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Les
Américains conseillent
à leurs entreprises
d’investir au Liban
dans les secteurs des
technologies de
l'information et de la
communication, des
pharmaceutiques et des
assurances
Le
cri de Médée
par ANTOINE COURBAN
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De
Madrid à
Marjayoun,
pour Juan
Antonio et
Dunia :
Juan Antonio
Serrano Álvarez,
qui avait
terminé sa
mission dans
la FINUL
en février,
est revenu épouser
Dunia Atallah
le dimanche 22
juillet, la cérémonie
religieuse se
déroulant à
l’église
grecque-catholique
de Marjayoun.
L’heureux
couple partira
s’installer
en Espagne le
4 août
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L’image
de la réunion de La
Celle-Saint-Cloud, qui s'est
tenue en France du 14 au 16
juillet, était saisissante par
la richesse du non-dit qui fut
toutefois parfaitement montré
et magistralement mis en scène,
comme dans la tragédie grecque.
Si cette retraite
inter-libanaise a eu quelque résultat,
c’est celui de révéler une
foule de présuppositions dont
l’écho médiatique permet une
double lecture. On peut regarder
ces retrouvailles soit comme
moment tragique, soit comme
manifestation de ce paramètre
tellement tiers-mondiste qu’on
appelle « humanitaire ». Il
est légitime d’établir un
parallélisme entre l’impasse
actuelle, mais ô combien
douloureuse du Liban, et le
moment tragique dont les figures
héroïques meublent notre mémoire.
Gilgamesh, Œdipe, Phèdre,
Didon, Médée sont, comme le
Liban, des héros pathétiques
dans leur impuissance face à
l’implacable destin. Rien
n’illustre mieux l’impasse
suicidaire du Liban que la
Médée d’Euripide, six fois
meurtrière et deux fois
infanticide. Médée, qui mit à
mort ses propres enfants, est
sans doute la plus déplorable
mais la plus bouleversante des
héroïnes. Plus on approche de
sa monstruosité, plus cette
femme gagne en mystère, en
séduction et en humanité,
surtout quand elle s’écrie :
« Je comprends que je fais le
mal, mais mon humeur est plus
forte que ma volonté. » Le cri
de Médée est celui du Liban
où certaines de ses forces
politiques, aveugles et
suicidaires, sont convaincues
que l’humeur des entrailles
est supérieure à la volonté
de la raison.
Sur
place, la guerre annoncée pour
le mois de juillet n'a pas eu
lieu, les rumeurs cédant la
place à un regain de confiance
entraînant l'arrivée à
l'aéroport international de
Beyrouth de milliers de Libanais
résidant à l'étranger et de
vacanciers arabes fidèles au
Liban. Le festival de Byblos a débuté
le samedi 28 juillet avec faste
dans la cité phénicienne huit
fois millénaire avec le groupe
français Nouvelle vague, et
accueillera les 2 et 3 août le
chanteur de charme italien
Alessandro Safina et son
orchestre. La
bataille de Nahr el-Bared
commencée il y a deux mois est
en passe d'être gagnée par
l'armée libanaise, qui avance
immeuble après immeuble dans un
espace miné provoquant toutes
les semaines la mort d'une
dizaine de soldats. Au Liban-sud,
un heureux événement a suivi
l'attentat tragique du 24 juin
contre le contingent espagnol de
la FINUL : Juan Antonio Serrano
Álvarez, qui avait servi dans
ce contingent jusqu'en février,
est revenu au pays pour épouser
la belle Dunia Atallah, le
dimanche 22 juillet, à
l'église Saint-Pierre des
grecs-catholiques à Marjayoun.
L'heureux couple partira
s'installer dans la région de
Granada en Espagne le 4 août.
Le
cri de Médée
par
ANTOINE COURBAN - texte
intégral
L’image
de la réunion de La
Celle-Saint-Cloud était
saisissante par la richesse du
non-dit qui fut toutefois
parfaitement montré et
magistralement mis en scène,
comme dans la tragédie
grecque. Si cette retraite a
eu quelque résultat, c’est
celui de révéler une foule
de présuppositions dont l’écho
médiatique permet une double
lecture. On peut regarder ces
retrouvailles soit comme
moment tragique, soit comme
manifestation de ce paramètre
tellement tiers-mondiste
qu’on appelle « humanitaire
». Il est légitime d’établir
un parallélisme entre
l’impasse actuelle, mais ô
combien douloureuse du Liban,
et le moment tragique dont les
figures héroïques meublent
notre mémoire. Gilgamesh, Œdipe,
Phèdre, Didon, Médée sont,
comme le Liban, des héros
pathétiques dans leur
impuissance face à
l’implacable destin.
