Voici
quelques extraits du livre :
"Youakim Moubarac, un
homme d’exception",
de GEORGES CORM, ancien
ministre de l’Economie,
publié en 2004 aux Editions
de
la Librairie
Orientale
à Beyrouth.
Portrait
de Père Youakim Moubarac
Père
Youakim Moubarac, né en
1924 à Kfarsghab au Liban,
mort en 1995 à Montpellier
en France, a assis toute sa
vision du Liban et de
l’Orient arabe dans une
culture de nature encyclopédique,
bien rare dans ces temps de
spécialisation à outrance.
Son art suprême consistera
à mettre en cohérence sa
connaissance profonde de la
théologie chrétienne, dans
toutes ses variantes
historiques, en particulier
la théologie des Eglises
d’Orient, mais aussi celle
de la théologie musulmane
et juive, avec une vision
dynamique de la modernité
européenne et des
changements qu’elle a
entraînés dans tout
l’Orient arabe et
musulman.
La
vigueur intellectuelle de
cet ecclésiastique, homme
de très haute culture, mais
pourtant si modeste et si
proche de tous ses amis laïcs,
l’avait amené à développer
une vision du monde aux
horizons élargis. Le Liban,
à l’origine de ses
racines profondes, était
pour lui un lieu privilégié
d’où il fallait organiser
le dialogue, la paix, le bon
sens entre un monde arabe,
majoritairement musulman, et
l’Europe à
l’avant-garde de la
modernité politique. Dans
cette Europe,
la France
et la culture française étaient
pour lui un espace, bien
plus, une demeure physique
et intellectuelle, qu’il
affectionna toute sa vie.
Saint-Sulpice, Saint-Roch,
l’Abbaye de Jouarre,
l’Université catholique
de Louvain en Belgique, mais
aussi
la Sorbonne, furent ses lieux d’élection
en terre européenne.
Il
y devint cette personnalité
riche et complexe, tout à
la fois un prodigieux savant
maronite, continuateur
d’une tradition inaugurée
par l’ouverture du Collège
maronite de Rome en 1584 et
qui donna au Liban et à
l’Europe des hommes éminents,
ouverts sur l’Eglise
universelle et tous ses
courants ; un
francophile inlassable, même
lorsque les actions françaises
au Levant qu’il essayait
d’influencer au bénéfice
du Liban, des Arabes et des
Français, ne répondaient
pas à ses aspirations ;
un islamologue de haut vol
pour qui le monothéisme
dans ses trois variantes,
juive, chrétienne et
musulmane, qu’il appelait
"abrahamique",
n’avait aucun secret.
Liban,
Palestine, arabité et
dialogue islamo-chrétien :
même combat
Pour
cet esprit libre qu’était
Youakim Moubarac, son intérêt
pour l’histoire de la
communauté dont il était
issu avait des prolongements
majeurs dans tous les
domaines. Ayant montré avec
courage, dans ses premières
œuvres, comment bâtir le
dialogue islamo-chrétien,
il n’hésite pas à se
lancer très tôt dans une défense
sans compromis des droits
des Palestiniens et une réfutation
des revendications du
mouvement sioniste. Pas une
ligne de ce qu’il a écrit
en mai-juin 1967, dans la
conjoncture de
la Guerre
des six jours, n’a
vieilli. Il s’adresse
alors dans plusieurs lettres
aux grands intellectuels
français, tels que François
Mauriac, Germaine Tillon,
Jacques Maritain et
d’autres. L’écriture
est bouillonnante,
foisonnante et sans détour.
