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ARTS-SPECTACLES
RJLIBAN N°15 du 25 mai 2006
www.rjliban.com
Béchara
el-Khoury ou la farouche
passion de liberté
Une
de ses œuvres musicales sera
interprétée au Théâtre des
Champs-Elysées, à Paris le
25 mai
par
EDGAR DAVIDIAN, publié dans
l'Orient-le Jour le 23 mai
2006
Un
grand moment sans nul doute
pour Béchara el-Khoury, ce 25
mai à Paris, où se donne, au
Théâtre des Champs-Elysées
et en grande pompe, son œuvre
musicale "Aux frontières
de nulle part op 62", un
concerto pour violon et
orchestre. Opus commandé par
le ministère libanais de la
Culture à l’occasion du IXe
Sommet de la francophonie, il
sera interprété par
l’Orchestre national de
France sous la houlette de
Kurt Masur, éminent maestro
allemand qui fut pendant douze
ans directeur musical et chef
de la Philharmonique de New
York. En outre, maestro Masur
est président de la Fondation
Mendelssohn et de la maison
Beethoven au pays de Goethe.
Au violon, pour la partie
soliste de la partition, Sarah
Nemtanu.
Pleins feux sur Béchara
el-Khoury dont le parcours, déjà
jalonné de succès,
s’affirme avec éclat aux
firmament et cercle très élitiste
des compositeurs modernes. Né
en 1957 à Beyrouth, ce
fervent amoureux de la musique
contemporaine est aussi un
inspiré taquineur des muses.
Nul n’oublie ses trois
recueils de poèmes publiés
juste avant la guerre au pays
du Cèdre. Des images, des
rigueurs métriques et de la
riche musicalité des rimes
libres au monde insaisissable
mais perceptible de la
musique, il n’y a presque
pas de frontières… Les
notes renvoient naturellement
à d’autres images sonores,
d’autres rythmes, d’autres
mesures, d’autres musiques,
orphiques et incantatoires…
Les mots s’effacent, les
vocables s’évanouissent, et
émerge un univers sonore
chatoyant où demeurent les préoccupations
et l’essence d’un être,
toujours écho du siècle,
pour reprendre la formule
"hugolienne", dans
un langage envoûtant,
renouvelé, original et
universel.
Aujourd’hui, aux confins de
la cinquantaine, Béchara
el-Khoury, prix Rossini
(2000), membre du jury aux
concours de l’Ecole normale
supérieure de musique de
Paris et de Radio-France,
finaliste à Londres en 2003
(avec "Les fleuves
engloutis op 64") du
concours international "Masterpiece",
est courtisé par la firme
Naxos pour ses
enregistrements, par les éditions
Max Eschig et Alphonse Leduc
pour ses publications. A
la tête d’un catalogue qui
comprend plus de soixante-dix
œuvres (interprétées déjà
par les plus prestigieux
orchestres d’Europe dirigés
notamment par Daniel Harding
et Martyn Brabbins), Béchara
el-Khoury, voix qui compte
dans le peloton de
compositeurs modernes, a une
production musicale où
s’exprime, en un style
attachant, coloré, teinté
d’une certaine nostalgique mélancolie,
un vibrant humanisme.
L’Orient et l’Occident
fusionnent dans une expression
musicale qui a assimilé en
profondeur tous les ingrédients
des deux cultures confondues.
Musique contemporaine guère
loin aussi d’un certain
romantisme où grandiose et
tragique voisinent comme les
deux visages de Janus pour une
traversée humaine exposée à
tous les aléas, tous les
bonheurs et toutes les
adversités.
Plus de soixante-dix
œuvres
Des bribes de Penderecki,
Lutoslawski et Stravinski en
teintes nuancées d’un
pastel triste et grave
surgissent, comme des feux mal
éteints dans un brasier
jetant brusquement des flammes
vives, dans des pages aux éclats
rougeoyants où la bipolarité
tradition-modernité forge un
langage personnalisé,
n’appartenant à aucune catégorie
qui puisse être répertoriée.
Pour mieux cerner ce
compositeur qui s’inspire,
entre autres, de sa foi chrétienne
profonde et de son attachement
au Liban, emblème d’un
humanisme ouvert et tolérant,
les propos de Pierre-Petit,
parus dans un article du
Figaro : "Imprégné de
la vraie tradition orientale,
rompu aux techniques de notre
musique occidentale, Béchara
el-Khoury était tout désigné
pour essayer de trouver le
point idéal de fusion. Je
crois qu’il y est parvenu en
faisant circuler dans un tissu
délibérément européen une
sève authentiquement
orientale. Langage inhabituel
sans nul doute qui nous touche
par son originalité, nous dépayse
et nous fait rêver. Voici
certainement l’une des clés
principales pour pénétrer
dans l’univers si intériorisé
de ce compositeur poète. Si
les premières œuvres
laissent apparaître encore
ici et là des traces
d’orientalisme au détour
d’un rythme de danse ou
d’une inflexion mélodique,
les œuvres ultérieures
parviennent par une subtile
alchimie à une fusion totale
des deux traditions. La veine
lyrique constamment présente
au sein de la production d’el-Khoury
situe sa musique aux antipodes
de tout formalisme abstrait et
en dehors de tout académisme
stérile. El-Khoury réintègre
avec force dans la musique
d’aujourd’hui
l’expression du sentiment
personnel, de la passion et de
l’émotion."
Véhémente, éprise de liberté,
charriant avec vigueur les
vents de la passion, portée
par les ardeurs de la foi, écho
des misères du monde,
touchant reflet de toutes les
contradictions humaines,
oscillant entre perdition et
espérance, évoquant les
ruines et saluant le futur,
cette musique appartient à ce
qui bouleverse et émeut. La
poésie, apanage des mages,
des voyants et des hérauts à
l’écoute des vagues
mugissantes du monde a, ici,
la part belle. Narrations
musicales où la poésie a péremptoire
droit de cité. Narrations
musicales à tempérament vif
où l’orchestration
richement travaillée se garde
bien d’empiéter sur la
beauté des solistes, avec une
préférence non seulement
pour le clavier ou le violon
(belle collaboration avec les
pianistes Abdel Rahman
el-Bacha, David Lively,
Dimitri Vassilakis, Hideki
Nagano et un prince de
l’archet, Gérard Poulet),
mais aussi et surtout la
clarinette et le cor.
A quand Beyrouth ?
Faut-il
rappeler que l’œuvre
symphonique "New York,
Tears and Hope" (New York,
larmes et espoir) sera interprétée
le 11 septembre prochain sur les
lieux mêmes où les tours
jumelles se sont effondrées en
tas de cendres fumantes ? Les
vivants se souviennent, et un poète-
musicien a, de toute évidence,
l’éloquence et la vertu de
calmer les douleurs des plus
grands cris et des plus
effroyables souvenirs. Concert
qui sera transmis en direct par
les chaînes de télévision du
monde entier. Pour tous les mélomanes
avides de nouveauté et de
partition de qualité, voilà
une occasion en or pour
retrouver, découvrir ou
applaudir un poète aux dires de
musicien. Ou vice versa? Et
quelle serait la différence
quand la beauté, la sincérité,
les aveux les plus troublants,
les inflexions les plus intimes
et l’émotion jouent à
masques et horizons découverts
?
Si Paris ovationne
aujourd’hui "Aux frontières
de nulle part", il est
temps que la ville qui a vu naître
ce poète doublé de musicien
l’accueille aux bords de ses
rivages retentissants comme
al-Moustapha parlant aux gens
d’Orphalèse… Une gerbe de
notes scintillantes,
cristallines, dorées, cuivrées,
chargées des rosées de
toutes les aurores du monde et
du velours des nuits les plus
capiteuses, non pas pour un
voyage d’exil, de séparation
et de partance, mais pour un
radieux retour fait de plénitude
et de bonheur, authentique
moment de chaleureuses
retrouvailles…
En attendant les
festivals de l'été 2006 au
Liban
L'ouverture
des grands festivals de l'été
est pour bientôt, avec en prémices quelques
événements artistiques et
musicaux dont voici un aperçu
:
Dans
l’univers bigarré
d’Arthur H
Dégaine
et voix - rauque et
profonde - à la
Gainsbourg, costume
scintillant et répertoire poético-rock,
Arthur H., à mi-chemin entre
Jim Morrison et le Petit
Prince, a entraîné, le
dimanche 21 mai au Music Hall
à Beyrouth, son auditoire
libanais (parmi lequel s’était
glissé l’ambassadeur de
France M. Bernard Émié) dans
son univers bigarré aux
influences musicales
multiples. Entre rock,
chansons à texte, folk, poésie,
air de musette et électro-expérimental,
un concert chaleureux et réussi.
Grâce aussi à l’humour de
ce "presque
Libanais", comme il dit,
dont la femme est à moitié
libanaise.
Concert
de la Star Academy
C’est
devant un public conquis
d’avance et survolté que
les neuf finalistes de la Star
Academy 2006 ont chanté, le samedi
20 mai au BIEL, dans la
capitale libanaise, de
nombreux succès. Les fans,
pour la plupart adolescents
(ou même préadolescents), étaient
venus par milliers admirer les
stars dont ils ont suivi le
parcours durant quatre mois
sur la LBC, notamment le
vainqueur libanais de la compétition,
Joseph Attieh, mais aussi Hani,
Fadi, Hana’, Chayma, Wajdi,
Khalifa, Raqya et Maya. La
directrice de l’académie,
Roula Saad, était là au
premier rang, ainsi que des
professeurs, et les membres de
la famille de certains
ex-candidats. Vers 21h, la
troupe de danseurs arrive
enfin sur scène, précédant
de peu les jeunes stars qui
entonnent alors la chanson de
leur promotion, sur un thème
de Dalida. Les tableaux se
succéderont à partir de ce
moment sans arrêt, alternant
chansons solo (pour chacun des
ex-candidats de la compétition),
duos, performances de groupe
ou encore chorégraphies, au
cours desquelles Maya
notamment a eu un rôle
central, exerçant avec brio
son talent de danseuse. Le répertoire
était très varié, allant
des morceaux classiques,
notamment libanais, aux
chansons plus contemporaines,
en langues arabe, française
et anglaise, alternant les
styles (arabe, rock,
country…) avec le même succès.
Les chorégraphies et les
costumes qui ont accompagné
les tableaux étaient
remarquables, ainsi que les
performances des stars elles-mêmes.
Rendez-vous
musicaux de Nayla à Madrid
La
chanteuse libanaise Nayla, qui
vit dans la capitale
espagnole, a donné le mardi
16 mai au Centre Culturel
Lavapies (calle Olivar, 46) un
concert-débat en
formation réduite, avec présentation
du Liban et dégustation de
produits libanais, et le jeudi
18 mai à la salle La Boca Del
Lobo (calle Echegaray, 11) un
concert fusion flamenco
oriental avec tous ses
musiciens et danseurs. Elle
donnera de nouveau le vendredi
9 juin à 19h au Centre
Culturel Puerta de Toledo
(calle Gran via de San
Fransisco, 2) un
concert-débat en formation réduite
avec présentation du Liban et
dégustation de produits
libanais : www.soynayla.com
L’hippodrome
de Beyrouth à l’heure du
printemps et du Garden Show
Cette
année, plus encore que les
deux années précédentes, le
Garden Show a pleinement célébré
son nom en faisant honneur au
jardin sous toutes ses formes
et dans toutes ses couleurs.
Sous le thème du jasmin et
des pots, et en violet de préférence,
les exposants ont planté
leurs fleurs et leurs arbres,
et semé des sourires pour
cinq jours de bonheur, du
mardi 16 au samedi 20 mai.
Pour ce troisième
rendez-vous, devenu
incontournable - ils étaient
26.000 visiteurs l’an
dernier -, Joumana Damous
Salamé et Myriam Schuman ont
tenu à ce que les 120
exposants présents
"parlent jardin".
Qu’il s’agisse de marques
de vin, de magazines - un
coin a été consacré à
Gebran Tuéni -,
d’institutions, d’espace
enfant, du Marathon de
Beyrouth, du marché aux
plantes, de Souk el-Tayeb et
son jardin potager organique,
de l’AUB ou encore de
l’association Children’s
Care Center of Lebanon, qui a
planté un "garden
of hope", une belle leçon
d’espoir. "Vingt et un
jardins ont été créés pour
l’occasion, explique le très
dynamique duo. Nous avons
voulu donner une plus grande
importance à tout ce qui est
floral, que les visiteurs
sentent vraiment la présence
du sujet. Le ministère de
l’Environnement et celui du
Tourisme participent pour la
première fois à l’événement."
Au menu des nouveautés, également,
deux restaurants sous les pins
et un concours du plus bel épouvantail,
organisé par l’école de
stylisme ESMOD-Beyrouth, avec
un jury composé de Rabih
Keyrouz, Nayla de Freige,
Christiane Tawil, Tania Skaff
et Renée Khazen. L’effort
est considérable et beau à
voir. Car tout, en effet, dans
ce Garden Show, qui s’étale
sur 20.000 m2 et dont
l'ouverture s'est déroulée
en présence du président de
la municipalité de Beyrouth,
Abdel Mounim Ariss, parle en
couleur et en beauté de
l’art de vivre au jardin et
celui de jardiner.
Elie
Rizkallah au musée
Robert Moawad
A
l'initiative de l'éditeur
musical et mélomane Mozart
Chahine et de la directrice
du Musée Robert Mouawad à
Beyrouth (ancien palais
Pharaon, à Zokak el-Blat)
Christiane Klat, la série
de concerts sous le titre
"Musique au Musée"
a été inaugurée le jeudi 11
mai par Elie Rizkallah et
l'ensemble de Jazz Oriental,
composé de Ziyad Sahhab au
oud, Ghassan Sahhab au qanun,
Khaled Yassine à la batterie,
Ahmad el-Khatib au riq, Bachar
Farran à la basse, Jean
Lahoud au saxophone et Toni
Dib au piano-Keybord. Bien
connu des aficionados des airs
de Abdel Wahab, dont il est
l’un des meilleurs interprètes,
Elie Rizkallah, voix de ténor-baryton,
a enchanté le public avec une
variété d’airs tirés du répertoire
populaire libanais : des frères
Rahbani à Ziyad Sahhab, en
passant par Zaki Nassif, Roméo
Lahoud ou encore les paroles
de Saïd Akl.
Alain
Schneider chante pour les
enfants
A
l'issue d'une tournée qui l'a
mené dans les grandes villes
du Liban, le chanteur français
Alain Schneider a donné le
jeudi 18 mai, au Centre
Culturel Français de
Beyrouth, un concert qui
a enchanté de nombreux
enfants français et libanais.
En deux CD, Schneider s’est
imposé comme un des
chanteurs-phares de la chanson
française pour enfants. Mots
et mélodies s’entrechoquent
joyeusement au gré de rythmes
pop, salsa, java… De la
chanson française drôle et
intelligente pour petits et
grands, à écouter sans modération.
