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FLASH >> LA GUERRE DU LIBAN DE 2006 A ÉTÉ UN
"RATAGE", SELON UN RAPPORT ISRAÉLIEN -
Lundi 18 février 2008
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Rapport
annuel de Human Rights
Watch - Les États-Unis
et l'Europe tolèrent
des simulacres de démocratie
Un
jour de Saint-Valentin
historique au
Liban
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Le
chef
militaire du
Hezbollah
Imad
Moghnieh et
le Premier
ministre
Rafic
Hariri, tous
deux
assassinés
à trois ans
d'intervalle,
ont été au
centre des
deux grandes
manifestations
qui se sont
déroulées
dans la
banlieue sud
et au
centre-ville
de Beyrouth
le jeudi 14
février
2008
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Les
Libanais vivent une nouvelle année
de sursis en cet hiver 2008,
avec une actualité très
mouvementée qui a atteint son
paroxysme le jour de
la Saint-Valentin
, le jeudi 14 février, décrété
jour férié par les autorités.
Au cours de cette journée mémorable,
des centaines de milliers de
Libanais sont descendus dans la
rue : d’une part pour
commémorer l’assassinat, il y
a trois ans, du Premier ministre
Rafic Hariri, et dénoncer
l’ingérence de
la Syrie
en réclamant, au nom de la
majorité, l’élection immédiate
du général Michel Sleimane au
poste de président de la République,
vacant depuis trois mois ;
d’autre part pour participer
aux funérailles du chef
militaire du Hezbollah, Imad
Moghniyé, assassiné mardi soir
dans des circonstances mystérieuses
alors qu’il se trouvait à
Damas, et lancer en retour des
menaces à Israël et aux
Etats-Unis, rendus responsables
de l’état de pourrissement sécuritaire
actuel au Liban. Ces
manifestations se sont déroulées
sous un temps maussade et
particulièrement pluvieux,
accompagné de tremblements de
terre trois jours auparavant et
le lendemain, atteignant le
niveau 5 à l’échelle de
Richter et ayant pour épicentre
la région de Srifa, à
15 km
à l’est de Tyr.
Il est clair
que ces événements
interviennent dans le cadre
d’un nouveau lâchage du
Liban, décidé en automne 2004
en pleine guerre contre
l’Irak, avec la rupture du
pacte entre les Etats-Unis et la
Syrie,
qui avait imposé les accords de
Taëf et la paix syro-américaine
en octobre 1990. Les
tentatives de déstabilisation
du Liban, sur fond
d’implantation palestinienne,
se poursuivent ainsi à un
rythme soutenu, avec l'attentat
contre Marwan Hamadé, qui a
miraculeusement échappé à la
mort en octobre 2004,
l’assassinat de Rafic Hariri
en février 2005 qui a été
suivi de plusieurs autres, la désastreuse
guerre israélienne de l’été
2006 contre le Liban orchestrée
par la communauté
internationale, jusqu’aux
derniers attentats qui ont coûté
la vie au général François
El-Hajj le 12 décembre 2007 à
Baabda et à l’officier Wissam
Eid le 25 janvier 2008 à
Hazmiyeh, et pour terminer la
journée noire du dimanche 27
janvier au cours de laquelle
sept personnes ont péri dans le
secteur de Chiyah lors
d'accrochages avec l'armée
libanaise. Le
Liban a ainsi effectué un saut
de 20 ans en arrière, avec des
dizaines de milliers de Libanais
fuyant le pays dans un état
d’incertitude et de lassitude,
dont un grand nombre de jeunes
s’établissant principalement
dans les pays du Golfe, comme
les Emirats arabes unis, Qatar,
l’Arabie Saoudite ou le Koweit,
en plein essor économique et
culturel grâce à leurs
ressources pétrolières.
D’autres préfèrent résister
sur place, et essayent tant bien
que mal de vivre dans un pays au
climat et à la nature
magnifiques, qui a donné le
plus d’hommes célèbres à
l’humanité depuis
l’Antiquité, comme Mochos de
Sidon, Thalès, Pythagore et
Euclide de Tyr, ou Philon de
Byblos, et qui est ainsi, avec
ses 10.452 km2, le plus grand
pays au monde.
La guerre du Liban de
2006 a été un «ratage»,
selon un rapport israélien
paru dans Libération le
30 janvier 2008
La commission d'enquête
de l'Etat hébreu estime que
la guerre du Liban de 2006 a
été un «ratage» et
n'épargne ni les politiques
ni les militaires. Olmert se
refuse, lui, à quitter le
pouvoir. Comme prévu,
c’est une gifle pour les
dirigeants israéliens. Le
rapport de la commission
d’enquête gouvernementale
israélienne rendu public
mercredi considère que la
guerre du Liban en 2006 a
été «un grand et
grave ratage».«Nous
avons relevé des
manquements graves au plus
haut niveau de l’échelon
politique et militaire»,
affirme le rapport présenté
par le juge à la retraite,
Eliahou Winograd, qui a présidé
la commission d’enquête.
Celle-ci estime que l’opération
terrestre lancée aux
derniers jours de la guerre
contre le Hezbollah chiite
libanais (12 juillet-14 août
2006) n’a «pas
atteint ses objectifs».
