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Le
Liban n’a pas été
épargné par la tragédie
de l'université de
Virginia Tech
Réunion
lémanique pour
éviter l'explosion du
Liban
par ALAIN CAMPIOTTI,
publié dans le Temps
le 23 avril 2007
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Américaines
et britanniques
pour la plupart,
plus de 180
sociétés de
sécurité
privées
opèrent en
Irak. Elles
emploient près
de 50.000
personnes, dont
les missions se
confondent avec
celles des
militaires.
Blackwater, qui
a touché en
cinq ans plus de
570 millions de
dollars du
gouvernement
américain,
utilise en Irak
des blindés,
des avions et
des
hélicoptères.
Les associations
de défense des
libertés
s'inquiètent de
voir une telle
puissance de feu
échapper à la
chaîne de
commandement
officielle. Les
bavures sont
rarement
sanctionnées. Dessin
de Plantu,
publié dans le
Monde du 5 avril
2007
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Les côtes
du Lavaux ont une vertu
apaisante. Douze Libanais sans
colère ont discuté deux jours
durant, au Mont-Pèlerin, de
leur pays menacé par une
nouvelle explosion. Ils
appartiennent pourtant, à des
niveaux élevés, aux deux camps
politiques qui à Beyrouth ne se
parlent plus. Leur réunion était
organisée par la jeune
Association suisse pour le
dialogue euro-arabo-musulman,
avec le soutien du Département
fédéral des affaires étrangères.
Le Liban est paralysé depuis
novembre dernier par une crise
qui rappelle les prémices de la
guerre civile (1975-1990). Le
feu a pris quand le Hezbollah et
ses alliés ont abandonné les
dix ministères qu'ils détenaient
dans le gouvernement du sunnite
Fouad Siniora. Au cœur de la
dispute: le tribunal
international dont les Nations
unies ont décidé la
constitution pour juger les
auteurs et les commanditaires de
l'assassinat en 2005 de l'ancien
premier ministre Rafic Hariri.
Le mouvement chiite veut faire
tomber le gouvernement composé
de chrétiens, de sunnites et de
druzes, qu'il assiège au cœur
de Beyrouth et qu'il tient pour
une marionnette aux mains des
Occidentaux. L'autre camp accuse
le Hezbollah et le président
Emile Lahoud de servir les intérêts
de la Syrie, soupçonnée
d'avoir inspiré l'assassinat de
Hariri. Pendant ce temps,
les émirats du Golfe se livrent
à une rude compétition
culturelle, sous les feux de
l’actualité avec des projets
retentissants. Il nous paraît
loin, très loin, si loin le
temps où Beyrouth était sacré
« Capitale culturelle du monde
arabe ». Souvenez-vous, c’était
en 1999. Aujourd’hui, ce sont
les émirats du Golfe qui
remportent la palme de
l’attraction culturelle. Ils
avaient le pétrole, et c’était
tout. Maintenant, ils ont le
Louvre, le Guggenheim et la
Sorbonne. Ils accueillent
Christie’s, Robbie Williams et
Shakira. Des sables du désert
de Sharjah, de Qatar, de Dubaï
et d’Abou Dhabi sortent des
musées construits par Frank
Gehry, Zaha Hadid, Jean Nouvel,
Tadao Ando ou encore Eoh Ming
Pei… Dans ce jeu de Monopoly géant,
la compétition est rude entre
les émirats du Golfe qui
veulent attirer le résident ou
le touriste de luxe. Le marché
de l’art s’y annonce également
très prometteur. D’avis de
professionnels, un « marché
beaucoup plus mature » que le
marché émergent en Chine
populaire qui fait rêver tout
l’Occident. Pour preuve, les
ventes Christie’s qui se succèdent,
la première Gulf Art Fair à
Dubaï organisée début mars
dans le cadre somptueux du
Jumeirah Madinat Arena et de la
spectaculaire Fort Island, et
l’audacieuse Art Paris Abu
Dhabi qui, comme son nom
l’indique, exportera dès
novembre la foire d’art
moderne du Grand Palais parisien
sous les ors de l’« Emirates
Palace » dans la capitale de la
fédération. Sur un autre plan,
aux Etats-Unis, deux étudiants
libanais, Reema Joe Samaha, 18
ans, et Ross Abdallah Alameddine,
20 ans, ainsi qu'un étudiant
égyptien, sont morts dans la
tuerie de l'université de
Virginia Tech, où un étudiant
d'origine sud-coréenne a fait,
le lundi 16 avril, plus de 32
tués. Enfin, en France, les
deux grands candidats Nicolas
Sarkozy et Ségolène Royal ont
été élus le 22 avril et
disputeront la présidentielle
le 6 mai prochain.
