Les responsables des Églises
de France appellent à
soutenir les Églises du
Liban, indique un communiqué
de la Conférence des évêques
de France. De retour du
Liban, les coprésidents du
CEF, le pasteur Jean-Arnold
de Clermont, le cardinal
Jean-Pierre Ricard et Mgr
Emmanuel, respectivement président
de la Fédération
protestante de France, de la
Conférence des évêques de
France et de l’Assemblée
des évêques orthodoxes de
France, ont en effet été
invités au Quai d’Orsay
pour faire part de leur
analyse de la situation.
« Venus au Liban pour
manifester la solidarité
des Églises chrétiennes de
France à l’égard des chrétiens
du Liban, dans la crise
politique grave que connaît
ce pays, les trois coprésidents
ont été frappés par
l’inquiétude des
responsables chrétiens
quant à la situation du
pays et des Églises,
indique le communiqué.
Comment faire baisser la
tension entre les camps qui
s’affrontent afin d’éviter
une véritable guerre civile
? Comment faire en sorte de
freiner l’hémorragie des
chrétiens, mettant en cause
à court terme l’existence
même des Églises du Liban
? »
« Les trois coprésidents
sont rentrés porteurs
d’un message pour les chrétiens
de France afin qu’ils
soutiennent les Églises du
Liban dans la prière, la
solidarité active, les
contacts et les visites dès
que cela est possible »,
ajoute la même source.
S’adressant aux autorités
françaises, le communiqué
précise : « Un message
aussi pour le gouvernement
français qui doit savoir
que les Églises ont besoin
d’être soutenues pour préserver
l’équilibre
multiconfessionnel au Liban,
spécificité du Liban et
garant de la paix au
Moyen-Orient. »
Le communiqué conclut : «
Les coprésidents du CEF ont
aussi partagé avec les représentants
des Églises qu’ils ont
rencontrés leur conviction
que les Églises ont un rôle
à jouer dans la situation
présente au Liban, en
manifestant plus visiblement
leur unité, au-delà des
fractures politiques, en
faisant entendre une voix
commune, en offrant aux
Libanais une vision commune
pour l’avenir, qui
permettrait aux chrétiens
de garder confiance en cet
avenir. »
Selon
la BBC, la Corée du Nord et
les États-Unis sont fort
mal considérés eux aussi
par les opinions publiques
mondiales
Israël
et l'Iran se partagent une
impopularité maximale
par FRANCOIS HAUTER, publié dans le
Figaro le 6 mars 2007
« L'Axe du Mal »
vaut-il « l'axe du
Bien » ? Pour les
opinions publiques
mondiales, le bien et le mal
ne sont pas où on les
attend. Ainsi, un agresseur
ou un État menaçant la
paix mondiale en vaudrait un
autre. Et les dirigeants
« va-t-en-guerre »
de Jérusalem ou de
Washington ne seraient pas
plus respectables que ceux
de Téhéran ou de
Pyongyang... C'est ce
que révèle un sondage réalisé
auprès de 28 389 personnes,
dans 28 pays (1)
pour la BBC. Les sondés
devaient donner leurs avis
sur l'influence jouée par
douze nations dans le monde
(Grande-Bretagne, Canada,
Chine, Corée du Nord, États-Unis,
France, Inde, Iran, Israël,
Japon, Russie, Venezuela).
Israël, selon les
personnes interrogées, est
le plus mal considéré des
pays recensés, avec 56 %
de réponses négatives
contre seulement 17 %
d'opinions positives. L'Iran
n'est pas loin derrière (54 %
d'avis négatifs, 18 %
positifs). Quant aux États-Unis
(51 % négatifs, 30 %
positifs), ils sont plus mal
jugés encore que la Corée
du Nord (48 % négatifs,
19 % positifs) !
Les regards sur la Russie de
Poutine sont majoritairement
négatifs. A contrario, le
Canada emmène le peloton
des nations favorablement
jugées par les opinions
publiques dans ces 27 pays
(53 % d'avis positifs,
14 % négatifs). Il est
suivi par le Japon (54 %
positifs, 20 % négatifs),
l'Union européenne (53 %
positifs), et la France (50 %
positifs et 21 % négatifs).