Cette offensive a coûté la
vie à 33 soldats israéliens,
60 heures avant l’entrée
en vigueur de la trêve le
14 août.
«Responsabilités
personnelles»
«L’entrée en
guerre sans une stratégie
de sortie était une grave défaillance»,
selon le rapport qui insiste
sur la gestion «déficiente»
de l’échelon politique et
militaire. «La
commission a évité de
faire assumer des
responsabilités
personnelles mais cela ne
signifie pas qu’il n’en
existe pas», souligne
la commission dans son
rapport. Une petite phrase
qu’appréciera sans doute
le Premier ministre israélien
Ehud Olmert dont la
responsabilité dans les ratés
de la guerre du Liban avait
déjà été mise en avant
dans un rapport intérimaire
de la commission publié en
2007. Ces derniers jours
cependant, il n’a cessé
d’afficher sa détermination
de rester aux commandes,
ayant tiré, selon lui, les
leçons des ratés de la
guerre.
Pression de
l'opinion
«L’armée a échoué
dans sa conduite de la
guerre et n’a pas fourni
à l’échelon politique un
résultat susceptible d’être
exploité au niveau
politique», estime la
commission en précisant que
l’armée n’a pas réussi
à réduire les tirs de
roquettes tirées par le
Hezbollah contre le nord
d’Israël. Toutefois, la
commission relève également
des succès militaires et
des manifestations d’héroïsme
et de courage des soldats
sur le terrain, en
particulier de l’armée de
l’air. La commission
Winograd avait été mise
sur pied sous la pression de
l’opinion par le
gouvernement. Les critiques
après la guerre avaient
porté sur l’impréparation
de l'armée. Celle-ci
n’est pas parvenue à
briser l’appareil
militaire du Hezbollah ni à
obtenir la libération des
deux soldats capturés par
le mouvement chiite, un rapt
qui avait déclenché le
conflit. Le conflit, côté
libanais, a fait plus de
1.200 tués, civils pour la
plupart, et 160 tués, côté
israélien, en majorité des
militaires.
Rapport
annuel de Human Rights Watch -
Les États-Unis et l'Europe
tolèrent des simulacres de démocratie
paru
dans le Devoir le 1er février
2008
Les États-Unis
et l'Europe tolèrent que «des
autocrates se posent en démocrates»
dans des pays comme le
Pakistan, le Nigeria ou la
Russie, où les droits de la
personne sont violés, dénonce
l'organisation de défense des
droits de l'homme Human Rights
Watch dans son rapport annuel.
«De nos jours, il est très
facile pour les autocrates de
n'en faire qu'à leur tête en
montant un simulacre de démocratie»,
souligne Kenneth Roth,
directeur de cette
organisation basée aux États-Unis,
dans ce rapport publié hier.
Selon M. Roth, «Washington et
les gouvernements européens
acceptent toujours les élections
les plus douteuses lorsque le
gagnant est un allié stratégique
ou commercial». D'autre part,
les États-Unis et l'Europe
ont plus de mal à exiger le
respect des droits de la
personne dans le monde parce
qu'ils les violent eux-mêmes
dans leur lutte contre le
terrorisme, et les
gouvernements autocratiques en
profitent, affirme
l'organisation.
Le rapport signale les abus
des États-Unis dans la «guerre
contre le terrorisme» avec
275 détenus non inculpés à
Guantánamo, le recours à des
prisons clandestines à l'extérieur
du territoire américain et la
justification de la torture
par le gouvernement. Au
Pakistan, dénonce HRW, le président
Pervez Moucharraf, allié
stratégique de Washington, a
modifié le jeu électoral en
récrivant la Constitution et
en détruisant le système
judiciaire indépendant. Et si
les États-Unis ont haussé le
ton devant l'explosion de
violence politique au Kenya,
ils avaient accepté l'an
dernier les résultats des élections
au Nigeria, pays riche en pétrole,
en dépit d'accusations crédibles
de fraudes. En Russie, à
mesure qu'approche l'élection
présidentielle de mars
prochain, le régime de
Vladimir Poutine «réprime la
société civile et la liberté
de réunion» et continue de
violer les droits de la
personne en Tchétchénie,
dans le Caucase.
Le rapport critique en outre
le blocus d'Israël contre les
Palestiniens de Gaza, un «châtiment
collectif» qui viole le droit
international. En Chine, les
Jeux olympiques qui se
tiennent cette année «constituent
une chance historique pour le
gouvernement chinois de
montrer qu'il peut faire des
droits de la personne une réalité
pour 1,4 milliard de citoyens»,
souligne Kenneth Roth. En
Birmanie, le rapport dénonce
le recours à la violence de
la part de la junte militaire
pour réprimer les
manifestations de moines
bouddhistes et de militants
pour la démocratie ainsi que
la détention arbitraire de
centaines de personnes. HRW
signale des «élections
manipulées» à différents
degrés au Tchad, en Jordanie,
au Kazakhstan, en Ouzbékistan,
en Azerbaïdjan, à Bahreïn,
en Malaisie, en Thaïlande, au
Zimbabwe, en Biélorussie, à
Cuba, en Égypte, en Iran, en
Israël, en Libye, au Turkménistan,
en Ouganda, au Cambodge, en
RDC, en Éthiopie, au Liban,
en Russie, en Tunisie, en
Chine et au Pakistan.