Souvent, comme Phèdre ou
Didon, ils vont jusqu’au
bout de l’absurdité de leur
situation en se suicidant et
« meurent en chantant comme
de divins cygnes » (Sully
Prud'homme). Le week-end de La
Celle-Saint-Cloud fut
l’occasion d’un spectacle
que n’auraient pas renié
Euripide, Eschyle ou Sophocle.
Dans la salle de bal du château,
tous les protagonistes d’une
tragédie grecque étaient là.
D’abord le public, représenté
par les amis français, les médias
de la planète ainsi que par
les Libanais collés à leurs
téléviseurs. Ensuite, le chœur
sous la forme de ces
participants inédits que sont
les membres de l’énigmatique
« société civile » dont le
statut est on ne peut plus
mystérieux. Et enfin, les héros
représentés par les seconds
couteaux de forces dites
politiques, mais dont
certaines sont de véritables
prédateurs de la « cité ».
Divisé en quelque sorte
contre lui-même, le jeu
tragique se déroule
strictement en deux plans séparés.
Sur la scène, les
protagonistes du drame, les héros-victimes
du processus, toujours plus ou
moins étrangers, aliénés à
la condition ordinaire du
citoyen. En face, dansant et
chantant, le chœur constitué
d’un groupe de citoyens
ordinaires dont les sentiments
traduiraient une sagesse
commune venue du fond des âges.
Les membres de l’énigmatique
société civile libanaise, présents
à La Celle-Saint-Cloud, répondaient
parfaitement à cette définition.
Quant au héros principal, le
Liban, il étalait
l’absurdité de son
interminable passion, ses
chairs broyées et sa grande
douleur qui, le temps d’un
week-end au château, est
devenue spectacle pathétique
au lieu de demeurer muette. Le
héros est actualisé durant
le moment tragique, il est
rendu présent et proche, il
est remis en question devant
le public. Il est « chosifié
» car il est tout simplement
devenu un problème. Ainsi,
sur la scène, le héros cesse
d’être uniquement la proie
d’un prédateur, il devient
étranger à lui-même. Il est
maintenant une problématique.
À La Celle-Saint-Cloud, nous
avons pu voir comment la tragédie
actualise le héros (Liban) et
le met en situation, au
carrefour de décisions
engageant son destin. Mais
cela ne fait pas du héros
tragique un être autonome et
responsable. Curieusement, il
est toujours peint comme un être
déconcertant et incompréhensible,
à la fois coupable et
innocent, lucide et aveugle.
Par le jeu des renversements
qui ponctuent le cours du
drame, la même interrogation
est sans cesse posée : quels
sont les rapports du héros et
de ses actes ? Même planifiées
et soigneusement mûries, ces
mêmes actions n’ont-elles
pas leur origine au-delà de
l’être du héros tragique ?
Leur sens profond ne lui
demeure-t-il pas opaque et
voilé ? À la fois agent et
agi, le héros réalise enfin
« qui » il est au moment du
dénouement du drame. Alors se
révèle à lui le caractère
fatidique de ses propres
actes, qu’il a accomplis
sans le vouloir ni le savoir.
Dans ce processus de désintégration
et de désappropriation de
soi, le héros tragique avance
comme un « aliéné, possédé
par une force extérieure qui
tantôt procède par
enveloppement insidieux et
tantôt s’abat sur sa proie
en un rapt violent » (Jean
Salem). Tel est le Liban. Il
ne dispose pas d’un espace
qui lui est propre : espace de
représentation, de
communication, de décision.
Il peut, tout au plus, choisir
de fuir comme Gilgamesh ou
d’aller jusqu’au bout du
face-à- face avec le destin.
C’est ce face-à-face qui
mena Didon jusqu’au suicide,
expression ultime et grandiose
de l’échec.
À La Celle-Saint-Cloud, toute
la planète a constaté
l’impasse du Liban. Il est
la proie d’un destin qui le
dépasse et contre lequel il
ne parvient pas à opposer un
espace « historique », celui
de la « cité », espace à
la mesure de l’homme libre
et que le 14 mars 2005 a
parfaitement illustré. La
volonté politique n’a pas
suivi celle du peuple tant
certaines forces politiques
libanaises exaltent, sans le
savoir et sans le vouloir, la
ruine et la mort au nom de
l’absolutisme totalisant et
totalitaire de leur idéalisme.
