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COMMUNIQUÉ  RJLIBAN  N°73  du 5 juin 2009

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Deux brillantes Libanaises parmi les victimes du vol AF Rio de Janeiro - Paris

 

par PATRICIA KHODER, publié dans l'Orient-le Jour le 4 juin 2009

 

Sept Libanais, selon un nouveau décompte, étaient à bord du vol d'Air France Rio de Janeiro - Paris disparu au large de l'Atlantique le lundi 1er juin. Il s'agit d'Ahmad Faouzi, Bassam el-Murr, Hussein Khalifé, Sonia Mouallem, Akram Ko (Libanais porteur d'un passeport coréen), Laura Rahal (Libanaise naturalisée suédoise) et Christine Badr (de père libanais et de mère suédoise).

 

Laura Rahal

A Halate, hier, l'oncle de Laura Rahal, le prêtre Elias, recevait les journalistes et les voisins venus réconforter la famille. "Mon frère Youssef avait décidé de partir en Suède durant la guerre, il avait quitté le Liban en 1988, sa famille l'avait suivi un an et demi plus tard", indique Elias. "Ils habitaient juste l'étage au-dessus. Nous étions une même famille. De plus, nos enfants ont le même âge. Il y a un mois de différence entre ma fille Liliane et sa cousine Laura. D'ailleurs, nous les avions baptisées ensemble", raconte Siham, la femme d'Elias, séchant ses larmes et scrutant de vieilles photos où figurent les deux familles, notamment les bébés Laura et Liliane, baptisées ensemble, ou encore durant les Rameaux, lors d'anniversaires ou à la plage. "Laura a quitté le Liban quand elle avait sept ans. Elle venait d'avoir 28 ans. Elle était la fierté de la communauté libanaise en Suède. Elle était brillante. Elle parlait six langues couramment : l'arabe, le français, l'anglais, le suédois, le norvégien et l'allemand. Elle n'avait aucun accent en parlant le suédois. Elle s'est intégrée à leur société. Elle avait suivi des études de génie industriel au début à Gothenburg (deuxième ville de Suède), ensuite à l'Université technique de Munich, l'une des meilleures d'Europe", raconte son oncle.  

"Elle avait très facilement trouvé du travail, et quand elle avait reçu son premier salaire, elle avait envoyé de l'argent à sa grand-mère qui l'avait élevée. Ma mère est vieille, elle a 83 ans, nous ne lui raconterons jamais à propos de Laura. Cela l'attristera. Quand Laura venait au Liban, elle passait beaucoup de temps avec elle. Il faut voir la patience avec laquelle elle traitait sa grand-mère, l'aidant notamment à se déplacer", ajoute-t-il. Laura Rahal, qui travaillait depuis trois ans pour le compte d'une compagnie pétrochimique norvégienne à Oslo, était en voyage d'affaires au Brésil. Elle avait un poste haut placé et venait d'être promue. Elle devait assister à des séminaires à Rio de Janeiro et effectuer des contacts pour essayer d'attirer des compagnies pétrolières brésiliennes en Norvège. "C'était une jeune fille ambitieuse et travailleuse", ajoute le père Elias.

 

Retour au Liban pour un mariage

Siham, la femme d'Elias, raconte : "J'étais sur MSN, j'ai vu que mon beau-frère, Youssef, le père de Laura, était en ligne. Je lui ai envoyé des messages à plusieurs reprises. Il n'a pas répondu. Et puis son voisin, qui est aussi libanais, a répondu à sa place en écrivant une phrase : "Laura est morte, elle était à bord de l'avion disparu"." Siham éclate en sanglots. "Lundi soir, je ne pouvais pas prononcer le terme "morte". Ses parents devaient venir au Liban à la mi-juillet. Ils devaient préparer la maison pour qu'ils reçoivent, avant la fin de l'année, la famille de Martin, son fiancé suédois. Laura et Martin devaient se marier à l'église à Halate dans quelques mois", dit-elle. Elias parle du destin. "Elle avait au Brésil deux collègues, deux ingénieurs polonais qui avaient emprunté un autre vol, deux heures avant le départ de l'Airbus d'Air France... On ne sait jamais, vous savez, Jonas (personnage biblique) est resté trois jours dans le ventre de la baleine et il en est sorti vivant", dit-il. Laura était la benjamine de la famille. Elle avait trois frères. "Son père vient de prendre sa retraite. Il s'inquiétait pour l'avenir. Elle leur disait : "Ne vous en faites pas, je serai toujours près de vous. Je gagne très bien ma vie. Vous n'aurez même pas besoin du gouvernement suédois" ", ajoute Elias.