Portrait
- Le mystère de l’un des
hommes les plus recherchés
du monde
Héros
pour les uns, terroriste
pour les autres, Imad
Moghniyé, une figure
controversée...
par SCARLETT HADDAD, publié
dans l'Orient-le Jour le 14
février 2008
Lorsqu’il
y a quelques mois, des piliers
de l’alliance du 14 Mars ont
commencé à critiquer
violemment le secrétaire général
du Hezbollah, Hassan Nasrallah,
un proche du parti s’était
exclamé : « Ils ne veulent
pas de Nasrallah, ils préfèrent
peut-être Imad Moghniyé ? »
Il s’agissait bien sûr
d’une boutade car le secrétaire
général du Hezbollah doit
forcément être un dignitaire
religieux portant le turban
noir du sayyed, mais elle en
dit long sur la réputation de
l’homme qui a été assassiné
mardi soir à Damas par
l’explosion de sa voiture piégée.
Terroriste pour les uns, héros
pour les autres, Imad Moghniyé
fait pratiquement figure de légende
auprès des militants du
Hezbollah. Très peu d’entre
eux l’ont rencontré tant
l’homme vit dans la
clandestinité depuis de
longues années, mais tous
l’admirent, voire le vénèrent,
et souhaitent suivre son
exemple. Souvent comparé à
Carlos, lui aussi terroriste
pour les uns et héros pour
les autres, Imad Moghniyé
n’a jamais été connu pour
ses frasques ou ses excès, évoluant
toujours dans la même sphère
consacrée à la lutte contre
Israël et ses alliés.
Né au village de Tayr Debba
en 1958, Imad Moghniyé est
issu d’une famille de
notables qui compte dans ses
rangs des dignitaires
religieux chiites, comme
Mohammad Jawad Moghniyé, célèbre
pour ses écrits sur
l’islam. Mais, dans une
sorte de rébellion, le jeune
Imad Moghniyé est d’abord
attiré par les groupes de
gauche, voire d’extrême
gauche. Il commence ainsi par
adhérer à un groupe situé
à mi-chemin entre les révolutionnaires
socialistes et les maoïstes,
soutenu comme tous les
groupuscules du genre à l’époque
par le Fateh d’Abou Ammar.
Militant et baroudeur, le
jeune homme intègre
rapidement le service de sécurité
unifié du Fateh dirigé par
Abou Ayad. Entre 1975 et 1978,
il était en poste à Chiyah
et c’est là qu’il
rencontre ceux qui deviendront
pendant quelques années ses
compagnons de route,
Abdel-Hadi Hamadé et Ali Dib
(ce dernier a d’ailleurs été
assassiné par un hélicoptère
israélien en 1999 au
Liban-Sud, alors qu’il se
faisait appeler Khodr Salamé
et qu’il était devenu un
cadre important du Hezbollah).
Tous les trois formaient le
noyau de ce qu’on appelait
alors le clan chiite du Fateh
établi dans la banlieue sud
de Beyrouth.
La révolution islamique
d’Iran, un déclic
C’est d’ailleurs dans
cette même banlieue sud que
le chemin de Moghniyé croise
celui de sayyed Mohammad
Hussein Fadlallah qui prêchait
dans la mosquée de Bir
el-Abed. Le jeune combattant découvre
ainsi que l’islam défend
aussi les droits des opprimés
et il se rapproche de plus en
plus de la religion musulmane.
En 1978, la victoire de la révolution
islamique en Iran constitue
pour lui une sorte de déclic.
Il bascule alors dans le clan
des religieux. Entre-temps,
pendant ses années au Fateh,
il avait rencontré un certain
Rafic Dust venu aider
l’organisation palestinienne
à entraîner les jeunes
combattants. Rafic Dust
deviendra plus tard le chef
des gardiens de la révolution
iraniens et à travers lui,
Imad Moghniyé nouera des
liens très étroits avec les
responsables iraniens. En
1982, lorsque l’armée israélienne
envahit le Liban, il a déjà
choisi sa voie : il sera
l’un des premiers Libanais
à entrer en résistance
contre les Israéliens avec
l’aide des Iraniens. Le
Hezbollah n’existait pas
encore ; c’est pourquoi on a
tendance à le considérer
comme l’un de ses
fondateurs.
Depuis lors, son nom a commencé
à apparaître dans plusieurs
actions spectaculaires. Cela
commence avec l’attentat
contre le QG israélien à Tyr
en 1982, qui avait fait 75
morts parmi les soldats israéliens.
Ce fut ensuite l’explosion
du QG des marines et
l’attentat contre le Drakkar
en 1983 ; les Américains et
les Français sont convaincus
qu’il en est le cerveau.
D’ailleurs, ils ne cesseront
de réclamer son arrestation
aux autorités libanaises. Un
peu plus tard, son nom est mêlé
à l’enlèvement d’otages
occidentaux au Liban et même
aux négociations visant à
leur relaxation. Selon
certaines informations, il
aurait même été arrêté à
l’aéroport d’Orly au
cours d’une de ses missions
secrètes pour négocier la
libération des otages
occidentaux et c’est
l’intervention d’Abou Ayad
auprès des autorités françaises
qui aurait permis sa libération.