Le
Festival de théâtre jeune de
Zahlé
Le
Festival de théâtre jeune de
Zahlé a été créé en 2003
par le Centre culturel français
de Zahlé, en collaboration
avec la municipalité de Zahlé-Maallaqa
et le Conseil général de
l’Oise (France). Son
objectif est simple : réunir
autour du théâtre des jeunes
élèves venus de régions, de
confessions et d’horizons
divers, et de promouvoir, dans
un esprit convivial et festif,
un rapport ludique à la
langue française. Le succès
a été au rendez-vous dès
2003 et s’est confirmé
depuis. Pour sa quatrième édition,
qui s'est achevée à
Zahlé le samedi 20
mai et a réuni 22 troupes
scolaires venues de la Békaa
et des autres régions
libanaises (Chouf et
Mont-Liban), le festival a
accentué sa dimension
internationale. Non seulement
les troupes participantes ont
voyagé de plus belle (un
groupe de Zahlé revenait
d’Espagne, un autre de la République
tchèque), mais il a accueilli
surtout, pour la première
fois, une troupe étrangère,
celle du lycée Lyautey de
Casablanca (Maroc), dans le
cadre du partenariat signé en
2005 avec le réseau ArtDraLa
(Réseau international de
festivals de théâtre lycéen
francophone).
Heartbeat,
le concert du coeur
4.000
personnes ont répondu à
l'appel de l'association
humanitaire Heartbeat qui a
organisé un grand concert, le
vendredi 5 mai au BIEL, au
profit des enfants cardiaques
démunis. Une initiative
unique en son genre, au cours
de laquelle de jeunes artistes
libanais de grand talent
ont présenté un spectacle époustouflant,
avec un répertoire varié
couvrant les 50 dernières années,
allant de Jacques Brel à
O-zone, en passant par Elvis
Presley, les Beatles, Michel
Sardou, Tom Jones, Charles
Aznavour, Tina Arena, Helena
Paparizou, Johnny Hallyday,
Frank Sinatra, Madonna, Rosana,
Whitney Houston, Anastacia,
Nolwenn Leroy, la Star Academy,
les grands interprètes d'opéra
Andrea Bocelli et Alexandro
Safina, et les grandes
comédies musicales Phantom of
the Opera, les Misérables et
les Choristes. Il s'agit
des chanteurs Aline Lahoud,
Myrna Chaker, Sévine Abi Aad,
Sandy Ghosn, Basile Choueri,
Johnny Aouad et Ramzi Ashoush,
accompagnés par les musiciens
Walid Tawil, Mazen Siblini,
Carlos Abou Chabké, Assaad
Habib, Jad Habib, Johnny
Succar, Ramy Ghabril et
Maurice Khoury, avec la
participation de la chorale
d'enfants de Noha Hatem, et
des danseuses Julia Baysari,
Tsoline Bostanian, Claudine
Daya, Nancy Haddad, Joëlle
Khoury, Carelle et Christelle
Wardini, sous la direction de
Abboud Homsi et Nahi Lahoud.
www.heartbeat-lb.com
Journées
nationales du patrimoine -
Exposition "Né au
Liban"
Le
troisième jeudi du mois de
mai est devenu un rituel : le
Liban célèbre les Journées
nationales du patrimoine. A
cette occasion, le ministre de
la Culture, M. Tarek Mitri, la
présidente de la Fondation
nationale du patrimoine, Mme
Mona Hraoui (qui avait lancé
cette manifestation en 1997),
le président de
l’Association pour la
sauvegarde des sites et
anciennes demeures (Apsad), M.
Assem Salam, le président de
l’association Baldati.com
, M. Chaker Noon, et Mme
Marie-Claude Saradar, présidente
de la Fondation Saradar, ont
annoncé le programme qui
a compris, du mardi 16 au
dimanche 21 mai, des visites
à Baalbeck, Jezzine, Ibl
es-Saki, Hasbaya, Tripoli,
Ghazir et Beyrouth. M. Assem
Salam devait indiquer que sur
les 1.200 vieilles bâtisses répertoriées
à Beyrouth, dans les années
90, il n’en reste que 256 ! Egalement
à l’affiche de la Fondation
nationale du patrimoine, une
exposition intitulée "Né
au Liban", réalisée par
Myrna Boustany, Rima Schéhadé
et Michel Eddé. Inaugurée le
jeudi 18 mai, elle se déroule
jusqu'au dimanche 28 mai au
Musée des sciences, à
Solidere, et raconter en
images le parcours des célébrités
d’origine libanaise, telles
que Amin Maalouf, Gabriel
Yared, Nicolas Hayek, Carlos
Ghosn, Jacques Saadé, K Maro,
Abdel-Rahman el-Bacha, Roni
Saikali, Michael Dabagy, Mario
Kassar ou encore William
Sawaya.
Abdel-Rahman
el-Bacha en concert à
Beyrouth
Le
grand pianiste libanais
Abdel-Rahman El-Bacha, qui vit
en France, donnera deux récitals,
les samedi 24 et lundi 26 juin
à 20h, à l'amphithéâtre
Pierre Abou-Khater du campus
des Sciences humaines de
l'Université Saint-Joseph. Il
interprètera des oeuvres
de Mozart, Beethoven, Schubert,
Chopin, Balakirev,
Mendelssohn, De Falla et
Scriabine. Billets en
vente au Virgin Megastore de
Beyrouth.
Le
premier Marathon de Tyr
L'Association
du Marathon International de
Beyrouth lance le dimanche 4
juin à 10h le Demi-Marathon
International de Tyr. Cette
nouvelle manifestation sera
accompagnée par une
exposition qui se déroulera
du jeudi 1er au samedi 3 juin
de 15h à 21h dans
l'hippodrome romain. Y
participeront des ONG et des
sociétés spécialisées dans
les domaines de la santé, du
sport et du fitness.
2e
Festival de la Chance
"Hazzak Village"
Voyance,
cartomancie, tarots, numérologie,
astrologie, graphologie
seront au rendez-vous, du
vendredi 26 mai au samedi
3 juin, à partir de 18h,
au BIEL, avec de nombreux
voyants et voyantes libanais
(Abou Dany boule de
cristal, Amale tarots,
Antoinette café,
Asma Harik lignes de
la main / tarots,
Dalal Mansour café,
Georges Tonn médium,
Habab Al Jubali astrologie
chinoise, Hadaya cartes,
Hanane café,
Jeanine El Rayyess tarots
Nostradamus, Joe
Isber coquillages,
Nostradamuze tarots,
Oum Wael eau,
Rabha Bedouine lignes
de la main, Rita
Maalouf tarots,
Salwa Azar tarots,
Violette Jaalouk lignes
de la main, Yousra
Abou Antoun numérologie) et
internationaux (Chantal
Manon médium,
Gisèle Lecointre astrologue,
Yasmina Saleh Mathias médium,
Nouha Manesterski graphologue).
Festival
Culture Afrique
Le
Festival Afrique -
expo-vente "Culture
Afrique", projection
de films ("Hôtel
Rwanda"...), tournoi
de foot, soirée
africaine, dégustation de
plats traditionnels, coin
coiffure africaine,
tombola -, organisé par
le Club Afrique
(+961.3.392197), se
tiendra du lundi 29 au
mercredi 31 mai, au campus
des Sciences humaines de
l'USJ.
La
Guerre Juste dans le
Proche-Orient ancien et médiéval
A
l'occasion du centenaire
des Mélanges de
l'Université
Saint-Joseph
(1906-2006), des
manifestations
scientifiques seront
organisées au cours de
l'année autour des thèmes
de la revue. La première
sera un colloque sur "La
Guerre Juste dans le
Proche-Orient ancien et
médiéval : Approches
historique,
philosophique et
juridique", qui se
tiendra les lundi 29 et
mardi 30 mai au campus
des Sciences humaines de
l'Université
Saint-Joseph. Des
chercheurs libanais et
internationaux prendront
part aux diverses séances qui
seront inaugurées par
le Pr René Chamussy,
recteur de l'Université :
-
La guerre sainte dans le
Proche-Orient Ancien Lévon
Nordiguian :
Aspects religieux de la
guerre dans la Haute
Antiquité Mésopotamienne
Bertrand Lafont
; Réflexion sur l'idée
de guerre sainte dans la
Bible et chez les
peuples du Levant dans
l'Antiquité Françoise
Briquel-Chatonnier
-
La guerre justifiable Nadia
el-Cheikh : Légitimer
la guerre à Byzance Jean-Claude
Cheynet
-
Pour l'amour de Dieu Tarif
Khalidi :
Al-Muhakkima, Jihad as a
Duty to God Not the Jamâ'a
Nelly Lahoud ;
Jihad et ascétisme Chritian
Décobert
-
Discours et représentation Ray
Mouawad : Le
paradis à l'ombre des
sabres, discours sur le
jihad à l'époque de
Saladin Anne-Marie
Eddé ; Jihad
between Law, Fact and
Orientalism Sherman
Jackson
- La
guerre civilisatrice Emma
Gannagé : Guerre
civilisatrice, jihad et
réthorique selon les
philosophes arabes Maroun
Aouad
-
Guerre et jihad Ahyaf
Sinno : War and
Jihad in Classical
Islamic Thought
Ridwan El-Sayyed ;
L'évolution du concept
de jihad dans la pensée
islamique moderne Maher
Charif. www.usj.edu.lb
.
"Sizwe
Banzi est mort" au
Monnot
Peter
Brook, un nom
prestigieux du monde des
planches, une référence
dans le théâtre
moderne, une institution
dans la dramaturgie
contemporaine, une œuvre
plurielle qui traite
aussi bien au cinéma
qu’aux feux de la
rampe en passant par
l’écriture, l’art
plastique et la musique.
Le théâtre Monnot de
Beyrouth présente, les
vendredi 26, samedi 27
et dimanche 28 mai,
"Sizwe Banzi est
mort" d’Athol
Fugard, John Kant et
Winston Ntshona
(adaptation française
de Marie-Hélène
Estienne) dans une mise
en scène de Peter Brook
qui, pour des raisons de
santé, ne sera hélas
pas présent à
Beyrouth. Dans sa quête
de l’authenticité théâtrale,
ce polyglotte et
infatigable voyageur a
monté des pièces dans
de très nombreux pays
et conduit ses
recherches avec des
acteurs appartenant aux
civilisations les plus
diverses. Avec "Sizwe
Banzi est mort", le
public est confronté à
l’histoire de la
rencontre d’un
photographe nommé
Styles et d’un homme,
Sizwe Banzi, que la
dureté de la vie a
contraint à renoncer à
son identité. Il vit
sous un autre nom,
utilisant l’identité
d’un mort : Sizwe
Banzi était mort !
L’action suit les détails
de la vie dans les
townships, ces
bidonvilles où la désespérance,
odieuse et sans fond,
est un banal lot
quotidien… Un texte,
deux comédiens et un
grand metteur en scène.
L’Espagnole
Olga Maria Ramos au
"Monroe"
L’institut
Cervantès de Beyrouth
présente un récital-hommage
à la muse de Madrid,
Olga Ramos. Hommage
rendu par sa fille, Olga
Maria Ramos, le jeudi 25
mai à 20h, à
l’amphithéâtre de
l’hôtel Monroe. Entrée
libre. Olga Maria Ramos
chantera une sélection
de "cuplés"
(chansons
traditionnelles
espagnoles typiques de
la fin XIXe début XXe
siècle). Chanteuse,
compositrice, écrivain
et actrice espagnole,
Olga Maria Ramos est née
à Madrid au sein
d’une authentique
famille de musiciens.
Elle apprend très jeune
le répertoire des
"cuplés"
(chansons) que lui
chantait sa mère, Olga
Ramos, surnommée la "muse
de Madrid". Après
s’y être opposée
pendant des années, sa
mère finit par accepter
que Olga Maria devienne
artiste et lui enseigne
l’art difficile du
"cuplé". A
la mort de son père,
surnommé "El Cipri",
son talent de
compositrice s’éveille.
Elle a composé depuis
plus de cinquante thèmes. Olga
Maria Ramos est
l’auteur du livre
"De Madrid al cuplé,
una crónica cantada". Elle
collabore à différents
programmes de radio et
de télévision.
Actuellement, elle
dirige et présente également
un programme musical de
"cuplés" et
boléros à Radio Sol
XXI. Lors de ce concert,
elle chantera une sélection
de "cuplés"
traditionnels, ainsi que
des "cuplés"
de sa propre
composition.
Javier
Ruibal chante ses textes
Javier
Ruibal donnera deux
concerts, le vendredi 26
mai à 20h, à
l’amphithéâtre de
l’hôtel Monroe, et le
samedi 27 mai à 18h à
l'Unesco, dans le cadre
du Festival de poèmes
chantés organisé par
l’Unesco. Auteur,
parolier et interprète
de chansons, Javier
Ruibal, musicien
professionnel depuis
1987, compose et
interprète ses propres
chansons. Sa musique,
moderne, est influencée
par le jazz et le rock.
Les paroles de ses
chansons racontent et décrivent
des lieux et des
personnages irréels et
crédibles, du jardin
oriental le plus
exotique, à
l’asphalte dur et sale
; il chante des êtres
errants et déracinés
attendus par d’autres
êtres, il chante
l’amour, les extases
intenses et magiques,
les danseuses turques à
Paris, les danseurs de
flamenco à Manhattan,
les trains et les
bateaux, les reines
d’Afrique, les roses
bleues, les eaux et les
lunes de Tanger, dans un
paysage continu qui
englobe tout. On
pourrait dire de ses
personnages qu’ils
sont les fils d’une
sorte de village global
qui a surgi de sa
musique. Une initiative de
l'Institut Cervantès et
de l'ambassade
d’Espagne au Liban.
Entrée libre.
Camille
au Music Hall
Nouveau
phénomène de la
chanson française,
Camille tricote ses
textes et sa voix.
Ludique, unique, folklo
ou barjo, Camille chante
les amours ou les deuils
de l'enfance et façonne
ses musiques comme
certains tissent leur
vie : en équilibre sur
un fil. Elle se produira
le dimanche 4 juin au
Music Hall dans le cadre
des concerts Cabarets du
Monde, co-produits par Eléftériades
Productions et la
Mission Culturelle Française
au Liban.
Marc
Lavoine
au BIEL
Le
chanteur français Marc
Lavoine donnera un grand
concert, le samedi 1er
juillet, au BIEL, à
Beyrouth.
Colonie
d'été "Aventure
2006"
Le
club Récréation
organise deux sessions
d'activités
culturelles et
sportives pour les
enfants dans la région
de Beyrouth, du 7
juillet au 4 août et
du 7 août au 1er
septembre. Lire
le programme .