Notre pays se classe en tête
du nombre des nations citées
plus favorablement que négativement
(25 pays sur 27). Le
Japon et l'UE (24 sur
27) restent dans ce peloton
de tête de la popularité.
« La force vue négativement »
Au piquet encore, Israël
se distingue par le nombre
des pays qui le jugent défavorablement
(23 sur 27), suivi par
l'Iran (21 pays sur
27), les États-Unis et la
Corée du Nord, à égalité
(20 pays sur 27). Le
sondage a été réalisé
par l'Institut GlobeSan et
par le « Programme sur
les attitudes en politique
internationale » de
l'université du Maryland,
qui publie tous les six mois
ce genre de sondage. Le
directeur de ce programme,
Steven Kull, estime « que
les populations à travers
le monde tendent à porter
un regard négatif sur des
pays dont le profil est
marqué par l'usage ou la
poursuite de la force. Cela
inclut Israël et les États-Unis,
qui ont récemment utilisé
leurs armées, et la Corée
du Nord et l'Iran, qui sont
mal perçus car ils tentent
de développer leurs armes
nucléaires. Les pays qui
entretiennent une relation
plus pacifique avec le
monde, comme le Japon, la
France et l'UE, sont perçus
favorablement ».
(1) Le sondage a été réalisé
en Argentine, en Autriche,
au Brésil, au Canada, au
Chili, en Chine, en Égypte,
dans les Émirats arabes
unis, aux États-Unis, en
France, en Allemagne, en
Grande-Bretagne, en Grèce,
en Hongrie, en Inde, en
Indonésie, en Italie, au
Kenya, au Liban, au Mexique,
au Nigeria, aux Philippines,
en Pologne, au Portugal, en
Russie, en Corée du Sud et
en Turquie. Marge d'erreur :
plus ou moins 3,1 à 4,9 %.
Le
retour des chrétiens sur
les chemins de croix
par PIERRE TANGUY,
publié dans Ouest-France le
7 avril 2007
A l'occasion du Vendredi saint, des milliers de chrétiens dans le monde
ont participé au
traditionnel chemin de
croix. Dimanche, ils fêteront
Pâques.
Par le chemin de
croix, les chrétiens commémorent
les étapes de la
passion du Christ depuis son
arrestation jusqu'à sa mort
sur la croix en l'an 30.
Selon la tradition, sa
crucifixion a eu lieu sur la
colline du Golgotha à Jérusalem.
Les 14 stations du chemin de
croix scandent cette montée
au supplice du Christ après
qu'il a été jugé et
flagellé. Le Vendredi saint
précède de quarante-huit
heures la fête de Pâques,
jour où les chrétiens célèbrent
la résurrection du Christ.
À Jérusalem, des
dizaines de milliers de pèlerins
venus du monde entier ont défilé,
hier, dans la Vieille ville
de Jérusalem sur la Via
dolorosa, le chemin que
Jésus-Christ, d'après la
tradition chrétienne, a
emprunté en portant une
croix sur l'épaule. Plus de
8.000 chrétiens
palestiniens de Cisjordanie
et 500 autres venus de Gaza
avaient été autorisés à
venir à Jérusalem pour
cette célébration. Des
centaines de policiers israéliens
avaient été dépêchés en
renfort dans la mesure où
se déroulait, parallèlement,
la pâque juive. 1.100 pèlerins
étaient également venus d'Egypte,
la plupart des coptes, malgré
l'interdiction du pape
Chenouda III, le pape de l'Eglise
orthodoxe copte d'Egypte. Ce
dernier est un farouche défenseur
de la cause palestinienne et
dénonce les déplacements
en Israël.
A Rome, Benoît XVI a
présidé, en soirée, le
traditionnel chemin de croix
au Colisée. Il s'agit d'un
lieu choisi symboliquement,
en souvenir des nombreux chrétiens
martyrisés à cause de leur
foi sous le règne des
empereurs romains.