Liliane, qui a le même âge que sa cousine, a mis comme fond d'écran sur son ordinateur portable le portrait de Laura. "Elle était quelqu'un de très positif et de très souriant", dit-elle. "Nous avons été élevées ensemble et je me souviens à quel point j'étais triste quand ils ont quitté pour la Suède", dit-elle. "Quand Laura rentrait au Liban, nous passions beaucoup de temps ensemble. Ma sœur aînée, Elise, lui avait envoyé un dernier mail, le 28 mai. Elise, qui habite le Canada, voulait visiter Laura en Scandinavie avant que cette dernière ne rentre au Liban pour se marier", ajoute Liliane. Laura et son fiancé Martin se connaissaient depuis sept ans. Ils s'étaient rencontrés à l'université. Tous les deux travaillaient pour la même compagnie pétrochimique à Oslo. Dans un article publié par le quotidien suédois Expressen, le fiancé de Laura, Martin Andreasson, a déclaré : "Ce que je vis est horrible, mais notre vie ensemble était comme un conte de fées." Cité par le même journal, le père de Laura, Youssef, souligne : "Quand nous avons appris que l'avion a disparu, je lui ai téléphoné. J'ai envoyé des SMS. En vain." "Je veux qu'elle rentre à la maison. Mais je comprends que ceci est impossible. Nous vivons un cauchemar", ajoute-t-il. Laura avait passé des vacances avec sa famille avant de partir pour le Brésil, le 24 mai." Je l'ai accompagnée à l'aéroport avec ma femme. Je n'arrive pas à croire que c'était la dernière fois que je la voyais", raconte Youssef.



Christine Badr

Une autre jeune femme, née de père libanais et de mère suédoise, rentrait auprès de sa famille en Suède, via Paris, où elle devait passer quelques jours pour assister au mariage d'un proche. Christine Badr était âgée de 34 ans. Elle était accompagnée de son fils Philippe, 5 ans, à bord du vol d'Air France disparu au-dessus de l'Atlantique. Christine, qui habitait depuis dix ans le Brésil, était mariée à un Suédois et avait deux enfants. La famille devait se retrouver à Paris avant de se rendre en Suède, où elle devait passer un mois. Mais comme le couple avait précisément peur des accidents aériens, il avait l'habitude de voyager séparément. Christine et le petit Philippe ont pris un vol direct pour Paris. Son mari et leur fille âgée de trois ans avaient pris, à quelques heures d'intervalle, un autre vol avec une escale à Copenhague. La jeune femme travaillait dans le domaine des relations publiques auprès d'importantes compagnies brésiliennes. Elle avait également travaillé auprès du consulat suédois à Rio.


L'ancienne ambassadrice de Suède au Brésil, Margareta Winberg, a indiqué au journal suédois Expressen que "Christine faisait du volontariat auprès d'une fondation venant en aide aux mères SDF des bidonvilles de Rio de Janeiro". Elle se souvient également du travail de la jeune femme auprès du consulat. "Elle était talentueuse et compétente", a-t-elle dit. Avant d'emprunter le vol, Christine avait appelé sa mère Annika Badr. Le petit Philippe avait dit à plusieurs reprises à sa grand-mère qu'une fois rentré en Suède, il voulait partager avec elle une soupe de petits pois. Avant de raccrocher, Christine avait dit à sa mère : "Dans peu de temps, nous serons ensemble." Le vol 447 d'Air France effectuant la liaison Rio de Janeiro-Paris dans la nuit de dimanche à lundi n'est pas arrivé à destination.

 

Laura Rahal parlait six langues et était ingénieur en chimie industrielle.

Christine Badr, de père libanais et de mère suédoise, vivait avec sa famille au Brésil.

 

Les scénarios d’une tragédie 

Le foudroiement reste l’explication la plus plausible. Même sur un appareil fiable comme l’A 330 

par LIONEL FROISSARD, publié dans Libération le 2 juin 2009 

 

Comment expliquer la disparition de l’A 330 d’Air France au large du Brésil ? Très vite hier, l’hypothèse d’un attentat était écartée par Jean-Louis Borloo, ministre de l’Equipement. "Le plus vraisemblable est que l’avion a été foudroyé", déclarait de son côté François Brousse, directeur de la communication d’Air France. Eléments d’explication. 

* Les avions sont-ils vulnérables aux orages et à la foudre ? 

