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>> FLASH >> JUAN ANTONIO A DIT "NAAM" AU LIBAN - Lundi 30 juillet 2007

Les Américains conseillent à leurs entreprises d’investir au Liban dans les secteurs des technologies de l'information et de la communication, des pharmaceutiques et des assurances

Le cri de Médée
par ANTOINE COURBAN
 

De Madrid à Marjayoun, pour Juan Antonio et Dunia : Juan Antonio Serrano Álvarez, qui avait terminé sa mission dans la FINUL en février, est revenu épouser Dunia Atallah le dimanche 22 juillet, la cérémonie religieuse se déroulant à l’église grecque-catholique de Marjayoun. L’heureux couple partira s’installer en Espagne le 4 août

L’image de la réunion de La Celle-Saint-Cloud, qui s'est tenue en France du 14 au 16 juillet, était saisissante par la richesse du non-dit qui fut toutefois parfaitement montré et magistralement mis en scène, comme dans la tragédie grecque. Si cette retraite inter-libanaise a eu quelque résultat, c’est celui de révéler une foule de présuppositions dont l’écho médiatique permet une double lecture. On peut regarder ces retrouvailles soit comme moment tragique, soit comme manifestation de ce paramètre tellement tiers-mondiste qu’on appelle « humanitaire ». Il est légitime d’établir un parallélisme entre l’impasse actuelle, mais ô combien douloureuse du Liban, et le moment tragique dont les figures héroïques meublent notre mémoire. Gilgamesh, Œdipe, Phèdre, Didon, Médée sont, comme le Liban, des héros pathétiques dans leur impuissance face à l’implacable destin. Rien n’illustre mieux l’impasse suicidaire du Liban que la Médée d’Euripide, six fois meurtrière et deux fois infanticide. Médée, qui mit à mort ses propres enfants, est sans doute la plus déplorable mais la plus bouleversante des héroïnes. Plus on approche de sa monstruosité, plus cette femme gagne en mystère, en séduction et en humanité, surtout quand elle s’écrie : « Je comprends que je fais le mal, mais mon humeur est plus forte que ma volonté. » Le cri de Médée est celui du Liban où certaines de ses forces politiques, aveugles et suicidaires, sont convaincues que l’humeur des entrailles est supérieure à la volonté de la raison. 

 

Sur place, la guerre annoncée pour le mois de juillet n'a pas eu lieu, les rumeurs cédant la place à un regain de confiance entraînant l'arrivée à l'aéroport international de Beyrouth de milliers de Libanais résidant à l'étranger et de vacanciers arabes fidèles au Liban. Le festival de Byblos a débuté le samedi 28 juillet avec faste dans la cité phénicienne huit fois millénaire avec le groupe français Nouvelle vague, et accueillera les 2 et 3 août le chanteur de charme italien Alessandro Safina et son orchestre. La bataille de Nahr el-Bared commencée il y a deux mois est en passe d'être gagnée par l'armée libanaise, qui avance immeuble après immeuble dans un espace miné provoquant toutes les semaines la mort d'une dizaine de soldats. Au Liban-sud, un heureux événement a suivi l'attentat tragique du 24 juin contre le contingent espagnol de la FINUL : Juan Antonio Serrano Álvarez, qui avait servi dans ce contingent jusqu'en février, est revenu au pays pour épouser la belle Dunia Atallah, le dimanche 22 juillet, à l'église Saint-Pierre des grecs-catholiques à Marjayoun. L'heureux couple partira s'installer dans la région de Granada en Espagne le 4 août.

 


 

Le cri de Médée

 

par ANTOINE COURBAN - texte intégral

 

L’image de la réunion de La Celle-Saint-Cloud était saisissante par la richesse du non-dit qui fut toutefois parfaitement montré et magistralement mis en scène, comme dans la tragédie grecque. Si cette retraite a eu quelque résultat, c’est celui de révéler une foule de présuppositions dont l’écho médiatique permet une double lecture. On peut regarder ces retrouvailles soit comme moment tragique, soit comme manifestation de ce paramètre tellement tiers-mondiste qu’on appelle « humanitaire ». Il est légitime d’établir un parallélisme entre l’impasse actuelle, mais ô combien douloureuse du Liban, et le moment tragique dont les figures héroïques meublent notre mémoire. Gilgamesh, Œdipe, Phèdre, Didon, Médée sont, comme le Liban, des héros pathétiques dans leur impuissance face à l’implacable destin. Souvent, comme Phèdre ou Didon, ils vont jusqu’au bout de l’absurdité de leur situation en se suicidant et « meurent en chantant comme de divins cygnes » (Sully Prud'homme). Le week-end de La Celle-Saint-Cloud fut l’occasion d’un spectacle que n’auraient pas renié Euripide, Eschyle ou Sophocle.