Rien n’illustre mieux
l’impasse suicidaire du
Liban que la Médée
d’Euripide, six fois meurtrière
et deux fois infanticide. Médée,
qui mit à mort ses propres
enfants, est sans doute la
plus déplorable mais la plus
bouleversante des héroïnes.
Plus on approche de sa
monstruosité, plus cette
femme gagne en mystère, en séduction
et en humanité, surtout quand
elle s’écrie : « Je
comprends que je fais le mal,
mais mon humeur est plus forte
que ma volonté. » Le cri de
Médée est celui du Liban où
certaines de ses forces
politiques, aveugles et
suicidaires, sont convaincues
que l’humeur des entrailles
est supérieure à la volonté
de la raison.
Le
guide du département US du
Commerce évoque les
obstacles et les facilités
pour faire des affaires dans
le pays
Les
Américains conseillent à
leurs entreprises d’investir
au Liban dans les secteurs des
TIC, des pharmaceutiques et
des assurances
publié dans l'Orient-le Jour
le 19 juillet 2007
Le
département américain du
Commerce a publié son dernier
guide commercial sur le Liban
(Country Commercial Guide –
PCCG), qui aborde le climat
des affaires, les moyens de
vendre les produits américains
dans le pays, les principaux
secteurs d’investissements,
les règles commerciales, les
standards douaniers, le climat
des investissements, et le
financement des projets. Le
rapport, cité par le Lebanon
Weekly Monitor de la Bank
Audi, souligne d’abord les
avantages du système économique
qui facilitent les affaires au
Liban : la liberté du marché,
le manque de contrôle sur les
mouvements de capitaux, la
dollarisation extrême de l’économie,
les restrictions minimales sur
les investisseurs, une
main-d’œuvre hautement
qualifiée, et globalement une
bonne qualité de vie.
Le guide n’oublie pas pour
autant d’énumérer une série
de facteurs pouvant entraver
le développement des affaires
au Liban. Le département américain
estime que le principal
obstacle est l’instabilité
politique qui a suivi la
guerre de juillet 2006, et son
impact négatif sur la
croissance, entraînant un
ralentissement des
investissements. Les
entreprises doivent également
faire face à d’autres
entraves, parmi lesquelles la
bureaucratie, la corruption,
des octrois de licences non
systématiques, une législation
dépassée, des procédures
douanières compliquées, des
taxes et des frais élevés,
un système judiciaire incompétent,
le coût élevé des télécommunications
et de l’énergie, des lois
imprécises pouvant être
interprétées de plusieurs
manières, et le manque
d’une protection adéquate
des droits de propriété
intellectuelle.
Trois secteurs-clés
Le CGG recommande d’abord
aux entreprises américaines
d’investir dans le secteur
des technologies de
l’information et de la
communication (TIC), le pays
pouvant devenir un centre régional
dans ce domaine grâce à sa
main-d’œuvre hautement
qualifiée et multilingue, de
bonnes agences publicitaires,
des fournisseurs de contenu médiatique
et des portails électroniques
multilingues. Les plans du
gouvernement d’extension des
infrastructures existantes
dans le domaine des TIC
ouvrent des opportunités
majeures aux investisseurs étrangers,
ajoute le rapport.
L’autre secteur au fort
potentiel d’investissement,
selon le département américain,
est celui des produits
pharmaceutiques, dont les
ventes en détail totalisent
près de 400 millions de
dollars chaque année. Bien
que l’industrie
pharmaceutique locale soit
faible, le Liban est le
principal importateur de
produits pharmaceutiques dans
la région du Levant, avec
plus de 50 sociétés
importatrices, indique le
guide.
Il conseille également
d’investir dans le secteur
des assurances, qui se caractérise
par son libéralisme et son
ouverture. Les compagnies
d’assurances n’ont jamais
été publiques au Liban,
poursuit le guide, il n’y a
donc jamais eu de possibilité
de monopoles publics. Malgré
les pertes subies après la
guerre de juillet, le secteur
s’est rapidement rétabli.
Le rapport prévoit une
augmentation de la demande de
tous types de polices, en
particulier pour
l’assurance-vie, la
couverture maladie et la
couverture des constructions.
Cette dernière devrait être
dopée par les projets de
reconstruction après la
guerre de juillet. Par
ailleurs, le CCG préconise
une série de stratégies pour
aider les compagnies américaines
à vendre leurs produits et
leurs services au Liban.
L’une d’entre elles
consiste à passer par un
agent ou un distributeur, une
autre à recourir aux
franchises. Le marketing
direct est également un bon
moyen de s’introduire sur le
marché libanais, la publicité
étant le meilleur moyen de
promouvoir des produits au
Liban, les dépenses
publicitaires annuelles dépassant
les 100 millions de dollars,
ajoute le texte.