Cinq
mois de paralysie
L'objectif
des discussions privées du
Mont-Pèlerin n'était bien sûr
pas de résoudre la crise
libanaise actuelle. «Mais si
rien ne bouge avant l'automne,
quand une élection présidentielle
est censée avoir lieu, dit Yves
Besson, vice-président de
l'association organisatrice, la
situation deviendra extrêmement
dangereuse au Liban.» Pour écarter
le péril, pense cet ancien
diplomate, les Libanais doivent
tenter de dépasser les motifs
de l'actuelle tension. S'ils
parviennent à concentrer leurs
réflexions sur le moyen et le
long terme, sur la réforme des
institutions et sur les
conditions de la vie en commun
de tous les citoyens du pays du
Cèdre, ils découvriront que
les raisons de la crise qui
menace de dégénérer sont
subalternes. Les participants
ont travaillé sur ces bases.
Ils représentaient à peu près
toutes les tendances politiques
libanaises, du Hezbollah aux chrétiens,
en passant par les sunnites, les
druzes, le parti du général
Michel Aoun et Amal, l'autre
mouvement chiite. Malgré des
tensions sur la question des
relations extérieures du Liban,
le climat des discussions était
apaisé, et le petit forum a décidé
de tenir une autre session avant
l'automne.
Monopoly
géant dans les pays du Golfe
Batailles
culturelles chez les rois du pétrole
par
MAYA GHANDOUR HERT, publié dans
l'Orient-le Jour le 26 avril
2007
Les
monarchies du Golfe connaissent
une impulsion réformiste évidente
; pour preuve, le scrutin législatif
transparent qui a eu lieu à
Bahreïn
; le débat d’idées que connaît
l’Arabie saoudite ou l’élection
d’une femme, Amal Kobeissi, au
Parlement des Émirats arabes
unis, etc. ; d’aucuns considèrent
qu’il s’agit là du début
d’un processus qui obère le
devenir de ces monarchies
condamnées
à se transformer de l’intérieur,
à l’heure des grands
chamboulements que connaît la région.
Côté culturel, les Émirats se
montrent de plus en plus
permissifs, voire carrément «
mondialisables ». Avec cette
ouverture au monde, ils offrent
la sécurité et un sens de la
perfection dans ce qu’ils
entreprennent. Sous le label de
« dialogue des cultures et de
la création de passerelles
entre les civilisations », les
Émirats se trouvent donc
aujourd’hui propulsés sous
les feux de l’actualité avec
leurs projets retentissants.
Construire le plus grand musée
ou attirer la plus prestigieuse
université semblent être les
enjeux de ce Monopoly géant.
Dubaï,
paradis artificiel ?
Dubaï,
une métropole sans âme, un
paradis artificiel pour
plaisirs superficiels avec des
habitants virtuels ? C’est ce
que disaient les « expats »
dubaïotes.
Mais voilà. La donne est en
train de changer. Rapidement.
Dangereusement. Autrefois, on y
allait pour faire de l’argent.
Puis sont venus les restaurants,
les pubs, les plages, les
complexes de cinéma.
L’argent, gagné à force de
sacrifices, est dépensé tout
aussi rapidement. Dubaï, avec
ses tours qui chatouillent le
ciel (dont Bourj Dubaï appelée
à devenir la plus grande tour
du monde et qui devrait être
achevée fin 2008). Dubai, où
le bâtiment le plus ancien, le
Fort Fahidi, qui fait également
office, depuis 1971, de Musée
national, date de 1787. Dubaï où
l’on construit des théâtres
de 500 places, où l’on a pu
voir un Michael Jackson en
tchador (pour l’anecdote) et où
ont défilé ces deux dernières
années Sting, Robbie
Williams, Craig David, Vanessa
Mae, Shakira, Mariah Carey,
Brian Adams, les Black Eyed Peas.
Dans le cadre du Dubai Desert
Rock Festival, des groupes
cultes comme Incubus, The
Prodigy et les Iron Maiden.
