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Football
- Le Liban dans le
groupe de l'Irak, la
Corée du Nord et
l'Australie pour le
tournoi de
qualifications de la
zone Asie (22 août -
21 novembre) pour les
jeux Olympiques de
2008 en Chine
Un
mercredi noir
endeuille l'ensemble
du Proche-Orient
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Création
de "La
Grande Famille
Mondiale du
Liban" au
dîner du Club
RJLiban à
Paris, le
mardi 5 juin
2007, au
restaurant
Fakhr el Dine
avec, de
gauche à
droite : Mme
Eliane
d'Estienne d'Orves,
M. Naji Farah,
M. Gabriel
Enkiri, M.
Jean-Pierre
Thiollet, le
colonel Alain
Corvez, la
députée
européenne
Béatrice
Patrie, Mme
Madeleine
Anfrol, Mme
Hiba Farah, M.
Emmanuel
Español et M.
Michel Anfrol
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Le
Proche-Orient a connu, le 13
juin 2007, un mercredi noir
qui a endeuillé une fois de
plus les pays d'instabilité de
la région, à savoir le Liban,
la Palestine et l'Irak. De
nouvelles scènes insoutenables
ont envahi les télévisions du
monde entier avec, du Liban, les
images du député de la
majorité antisyrienne, Walid
Eido, tué en fin d'après-midi
dans un attentat à la voiture
piégée, dans le quartier de
Manara sur la corniche
touristique du bord de mer à
Beyrouth, avec son fils aîné
et 8 autres personnes dont deux
joueurs du principal club
libanais de football de 1ère
division, al-Nejmeh, s'ajoutant
à celles des combats continus
dans le camp palestinien de
Nahr-el-Bared, près de Tripoli,
opposant depuis le 20 mai
l'armée libanaise à une
faction islamiste de provenance
étrangère ; de Palestine, les
images du grave soulèvement à
Gaza et en Cisjordanie entre les
groupes palestiniens du Hamas et
du Fateh pour tenter de parvenir
à une hégémonie sur les
territoires palestiniens,
faisant 33 morts ; et d'Irak,
les images de la grande mosquée
de Samarra au nord de Bagdad
dont les minarets ont été
soufflés par une grande
explosion alors que les actes
quotidiens de violence
emportaient un nouveau lot de
personnes. Cette situation
désastreuse a été évoquée
lors du dernier dîner du Club
RJLiban, le mardi 5 juin à
Paris, par Béatrice Patrie et
Emmanuel Español qui, signant
leur ouvrage "Qui veut
détruire le Liban ?", ont
appelé à une plus grande
implication de l'Europe pour la
résolution du conflit
israélo-palestinien. Le Club a
annoncé à cette occasion la
création de "La Grande
Famille Mondiale du Liban",
ouvrant les souscriptions à ce
nouveau groupement ayant pour
but de rassembler les Libanais
de sang et de cœur à travers le monde, en
s’engageant dans une
entreprise massive et durable de
soutien à un Liban sans cesse
menacé.
Discours de Naji
Farah prononcé le
mardi 5 juin 2007 au dîner du
Club RJLiban à Paris
"Nous
avons le plaisir de recevoir ce
soir deux grands amis du Liban,
Mme Béatrice Patrie, députée
européenne de la région
Aquitaine et présidente de la
commission du Parlement européen
pour le Machrek, et M. Emmanuel
Español, historien et
conseiller régional de
Dordogne, que nous ne cesserons
de remercier pour leur
attachement à notre pays et
leurs tentatives de parvenir à
un règlement de la situation en
Palestine, seule garantie pour
une véritable paix dans la région.
Nous les avions accueillis à
Beyrouth en avril, et là nous
nous retrouvons à Paris pour
une soirée que nous souhaitons
à tous très agréable, en dépit
des mauvais moments que traverse
une fois de plus le Liban, et
qui nous amènent à poser de
nouveau la question :
« Qui veut détruire le
Liban ? », titre de
leur ouvrage sur le Liban paru
en mars à Paris.
Avant
de leur passer la parole, je
tiens à remercier le président
Jacques Chirac, qui avait annoncé
au début de la guerre de l’été
2006 qu’ « il y a une
volonté de détruire le Liban »,
pour tous ses efforts passés en
faveur du Liban, et à féliciter
les Français pour leur nouveau
président, Nicolas Sarkozy, en
lui souhaitant un mandat prospère
pour
la France
, dans l’unité de ses
composantes politiques, en cette
période cruciale de défis
européens et internationaux. Un
de ses projets annoncé le soir
de son élection intéresse
particulièrement le Liban, à
savoir l’Union méditerranéenne,
qui pourrait contribuer au
retour de la paix et au
renforcement de la solidarité
entre tous les pays méditerranéens.
Nous en avons grand besoin.
En
effet, nous assistons au Liban,
depuis près d’un mois, à une
nouvelle production
internationale. La technologie
et la science réalisent de
grands avancements, et notamment
la génétique, avec une
nouvelle espèce qui vient d’éclore
chez nous, l’afghano-palestinien.
Le nom donné à ce nouveau
groupe humain, sorti tout droit
d’Orient Disney, rappelle ceux
des guerres israéliennes lancées
depuis 30 ans au Liban, comme
« Paix en Galilée »
ou « les Raisins de la colère ».
Cette fois, il s’agit de
« Fateh el-Islam »,
la « conquête de
l’Islam », qui déclare
à la télévision haïr les Américains
et les juifs, et vouloir tuer
les chrétiens. Bon, je pense
que tout le monde a compris.
Souhaitons à l’armée
libanaise de parvenir à
restaurer la paix en contrôlant
la situation dans les camps
palestiniens qui jusqu’à
aujourd’hui reste explosive,
au moment où le tribunal
international, violemment récusé
par
la Syrie
, semble se mettre en
marche.