D’ailleurs, dans des témoignages
à l’AFP, certains anciens
otages français au Liban ont
affirmé qu’il venait les
visiter dans leurs cellules et
bien qu’ils avaient les yeux
bandés, ils auraient reconnu
sa voix entre mille.
En 1985, le nom de Imad
Moghniyé apparaît dans
l’enlèvement de l’avion
de la compagnie américaine
TWA. Avec Hassan Ezzeddine et
Ali Atoué, Imad Moghniyé
formait le commando en charge
de l’opération. L’avion
qui devait effectuer la
liaison Athènes-Rome avait été
contraint à atterrir à
Beyrouth... Après cette opération,
Ezzeddine et Atoué avaient
choisi la discrétion et
personne n’aurait plus parlé
d’eux si les Américains
n’avaient ressorti leurs
noms les classant parmi les 22
terroristes les plus recherchés
du monde dans une liste publiée
en 2001. Par contre, Imad
Moghniyé avait poursuivi sa
carrière dans la résistance,
multipliant les allers-retours
Beyrouth-Téhéran.
Un militant à la retraite
ou le chef militaire du
Hezbollah ?
Recherché par les services
secrets de plus de 40 États,
son nom avait été cité dans
les attentats visant des Israéliens
en Argentine et au Kenya, en
1994. Mais aucune preuve de
son implication n’avait été
fournie. L’homme était
pourtant considéré comme
l’un des « cerveaux » du
Hezbollah. Il vivait dans la
clandestinité la plus totale
et changeait souvent
d’apparence pour rester méconnaissable.
Nul ne savait où il se
trouvait, ni quelles étaient
ses fonctions réelles. Mais
Israël et les États-Unis
n’ont jamais cessé de réclamer
son arrestation. En 1995, une
voiture a explosé dans la
banlieue sud de Beyrouth
devant la boulangerie de Fouad
Moghniyé, le frère de Imad,
qui est mort dans
l’attentat. Selon les
informations du Hezbollah,
c’est Imad qui était visé
et il a fallu attendre
quelques mois pour que les
autorités libanaises arrêtent
Ahmad Hallak, qui a fait des
aveux complets avant d’être
jugé et condamné à mort.
Se déplaçant dans le plus
grand secret entre Beyrouth,
Damas et Téhéran, Moghniyé
n’a cessé de cultiver le
mystère, devenant ainsi, pour
les militants du Hezbollah, un
symbole de la lutte et pour
certaines parties occidentales
une grande figure du
terrorisme. Pour la petite
histoire, le célèbre auteur
de romans d’espionnage Gérard
de Villiers l’a placé au cœur
de l’intrigue dans deux de
ses ouvrages. C’est dire
combien Moghniyé était au cœur
du monde des renseignements.
Alors que, depuis 1995,
beaucoup d’experts
estimaient qu’il était à
la retraite, d’autres au
contraire le considéraient
comme le chef militaire du
Hezbollah, l’un des cerveaux
des dernières opérations
d’enlèvements de soldats
israéliens en 2000 et en
2006, et même l’un des
principaux stratèges de la
guerre de juillet 2006. Mort
dans l’explosion de sa
voiture à Damas mardi soir,
Imad Moghniyé emportera ses
secrets avec lui. Mais
aujourd’hui pour les
militants du Hezbollah, il ne
restera de lui que l’image
d’un héros, qui a vécu et
qui est tombé en martyr pour
la même cause.
Autopsie
d'un crime
par NAGIB AOUN, publié
dans l'Orient-le Jour le 11
février 2008
L’autruche
elle-même se moquerait de
nous : on s’étripe sur des
chiffres, on se crêpe les
cheveux à défaut du chignon,
on s’insulte pour des
vétilles… et la machine
infernale continue son œuvre
macabre, broie ce qui reste de
décence, de simple bon sens.
Pauvre Amr Moussa empêtré
dans des comptes, des calculs
de boutiquier, entraîné dans
le vacarme assourdissant
d’analyses bêtes et
méchantes brandies comme
autant d’arguments
convaincants. Un bêtisier
devenu sport national qui lui
fait prendre ses jambes à son
cou à chacune de ses
missions. Pauvre diplomatie française
confrontée à des réalités
locales qui feraient perdre
raison à Descartes, piégée
par un double langage qui a
propulsé le Quai d’Orsay
sur une voie rapide et
l’Élysée sur un chemin de
traverse. Dans les deux cas,
un même résultat : des
balbutiements, des reculades
et des mea-culpa camouflés.