Dans la salle de bal du château, tous les protagonistes d’une tragédie grecque étaient là. D’abord le public, représenté par les amis français, les médias de la planète ainsi que par les Libanais collés à leurs téléviseurs. Ensuite, le chœur sous la forme de ces participants inédits que sont les membres de l’énigmatique « société civile » dont le statut est on ne peut plus mystérieux. Et enfin, les héros représentés par les seconds couteaux de forces dites politiques, mais dont certaines sont de véritables prédateurs de la « cité ». Divisé en quelque sorte contre lui-même, le jeu tragique se déroule strictement en deux plans séparés. Sur la scène, les protagonistes du drame, les héros-victimes du processus, toujours plus ou moins étrangers, aliénés à la condition ordinaire du citoyen. En face, dansant et chantant, le chœur constitué d’un groupe de citoyens ordinaires dont les sentiments traduiraient une sagesse commune venue du fond des âges. Les membres de l’énigmatique société civile libanaise, présents à La Celle-Saint-Cloud, répondaient parfaitement à cette définition. Quant au héros principal, le Liban, il étalait l’absurdité de son interminable passion, ses chairs broyées et sa grande douleur qui, le temps d’un week-end au château, est devenue spectacle pathétique au lieu de demeurer muette. Le héros est actualisé durant le moment tragique, il est rendu présent et proche, il est remis en question devant le public. Il est « chosifié » car il est tout simplement devenu un problème. Ainsi, sur la scène, le héros cesse d’être uniquement la proie d’un prédateur, il devient étranger à lui-même. Il est maintenant une problématique.


À La Celle-Saint-Cloud, nous avons pu voir comment la tragédie actualise le héros (Liban) et le met en situation, au carrefour de décisions engageant son destin. Mais cela ne fait pas du héros tragique un être autonome et responsable. Curieusement, il est toujours peint comme un être déconcertant et incompréhensible, à la fois coupable et innocent, lucide et aveugle. Par le jeu des renversements qui ponctuent le cours du drame, la même interrogation est sans cesse posée : quels sont les rapports du héros et de ses actes ? Même planifiées et soigneusement mûries, ces mêmes actions n’ont-elles pas leur origine au-delà de l’être du héros tragique ? Leur sens profond ne lui demeure-t-il pas opaque et voilé ? À la fois agent et agi, le héros réalise enfin « qui » il est au moment du dénouement du drame. Alors se révèle à lui le caractère fatidique de ses propres actes, qu’il a accomplis sans le vouloir ni le savoir. Dans ce processus de désintégration et de désappropriation de soi, le héros tragique avance comme un « aliéné, possédé par une force extérieure qui tantôt procède par enveloppement insidieux et tantôt s’abat sur sa proie en un rapt violent » (Jean Salem). Tel est le Liban. Il ne dispose pas d’un espace qui lui est propre : espace de représentation, de communication, de décision. Il peut, tout au plus, choisir de fuir comme Gilgamesh ou d’aller jusqu’au bout du face-à- face avec le destin. C’est ce face-à-face qui mena Didon jusqu’au suicide, expression ultime et grandiose de l’échec.