Toujours
est-il que la saison touristique
est une nouvelle fois
compromise, et que nous sommes
un peu lassés par cet état de
fait qui semble être une
fatalité. Mais le peuple
libanais dispose de nombreuses
ressources, et pourra bientôt
crier : « Qui ose détruire
le Liban ? »
Car
le peuple libanais est un peuple
fier, sûr de lui et
civilisateur, à l’image de
ses ancêtres les Phéniciens,
et n’a pas comme ambition de
dominer le monde en
l’asservissant. Il cherche à
se frayer une place de taille
dans ce monde en délivrant un
message de paix et d’amour, et
il en a les capacités. C’est
pour cela qu’il est combattu,
et qu’il y a une volonté de
le faire disparaître, comme il
y a une volonté aujourd’hui
de faire disparaître le message
du Christ, pour ceux qui croient
en Jésus, qui a plusieurs fois
séjourné en terre libanaise.
La vocation du Liban demeure
donc universelle. Il faut, pour
s’en rendre compte, visiter
Notre-Dame du Liban à Harissa,
et voir le flot de touristes
arabes se recueillir devant la
statue de
la Vierge
Marie
à l’instar de leurs
coreligionnaires musulmans
libanais et des Libanais chrétiens.
Après
20 ans d’existence, notre
association, le Rassemblement de
la Jeunesse
Libanaise, a l’intention de contribuer,
fortement, à la consolidation
du message du Liban à travers
le monde, où partout se
trouvent les Libanais, ou leurs
descendants ou amis. Ils sont en
grande majorité très bien intégrés
et appréciés pour leur
ouverture culturelle et
spirituelle dans les sociétés
qui les accueillent. Cette
action pour un Liban uni,
pluriel et démocratique, va se
dérouler progressivement, mais
rapidement, avec comme places
fortes, pour cette année 2007,
Beyrouth, Paris, Buenos Aires et
São Paulo. Il s’agira de
faire appel aux Libanais
d’origine, les Libanais de
sang, et aux amis du Liban, les
Libanais de cœur, pour
constituer
la Grande
Famille
Mondiale des Libanais de sang et
de cœur, et s’engager dans
une entreprise massive et
durable de soutien à un Liban
sans cesse menacé.
Pour
mener à bien cette action, nous
sommes en train de transformer
notre site Internet en un
journal unique au Liban et dans
la région, avec un système de
diffusion complet et permanent
en sept langues : le français,
l’anglais, l’espagnol, le
portugais, l’italien,
l’allemand et l’arabe. Et
nous avons l’honneur ce soir-même
d’ouvrir les souscriptions à
la Carte
des Amis du Liban,
la Carte
de
la Grande
Famille
Mondiale du Liban, avec nos
invités, et vous tous ici présents.
Je vous remercie de votre fidélité
et bonne soirée."
Juin 1967, la
guerre éclair entre Israël et
le monde arabe bouleverse le
Proche-Orient
Six jours et 40 ans
plus tard...
par GUY TAILLEFER,
publié dans le Devoir le
2 juin 2007
Il y a quarante ans éclatait
et prenait fin presque
aussitôt la guerre des
Six Jours (5-10 juin
1967), à l'issue de
laquelle l'espace
territorial d'Israël
avait triplé grâce à la
conquête du Sinaï, de
Gaza, des hauteurs du
Golan, de la Cisjordanie
et de la partie arabe de Jérusalem,
sous contrôle jordanien.
Six jours et quarante ans
plus tard se poursuit une
occupation dont on ne voit
pas la fin, marquée
depuis cinq ans par l'érection
d'un «mur de séparation»,
considéré par certains
comme «le chapitre le
plus triste de la saga
ininterrompue du processus
d'appropriation par Israël
des territoires
palestiniens». Parole aux
démocrates palestiniens
et au camp de la paix israélien.
Du belvédère du mont
des Oliviers, très beau
point de vue sur la
vieille ville fortifiée
de Jérusalem. On y monte
de préférence le matin,
recommandent les guides,
pour faire des photos des
vieux quartiers et de la
coupole dorée du dôme du
Rocher qui brille sous le
soleil. Le regard embrasse
3000 ans d'histoire. Qui
n'y serait pas sensible ?
N'y manque que la paix. Jérusalem
repose au coeur du conflit
israélo-palestinien,
point focal des tensions,
des haines et des indifférences
mutuelles. N'échappe donc
pas au regard le
moindrement avisé le fait
que le dôme du Rocher est
le troisième lieu saint
de l'Islam, après La
Mecque et Médine. Il trône
sur ce Jérusalem dont l'État
hébreu célèbre ces
jours-ci le 40e
anniversaire de la «réunification»
- alors que les
Palestiniens revendiquent
bec et ongles sa partie
orientale comme capitale
de leur futur État
national.
Ne lui échappe pas non
plus qu'il tourne le dos
à un bouleversement qui,
sur le terrain, est en
train de transformer en
profondeur la géographie
urbaine et sociale de la
ville - avec, à la clé,
une guerre démographique.
Il passe tout près, ce
fameux «mur de séparation»
qui court en tous sens sur
700 kilomètres autour de
la Cisjordanie, les
territoires palestiniens
occupés. On l'atteint en
quelques enjambées, par
la route qui descend, en
serpentant, de l'autre côté
du mont des Oliviers, vers
la mer Morte. «Clôture
de sécurité»
antiterroriste pour les
Israéliens, «mur de
l'apartheid» pour les
Palestiniens, le
gouvernement israélien en
tisse la toile autour et
au travers de Jérusalem
et de la Cisjordanie
depuis maintenant cinq
ans, une tonne de ciment
après l'autre, après en
avoir entrepris la
construction dans la foulée
d'une effrayante vague de
terreur signée par le
Hamas au début des années
2000. Les travaux achèvent.
Proclamé «capitale éternelle
et indivisible» d'Israël,
Jérusalem n'a cependant
jamais été reconnu comme
telle par la communauté
internationale. Des résolutions
onusiennes ont dénoncé
au cours des 40 dernières
années l'illégalité de
l'occupation israélienne
et de l'établissement en
territoires palestiniens
de colonies de peuplement
juives, dont l'extension
se poursuit. En juillet
2004, la Cour
internationale de justice
de La Haye déclarait illégale
la ligne de séparation et
réclamait le démantèlement
de l'ouvrage. Si le mur et
l'occupation soulèvent
une profonde opposition
parmi les Palestiniens,
ils créent aussi des
remous parmi les juifs
israéliens. S'expriment
des voix qui montrent bien
que la société israélienne
n'est pas monolithique et
qui chassent l'impression
que l'on peut avoir,
arpentant les rues de
Tel-Aviv, de Jérusalem ou
de Haïfa, que, tous tournés
vers l'Europe, les Israéliens
vivent comme si les
Palestiniens n'existaient
tout simplement pas.