En
attendant les musées, la fin de
chacune des négociations et les
monuments architecturaux qui
doivent les magnifier, les
affaires continuent à Dubaï,
devenu paradis financier régional
et international, pour
encourager l’investissement en
oeuvres d’art au Proche-Orient
et en Asie, deux régions
prometteuses pour le marché
lucratif de l’art. Le mérite
en revient à Christie’s, la
première à avoir misé sur ce
nouveau marché que sont les émirats
du Golfe. Sa première saison en
mai
2006 a
été à ce titre une réussite
alléchante pour un marché de
l’art qui vit déjà une
embellie incroyable, de New York
à Londres, de Bâle à Paris,
grâce à l’art contemporain.
En réalisant un produit de
8,489 M$ (87 % des lots vendus
et surtout 94 % en valeur, soit
des acheteurs très
enthousiastes dont les enchères
dépassent largement les
estimations), sa vente
internationale
d’art moderne et contemporain
a été un coup de théâtre en
2006. La deuxième saison, tenue
le 31 janvier et le 1er février
2007, de montres anciennes, de
bijoux et d’art contemporain,
était également un grand succès.
«
Sous la bénédiction des
autorités, qui veulent donner
une spécificité au lieu et
attirer des résidents de
qualité, Dubaï a réussi à créer
les conditions d’un vrai épanouissement
culturel. Sécurité, libéralisme
et perfectionnisme poussé à
l’extrême en tout projet, la
formule attire un nombre
croissant
d’Indiens, collectionneurs et
investisseurs, qui n’hésitent
pas à traverser les mers pour
venir y ancrer leurs affaires »,
analyse François Curiel, président
de Christie’s Europe. «
Ils constituent, dit-il, le
coeur de cible de ce nouveau
marché à Dubaï, suivis des
nouveaux Russes aux fortunes
toutes neuves, friands du climat
et des facilités du lieu,
suivis des acheteurs de la région,
des Émirats à l’Arabie
saoudite, qui apprécient de
voir s’enrichir ainsi leur
voisinage touristique et
culturel. »
Francophonie
galopante à Abou Dhabi
C’est
ainsi, pour « enrichir
l’offre universitaire régionale»,
jusque-là dominée par les
Anglo-Saxons, que les EAU ont
pris l’initiative de
la Sorbonne transplantée à Abou
Dhabi moyennant 25 millions de
dollars. L’établissement est
mixte, axé sur un enseignement
laïc et accueillera dans un
premier temps une centaine d’étudiants
– on en prévoit à terme plus
d’un millier – pour les
trois années du cursus de
licence. Les jeunes émiratis,
et plus largement ceux des pays
du Golfe, pourront assister à
des cours d’archéologie,
d’histoire des arts, de
littérature
française, d’histoire, de géographie
et de philosophie, puis, à la
rentrée 2007, à des
enseignements
en droit, en économie et en
sciences politiques, tous
dispensés en français. Une
formation « diplômante »,
assurée par des professeurs de
la Sorbonne
expatriés, qui leur permettra
de poursuivre leurs études de
mastère et de doctorat en
France, voire en Europe. Une année
d’apprentissage de la langue
et de la culture françaises est
même prévue à destination des
candidats non francophones.
Pour
Abou Dhabi, accueillir une
université aussi prestigieuse
est une façon de préparer l’ère
de l’après-pétrole en misant
sur l’économie du savoir et
de la culture, tout en concurrençant
Dubaï. L’autre avantage
serait de profiter, à terme, du
déclin de Beyrouth et du
Caire, pour s’affirmer en tant
que pôle moyen-oriental de la
francophonie. Du côté de
la Sorbonne
, on affirme, par la voix de son
président, Jean-Robert Pitte,
vouloir concourir au dialogue
des civilisations et au
rayonnement
de la culture française, face
à l’influence des universités
anglo-saxonnes. De la réussite
de l’expérience d’Abou
Dhabi dépendra l’extension,
à l’étude, de la formule à
des pays comme
la Grèce
,
la Corée
du Sud, le Japon, ou
la Chine..
.
La
possibilité d’une île… des
musées
On
l’aura compris, Abou Dhabi,
qui a bâti sa richesse sur le pétrole,
mise désormais sur le tourisme
et la culture. L’émirat
compte en effet se doter d’un
« district » culturel unique
au monde d’ici à 2018. L’émirat
espère construire cinq grands
musées (dont les très médiatiques
Guggenheim et Louvre) sur l’île
inhabitée de Saadiyat, pour un
budget évalué à 27 milliards
de dollars, en partenariat avec
les établissements les plus
prestigieux du monde. Le Centre
culturel des arts vivants sera
conçu par l’architecte
britannique d’origine
irakienne Zaha Hadid. La
capitale des Émirats arabes
unis entend ainsi se différencier
de Dubaï, sa rivale économique,
en misant sur le terrain de la
culture et de l’économie du
savoir. « L’idée est de créer
une complémentarité entre les
sept émirats qui composent
notre pays », se défendent les
gouverneurs. Ce pôle sera également
l’occasion d’ancrer le
tourisme dans une ville qui vit
principalement des pétrodollars
(chaque jour y sont extraits 2,5
millions de barils de pétrole).