L’autruche elle-même se
moquerait de nous, mais
également l’ordonnateur de
nos malheurs, le cerveau
malade qui planifie, ourdit,
exécute assassinats et
attentats terroristes, les
sous-traitants de la
conspiration du silence, une
omerta qu’on veut nous
imposer à coups de voitures
piégées, de balles
mortelles. Et pourtant les
choses sont claires comme
l’eau de roche, une eau qui
nous vient directement du
Barada et dans laquelle se
sont noyées jusqu’à
présent toutes les missions
de bonne ou de mauvaise
volonté. Qu’on ne s’y
trompe pas, qu’on ne s’y
méprenne surtout pas : au
Liban, l’arbre cache
toujours la forêt et les dits
ne sont que la face trompeuse
d’une vérité bien tapie
dans les non-dits. Querelles
ubuesques, ridicules, sur le
partage du gâteau, sur la
répartition des quotes-parts
: tiers de blocage, tiers de
garantie, 10-10-10, 13-10-7,
11-10-9. Kouchner y a perdu
son latin et Moussa son arabe.
Une perte de temps et de
crédibilité alors que le jeu
infernal se livre ailleurs.
Chronologie des étapes du
crime : implosion du
gouvernement, séquestration
du centre-ville, verrouillage
du Parlement, kidnapping de la
présidence et, en finale, la
méprisable guéguerre lancée
contre Bkerké, le piège
flagrant tendu à l’armée,
le tout accompagné de
messages explosifs,
meurtriers, sanguinolents.
Questions à une livre : à
qui profite le crime ? Qui a
intérêt à voir le vide
institutionnel s’installer,
se perpétuer au Liban, à
prouver à la communauté
internationale que sans lui,
sans sa bienveillante
assistance, c’est le chaos
garanti ? Qui a intérêt à
diluer dans l’oubli le crime
originel, celui du 14 février
2005 ? Qui a une peur bleue
d’un tribunal international
qui maintiendra, de longs mois
durant, des années durant,
une épée de Damoclès
au-dessus de sa tête ? Qui se
livre à des marchandages de
vendeur de tapis, un bazar à
ciel fermé où le Liban ne
sert plus que de monnaie
d’échange, un
donnant-donnant que ne
renierait pas le plus futé
des mafiosi ? Qui jouit de la
complicité, de la protection
de « l’ennemi historique »
qu’il voue tous les jours
aux gémonies, mais qu’il se
dépêche de tranquilliser,
les mêmes jours, par des
messages envoyés en sous-main
?
Suivez mon regard : il n’est
pas besoin de jumelles pour
identifier, pour débusquer
l’imposteur. Sa meilleure
arme, son argument massue :
l’épouvantail islamiste. «
Moi parti, moi disparu,
c’est la voie ouverte aux
intégristes, à une rupture
du statu quo sur le front avec
Israël. » Et ça marche…
et le bâton cède la place à
la carotte, à la diplomatie
du sourire mielleux et des
bonnes manières. Souriez
Gibbs : entre-temps, à Gaza,
le Hamas dame le pion à
l’Autorité palestinienne et
le Hezbollah, au Liban,
multiplie les pieds de nez à
l’adresse de l’État,
promet à ses partisans de
nouvelles « victoires divines
». La Syrie, elle, applaudit
à tout rompre… Israël
aussi, deux larrons en foire
dansant en chœur sur les
débris d’un projet national
avorté, sur les décombres
d’un pays ravagé par des
guerres successives. Pauvres démocraties
occidentales dénudées, sans
moyens face au cynisme de
régimes pourris passés
maîtres dans l’art du
chantage, dans la pratique de
la manipulation.
Infortunée Organisation des
Nations unies qui voit ses
résolutions régulièrement
bafouées, ses appels à la
raison méprisés par les
mêmes régimes voyous.
Mais rassurons-nous : qu’il
s’agisse de la Ligue arabe,
de l’ONU ou de l’Union
européenne, de Moubarak, des
deux Abdallah, de Bush,
Sarkozy et tutti quanti, tous
ont promis de ne jamais nous
lâcher, tous ont promis de ne
jamais nous abandonner à
notre sort. Cela dure depuis
1975 : il est des amours qui
restent irrémédiablement
stériles.
Moratoire
sur les BASM
par JEAN-BAPTISTE RICHARDIER,
directeur de Handicap
international, publié dans
Libération le 30 janvier
2008
Handicap international
salue votre détermination,
monsieur le ministre (tribune
de Bernard Kouchner, Libération,
22 janvier, lire
ci-dessous), à ce que la
France renonce aux bombes à
sous-munitions (BASM), qui sèment
la terreur parmi les
populations civiles, du Laos
au Liban, en passant par
l’Afghanistan et l’Irak. Nos
pas se sont souvent croisés
auprès des populations frappées
par la «double peine» :
lorsque des paysans doivent
reconstruire leur vie dévastée,
sous la menace de milliers de
sous-munitions non explosées.
Votre engagement humanitaire
ne laisse aucun doute sur
votre révulsion à ce que
notre pays puisse revendiquer
comme légitime le recours à
une arme indiscriminée par
nature, dont l’utilisation
constitue un recul du droit
international humanitaire.