Petit à petit
La nouvelle réalité du
mur, qui s'installe petit
à petit, ne retient guère
l'attention des médias,
occupés ces dernières
années à couvrir le
retrait israélien de
Gaza, la mort de Yasser
Arafat, l'élection-surprise
du Hamas aux législatives
palestiniennes et la deuxième
guerre du Liban. La «stratégie
d'annexion unilatérale»
de Jérusalem-Est et de
larges portions de la
Cisjordanie consiste précisément
à procéder de façon
graduelle, de manière à
rendre la chose
imperceptible, écrit
Amira Hass, dans le
quotidien israélien
Haaretz.
Le Palestinien Abu Hasan,
qui habite à Jérusalem-Est,
est un ancien journaliste
qui a rompu avec la
profession il y a quelques
années, écoeuré par la
paresse et le penchant
pour le sensationnalisme
de ses collègues. «Des
gens meurent dans ce
conflit, et c'est
tragique, mais la
catastrophe infligée aux
Palestiniens obéit à des
ressorts dont plusieurs
n'ont tout simplement pas
la patience de décrire la
complexité.» Il s'est
recyclé en guide de «tours
alternatifs» et promène
dans sa camionnette, pour
20 $US par personne, ceux
que la question intéresse.
«J'accompagne souvent des
diplomates occidentaux.
J'en amène demain à Hébron.
Ils rentrent ensuite chez
eux estomaqués par ce
qu'ils ont vu, font des
rapports scandalisés par
le sort réservé aux
Palestiniens. Mais rien ne
change.»
Que leur montre-t-il ? Un
ouvrage dont l'ampleur et
la complexité sont, en
effet, stupéfiantes : un
mur en béton de neuf mètres
de haut, ponctué d'énormes
tours de surveillance et
dont l'impressionnant
zigzag, foi d'Abu, dément
catégoriquement la
version officielle, «absurde»,
du gouvernement israélien
voulant qu'il ne soit
construit qu'à des fins
de sécurité pour protéger
la population israélienne
contre les terroristes du
Hamas. Ici, le mur
colossal contourne un
point d'eau pour faire en
sorte qu'il soit du côté
israélien (le contrôle
de l'eau étant un enjeu
majeur du conflit). Là,
le mur tourne subitement
à 90 degrés pour inclure
une maison du côté israélien
et rebifurque 30 mètres
plus loin. Là encore, la
«clôture» court au beau
milieu d'une rue
traversant un quartier
palestinien de Jérusalem-Est.
Abu Hasan gare sa voiture.
Devant nous, quelques
jeunes Palestiniens, des
paquets sous le bras,
attendent que les soldats
israéliens aient le dos
tourné pour passer
par-dessus le mur, qui ne
fait pour le moment que
trois ou quatre mètres de
hauteur. «Leur famille,
leur travail ou leur école
sont de l'autre côté.»
La scène est anodine et
ne l'est pas. Elle va au
coeur du sentiment de
spoliation et d'exclusion
dont se disent victimes
les Palestiniens. «Cette
cicatrice de béton
emprunte une route
politique à Jérusalem et
dans ses banlieues qui a
moins à voir avec la sécurité
qu'avec l'incorporation de
colonies juives de
peuplement à l'intérieur
des frontières de la
municipalité», affirme,
dans un récent rapport
intitulé The Wall, le
Centre international pour
la paix et la coopération
de Jérusalem (CIPC). Et
bien que la séparation
ethnique soit un de ses
objectifs, il semble que
le mur vise autant à séparer
les Israéliens des
Palestiniens que les
Palestiniens des
Palestiniens, souligne le
rapport. «Cherchant à
unifier les Israéliens,
le mur fragmente les
Palestiniens.»
Addition et
soustraction
Le nerf de la guerre est démographique.
Marquant le 40e
anniversaire de la réunification,
le maire de Jérusalem,
Uri Lupoliansky, ne
cachait pas à la mi-mai
que la principale préoccupation
de la municipalité était
de faire en sorte que la
ville demeure
majoritairement juive. Le
nombre de Hiérosolymites
(les habitants de Jérusalem)
est de 732 000, selon le
recensement de 2006 : 64 %
de Juifs, 32 % d'Arabes.
La tendance veut théoriquement
que le ratio soit de 50
pour 50 d'ici deux ou
trois décennies. La peur
est que «Jérusalem
pourrait, que Dieu nous
protège, se retrouver,
non pas sous juridiction
juive, mais sous celle du
Hamas», s'est alarmé le
maire. Aussi le mur
redessine-t-il les limites
de la ville pour englober,
par addition, les grands
blocs de colonies qui
l'entourent et où vivent
déjà, en terres occupées,
200 000 colons juifs.
C'est le cas de la plus
grande, Ma'ale Adumin,
située immédiatement à
l'est, entre Jérusalem et
Jéricho.
Abu Hasan immobilise sa
voiture dans la «colonie»
juive de Pizgat Ze'ev. Le
paysage urbain est celui
d'un quartier confortable
et bien rangé de la
classe moyenne, comme il
en existe à Montréal. Ce
qui égratigne le cliché
qui veut que les colonies
soient pour l'essentiel
peuplées d'ultra-orthodoxes.