Au terme du projet, l’île
pourra héberger plus de 150.000
personnes.
Le
Guggenheim de New York a
officiellement accordé
une franchise. Le coût de
la construction de cet
ouvrage confié à
l’architecte Frank Gehry
est estimé aujourd’hui
à 400 millions de
dollars, sans compter
l’achat des oeuvres à
exposer. Si, de leur côté,
les Américains n’ont
pas montré une opposition
à ce projet (il faut dire
qu’il ne s’agit pas
d’une nouveauté pour
eux : les Guggenheim-bis
fleurissent un peu
partout), la « délocalisation
» du Louvre se passe,
elle, sur fond de polémique.
Comme on le sait, d’éminentes
personnalités du monde
culturel français
estiment qu’offrir à
Abou Dhabi la possibilité
de nommer un musée «
Louvre » est une manière
de brader ce que la nation
possède de plus précieux.
Rapidement caricaturé, le
débat a tourné à la polémique.
D’un côté, les «
anciens », prétendument
dépassés par la nouvelle
activité des musées. De
l’autre, les « modernes
», soucieux de rentabilité
et de visibilité
internationale. Les choses
ne sont évidemment pas
aussi simples. Le
calendrier n’est pas
encore d’une exactitude
parfaite – le cabinet de
Jean Nouvel, qui édifiera
le bâtiment, le reconnaît
le premier –, la date
d’ouverture du
Louvre Abou Dhabi est à
situer vers 2012-2013. Un
projet, rappelons-le, qui
a été voulu par l’émirat
d’Abu Dhabi et, au
premier rang, par cheikh
Mohammad ben Zayed, fils
du fondateur des Émirats
arabes unis et prince héritier,
puis mis en oeuvre par
cheikh Sultan ben Thanoun
al-Nahyan, président de
l’autorité du tourisme
et du patrimoine, et
cheikh Abdallah ben Zayed
al-Nahyan, demi-frère du
prince, ministre des
Affaires étrangères et
ancien ministre de
la Culture.
Le
projet Louvre comporte
trois volets : la
construction
d’un bâtiment de
24.000 m2
dessiné par
l’architecte Jean
Nouvel, la location
d’oeuvres appartenant à
plusieurs musées français
et l’utilisation de
l’appellation « Louvre
» (pour un coût de 400
millions d’euros)
pendant trente ans. Une opération
qui « avoisine le
milliard d’euros »
(!), chiffre l’ambassade
des Émirats arabes unis
à Paris. Dont 400
millions d’euros pour le
Louvre, sans baisse de
dotation budgétaire, sans
taxation fiscale, 265
millions d’euros pour
l’ensemble des musées
participants aux prêts et
aux expositions. Cet
accord est signé pour
trente ans et six mois.
Premier acte rêvé par le
Louvre-Paris : le pavillon
de Flore pourrait être dégagé...
Abou Dhabi permettrait
ainsi l’achèvement du
Grand Louvre. Évidemment,
la question de la fidélité
des oeuvres se pose
d’elle-même. Quid de
certains types de représentations
dans une terre aux moeurs
somme toute assez
conservatrices ? Bien que
le musée revendique « l’universalisme
», « les
crucifixions, ou les nus »
ne sont pas universels
pour les Émiratis. Un néologisme
aurait même été créé
pour l’occasion : « les
nus calmes ». Le
concept n’existe pas
dans la terminologie
artistique, mais on le
comprend aisément : il
s’agira sans doute
d’oeuvres qui ne présentent
pas de caractère trop
provocant. Selon un
historien d’art, « c’est
l’État français qui
s’autocensure ».
Outre ces critères
esthétiques, la sélection
des oeuvres se fera sur le
principe du volontariat :
les conservateurs étant
libres de mettre ou non à
disposition telle oeuvre
ou telle oeuvre.