À La Celle-Saint-Cloud, toute la planète a constaté l’impasse du Liban. Il est la proie d’un destin qui le dépasse et contre lequel il ne parvient pas à opposer un espace « historique », celui de la « cité », espace à la mesure de l’homme libre et que le 14 mars 2005 a parfaitement illustré. La volonté politique n’a pas suivi celle du peuple tant certaines forces politiques libanaises exaltent, sans le savoir et sans le vouloir, la ruine et la mort au nom de l’absolutisme totalisant et totalitaire de leur idéalisme. Rien n’illustre mieux l’impasse suicidaire du Liban que la Médée d’Euripide, six fois meurtrière et deux fois infanticide. Médée, qui mit à mort ses propres enfants, est sans doute la plus déplorable mais la plus bouleversante des héroïnes. Plus on approche de sa monstruosité, plus cette femme gagne en mystère, en séduction et en humanité, surtout quand elle s’écrie : « Je comprends que je fais le mal, mais mon humeur est plus forte que ma volonté. » Le cri de Médée est celui du Liban où certaines de ses forces politiques, aveugles et suicidaires, sont convaincues que l’humeur des entrailles est supérieure à la volonté de la raison.

 


 

Le guide du département US du Commerce évoque les obstacles et les facilités pour faire des affaires dans le pays

Les Américains conseillent à leurs entreprises d’investir au Liban dans les secteurs des TIC, des pharmaceutiques et des assurances

 

publié dans l'Orient-le Jour le 19 juillet 2007 

 

Le département américain du Commerce a publié son dernier guide commercial sur le Liban (Country Commercial Guide – PCCG), qui aborde le climat des affaires, les moyens de vendre les produits américains dans le pays, les principaux secteurs d’investissements, les règles commerciales, les standards douaniers, le climat des investissements, et le financement des projets. Le rapport, cité par le Lebanon Weekly Monitor de la Bank Audi, souligne d’abord les avantages du système économique qui facilitent les affaires au Liban : la liberté du marché, le manque de contrôle sur les mouvements de capitaux, la dollarisation extrême de l’économie, les restrictions minimales sur les investisseurs, une main-d’œuvre hautement qualifiée, et globalement une bonne qualité de vie.


Le guide n’oublie pas pour autant d’énumérer une série de facteurs pouvant entraver le développement des affaires au Liban. Le département américain estime que le principal obstacle est l’instabilité politique qui a suivi la guerre de juillet 2006, et son impact négatif sur la croissance, entraînant un ralentissement des investissements. Les entreprises doivent également faire face à d’autres entraves, parmi lesquelles la bureaucratie, la corruption, des octrois de licences non systématiques, une législation dépassée, des procédures douanières compliquées, des taxes et des frais élevés, un système judiciaire incompétent, le coût élevé des télécommunications et de l’énergie, des lois imprécises pouvant être interprétées de plusieurs manières, et le manque d’une protection adéquate des droits de propriété intellectuelle.

Trois secteurs-clés
Le CGG recommande d’abord aux entreprises américaines d’investir dans le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC), le pays pouvant devenir un centre régional dans ce domaine grâce à sa main-d’œuvre hautement qualifiée et multilingue, de bonnes agences publicitaires, des fournisseurs de contenu médiatique et des portails électroniques multilingues. Les plans du gouvernement d’extension des infrastructures existantes dans le domaine des TIC ouvrent des opportunités majeures aux investisseurs étrangers, ajoute le rapport. L’autre secteur au fort potentiel d’investissement, selon le département américain, est celui des produits pharmaceutiques, dont les ventes en détail totalisent près de 400 millions de dollars chaque année. Bien que l’industrie pharmaceutique locale soit faible, le Liban est le principal importateur de produits pharmaceutiques dans la région du Levant, avec plus de 50 sociétés importatrices, indique le guide.


Il conseille également d’investir dans le secteur des assurances, qui se caractérise par son libéralisme et son ouverture. Les compagnies d’assurances n’ont jamais été publiques au Liban, poursuit le guide, il n’y a donc jamais eu de possibilité de monopoles publics. Malgré les pertes subies après la guerre de juillet, le secteur s’est rapidement rétabli. Le rapport prévoit une augmentation de la demande de tous types de polices, en particulier pour l’assurance-vie, la couverture maladie et la couverture des constructions. Cette dernière devrait être dopée par les projets de reconstruction après la guerre de juillet. Par ailleurs, le CCG préconise une série de stratégies pour aider les compagnies américaines à vendre leurs produits et leurs services au Liban. L’une d’entre elles consiste à passer par un agent ou un distributeur, une autre à recourir aux franchises. Le marketing direct est également un bon moyen de s’introduire sur le marché libanais, la publicité étant le meilleur moyen de promouvoir des produits au Liban, les dépenses publicitaires annuelles dépassant les 100 millions de dollars, ajoute le texte.


