime que le rejet de l'issue
du scrutin par la communauté
internationale, qui l'avait
pourtant appelé de ses vœux, a
été une erreur. «Le Hamas évoluait
et pouvait encore le faire et
nous devions l'encourager dans
cette évolution, de sorte qu'un
dialogue puisse s'instaurer dans
lequel l'ONU aurait eu un rôle
à jouer.» «Nous parlons au
Hezbollah et nous avons raison
de le faire car c'est important
et qu'il n'y a pas de solution
au Liban sans cette
organisation. Ce devrait être
la même chose avec le Hamas»,
tranche le Péruvien. Au lieu de
cela, Israël a poursuivi sa
politique «des faits accomplis»
qui rend de plus en plus
difficile, voire impossible, la
création d'un Etat palestinien
viable dont les diplomates ne
cessent de parler sans que rien
se concrétise d'une manière ou
d'une autre. Au contraire.
Alvaro de Soto rapporte que «les
Américains ont poussé à une
confrontation entre le Hamas et
la Fatah» et, s'interroge-t-il
: «Je me demande si les autorités
israéliennes réalisent
qu'elles récoltent ce qu'elles
ont semé et qu'elles
encouragent systématiquement le
cycle violence-répression au
point qu'il se nourrit de lui-même.»
Situation «d'autocensure»
Dans ce testament accablant sur
les incapacités des uns et des
autres à vouloir résoudre ce
conflit, une mention particulière
est adressée aux Etats-Unis,
qui dictent leur volonté au
Quartette et à Israël, et qui
se sont «réfugiés dans une
position de rejet, dans laquelle
ils sont prisonniers, en
insistant sur des préconditions
dont on sait qu'elles ne sont
pas réalisables». «L'expérience
démontre que ces préconditions
sont habituellement un masque du
manque de volonté de négocier.
Comme le disait Colin Powell,
ancien secrétaire d'Etat américain,
vous ne pouvez négocier lorsque
vous dites à l'autre partie :
«Donnez-moi ce à quoi des
pourparlers vont aboutir avant
que ceux-ci ne commencent.»
Alvoro de Soto déplore qu'au
cours des deux années qu'il a
passées dans la région l'ONU
ait «traité Israël avec une
extrême considération, presque
de la tendresse», et qu'il doit
être mis fin à cette situation
«d'autocensure». «Je ne crois
honnêtement pas que l'ONU rende
service à Israël en ne parlant
pas franchement de ses
manquements dans le processus de
paix. Nous ne sommes pas un ami
d'Israël si nous permettons à
ce pays de s'autosatisfaire que
les Palestiniens soient les
seuls à blâmer, ou que ce pays
puisse, avec légèreté,
continuer à ignorer ses
obligations liées aux accords
passés, sans payer un prix
diplomatique à court terme et
un prix beaucoup plus élevé en
matière d'identité et de sécurité
à plus long terme.»
Des documents montrent que l’Elysée
avait été alerté très tôt
du risque d’un génocide
Le Rwanda revient hanter
la France
par THOMAS HOFNUNG, publié
dans Libération le 3 juillet 2007
La France en aura-t-elle
jamais fini avec son rôle
supposé ou réel avant et
pendant le génocide de 1994
au Rwanda ? Hier, les avocats
de 6 survivants du
carnage ont indiqué avoir
demandé les auditions des
anciens ministres des Affaires
étrangères et de la Défense,
Alain Juppé et Pierre Joxe,
mais aussi de l’ex-secrétaire
général de l’Elysée sous
François Mitterrand, Hubert Védrine.
Audition.
En 2005, les plaignants rwandais
ont obtenu l’ouverture d’une
information judiciaire pour «complicité
de génocide et de crimes contre
l’humanité» visant des
soldats de l’opération
militaro-humanitaire Turquoise (été
1994). Leurs avocats fondent
leur demande d’audition sur
des documents d’archives remis
récemment à la juge Florence
Michon, du tribunal aux armées
de Paris. Le quotidien le Monde
a révélé, hier, l’existence
de ces archives émanant de la
présidence de la République.
Ces documents montrent que l’Elysée,
malgré ses dénégations, avait
été alerté très tôt du
risque d’un massacre généralisé
au Rwanda. Durant les années
qui ont précédé le génocide
contre les tutsis et les hutus
modérés - au moins 800.000 morts
-, la France était très
impliquée au Rwanda. A la
demande du président hutu, Juvénal
Habyarimana, Paris a dépêché
ses soldats, dès 1990, pour
tenter de repousser les rebelles
tutsis du Front patriotique
rwandais (FPR) de Paul Kagamé.
Les militaires français
n’auraient pas combattu
directement le FPR mais dirigé
en sous-main les opérations.
Dans le même temps, ils avaient
assuré la formation de
militaires qui ont joué, plus
tard, un rôle crucial dans le génocide.
Fin 1993, après avoir pesé en
faveur des accords d’Arusha
(Tanzanie), qui prévoyait un
partage du pouvoir entre hutus
et tutsis, Paris rapatriait ses
soldats, cédant la place à
l’ONU. Mais, le 6 avril
1994, le président Habyarimana
mourait dans le crash de son
avion, abattu par un missile.
Aussitôt, les massacres commençaient.
Les autorités de Kigali, qui
reprochent à Paris de ne s’être
jamais excusé, ont rompu leurs
relations diplomatiques avec la
France en novembre 2006. En
1998, une mission parlementaire
d’information avait conclu à
des manquements graves de la
France, tout en rejetant
l’accusation de complicité.
«Vieille thèse». Le
Monde cite pourtant un télégramme
diplomatique daté du 19 janvier
1993, rédigé par
l’ambassadeur Georges Martres.
Ce dernier rapporte un témoignage
selon lequel le président
rwandais Habyarimana aurait donné
«l’ordre de procéder à
un génocide systématique».
Un mois plus tard, la DGSE évoquait
«un vaste programme de
purification ethnique [.] contre
les tutsis». «Il
n’y a rien de nouveau dans ces
documents, réagit le
socialiste Paul Quilès, qui a
dirigé la mission
d’information. C’est la
vieille thèse de Mitterrand
complice du génocide !
Pourquoi, dans ce cas, la France
aurait-elle pesé en faveur des
accords d’Arusha ?» Selon
le chercheur Olivier Lanotte -
auteur de La France au
Rwanda (1990-1994), Éd.
P.I.E. Peter Lang (Bruxelles) -,
«ces documents prouvent une
chose : très tôt, les infos du
terrain sont remontées jusqu’à
l’Elysée».

Journée
nationale du taboulé
le samedi 7 juillet
2007

La
montagne de Dhour Choueir en fleurs accueille les premiers
estivants.
Photo du 24 juin 2007. Naji Farah
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