L’émir
éclairé de Qatar
La
monarchie, dirigée depuis 1995
par un émir éclairé et
passionné de culture, s’est
investie dans une politique délibérée
d’acquisition d’œuvres
d’art, ayant fait de ce petit
pays l’un des plus grands
acheteurs sur le marché
mondial. En 2005, la presse
occidentale avait toutefois révélé
la disgrâce du responsable de
ces achats, le prince Saoud
al-Thani, qui a acquis la réputation
de « plus grand
collectionneur d’art » au
monde. Ce prince ne lésinait
pas sur les deniers publics,
allant jusqu’à dépenser en
une semaine de ventes aux enchères
à Londres plus de 15 millions
de livres sterling, écrivait
alors un journal français. Les
acquisitions phénoménales du
prince Saoud, au nom de l’émir,
devraient occuper une bonne
place dans une série de musées,
dont la construction est envisagée
à Doha. « Nous possédons
un immense florilège de pièces
originaires de nombreux pays du
monde, collectionnées depuis
une quinzaine d’années et qui
doivent figurer dans une série
de musées, le premier devant être
inauguré fin 2007 ou début
2008 », déclare à l’AFP
Sabiha al-Khémir, directrice du
Musée d’art islamique.
Le
musée, en cours d’achèvement
sur la corniche à Doha, a été
conçu par le Sino-Américain de
renommée mondiale Ieoh Ming
Pei, l’architecte de
la Pyramide
du Louvre. Les espaces intérieurs
et la présentation des oeuvres
ont été confiés à l’architecte-muséographe
français Jean-Michel Wilmotte.
Quarante-deux chefs-d’oeuvre
qui doivent figurer dans les
salles du futur Musée d’art
islamique ont été exposés
pour la première fois en juin
dernier au Louvre. Le Musée
d’art islamique va s’intégrer
dans un ensemble de réalisations
culturelles, dont cinq à sept
musées et une bibliothèque
nationale, confiées à
d’autres architectes de renommée
mondiale, dont l’Espagnol
Santiago Calatrava et le
Japonais Arata Isozaki. Habib
Trabelsi, de l’AFP, mentionne
également « un Musée de la
photographie, un Musée des
oeuvres d’orientalistes et un
Musée pharaonique ».
Sharjah
: un prix et des musées
L’émirat
de Sharjah n’est pas en reste
dans cette course effrénée à
la culture. Il prépare
actuellement
sa huitième Biennale de l’art
contemporain, la plus grande
dans le monde arabe et se targue
de décerner le prix Sharjah
pour la culture arabe, un prix
créé en 1998 en collaboration
avec l’Unesco, à
l’initiative de cheikh ben
Mohammad al-Quassimi, dirigeant
de cet émirat. Le prix est
destiné à récompenser les
efforts d’un ressortissant
d’un pays arabe et d’un
ressortissant de tout autre pays
qui auront contribué, par leurs
oeuvres artistiques,
intellectuelles ou
promotionnelles,
au développement et à la
propagation dans le monde de la
culture arabe. Cette initiative
a été prise dans le cadre des
activités menées en 1998, au
titre de la célébration de «
Sharjah, capitale culturelle
de la région arabe ». Le prix
est accordé une fois tous les
deux ans lors de
la Conférence
générale de l’Unesco.
«
La Tribune
de l’art » interdite aux Émirats
Il
y a quelques semaines,
la Tribune
de l’art lançait une pétition
sur les risques de
commercialisation de l’échange
culturel et posait la question
de la censure. Plus de 4.700
personnes ont signé la pétition.
Depuis, le site est interdit
d’accès aux Émirats arabes
unis « pour raisons de sécurité
». Dame Anasthasie sera-t-elle
voilée dans les pays du Golfe ?
Lettre
de jalousie… et de révolte
Terrés
dans notre coin, nous Libanais
de souche assistons
impuissants à la francophonie
galopante sur les sables du désert,
alléchée par les pétrodollars.
Et nous, verts de jalousie,
regardons
notre pays se déserter de ses
jeunes, de son argent, de sa
culture. Plus que les maisons
closes, pour attirer le touriste
? « Des filles faciles qui
parlent l’arabe », c’est
notre plus grand avantage, paraît-il.
Nous avons le droit de piquer
une crise de jalousie, non ? Une
crise d’autant plus
douloureuse
qu’on ne l’a pas vue venir,
ou qu’on n’a pas accepté de
la considérer lorsqu’elle
s’annonçait aussi certaine
que la charge d’un éléphant.
Or, se trouver sur la
trajectoire de la course de l’éléphant,
est-ce la faute de l’éléphant
? Dans la pensée stratégique
chinoise, une crise résulte au
mieux d’un déficit
d’adaptation en temps voulu et
au pire d’une coupable cécité
stratégique, autant des
dirigeants que des cités ou
organisations engoncées dans un
confort d’habitudes. Beyrouth
n’a aucune envie de crouler
sous l’insignifiance, ni de
devenir impersonnel et anonyme.