Les
Centres Culturels
Français et la Fête de
la Musique
Les
Centres Culturels Français
de Baalbek, Beyrouth,
Deir el-Qamar, Jounieh,
Nabatieh, Saïda,
Tripoli, Tyr et Zahlé (
www.ambafrance-lb.org
) organisent une série
de manifestations à
l'occasion de la Fête
de la Musique, le
mercredi 21 juin.
Le
Festival touristique de
Beyrouth
A Beyrouth,
l’ouverture officielle du
Festival touristique aura lieu
le mercredi 14 juin, à 20h30,
en musique, à l’Escalier
Saint-Nicolas - Gemmayzé. Et
comme le festival coïncide
avec la période du Mondial,
un écran géant sera installé
pour permettre aux fans de
foot de ne rater ni les
manifestations du festival ni
les matches ! "A l'instar
des grands sites libanais qui
ont chacun leur festival,
Beyrouth se devait d'avoir le
sien", a annoncé M.
Joseph Reaïdy, président de
l'Association de développement
de Gemmayzé, qui est à
l'origine de ces dix jours de
festivités. Ce festival, qui
englobera désormais la
traditionnelle Exposition des
Arts, s'étendra à diverses
autres activités artistiques
: musique, théâtre, cinéma,
spectacles...
-
Le jeudi 15 juin : Les quatre
mousquetaires. Ils
s’appellent Simon Obeid,
Nader Khoury, Gilbert Jalekh
et Elie Khayat. Ils sont parmi
les principales figures du théâtre
al-Rahbani qui refusent de se
laisser entraîner par cette
vague de décadence musicale
de la chanson qui a envahi le
monde arabe. Ils donneront un
concert au cours duquel ils ne
manqueront pas d’interpréter
leur tube, Cherchahtou
el-Balad
- Les vendredi 16, samedi 17,
dimanche 18 et lundi 19 juin :
Place au théâtre avec une pièce
qui sera choisie parmi les
meilleures œuvres
estudiantines
- Le mardi 20 juin :
Retransmission du Mondial sur
écran géant
- Le mercredi 21 juin : Fête
de
la Musique
avec Charbel Rouhana et sa
troupe de musiciens et
choristes. Au programme, des
compositions du oudiste ainsi
que des airs tirés du
folklore libanais. La chorale
d'enfants de Noha Hatem sera
également au rendez-vous,
dans l'après-midi
- Le jeudi 22 juin : Toujours
dans le cadre de la fête de
la Musique
, Carla et Carine Ramia, deux
sœurs diplômées en chant
arabe et en musicologie de
l’USEK, donneront un concert
de chansons orientales et
occidentales. Elles seront
accompagnées par une troupe
de musiciens professionnels
- Le vendredi 23 juin :
Carnaval de danse et défilés
de costumes réalisés avec le
concours de Joanna Samarani
- Le samedi 24 juin : soirée
cinéma avec un panorama des
meilleurs courts- métrages
- Le dimanche 25 juin : Récital
avec le pianiste Mikhaïl
Rudy. Né en Russie, il a étudié
au Conservatoire de Moscou. Il
s’installe à Paris après
avoir remporté le premier
prix du concours Marguerite
Long. Depuis, il poursuit une
carrière inextricablement liée
à la recherche de
l’excellence. Il a
d’ailleurs été nommé
Chevalier des arts et des
lettres. Ses concerts et ses
enregistrements lui ont valu
de nombreuses récompenses,
dont le prix de l’Académie
Charles Cros pour le cycle
Scriabine et le Grand Prix
Liszt de Budapest.
Le
Festival de Byblos
www.byblosfestival.org
L'éclectisme
et la variété sont, de
nouveau, au rendez-vous au
Festival de Byblos, qui présente
cinq spectacles de choix :
-
Le samedi 17 juin : Pour sa
première venue au
Moyen-Orient, Francis
Cabrel promet une
soirée unique, "Samedi
soir sur la terre", au
cours de laquelle il
revisitera les succès qui ont
ponctué ses trente ans de
chansons. Des mélodies qui
ont marqué toute une génération,
non seulement en France, mais
aussi à l'étranger
-
Le dimanche 2 juillet : Barbara
Hendricks avec the
Magnus Lindgren Jazz Quartet
donnera un grand concert placé
sous le signe du lyrisme
et du jazz
-
Le samedi 15 juillet : Sean
Paul, superstar de
Jamaïque récemment couronné
"meilleur artiste reggae
de l'année", enflammera
Byblos avec sa musique mélangeant
reggae, dancehall et hip-hop
-
Le samedi 22 juillet : Gad
Elmaleh, humoriste
marocain vivant en France, présentera
à ses nombreux fans libanais
son dernier one-man-show,
"L'autre c'est moi"
-
Le dimanche 23 juillet : The
Solo piano show du Canadien Gonzales
sera accompagné
d'une projection vidéo
synchronisée conçue par
l'artiste vidéaste Ninja
Pleasure.
Le
Festival de Baalbek
www.baalbeck.org.lb
Le
Festival de Baalbek fête
cette année en beauté son
cinquantième anniversaire.
L’aîné et le plus
prestigieux des festivals
propose ainsi une
programmation des plus variées
avec, pour entamer la saison
en beauté, Fairouz dans un
musical de Ziad Rahbani. Du
pop rock, ensuite, avec le
groupe Deep Purple ; du Latin
Jazz avec le Dizzy Gillespie
All Star Big Band et Diane
Shurr ; du ballet avec le
Eifman Ballet Theatre de
Saint-Petersbourg ; un opéra
de Donizetti et clôture avec
la dabké de la troupe de
danse Caracalla.
Au
programme :
-
Les jeudi 13, vendredi 14 et samedi
15 juillet : Fairouz dans
"Sah el Nom", comédie
musicale des frères Rahbani,
sous la direction de Ziad
Rahbani
-
Le jeudi 27 juillet : Le célèbre
groupe anglais Deep
Purple
-
Le samedi 29 juillet : The
Dizzy Gillespie All-Star Big
Band accompagné
par la chanteuse américaine Diane
Schuur ainsi que Giovanni
Hidalgo (congas et
percussions latines),
Dave Samuels
(vibraphoniste et leader du
Caribbean Jazz Project) et Cyrus
Chestnut (pianiste et
compositeur au style afro-américain)
-
Les vendredi 4 et samedi 5 août
: Boris Eifman et le ballet théâtre
de Saint-Petersbourg
-
Le samedi 12 août : "Lucia
di Lammermoor",
opéra de Donizetti, en
collaboration avec les Chorégies
d'Orange, avec Inva
Mula, Rolando Villazón et
Roberto Frontali,
accompagnés par l’Orchestre
Symphonique de Budapest et les
Choeurs de Nice.
-
Les jeudi 24, vendredi 25 et
samedi 16 août : Les
ballets Caracalla
avec l'opéra du village (Koullouna
Min Loubnan), fantaisie
musicale en danses et en
chansons, avec la
participation des artistes libanais
Hoda Haddad, Aline
Lahoud, Assi Hellani, Joseph
Azar, Simon Obeid...
ainsi que des artistes
internationaux Nicolas
Joel (directeur
artistique de l’opéra de
Toulouse), Vinicio
Cheli (éclairagiste
des scènes européennes) et Giuliano
Spinelli (décorateur
italien).
Festival
Beiteddine nouvelle édition :
Des noms prestigieux et une
diversité de genres musicaux
paru dans la Revue du
Liban le 20 mai 2006
Liza Minelli, Ricky Martin,
l’Algérienne Souad Massi,
la diva libanaise Majida
Roumi, l’étoile du ballet
royal, Sylvie Guillem, du
jazz, du blues, de la musique
cubaine…; l’édition 2006
du Festival de Beiteddine
s’annonce riche, variée et
de haut niveau. Elle confirme
la détermination de Mme Nora
Joumblatt, qui préside aux
destinées de cette
manifestation culturelle
annuelle et les membres du
comité, d’offrir le
meilleur au public libanais et
de lui permettre de passer de
belles soirées du 16 juillet
au 17 août au palais des émirs.
“Ce Festival ainsi que tous
les autres qui se déroulent
au Liban, confirment envers et
contre tout que le Liban est
et demeurera le pays des
Libertés, de la culture, de
la connaissance et de
l’art”. Par ces mots, M.
Mohamed Baalbaki, président
de l’Ordre de la Presse, a
tenu à rendre hommage à Mme
Nora Joumblatt et au membre du
comité, lors de la présentation
du programme 2006 au siège de
l’Ordre. Maurice Sehnaoui,
PDG de la SGBL a exprimé, de
son côté, la fierté de son
partenariat avec cet événement.
“C’est un honneur pour la
SGBL et pour moi-même qui a
mis en place ce partenariat
depuis sept ans, de parrainer
ce festival qui, d’année en
année, s’impose et devient
une référence en la matière”.
Mme Majida Roumi, présente à
cette rencontre avec les médias,
a de même exprimé sa joie de
participer à Beiteddine où
elle s’est produite à six
reprises, la dernière fois en
1997. Après un mot
d’accueil, Mme Joumblatt a
présenté le programme de
l’été 2006 soulignant sa
diversité et sa richesse.
Ricky
Martin : "Un, dos, tres"
Le coup d’envoi des
festivités sera donné
“hors les murs” avec le récital
unique de Ricky Martin,
le vendredi 27 mai au Biel
(Beyrouth). Il est superflu de
présenter cette superstar du
pop qui, avec ses rythmes
latinos, met la salle en délire
à chaque concert. Il a déjà
vendu 50 millions d’albums
et de DVD, obtenu un Grammy
Award, en plus d’autres récompenses
et fait le tour de la planète.
Son dernier album “Life”
est en langue anglaise mais
toujours avec des rythmes
“Hot”. “Cet album,
explique-t-il, reflète ma
vision de la vie qui ne se
limite pas à une seule
dimension”. Martin s’est
engagé, aussi, dans
l’action humanitaire.
Ambassadeur de l’UNICEF, il
a créé la “Fondation
Martin” et lancé, récemment,
le projet “People for
Children”.
L’embarras
du choix
- Le Festival débutera à
Beiteddine le dimanche 16
juillet, avec deux Etoiles du
Ballet Royal Sylvie
Guillem et
Russel Maliphant dans
“Push”, une nouvelle
production du théâtre
Sadler’s Wells. Guillem est
entrée en 1976 à l’école
de danse de l’Opéra de
Paris et devenue première
danseuse à l’âge de 19
ans. Cinq jours après avoir
dansé le “Lac des
Cygnes”, elle est nommée
“Etoile” par le grand
Noureev. En 1988, elle quitte
l’Opéra de Paris et signe
un contrat en tant que
“principale artiste invitée”,
avec le Royal Ballet de
Londres. Sa carrière est
magistrale. Russell Maliphant
a été formé à l’école
du ballet Royal, diplômé du
Sadler’s Wells et a
poursuivi une carrière indépendante.
En 1996, il a fondé sa propre
compagnie.
- Le grand événement du
festival aura lieu le dimanche
23 juillet avec Liza
Minelli “celle qui,
dit-on, est née pour être
une star”. Au cinéma comme
sur scène, elle est
exceptionnelle et donne les
preuves de ses multiples
talents qui font d’elle
l’une des stars les plus
brillantes du show-biz américain.
Pouvoir l’applaudir au
palais des Emirs est une véritable
aubaine.
Retour
du groupe "Stomp"
- Du mercredi 26 au samedi 29
juillet, le groupe
Stomp qui avait déjà
connu un grand succès à
Beiteddine en 1999 revient
pour quatre représentations.
Il animera la scène avec des
objets de la vie quotidienne :
“sceaux, balais,
poubelle…”
- Le mardi 1er août, place
aux rythmes africains avec Angélique
Kidjo, née au Bénin
et classée parmi les plus
jeunes artistes africains de
renommée internationale. Cheikh
Lô est né au
Burkina Faso, de parents sénégalais.
Adepte de la confrérie
musulmane des Mourides, ses
chansons sont marquées par la
religion.
- Le vendredi 4 août sera une
soirée de célébration du
blues et du jazz, avec le
groupe américain de Ravi
Coltrane et Shimeka Copeland
et la participation du célèbre
groupe libanais “The
Blues Quest”.
- Le samedi 5
août, le public de Beiteddine
découvrira un grand talent
arabe consacré sur le plan
international : l’Algérienne
Souad Massi.
En 2005, elle a été désignée
par la BBC artiste de l’année
et a obtenu les Victoires de
la musique en 2006. Auteur,
compositeur et interprète
elle a déjà sorti trois
albums et son répertoire est
en arabe et en français.
- Le samedi 12 août, le
palais des émirs accueillera
la diva libanaise Majida
Roumi, dans “un récital
exceptionnel”, nous dit-on.
Elle a une grande présence
sur scène et chante la patrie
et l’amour de sa belle voix
avec une conviction
contagieuse.
- Le festival s’achèvera
les mercredi 16 et jeudi 17 août
sur une note cubaine, avec Carlos
Acosta, star du Royal
Ballet, dans Tocororo, un
conte cubain présenté par
une trentaine d’artistes. Ce
spectacle est produit par Andy
Wood, créateur du “Buena
Vista Social Club”. A ne pas
manquer.
Une seule conclusion
s’impose : Beiteddine 2006
offre de belles soirées en
perspective.
Paris présente un
plan de relance de son
action culturelle
internationale
paru dans l'Orient-le
Jour le 16 mai 2006
Paris a présenté hier un
plan de relance de son
action culturelle
internationale, prévoyant
des partenariats entre l’Etat
et le secteur privé, la
construction de nouveaux lycées
français à l’étranger
et une promotion accrue pour
attirer les étudiants en
France. Ce plan couvre
plusieurs grands domaines :
le rayonnement culturel, la
promotion de la langue française,
l’enseignement et le développement.
Des partenariats public-privé
doivent notamment servir à
développer le réseau des
lycées français à l’étranger,
pépinières de futures élites
francophones. Une première
vague est prévue à Munich,
Londres, Tokyo et au Caire.
D’autres projets
concernent Abou Dhabi, Amman
ou encore Brasilia.
"La francophonie,
aujourd’hui et demain",
ou l’avancée sinueuse vers
l’universel
Colloque
- L’USJ rend hommage à
Senghor, pour le centenaire
de sa naissance
paru
dans l'Orient-le Jour le 24
mai 2006
Parce que l’année 2006
marque le centenaire de la
naissance de Léopold Sédar
Senghor, la chaire de
l’Université Saint-Joseph
qui porte son nom a souhaité
lui rendre un hommage
particulier par un colloque
international, les 25 et 26
mai.