A Paris, pas moins de
18 chemins de croix se
sont déroulés cette année.
On n'en dénombrait qu'une
dizaine il y a dix ans.
Loin, en tout cas, le temps
où l'un des rares chemins
de croix de la Capitale
conduisait le cardinal
Lustiger (portant une croix)
en direction de la basilique
du Sacré-coeur de
Montmartre. Hier après-midi,
le chemin de croix le plus médiatique
s'est déroulé sur les
Champs-Elysées. Encadré
par les chevaliers de
l'ordre de Malte, il a
rassemblée 5.000 personnes.
L'archevêque de Paris, Mgr
Vingt-Trois, se trouvait,
lui, au traditionnel
rassemblement de Montmartre.
À Notre-Dame de Paris, le
chemin de croix s'est déroulé
à l'intérieur de la cathédrale
où étaient exposées des
« reliques de la
Passion du Christ ».
Ce regain d'expression de la
foi sur la place publique
marque, incontestablement,
le retour en force d'un
christianisme « identitaire »
qui n'hésite plus à
s'affirmer. À Paris, mais
aussi à Lyon et dans
plusieurs grandes villes
françaises, le Vendredi
saint n'est pas passé
inaperçu.
L’Italie
alloue 2,7 millions
d’euros à l’Unicef pour
réhabiliter les secteurs de
la santé et de l’éducation
dans le sud du Liban
paru
dans l'Orient-le Jour le 5
avril 2007
L’ambassade
d’Italie au Liban a signé
hier un accord dans la matinée
avec l’Unicef section
Liban, accord tendant à
financer la campagne
actuellement en cours pour
reconstruire les écoles
ainsi que les établissements
de santé détruits par
l’offensive de juillet-août
derniers dans le sud du
Liban. L’ambassadeur
d’Italie, Gabriele
Checchia, et le représentant
de l’Unicef au Liban,
Roberto Laurenti, ont ainsi
signé l’accord d’une
valeur de 2,7 millions
d’euros.
« Le gouvernement italien
est fier de continuer à
soutenir les efforts fournis
par l’Unicef pour aider
les enfants du Liban », a
indiqué à cette occasion
M. Checchia. « Les enfants
sont ceux qui sont les plus
affectés par le conflit et
ces fonds leur sont destinés.
Les secteurs de l’éducation
et de la santé sont les
deux domaines dans lesquels
nous pouvons faire la différence
pour les enfants et leurs
familles afin de les aider
à retrouver une vie
normale. »
L’ambassadeur
italien a rappelé à cet égard
que le gouvernement italien
a assuré dès la fin de la
guerre les besoins de première
nécessité et d’urgence.
L’aide accordée hier à
l’Unicef est la suite de
ce processus de soutien.
Concernant le domaine de la
santé, une partie de la
somme allouée servira à améliorer
les besoins primaires en
matière de santé, et à
assister plus particulièrement
les femmes et les enfants
dans les régions affectées
par la guerre et qui n’ont
pas accès aux soins de
base. Quelque 200 centres de
vaccination vont ainsi être
équipés dans les régions
du sud du pays pour
permettre la lutte contre
les épidémies d’hépatite,
rubéole et autres maladies
infantiles contagieuses.
D’autre
part, l’Unicef envisage de
développer une politique
nutritionnelle à l’échelle
nationale ainsi que des
campagnes sanitaires et
d’hygiène qui seront
organisées dans les écoles.
Dans le secteur de l’éducation,
il s’agit pour l’Unicef
de mettre en place des
activités parascolaires de
loisirs tant pour les élèves
que pour les parents et les
communautés locales. Ce
programme prévoit aussi une
formation pour les
enseignants et les
administrateurs dans les écoles
pour les aider à identifier
et à soutenir les élèves
en difficulté. Dans le
domaine de l’éducation,
il convient de souligner que
l’Unicef travaillera en étroite
collaboration avec le ministère
de la Santé et le ministère
de l’Éducation.