Le ciel au-dessus de la capitale
n’a son pareil nulle part
ailleurs. Ces « gens d’en
haut » qui mènent la danse et
dont le portefeuille des idéaux
est tant à découvert
veulent-ils étendre ce silence
culturel, ce « sans-âme », ce
forfait contre l’intelligence
et l’imagination ? La culture
se tisse de fourmillements, de tâtonnements,
de débordements et de remue-ménage.
De transgressions, de désirs,
de dénonciations, de rêves et
de colères. De rires et de
larmes. Elle s’oppose, par
nature, à tout endormissement
et abrutissement qui plongent
dans un coma profond, tel celui
dans lequel on risque
d’enfoncer (à nouveau) notre
ville. Cette acculturation qui
s’installe de façon
insidieuse est grave, sinistre.
Inacceptable !
Fusillade
de Virginia Tech - Le
Liban n’a pas été épargné
par la tragédie
Reema
Samaha, 18 ans, et Ross
Alameddine, 20 ans, victimes
du drame du campus de Virginie
par
SUZANNE BAAKLINI, publié dans
l'Orient-le Jour le 18 avril
2007
La
tragédie de la fusillade de
l’université de Virginia
Tech, à Blacksburg Virginia,
aux États-Unis, perpétrée
lundi par un étudiant
d’origine sud-coréenne, Cho
Seung-hui, pris d’une folie
meurtrière, n’aura pas épargné
le Liban. Deux jeunes victimes
libanaises sont tombées sous
les balles de l’assassin, dans
leurs salles de classe : Reema
Joe Samaha, 18 ans, en première
année (freshman), et Ross
Abdallah Alameddine, 20 ans, qui
suivait des études d’anglais.
Tous deux emportés à la fleur
de l’âge, subissant une fin
absurde en même temps que
trente de leurs camarades et
professeurs, aux mains d’un
tueur qui s’est donné la mort
après la tuerie, et dont on ne
connaîtra probablement jamais
les motivations. Une source
libanaise a estimé qu’il y
avait une cinquantaine de
Libanais (ou d’Américains
d’origine libanaise) dans
cette université qui compte
quelque 26.000 étudiants.
Fille
d’un couple d’émigrés
libanais aux États-Unis, Joe et
Mona Samaha, originaires du
village de Khonchara (Metn-Nord),
Reema Samaha est née en 1988
dans le pays d’adoption de ses
parents. Au moment des faits,
elle vivait toujours avec sa
famille à Centreville,
Virginia. Cette dynamique jeune
fille est décrite par son
oncle, Claude Samaha, contacté
au Liban, comme une passionnée
de danse, et plus particulièrement
de la danse folklorique
libanaise par excellence, la «
dabké ». Car si la jeune fille
est née aux États-Unis, elle
n’en éprouvait pas moins une
très grande affection pour son
pays d’origine, selon son
oncle, qui ajoute qu’« elle
visitait le Liban en été dès
qu’elle le pouvait ». Son rêve
était même d’apprendre la
danse orientale avec la troupe
de Caracalla. La veille de sa
disparition tragique, elle préparait
une chorégraphie de « dabké
» pour une représentation qui
devait être donnée par ses
camarades et elle, dans le cadre
du festival des Nations, organisé
par l’université...
Reema
en était à sa première année
d’université, une « freshman
». Elle avait choisi de fréquenter
cet établissement où son frère
aîné (elle a également une sœur)
a reçu sa formation. En ce
funeste lundi, comme tous ses
camarades, elle s’était dirigée
sans méfiance vers sa salle de
classe, alors même que le tueur
avait déjà commis deux crimes
sur le campus. Elle ne
ressortira pas vivante du
carnage. Hier, ses parents
n’avaient pas encore pu la
voir, mais avaient été pris en
charge dans le cadre d’une
cellule d’assistance
psychologique, selon son oncle.
Son frère a déclaré à la BBC
: « Je n’ai pas eu la chance
de lui dire adieu. » La jeune
fille, américaine de naissance,
sera inhumée aux États-Unis.
À
20 ans, Ross Alameddine était
de toute évidence très
populaire parmi ses amis. Né
lui aussi de parents émigrés,
Abdallah et Linette Alameddine,
originaires de Tripoli, il
suivait une formation en anglais
à Virginia Tech. Sa famille
vivait à Boston, Massachussets,
selon des informations obtenues
auprès du ministère des
Affaires étrangères. C’est
alors qu’il suivait un cours
de français qu’il a été
abattu avec ses camarades.