Globalement, le guide souligne que le Liban a toujours été très ouvert aux investissements directs étrangers, citant des chiffres du ministère de l’Économie selon lesquels 25 compagnies étrangères ont ouvert des bureaux, une branche, ou un bureau de représentation au Liban en 2006. Aussi la privatisation attendue de l’électricité et des télécommunications, avec les projets d’infrastructures, va offrir de nouvelles opportunités d’investissements étrangers. Enfin, concernant le financement du commerce et des projets, le guide indique que le système bancaire solide du pays facilite les financements, ainsi que le fait que le Liban n’a pas de restriction au niveau des conversions de devises, ni de contrôle des échanges extérieurs pouvant affecter le commerce.

 


 

Liban : le repositionnement français

 

par KATIA CLARENS, publié dans le Figaro Magazine le 20 juillet 2007

 

Ils étaient tous là. A la Celle-Saint-Cloud, les représentants de 14 forces politiques libanaises s'asseyaient à la table des négociations, le week-end dernier, autour du maître de cérémonie Bernard Kouchner. Et bien qu'aucun résultat concret n'ait été enregistré, il s'agissait d'un succès en soi étant donné l'importance de la crise politique commencée en novembre dernier avec la démission des cinq ministres du Hezbollah présents dans le gouvernement Siniora. Il s'agissait aussi de montrer aux Libanais le repositionnement français. «La politique française au Liban était personnalisée, explique un observateur en référence aux liens du président Jacques Chirac avec la famille Hariri, leader du plus important parti sunnite au Liban. La coalition du 14 mars (regroupant les acteurs anti-syriens dont le clan Hariri, ndlr) avait dès lors le soutien inconditionnel de la France. Quitte à laisser s'envenimer une crise qui pouvait mener le Liban à la catastrophe.»

 

Le nouveau gouvernement français ne devrait pas rompre avec les objectifs fixés par le précédent : mise en place d'un tribunal destiné à découvrir les assassins de l'ancien Premier ministre Rafik Hariri et refus absolu d'un retour de la tutelle syrienne dans le pays. Cependant il pourrait ériger en priorité la résolution de la crise politique libanaise, rétablissant pour cela l'importance politique du Hezbollah comme du parti de son allié Michel Aoun. On craint en effet qu'un Etat libanais affaibli présente un terrain favorable pour les terroristes d'al-Qaida. Ces derniers avaient d'ailleurs annoncé, durant la guerre de l'été 2006 d'Israël contre le Hezbollah, que le Liban devenait terre de djihad. Les événements du camp de Nahr el-Bared au nord du pays, semblent confirmer la menace. Issa Goraieb, éditorialiste du quotidien francophone L'Orient-Le Jour, prévient : «Si al-Qaida et ses diverses filiales devaient bourgeonner au Liban, il y a fort à craindre que le pays se transformerait en un deuxième Irak.»

 

Un Irak avec ses affrontements de chiites contre les sunnites, un Irak grand producteur de djihadistes... Un risque sévère si le scénario devait se reproduire dans un Liban situé à quelques kilomètres seulement de Chypre et de l'Europe. C'est ce que la France, et particulièrement Nicolas Sarkozy, semblent avoir déduit de leur nouvel examen de la situation au Moyen-Orient.

 


 

Un rapport remis à la Knesset dénonce son incapacité à protéger les civils lors de la guerre

Un an après, Ehud Olmert rattrapé par le Liban

 

par LAURA MARTEL, publié dans Libération le 19 juillet 2007

 

«Des manquements intolérables». Des «solutions partielles, inadéquates et tardives». Le rapport remis hier par le contrôleur de l’Etat Micha Lindenstrauss à la Knesset fustige la gestion par le gouvernement israélien de la guerre du Liban de 2006 et désigne nommément les responsables, au premier rang desquels Ehud Olmert. «Le Premier ministre Ehud Olmert, l’ancien ministre de la Défense Amir Peretz, le chef d’état-major, le général Dan Haloutz [.] ont tous gravement échoué dans les prises de décisions, leurs évaluations et leur gestion de la défense passive», indique Lindenstrauss. Principale accusation, l’incapacité du gouvernement, focalisé sur l’effort de guerre, à protéger les civils israéliens des attaques du Hezbollah. Absence d’abris, de procédures d’évacuation, services de police non préparés, le document dresse la longue liste des manquements des dirigeants. «Les graves échecs constatés ont malheureusement atteint un niveau intolérable», conclut le rapport, qui doit être débattu à la Knesset et pourrait entraîner un vote de confiance. 