Globalement, le guide souligne
que le Liban a toujours été
très ouvert aux
investissements directs étrangers,
citant des chiffres du ministère
de l’Économie selon
lesquels 25 compagnies étrangères
ont ouvert des bureaux, une
branche, ou un bureau de représentation
au Liban en 2006. Aussi la
privatisation attendue de l’électricité
et des télécommunications,
avec les projets
d’infrastructures, va offrir
de nouvelles opportunités
d’investissements étrangers.
Enfin, concernant le
financement du commerce et des
projets, le guide indique que
le système bancaire solide du
pays facilite les
financements, ainsi que le
fait que le Liban n’a pas de
restriction au niveau des
conversions de devises, ni de
contrôle des échanges extérieurs
pouvant affecter le commerce.
Liban
: le repositionnement français
par
KATIA CLARENS, publié dans le
Figaro Magazine le 20 juillet
2007
Ils étaient tous là. A la
Celle-Saint-Cloud, les représentants
de 14 forces politiques
libanaises s'asseyaient à la
table des négociations, le
week-end dernier, autour du maître
de cérémonie Bernard
Kouchner. Et bien qu'aucun résultat
concret n'ait été enregistré,
il s'agissait d'un succès en
soi étant donné l'importance
de la crise politique commencée
en novembre dernier avec la démission
des cinq ministres du
Hezbollah présents dans le
gouvernement Siniora. Il
s'agissait aussi de montrer
aux Libanais le
repositionnement français. «La
politique française au Liban
était personnalisée,
explique un observateur en référence
aux liens du président
Jacques Chirac avec la famille
Hariri, leader du plus
important parti sunnite au
Liban. La coalition du 14
mars (regroupant les
acteurs anti-syriens dont le
clan Hariri, ndlr) avait dès
lors le soutien inconditionnel
de la France. Quitte à
laisser s'envenimer une crise
qui pouvait mener le Liban à
la catastrophe.»
Le nouveau gouvernement
français ne devrait pas
rompre avec les objectifs fixés
par le précédent : mise en
place d'un tribunal destiné
à découvrir les assassins de
l'ancien Premier ministre
Rafik Hariri et refus absolu
d'un retour de la tutelle
syrienne dans le pays.
Cependant il pourrait ériger
en priorité la résolution de
la crise politique libanaise,
rétablissant pour cela
l'importance politique du
Hezbollah comme du parti de
son allié Michel Aoun. On
craint en effet qu'un Etat
libanais affaibli présente un
terrain favorable pour les
terroristes d'al-Qaida. Ces
derniers avaient d'ailleurs
annoncé, durant la guerre de
l'été 2006 d'Israël contre
le Hezbollah, que le Liban
devenait terre de djihad. Les
événements du camp de Nahr
el-Bared au nord du pays,
semblent confirmer la menace.
Issa Goraieb, éditorialiste
du quotidien francophone L'Orient-Le
Jour, prévient : «Si
al-Qaida et ses diverses
filiales devaient bourgeonner
au Liban, il y a fort à
craindre que le pays se
transformerait en un deuxième
Irak.»
Un Irak avec ses
affrontements de chiites
contre les sunnites, un Irak
grand producteur de
djihadistes... Un risque sévère
si le scénario devait se
reproduire dans un Liban situé
à quelques kilomètres
seulement de Chypre et de
l'Europe. C'est ce que la
France, et particulièrement
Nicolas Sarkozy, semblent
avoir déduit de leur nouvel
examen de la situation au
Moyen-Orient.
Un rapport remis à la Knesset
dénonce son incapacité à
protéger les civils lors de
la guerre
Un
an après, Ehud Olmert
rattrapé par le Liban
par
LAURA MARTEL, publié dans
Libération le 19 juillet
2007
«Des
manquements intolérables».
Des «solutions
partielles, inadéquates et
tardives». Le rapport
remis hier par le contrôleur
de l’Etat Micha
Lindenstrauss à la Knesset
fustige la gestion par le
gouvernement israélien de la
guerre du Liban de 2006
et désigne nommément les
responsables, au premier rang
desquels Ehud Olmert. «Le
Premier ministre Ehud Olmert,
l’ancien ministre de la Défense
Amir Peretz, le chef d’état-major,
le général Dan Haloutz [.]
ont tous gravement échoué
dans les prises de décisions,
leurs évaluations et leur
gestion de la défense passive»,
indique Lindenstrauss.