À cet égard, Roberto
Laurenti souligne que, pour
restaurer « la santé
physique et mentale, ainsi
que le bien-être des
enfants », il faut du
temps. Car la santé ne peut
être « reconstruite aussi
rapidement que les ponts ».
Et M. Laurenti d’observer
que les conséquences de
l’offensive de juillet ont
eu des effets désastreux
sur les secteurs de la santé
et de l’éducation ;
c’est pour cela que
l’Unicef s’attelle à
les réhabiliter et à les
améliorer. M. Laurenti a
rappelé que cela était désormais
possible grâce à la « générosité
du gouvernement italien ».
Mohammad
Safadi à Lille pour signer
des accords de coopération
entre la capitale du nord de
la France et le nord du
Liban
paru
dans l'Orient-le Jour le 6
avril
2007
Répondant
à une invitation de
l’ancien Premier ministre
français et actuel président
de la communauté urbaine de
Lille - Lille métropole,
Pierre Mauroy, le ministre
libanais des Travaux
publics, Mohammad Safadi,
s’est rendu à Lille dans
le nord de la France, hier.
Sa rencontre avec M. Mauroy
lui a permis de signer un
nombre important de
protocoles de coopération
entre le nord de la France
et le nord du Liban, sur le
plan administratif local
mais aussi au niveau des
collectivités élues au
niveau local. Une série de
réunions entre Pierre
Mauroy et Mohammad Safadi
ont eu lieu, réunions
durant lesquelles le
ministre des Travaux publics
a pu prendre connaissance du
développement économique
et social de la ville de
Lille, qui avait par
ailleurs connu un nombre non
négligeable de difficultés
socio-économiques pendant
les années 80.
M. Mauroy a en outre affirmé
qu’il était prêt à
mettre en place des projets
de développement avec le
nord du Liban, en premier
lieu avec la ville de
Tripoli qui, par son
emplacement géographique et
son importance économique,
est amenée à jouer un rôle
comparable à celui de
Lille. Sur le plan
administratif, M. Mauroy a
indiqué que la décentralisation
administrative adoptée par
la région lilloise a pu
mettre en marche le développement
dans la région. Pour M.
Safadi, il a surtout été
question d’exposer les
difficultés auxquelles sont
confrontés les villes du
nord du Liban, en
particulier, et le Liban en
général. Il a mis en
relief l’importance de la
conférence de soutien au
Liban qui a eu lieu à Paris
(Paris III).
Sur le plan pratique, Lille
s’est engagée à adhérer
au programme des Nations
unies pour le développement
et à prendre les rênes de
la commission internationale
du programme Art-Gold Liban
qui vise à réunir les
efforts internationaux au bénéfice
du Liban. Cette ville va
donc coordonner les projets
locaux avec le gouvernement
libanais pour en garantir
l’efficacité et le succès
sur le terrain. À terme, le
but est de parvenir à une
étroite coopération entre
les municipalités du nord
du Liban et celles du nord
de la France, la fondation
Safadi jouant le rôle de
coordinateur entre les
municipalités des deux pays
afin de mettre en place «
une décentralisation
administrative juste et équilibrée
», selon les propres termes
de M. Safadi, décentralisation
qui a d’ailleurs été à
l’origine du développement
des régions en France.
Le président iranien
annonce la libération des
15 marins britanniques détenus
depuis le 23 mars
Téhéran dénoue la
crise
publié par l'AFP le 5
avril 2007
Le président iranien
Mahmoud Ahmadinejad a offert
hier au peuple britannique,
en guise de «cadeau» à
l'occasion de Pâques et de
l'anniversaire du prophète
Mahomet, la libération des
15 marins détenus depuis
leur capture le 23 mars dans
les eaux séparant l'Iran de
l'Irak. Tant Téhéran, qui
a parlé d'un geste unilatéral,
que Londres et Washington
ont exclu l'hypothèse
voulant qu'elle ait fait
l'objet d'un marchandage.