Notre seule divergence
porte sur la route à suivre
pour défendre ce fragile
acquis de civilisation. Pour «stopper
les BASM», il est temps
que la diplomatie française
choisisse lequel des deux
processus soutenir, dès lors
que le premier affaiblit le
second : soit la convention de
1980 sur certaines armes
classiques (CCW) qui n’a
abouti jusqu’ici qu’à
l’accord vague de «négocier
une proposition visant à
traiter d’urgence la
question de l’impact
humanitaire […] assurant un
équilibre entre les considérations
d’ordres militaires et
humanitaires…». Nulle référence
à interdiction ou délai de
mise en œuvre. Lorsque l’on
sait que la CCW doit
fonctionner au consensus -
certains Etats parties
refusant d’aborder les conséquences
des BASM depuis 1974 -, on est
en droit de questionner la crédibilité
de cet objectif ; soit le
processus d’Oslo, voulu par
toutes les sociétés civiles,
qui a réuni en moins d’un
an 138 pays, engagés à
signer un traité
d’interdiction des BASM fin
2008, sur le modèle du traité
interdisant les mines
antipersonnel. La position de
la France sur les BASM est
incomprise car elle n’est
pas lisible : son soutien résolu
à la CCW est perçu comme
ambiguë au moment où ses
propositions dans le processus
d’Oslo affaiblissent
l’ambition «humanitaire»
du futur traité.
Pour que notre pays ne
s’installe pas «à la traîne»
des Etats engagés dans ce
processus que vous qualifiez
d’audacieux et
indispensable, Handicap
international adressera une
lettre ouverte au président
de la République, chef des
armées, lui demandant
d’instaurer un moratoire immédiat
sur les BASM, et invitant les
parlementaires à interpeller
le gouvernement sur le choix
entre une négociation
classique sans vraie
perspective, et l’espoir
d’un progrès pour
l’humanité, porté par un
processus irréversible. Nous
savons pouvoir compter alors
sur votre appui et votre détermination.
Stop aux bombes à
sous-munitions
par BERNARD KOUCHNER, ministre
des Affaires étrangères et
européennes,
publié
dans Libération le 22 janvier
2008
L’année 2008
marquera-t-elle la fin
du scandale des victimes
civiles de bombes à
sous-munitions ? Il est
permis de l’espérer.
La guerre du Liban nous
a cruellement rappelé
les ravages que peuvent
causer les bombes à
sous-munitions, qui
dispersent au hasard des
dizaines, voire des
centaines, de grenades
sur le sol.
Lorsqu’elles
n’explosent pas au
moment de l’impact, il
arrive qu’elles
restent des mois, voire
des années, avant de
tuer aveuglément.
Aujourd’hui, l’ONU
en dénombre un million
disséminées dans le
monde, en particulier en
Afghanistan, en Irak, au
Liban et au Kosovo. Sans
oublier l’Asie du
Sud-Est.
D’après Handicap
international, elles
feraient 98 % de victimes
civiles. Conçues pour le
champ de bataille, elles
frappent donc aussi ceux
qui n’y participent pas.
Ce paradoxe meurtrier
n’est plus acceptable.
Les organisations non
gouvernementales ont à
raison mobilisé les
consciences. Il revient
aujourd’hui aux Etats de
prendre, ensemble, leurs
responsabilités et de
s’engager à leur tour
sur un nouveau droit,
ambitieux et efficace. La
France, qui n’en a pas
utilisé depuis 1991
et n’en exporte pas, y
est prête.
Ce travail passe par
deux voies parallèles et
complémentaires. La première
est la «conférence des
Etats parties à la
convention de 1980 sur
certaines armes classiques»
: en novembre 2007,
celle-ci a adopté, grâce
aux efforts de l’Union
européenne et de la
France, un mandat de négociation
sur le sujet assorti
d’un calendrier dense et
précis d’ici à la fin 2008.
Cette négociation présente
l’avantage d’associer,
dans le cadre des Nations
unies, les Etats
producteurs ou
utilisateurs, dont les
Etats-Unis, la Russie, la
Chine, l’Inde, le Brésil
et Israël. La seconde est
le processus engagé à
Oslo en février 2007,
auquel ces Etats ne
participent pas parce
qu’il est plus
audacieux. A Oslo, la
quarantaine de pays les
plus mobilisés - dont la
France - a pris
l’engagement de
conclure, d’ici à la
fin 2008, un «instrument
juridiquement contraignant
sur l’interdiction de
l’emploi, de la
production, du stockage et
du transfert des armes à
sous-munitions qui entraînent
des dommages inacceptables
pour les populations
civiles».
Cet instrument
indispensable, je souhaite
qu’il contienne des
dispositions ambitieuses
sur l’assistance aux
victimes et sur la dépollution,
dans les conditions prévues
aujourd’hui pour les
mines antipersonnel et les
restes explosifs de
guerre. Le texte négocié
dans le cadre du processus
d’Oslo devra également
associer le plus grand
nombre d’Etats,
notamment parmi les Etats
possesseurs, et se
focaliser sur les armes
dangereuses pour les
populations civiles de
manière à les interdire
sans délai. Autre enjeu :
la définition des armes
concernées.
La déclaration
d’Oslo propose
l’interdiction des armes
à sous-munitions dont les
conséquences sont «inacceptables
pour les populations
civiles». Y aurait-il
des conséquences
acceptables ? Je ne le
crois pas. C’est donc
bien la question de la définition
comme de la diversité des
armes en termes de précision
et de fiabilité qui est
au cœur de la négociation
qui s’engage. Celle-ci
sera difficile et
complexe. Elle demandera
patience et détermination.
Et conscience humanitaire.