Principale accusation,
l’incapacité du
gouvernement, focalisé sur
l’effort de guerre, à protéger
les civils israéliens des
attaques du Hezbollah. Absence
d’abris, de procédures d’évacuation,
services de police non préparés,
le document dresse la longue
liste des manquements des
dirigeants. «Les graves
échecs constatés ont
malheureusement atteint un
niveau intolérable», conclut
le rapport, qui doit être débattu
à la Knesset et pourrait
entraîner un vote de
confiance.
La
popularité du Premier
ministre est déjà au plus
bas depuis avril, et la
publication par la commission
Winograd d’un rapport
provisoire sur la gestion de
la guerre qui avait conclu à «des
ratés graves». Olmert
s’était alors accroché au
pouvoir, utilisant le général
Dan Haloutz, poussé à la démission,
et Amir Peretz, remplacé par
Ehud Barak, comme fusibles. Même
s’il conteste les
conclusions du nouveau rapport
et fait la sourde oreille aux
demandes de démission, les
jours au pouvoir d’Ehud
Olmert, selon la presse israélienne,
semblent comptés. La
publication du rapport définitif
de la commission Winograd à
l’automne, qui s’annonce
très sévère, pourrait le
pousser définitivement vers
la sortie.
Les
Israéliens ont plus confiance
en Hassan Nasrallah qu’en
Ehud Olmert
paru
dans l'Orient-le Jour le 30
juillet 2007
Les
Israéliens estiment que le
secrétaire général du
Hezbollah, Hassan Nasrallah,
est « un homme de
confiance », ce qui
n’est pas le cas du Premier
ministre israélien, Ehud
Olmert, dont la popularité
est en chute libre. C’est ce
qu’a rapporté un sondage
mené par le quotidien israélien
Yediot Aharonot, qui constate
que 49 % des Israéliens
continuent à croire que
Nasrallah est un homme de
confiance, contre 42 %
qui croient le contraire.
Selon le même sondage, 47 %
des Israéliens se sont déclarés
indifférents aux propos de
Nasrallah qui a exprimé, dans
l’interview accordée à la
chaîne al-Jazira, son inquiétude
concernant le déclenchement
d’une nouvelle guerre. Le
sondage montre par ailleurs
qu’Ehud Omert n’a plus de
popularité. En effet, 74 %
des personnes interviewées
affirment qu’il « n’est
pas de confiance », au
moment où près de 70 %
estiment qu’il est « corrompu ».
Seuls 8 % des interviewés
approuvent sa réélection.
Selon ce même sondage, la
majorité des Israéliens
insistent sur « la nécessité
de négocier avec la Syrie au
lendemain de la dernière
rencontre à Damas entre le président
syrien Bachar el-Assad et son
homologue iranien Mahmoud
Ahmadinejad ». Enfin, 62 %
des Israéliens sont
convaincus qu’« Assad
ne veut pas la paix ».
Terreur
sur le Net
par
CHRISTIAN MERVILLE, publié
dans l'Orient-le Jour le 19
juillet 2007
Ainsi
donc, pendant des années on
nous a fait croire que le «
Monsieur el-Qaëda » en Irak
était Abou-Omar al-Baghdadi.
Du beau travail d’intox car,
en fait, le vrai chef du
mouvement en Mésopotamie,
c’est Abou-Ayoub al-Masri.
Reconnaissez qu’entre l’Égyptien
et l’Irakien, il y avait de
quoi perdre jusqu’à ses
dernières, et rarissimes,
connaissances en matière de
jihadisme. Le pot-aux-roses a
été découvert grâce aux révélations
de Khaled el-Machhadani (non,
inutile de chercher à vérifier
son identité et son pays
d’origine), un mystérieux
intermédiaire inconnu
jusqu’alors, arrêté – la
belle coïncidence que celle-là
– un 4 juillet, dans des
circonstances et en un lieu
qui restent à déterminer par
les James Bond yankees. Mais
alors le Baghdadi dont il a été
question des mois durant…
Tenez-vous bien, il n’a
jamais existé sinon sous la
forme d’un acteur qui lui
avait prêté sa voix. Ian
Fleming, au secours !
Plus sérieusement, dans ce
modèle de démocratie que
demeure, malgré tout, l’Amérique,
vient d’être rendu public
le texte d’un rapport sur le
danger que fait courir au pays
l’organisation d’Oussama
Ben Laden. Ce « National
Intelligence Estimate » (NIE),
fruit des recherches des seize
agences formant le petit
univers de l’espionnage US,
représente le travail le plus
sérieux, le plus exhaustif
aussi, depuis les attaques du
11 septembre 2001. Il apporte
un cinglant démenti aux
assertions régulièrement assénées
à son opinion publique par un
président engoncé dans ses
illusions. Non, il n’est pas
vrai que les tueurs, poseurs
d’engins piégés et
hijackers d’avions sont en
voie d’être défaits ; non,
leur mouvement ne poursuit pas
son opération de décentralisation.