«Les gens se
laisseraient-ils aussi
facilement convaincre,
note M. Hasan, si les
autorités ne leur
donnaient pas congé de
taxes municipales pour
quelques années et
n'offraient pas de généreux
programmes d'accès à la
propriété ?» Par
soustraction et en parallèle,
la construction du mur,
combinée à des
restrictions de plus en
plus coercitives à la
liberté de mouvement, a
continué de laminer le rôle
de Jérusalem-Est, habité
par 250 000 Palestiniens,
comme métropole de la
Cisjordanie, affirme Rami
Nasrallah, directeur du
CIPC. Avec le résultat
que Jérusalem-Est «est
aujourd'hui à ce point
diminué qu'il n'est plus
le centre institutionnel,
religieux, intellectuel et
commercial des
Palestiniens».
Une balade depuis les
beaux quartiers juifs de Jérusalem-Ouest
est parlante. Habite dans
la partie orientale 30 %
de la population. Mais ne
lui est consacré que 10 %
du budget municipal. En éditorial
récemment, Haaretz
raillait les politiciens
israéliens célébrant la
réunification en les
invitant à traverser la
ligne qui divisait la
ville jusqu'à la guerre
des Six Jours : «À
quelques centaines de mètres
de Jérusalem-Ouest, ils découvriront
des quartiers négligés
et des infrastructures en
ruine, de la pauvreté, du
surpeuplement et du chômage.
Le résultat de 40 ans de
discrimination délibérée.»
Le mur est un mur dans
tous les sens du terme. En
rognant des quartiers
palestiniens au nord et à
l'est de Jérusalem, il se
trouve à couper 55 000
Palestiniens de la ville,
a évalué le groupe
pacifiste israélien Ir
Amim (Cité des peuples).
Ce qui a donné lieu
depuis 2003 à un exode,
explique Meir Margalit,
ancien conseiller
municipal et l'une des
voix les plus importantes
du camp de la paix israélien.
«Des familles entières
quittent leur maison et déménagent
du côté israélien du
mur, si ce n'est que
quelques centaines de mètres
plus loin, pour ne pas être
coupées de leur travail,
de l'hôpital, de l'école,
de leurs proches et pour
s'éviter les humiliations
quotidiennes d'avoir à
traverser des points de
contrôle israéliens.»
De crainte aussi que ne
soit remis en cause le
statut de «résident
permanent» de Jérusalem
qui leur a été octroyé
après l'annexion de 1967.
Un droit qui tient dans
une précieuse carte
d'identité bleue. Ont-il
tort d'avoir peur? L'année
dernière, 1363 personnes
ont perdu leur droit de résidence,
six fois plus qu'en 2005,
à la suite de
l'application de nouvelles
règles administratives -
forcées, si elles ne
quittent pas tout
simplement le pays,
d'aller vivre à Ramallah,
à Jéricho ou à Bethléem...
«Tous les moyens sont
bons pour essayer de nous
chasser, dit Abu Hasan.
Impossible pour un
habitant de Ramallah, où
il n'y a pas de travail,
de travailler à Jérusalem
sans permis. Impossible
pour un garçon de Jérusalem-Est
qui voudrait se marier à
une fille de Ramallah de
la faire venir chez lui.
Ou il laisse tomber, ce
qui est fréquent, ou il
renonce à son permis de résidence
et va vivre en prison de
l'autre côté du mur.»
Le déplacement massif de
Palestiniens vers l'intérieur
de l'«enveloppe»
municipale a provoqué à
Jérusalem-Est une crise
du logement. D'une part,
les loyers ont augmenté
de 100 %. De l'autre,
devant la
quasi-impossibilité pour
un Palestinien d'obtenir
un permis de construction,
le nombre de maisons
construites illégalement
(1189 dans la seule année
de 2004) a grimpé en flèche.
La réaction des autorités
municipales a été féroce,
affirme M. Margalit, qui
travaille pour le Comité
israélien contre la démolition
des maisons: 350 maisons
«buldozzées» de 2003 à
2005, «un sommet»,
dit-il. «Une maison juive
sans permis est un problème
urbain. Une maison
palestinienne sans permis
de construire constitue
une menace stratégique.»
Beau cas, dit-il, de
situation créée de
toutes pièces par l'État
et dont celui-ci a du mal
aujourd'hui à s'extirper.
Immense succès
Le gouvernement récuse
ces sombres procès
d'intention, affirme que
le jour où il y aura la
paix et qu'un État
palestinien pourra voir le
jour, la clôture sera démantelée.
Il plaide surtout que
celle-ci est un «immense
succès» en ce qu'elle a
rempli son objectif sécuritaire
: faire cesser les
attentats suicide contre
la population civile israélienne.
Là où il a été érigé,
dit-on au ministère des
Affaires étrangères, le
mur a permis de réduire
de 90 % les tentatives
d'attentat. Ce dont lui
sont incontestablement
reconnaissants la grande
majorité des juifs israéliens.
Dans cette perspective, il
est «naturel»,
estime-t-on, que les
planificateurs du mur
prennent en considération
l'augmentation de la
population arabe. Un
porte-parole
gouvernemental, Mark Regev,
déclarait en décembre
dernier à la presse: «Nous
comprenons qu'il y ait un
impact négatif sur la
qualité de vie et il est
de notre devoir de tout
faire pour le minimiser...
Mais nous parlons ici de
qualité de vie, alors
que, de mon côté de la
clôture, il s'agit d'une
question de vie ou de
mort.»
Des arguments qui n'émeuvent
guère Rami Nasrallah. Il
n'en pense pas moins que
sont en train d'être créées
sur le terrain des «réalités
virtuellement irréversibles»
qui rendent de plus en
plus difficile d'imaginer
que Jérusalem-Est
devienne un jour la
capitale d'un éventuel État
palestinien. De fait, la
capitale de facto des
Palestiniens est de plus
en plus Ramallah, que l'on
atteint en une petite
demi-heure par transports
publics depuis la porte de
Damas, à Jérusalem, après
avoir franchi un poste de
contrôle qui a les
dimensions d'une
importante frontière
internationale. «Mais
c'est la frontière d'un
pays sans État et sans
monnaie [les gens y vivent
en dinars jordaniens et en
shekels israéliens], dit
M. Nasrallah. Un pays découpé
en enclaves, contrôlé
par quelque 400 points de
sécurité. En l'absence
de continuité
territoriale, il est
illusoire de parler d'un
pays palestinien viable
dans l'état actuel des
choses.»