Aux prochaines réunions
du processus d’Oslo, dès
février prochain à
Wellington, ainsi que dans
le cadre de la convention
sur certaines armes
classiques à Genève, la
France y contribuera
activement avec ses
partenaires, pour que
cesse enfin, avant la fin 2008,
cette double peine aveugle
et cruelle infligée aux
populations déjà
meurtries par la guerre.
Le
concours de nouvelles de
la FFM Marseille
Comme
à l’accoutumée,
le Forum femmes Méditerranée
de Marseille
organise le concours
de nouvelles de
cette année sur le
thème « Escales ».
Ce concours
s’adresse aux
femmes des pays du
pourtour méditerranéen
n’ayant jamais
publié. Une
exception sera faite
pour les personnes
éditées à compte
d’auteur. Les
textes doivent être
en adéquation avec
le thème et
comporter un titre.
Un seul texte sera
accepté par auteur.
La langue sera
choisie par
l’auteur. Les
textes devront être
envoyés en quatre
exemplaires numérotés
de 10 pages maximum
(entre 12.500 et 20.000
signes). Il est
souhaitable
d’envoyer les
textes par mail en
numérotant les
pages. Ce qui
faciliterait le
travail.
Les nouvelles
devront arriver au
forum avant le 31
mai 2008 à
l’adresse suivante
:
Forum femmes Méditerranée
74, rue Longue des
Capucins
13 001 Marseille.
Tél. : 0033 4
919114 89.
E-mail : ffm13@wanadoo.fr
Site Internet : www.femmes-med.org
Les lauréates qui
recevront le prix
d’excellence
seront invitées à
Marseille. Toutes
les nouvelles primées
seront publiées
dans un recueil.
Inauguration
du sommet régional des médias
et de la publicité au Mzaar
2000
MENA
Crystal Awards, « un événement
à l’image du Liban »
par MAHMOUD HARB, publié
dans l'Orient-le Jour le 13
février 2008
Plusieurs
dizaines de représentants
d’agences
publicitaires, de
leurs entreprises
clientes, de
compagnies de
production et de médias
se sont retrouvés
hier au Mzaar 2000,
à Faraya, pour la
troisième édition
de MENA Crystal
Awards, organisée
en partenariat avec
le festival de Méribel.
Événement
publicitaire de
l’année, le forum
se déroule sur 3
jours et comportera
des chantiers de réflexion,
des tables rondes et
des conférences au
cours desquels
interviendront des
professionnels de
l’industrie de la
pub. Des spots
publicitaires triés
sur le volet seront
projetés et des
prix récompenseront
des entreprises créatives
dans dix domaines de
la publicité :
l’audiovisuel, les
stands ou « outdoor
», les magazines,
les radios, l’intégration,
la publicité sur
Internet, les
services de
marketing, les médias
et la communication
d’entreprise.
Lors d’un entretien avec
L’Orient-Le Jour, le
directeur du festival de Méribel
et du MENA Crystal Awards (MCA),
Christian Cappe, a expliqué
que « ce n’est par hasard
que le Liban a été sélectionné
pour accueillir un forum
publicitaire à vocation régionale
». « En premier,
Faraya-Mzaar est l’une des
plus importantes stations de
ski du Proche-Orient. Nous
avons décidé d’y organiser
le MCA, pour créer un lien
solide avec le festival de Méribel
qui se tient également dans
une station hivernale »,
a-t-il souligné à cet égard.
De plus, pour le directeur du
forum, « le Liban, pays de
contradictions et de diversités
et donc de richesses, est une
source de créativité dans la
région ». « Nous y
retrouvons une culture
incomparable de l’esthétique,
de la création, de la beauté
et de l’élégance. Le Liban
possède un capital humain
exceptionnel. Notre forum est
un événement à l’image du
pays », a-t-il lancé.
Quant aux risques qu’ont
pris les parties
organisatrices en mettant en
place un pareil événement
dans un contexte politique et
sécuritaire pour le moins
tendu, le directeur du
festival a rappelé que la précédente
édition s’était tenue
quelques jours après les
incidents de l’Université
arabe en janvier 2007. « La
sphère politique est une
chose, la publicité en est
une autre. D’ailleurs, le 14
février, c’est la fête de
l’amour. C’est une
occasion pour célébrer à la
fois la créativité et la réconciliation.
Nos accréditations pour l’édition
présente ont crû de 50 % en
comparaison avec l’année
dernière », a-t-il
poursuivi. Quant aux objectifs
du forum, Christian Cappe
indique qu’il s’agit
d’un lieu de rencontre, où
les acteurs du marché
publicitaire se retrouvent, «
renforcent leurs relations
mutuelles et lancent un
brainstorming collectif ».
En effet, le MCA comporte
notamment une série de conférences
organisées sous le titre de
« Crystal-Lab ». Il s’agit
d’un laboratoire de
discussions consacrées à
l’étude des perspectives du
secteur et à la présentation
des dernières innovations
dans le domaine. Des sujets
comme « la mesure de
l’audience et le
positionnement des chaînes télévisées
arabes », « les perspectives
de la numérisation, de la
communication et de la
publicité dans le monde
musulman », «
l’utilisation du support média
» ou « la construction de
l’image de marque » y
seront, entre autres, abordés.