Aussitôt la nouvelle de la mort
de Ross connue, ses amis lui ont
créé une émouvante page sur
le site Internet facebook.com où
il apparaît comme un jeune
homme plein de vitalité, aimé
de tous pour son caractère vif
et sa gentillesse.
Le
texte d’introduction le décrit
comme suit : « Ross était
intelligent, plein d’humour,
et il nous manquera énormément.
Sa gentillesse était sans
bornes et nous nous sentirons
tous moindres sans lui. À 20
ans à peine, Ross avait fait
une vive impression sur beaucoup
de personnes. Il était doté
d’un esprit vif et
sarcastique, d’une volonté de
fer, et il était un dieu de
l’écriture, bien supérieur
à nous tous. » Les témoignages
se multiplient sur le site. «
Ross, tu étais un grand ami et
un être humain encore plus
grand », dit l’un d’eux. «
J’ai toujours envié ta
personnalité facile à vivre,
et je ne t’oublierai jamais »,
écrit un autre. Un troisième
remarque que « ce sont les
meilleurs qui meurent jeunes »,
alors qu’un quatrième le
qualifie de « martyr ».
Deux
vies fauchées en pleine
jeunesse, deux talents qui ne
pourront jamais s’épanouir,
deux êtres aimés, enlevés à
l’affection de leurs proches,
comme tant d’autres, ce jour-là,
dans une Amérique choquée par
un carnage incompréhensible et
se posant déjà des questions
sur le port d’armes. Ne
restent que des familles en
deuil, face à leur chagrin mais
aussi aux questions qui ne
manqueront pas de les tarauder,
pour le restant de leurs jours,
sur la mort de leurs proches,
cette mort comble de l’absurde
s’il en est.
La curiosité des Français
sature le réseau Internet
paru dans la Croix le 22
avril 2007
Sur le site belge de la télévision
RTL, un message accueille les
internautes : "Cette page
est temporairement
inaccessible ! Vous êtes très
nombreux à vous connecter sur
le site de RTL.be". Comme
sur RTL.be, les sites des médias
étrangers et les blogs
politiques étaient assaillis,
dimanche 22 avril, par les
internautes français curieux
de connaître les sondages et
les résultats du premier tour
de la présidentielle avant
l'heure officielle (20
heures). "Cette affluence
exceptionnelle, consécutive
à l'actualité, entraîne une
saturation de nos serveurs.
Nous travaillons à
l'augmentation des capacités
de calcul du site. Nous vous
remercions de votre intérêt
et de votre patience",
ajoute le message. Beaucoup de
médias belges et suisses
avaient en effet annoncé
qu'ils ne respecteraient pas
l'embargo en vigueur en
France, qui punit sévèrement
(75.000 euros d'amende) la
publication des résultats
avant 20 heures.
30% de trafic
contre 0,2% habituellement
Vers
19h, le site d'un media helvétique
annonçait des résultats
"provisoires",
"récoltés par nos
correspondants sur
place". Mais ces chiffres
étaient également accompagnés
du message suivant :
"Notre site est
actuellement surchargé
!" Chez le fournisseur
d'accès internet Free, on
constate que "pour un
dimanche soir, le trafic vers
les sites belges, suisses et
américains est particulièrement
fort. Habituellement ils représentent
0,2% à 0,3% du trafic (chez
les clients de Free) alors que
ce dimanche vers 18h00 ils
représentaient environ
30%". "Il y a une
activité internet très
importante aujourd'hui
(dimanche). Les sites qui
parlent de politique, les
sites de blogueurs ont des
audiences qui sont énormes",
indique-t-on également chez
Noos.
Trois mille Casques
bleus attendus au Darfour
paru dans Ouest-France
le 19 avril 2007
Le
régime soudanais vient
d'accepter l'envoi de 3.000
Casques bleus au Darfour. Pékin
a réussi à assouplir
l'intransigeance des maîtres
de Khartoum. La situation sécuritaire
va-t-elle enfin évoluer
favorablement au Darfour ?
Lundi, les autorités
soudanaises ont accepté le déploiement
d'une force hybride de
maintien de la paix. Trois
mille Casques bleus devraient
venir épauler les 7.000
soldats déjà déployés par
l'Union africaine (UA).