 

La popularité du Premier ministre est déjà au plus bas depuis avril, et la publication par la commission Winograd d’un rapport provisoire sur la gestion de la guerre qui avait conclu à «des ratés graves». Olmert s’était alors accroché au pouvoir, utilisant le général Dan Haloutz, poussé à la démission, et Amir Peretz, remplacé par Ehud Barak, comme fusibles. Même s’il conteste les conclusions du nouveau rapport et fait la sourde oreille aux demandes de démission, les jours au pouvoir d’Ehud Olmert, selon la presse israélienne, semblent comptés. La publication du rapport définitif de la commission Winograd à l’automne, qui s’annonce très sévère, pourrait le pousser définitivement vers la sortie.

 


 

Les Israéliens ont plus confiance en Hassan Nasrallah qu’en Ehud Olmert

 

paru dans l'Orient-le Jour le 30 juillet 2007

 

Les Israéliens estiment que le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, est « un homme de confiance », ce qui n’est pas le cas du Premier ministre israélien, Ehud Olmert, dont la popularité est en chute libre. C’est ce qu’a rapporté un sondage mené par le quotidien israélien Yediot Aharonot, qui constate que 49 % des Israéliens continuent à croire que Nasrallah est un homme de confiance, contre 42 % qui croient le contraire. Selon le même sondage, 47 % des Israéliens se sont déclarés indifférents aux propos de Nasrallah qui a exprimé, dans l’interview accordée à la chaîne al-Jazira, son inquiétude concernant le déclenchement d’une nouvelle guerre. Le sondage montre par ailleurs qu’Ehud Omert n’a plus de popularité. En effet, 74 % des personnes interviewées affirment qu’il « n’est pas de confiance », au moment où près de 70 % estiment qu’il est « corrompu ». Seuls 8 % des interviewés approuvent sa réélection. Selon ce même sondage, la majorité des Israéliens insistent sur « la nécessité de négocier avec la Syrie au lendemain de la dernière rencontre à Damas entre le président syrien Bachar el-Assad et son homologue iranien Mahmoud Ahmadinejad ». Enfin, 62 % des Israéliens sont convaincus qu’« Assad ne veut pas la paix ».

 


 

Terreur sur le Net

 

par CHRISTIAN MERVILLE, publié dans l'Orient-le Jour le 19 juillet 2007

 

Ainsi donc, pendant des années on nous a fait croire que le « Monsieur el-Qaëda » en Irak était Abou-Omar al-Baghdadi. Du beau travail d’intox car, en fait, le vrai chef du mouvement en Mésopotamie, c’est Abou-Ayoub al-Masri. Reconnaissez qu’entre l’Égyptien et l’Irakien, il y avait de quoi perdre jusqu’à ses dernières, et rarissimes, connaissances en matière de jihadisme. Le pot-aux-roses a été découvert grâce aux révélations de Khaled el-Machhadani (non, inutile de chercher à vérifier son identité et son pays d’origine), un mystérieux intermédiaire inconnu jusqu’alors, arrêté – la belle coïncidence que celle-là – un 4 juillet, dans des circonstances et en un lieu qui restent à déterminer par les James Bond yankees. Mais alors le Baghdadi dont il a été question des mois durant… Tenez-vous bien, il n’a jamais existé sinon sous la forme d’un acteur qui lui avait prêté sa voix. Ian Fleming, au secours !