Les avions et les formations orageuses ne font pas bon ménage mais les pilotes, qui disposent avant le départ et pendant le vol de prévisions météorologiques d’une extrême précision, cherchent à éviter les barres de cumulonimbus. Ce qui dans certaines régions du globe n’est pas toujours possible comme à l’approche du "pot au noir" tant redouté par les marins. Une zone tempétueuse où les nuages s’élèvent bien au-dessus des routes de l’aviation commerciale. Au cœur d’un orage, dont la plus grande densité est signalée par des zones rouges sur les écrans radar de bord, les avions sont vulnérables même si leurs structures sont prévues pour résister à des déformations et des chocs colossaux. 

La foudre est un phénomène maîtrisé dans l’aéronautique et des dizaines d’avions sont foudroyés chaque jour dans le ciel sans aucun dommage autre que l’inconfort des passagers, la structure de l’avion faisant office de cage de Faraday. Toutefois, "la foudre peut avoir une conséquence mécanique : perforer l’appareil. Mais normalement, il peut continuer à voler", juge Vincent Favé, expert auprès des tribunaux pour les accidents d’avions. "Dans un avion, tout est métallisé, quand la foudre atteint l’avion, elle s’évacue via le fuselage." Cependant, des décharges croisées, fréquentes et puissantes, peuvent provoquer un bug électrique. C’est peut-être ce qui s’est passé pour l’appareil d’Air France qui est entré, après plus de trois heures de vol, "dans une zone de fortes turbulences" et a été victime, a confirmé la compagnie, "de fortes perturbations qui ont provoqué des dysfonctionnements". Un phénomène qui a pu provoquer un black-out de plusieurs minutes privant l’avion de son alimentation électrique, même si les systèmes sont doublés, triplés et plus sur les avions civils. Ce temps de latence a pu rendre l’avion incontrôlable, surtout dans une zone de turbulences qui a sans doute participé ou accéléré sa perte. Privés de leurs commandes électriques, les pilotes n’ont peut-être pas pu ou pas eu le temps de sortir les petites hélices escamotables située au niveau du cockpit, prévues pour produire une alimentation électrique de secours nécessaire au fonctionnement des commandes vitales. Par ailleurs, de fortes décharges électriques ont souvent pour conséquences de brouiller les communications radio, ce qui pourrait expliquer le silence des pilotes dont les dernières conversations avec le contrôle aérien font état d’un front de turbulences dans lequel l’avion pénétrait. Dans le cas du vol Air France, il est étonnant que des messages automatiques soient parvenus au centre de contrôle de la compagnie signalant des problèmes électriques, preuve que leur propre système d’alimentation fonctionnait. Tous les avions d’Air France sont ainsi reliés à un centre de contrôle situé en France et qui transmet de nombreuses informations sur le déroulement technique de chaque vol. 

* Comment un avion peut-il disparaître des écrans radar ? 

La disparition d’un point lumineux correspondant à un appareil sur les écrans des contrôleurs aériens n’est jamais une bonne nouvelle. Soit l’appareil a explosé en vol (ce qui peut arriver en cas d’attentat, de collision ou de destruction accidentelle par un missile militaire), soit il s’est écrasé au sol ou abîmé en mer. Reste que la couverture radar des vols transocéaniques comporte des zones blanches. "Tous les avions en vol sont suivis par des radars au sol mais leur portée limitée aux alentours de 500 km ne permet pas un contact permanent, et quand ils survolent les océans, il est normal qu’il y ait des trous dans la couverture", expliquent des contrôleurs aériens. 

* Le vol Rio - Paris présente-t-il des difficultés particulières ? 

La compagnie brésilienne TAM et Air France proposent plusieurs liaisons entre Rio de Janeiro et Paris chaque jour. Selon les pilotes, ce vol - relativement long (environ douze heures selon les vents) - se déroule en général de nuit et ne présente aucune difficulté particulière, même si certaines portions du parcours, du départ de Rio de Janeiro jusqu’à l’Equateur, sont sujettes à la formation d’orages. Dans le sens Brésil-France, la première partie du vol se déroule pour l’essentiel au-dessus de la forêt amazonienne tout en restant à proximité des côtes du Brésil. Des turbulences sont souvent au rendez-vous lorsque l’appareil quitte les côtes pour s’engager au-dessus de l’Atlantique. Le dernier aéroport "d’appui" où l’appareil peut revenir se poser en cas de problème est celui de Fortaleza. L’avion s’engage ensuite sur un long parcours et au point le plus critique du trajet, l’appareil peut se trouver à deux heures du premier terrain, ce qui reste conforme à la réglementation aérienne internationale. Celle-ci autorise un temps de vol maximum de trois heures entre deux aéroports. Après Fortaleza, le terrain suivant se situe au Cap-Vert, au large des côtes africaines. Une fois l’archipel du Cap-Vert dépassé, les pilotes ont, à portée d’ailes, une multitude de terrains de repli, au Sénégal, en Mauritanie ou au Maroc. Les pilotes apprécient en général ce vol de nuit qui est jugé beaucoup plus facile et relax qu’une traversée de l’Atlantique Nord qui, elle, est beaucoup plus fréquentée. 