Rencontré à Ramallah,
dans ses bureaux du
Jerusalem Media and
Communication Center (JMCC),
une organisation de
recherche, d'information
et de sondage qui existe
depuis 1988, le directeur
Ghassan Khatib affirme
carrément : «Il n'existe
pas de volonté politique
du côté israélien de
mettre fin à
l'occupation.» Mais il
tient à ajouter : «Je
lutte contre l'occupation
comme je milite pour que
le Hamas ne remporte pas
les prochaines élections.»
Tueurs tranquilles
par GABY NASR,
publié dans l'Orient-le
Jour le 1er juin 2007
Palabrer et mentir.
Après le tabboulé et la
kebbé, c'est sans doute
ce que les Libanais
adorent le plus. Les
Palestiniens également,
remarquez. Depuis 60 ans
qu'ils ont pris racine
chez nous, eux aussi ont
appris à ergoter et à
buller des mensonges gros
comme un mouton gavé.
Soixante ans de
mimétisme, ça devient de
la quasi-osmose. Il n'y a
que les niaiseux qui
pensent encore avec effroi
au complot de
l'implantation, alors que
le greffon, lui, a bel et
bien pris. Sur les
planches de ce théâtre
tragique, le camp de Nahr
el-Bared. Au départ, une
histoire on ne peut plus
gore : des timbrés du
bulbe, en quête de
paradis, sèment l'enfer
parmi une trentaine de
soldats. Mais attention !
Les tamponnés en question
sont profondément
religieux. S'il leur
arrive de prendre des
otages, de torturer,
d'égorger, c'est
uniquement en dehors des
heures de prière. Ca ne
boit jamais d'alcool, mais
ça vous crève l'oeil
d'un mécréant en moins
de temps qu'il n'en faut
pour changer ses
babouches. Ca lapide sa
femme en parpaings de
béton, mais ne la cogne
pas moins que les trois
autres qu'il a
claquemurées ailleurs.
C'est donc avec ces
hominidés, à peine
bipèdes, que le Signoret
essaye d'inventer la
quadrature du croissant.
Comment ? Ben voyons, en
papotant avec des
comparses palestiniens de
l'Autorité autonome.
Ceux-là mêmes qui
réussissent brillamment
à pacifier Gaza. Et qui,
au train où ça traîne,
vont réaliser le tour de
force d'en parachever le
clonage avec Nahr el-Bared.
Et puis bientôt coucou !
Le camp de Aïn
el-Héloué où d'autres
allumés sont en train
d'huiler leur moulin à
prières en affutant leurs
couteaux. Ceux-là aussi
ont été biberonnés à
la même morale : ils
kidnappent, torturent,
égorgent mais fument Dieu
directement et sans
filtre. Là encore, on
comptera les obus et on
papotera pour leur trouver
une "issue
honorable". C'est fou
comme les assassins de nos
contrées ont de l'amour
propre.
Faux
prophètes, authentiques
fléaux
par ISSA GORAIEB,
publié dans l'Orient-le
Jour le 9 juin 2007
De se poser en
instrument guerrier de la
volonté divine est déjà,
en soi, signe de totale déraison.
Le plus délirant,
cependant, c’est toutes
ces ingérences,
manipulations et autres
entreprises de récupération,
imprudemment multipliées
d’un peu partout en
direction
d’organisations éminemment
terroristes.
Le procédé n’est pas
nouveau, c’est vrai.
Pour bouter les Soviétiques
hors d’Afghanistan, les
Américains en ont
abondamment usé dans le
passé, armant
indistinctement
authentiques combattants
de la liberté et illuminés
de tout poil, pour finir
par endurer, au plus
profond de leur chair, les
terribles coups d’Oussama
Ben Laden. Les Saoudiens
ont longtemps gorgé de pétrodollars
canalisés par des
institutions caritatives
la vipère qui dormait en
leur sein ; pour eux
aussi, le réveil aura été
dur. Par on ne sait quel
prodige, la Syrie
baassiste échappe depuis
plus d’un quart de siècle
aux dures déconvenues des
apprentis sorciers. Elle a
impitoyablement éliminé
les Frères musulmans sur
son propre territoire,
mais, dans le même temps,
elle a favorisé l’éclosion
de maintes organisations
similaires dans ce qui était
son protectorat libanais.
Elle est accusée
d’exporter des militants
islamistes en Irak, et les
preuves de son implication
active dans les dernières
secousses au Liban ne font
que s’accumuler auprès
des autorités
judiciaires.
Il reste que dans le
climat de tensions
communautaires – et de
sournoise course aux
armements – qui règne
depuis quelque temps au
Liban, la Syrie n’est
sans doute pas seule hélas
à jouer avec le feu. Sans
pour autant faire siennes
toutes les allégations de
l’opposition, on ne peut
que déplorer ainsi les
mesquins calculs qui, en
2005, ont présidé à la
remise en liberté de
dizaines d’égorgeurs de
militaires, présentée
comme l’indispensable
complément de
l’amnistie accordée au
chef des Forces libanaises
Samir Geagea. On ne peut
que regretter, de même,
les largesses financières
dont auraient bénéficié,
à des fins politiques ou
électorales, des groupes
bien peu fréquentables.
Mais surtout, on ne peut
que s’étonner du
laxisme des services sécuritaires,
lesquels en effet
n’auront lancé la
chasse aux terroristes
qu’après que ceux-ci
eurent pris l’initiative
d’une insolente et
brutale déclaration de
guerre contre les
institutions – mais
aussi le peuple – du
Liban.