Moubarac,
en effet, accepte mal que
ces personnalités ne voient
pas l’injustice qui se
commet en Palestine et
qu’elles tombent dans le
panneau de la propagande
israélienne. Il y dénonce
donc sans ménagement
"la conscience rabbinisée
de l’Occident, autant que
cléricalisée". Il
affirme "détester ceux
qui en Israël et dans l’Eglise,
rabaissent le dessein de
Dieu sur son peuple et, après
avoir voulu nous faire
croire que ce qui s’est
passé le Vendredi Saint
n’est qu’un fait divers
des annales juives sous
Ponce Pilate, veulent
maintenant réduire la
promesse abrahamique aux
dimensions d’une
entreprise coloniale et
d’une propriété privée".
Le
recueil de ses textes permet
très bien de voir la
liaison intellectuelle et
spirituelle que Moubarac
fait entre la défense de
l’Islam,
"protestation de tous
les exclus de la
promesse", la cause
palestinienne, la défense
du Liban, cœur des libertés
de
la Syrie
et du monde arabe,
plate-forme principale du
dialogue islamo-chrétien,
l’arabité comme œcuménisme
culturel. Il envoie à ses
interlocuteurs divers mémorandums
pour régler le problème
palestinien. Il y plaide la
cause d’une Palestine judéo-arabe,
à l’égal du Liban
islamo-chrétien, qui
scellerait la réconciliation
des trois monothéismes. Il
sent fort bien d’ailleurs
la menace que la politique
israélienne de force et
d’expansion, mais aussi
d’exclusion des
Palestiniens, fait peser sur
le Liban. C’est pourquoi
il s’agit pour lui d’un
même et seul combat.
Défendre
la Palestine, c’est défendre le
Liban, c’est aussi défendre
l’arabité et la modernité,
c’est réaliser son beau rêve
de la réconciliation de
tous les fils d’Abraham,
sans distinction entre Israël
et Ismaël. Il n’hésite
pas d’ailleurs, dans ses
plaidoyers vibrants de
passion, à rappeler le
patrimoine islamique de
la Palestine, et plus particulièrement
celui de Jérusalem.
Moubarac sera un acteur
important de
la Conférence
mondiale des Chrétiens pour
la Palestine
qui se tient à Beyrouth en
mai 1970. Il y fera une
communication sur "La
signification de Jérusalem".
En
réalité, les vues de
Youakim Moubarac sur les
rapports de l’œcuménisme
et de
la Palestine
ont un caractère
quasi-prophétique. Il a déjà
l’intuition exceptionnelle
de la montée d’un
fondamentalisme chrétien
d’origine anglo-saxonne
qui s’accommode de
l’injustice faite au
Palestinien, du rétrécissement
du Judaïsme dans le
sionisme, de l’exclusion
de l’Islam du monde monothéiste.
"Quand
l’attention de la chrétienté
est ramenée vers
la Terre
Sainte
du seul point de vue archéologique
ou folklorique, écrit-il,
l’emprise qui s’exerce
sur elle n’est plus en fin
de compte à l’Europe,
mais à l’Amérique.
C’est dans le
Christianisme américain, en
effet, catholique aussi bien
que protestant, que se
manifeste davantage un
fondamentalisme biblique élémentaire,
un philo-sémitisme en tout
point opposé à l’anti-sémitisme,
mais de la même veine, et
un culte du succès, sinon
du triomphe de la chrétienté
qui essuie ailleurs tant de
déboires".
La
vocation des Chrétiens
d’Orient et plus particulièrement
des Libanais doit aboutir,
de ce fait, pour Moubarac,
au rétablissement d’un véritable
esprit œcuménique en
Palestine, c’est-à-dire
"y promouvoir une
fraternité nouvelle avec
les Musulmans et les Juifs réconciliés,
pour voir poindre à la
hauteur de Jérusalem cet
astre royal qui, par-dessus
la nuit des peuples, se lève
à l’Orient".