Les 15 militaires
britanniques seront rapatriés
aujourd'hui en
Grande-Bretagne au terme
d'une crise qui a fait
flamber les cours du pétrole,
mais a été in fine maîtrisée
par les diplomaties de
Londres et Téhéran. Ils
ont rencontré pour la première
fois hier soir l'ambassadeur
britannique à Téhéran,
Geoffrey Adams, selon le
Foreign Office. Leur libération
a été présentée hier par
le président Mahmoud
Ahmadinejad comme un «cadeau
au peuple britannique» en dépit
de l'«absence de courage»
dont le gouvernement de
Londres a fait preuve en
refusant de reconnaître l'«erreur»
qui a, selon lui, consisté
à violer les eaux
iraniennes, ce que le
Royaume-Uni a toujours nié.
M. Ahmadinejad a fait cette
annonce au cours d'une conférence
de presse tenue au palais présidentiel
et au terme de laquelle il a
serré la main à certains
des marins, vêtus pour
l'occasion de costumes
civils. «Je suis content de
vous rencontrer. Nous sommes
très reconnaissants pour
cette grâce», a déclaré
l'un des militaires
britanniques dont on ignore
le grade et l'identité.
L'annonce a d'autant plus
surpris que M. Ahmadinejad
avait commencé son
intervention en critiquant
le Royaume-Uni et les États-Unis
et en remettant une décoration
au commandant de l'unité de
marine des Gardiens de la révolution
ayant capturé les marins.
La capture et la détention
des marins avaient provoqué
une grave crise entre l'Iran
et la Grande-Bretagne, au
moment où la république
islamique est sous le coup
de sanctions du Conseil de sécurité
de l'ONU en raison de son
programme nucléaire. M.
Ahmadinejad n'a fait aucune
allusion hier à des excuses
des autorités britanniques.
Selon lui, le «gouvernement
britannique, dans une
lettre, s'est [cependant]
engagé à ne pas
recommencer de tels
incidents». Il a aussi démenti
toute rumeur de tractations
mettant en jeu les cinq
Iraniens capturés dans le
nord de l'Irak le 11 janvier
par les forces américaines.
Les marins «ont été graciés
par la république islamique
et cela n'a rien à voir
avec les analyses des médias,
et il a été décidé de
les libérer de manière
unilatérale», a indiqué
le président. Dans sa conférence
télévisée, Mahmoud
Ahmadinejad a reproché à
Tony Blair d'«avoir envoyé
le dossier au Conseil de sécurité
[de l'ONU] «Ce conseil,
sans accepter toutes les
demandes britanniques, a
publié une déclaration et
l'Union européenne a
condamné l'Iran et a demandé
la libération» des marins.
Les 15 matelots et fusiliers
marins, dont une femme,
avaient été capturés dans
le Chatt al-Arab, confluent
du Tigre et de l'Euphrate où
court la limite mal établie
entre les eaux territoriales
iraniennes et irakiennes.
Selon Londres, les 15
militaires venaient de contrôler
un navire marchand dans les
eaux irakiennes en vertu
d'un mandat de l'ONU quand
ils ont été encerclés par
les Gardiens de la révolution.
Il semble que ce soit un
contact entre Nigel
Sheinwald, conseiller de
Tony Blair, spécialiste du
Moyen-Orient et futur
ambassadeur à Washington,
et Ali Larijani, chef du
conseil de sécurité
nationale iranien et négociateur
de son pays dans le dossier
nucléaire, qui a permis
mardi soir de dénouer la
crise, selon l'agence de
presse Irna. Le premier
ministre Tony Blair a déclaré
hier à l'adresse du peuple
iranien: «Nous ne vous en
voulons pas.» «Tout au
long [de cette affaire],
nous avons adopté une
approche mesurée, ferme
mais sereine, sans négocier
mais non plus sans chercher
la confrontation», a-t-il
dit à des journalistes.
Le président américain
George W. Bush, qui avait
auparavant dénoncé une «prise
d'otages inexcusable», a «salué
la nouvelle», alors que
l'Union européenne y a vu
«un début» qui permet
d'envisager «d'autres coopérations»
entre la république
islamique et la communauté
internationale. Les États-Unis
sont restés très évasifs
sur le sort de cinq Iraniens
arrêtés en janvier en Irak
par les forces américaines.