C’est sur ce point précis
d’ailleurs que les
responsabilités doivent
indiscutablement – et très
équitablement – être
partagées. Car s’il est
bien vrai que d’aucuns,
ici même, ont flirté un
moment avec le diable,
d’autres ne se décident
toujours pas à exorciser
les démons attachés à
leurs pas. Mosaïque de
confessions, le Liban
n’est pas un pays comme
les autres. D’associer
la religion militante, la
religion armée à la
politique – qu’il
s’agisse du wahhabisme
ou du khomeynisme – ne
peut que s’y avérer
mille fois plus dévastateur
que partout ailleurs dans
cette partie du monde. À
cet égard, le programme
de Fateh el-Islam est
sinistrement explicite :
guerre aux croisés (les
chrétiens), guerre aussi
aux mécréants et autres
renégats, aussi bien
sunnites que chiites,
guerre enfin à la Finul
stationnée dans le Sud du
pays. Pour cette raison,
l’éradication intégrale
du Fateh el-Islam ne doit
souffrir aucune nuance, ne
doit faire l’objet
d’aucune réserve,
d’aucune concession.
Faillir de quelque manière
à cette obligation élémentaire
équivaut à renier le
Pacte national sur lequel
repose ce pays. Prôner un
règlement politique de
l’affaire de Nahr
el-Bared, c’est
seulement différer
l’issue du conflit,
c’est assujettir
celle-ci à des conditions
sans cesse plus défavorables.
C’est ravaler l’armée
au rang de simple
protagoniste d’un fâcheux
mais somme toute banal
malentendu. C’est
exactement ce qui s’est
déjà produit dans le
camp de Aïn el-Héloué où
des groupes décrétés
hors la loi ont été
admis à jouer les forces
tampons, aux côtés des
organisations
palestiniennes régulières.
Ce qu’on leur reproche
à ces repris de justice ?
Une vétille,
l’assassinat - le 8 juin
1999 - de quatre juges en
plein tribunal de Saïda.
Le
malheur arabe sur
Al-Jazira
par DOMINIQUE
DHOMBRES, publié dans le
Monde le 14 juin 2007
Les scènes de désolation
se succédaient, mercredi
13 juin, sur Al-Jazira. La
chaîne d'information
arabe diffuse, depuis le
15 novembre 2006, une édition
en anglais. Les images
sont violentes, mais le
commentaire, souvent assuré
à Londres par des
journalistes passés par
la BBC, est toujours
prononcé sur un ton calme
et mesuré.
On voyait d'abord
l'attentat commis à
Beyrouth contre le député
antisyrien Walid Eido. Dix
personnes ont été tuées,
dont le député, son fils
aîné et deux gardes du
corps. Un véhicule piégé
a explosé au passage de
sa voiture. Il ne restait,
au milieu d'une grande
confusion, qu'un amas de tôles
fumantes entouré de
soldats et de pompiers. "Ce
sont les mêmes assassins
qui ont tué mon père et
d'autres martyrs de la
liberté", disait
Saad Hariri, chef de la
majorité antisyrienne au
Parlement et fils du
premier ministre Rafic
Hariri, assassiné en février
2005. Walid Eido était un
proche de son père. "Il
est le septième homme
politique antisyrien tué
au Liban depuis deux
ans", indiquait
un commentateur.
On voyait ensuite les
affrontements entre le
Hamas et le Fatah dans la
bande de Gaza. Dans une
ancienne place forte du
Fatah qu'ils avaient prise
d'assaut, des combattants
du Hamas paradaient cagoulés
de noir en brandissant
leurs armes. D'autres
membres du Hamas n'hésitaient
pas à tirer méthodiquement,
un genou à terre, sur des
manifestants qui avaient
osé défiler dans les
rues de Gaza pour réclamer
la fin des violences. La
scène la plus étonnante
avait lieu non pas à
Gaza, mais à Naplouse, en
Cisjordanie. Des hommes de
main du Fatah, lourdement
armés, étaient venus
enlever des techniciens
d'une station de télévision
proche du Hamas. Au moment
où ils sortaient du bâtiment
avec leurs prisonniers,
ils tombaient sous le feu
de combattants du Hamas
postés de l'autre côté
de la rue, et devaient
rebrousser chemin à l'intérieur
de l'immeuble. Ils réussissaient
finalement à sortir,
malgré une intense
fusillade. Les techniciens
étaient libérés dans la
soirée.
On voyait enfin, sur
Al-Jazira, des images du
mausolée chiite de
Samarra, en Irak. C'est un
des lieux saints de
l'islam chiite. Le dôme
doré de la mosquée avait
été détruit en février
2006 par une charge
d'explosifs, déclenchant
une vague de violences
entre chiites et sunnites.
Les deux minarets restés
intacts ont été pulvérisés
mercredi par une nouvelle
explosion. Aussitôt, un
couvre-feu a été décrété
à Bagdad et à Samarra,
une ville située à 120
km au nord de la capitale.
Mais, selon Al-Jazira, des
mosquées sunnites étaient
déjà prises pour cible,
par représailles, dans
plusieurs villes
irakiennes. Le malheur
arabe sous toutes ses
formes était, mercredi
soir, le thème presque
unique des bulletins
d'information de la chaîne.
Le
petit-fils de Begin
souhaite « faire
exploser » le
« mur » en
Cisjordanie
paru dans
l'Orient-le Jour le 8 juin
2007
Un des petits-fils de
Menahem Begin, l’ancien
Premier ministre israélien
de droite, manifeste régulièrement
avec des Palestiniens
contre le « mur »
construit en Cisjordanie
par l’État hébreu, a
indiqué hier le quotidien
Maariv. Le quotidien
publie la photo d’Avinadav
Begin, 32 ans, avec un
jeune Palestinien devant
des soldats équipés de
boucliers en plexiglas à
Bilin, un village près de
Ramallah où, chaque
semaine, des Palestiniens
et des pacifistes israéliens
manifestent contre la
construction de la barrière
de séparation. Maariv
cite également plusieurs
sites Internet dans
lesquels Avinadav Begin
proclame qu’il souhaite
« faire exploser ce mur
».