Par ailleurs, selon Christian
Cappe, le festival vise également
à « récompenser la créativité
par des prix, et donc à
valoriser une marque par
rapport à une autre, pour
encourager la production de
valeur ajoutée, et donc la
croissance ». L’un des événements
marquants du forum est la
projection de 8 courts métrages
à vocation non publicitaire,
réalisés par dix jeunes débutants
qui voudraient se lancer dans
la pub, le but étant, selon
le directeur du forum, de les
présenter aux producteurs,
notamment le « numéro 2 »
mondial, la société
Partisan, qui participe au
festival. La présente édition
n’accueillera aucun jeune réalisateur
libanais ou arabe, mais la sélection
sera étendue au Proche-Orient
dès l’année prochaine. Le
MENA Crystal Awards
accueillera par conséquent la
réalisatrice Nadine Labaki
qui parrainera le lancement de
cet événement.
Aventure
- Le conquérant du pôle Sud
de retour au bercail
Maxime
Chaaya : « Tout est
possible à force de persévérance »
par NADIM MAKHOUL, publié
dans l'Orient-le Jour le 3
janvier 2008
Après
avoir escaladé les
sept sommets du
monde lors des deux
dernières années,
le héros libanais
Maxime Chaaya s’était
fixé un nouvel
objectif pour la fin
de l’année 2007 :
traverser
l’Antarctique et
planter le drapeau
libanais au pôle
Sud, le tout sans
assistance. Après
une extraordinaire
aventure de 47 jours
et 1.130 kilomètres
traversés dans la
neige, le froid et
la glace, Maxime
Chaaya a tenu son
pari, devenant ainsi
le premier Libanais
à avoir accompli
pareille expédition.
Dans son objectif de
conquérir les «
trois pôles », à
savoir le mont
Everest, le pôle
Sud et le pôle
Nord, Maxime Chaaya
n’est plus qu’à
une encablure pour
devenir le huitième
homme sur terre à
accomplir une telle
mission, la traversée
du Canada jusqu’au
pôle Nord étant la
seule à manquer à
son riche palmarès.
Le 27 décembre 2007
donc, à 23h30
heure de Beyrouth,
le drapeau libanais
flottait sur le sol
gelé du pôle Sud,
à une température
avoisinant les -30°
C.
Sur
le plateau polaire,
partie la plus
hostile du pôle
Sud, où la vie, même
à un niveau bactérien,
n’existe pas, le
paysage a été
embelli par la présence
du cèdre libanais,
ce bois qui, à
travers les temps, a
fait le tour du
monde pour décorer
les plus beaux sites
de la planète. Hier
soir, Maxime Chaaya
est rentré au
bercail, après plus
de 30 heures de vol.
« Je suis impatient
de retrouver ma
famille et de
savourer avec elle
ce moment intense,
a-t-il déclaré à
L’Orient-Le Jour
lors de son arrivée
à l’Aéroport
international Rafic
Hariri. Ce fut une
aventure esquintante
qui a demandé
beaucoup d’efforts
et je suis heureux
de l’avoir conclue
avec succès. » «
Je tiens à
remercier toutes les
personnes qui se
sont connectées sur
mon blog et qui
m’ont supporté
lors de mon
aventure. Leur
soutien m’était
indispensable, ça
m’a donné une
force supplémentaire
alors que j’en
avais le plus besoin
», a-t-il lancé
avec un sourire.
Une leçon de vie
En effet, plus de
720.000 entrées ont
été enregistrées
depuis le 1er
novembre sur le site
www.thethreepoles.com
, des personnes des
quatre coins de la
planète ayant tenu
à suivre
quotidiennement
l’aventure de
Maxime Chaaya. « Ça
m’a fait plaisir
de savoir à quel
point les Libanais
et les amis du Liban
sont assoiffés de
“success
stories”, alors
que notre pays passe
par une période
assez mouvementée
», a noté Chaaya.
Le champion libanais
a également tenu à
remercier la Banque
Audi, son sponsor,
« sans qui tout
cela serait resté
un simple projet ».
« Je voudrais enfin
montrer à tous les
Libanais que tout
est possible à
force de travail et
de persévérance.
Ne perdez jamais
l’espoir et tentez
toujours de réveiller
le héros qui dort
en vous », a-t-il
dit. Outre
l’exploit, Maxime
Chaaya nous a donné
une leçon de force,
de persévérance,
de foi, de volonté
et d’endurance,
malgré tous les
obstacles auxquels
il a dû faire face
lors de son périple.
Une vraie leçon de
vie pour la société
libanaise, qui
n’en finit plus de
se diviser, de s’éparpiller,
de se désintégrer...
Mille mabrouks pour
ce grand champion
qui ne cessera
jamais de nous
fasciner et de
porter haut, très
haut les couleurs du
Liban.

Maxime
Chaaya plantant le drapeau
du Liban au pôle Sud le
27 décembre 2007

Chutes
de neige à 700 m sur le site
romain de Beit-Méry dans la
montagne libanaise. Photo
réalisée le 31 janvier
2008. Naji Farah
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Copyright 2008 RJLiban
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