Mais
déjà, en ce début des années
soixante-dix, Moubarac décrit
le malaise du Liban, ou
comme il le dira "le
Liban malade de
la Palestine". Avec son sens exceptionnel
de la formule toujours juste
et percutante, il estime que
le Liban, "ce pays le
plus faible et le plus démuni
en face d’Israël, en est
l’adversaire le plus
implacable". "Bien
plus, je dirai plutôt que
l’existence même du
Liban, multiracial et
multiconfessionnel, est la
plus grande offense à l’Etat
juif, et je comprends
parfaitement qu’ayant ménagé
jusqu’ici ce voisin
fragile entre tous, de par
son équilibre interne
difficile à tenir, à cause
des multiples pressions qui
s’exercent sur lui, Israël
ne lui ait prodigué que
quelques coups de semonce,
en attendant le coup de
massue".
Moubarac
dénonce alors la tendance
de certains Libanais à
vouloir isoler le Liban de
son environnement arabe, à
vouloir se
"recroqueviller"
sur lui-même, ne rester
ouvert que sur l’Occident
"pour bien
s’accommoder de
l’enclave juive à ses côtés".
Ses
ambitions humanistes et œcuméniques
pour le Liban apparaissent
en pleine lumière dans ce
"Dossier
palestinien" écrit peu
de temps après
la Conférence
mondiale des Chrétiens pour
la Palestine.
"Il ne s’agit pas
comme certains le prétendent,
écrit-il, de vouloir
tourner le dos à
l’Occident pour
s’immerger dans le monde
arabe et s’enfoncer dans
la masse des pays sous-développés.
C’est une opération-suicide
de rupture qui répugne
fondamentalement à l’être
libanais et qui serait un
appauvrissement de
l’arabité. Il n’en
reste pas moins vrai que,
tant sur le plan culturel,
social ou économique, le
Liban doit promouvoir une
politique entièrement
nouvelle, où ses attaches
traditionnelles, loin de le
détourner ou de le retenir,
l’engagent à fond dans le
processus de libération des
pays arabes au sein du
Tiers-Monde. Il y appartient
non seulement par la majeure
partie de sa population démunie,
mais encore par sa place de
trait d’union entre deux
mondes, compromettant l’un
avec l’autre et engageant
les mieux pourvus au service
des pauvres".
Pour
lui, le Liban ne peut rester
éloigné du conflit
palestinien. Il prêche un
engagement non violent du
Liban dans le conflit, afin
d’éviter "la paix bâtarde
des égoïstes qui sont
encore contents, quand à côté
d’eux un monde crève".
Il récuse aussi la
possibilité d’une
neutralité ; pour lui,
"la paix des
neutres" est celle de
ceux qui "ayant tiré
leur épingle du jeu,
comptent les coups du
malheur qui les épargne,
alors même qu’il les
menace en premier
lieu". Le Liban, dans
sa vision du conflit
palestinien, doit être
comme "la cellule
radioactive qui désintègre
le processus de la violence,
enlève au système sioniste
sa raison d’être et
contribue en Palestine à la
réintégration des Juifs,
sur le même pied d’égalité
que les Chrétiens et les
Musulmans dans tout le monde
arabe." Le grand
visionnaire ajoute alors :
"Tant que ce rêve
n’est pas réalisé, tant
que cette utopie n’est pas
le berceau de notre
renaissance, nous dirons que
"le Liban est malade de
la Palestine"."
Voici
des paroles qui ont
aujourd’hui une résonance
toute particulière quand on
sait dans quel état de délabrement
moral et physique le Liban
est sorti de ses guerres
gigognes, ayant abandonné
tout rêve et toute utopie
pour se replier sur
l’affairisme et la
corruption, cependant que
seul "le parti de
Dieu" qui a réussi à
libérer le sud du Liban par
ses sacrifices, continue
dans son optique particulière
de rêver de la libération
de Jérusalem.