Washington a pris grand soin
d'écarter tout lien entre
les soldats britanniques et
ces derniers. Pourtant,
l'annonce de la prochaine
libération des marins
britanniques a été précédée
de deux événements en Irak
qui répondaient à des
demandes répétées de Téhéran.
D'abord, Jalal Sharafi,
second secrétaire de
l'ambassade d'Iran à
Bagdad, kidnappé en février
par quatre hommes armés
portant des uniformes de
l'armée irakienne à
Karrada, quartier à majorité
chiite du centre-ville, a été
libéré lundi. Sa libération
a été confirmée mardi par
Téhéran. Ensuite, l'Iran a
obtenu hier, selon l'agence
Irna, un accès consulaire
à ses cinq ressortissants détenus
en Irak, accès qui leur était
jusque-là refusé. Selon le
département d'État américain,
une demande en ce sens est
encore à l'étude.
Le président iranien a réussi
un joli coup en montrant que
l'Iran est un acteur
diplomatique régional avec
lequel il faut compter,
selon des experts. M.
Ahmadinejad, qui d'habitude
ne manque pas une occasion
de critiquer l'Occident et
affiche sa volonté de rayer
Israël de la carte, a présenté
hier un visage de
conciliation. D'une certaine
manière, l'Iran peut sortir
aujourd'hui de cette [crise]
et dire qu'il a gagné», a
estimé Mehdi Varzi, ancien
diplomate iranien
aujourd'hui consultant en énergie
à Londres.
L'Iran a «montré ses
muscles» pour faire savoir
qu'il est «un pouvoir avec
lequel il faut compter», a
pour sa part déclaré
Mansour Farhang, ancien
ambassadeur d'Iran aux
Nations unies. «Je pense
qu'ils [les Iraniens]
veulent tourner une nouvelle
page», a suggéré Lord
David Owen, ancien ministre
britannique des Affaires étrangères,
estimant que des progrès étaient
même possibles dans le bras
de fer en cours au sujet du
dossier nucléaire.
L'éthanol
renforce le poids politique
du Brésil, nouvelle
puissance énergétique
Le
Brésil et les Etats-Unis
s'allient pour promouvoir le
bioéthanol
par
CHANTAL RAYES, publié dans
le Temps le 9 mars 2007
A São Paulo, sa première
escale latino-américaine,
George W. Bush et son
homologue brésilien Lula
signent aujourd'hui un mémorandum
pour stimuler la production
et la consommation d'éthanol
dans des pays tiers,
notamment en Amérique
latine. Selon Brasília,
l'objectif est de créer des
emplois dans les pays
concernés, tout en réduisant
leur dépendance au pétrole
et le risque de réchauffement
du climat. La coopération
porte également sur la
recherche, très avancée
dans les deux pays, pour
mettre au point le
prometteur éthanol de
cellulose, et sur l'établissement
de standards internationaux
pour le biocarburant, censés
en faciliter le commerce.
Proposé par Lula à Bush dès
2003, ce partenariat devrait
permettre, espère
Washington, de contrer
l'influence régionale
acquise à coups de pétrodollars
par le Vénézuélien Hugo
Chavez. «Il ne faut pas
exagérer la rivalité entre
le Venezuela et le Brésil,
nuance Rafael Villa,
politologue de l'Université
de São Paulo. L'influence
de Chavez se limite à
quelques pays andins sans
poids politique, et le Brésil
reste le seul pays en mesure
d'assumer un leadership régional.»
Selon Villa, «le
partenariat sur l'éthanol
avec la première puissance
mondiale permet au Brésil
de s'affirmer comme acteur
politique global et confirme
son importance dans le
domaine de l'énergie».
Les atouts du Brésil
Le Brésil et les
Etats-Unis sont
responsables, quasiment à
parts égales, de 72% de la
production mondiale d'éthanol.
C'est en 1975, à la suite
du premier choc pétrolier,
que le Brésil a commencé
à fabriquer ce
biocarburant, à partir de
la canne à sucre, pour réduire
sa facture énergétique.