Plus que toute figure
contemporaine, Léopold Sédar
Senghor incarne
l’indivisibilité de l’être
humain. Immense poète,
Senghor aura en permanence réfléchi
au politique et aura, avec
une remarquable constance,
mis sa pratique en accord
avec ses idées. Il aura
aussi toujours regardé vers
l’avenir, ne voyant dans
les accidents de
l’histoire qu’une avancée
parfois sinueuse vers cet
universel qu’il a défendu
de toute la force de son
verbe et de son action. Le
colloque a pour objectif de
mettre en évidence ce
qu’il y avait de
visionnaire dans la pensée
de Senghor, mais aussi, dans
le droit fil de cette pensée,
de poser les questions
essentielles pour l’avenir
de la francophonie et de cet
être humain universel
qu’il a appelé de ses vœux,
en ces temps où l’on a
tendance à confondre
universalité et uniformité,
en ces temps aussi où la
francophonie doit impérativement
opérer des choix stratégiques
peut-être douloureux face
aux mutations d’un monde
en proie à de grands
bouleversements.
La qualité des intervenants
qui seront présents au
colloque permet d’espérer
apporter des réponses non
conventionnelles aux
questions qui se posent
aujourd’hui, et de dégager
des stratégies pour la
francophonie, notamment dans
les domaines pédagogique,
politique et médiatique.
Contribueront à la réflexion
: Tarek Mitri, ministre de
la Culture, Roger Dehaybe,
commissaire de l’année
Senghor pour
l’Organisation
internationale de la
francophonie (OIF),
Christian Valantin,
directeur du Haut Conseil
pour la francophonie, Louise
Beaudouin, ancienne ministre
des Relations
internationales du
gouvernement du Québec,
Jean-Louis Roy, président
de l’Institut "Droits
et démocratie" du
Canada, Jean Tabi-Manga,
recteur de l’Université
de Yaoundé II, Michel
Guillou, directeur de
l’Institut
"Francophonie et
mondialisation",
Philippe Dessaint, directeur
adjoint de TV5 Monde, Samir
Marzouki, directeur du département
éducation à l’OIF,
Michel Barnier, ancien
ministre français des
Affaires étrangères,
Christian Philippe, député
du Rhône, et Joseph Maïla,
consultant à l’ONU.
Un réseau
universitaire
Créée en 2003, la
"chaire Senghor de la
francophonie" de l’USJ,
dont la titulaire est le Pr
Katia Haddad, est membre
d’un réseau mis en place
dans différentes universités
du monde : à l’Université
Jean Moulin (Lyon III), à
celles de Ouagadougou, de
Yaoundé II, du Québec à
Montréal et à l’Institut
des relations
internationales de Hanoi.
S’y joindront bientôt une
chaire Senghor à
Alexandrie, une autre à
l’île Maurice et une
troisième à l’Université
Babes-Bolyai en Roumanie.
Ces chaires ont pour
objectif de promouvoir la
francophonie comme objet
d’étude universitaire et
d’encourager la coopération
dans ce domaine, en
particulier au plan de la
recherche. Prodiguant un
enseignement minimal commun
(histoire et géopolitique
de la francophonie, langues
et multilinguisme), ces
chaires conservent leurs
particularités régionales
et intègrent leurs préoccupations
spécifiques à leur
enseignement et à leurs
recherches.
La Sorbonne ouvre
une branche à la cité
universitaire "Unicity"
d’Abou Dhabi
paru dans l'Orient-le Jour
le 22 mai 2006
La plus vieille université du
monde ouvre une annexe à Abou
Dhabi, aux Emirats arabes
unis. L’accord a été signé
aux Emirats par Jean-Robert
Fitte, président de
l’Université Paris
IV-Sorbonne, et Saïd
el-Hassani, sous-secrétaire
pour l’enseignement supérieur
aux Emirats. Une question
vient naturellement à
l’esprit. Pourquoi à Abou
Dhabi et non pas à Beyrouth,
capitale de la francophonie en
Orient depuis le déclin
d’Alexandrie dans ce domaine
? "Les Libanais n’ont
pas besoin de nous, répond
Anne Douaire, professeur de
littérature française et
comparée à la Sorbonne,
installée à Abou Dhabi. Le
Liban dispose d’un réseau
universitaire jouissant
d’une renommée
internationale. D’ailleurs,
nos enseignants viennent
donner des cours à Beyrouth.
Puis ce sont les responsables
des Emirats qui sont venus
nous voir." C’est donc
du côté des Emirats qu’il
faut chercher la raison de
l’implantation de la
Sorbonne dans la péninsule.
D’abord, le gouvernement émirati
prépare l’après-pétrole
et mise gros sur l’éducation.
Ensuite, dans un pays où
l’on parle principalement
l’anglais comme langue étrangère,
le français constitue une
ouverture vers de nouveaux
horizons.
En somme, l’objectif premier
est de créer une plate-forme
universitaire internationale.
La Sorbonne est la première
invitée. D’autres universités
prestigieuses suivront. A
l’instar de la cité de
l’Internet et celle des médias
à Dubaï, il y aura désormais
une cité universitaire près
d’Abou Dhabi, collée à la
nouvelle ville de Khalifa,
située sur le chemin de l’aéroport
et donc bien desservie par les
autoroutes. Il s’agit de la
"Unicity", qui s’étendra
sur huit kilomètres de long
et deux de large. Comme le
premier venu est le premier
servi, la Sorbonne sera
implantée au centre de "Unicity".
Le bâtiment, d’un coût de
trente millions de dollars
environ, ne sera livré
qu’en janvier 2008. C’est
donc dans les locaux d’Abou
Dhabi University que les étudiants
seront accueillis à la rentrée
du 7 octobre prochain.
Mêmes enseignants, mêmes
cours, même niveau
Si l’objectif du
gouvernement du pays reste
qu’un beau jour des Chinois
ou des Brésiliens viennent étudier
à Abou Dhabi, la Sorbonne a
également ses propres
desseins. "Notre vocation
est de s’ouvrir au monde, de
diffuser le savoir et de nous
nourrir des autres
civilisations", explique
Anne Douaire. "Notre
souci était de rester nous-mêmes
et de ne pas adapter notre
enseignement aux conditions
des Emiratis. C’était une
condition non négociable",
poursuit-elle. Les classes
seront mixtes. Les enseignants
seront des hommes et des
femmes. Pour illustrer cet état
d’esprit, le conseil
d’administration de la
Sorbonne est formé de trois
Emiratis et de trois Français,
dont deux femmes. Pour en
venir à l’essentiel, la
Sorbonne Abou Dhabi délivrera
des diplômes français,
ouvrant la porte de toutes les
universités européennes.
L’équation est simple : ce
seront les mêmes enseignants,
les mêmes cours, le même
niveau et les mêmes diplômes
de la Sorbonne-Paris. Ce sont
également les sciences
humaines et les langues qui
seront dispensées à Abou
Dhabi. Quant aux étudiants
accusant une déficience en
langue française, ils
passeront une année préparatoire
de cours "très
intensifs" de français.
Les conditions de travail
seront cependant meilleures.
Alors qu’à Paris,
vingt-cinq étudiants en
moyenne sont encadrés par un
enseignant (la Sorbonne compte
quelque 26.000 étudiants), à
Abou Dhabi, ce sera une
moyenne d’un professeur pour
neuf étudiants. Cependant,
les frais de scolarité seront
de 60.000 dirhams, soit 17.000
dollars environ. Le fait est
que le gouvernement français
ne subventionne pas
l’université d’Abou Dhabi,
comme c’est le cas à Paris.
Aux frais de scolarité, il
faudrait ajouter 14.000
dirhams pour les étudiants désireux
d’être hébergés sur le
campus. Pour compenser ces coûts,
le gouvernement français
offre 50 bourses totales et 50
bourses partielles, sur critères
académiques. "Nous espérons
que les gouvernements de la région
vont débloquer des bourses
pour leurs étudiants",
ajoute Mme Douaire. Car ce
sont les étudiants du
Moyen-Orient, des fils
d’Occidentaux travaillant
dans la région, mais aussi
des Maghrébins qui ont déjà
manifesté leur intérêt pour
la Sorbonne Abou Dhabi. Pour
les intéressés, il suffit de
faire un tour sur le site www.paris-sorbonne-abudhabi.ae
.
En
Europe, on fait de plus en plus
de films
Malgré
la baisse de fréquentation
des salles, la production de
films en Europe progresse •
798 films en 2005 contre 761
en 2004
paru
dans Libération le 10 mai
2006
Alors
que la fréquentation des
salles est partout en régression,
et que la part de marché des
longs métrages européens sur
le territoire de l'Union
stagne à environ 25 %, la
production européenne de
films continue à augmenter :
telle est la principale
constatation qui ressort du
"bilan" que
l'Observatoire européen de
l'audiovisuel vient de dresser
pour l'année 2005.
La production cinématographique
européenne est ainsi créditée
de quelque 798 films contre
761 en 2004. Seule l'Italie
marque une évolution sévèrement
négative sur ce plan : 86
films au lieu de 138 l'année
précédente. En revanche la
production a atteint des
niveaux records en France (240
films), en Allemagne (146), et
en Espagne (142).
Ce dynamisme contraste,
cependant, avec l'évolution
du marché des salles. Le
nombre total des tickets
vendus dans les cinémas des
25 pays membres de l'Union,
qui avait dépassé le
milliard en 2004, est en effet
retombé à 892 millions
d'unités. Cette chute , évaluée
à 11 %, obéit à une
tendance négative relevée
partout ailleurs dans le monde
: les Etats Unis, parallèlement,
ont perdu 9 % de leurs entrées,
le Japon 6 %, le Brésil 22 %,
l'Australie 9 %, etc... Pour
être générale au sein de
l'Union, la récession des
entrées y est au demeurant inégale
: très accentuée dans des
pays de l'Est, comme la
Slovaquie (-20 %), la République
Tchèque (-24 %) ou la Pologne
(-30 %), elle reste inférieure
à 5 % , en revanche, au
Danemark, en Finlande et au
Royaume Uni. Parmi les grands
marchés nationaux, le plus
touché est l'Allemagne (-19
%), alors que la France et
l'Italie sont pratiquement à
égalité (-13 %), et que
l'Italie a comparativement
limité les dégâts (-8 %).
L'équilibre du marché européen,
où les films locaux restent
à la portion congrue face aux
films américains (25 % des
entrées contre 60 %), n'est
pas sensiblement modifiés par
ces évolutions.
L'Observatoire isole et
souligne, cependant, la part
relativement importante (13 %)
revenant en 2005 à la classe
hybride des films
"produits principalement
en Europe, en général au
Royaume-Uni, mais qui bénéficient
d'investissements réalisés
par des sociétés américaines".
Parmi ceux-ci, deux leaders
d'un box office 2005
fondamentalement américain :
Harry Potter and the goblet of
fire de Mike Newell (champion
toutes catégorie, avec plus
de 41 millions d'entrées portés
à son crédit) et Charlie et
la chocolaterie de Tim Burton
(cinquième du peloton avec
20,2 millions d'entrées). Les
premiers films strictement
européens à figurer, loin
derrière, sont aussi deux
films français : le
"Brice de Nice" de
James Huth (crédité de 4,6
millions d'entrées) et
"La marche de
l'empereur" de Luc
Jacquet (4,2 millions d'entrées).
Le
cinéma arabe en quête de
renouvellement
Good
News Group investit dans des
films à "gros
budgets" qui abordent les
sujets tabous
paru
dans l'Orient-le Jour le 23
mai 2006
Une nouvelle société de
production égyptienne, Good
News Group, fait campagne à
Cannes pour afficher son
ambition de renouveler le cinéma
arabe en investissant dans des
films à "gros
budgets" qui abordent les
tabous de la société comme "L’immeuble
Yacoubian". "95 %
des films arabes sont égyptiens,
mais ils ont souvent un petit
budget et sont de piètre
qualité", estime Mead
Aldin Adeeb, PDG de Good News
Group, dont le rêve était de
"ranimer ce cinéma en se
mettant sur le marché
mondial", mais "sans
faire du cinéma américain,
l’original étant toujours
plus réussi qu’une
copie", précise-t-il. Il
y a trois ans, le groupe, spécialisé
dans la presse et la
communication, a créé une
société dédiée au cinéma
(Good News 4 Films and Music)
et s’est lancé dans la
production de Halim,
biographie à grand spectacle
du chanteur adulé dans le
monde arabe Abdel Halim Hafez,
et de L’immeuble Yacoubian,
une photographie des dérives
de la société égyptienne, récompensée
au festival Tribeca de New
York et projeté à la
Berlinale cette année. Les
budgets de ces deux films, 7
millions d’euros chacun,
représentent le triple des
plus grosses productions
jamais faites au Moyen-Orient,
selon M. Adeeb.
L’immeuble Yacoubian,
adaptation du livre à succès
éponyme de Alaa al-Aswani,
vendu à plus de 100.000
exemplaires et déjà traduit
en anglais, en français et en
italien, porte la marque de ce
renouveau cinématographique
par la maîtrise technique,
apte à séduire un public
occidental. Cette œuvre du
jeune réalisateur de 28 ans
Marwan Hamed aborde à travers
une galerie de portraits
d’habitants d’un immeuble
du centre du Caire -
vieux dandy, jeune fils du
portier, etc. - les
questions de la corruption en
politique, de l’homosexualité
et du fondamentalisme
religieux. "Tous ces thèmes
ont déjà été abordés dans
des films, mais ce qui peut être
choquant cette fois est de les
rassembler dans une seule œuvre",
fait valoir Adel Adeeb, frère
de Emad et directeur général
de GN 4 Film and Music, qui précise
n’avoir eu "aucun problème
de censure".
Pour Adel Imam, acteur phare
de ce drame sociologique,
"ce film aborde
exactement ce qui se passe
dans le monde arabe, mais
au-delà, il parle de
l’humanité et dans chaque
endroit où il sera projeté,
les spectateurs pourront
s’identifier". Le film
sera sur les écrans en Egypte
en juin et en France en août,
distribué par Bac Films. Les
deux projets déjà dans les
tuyaux se veulent dans la
continuité des deux premiers
opus du catalogue de Good
News. Mohamed Ali sera une
biographie historique de
l’un des héros du XIXe siècle,
fondateur de l’Egypte
moderne, qui luttera contre
l’armée française et
prendra la place du monarque
corrompu. L’autre film, qui
fera certainement beaucoup
couler d’encre avant même
sa sortie, porte le nom de
"Al-Qaida". Deux ans
et demi de recherches ont été
nécessaires pour écrire le
script de ce film qui raconte
une rencontre imaginaire entre
Ben Laden et un journaliste américain
après les attentats du
11-Septembre 2001. "J’espère
que ce docu-fiction permettra
de créer un dialogue"
entre l’Orient et
l’Occident, a déclaré Emad
Eldin Adeeb, ajoutant :
"Nous avons besoin de
reconstruire des ponts, nous
sommes tous coupables de
rester silencieux." Les
producteurs n’entendent pas
"défendre" Ben
Laden, "un terroriste et
un criminel", mais donner
des "éléments de compréhension".