Appel
à François Mauriac le 13
juin 1967
"Cher
Mauriac,
Je
ne pensais pas que vous
livreriez aux lecteurs du Figaro
Littéraire d’hier la
suggestion que je
sollicitais de vous au sujet
d’un projet d’Etat
palestinien judéo-arabe,
faisant justice aux
aspirations légitimes du
peuple juif, sans mettre en
cause les droits du peuple
arabe. Mais puisque vous
estimiez, il y a une
semaine, que c’était une
utopie, vous aurez depuis la
preuve à l’appui de ce
que je disais entre-temps à
ceux qui, maîtres et amis,
me répondaient dans le même
sens que vous. Une entité
palestinienne unifiée est
sans doute une utopie
illusoire. Mais l’utopie réelle,
le défi intolérable à la
conscience du monde arabe,
chrétien aussi bien que
musulman, c’est cet Israël
que vous avez voulu nous
faire prendre pour un
agneau, alors que, sous la férule
sioniste, "tanquam leo
rugiens circuit quaerens
quem devorer", il ne
fait qu’expier, bouc émissaire
de toujours, le péché des
nations dites chrétiennes.
Le
temps n’est plus cependant
aux protestations indignées,
quand nous subissons la plus
grave des offenses, pour les
Lieux saints de l’Islam,
autant que pour les Lieux
saints des Juifs et des Chrétiens.
Je vous ai câblé en ce
jour cette offense, et sa
violence n’a fait que
s’amplifier dans la pensée
pourtant compatissante de
Germaine Tillion. Que cela
ne m’empêche pas encore
de jeter avec vous un regard
douloureux sur le passé récent,
dût-il vous paraître
insolent. Notre offense ne
saurait vous offenser.
Vous
ne me ferez jamais croire
qu’en signant l’appel
pour Israël, vous avez agi
sans être abusé, selon
votre cœur et en conformité
avec la politique du Général
de Gaulle qu’une fois de
plus vous soutenez si
fermement et justement.
C’est par vous, en effet,
que je sais d’expérience
que l’Académie, les
Lettres et "la gauche
bien pensante" françaises
ne résistent pas indéfiniment
et impunément aux pressions
des puissances de publicité
plus encore que d’argent,
qui s’étalent sur les
pages du Figaro et du
Figaro Littéraire,
dernière couverture
comprise.
Souvenez-vous,
c’est contre cette même
"conscience française"
que Louis Massignon dont
vous invoquez la mémoire a
refusé de signer sur la
demande de Thierry Maulnier,
un appel pour Budapest
pourtant écrasée sous la
botte soviétique, et lui a
répondu par cette outrance
incroyable : "Je
ne suis pas spécialiste des
questions magyares".
Car cet homme libre entre et
contre tous ne pouvait
accepter, en dénonçant un
crime qui pourtant criait
contre le ciel, de paraître
avaliser l’atlantisme
militariste, mercantile et
toujours lâche des
supporters de ce candidat à
l’Académie d’abord.
Massignon estimait que les
crimes de Staline
n’avaient pas plus besoin
d’être dénoncés que
ceux d’Hitler, après
coup. La conscience
universelle les réprouve,
quand il est, hélas, trop
tard.
Mais
ce que Massignon essayait
alors, en vain, de faire réprouver
par la conscience des Français,
c’étaient les agissements
non moins criminels, mais
dont ils étaient davantage
responsables, de ceux-là
qui, ne cassant pas
suffisamment de fellagha en
Algérie, allaient démontrer
leur puissance sur les
paysans et les hommes de
Nasser, en se faisant
couvrir par les légions de
Dayan. Vous ne vous rendez
donc pas compte, cher
Mauriac, que ce sont ces
hommes-là, les mêmes de
Guy Mollet à Lecanuet, qui
ont juré la mort de de
Gaulle et le renversement de
sa politique dans l’un et
l’autre cas ?
Il
n’est pas exact que
Massignon aimait d’un même
amour Ismaël et Israël. Je
dirais plutôt que ce chrétien
a essayé de guérir dans
son cœur abrahamique le cœur
incirconcis d’Israël, en
aimant passionnément les
Musulmans. Les Musulmans,
identiquement tous les
non-juifs, tous les non-chrétiens,
tous ceux qui n’ont pas de
part dans la promesse et ses
privilèges, tous les
exclus, humiliés et offensés,
à l’intérieur du peuple
juif, comme des peuples
musulmans, et partout.