Aujourd'hui, le Brésil est,
en termes relatifs,le plus
grand consommateur mondial
d'éthanol, qui représente
40% de sa consommation de
carburants. Lancées en
2003, les voitures «flex
fuel» roulent indifféremment
à l'éthanol, à l'essence
ou aux deux à la fois, dans
n'importe quelle proportion.
Ces voitures représentent
plus de 80% des nouvelles
immatriculations, un succès
dû à ce que l'éthanol est
ici moins cher que
l'essence.
Contrairement à l'éthanol
américain, issu du maïs,
le brésilien n'est pas
subventionné. Grâce à la
productivité de la canne
(près du double de celle du
maïs), son prix de revient
est le plus bas du monde
(0,22 dollar le litre,
contre 0,3 aux Etats-Unis et
0,55 dans l'UE). De plus, il
est le plus écologique, l'énergie
utilisée pour le produire
venant de la combustion des
déchets de la canne et non
d'une source fossile. Enfin,
à l'inverse des Etats-Unis,
le Brésil a assez d'espace
pour accroître sa
production d'éthanol sans
avoir à remplacer la
culture d'aliments par la
canne. Ces atouts expliquent
le boom des investissements,
nationaux et étrangers dans
la production d'éthanol. 73
usines sont en cours
d'installation, un
investissement de 14, 6
milliards de dollars.
Néanmoins, «ce mémorandum
n'est pas une opportunité
d'accroître nos
exportations, regrette
Fernando Ribeiro, secrétaire
général de l'Unica, le
syndicat des producteurs,
qui y voit surtout une
initiative politique. Pour
cela, il faudrait réduire
les barrières douanières
sur l'éthanol», comme le
revendique Lula. Or, les
Etats-Unis ont répété
qu'ils n'avaient pas
l'intention d'accéder à
cette demande.
Terre ! Terre !
par
BENOIT LACROIX, publié dans
le Devoir le 7 avril 2007
L'on devine vite le
bonheur qu'éprouve un
voyageur au retour de
longues randonnées à
travers le monde lorsque
tout à coup, sur la piste,
son avion touche le sol.
Enfin! Terre! Terre! Tel fut
aussi, le 12 octobre 1492,
le cri éperdu de joie des
matelots de Christophe
Colomb apercevant au fin
fond de l'horizon une
petite, toute petite tache
brune, sur écran bleu-vert:
«Terre ! Terre !»
Cette terre, nous l'aimons,
nous l'aimerons toujours.
Elle est notre mère, notre
maison, notre forteresse,
notre château, notre igloo.
Grain de sable dans cet
incommensurable univers d'étoiles
et de galaxies. Chère
petite planète bleue,
dirait notre bien-aimée
Julie Payette, astronaute de
nos premières expéditions
interplanétaires. Jacques
Ferron l'a dit, à sa façon:
«Notre coin de terre est
bien petit, mais il porte un
grand ciel.»
Il fut même un temps, pas
si lointain -- c'était
avant l'ère du pétrole --
où la richesse des pays et
des nations était la terre.
On le disait, on le redisait
tout haut, par axiomes et
proverbes: «On n'est un
homme que lorsqu'on a tracé
un sillon dans un champ.
Tant vaut l'homme, tant vaut
la terre.»
En plusieurs sens, ils sont
privilégiés aujourd'hui
les écologistes savants,
les environnementalistes de
métier et tous ceux qui
croient fermement aux «divinités
de la terre». De grandes
inquiétudes ont remplacé
les confiances antiques. Une
vraie panique! «O terre
aveugle, écrit la poétesse
et sage philosophe Hélène
Dorion, poussière entre les
mains de Dieu / qui égrène
l'immensité / Nous voici
sur les bords fragiles des ténèbres!»