Vente
d'armes : discorde
israélo-américaine
par
PATRICK SAINT-PAUL,
publié dans le Figaro le
12 juin 2007
Un contrat d'armement est
venu jeter un nouveau coup
de froid entre Israël et
son allié le plus proche,
les États-Unis. Le
gouvernement du premier
ministre, Ehoud Olmert,
s'oppose à un projet américain
de vente d'armes
sophistiquées à l'Arabie
saoudite, comprenant des
armements guidés par
satellite. L'État hébreu
estime que ce projet
menace son incontestable
suprématie technologique
sur ses voisins arabes
dans le domaine militaire,
acquise grâce à l'aide
des États-Unis. Le
quotidien israélien
Maariv, qualifie de
« sévère »
la dispute entre
Washington et Tel-Aviv.
« Ces dernières
semaines, les différences
d'opinion ont tourné à
une mini-confrontation
entre responsables de la sécurité
américains et israéliens »,
rapporte le quotidien.
Deux hauts responsables du
ministère israélien de
la Défense ont exposé,
la semaine dernière au
Pentagone, leurs très
fortes réserves
concernant la vente
d'armes au royaume
saoudien.
Cette vente d'armes
sophistiquées doit avoir
lieu dans le cadre d'un mégacontrat
d'armement entre
Washington et ses alliés
les plus proches au Moyen
Orient. Elle doit
rapporter aux États-Unis
entre cinq et dix millions
de dollars, selon une
estimation d'experts
militaires américains cités
par le New York Times. Ces
ventes d'armes sont censées
permettre aux pays du
Golfe, proches de
l'Administration Bush, de
faire face à une éventuelle
riposte de l'Iran au cas où
les États-Unis décidaient
de frapper les
installations nucléaires
iraniennes. Israël
partage l'inquiétude de
ses voisins arabes face à
la montée du péril nucléaire
iranien et cherche à
oeuvrer discrètement à
un rapprochement stratégique
avec l'Arabie saoudite sur
ce dossier. Cependant,
Israël n'a aucunement
l'intention de renoncer
pour autant à son
ascendant militaire sur
ses voisins. L'État hébreu
s'inquiète notamment de
la vente de « bombes
intelligentes » guidées
par GPS, dont l'armée de
l'air israélienne avait
fait une utilisation
massive lors de la guerre
au Liban l'été dernier.
Selon le Maariv,
l'establishment militaire
israélien décrit la
vente de telles munitions
comme « un véritable
dommage à l'avantage
qualitatif d'Israël au
Moyen-Orient ». Israël
affirme que les États-Unis
se sont engagés à préserver
la suprématie militaire
israélienne dans la région.
Les responsables
militaires israéliens
envoyés aux États-Unis
ont fait valoir que le
transfert de tels
armements est un pari
hasardeux, vu le caractère
« instable »
du régime saoudien. Ils
auraient cité en exemple
le régime pro-occidental
du shah d'Iran, soutenu
militairement par les États-Unis,
qui a basculé aux mains
des mollahs il y a
vingt-huit ans.
Une crise
disproportionnée
D'après Israël, les
armements que les États-Unis
s'apprêtent à transférer
à l'Arabie saoudite ont
une durée de vie de dix
à vingt ans. « Le
fait qu'al-Qaida ait été
fondé en Arabie saoudite,
que ses hommes aient
infiltré les quatre coins
du régime, y compris dans
le domaine militaire, est
très inquiétant »,
écrit le Maariv. Plusieurs
responsables politiques
israéliens estiment qu'il
serait disproportionné de
déclencher une crise avec
les États-Unis à propos
de cette affaire,
enjoignant au passage les
autorités militaires israéliennes
à « ne pas
mordre la main qui les
nourrissent »
(les États-Unis). Mais le
gouvernement israélien a
menacé de faire
intervenir son puissant
lobby au Congrès américain
pour faire capoter
l'affaire déclenchant la
colère de Washington, qui
menacerait à son tour
Israël de représailles.
L'affaire figurera très
probablement au menu des
discussions entre Ehoud
Olmert et George W. Bush,
lors de leur rencontre
programmée à la
Maison-Blanche le 19 juin.
Nicolas Sarkozy
veut bientôt présenter
aux Européens son Union
méditerranéenne
par ELEONORE SURSEL,
publié dans le Temps le
31 mai 2007
La France devrait faire
une proposition concrète
au sommet européen de
juin. Au Portugal, en
Espagne, en Italie et au
sud de la Méditerranée,
l'idée du président français
intéresse. A Bruxelles,
elle soulève de nombreux
doutes. «Ce qui a été
fait pour l'union de
l'Europe, il y a soixante
ans, nous allons le faire
aujourd'hui pour l'union
de la Méditerranée.» Ce
projet d'Union méditerranéenne,
Nicolas Sarkozy en a parlé
en campagne à Toulon en février,
puis à Montpellier entre
les deux tours avant d'y
revenir au soir de son élection.
Il ne va pas lâcher l'idée.
Elle devrait même faire
l'objet d'une proposition
concrète au sommet des
chefs d'Etat et de
gouvernement de Bruxelles
les 21 et 22 juin, dit-on
de source française à
Bruxelles.
Le nouveau président a
tracé les grandes lignes
de son projet dans la
revue Politique
internationale : «Nous
devons, explique Nicolas
Sarkozy, proposer aux pays
de l'espace méditerranéen
d'établir avec eux une
Union méditerranéenne,
dont la Turquie serait
naturellement l'un des
pivots. Cette union aurait
vocation à travailler étroitement
avec l'Union européenne
et à avoir un jour avec
elle des institutions
communes. Elle pourrait
s'organiser autour de
rencontres périodiques de
ses chefs d'Etat et de
gouvernement comme les
grands pays industrialisés
ont leur G8. Elle aurait
un Conseil de la Méditerranée
comme l'Europe a le
Conseil de l'Europe.» Il
ajoute qu'une politique
commune d'immigration, que
le développement économique
et commercial, la
promotion de l'Etat de
droit, la protection de
l'environnement et le codéveloppement
formeraient les «piliers»
du projet.