Massignon a défendu
passionnément la
protestation coranique
contre les exclusivismes
arrogants des Juifs et les
égoïsmes, criminellement
oppresseurs, de ceux qui se
disent chrétiens. Il avait
en effet compris que le
Coran n’était pas ismaélite
et anti-israélite. Le Coran
est arabe comme
la Déclaration
des Droits de l’Homme est
française, avant d’être
universelle. Le Coran arabe
est la protestation de tous
les exclus de la promesse,
contre les Juifs de Médine
et les impérialistes de
Byzance, dans la conscience
d’une humanité parvenue
alors à sa majorité
religieuse et révoltée,
tout comme
la Révolution
française est la
protestation véhémente
d’une humanité au seuil
de sa majorité politique et
laïque.
Avant
Muhammad, Paul avait fait
entendre la même
protestation et affirmé que
la bénédiction d’Abraham
était impartie non à une
race mais à tous les
croyants. Mais Paul de Tarse
était encore juif, citoyen
romain et de culture
grecque. Il a fallu un
analphabète du Désert
d’Arabie pour appuyer à Jérusalem
comme à Damas, et sur la
foi de la virginité de
Marie, que la promesse était
étendue aux masses des
peuples d’Asie et
d’Afrique, bientôt
islamisées, parce que les
nations dites chrétiennes
n’avaient enlevé la
promesse aux Juifs que pour
mieux oppresser ces mêmes
masses jusqu’à nos jours.
Je
ne pousserai pas davantage
l’histoire du salut sous
l’effet de la colère.
Mais ne voilà-t-il pas que
ces mêmes masses,
aujourd’hui islamisées ou
non, et les Indiens aussi
bien que les Chinois ou les
Soviétiques, appuient la
cause des Arabes contre la
cause des Israéliens, appuyés
par les Anglo-Américains,
et "lâchés"
comme disent vos
cosignataires, par la seule
France ? Cela ne vous
trouble-t-il pas plus et ne
voyez-vous aucun rapport
quelconque entre cette cause
de la croisade en
Moyen-Orient, et celle prêchée
par le Cardinal Spellman en
Asie du Sud-Est ?
Alors, laissez-moi vous
faire une suggestion.
Demandez à vos
cosignataires en faveur
d’Israël de vous signer
quelque bref appel, selon
Paul VI ou selon U Thant,
pour le Vietnam, et vous
verrez ce qu’il vous en
restera dans le creux de la
main, pas plus que le nombre
de vos doigts.
Comment
enfin, pouvez-vous écrire
que des siècles d’égorgement
empêchent les Juifs de
cohabiter avec les Arabes de
Palestine ? Si
l’Islam a égorgé des
Juifs, il a égorgé
davantage de Chrétiens, et
ceux-ci le lui ont bien
rendu. Cela ne nous dissuade
pas, nous maronites et
catholiques, une petite
"nation" jadis
protégée par
la France
et toujours son amie, mais
ne comptant désormais plus
que sur Dieu et nous-mêmes,
pour faire succéder à des
siècles d’égorgement
mutuel, une ère de
cohabitation pacifique et de
collaboration active en tous
domaines avec les Musulmans,
dans le même Liban, un et
indivisible, comme
la Palestine, assurés que nous sommes
de notre bon droit, de notre
puissance irréductible de résistance
sur ce sol jamais abandonné
et de notre passion de
fraternité.
Ce
faisant, nous ne donnons pas
de leçon aux Juifs qui
devraient en savoir
davantage avec les Prophètes
d’Israël. Mais comme Chrétiens,
nous condamnons comme les
Musulmans, et sans appel, le
sionisme israélien."