Dire que ces propos
s'imposent encore à nous à
la veille des vacances de Pâques
tellement attendues. Un congé
en surplus! Étrange coïncidence
puisque, durant ces mêmes
jours, et plus exactement le
samedi 7 avril, plusieurs de
nos frères et soeurs
croyants ainsi que de
nombreux jeunes et nouveaux
baptisés célébreront la
terre, dite la terre
originelle, celle imaginée
aux premières heures de
l'humanité. Ils liront, ils
chanteront les récits épiques
de la Genèse quand l'homme,
au sens traditionnel du mot,
fut assigné jardinier écologiste:
«Soyez féconds et
prolifiques, dit Dieu,
remplissez la terre et
dominez-là.» On sait la
suite. Adam et Ève veulent
tout savoir, ils veulent
tout posséder, ils veulent
tout discuter et plus qu'ils
n'en peuvent naturellement
porter. Péché des esprits
forts! Bris de solidarité
entre l'homme et son créateur.
Tout l'univers en est
bouleversé. Depuis ce
temps-là, légende ou pas,
les humains s'entretuent,
les loups dévorent les chèvres,
les épines menacent les
roses. Encore aujourd'hui,
certains de mes amis les
plus chers croient sérieusement
que les hommes se sont donné
le pouvoir de détruire la
planète.
Mais non! Mais non! Malgré
toutes nos conduites désordonnées
de propriétaires fonciers
et de révolutionnaires planétaires,
le soleil préside encore
nos vies, la pleine lune est
au rendez-vous du mois, le
printemps succède à
l'hiver. Et caetera! Ni
Washington, ni Bagdad, ni
nos expériences nucléaires
les plus sophistiquées
n'arrêteront la marche de
l'univers, la succession des
saisons, la renaissance de
la terre en ce mois béni
d'avril. Non, l'éclatement
de la planète n'est pas
pour demain. Celle-ci ne
nous appartient pas, elle ne
nous appartiendra jamais.
En somme, voyant la terre
refleurir, les outardes
revenir et les hirondelles
valser de nouveau autour de
nos bâtiments, la croyance
ferme en des cieux nouveaux
et des terres nouvelles
ainsi qu'en la résurrection
personnelle des corps, comme
le proclame glorieusement
l'Apocalypse, est peut-être
plus qu'un beau rêve
d'amoureux en mal
d'immortalité. Depuis si
longtemps, l'âme populaire
le croit: la vie, nos
amours, nos amitiés
surtout, n'ont de sens que
si elles entrent dans
l'univers de la continuité
et de la fidélité des
saisons.
C'est toujours le bienfait
du printemps et de ses énergies
créatrices de nous faire
aimer la terre et ses résurrections
et, par elle peut-être,
revivre chacun à sa manière
ce qu'un Saint-Denys Garneau
appelait si élégamment
l'habitation du paysage.
Peut-être aussi d'invoquer
l'Autre à la manière du
chef amérindien Dan George:
Ô feu, pour la lumière de
mes yeux,
je te remercie.
Ô soleil, pour la vie que
tu m'as donnée,
je te remercie.
Ô terre, pour la force de
mon coeur,
je te remercie.
Que la fête religieuse de Pâques
survienne au printemps, au
moment où s'impose à nos
yeux la sagesse lente et
patiente de la terre, n'y
a-t-il pas là un symbole de
la longévité de l'humanité?
C'est si beau de retrouver
tout à coup l'univers dans
cet arbre en train de se
refeuiller, dans cette tige
prête à refleurir, dans
cette jonquille égarée près
du lac? D'où le sage avis
retrouvé au livre de Job
(12, 8), environ 450 ans
avant notre ère: «Cause
avec la terre, et elle
t'instruira.»
Joyeuses Pâques!

Dans
la vieille ville de Jérusalem,
sur le trajet emprunté par
le Christ, a eu lieu le
traditionnel chemin de croix
du Vendredi saint en
direction du Saint-Sépulcre.
AFP

Vue
de la campagne au sud de
Saïda, le 29 mars 2007,
donnant sur le camp
palestinien de Aïn el
Héloué, ainsi que (à
l'extrême gauche) sur la
nouvelle basilique et la
statue de Notre-Dame de
l'Attente à Maghdouché,
où la Vierge Marie a
attendu durant trois jours
dans une grotte son fils
Jésus lors de sa visite
dans la région