* L’Airbus A 330 est-il un appareil sûr ? 

L’airbus A 330, depuis sa mise en circulation commerciale en 1998, a été décliné en plusieurs versions et a été fabriqué à près de 600 exemplaires. Il peut transporter de 280 à 440 passagers et possède un rayon d’action supérieur à 12 000 kilomètres, soit bien au-delà des 9200 kilomètres séparant Rio de Paris. Comme tous les avions de la nouvelle génération, les Airbus A 330 sont dotés de commandes électriques. L’exploitation de cet appareil long courrier, uniquement propulsé par deux moteurs, est conditionnée par une réglementation particulière très contraignante pour satisfaire aux exigences de sécurité de l’aviation civile internationale et propre aux bimoteurs. L’Airbus accidenté qui assurait le vol AF 447 était l’un des seize A 330-200 de la flotte Air France. Il totalisait 18 870 heures de vol et sa dernière visite d’entretien avait été effectuée le 18 avril 2009, soit quatre ans presque jour pour jour après sa mise en service. 

* L’avion a-t-il pu amerrir ? 

Le miracle de l’amerrissage réussi dans le fleuve Hudson à New York par le commandant d’un Airbus A 320 au mois de janvier risque, hélas, de rester une exception. Les chances que l’avion d’Air France ait pu être sauvé par une manœuvre similaire sont à exclure. Au moment de sa disparition supposée, l’A 330 d’Air France était en vol de croisière à plus de 10 000 mètres d’altitude et non en phase de décollage comme à New York. Quand bien même le commandant serait parvenu à maintenir le contrôle de l’appareil jusqu’au niveau des flots agités, la possibilité de le poser sans dommages est improbable. D’autant que privés d’instruments de bord, et donc d’horizon artificiel et d’altimètre, les pilotes avaient peu de chance d’évaluer la hauteur de leur appareil dans l’obscurité. En revanche, si l’hypothèse d’un amerrissage se confirmait, la possibilité qu’il y ait des survivants deviendrait réaliste, la température de la mer dépassant les 20° C à cette latitude. A condition que le contact avec la surface de l’eau se soit produit selon un angle très fermé.

 

 


 

Voo 447 da Air France deixa de existir, novo número será AF 445 a partir de domingo 

publicado em O Globo em 5 de junho de 2009  

 

A companhia aéra Air France informou que, a partir deste domingo, 7 de junho, o voo AF 447, entre os aeroportos Galeão (Rio de Janeiro) e Charles de Gaule (Paris), receberá nova numeração: AF 445. O voo AF 444 entre Paris e Rio de Janeiro mantém a numeração. A troca do número ocorre uma semana depois do desaparecimento do Airbus da empresa que fazia o voo e desapareceu no mar no início da madrugada do último domingo, com 228 pessoas a bordo. O acidente com o voo 447 continua a ser um mistério. A versão de que o avião poderia ter sido derrubado por uma turbulência é contestada. As primeiras peças recolhidas no mar pela Marinha nesta quinta-feira não são do Airbus da Air France.  

Depois de anunciar o início do recolhimento das peças durante todo o dia, o tenente-brigadeiro Ramon Borges Cardoso, diretor do Departamento de Controle do Espaço Aéreo da Força Aérea Brasileira (FAB), afirmou em Recife que nenhum material coletado até agora pertencia ao Airbus 330 da Air France que fazia o voo 447 (Rio-Paris). O pallet (estrado) recolhido para análise, segundo Cardoso, é de madeira, material que não era utilizado no transporte de carga da aeronave. As equipes de busca ampliarão, a partir de agora, os esforços a fim de achar e recuperar no mar quaisquer materiais que possam pertencer ao Airbus. O pallet de madeira tem 1,2 metro de comprimento, 80 centímetros de largura e 15 centímetros de altura. O suporte seria utilizado para acomodação de cargas em aviões (pallet). De acordo com a Aeronáutica, também foram encontradas duas boias.

 

Famílias de vítimas receberão notificação informando do procedimento. Objetivo é determinar responsabilidades penais.

 

 
Copyright 2009 RJLiban