Plus que jamais, affirme Ted
Gistaro, qui rédigea le
document, il continuera pour
des années à venir de représenter
un danger certain pour l’Amérique.
En outre, regroupés autour de
leur chef, dans les montagnes
inaccessibles du Pakistan où
les tribus veillent à leur sécurité,
les lieutenants qui dirigent
ce « Terrorism Inc. » ont découvert
les bienfaits de la
technologie. Au point
qu’aujourd’hui, la
principale menace viendrait
d’un cyberfront en cours de
création, ainsi que le
prouvent la prolifération des
sites informatiques, gérés
en majorité par des
salafistes, l’agressivité
croissante de la rhétorique
utilisée, enfin la
multiplication de cellules
terroristes (pas toutes
dormantes, comme on vient de
le constater au Royaume-Uni)
dans la plupart des pays
occidentaux. Ainsi, dans un
ouvrage paru l’an dernier,
Terror on the Internet,
l’Israélien Gabriel Weimann
recensait 4.800 adresses sur
le Net, contre seulement une
douzaine en 1998.
Au cours des dernières
quarante-huit heures, certains
ont cherché à apporter de
petites retouches à un
tableau par trop sombre. La
Central Intelligence Agency et
ses consœurs ont mis
l’accent sur les intentions
de nos ennemis et non pas sur
leurs capacités de nuisance,
a ainsi soutenu Peter Zeihan,
de la firme Stratfor. George
W. Bush, de son côté, a
voulu contribuer à l’édification
de ce fragile barrage contre
la morosité, quitte à
prendre quelques libertés
avec la vérité. Son
principal argument : nos
ennemis auraient été plus
forts si nous n’étions pas
passés à l’action, en Irak
et ailleurs. Ou encore : ceux
qui nous avaient attaqués il
y a six ans font sauter des
voitures bourrées
d’explosifs et massacrent
des innocents pour freiner la
marche vers la liberté. Cette
ligne de défense est loin de
bénéficier de l’aval du
landerneau politique
washingtonien. « Le président
n’est pas d’accord avec
les termes du NIE, mais
c’est ainsi et il n’y peut
rien », a rappelé le chef de
la majorité au Sénat, le démocrate
Harry Reid. Et le très médiatique
Barack Obama, candidat à l’élection
de novembre 2008, de renchérir
: « Au bout de toutes ces années,
de tous ces courageux hommes
et femmes tombés au champ
d’honneur, de tous ces
milliards de dollars dépensés,
nous ne sommes pas plus en sécurité
qu’avant. »
Mais
la palme de la virulence dans
la critique de la présente
Administration revient au sénateur
du Michigan, Carl Levin, que
les démocrates ont placé à
la tête de la commission des
Forces armées : « La
politique actuelle a eu pour résultat
un renforcement d’el-Qaëda,
dont les hommes se trouvent désormais
en Irak alors qu’ils n’y
étaient pas avant le déclenchement
de la guerre. » Pour autant,
les politiciens ne paraissent
pas logés à meilleure
enseigne que le locataire de
la Maison-Blanche. La majorité
des Américains, révèle un
sondage, jugent que leurs
dirigeants sont sur la
mauvaise voie, que le Congrès
accomplit un piètre travail,
que le changement pour lequel
ils avaient voté l’an
dernier tarde à venir. Petite
phrase tirée du document du
National Intelligence Estimate
: « Les attaques viseront
Wall Street, la
Maison-Blanche, le Capitole,
œuvres d’un réseau mondial
retranché dans des positions
qui sont autant de
sanctuaires… » C’était,
la précision s’impose, en
juillet 1995.
Turquie : d'abord la
victoire de la démocratie
par BRUNO RIPOCHE, publié
dans Ouest-France le 24
juillet 2007
Le triomphe électoral de
Recep Tayyip Erdogan,
dimanche, en Turquie, n'est
pas la victoire de l'islam sur
la laïcité. Le croire et le
faire croire serait une erreur
monumentale. Les Turcs sont
trop attachés à cette République
laïque, fondée, en 1923, par
Mustafa Kemal, qui les rend si
uniques dans le monde musulman
et si proche de l'Europe.