«Cela mérite d'être précisé,
d'être articulé, complète-t-on,
de source française à
Bruxelles. Il faut montrer
une plus-value par rapport
aux propositions
existantes.» La
plus-value ne saute en
effet pas aux yeux des
observateurs de la vie
européenne. «Je ne vois
pas ce que Nicolas Sarkozy
entend par là. Nous avons
déjà le processus de
Barcelone» qui lie
l'Union européenne aux
pays de la Méditerranée,
s'étonne Fraser Cameron,
du European Policy Centre,
un groupe de réflexion
bruxellois.
«Je me demande ce qu'il
veut faire de Barcelone,
renchérit Michael
Emerson, du Centre for
European Policy Studies de
Bruxelles. Sans compter
qu'il existe encore un
autre système informel de
dialogue, dit «cinq plus
cinq», qui réuni les
pays du nord et du sud de
la Méditerranée, dans le
cadre duquel des ministres
se parlent. Cela n'a
d'ailleurs jamais donné
grand-chose.» Le
chercheur y voit même un
risque potentiel : «S'il
veut véritablement
construire quelque chose
qui ressemble à l'Union
européenne entre
riverains de la Méditerranée,
il risque de casser
l'Union européenne en
deux.»
Michael Emerson y lit également
une intention sous-jacente
: «Il y a
bien sûr l'arrière-pensée
turque là-dedans : vous ne
pouvez pas entrer dans
l'Union européenne, mais
vous pourrez entrer avec
nous dans l'Union méditerranéenne...»
A Ankara, l'idée ne plaît
pas du tout. «La Turquie
est un des pays méditerranéens,
mais la coopération en Méditerranée
est une chose et la coopération
au sein de l'Europe en est
une autre», a prévenu
Abdullah Gül, le ministre
turc des Affaires étrangères.
L'«arrière-pensée
turque» va-t-elle freiner
l'intérêt qu'ont déjà
manifesté pour le projet
de Nicolas Sarkozy
l'Italie, l'Espagne et le
Portugal? Car ces trois
pays sont, au contraire de
la France, plutôt en
faveur de l'adhésion de
la Turquie. Cela n'a pas
empêché le premier
ministre espagnol, José
Luis Zapatero, d'évoquer
le projet dès son premier
contact téléphonique
avec le nouvel élu français.
Luis Amado, le premier
ministre portugais, qui présidera
les Vingt-Sept le semestre
prochain, a déjà indiqué
qu'il veut mettre
d'avantage l'accent sur
les rapports euroméditerranéens,
tout en précisant qu'il
est «en faveur de l'élargissement
à la Turquie». Romano
Prodi, le président du
Conseil italien, qui a
aussi dit son intérêt à
donner une «signification
au niveau opérationnel à
la politique méditerranéenne»,
tente d'écarter la
question turque : il ne
faut «pas penser que
cette proposition [...]
pour une grande politique
de la Méditerranée soit,
de quelque façon que ce
soit, une échappatoire
pour résoudre le problème
de nos relations avec la
Turquie», dit-il. «C'est
autre chose.»
Au sud, seul le Maroc -
qui a exprimé son désir
d'adhérer à l'Union
européenne - a salué la
proposition. Plus
indirectement, l'Egypte,
l'Algérie et la Tunisie
ont adressé de chaleureux
messages de félicitations
au nouvel élu français.
En Israël, où certains rêvent
aussi de rejoindre
l'Europe, pas de
commentaires, malgré
l'enthousiasme suscité
par Nicolas Sarkozy. La
question est délicate si
l'on songe qu'une union
complète des riverains de
la Méditerranée
placerait Israël dans le
même ensemble que ses
voisins arabes, dont
l'instable Liban et la
redoutable Syrie.
L'Europe tend déjà
vers le Sud
Depuis 1995, l'Union
européenne a décidé
d'un cadre pour ses
relations avec les pays de
la Méditerranée. C'est
le processus dit de
Barcelone ou Euromed qui
vise, par un partenariat
stratégique, à favoriser
la stabilité et la sécurité
dans la région, avec l'idée
notamment de peser sur le
conflit israélo-palestinien.
Des liens économiques ont
été tissés qui
pourraient aboutir à un
accord de libre-échange
avec l'UE à l'horizon
2010. Par ailleurs, des
relations dites «sociales
et culturelles» tentent,
tant bien que mal, d'agir
sur les flux migratoires
du Sud vers le Nord. Un
peu occulté par l'élargissement
de l'Europe à l'Est, le
processus de Barcelone n'a
pas apporté les résultats
escomptés. Le sommet
extraordinaire organisé
pour son dixième
anniversaire, à Barcelone
en novembre 2005, a été
marqué par l'absence de
presque tous les
dirigeants arabes.
«L'actuel processus
Euromed n'est pas une réussite,
ce qui n'est pas tout à
fait la même chose qu'un
échec, juge Michael
Emerson, du Centre for
European Policy Studies.
C'est un essai qui n'a pas
mené à des réformes
politiques ou économiques
très impressionnantes.
Cela n'a pas résolu les
conflits dans la région,
cela n'a pas accéléré
la démocratisation. C'est
vrai. Pour que ça marche
mieux, il faudrait ne plus
accepter de composer avec
les pays autocrates, lever
les barrières
commerciales sur les
oranges et les tomates du
Maroc, par exemple, et se
montrer plus accommodant
sur les migrations. Mais
Nicolas Sarkozy ne semble
pas prêt de le faire.»

Sur
la scène de l’attentat
qui a coûté la vie au député
Walid Eido, dans le
quartier de Manara à
Beyrouth, le
mercredi 13 juin 2007

Grande
salle du Palais de l'Emir
Béchir à Beiteddine
construit au début du 19e
siècle. Photo
du 29
avril 2007. Naji Farah
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