Ils sont d’ailleurs en
discussion avec "un
acteur américain parmi les
dix plus grands" pour
incarner l’ennemi numéro 1
des Etats-Unis.
"Keif
al-Hal", premier film
saoudien et premier tabou brisé
dans ce domaine
Le
long-métrage sera diffusé
cet été partout au
Moyen-Orient… sauf dans le
royaume wahhabite
paru
dans l'Orient-le Jour le 23
mars 2006
Le premier film saoudien, avec
la première vedette
saoudienne du grand écran,
sera projeté cet été
partout au Moyen-Orient...
sauf en Arabie saoudite, pays
ultraconservateur où les cinémas
restent interdits. Produit par
le groupe Rotana, propriété
du prince saoudien al-Walid
Ben Talal, milliardaire et
membre de la famille royale,
Keif al-Hal (Comment vas-tu ?)
est une fiction qui, selon ses
producteurs, reflète la
tension entre modérés et
extrémistes religieux en
Arabie, pays déchiré,
surtout chez les jeunes, entre
la mondialisation et le poids
de valeurs islamiques
conservatrices. En l’absence
d’une industrie cinématographique
saoudienne, le film a été
tourné à Dubaï, un émirat
du Golfe, par un réalisateur
canadien d’origine
palestinienne. Le scénario
est l’œuvre d’un Libanais
et d’un Egyptien.
En jeans et chemisier, les
cheveux découverts, Haïfa
Mansour, 30 ans, une
Saoudienne assistante au
producteur du film, est
installée à la terrasse
d’un café de Dubaï en
compagnie d’un acteur et
d’un critique de cinéma,
tous deux saoudiens. Ils
auraient été arrêtés si la
scène s’était déroulée
en Arabie saoudite, où les
femmes doivent sortir
couvertes de la tête aux
pieds et où la ségrégation
entre les sexes est une
constante. Conscients de ces
interdits, les producteurs du
film ont été extrêmement
prudents dans le choix des scènes.
"Nous avons pris bien
soin de ne rien laisser passer
qui puisse offenser la société
saoudienne, à tel point que
nous surveillions les yeux des
actrices pour savoir si le
regard était approprié",
explique Ayman Halawani, chef
de production au département
cinéma de Rotana.
Keif al-Hal raconte
l’histoire de Sultan, joué
par le Saoudien Hicham
Abdelrahman, idole de la
jeunesse saoudienne depuis sa
victoire en 2005 dans l’édition
arabe de Star Academy. Sultan
a un style de vie occidental
et, pour cette raison,
entretient des rapports
conflictuels avec son cousin
Khaled, un ultraconservateur.
Dans le but d’attirer
l’attention de la belle
Sahar, sœur de Khaled, un
personnage opportuniste,
interprété par l’acteur
saoudien Mechaal al-Mutairi,
gagne la sympathie de Khaled
en se laissant pousser une
longue barbe, à l’instar du
chef d’el-Qaëda Oussama Ben
Laden, et en prétendant être
pieux. Sahar fuit les tensions
familiales en sortant avec sa
meilleure amie, Dunya, incarnée
par l’actrice saoudienne
Hind Mohammad, 25 ans, dont
c’est le premier rôle.
Halawani refuse de dire si une
histoire d’amour lie Sahar
et Sultan. Il assure toutefois
que le film ne comporte aucun
flirt ou rendez-vous amoureux.
L’unique actrice saoudienne
du film affirme qu’elle est
déterminée à faire carrière
dans le cinéma, malgré les
problèmes que cela pourrait
lui occasionner. "Je veux
prouver qu’une femme peut
faire quelque chose même si
elle a été éduquée avec
l’idée qu’elle est faible
et qu’elle ne doit pas élever
la voix", déclare Hind
Mohammad par téléphone
depuis Ryad.
La Saoudienne la plus connue
dans le monde du cinéma est
Haïfa Mansour, qui a produit
l’an dernier un documentaire
controversé, Nisaa bila Dhil
(Femmes sans ombre). Ce film,
dans lequel un religieux réformiste
déclare qu’il n’est pas
obligatoire pour les femmes de
se couvrir le visage en
public, a provoqué un tollé
parmi les religieux radicaux.
Projeté dans 17 festivals cinématographiques
dans le monde, il a attiré
l’attention du prince
al-Walid, neveu du roi
Abdallah et 8e fortune du
monde. Haïfa Mansour se dit
optimiste sur l’évolution
de son pays en raison des réformes
lancées par le roi Abdallah
et veut continuer à produire
des films en Arabie. Mais
Mutairi, 28 ans, estime
qu’aucun changement ne sera
possible tant que de
nombreuses voix s’élèveront
en Arabie pour présenter
toute velléité de modernisme
et de libre expression par
l’art, notamment le cinéma,
comme "un attachement
immoral aux valeurs
occidentales". "Le
problème de la société
saoudienne avec l’art,
c’est que la moitié le
considère comme contraire aux
valeurs religieuses et les
autres pensent que c’est
honteux", conclut-il.
Elégie
pour l'Algérie
Cannes.
Un certain regard. Rabah
Ameur-Zaïmeche la filme au
plus près de ses tensions
dans "Bled Number
One"
par
DIDER PERON, publié dans Libération
le 20 mai 2006
Quatre ans après son premier
long métrage, Wesh wesh,
couronné du prix Jean-Vigo,
Rabah Ameur-Zaïmeche, le
franc-tireur grandi à l'ombre
des tours de la cité des
Bosquets de Montfermeil,
continue de s'inscrire avec
une autorité incroyable dans
les cercles concentriques
toujours plus larges qui mènent
de soi-même à la
connaissance universelle.
Prenant le cinéma à
l'abordage, il revient avec Bled
Number One, tourné en vidéo
dans sa région natale à
l'extrême nord-est de l'Algérie.
Les deux films s'articulent
autour d'un même personnage
que le cinéaste-producteur
interprète : Kamel, en sursis
à sa sortie de prison, sous
le coup de la loi de la double
peine. Hier, il était un fantôme
dans une banlieue parisienne
qui n'avait pas encore flambé
; aujourd'hui, on le retrouve
expulsé de France et revenant
dans ce village entre les
collines et la mer.
Puissance
Kamel n'est pas l'alter ego
d'Ameur-Zaïmeche ni une pure
fiction. C'est une figure
intermédiaire et comme coupée
en deux par le devenir.
Toujours ici et ailleurs, présent-absent,
culturellement hybride, héritier
des catégories ancestrales de
l'ascendance paysanne berbère,
et contemporain des grands déracinements
postcoloniaux, il est à la
fois le parent et l'étranger,
le guide et l'égaré. Son
rapport aux événements s'en
trouve profondément marqué,
il en perdrait presque la
parole, spectateur d'une
activité quotidienne aux
solidarités codées, où il a
du mal à trouver sa place. En
même temps, ces retrouvailles
avec la terre algérienne
colorent chaque impression,
chaque nouvelle rencontre ou
nouveau paysage d'une
puissance inopinée qui laisse
penser qu'une vie meilleure
est encore possible.
Bientôt, l'arrivée de
Louisa, qui vient de quitter
son mari en France en
emportant son fils dans ses
bagages, bouscule l'hébétude
et la mélancolie heureuse du
début. Femme affranchie,
Louisa dérange par sa
conduite qui ne peut attirer
que honte et déshonneur sur
la famille. Le moralisme intériorisé
dicté depuis des générations
par les valeurs patriarcales
et l'islam, permet à la
communauté de s'expérimenter
comme telle, mais n'autorise
pas à sortir du rang. Le cinéaste
montre avec finesse la chaîne
de domination qui conduit
chacun à devenir l'éducateur
du voisin. Bouzid, frère de
Louisa, se fait frapper par un
groupe de jeunes islamistes
qui le surprennent ivre mort
dans un champ d'oliviers, mais
cela ne l'empêche pas
d'infliger une trempe terrible
à sa soeur pour la châtier
de son infidélité conjugale.
Ainsi, le film ne cesse de se
déplacer d'une situation à
l'autre et de déplacer les
enjeux et les évidences.
Enigmes
S'il décrit des noeuds
conflictuels et des blocages
moraux, ce travail de constat
est soulevé du sol par une
inspiration poétique qui
cherche derrière les
apparences à déchiffrer de
plus rudes énigmes. Le film
prend alors des accents élégiaques
pour célébrer l'énergie de
la fête, l'instabilité
vibratile de l'air chaud, le
vent, la tension érotique, la
violence sacrificielle du sang
et la nostalgie d'un pays
toujours déjà perdu.
Une publicité
télévisée pour dissuader
les kamikazes
Des producteurs libanais font
partie de l’équipe du film
publié par l'AFP le 22
mai 2006
Des producteurs libanais et américains
tournaient ce week-end, à Los
Angeles, une publicité destinée
à la télévision irakienne
et censée dissuader les
auteurs d’attentats-suicide.
"C’est une annonce
d’intérêt public de 60
secondes, qui va montrer un
attentat-suicide sur une place
de Bagdad, vu de la
perspective des personnes
innocentes dont les vies sont
affectées par des violences
de ce type", a expliqué
à l’AFP Jonathan Zaleski,
porte-parole de la production.
"Nous tournons à Los
Angeles parce que la ville a
le savoir-faire pour un tel
tournage", doté d’un
budget d’un million de
dollars, a indiqué M.
Zaleski. Le projet, réalisé
par les sociétés américaine
900 Frames et libanaise
EFXFilms, devrait aboutir
d’ici à la fin du mois de
juin. "Il est financé
par des Irakiens. Des
universitaires, des hommes
d’affaires et des citoyens,
vivant en Irak ou expatriés,
qui souhaitent garder
l’anonymat pour des raisons
évidentes" de sécurité,
selon le porte-parole.
A vos
caméras pour des
"Regards croisés"
Concours -
Pour les jeunes du Nord et du
Sud de la Méditerranée
paru
dans l'Orient-le Jour le 24
mai 2006
L’objectif du concours
photos "Regards croisés"
est de favoriser la compréhension
mutuelle et le dialogue
interculturel entre les jeunes
des deux rives de la Méditerranée
grâce à l’image et à une
vision commune de l’avenir.
Le concours s’adresse aux
jeunes photographes,
professionnels et amateurs, nés
entre le 1er janvier 1975 et
le 3 juillet 1998,
ressortissants des pays
suivants : Chypre, Espagne,
France, Grèce, Italie, Malte,
Slovénie, Algérie, Egypte,
Israël, Jordanie, Liban,
Maroc, Syrie, Territoires
palestiniens, Tunisie et
Turquie.
Les photos devront porter plus
particulièrement sur les thèmes
suivants :
• une même vision de
l’avenir ;
• les relations entre le
Nord et le Sud du bassin méditerranéen
;
• l’importance du dialogue
interculturel ;
• les échanges entre jeunes
dans le cadre d’une coopération
étroite entre les habitants
des deux rives de la Méditerranée
;
• le dialogue photographique
entre les deux rives de la Méditerranée.
Un comité scientifique
international sélectionnera
17 gagnants, soit un par pays.
Ces derniers seront invités
à Rome où leurs photos
seront exposées au Palazzo
Valentini dans le centre
historique. L’exposition
fera ensuite le tour des pays
participants et sera montrée
à Bruxelles. Un documentaire
télévisé offrira aux jeunes
gagnants la possibilité de
s’exprimer sur leur travail
et leur perception des
relations entre les deux rives
du bassin méditerranéen. Le
concours photographique
"Regards croisés"
est financé par l’Union
européenne. Le dernier délai
pour l’envoi des photos est
fixé au 3 juillet 2006.
Les Lumières, un
savoir vivre
par LAURENT WOLF, publié
dans le Temps le 25 mars 2006
Savons-nous ce qu'étaient
vraiment les idées et les
combats du siècle des Lumières
? L'exposition qui leur est
consacrée à la Bibliothèque
nationale à Paris rappelle
l'aspiration des philosophes :
la quête du bonheur. Et si
l'on y croyait à nouveau ?
Savons-nous, quelque temps après
que des politiciens ont eu le
projet d'inscrire dans la défunte
Constitution de l'Union européenne
le patrimoine religieux commun
de notre continent, ce qu'étaient
les idées et les combats du
siècle des Lumières ? Et
pouvons-nous espérer y
trouver la réponse aux
incertitudes qui nous
angoissent ? Une exposition
organisée par la Bibliothèque
nationale de France, à Paris,
fait le point sur ce qui nous
en reste et sur ce qu'elles
nous disent. A la fin de la
Seconde Guerre mondiale, quand
la fumée des fours crématoires
flotte encore sur l'Europe,
deux savants allemands réfugiés
aux Etats-Unis, Max Horkheimer
et Theodor W. Adorno,
s'interrogent sur l'héritage
de ce siècle des Lumières
auquel ils ont cru, qu'ils
croyaient développer jusqu'à
ce que la violence déchaînée
de l'histoire écrase tout sur
son passage. "De tout
temps, écrivent-ils en 1944
dans leur livre La Dialectique
de la Raison, l'Aufklärung
[c'est le nom que l'Allemagne
a donné aux Lumières], au
sens le plus large de pensée
en progrès, a eu pour but de
libérer les hommes de la peur
et de les rendre souverains.
Mais la terre, entièrement
"éclairée",
resplendit sous le signe des
calamités triomphantes."
Un peu moins de soixante ans
plus tard, dans la grande
salle du Parlement français
du Château de Versailles,
alors que les députés du
Bundestag sont réunis avec
ceux de l'Assemblée nationale
française pour fêter
solennellement le quarantième
anniversaire des Accords de l'Elysée
qui ont scellé le Pacte
franco-allemand, le chancelier
Gerhard Schröder parle à la
tribune de ce qui unit désormais,
et indéfectiblement, la
France et l'Allemagne qui se
sont tant combattues :
"C'est l'Aufklärung, ce
que vous appelez les Lumières,
qui forme notre patrimoine
commun, le socle sur lequel
nous construisons une Europe
sans guerre, le socle qui nous
permet d'accueillir tous les
pays du continent qui
partagent avec nous cet héritage."
Et pourtant, au moment où
Gerhard Schröder parle à
Versailles comme aujourd'hui,
de quelque côté que l'on se
tourne, des calamités
triomphent et semblent vouloir
faire leur lit de l'histoire
commune des hommes.
N'avons-nous rien appris des
penseurs du XVIIIe siècle, de
ceux qui ont placé au plus
haut la liberté et la
responsabilité des individus,
l'esprit critique, l'égalité
de la condition humaine, la
force du débat et de la
controverse sans violence ?
Etait-ce une illusion ? Une
autre manière de justifier la
domination sur les autres
peuples ? De répandre la
servitude au nom de la liberté
dont les plus forts abusent et
que les faibles subissent ?