S'ils avaient cru leur style
de vie menacé, ils auraient
rejeté le Parti de la justice
et du développement. Mais
non. L'AKP conquiert six
millions de nouveaux électeurs
et - avec 47 % des
suffrages et 340 députés sur
550 - il s'ancre au centre de
la scène politique. Les
partisans déclarés de la charia,
eux, ont recueilli moins de 3 %
des voix. Il y a cinq ans,
Recep Tayyip Erdogan et ses
amis - qui venaient de rompre
avec le vieil islamiste
Erbakan - avaient été élus
sur une promesse : celle
de lutter contre la corruption
et d'agir en musulmans-démocrates,
sur le modèle de nos démocrates-chrétiens.
Cette fois, l'AKP l'emporte
sur son bilan : l'économie
galope, les militaires perdent
du poids, les minorités
gagnent des droits et la
Turquie négocie son adhésion
à l'Union européenne...
Quant à la laïcité, l'AKP
n'a pas osé autoriser le port
du foulard à l'université.
Il a gommé cette mesure de
son programme. Un paradoxe :
les propres filles du Premier
ministre, qui tiennent à leur
fichu, ont dû s'exiler sur...
des campus américains !
Le triomphe de Recep Tayyip
Erdogan n'est pas la victoire
de l'islam sur la laïcité.
Plutôt celle de la démocratie
sur l'autoritarisme. Le 27
avril, les généraux turcs -
gardiens autoproclamés de la
laïcité - avaient lancé une
« mise en garde »
à l'AKP, pour l'empêcher de
porter l'un des siens à la présidence
de la République. Dimanche,
la main des Turcs n'a pas
tremblé devant l'urne :
« Et ça, c'est la mise
en garde du peuple ! »,
titrait Radikal, quotidien de
la gauche libérale. Les généraux
sont désavoués et, avec eux,
tous ceux que, à Istanbul,
l'on appelle les « ingénieurs
socio-électoraux » qui
tiennent les Turcs pour de
grands enfants et croient les
manipuler. Ces « ingénieurs »,
proches des vieilles élites kémalistes,
ont tenté d'unifier deux
partis de droite, au
printemps, afin de grignoter
l'AKP par le centre. Ils ont
échoué. Ils ont alors voulu
ronger l'AKP par la droite :
ils ont poussé le chef de la
gauche, Deniz Baykal, vers un
discours chauvin, anti-kurde,
anti-européen et anti-américain,
dans l'espoir d'une coalition
avec les ultranationalistes.
Autre échec : Baykal a
fait la courte échelle à
l'extrémiste Bahçeli, qui
revient au Parlement, mais ils
ne pèsent, ensemble, qu'un
tiers des suffrages.
La victoire de Recep Tayyip
Erdogan est surtout la défaite
des nostalgiques d'une Turquie
repliée sur elle-même, étatiste
et nationaliste. Pour autant,
faut-il parer le Premier
ministre de toutes les vertus ?
Le chef de l'AKP n'est déjà
plus un islamiste. Il n'est
pas encore un parfait libéral.
Il est à l'image d'une
Turquie en transition, où
l'on parle (un peu) en kurde
à la télé, où l'on
commence à débattre du génocide
arménien..., mais où un
article du Code pénal permet
à des procureurs zélés de
poursuivre Orhan Pamuk, Prix
Nobel de littérature, pour
insulte à l'identité
nationale. Recep Tayyip
Erdogan ira-t-il jusqu'au bout
du chemin ? Écrira-t-il
cette Constitution qui libérerait
les Turcs de l'étroit corset
légué par les militaires après
le putsch de 1980 ?
Beaucoup dépendra de l'Union
européenne. La perspective de
l'adhésion avait servi de
moteur à toutes les réformes
accomplies jusqu'à 2005.
Depuis, les signaux émis par
les Vingt-Sept sont
contradictoires et la France,
singulièrement, plante des
poignards dans le dos des démocrates
turcs.
Continuité africaine
paru dans le Monde du 29
juillet 2007
Continuité africaine. En
Afrique, comme en France,
Nicolas Sarkozy rêve de "rupture".
Dans un discours prononcé à
Dakar, il a entrepris de
changer les fondements de la
relation France-Afrique. En
veillant d'abord à "décomplexer"
la France de l'expérience
coloniale. Certes, les
colonisateurs "ont eu
tort", a affirmé le
président de la République.
Mais ils ne sont pas
responsables, selon lui, des
maux actuels de l'Afrique :
guerres fratricides, génocides,
dictatures, corruption. "Le
drame de l'Afrique, c'est que
l'homme africain n'est pas
assez entré dans l'Histoire.