« Ce n'est pas la force
robuste dont le Darfour a
besoin », a regretté
Jean-Marie Guéhenno, mais le
responsable des opérations de
maintien de la paix de l'Onu
espère que ces 3.000 hommes
constitueront l'avant-garde
d'une force onusienne musclée
qui porterait à 20.000 le nombre
de soldats de la paix déployés
dans la province soudanaise.
Le
rôle de Pékin
Khartoum a
également approuvé l'envoi
de six hélicoptères de
combat pour épauler la force
hybride Onu-UA. Cette
composante aérienne va donner
de « l'allonge »
aux soldats de la paix et leur
permettre d'intervenir
rapidement en cas d'attaques
contre des camps de réfugiés.
Pékin n'est certainement pas
étranger à cet
assouplissement de la position
du régime soudanais. Lors de
sa récente visite, le numéro
2 de la diplomatie chinoise,
Zhai Jun, a demandé davantage
de « flexibilité »
au président Omar El-Béchir.
Le conseil, ou la consigne, a
été suivi par Khartoum qui
ne tient pas à se brouiller
avec son protecteur asiatique.
Un protecteur qui lui achète
la quasi-totalité de sa
production de pétrole et lui
construit des routes, des
ponts, des barrages...
Le feu
vert soudanais ne signifie
pas, cependant, un déploiement
onusien rapide. Les pays
contributeurs ne sont guère
nombreux. Personne, pour
l'heure, n'a proposé d'hélicoptères.
Pire, certains des États qui
fournissent déjà des
contingents à la force de l'UA
ont menacé de se retirer.
C'est le cas du Sénégal dont
cinq soldats ont été
assassinés il y a une dizaine
de jours. L'Onu espère, malgré
tout, réussir à convaincre
des pays africains de fournir des unités
d'infanterie. Déployées le long
de la frontière tchadienne, là
où les violences restent endémiques,
elles pourraient enrayer les
raids des milices djandjawids
accusées d'avoir massacré 73
civils lors d'attaques, ces
trois derniers jours, contre
des villages du nord du
Darfour. George Bush a donné
mercredi une « dernière
chance » au gouvernement
soudanais de tenir ses
engagements pour mettre fin au
« génocide » au
Darfour, faute de quoi il décidera
de nouvelles sanctions plus
vigoureuses. Aujourd'hui, le
Conseil de sécurité doit se
réunir pour discuter d'éventuelles
sanctions.
Forte hausse du
nombre de réfugiés d'Irak en
Occident
paru
dans le Monde du 20 avril 2007
Au terme de la première
conférence consacrée par les
Nations unies à la crise
humanitaire irakienne, Bagdad
s'est engagé, mercredi 18
avril, à Genève, à « ne
pas abandonner » ses millions
de ressortissants réfugiés
à l'étranger, leur
promettant une aide financière
de 25 millions de dollars
(18,4 millions d'euros),
notamment en Syrie et en
Jordanie, où se trouvent plus
de 2 millions d'entre eux. La
conférence a également
permis de couvrir les besoins
du Haut-Commissariat pour les
réfugiés irakiens, estimés
à 60 millions de dollars (44
millions d'euros). L'Allemagne
a promis 2,2 millions d'euros
supplémentaires et la France,
1 million d'euros. De son côté,
la Commission européenne a débloqué
10 millions d'euros pour aider
le Liban, la Jordanie et la
Syrie à accueillir les réfugiés
irakiens. Environ 95 % des
Irakiens exilés sont réfugiés
au Moyen-Orient, mais le
nombre de ceux qui ont fui
dans les pays industrialisés
a augmenté de 77 % en un an,
atteignant 22.200 personnes.
Les Etats-Unis ont annoncé
qu'ils pourraient accueillir
jusqu'à 25.000 réfugiés
irakiens cette année, mais
sans s'engager véritablement.
La Commission européenne a
indiqué être favorable à un
accueil de réfugiés en
Europe, mais a souligné ne
pas avoir d' « instrument
juridique pour obliger les
Etats à le faire ».

Sur
le campus de l'université
de Virginia Tech aux
Etats-Unis, après la tuerie
du 16 avril dernier
dans laquelle 33 étudiants
dont deux Libanais, Reema
Samaha, 18 ans, et Ross
Alameddine, 20 ans, ont
trouvé la mort

Enfants
jouant au coucher du soleil
près du phare de Tyr sur la
pointe nord de la
presqu'île, où la saison
de plage vient de commencer.
Photo réalisée le 21
avril 2007. Naji Farah
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