Plus sérieusement, dans ce modèle de démocratie que demeure, malgré tout, l’Amérique, vient d’être rendu public le texte d’un rapport sur le danger que fait courir au pays l’organisation d’Oussama Ben Laden. Ce « National Intelligence Estimate » (NIE), fruit des recherches des seize agences formant le petit univers de l’espionnage US, représente le travail le plus sérieux, le plus exhaustif aussi, depuis les attaques du 11 septembre 2001. Il apporte un cinglant démenti aux assertions régulièrement assénées à son opinion publique par un président engoncé dans ses illusions. Non, il n’est pas vrai que les tueurs, poseurs d’engins piégés et hijackers d’avions sont en voie d’être défaits ; non, leur mouvement ne poursuit pas son opération de décentralisation. Plus que jamais, affirme Ted Gistaro, qui rédigea le document, il continuera pour des années à venir de représenter un danger certain pour l’Amérique. En outre, regroupés autour de leur chef, dans les montagnes inaccessibles du Pakistan où les tribus veillent à leur sécurité, les lieutenants qui dirigent ce « Terrorism Inc. » ont découvert les bienfaits de la technologie. Au point qu’aujourd’hui, la principale menace viendrait d’un cyberfront en cours de création, ainsi que le prouvent la prolifération des sites informatiques, gérés en majorité par des salafistes, l’agressivité croissante de la rhétorique utilisée, enfin la multiplication de cellules terroristes (pas toutes dormantes, comme on vient de le constater au Royaume-Uni) dans la plupart des pays occidentaux. Ainsi, dans un ouvrage paru l’an dernier, Terror on the Internet, l’Israélien Gabriel Weimann recensait 4.800 adresses sur le Net, contre seulement une douzaine en 1998.


Au cours des dernières quarante-huit heures, certains ont cherché à apporter de petites retouches à un tableau par trop sombre. La Central Intelligence Agency et ses consœurs ont mis l’accent sur les intentions de nos ennemis et non pas sur leurs capacités de nuisance, a ainsi soutenu Peter Zeihan, de la firme Stratfor. George W. Bush, de son côté, a voulu contribuer à l’édification de ce fragile barrage contre la morosité, quitte à prendre quelques libertés avec la vérité. Son principal argument : nos ennemis auraient été plus forts si nous n’étions pas passés à l’action, en Irak et ailleurs. Ou encore : ceux qui nous avaient attaqués il y a six ans font sauter des voitures bourrées d’explosifs et massacrent des innocents pour freiner la marche vers la liberté. Cette ligne de défense est loin de bénéficier de l’aval du landerneau politique washingtonien. « Le président n’est pas d’accord avec les termes du NIE, mais c’est ainsi et il n’y peut rien », a rappelé le chef de la majorité au Sénat, le démocrate Harry Reid. Et le très médiatique Barack Obama, candidat à l’élection de novembre 2008, de renchérir : « Au bout de toutes ces années, de tous ces courageux hommes et femmes tombés au champ d’honneur, de tous ces milliards de dollars dépensés, nous ne sommes pas plus en sécurité qu’avant. » 

 

Mais la palme de la virulence dans la critique de la présente Administration revient au sénateur du Michigan, Carl Levin, que les démocrates ont placé à la tête de la commission des Forces armées : « La politique actuelle a eu pour résultat un renforcement d’el-Qaëda, dont les hommes se trouvent désormais en Irak alors qu’ils n’y étaient pas avant le déclenchement de la guerre. » Pour autant, les politiciens ne paraissent pas logés à meilleure enseigne que le locataire de la Maison-Blanche. La majorité des Américains, révèle un sondage, jugent que leurs dirigeants sont sur la mauvaise voie, que le Congrès accomplit un piètre travail, que le changement pour lequel ils avaient voté l’an dernier tarde à venir. Petite phrase tirée du document du National Intelligence Estimate : « Les attaques viseront Wall Street, la Maison-Blanche, le Capitole, œuvres d’un réseau mondial retranché dans des positions qui sont autant de sanctuaires… » C’était, la précision s’impose, en juillet 1995.

 


 