Etait-ce un mensonge, une manière
de farder la croyance en une
supériorité naturelle de
l'Europe ? Etait-ce une
erreur, un beau discours
incapable de maîtriser la
barbarie qui renaît chaque
jour ? Et ces Lumières, qui
devaient être la méthode
pour penser un monde divers,
n'ont-elles accouché que
d'une nouvelle obscurité, qui
nous rend incapable d'aimer ce
qui nous vient d'ailleurs ?
L'exposition de la Bibliothèque
nationale de France est un
salutaire retour aux sources
d'une vision du monde qui
touchait, pour les critiquer,
les grandes croyances
religieuses ; qui développait
la science, la compréhension
de la politique, la
philosophie, et qui exerçait
inlassablement sa curiosité
à l'égard du reste du monde.
Lumières ! Un héritage pour
demain, tel est son titre.
Serait-ce une réponse au
pessimisme d'Adorno et
Horkheimer, au scepticisme de
ceux qui ont accusé la pensée
du XVIIIe siècle d'avoir préparé
la domination coloniale, le
scientisme, la rationalisation
du crime collectif ? Une réponse
à notre angoisse de voir
aujourd'hui le monde divisé
entre ceux qui font mine de
reconnaître l'universalité
des droits humains et ceux qui
n'admettent que la supériorité
de la transcendance ?
L'exigence d'autonomie des
individus, de leur
intelligence et de leur
souveraineté concernant les décisions
qu'ils prennent, paraît se
briser devant la puissance de
l'économie, devant le regain
des croyances religieuses. Et
surtout devant les désastres
qu'entraîne notre propre
arrogance.
Avant la Seconde Guerre
mondiale, la pensée des Lumières
a servi de prétexte à des
entreprises douteuses. Elle a
été dévoyée dans des
aventures militaires. Dans des
conceptions étroites de la vérité.
L'idéal de tolérance, qui
n'est que la reconnaissance
d'autrui dans son intégrité,
a été tourné en dérision.
Depuis la Seconde Guerre
mondiale, les fondements de
cette pensée ont été eux
aussi contestés. Les Lumières
s'étaient affirmées contre
l'obscurantisme religieux du
XVIIIe siècle, contre les
mythes qui entravent la liberté
et l'esprit critique. Face aux
"calamités" qui
n'avaient été ni prévues ni
enrayées, on s'est mis à
traiter la pensée des Lumières
comme un mythe parmi les
autres, un mythe au service du
marché et de la puissance de
l'Occident. L'exposition de la
Bibliothèque nationale de
France rappelle heureusement
ce qu'était, avant la Révolution
française et les conquêtes
napoléoniennes, avant le développement
terrible du capital
industriel, avant la
colonisation, avant le
scientisme qui érige les résultats
provisoires de la recherche en
vérité absolue, avant les
guerres meurtrières du XXe siècle,
ce qu'était la douceur des
Lumières et leur soif de
savoir et de respect de
l'autre, de plaisir et de
bonheur de vivre.
Elle rappelle, sous les
visages de Mozart et de
Rousseau, que c'était
l'Europe, traversée par le désir
d'établir l'harmonie dans la
vie commune sans rien nier des
passions humaines. Elle
rappelle, sous le portrait
d'Adam Smith, que le libéralisme,
qui prend sa source dans la
revendication d'une liberté
individuelle d'agir et
d'entreprendre, ne va pas sans
les règles qui protègent les
autres, tous les autres à
commencer par les plus
fragiles, de l'exercice de
cette liberté. Que la
souveraineté du peuple n'est
pas la tyrannie de la majorité
sur ceux qui ne partagent pas
ses idées. Que cette
souveraineté ne s'arrête ni
aux Européens ni à la moitié
de la société, c'est-à-dire
aux hommes. Que la volonté générale
n'est pas l'unanimité mais la
prise en compte de toutes les
différences. Cette exposition
montre que près de trois siècles
avant l'urbanisation généralisée,
alors que l'Europe était
encore un continent rural où
il n'existait encore que
quelques-unes de ces agglomérations
que nous appelons des métropoles
et des mégalopoles, une manière
de penser le monde s'est développée
dans les villes, à Paris,
Vienne, Venise, Berlin,
Saint-Pétersbourg... On
pense, mais on rêve aussi,
que ces villes deviendront un
espace public civilisé, dans
lequel il sera possible d'échanger
des idées, de les comparer,
de débattre librement. Et
surtout de vivre ensemble. Ce
rêve est-il trop grand ? Il
n'est inspiré par rien
d'autre que l'imagination de
celui qui rêve. Aucune
divinité, aucune force supérieure
ne le justifie. C'est le prix
et la douleur de cette liberté.
Les Lumières sont un héritage
pour demain, affirme cette
exposition. C'est dire que cet
héritage, s'il est vivant
dans les esprits, n'est pas
encore inscrit dans la vie de
tous les jours. Au siècle des
Lumières, ce n'est pas
seulement une pensée qui se développe,
mais aussi un savoir-vivre,
une manière de considérer
les autres, de reconnaître en
eux la quête du bonheur qui
nous anime. A l'époque des
Lumières, le mot de
civilisation était doux et
prometteur. C'était le mot du
vivre ensemble et du vivre
avec la nature. Nul
n'imaginait que la
civilisation était une chose
en soi, un répertoire de
valeurs établi une fois pour
toutes. Que les civilisations
pouvaient être classées, hiérarchisées
définitivement. Et qu'il
pourrait y avoir, comme on le
dit aujourd'hui, un choc des
civilisations. La civilisation
était un effort, une volonté,
un apprentissage. Etre civilisé
n'était pas avoir raison
contre les autres, et encore
moins avoir la raison de son côté
(ne parlons même pas de
Dieu); c'était précisément
ce savoir-vivre, qui n'est ni
acquis ni donné parce que la
vie en commun s'oppose sans
cesse à elle-même, parce
qu'elle fait naître des
conflits qu'il faut passer son
temps à résoudre. Comment être
civilisés, voilà sans doute
la question que nous posent
encore aujourd'hui les
penseurs des Lumières, parce
qu'à cette question, il n'y a
d'autre réponse que la
question elle-même.
Lumières ! Un héritage pour
demain. Bibliothèque
nationale de France, site François
Mitterrand. Quai François-Mauriac,
75013 Paris. Rens.
+33.1.53.79.59.59. Du mardi au
samedi de 10 à 19 h, le
dimanche de 13 à 19 h.
Jusqu'au 28 mai. http://expositions.bnf.fr
Les Nations contre les
Lumières
L'exposition de la Bibliothèque
nationale de France commence
par trois images qui montrent
de manière douloureuse
pourquoi l'idéal des Lumières
s'est heurté à la réalité
de l'histoire. Deux hommes,
Mozart et Rousseau, dont l'œuvre
est au nœud de l'esprit et de
la sensibilité. Une carte de
géographie, celle de
l'Europe. Les Lumières, ce
n'est pas le triomphe de la
raison pure, même si la
raison fait partie des Lumières
et si des philosophes comme
Kant ont tenté de la maîtriser.
Les Lumières, ce n'est ni un
pays ni un Etat, encore moins
une Nation. Or, dès leur épanouissement,
deux sources de conflits, deux
sources de dévoiement sont déjà
en gestation. D'abord la séparation
de la raison et de la
sensibilité, qui trouvera son
apogée dans le positivisme
(ou dans le scientisme) et que
tenteront de réconcilier les
artistes. Par exemple les
pointillistes quand ils se
servent de la théorie de
Chevreul pour organiser la
couleur de leurs peintures.
Ensuite l'idée et l'idéal de
la Nation qui brisera la carte
de l'Europe et érigera des
barrières au sein de la pensée
commune. La Révolution française
réunit ces contraires. Elle
promeut politiquement les
valeurs prônées par les
philosophes, au moins une
partie d'entre elles. Elle
incarne dans les institutions
le principe d'autonomie de
l'individu, la souveraineté
populaire, l'idée de volonté
générale. Mais, sous les
coups hostiles de ses
adversaires, cette incarnation
va se transformer en
forteresse assiégée. La nécessité
de défense en entreprise de
conquête. Et la volonté générale
en volonté du peuple, par
suite d'un peuple, érigé en
dépositaire de la vérité.
Les valeurs qui sont au cœur
de la vision Lumières - les
droits des individus,
l'autonomie, l'égalité, etc.
- cessent d'être elles-mêmes
quand elles deviennent la
propriété d'une Nation ou
d'un Peuple qui peut les
invoquer contre une autre
Nation et contre un autre
Peuple. C'est pourtant ce
qu'elles sont devenues quant
le continent européen s'est
figé en agglomérat de
Nations dressées les unes
contres les autres.
L'exposition Lumières ! a
quelque chose d'idéal et de
pacifique, de détaché des siècles
suivants, de leurs violences,
de leurs souffrances, et de
leurs iniquités. On ressent
d'abord un malaise. Trop
gentil ? Trop hagiographique ?
Trop scolaire ? N'y aurait-il
rien d'autre à montrer que
cette quête du vivre ensemble
et de la compréhension du
monde ? Et puis on se rend
compte qu'on avait oublié.
Que les arguments qui se
bousculent dans les discours
d'aujourd'hui, pour condamner
l'obscurantisme des autres,
ont en partie perdu leur sens
à cause de leurs propres défaites.
Revenir à l'origine, avant le
triomphe de la Nation, avant
le despotisme de la science et
de la puissance, avant la
confusion entre la
civilisation et les frontières,
c'est la meilleure manière de
redécouvrir leur héritage.
Femme savante
C'est trop dire que le siècle
des Lumières fut le siècle
des femmes et de l'égalité
entre les sexes, même si les
valeurs qui s'imposent dans la
pensée de ce temps fondent la
revendication d'égalité, même
si ce siècle fut celui de
femmes remarquables, qui se
sont battues pour exister dans
une société qui n'était pas
encore prête à les
accueillir. Parallèlement à
Lumières ! Un héritage pour
demain, la Bibliothèque
nationale de France consacre,
dans son ancien bâtiment de
la rue de Richelieu, une
exposition à Madame du Châtelet
(1706-1749), grande amoureuse,
maîtresse de Voltaire, mais
aussi femme savante. Elle ne
ressemble cependant en rien
aux femmes dont se moque Molière
dans la comédie jouée pour
la première fois en 1672,
trente-quatre ans avant sa
naissance.
Madame du Châtelet a mené sa
courte vie comme elle
l'entendait, avec mari et
amants, jusqu'à sa mort en
couche. Elle était mathématicienne,
elle a écrit des livres, mené
des expériences scientifiques
que ne pouvaient renier les
savants masculins. Elle a
traduit l'œuvre de Newton, et
en plus elle la comprenait ce
qui irritait ses rivales, les
femmes qui tenaient salon et
la traitaient parfois avec mépris,
la décrivaient comme une
femme sèche et sans cul
(selon sa principale ennemie,
Madame Du Deffand), et
quelques hommes jaloux qui
trouvaient indigne qu'une
femme figure parmi les
philosophes. Elle a été fêtée
comme un génie par Voltaire
bien sûr, mais aussi par les
Encyclopédistes et la plupart
des savants du XVIIIe siècle.
Madame du Châtelet, La femme
des Lumières. Bibliothèque
Nationale de France - Site
Richelieu. 58, rue de
Richelieu, 75001 Paris. Ouvert
du mardi au samedi de 10 à 19
h, le dimanche de 13 à 19 h.
Jusqu'au 3 juin.
Enfin, les peintres
regardent
Entre la majesté un peu figée
du XVIIe siècle classique et
la débauche d'énergie et
d'invention du XIXe, les
peintres du XVIIIe semblent se
replier sur leurs perceptions
proches, sur leur sensibilité,
sur de petites différences
qui préparent les grandes
ruptures. Les salles qui déclinent
les chapitres de l'histoire
des Lumières à la Bibliothèque
de France sont séparées par
un grand couloir où l'on
trouve des tableaux de Greuze,
Fragonard, Watteau, Chardin,
Reynolds, Gainsborough... Plus
d'allégories, plus de
peintures d'histoire
grandioses, la beauté change
de camp, elle est du côté
des artistes eux-mêmes.
C'est la fête de la vie, de
l'amour. La célébration des
actes les plus simples de la
vie quotidienne. Pas le
banquet ni les mets somptueux,
la préparation du repas le
plus simple, comme dans les
natures mortes et les scènes
de cuisine de Chardin. Pas les
bals de cour, mais la réunion
joyeuse et le pique-nique dans
la clairière. Pas la nature
presque abstraite des paysages
du XVIIe, de vrais paysages
(en fait souvent des jardins),
où l'on voudrait faire sentir
le vent et les odeurs. Pas les
corps lisses et lointains des
femmes, mais le désir,
visible et fort. Le peintre,
son individualité, sa vision
personnelle commencent à
passer avant les conventions.
C'est le début d'une
affirmation qui va bouleverser
l'histoire de l'art. Celle du
regard du peintre, qui
deviendra bientôt la seule règle
et le but ultime de la
peinture.
L'art au service de
l'art
"A fleur de poésie et de
traduction", un atelier
de l’Ecole de traducteurs et
d’interprètes de l'USJ
paru dans l'Orient-le Jour
le 22 mai 2006
Quand c’est de l’art
qu’on traduit, la traduction
est certainement un art.
"A fleur de poésie et de
traduction", un atelier
organisé par l’Ecole de
traducteurs et d’interprètes
de Beyrouth de l’Université
Saint-Joseph, l’a amplement
démontré. Organisé sur deux
après-midi conjointement avec
l’ambassade d’Espagne et
l’Institut Cervantes,
l’atelier consistait à
traduire en arabe, à travers
une traduction relais française,
des poèmes de deux auteurs
espagnols, Antonio Clapès et
Juan Carlos Mestre. Jeudi, la
séance de lecture a été précédée
d’un historique fait par
Christian Balliu, de la
transmission de l’héritage
grec et latin à la
civilisation arabe, à travers
les moines chrétiens, puis
son retour à l’Occident,
par le biais de l’Espagne,
avec toutes les richesses
introduites par les Arabes.
Cette présentation achevée
fait place à la poésie :
"Le temps s’arrête sur
une branche dorée / Le soleil
en déclin incendie l’après-midi."
C’est la voix de Sabah
Zouein qui récite les vers du
poète Antonio Clapès. Sa
voix s’élève dans la cour
intérieure de la faculté des
lettres et sciences humaines
de l’USJ, balayée par les
ombres des nuages qui
traversent le ciel. Le public,
ce sont l’ambassadeur
d’Espagne, Miguel Benzo
Perea, le recteur de l’USJ,
René Chamussy, le doyen de
l’ETIB, Henri Awaiss, Mme Thérèse
Joseph Zaarour, des poètes
libanais et étrangers, des
professeurs et étudiants de
l’ETIB, des traducteurs et
traductologues (eh oui ! le
terme existe), des
journalistes et des élèves.