Jamais il ne s'élance vers
l'avenir, jamais il ne lui
vient à l'idée de sortir de
la répétition pour
s'inventer un destin",
a-t-il lancé aux "jeunes
d'Afrique". Sans leur
demander de renier leurs
racines, M. Sarkozy les a
invités à prendre leur
destin en main, en
s'appropriant l'héritage
européen, "les droits de
l'homme, la démocratie, l'égalité
et la justice", pour
faire naître une
"Renaissance
africaine". Un
"conseil d'ami" qui
a valu à M. Sarkozy d'être dénoncé
comme un donneur de leçons
par la presse africaine.
Mais a-t-il, lui-même, mis
sa promesse de
"rupture" en
pratique ? Renonçant à une
tournée africaine élargie
qui aurait pu sortir la France
de son pré carré
traditionnel d'obligés, le président
de la République a choisi le
Sénégal, où le président
Wade en est réduit à
applaudir à sa politique
d'immigration restrictive, et
le Gabon, où il a assuré le
président Bongo, au pouvoir
depuis quatre décennies, de
la bienveillance française.
Or un autre périple était
possible, et fut d'ailleurs
envisagé. Menant le président
français vers un pays
anglophone en expansion – le
Ghana –, vers le plus grand
pays francophone – la République
démocratique du Congo –, ou
en Afrique du Sud, il avait été
préparé. Mais la pression
exercée par le président
gabonais, Omar Bongo, et
surtout le choix finalement opéré,
alors que l'entourage présidentiel
était divisé, en ont décidé
autrement. "La rupture
ne consiste pas à ne pas
aller dans les pays amis de la
France", a justifié
M. Sarkozy.
Rendre visite à un vieux
président gabonais indéboulonnable
et visé par une enquête sur
l'origine de sa fortune
investie en France, au
lendemain d'une "adresse
aux jeunes d'Afrique",
n'était pas le meilleur moyen
de rompre avec plus de
quarante ans de "Françafrique".
Et ce n'est pas l'épisode
libyen, avec la libération
des infirmières bulgares et
la fourniture très contestée
du nucléaire civil au colonel
Kadhafi – seul épisode où
M.Sarkozy aura finalement
imprimé sa marque –, qui
effacera l'impression laissée
par ce voyage. S'il y a eu
rupture, c'est finalement avec
les promesses du candidat
Sarkozy qui, alors très
critique envers Jacques
Chirac, promettait de
construire une "relation
nouvelle, assainie, décomplexée"
avec l'Afrique. La rupture
avec la "Françafrique",
elle, attendra.
La cinquième ascension
du mont Hermon débutera le 5
août
À l’occasion de la fête de
la Transfiguration (le 6 août),
le conseil municipal de
Rachaya organise la cinquième
ascension du mont Hermon (Jabal
el-Cheikh), qui
débutera le dimanche 5 août
à 10h. Les pèlerins
établiront un camp à 2.400 m
d'altitude, où ils passeront
la nuit. L’ascension sera clôturée
par une messe en plein air qui
sera célébrée le lundi 6
août au matin par un représentant
de Mgr Élias Kfouri, évêque
grec-orthodoxe de Marjeyoun.
Le but de cette marche est de
mettre l’accent sur
l’importance touristique et
historique de ce site d'une
beauté unique qui serait
celui du mont de la
Transfiguration. Les
inscriptions à cette marche
se poursuivront jusqu’au
mercredi 1er août. Pour plus
d’informations, appeler au :
+961.3.615702, +961.3.744834,
+961.3.919007.

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Sur
le front de Nahr el-Bared
L’armée
libanaise a perdu dimanche 22
juillet trois soldats :
– Le capitaine Tony Khalil
Semaan (36 ans), né à Ablah
(caza de Zahlé), il était
marié et père d’un enfant.
Il a intégré l’école
militaire en 1993. Il a été
inhumé dans son village
natal.
– L’adjudant-chef Ahmad
Mohammad Farhat (39 ans), né
à Mazraa (Beyrouth). Il était
marié et père de trois
enfants. Il a intégré
l’armée en 1985. Il a été
enterré dans le village de
Sohmor (Békaa-Ouest).
– Le sergent Ahmad Khaled
Mehrez, qui a été enterré
dans son village natal de Hrar
(Akkar), en présence de la
famille, des proches, des frères
d’armes et d’un représentant
du commandant en chef de
l’armée.

Pause
méritée pour les soldats
libanais sur le front de
Nahr el-Bared

Colonnes
gréco-romaines donnant sur
la mer dans les ruines de la Cité
de Tyr. Photo réalisée
le 17 juillet 2007. Naji Farah
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