Turquie : d'abord la victoire de la démocratie
 
par BRUNO RIPOCHE, publié dans Ouest-France le 24 juillet 2007
 

Le triomphe électoral de Recep Tayyip Erdogan, dimanche, en Turquie, n'est pas la victoire de l'islam sur la laïcité. Le croire et le faire croire serait une erreur monumentale. Les Turcs sont trop attachés à cette République laïque, fondée, en 1923, par Mustafa Kemal, qui les rend si uniques dans le monde musulman et si proche de l'Europe. S'ils avaient cru leur style de vie menacé, ils auraient rejeté le Parti de la justice et du développement. Mais non. L'AKP conquiert six millions de nouveaux électeurs et - avec 47 % des suffrages et 340 députés sur 550 - il s'ancre au centre de la scène politique. Les partisans déclarés de la charia, eux, ont recueilli moins de 3 % des voix. Il y a cinq ans, Recep Tayyip Erdogan et ses amis - qui venaient de rompre avec le vieil islamiste Erbakan - avaient été élus sur une promesse : celle de lutter contre la corruption et d'agir en musulmans-démocrates, sur le modèle de nos démocrates-chrétiens. Cette fois, l'AKP l'emporte sur son bilan : l'économie galope, les militaires perdent du poids, les minorités gagnent des droits et la Turquie négocie son adhésion à l'Union européenne... Quant à la laïcité, l'AKP n'a pas osé autoriser le port du foulard à l'université. Il a gommé cette mesure de son programme. Un paradoxe : les propres filles du Premier ministre, qui tiennent à leur fichu, ont dû s'exiler sur... des campus américains ! 

 

Le triomphe de Recep Tayyip Erdogan n'est pas la victoire de l'islam sur la laïcité. Plutôt celle de la démocratie sur l'autoritarisme. Le 27 avril, les généraux turcs - gardiens autoproclamés de la laïcité - avaient lancé une « mise en garde » à l'AKP, pour l'empêcher de porter l'un des siens à la présidence de la République. Dimanche, la main des Turcs n'a pas tremblé devant l'urne : « Et ça, c'est la mise en garde du peuple ! », titrait Radikal, quotidien de la gauche libérale. Les généraux sont désavoués et, avec eux, tous ceux que, à Istanbul, l'on appelle les « ingénieurs socio-électoraux » qui tiennent les Turcs pour de grands enfants et croient les manipuler. Ces « ingénieurs », proches des vieilles élites kémalistes, ont tenté d'unifier deux partis de droite, au printemps, afin de grignoter l'AKP par le centre. Ils ont échoué. Ils ont alors voulu ronger l'AKP par la droite : ils ont poussé le chef de la gauche, Deniz Baykal, vers un discours chauvin, anti-kurde, anti-européen et anti-américain, dans l'espoir d'une coalition avec les ultranationalistes. Autre échec : Baykal a fait la courte échelle à l'extrémiste Bahçeli, qui revient au Parlement, mais ils ne pèsent, ensemble, qu'un tiers des suffrages. 

 

La victoire de Recep Tayyip Erdogan est surtout la défaite des nostalgiques d'une Turquie repliée sur elle-même, étatiste et nationaliste. Pour autant, faut-il parer le Premier ministre de toutes les vertus ? Le chef de l'AKP n'est déjà plus un islamiste. Il n'est pas encore un parfait libéral. Il est à l'image d'une Turquie en transition, où l'on parle (un peu) en kurde à la télé, où l'on commence à débattre du génocide arménien..., mais où un article du Code pénal permet à des procureurs zélés de poursuivre Orhan Pamuk, Prix Nobel de littérature, pour insulte à l'identité nationale. Recep Tayyip Erdogan ira-t-il jusqu'au bout du chemin ? Écrira-t-il cette Constitution qui libérerait les Turcs de l'étroit corset légué par les militaires après le putsch de 1980 ? Beaucoup dépendra de l'Union européenne. La perspective de l'adhésion avait servi de moteur à toutes les réformes accomplies jusqu'à 2005. Depuis, les signaux émis par les Vingt-Sept sont contradictoires et la France, singulièrement, plante des poignards dans le dos des démocrates turcs.

 


 

Continuité africaine

 

paru dans le Monde du 29 juillet 2007

 

Continuité africaine. En Afrique, comme en France, Nicolas Sarkozy rêve de "rupture". Dans un discours prononcé à Dakar, il a entrepris de changer les fondements de la relation France-Afrique. En veillant d'abord à "décomplexer" la France de l'expérience coloniale. Certes, les colonisateurs "ont eu tort", a affirmé le président de la République. Mais ils ne sont pas responsables, selon lui, des maux actuels de l'Afrique : guerres fratricides, génocides, dictatures, corruption. "Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire. Jamais il ne s'élance vers l'avenir, jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin", a-t-il lancé aux "jeunes d'Afrique". Sans leur demander de renier leurs racines, M. Sarkozy les a invités à prendre leur destin en main, en s'appropriant l'héritage européen, "les droits de l'homme, la démocratie, l'égalité et la justice", pour faire naître une "Renaissance africaine". Un "conseil d'ami" qui a valu à M. Sarkozy d'être dénoncé comme un donneur de leçons par la presse africaine. 