Répartis sur des tables
rondes décorées de roses,
tout le monde se met
studieusement à l’œuvre,
puis les traductions sont
lues. Et pour rompre le
silence de l’inspiration, ce
sont par moments des notes
d’accordéon, de oud ou de
guitare, qui déchirent
l’air. Tant il est vrai
qu’une bonne traduction, ce
passage mystérieux d’une
langue à l’autre, est en
fait une recréation, quelque
chose qui va de l’intérieur
vers l’extérieur.
Le prix Joseph Zaarour
L’un des moments forts du
premier après-midi de cet
atelier original a été
l’attribution du prix Joseph
Zaarour de la meilleure
traduction. Organisé depuis
2003 par l’Ecole de
traducteurs et d’interprètes
de Beyrouth, le prix a été décerné
cette année à 14 lauréats,
selon les classes (première
et terminale) et les quatre régions
(Beyrouth, Tripoli, Saïda et
Zahlé) où il a été organisé.
Aux vainqueurs, que pouvait-on
distribuer sinon... des
dictionnaires ! Et un peu
d’argent de poche. Les
quatre plus hautes notes du
concours sont : pour la classe
de première, Joumana Yakan de
l’école Thanawiyat
al-Jinane (18 sur 20) et
Hussein Taleb, de Rawdat
al-Fayha’ (17,5 sur 20) et
pour les terminales Farah
Abdel Hay, de Rawdat al-Fayha’
(17,5 sur 20) et Nathalie
Allam, de l’International
College (17 sur 20).
Les
Arméniens (1917-1939), ou
quand les photos parlent...
Exposition
photographique à la crypte de
l’église Saint-Joseph (USJ),
jusqu'au 27 mai
par
EDGAR DAVIDIAN, publié dans
l'Orient-le Jour le 9 mai 2006
Plus de 200 photos en noir et
blanc traitées au sépia.
Couleurs de terre, ocre et
sanguine, qui renvoient à la
dépossession, aux combats
durs, aux renaissances
difficiles. Aux souvenirs
amers, mais aussi au courage,
à l’héroïsme des humbles,
à la détermination de
vaincre l’adversité, au
sens de l’indéfectible
dignité humaine, à la force
et la volonté de survie, de témoigner,
de se défendre, de perpétuer
tradition et patrimoine et
surtout de ne jamais oublier
pour mieux revivre. Plus de
200 photos, simples et émouvantes,
pour parler non seulement du
drame de l’exode et de
l’exil des Arméniens entre
1917 et 1939, mais aussi de la
notion de s’organiser pour
renaître et savoir reprendre
racine en profondeur.
Sous le titre explicite
"Les Arméniens
(1917-1939), la quête d’un
refuge au Proche-Orient",
cette exposition, qui se passe
de tout commentaire, à la
crypte de l’église
Saint-Joseph (USJ) et un
ouvrage qui la prolonge, est
le fruit d’un partenariat
entre l’Université
Saint-Joseph et l’Union générale
arménienne de bienfaisance,
deux institutions qui furent
fortement impliquées auprès
des réfugiés arméniens sur
le plan éducatif et
caritatif. L’UGAB, qui fête
cette année le centième
anniversaire de sa fondation,
a été parmi les premières
institutions arméniennes à
porter secours aux rescapés
du génocide. L’USJ et la
Compagnie de Jésus, à
travers la Mission d’Arménie,
ont également manifesté un dévouement
de plus d’un siècle au
service de l’éducation de
la jeunesse arménienne,
d’abord en Asie mineure,
puis en Syrie et au Liban.
Sans oublier de mentionner
qu’une collaboration directe
établie entre le département
d’histoire (FLSH) et la
Bibliothèque orientale,
d’une part, et la bibliothèque
Nubar de l’UGAB, de
l’autre, a permis la réalisation
de ces deux projets, avec le
soutien de la Fondation
Khatchik Babikian et des frères
Terzian.
Pour s’entretenir d’une
sombre et anarchique tranche
d’histoire, voilà ces
photos aux regards
impitoyables et à l’éloquence
d’une objectivité absolue.
Pour faire revivre un passé
qu’on a tendance,
aujourd’hui peut-être, à méconnaître,
ignorer ou oublier. L’intégration
des Arméniens dans leurs
patries d’adoption, dans
nombre de pays du
Proche-Orient, est passée par
plusieurs étapes, souvent
douloureuses et difficiles,
dont la mémoire tend à
s’estomper. Avant de devenir
citoyens libanais ou syriens
à part entière, ils ont vécu
l’expérience de tout réfugié
déraciné, en quête d’un
pays d’accueil. Des refuges,
des orphelinats, des églises,
des écoles ont été installés,
parfois sous des tentes ou
dans des baraques en bois,
avant d’être édifiés en
dur. La période de
l’entre-deux-guerres a été
pour les réfugiés arméniens
comme un vaste chantier, au
sein duquel ils ont œuvré
pour la restauration de leur
vie collective, à se bâtir
un destin commun avec leurs
pays d’accueil. Si
aujourd’hui Bourj Hammoud,
dans la capitale, est une artère
commerciale florissante, ou
Anjar une exquise bourgade de
villégiature, presque huppée
avec ses restaurants qui
rivalisent avec ceux du
Berdawni de Zahlé, les images
de ces hauts lieux de la réussite
arménienne, il y a déjà
plus d’un demi-siècle, étaient
moins intéressantes et bien
moins flatteuses…
Le drame de vivre
De Moussa Dagh à
Anjar, du départ de Yoghoun
Olouk ou Sanjak
d’Alexandrette à l’exode
de la gare d’Adana, des vêtements
triés par un prêtre au
rapatriement en Cilicie, le
drame de vivre est saisissant
et impossible à décrire. Ces
photos criantes de vérité et
qui vous prennent à la gorge
ont une singulière charge émotive.
Elles ont la force pour tout dévoiler,
tout dire. Cadre de vie
nouveau et école de vie
nouvelle pour ceux qui ont
pris les chemins de l’exil
en flux différents. Et comme
souligné dans
l’avant-propos de
l’ouvrage, l’objectif de
cette entreprise est de mettre
en évidence cette obscure période
fondatrice, une brûlante part
de réalité qui, avec le
temps, s’est insensiblement
un peu transformée en part
d’ombre : "Le présent
ouvrage et l’exposition qui
le prolonge visent à
restaurer la mémoire de ces
expériences fondatrices, à
saisir sur le vif les problèmes
auxquels ont été confrontés
les réfugiés, à restituer
leur quotidien. Ordonné en
trois parties, le livre fait
abondamment appel à la
photographie qui constitue ici
un élément documentaire
central. Si celle-ci donne à
voir des situations précaires -
peut-être les plus précaires
-, elle n’en est pas moins
un témoignage objectif
d’une réalité passée qui
ne peut en aucune façon être
ignorée. Plus encore, elle
est une sorte d’hommage aux
anciens, valorisant le chemin
parcouru par la collectivité
arménienne dans ses pays
d’accueil. Beyrouth est
indiscutablement la ville qui
incarne le mieux l’intégration
des Arméniens dans le monde
arabe. On y trouve concentrées
toutes les étapes de leur
insertion. La capitale
libanaise était, à ce titre,
toute désignée pour
accueillir, la première,
l’exposition consacrée aux
réfugiés arméniens au
Proche-Orient
(1917-1939)".
C’est avec sobriété et
rigueur que sont exposées ces
centaines de photos qui ne
laissent nullement indifférent
quant à l’intensité du
drame humain et au vécu
insoutenable de tout être déraciné.
Mais par-delà ces images qui
cravachent les consciences, même
les plus assoupies, il y a
cette belle série de
portraits accrochés un peu
indépendamment, dans une
sorte de petite galerie en
bois. Avédis, Astghig,
Nichan, Harout, Berj, Vartouhi,
Archalouiss, Baïdzar,
Mardiros, Hamest, Mathilda,
Arev, Araxie, Vahé, Haïg, Héraïr,
Avédis, Maro, Berdjouhi…
Autant de noms, autant de
visages, de regards et
d’expressions. De joie, de détresse,
de peur, d’angoisse, de
solitude, de désarroi,
d’espoir, de force, de détermination…
Une galerie de portraits où
flotte l’essence de l’arménité
à travers un chapelet de
noms, certains portés
disparus et que le temps,
monstre insatiable, a
engloutis à jamais.
Que reste-t-il de ces images où
l’humiliation, la misère et
le combat contre l’adversité
sont sans merci ? Les mains
calleuses de ces brodeuses créant
pourtant des dentelles d’une
finesse extrême, de ce prêtre
triant nerveusement les vieux
vêtements, de ces ouvriers hâves
et déguenillés, nouveaux
damnés de la terre, couverts
de boue dans un chantier en
construction, de cette famille
démunie et fourbue après une
journée de labeur, souriant
malgré tout à l’œil de la
caméra ? Non, il reste le
front plissé et
l’expression candide et un
peu apeurée de la petite
Takouhie en coquette petite
robe blanche, serrant
jalousement son bouquet de
fleurs comme par crainte
qu’on le lui enlève
aussi…
La otra imagen de los
árabes
Sevilla acoge
dos muestras de fotografía que
pretenden cambiar la visión que
Occidente tiene de los países
islámicos
El País, el
23 de abril de 2006
Dos
exposiciones que pueden verse en
Sevilla, Inshalláh.
Marruecos 1996-2006 y 19
miradas, pretenden
contrastar la imagen negativa de
la mayoría de las instantáneas
del mundo árabe que llegan a
Occidente. La Fundación Tres
Culturas y el Centro Andaluz de
Arte Contemporáneo (CAAC)
organizan y acogen estas dos
muestras que huyen de las imágenes
de las guerras y de las fotografías
en las que el árabe se presenta
siempre como el otro ; mientras
que el que mira (el que retrata)
se identifica con la cultura
occidental.
19 miradas.
Fotografía árabe contemporánea,
que puede verse en el CAAC
ubicado en La Cartuja hasta el
25 de junio, reúne unas 70
fotografías de 19 artistas árabes,
11 de los cuales son mujeres.
"Estos fotógrafos retratan
la fragmentación y complejidad
de la sociedad y la cultura árabe
contemporánea, con sus traumas
y esperanzas, sus miedos y
deseos, sus ambigüedades y
contradicciones. Una sociedad
que, como reflejan las imágenes,
es mucho más diversa y poliédrica
de lo que se suele pensar en los
países occidentales", reza
la introducción de la muestra
que se inauguró en el Instituto
de Cultura Árabe de París hace
dos años, coordinada por Mona
Makhram, y que puede verse en
España por primera vez. Jananne
al-Ani (Irak, 1966), cuyas
fotografías se han mostrado en
el Moma de Nueva York, evoca la
manera en que las mujeres árabes
se han representado en Occidente
desde el siglo XVIII, con una
construcción del orientalismo
que ha alimentado el prototipo
de la mujer cubierta con el velo.
Tanto las imágenes de Al-Ani
como del resto de los artistas
son plenamente contemporáneas,
ya que se trata de artistas
jovenes que trabajan con las
nuevas tecnologías digitales y
sin olvidar lo que ocurre en
este campo en todo el mundo.
Entre las fotógrafas
destacan Jihan Ammar (Irán,
1970), que realiza reportajes
intimistas y retrata a la
burguesía de su país en
ocasiones especiales como las
bodas ; Lara Baladi (Líbano,
1969), creadora de un universo mágico
a través de sus collages
poblados por hadas y otros
arquetipos femeninos, o la
marroquí Yasmina Bouziane, que
centra su obra en autorretratos
al estilo de las fotografías
orientalistas de principios del
siglo XX y muestra la
pervivencia de un estereotipo
colonial. Además puede verse la
obra de Susan Hefuna (Egipto,
1962), con sus fotos cercanas a
la abstracción en blanco y
negro en las que la celosía es
un elemento recurrente, y de
Karima Somali, de Emiratos Árabes
Unidos, una artista que muestra
hombres y mujeres amordazados,
retratos tras los que se
adivinan sus sufrimientos y
verdades ocultas. Así como las
del egipcio Nabil Boutros o el
argelino Bruno Hadjih.
La
mirada española
Por otra
parte, la exposición que puede
verse en la sede de la Fundación
Tres Culturas es la mirada del
fotógrafo español Alfredo Cáliz,
quien ha sintetizado en 54
instantáneas 15 viajes que
realizó a Marruecos en los diez
últimos años. Inshalláh.
Marruecos 1996-2006, que
estará abierta hasta el 21 de
mayo, son fotografías en blanco
y negro que retratan al
Marruecos contemporáneo,
fundamentalmente urbano, donde
el mestizaje cultural se hace
visible en la convivencia de la
tradición árabe y la
influencia de la cultura
occidental. "Es un
Marruecos donde la televisión
es un modelo iconográfico a
través del cual se filtran todo
tipo de modas globales. Sus
fotografías son reflejo de su
experiencia personal, crítica
que le permite reflexionar sobre
la manera de aproximarse a los
temas", escribe el
comisario de la muestra
Alejandro Castellote. La Fundación
Tres Culturas ha editado un catálogo
con la obra de Cáliz, un fotógrafo
free-lance que ha
colaborado con EL PAÍS Semanal
y la revista Marie Claire, que
incluye textos de los escritores
Juan Goytisolo y Abdelfattah
Kilito.
Shakira proud of Arab
background
BBC, 4 November 2005
Colombian singer Shakira has
spoken of her pride in her
Arabic heritage and her
sadness at the way some people
view the Middle East.
The
28-year-old, whose father is of
Lebanese descent, was speaking
ahead of the MTV Europe Music
Awards in Lisbon where she was
named best female. "Many of
my movements belong to Arab
culture," she told
Portuguese TV. "It is
important to make it clear only
a very small number of people in
the Middle East are
violent," she added. "It
is very painful to see how there
is a tendency to generalise."
Distinctive
Shakira
- whose full name is Shakira
Isabel Mebarak Ripolli - was
born in Barranquilla, Colombia
in 1977. She learned her
distinctive hip-shaking
belly-dance moves from her
Lebanese grandmother. The singer
will release Oral Fixation, her
first English-language album
since 2002's Laundry Service,
later this month. A
Spanish-language version of the
album was released in June.
Hussein
Madi, l’artiste des deux
rives
L’ambassade
d’Italie consacre une
salle-musée à l’œuvre du
peintre libanais
paru dans
l'Orient-le Jour le 25 mars
2006
L’ambassade d’Italie
inaugure ce soir sa salle
polyvalente par une exposition
permanente des œuvres de
Hussein Madi. Cette initiative
"sans précédent au
Liban", pour reprendre
les termes de l’artiste,
vient sceller une relation
privilégiée entre le maestro
de Chebaa et le pays de Dante.
Entre ces deux-là, une grande
histoire d’amour, depuis
plus de quarante ans. Jugez-en
plutôt : parti pour effectuer
un stage de deux mois à Rome,
Hussein Madi y a vécu 22 ans
! Si ce n’est pas un coup de
foudre, cela y ressemble étrangement.
Entré en peinture comme on
entre en religion, Madi a donc
trouvé une terre d’asile au
pays de la dolce vita. Lequel
a multiplié les gestes de
reconnaissance envers un
artiste qu’il considère
comme un des siens. Ainsi, en
2003, lors de sa participation
à la Biennale de Venise,
Hussein Madi (qui possède également
la nationalité italienne) a
reçu du président de la République
italienne les insignes de
chevalier de l’Ordre de l’étoile
de la solidarité italienne.
"Madi, connu dans toute
la région comme le Picasso de
la Méditerranée, est
l’exemple concret du
dialogue entre les deux rives
de la Mare Nostrum",
souligne l’ambassadeur
d’Italie. Grand admirateur
de l’art de Madi, Franco
Mistretta ajoute que l’œuvre
du peintre "renvoie, à
l’observateur, les pulsions,
les doutes et les inquiétudes
typiques des peuples de la région
méditerranéenne. Le visiteur
retrouvera dans tout le
parcours de l’artiste des
symboles et des couleurs,
caractéristiques de nos
cultures, oscillant entre
divagations abstraites et
sensuelles, entre symboles et
couleurs qui, avec beaucoup de
courtoisie et de finesse, nous
mènent dans la dimension
onirique de la poésie de
l’art". Artiste
pluridisciplinaire figurant
dans le Benezit, au coup de
pinceau calligraphique, aux œuvres
structurées avec rigueur,
Madi manie aussi bien le fer
qu’il plie et replie pour créer
des silhouettes féminines ou
animalières, les deux thèmes
qui lui sont si chers.
Les œuvres exposées à la
salle polyvalente de
l’ambassade d’Italie, située
à Baabda (banlieue est de
Beyrouth), sont représentatives
des différentes périodes par
lesquelles est passé l’un
des meilleurs artistes du
monde arabe. Trente-huit
toiles et sept sculptures pour
raconter près d’un demi-siècle
d’une carrière artistique
reconnue aussi bien en Italie
qu’au Liban. C’est à
l’initiative de Nicola
Firmani, directeur de
l’Institut culturel italien,
que ce musée anthologique a
pu voir le jour. "Ce
nouveau bâtiment regroupe non
seulement l’ambassade, mais
aussi le CCI, les bureaux de
l’attaché militaire ainsi
que la Chambre de commerce
italienne. Il s’agit donc de
la maison italienne au Liban.
Une maison qui doit rester
ouverte à ses
visiteurs", précise M.
Firmani. Dans la grande
tradition de la chaleur et de
l’hospitalité légendaires
à son pays. Cette salle, à
plusieurs niveaux, qui peut
accueillir 400 personnes
assises, va abriter des
concerts et des défilés de
mode. Sa terrasse, qui
surplombe une magnifique vue
de Beyrouth, pourra accueillir
des réceptions ou même des séances
de cinéma à ciel ouvert.
"Le travail est aussi nécessaire
et naturel pour moi que la
respiration", indique le
peintre qui accepte cette
reconnaissance italienne de
tout cœur, d’autant plus
qu’elle vient de la part
d’un peuple et de personnes
avisées dans l’art.
Ali
Chams et son laboratoire de
couleurs
Exposition - Dans la salle du
palais de l’Unesco à
Beyrouth, jusqu’au 31 mai
par COLETTE KHALAF, publié
dans l'Orient-le Jour le 24
mai 2006
Plus d’une centaine de
toiles sont accrochées sur
les cimaises du palais de
l’Unesco jusqu’au 31 mai.
Une sorte de mini-rétrospective
du travail de Ali Chams,
compris entre 1979 et 2005,
qui témoigne de
l’authenticité du peintre
et de son attachement à sa
terre natale. Après des études
de philosophie et de
psychologie à l’Université
libanaise, une licence de
beaux-arts à l’Académie de
Leningrad et un apprentissage
à l’Institut national de
peinture ornementale à Paris,
le jeune Ali Chams s’adonne
entièrement à ce qu’il va
appeler plus tard son
"exercice de langage dans
la vie". La toile devient
pour lui cette page blanche où
il appose sa propre écriture.
Un langage poétique que ce
natif du Chouf (Wardanieh)
traduit en touches colorées. "Il
est difficile, dit-il, de
parler d’une œuvre
picturale, seules les couleurs
sont éloquentes et peuvent
tout exprimer."
Colorer devient son principal
souci artistique. Dans son
laboratoire, Chams malaxe,
broie, mélange les pigments
et réinvente sa propre
palette. Des tons forts et
puissants, mais par ailleurs
très adoucis, selon. Car la
nature, omniprésente dans
l’ensemble de ses œuvres,
semble se charger du reste.
D’ailleurs il lui consacre
tout. En effet, si ses œuvres
proposent une diversité dans
les thèmes, notamment des
natures mortes ou des
portraits, elles laissent
quand même filtrer une prédilection
insistante pour les plages de
couleurs. Des vagues calmes ou
turbulentes où la nature est
représentée dans tous ses états.
"Ce n’est pas tant le
sujet qui importe, mais la
manière dont on le traite et
on le reproduit", confie
le coloriste. Constamment
sollicité par la lumière de
son pays natal, l’œil de
Ali Chams s’enfonce et
inspecte. La couleur, à
l’origine pâte onctueuse ou
fluide, devient tout d’un
coup entre ses mains couleur
de vie. Huiles, aquarelles ou
acryliques, les techniques
pour lui ne sont qu’un outil
au service d’un art qu’il
considère comme une sorte de
balade, à laquelle il convie
les promeneurs.
Rendez-vous
des amoureux des vieux livres
et manuscrits
Foire - A
l’USEK, du jeudi 25 au
dimanche 28 mai
paru
dans l'Orient-le Jour le 23
mai 2006
Pour la seconde année consécutive,
la bibliothèque centrale de
l’Université Saint-Esprit
de Kaslik, en collaboration
avec Lebanon Roots, organise
une foire aux vieux livres,
archives et manuscrits. Un
lieu d’échanges et de
rencontres qui se déroule
dans le cadre de l’université
même du 25 au 28 mai. Pour
cette seconde édition, les
organisateurs se sont proposé
une vision plus ambitieuse.
Outre un partenariat avec le
Musée Robert Moawad, qui a
permis de mettre en place une
exposition thématique
(inaugurée en même temps que
la foire), cette manifestation
dépasse le cadre de
l’université et accueille,
cette année, des exposants du
Moyen-Orient.
Les dates à retenir:
- Jeudi 25 mai, 16 heures :
après l’inauguration aura
lieu la signature du DVD
Loubnan ad dayem de Fouad
Ephrem al-Boustany ainsi que
de son ouvrage posthume
Chapitres de l’histoire
culturelle du Liban.
- Vendredi 26 mai, 17h30 :
Nicole Chalhoub anime un café
littéraire autour de
l’ouvrage de Dan Brown, Da
Vinci Code, suivi à 19h de la
signature du recueil de poèmes
de Nisrine el-Saddik Haddad.
- Samedi 27 mai, entre 15h00
et 16h30 : un atelier dirigé
par Dolly Sassine-Escallier se
propose de retracer les grands
moments de l’évolution du
papier. A 16h, une exposition
de Paul Zgheib, intitulée
"Ce que l’oiseau noir
m’a raconté". Enfin à
17h, une conférence sur le
Musée Robert Moawad, suivie
d’une table ronde autour des
livres de Nizar Younès.
- Dimanche 28 mai : clôture
de la foire avec un débat
autour de L’Evangile de
Judas et une signature de
l’ouvrage du RP Augustin
Azar.
Wajdi Mouawad crée
Forêts en France
paru dans le Devoir le 21
mars 2006
Avec Forêts, sa nouvelle pièce
de théâtre, l'auteur et
metteur en scène Wajdi
Mouawad signe un de ses
spectacles les plus ambitieux
et les plus maîtrisés. Créée
à Chambéry, en Savoie, il y
a deux semaines, Forêts vient
d'entreprendre une tournée en
France. Vingt et un théâtres
(dont 18 français) se sont
associés à cette
coproduction franco-québécoise,
qui prendra l'affiche à Montréal
en février 2007.
Fruit d'un travail intense
(plusieurs années de
gestation, des mois d'écriture
entrecoupés de périodes de répétition),
Forêts se présente comme le
troisième volet d'un cycle
qui en comptera finalement
quatre et dans lequel Mouawad
creuse, de manière de plus en
plus complexe, les notions de
filiation et d'héritage.
"Mais là, explique-t-il,
il ne s'agit pas d'un héritage
conscient. Il s'agit de tout
ce qu'on se transmet de génération
en génération, comme une malédiction,
dans le silence et
l'ignorance, et qui pourtant déchire
notre existence et broie notre
destin." Dans Littoral,
la pièce qui l'a révélé en
France, le Montréalais
d'origine libanaise évoquait
la figure du père disparu,
dans Incendies celle de la mère :
les denses forêts qu'il
explore aujourd'hui, dans un
style parvenu à maturité,
sont celles de la mémoire
individuelle, dont les racines
sont inextricablement liées
à la grande histoire. Dans ce
spectacle de près de quatre
heures, l'auteur raconte le
destin tourmenté de six
femmes, modelé, entre la
guerre de 14-18, la chute du
Mur ou le massacre de l'Ecole
polytechnique, par des décennies
de catastrophes, de tueries et
de douleurs.
Mouawad
cherche ainsi à montrer que
"l'individu n'échappe pas
au collectif", malgré ce
que croient certains de ses
personnages, à commencer par
Lou (Marie-Eve Perron),
adolescente révoltée, entraînée
dans une enquête
scientifico-policière sur les
origines de sa mère. Celle-ci
(Linda Laplante) a été tuée
par une tumeur étrange :
dans son cerveau, on a découvert
une sorte d'embryon, un os
appartenant à une autre femme
morte dans les camps de
concentration. Sur scène, onze
comédiens remarquables (sept Québécois,
trois Français, un Belge)
interprètent cette fresque
bouleversante et souvent très
drôle. La flèche du temps
file, les époques se télescopent,
les naissances et les morts se
superposent, une bonne
quarantaine de personnages se
croisent, sans qu'on perde le
fil des récits qui s'entremêlent,
ponctués de désertions et
d'abandons. "C'est une pièce
sur les promesses, souligne
Wajdi Mouawad. Sur ce qui fait
qu'on ne tient pas nos
promesses. Sur ce qui fait qu'on
ne se remet pas des promesses
qu'on nous a faites." Les
femmes sont au coeur de ce drame :
l'une d'elles (Véronique Côté)
se sacrifie pour qu'une autre
vive. On s'attendait à un
spectacle sur la filiation, on
en découvre un sur l'amitié :
"C'est l'amitié, dit
Mouawad, qui nous sauve des
liens du sang."
Théâtre jeunes
publics - Les 13 fantaisies
des Gros Becs
par ISABELLE PORTER, publié
dans le Devoir le 8 mai 2006
Pour ses 20 ans, le diffuseur
de théâtre pour enfants Les
Gros Becs se paye certains des
plus beaux spectacles de la
compagnie Les Confettis, un
Wajdi Mouawad pour ados, des
échos du conflit israélo-palestinien,
trois productions européennes
et la plus vieille histoire du
monde. Afin de fêter les 30
ans du Théâtre des
Confettis, on sert au public
un gros gâteau avec la
reprise de l'irrésistible
Amour, délices et ogre. Conçue
en 2000 par l'artiste en arts
visuels Claudie Gagnon, cette
pièce sans paroles se déroule
à l'intérieur d'un gâteau
complètement fantasmagorique,
qui a fait la joie du jeune
public de Hong-Kong ce
printemps.
Trois autres productions
souligneront les 30 ans des
Confettis, dont La Croisée
des mots, de la compagnie
montréalaise Les Deux Mondes,
où il est aussi question d'un
ogre. Dans ce spectacle en
forme de jeu, les enfants sont
répartis en différents
peuples et doivent traverser
des épreuves, sous la
supervision de personnes âgées
jouant un rôle de chefs ou de
bardes (!). S'ajoutent Toot ouïe,
de la compagnie française
Ramodal, une pièce musicale
et visuelle, pour les petits
de 18 mois ou moins, ainsi
qu'Histoire d'ours, de la
compagnie alsacienne Le fil
rouge théâtre, dans laquelle
la comédienne Ève Ledig
tente de réconcilier les
petits avec l'horrible rituel
du coucher. Et, comme si ce n'était
pas assez, on nous ramène en
décembre une autre création
des Confettis, le conte
autochtone Wigwam, de Jean-Frédéric
Messier, chouchou du public et
des critiques en 2005.
Reprises et valeurs sûres
Les Gros Becs
s'appuient sur des valeurs sûres
cette année et présentent un
moins grand nombre de créations,
ce qui permettra à d'excellents
spectacles de tourner un peu, et
à ceux qui les ont manqués de
se reprendre. C'est le cas de L'Epopée
de Gilgamesh, du Petit Théâtre
de Sherbrooke. Comme l'a expliqué
hier l'auteur Michel Garneau,
qui se charge de la narration,
cette légende sumérienne
serait la "plus vieille
histoire du monde". Mais
c'est à des marionnettes du
Saguenay et à la compagnie Les
amis de chiffons qu'on confie le
soin d'ouvrir la saison, avec la
présentation d'Une histoire
dont le héros est un chameau et
le sujet est la vie, de
Jean-Rock Gaudreault.
On a également
eu la bonne idée d'inviter le
Théâtre du Clou à présenter
deux spectacles pour ados. En
plus des Zurbains, qui font
mouche chaque année, on reçoit
Assoiffés, un thriller concocté
par Wajdi Mouawad et Benoît
Vermeulen et mettant en scène
deux cadavres, une fille muette
et un garçon incapable de s'arrêter
de parler. Enfin, de la France,
on reçoit Ils se marièrent et
eurent beaucoup d'enfants,
spectacle sur l'amour décrit
par le Figaro Scope comme «ludique,
coquin, riche comme la vie.»
Seule création en provenance de
Québec, Si tu veux être mon
amie, des Nuages en Pantalon,
s'inspire de la correspondance réelle
qu'ont échangée Galit Fink et
Mervet Akram, une jeune Israélienne
et une jeune Palestinienne,
durant la première intifada.
Finalement, du côté des
clowns, le Théâtre de
l'Aubergine se ramène en février
avec une macédoine de ses
meilleurs numéros. Et le moins
qu'on puisse dire, c'est que les
pitreries du clown Débarbouillette
(Josette Déchène), durant la
conférence de presse, ont donné
le goût de se farcir la totale.
Afin
de célébrer les 30 ans du Théâtre
des
Confettis, le diffuseur pour
enfants
Les
Gros Becs présente à nouveau
l'irrésistible
pièce Amour, délices et ogre
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