 

Mais a-t-il, lui-même, mis sa promesse de "rupture" en pratique ? Renonçant à une tournée africaine élargie qui aurait pu sortir la France de son pré carré traditionnel d'obligés, le président de la République a choisi le Sénégal, où le président Wade en est réduit à applaudir à sa politique d'immigration restrictive, et le Gabon, où il a assuré le président Bongo, au pouvoir depuis quatre décennies, de la bienveillance française. Or un autre périple était possible, et fut d'ailleurs envisagé. Menant le président français vers un pays anglophone en expansion – le Ghana –, vers le plus grand pays francophone – la République démocratique du Congo –, ou en Afrique du Sud, il avait été préparé. Mais la pression exercée par le président gabonais, Omar Bongo, et surtout le choix finalement opéré, alors que l'entourage présidentiel était divisé, en ont décidé autrement. "La rupture ne consiste pas à ne pas aller dans les pays amis de la France", a justifié M. Sarkozy.

 

Rendre visite à un vieux président gabonais indéboulonnable et visé par une enquête sur l'origine de sa fortune investie en France, au lendemain d'une "adresse aux jeunes d'Afrique", n'était pas le meilleur moyen de rompre avec plus de quarante ans de "Françafrique". Et ce n'est pas l'épisode libyen, avec la libération des infirmières bulgares et la fourniture très contestée du nucléaire civil au colonel Kadhafi – seul épisode où M.Sarkozy aura finalement imprimé sa marque –, qui effacera l'impression laissée par ce voyage. S'il y a eu rupture, c'est finalement avec les promesses du candidat Sarkozy qui, alors très critique envers Jacques Chirac, promettait de construire une "relation nouvelle, assainie, décomplexée" avec l'Afrique. La rupture avec la "Françafrique", elle, attendra.

 


 

La cinquième ascension du mont Hermon débutera le 5 août


À l’occasion de la fête de la Transfiguration (le 6 août), le conseil municipal de Rachaya organise la cinquième ascension du mont Hermon (Jabal el-Cheikh), qui débutera le dimanche 5 août à 10h. Les pèlerins établiront un camp à 2.400 m d'altitude, où ils passeront la nuit. L’ascension sera clôturée par une messe en plein air qui sera célébrée le lundi 6 août au matin par un représentant de Mgr Élias Kfouri, évêque grec-orthodoxe de Marjeyoun. Le but de cette marche est de mettre l’accent sur l’importance touristique et historique de ce site d'une beauté unique qui serait celui du mont de la Transfiguration. Les inscriptions à cette marche se poursuivront jusqu’au mercredi 1er août. Pour plus d’informations, appeler au : +961.3.615702, +961.3.744834, +961.3.919007.

 

www.cedre-voyage.com 

 


 

Sur le front de Nahr el-Bared

 

L’armée libanaise a perdu dimanche 22 juillet trois soldats :
– Le capitaine Tony Khalil Semaan (36 ans), né à Ablah (caza de Zahlé), il était marié et père d’un enfant. Il a intégré l’école militaire en 1993. Il a été inhumé dans son village natal.
– L’adjudant-chef Ahmad Mohammad Farhat (39 ans), né à Mazraa (Beyrouth). Il était marié et père de trois enfants. Il a intégré l’armée en 1985. Il a été enterré dans le village de Sohmor (Békaa-Ouest).
– Le sergent Ahmad Khaled Mehrez, qui a été enterré dans son village natal de Hrar (Akkar), en présence de la famille, des proches, des frères d’armes et d’un représentant du commandant en chef de l’armée.

 

 

Pause méritée pour les soldats libanais sur le front de Nahr el-Bared

 

 

Colonnes gréco-romaines donnant sur la mer dans les ruines de la Cité de Tyr. Photo réalisée le 17 juillet 2007. Naji Farah

 
 

 

 

 

 

 

 

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