Ma
candidature au 1er tour de la Présidentielle
n’était qu’un projet… et demeure
un projet ! Mais les « parrains »
ayant reçu consigne de n’accorder
leur signature qu’aux candidats formatés,
présentés par les deux « grands »
partis, et tous craignant pour leur réélection
aux prochaines municipales, et leurs
subventions, qui dépendent, celles-là,
de « parrains » plus
puissants qu’eux, il en résulte que
les candidats « hors norme »
sont d’avance éliminés. Ce qui est
mon cas, et cela me dispense de courir
les campagnes à la recherche de
« signatures » inexistantes !
Ainsi, la Constitution de la Ve République
est-elle bafouée par ceux-là même qui
s’en réclament !
Je vous adresse tous mes vœux pour la
nouvelle année, et j’en profite pour
vous donner une analyse des événements
du XXe siècle au lendemain de la « Conférence
de Téhéran » qui ne pouvait être
qu’une mascarade… La guerre qui vient
exige que l’on en connaisse les causes,
car il est encore possible d’en enrayer
le mécanisme – même si je fais preuve
en l’occurrence d’un bel optimisme.
Nous sommes tous concernés, y compris,
cela va de soi, les candidats à la Présidentielle
de 2007, notamment les deux candidats
« formatés », Ségolène
Royal et Nicolas Sarkozy, eux qui risquent
d’être aux commandes ce printemps, sans
exclure Jacques Chirac dont les « vœux
de nouvel an » semblent annoncer une
nouvelle candidature ! Ceux-là
n’ont pas le droit de se dérober à un
débat dont dépend l’avenir de
l’humanité…
C’est à Paris que se tiendra un
jour une « conférence » sur
le massacre des Juifs commis en Europe au
cours du XXe siècle. Il n’y a que les
Européens qui peuvent nous en révéler
les causes. Le « problème juif »
est intrinsèque à l’histoire européenne.
Seul un interdit
contraint des chercheurs obstinés et
courageux à émigrer sous d’autres
cieux pour exprimer leurs doutes ou faire
connaître le résultat de leurs
recherches concernant une tragédie qui a
ensanglanté le dernier siècle du IIe
millénaire…
Ce qui nous importe, c’est de
comprendre pourquoi ces massacres ont eu
lieu. D’abord parce qu’un énorme
mensonge perdure : n’y a-t-il pas
encore des gens qui croient que l’on a
« donné la Palestine aux Juifs en
guise de réparation » ? J’ai
vécu cette époque en France, et je puis
l’affirmer : c’est faux,
totalement faux ! Je me souviens très
bien des années de l’après-guerre.
Jamais aucun Chef d’Etat, ni aucune
Nation, jamais personne à l’ONU qui
venait d’être créée, n’a dit cela !
Et pour cause, personne ne connaissait à
ce moment-là l’ampleur des massacres.
Plus fort encore, en 1946, un Juif éminent,
Léon Blum, élu Président du Conseil,
n’a pas eu un seul mot pour dénoncer…
l’Holocauste, ou la Shoah, des mots qui
n’existaient pas ! Des mots
« religieux » qui nous sont
venus bien plus tard des Etats-Unis (dans
les années 70). Il avait pourtant été
lui-même déporté en Allemagne, et à
son retour publia un ouvrage intitulé
« A l’échelle humaine » dans
lequel il exposa sa vision d’un « socialisme
humaniste » ! Un autre Juif éminent,
Pierre Mendès France devint Président du
Conseil en 1954-1955. Chaque semaine, il
intervenait à la radio pour une « causerie
au coin du feu ». Jamais il nous
entretînt de l’« holocauste »
ou de la « shoah »…
Pourtant l’année 1953 fut une
« année terrible ». Le 5 mars
au matin, le « génial »
Staline rendait l’âme dans sa datcha à
Moscou, et quelques mois plus tard, le 17
juin à l’aube, deux Juifs, Ethel et
Julius Rosenberg, étaient exécutés (électrocutés)…
aux Etats-Unis, sous la présidence du maréchal
Eisenhower, l’un des grands vainqueurs
de la seconde Guerre Mondiale – qui
refusa de les gracier. Si bien – et cet
événement nous paraît vraiment stupéfiant
aujourd’hui – que c’est en Occident,
après la guerre, et qui plus est, aux
Etats-Unis que furent exécutés deux
Juifs, et seulement là ! Vous
imaginez si nous, en France, nous avions
exécuté deux Juifs en 1953 !!! Même
Vichy n’a pas osé le faire ! Je
venais d’adhérer au parti communiste
français, et je fus témoin de la
consternation qui réduisit au silence les
nombreux Juifs de la cellule, doublement
accablés par la mort du « génial défenseur
des Peuples » et l’assassinat de
deux militants communistes américains –
à ce moment-là, on prenait soin de
passer sous silence qu’ils étaient
« juifs » ! Cette année-là
fut réellement le tournant du siècle car
aux Etats-Unis, la communauté juive qui
avait fait des States
sa nouvelle patrie fut contrainte de se
mobiliser pour combattre ceux qui, en son
sein, avaient marqué leur préférence
pour le « communisme », et
d’une manière générale effacer toute
trace de la grande époque de l’amitié
américano-soviétique, inaugurée en 1941
lors de l’agression contre l’URSS, par
toute la communauté qui souda
l’alliance entre les deux grandes
puissances, et qui trouva son point
culminant en 1947-48 au moment de la
« lutte finale » en Palestine
d’où il fallait chasser l’Angleterre
pour s’emparer de « la terre
promise » !
Les historiens ont besoin d’être
absolument libres pour nous fournir des
explications valables, fondées, vérifiées.
Et c’est bien pour cette raison que la
classe politique française a trouvé un
Gayssot pour faire voter une loi
interdisant la remise au cause de la vérité…
stalinienne en France ! Déjà, en
1949, les mêmes propagandistes avaient
organisé, sur ordre de Moscou, une
formidable campagne contre Kravchenko, le
dissident soviétique qui nous avait révélé
une (toute petite) partie de la vérité
sur l’URSS. C’était un « agent
de la CIA » ! Tout comme, en
1956, le fameux rapport secret de N.S.
Khrouchtchev était un « faux »
fabriqué par la CIA !
Nos historiens sont nuls parce
qu’ils ont été formatés dans une période
où le « marxisme », véritable
« sida mental » pour reprendre
la célèbre expression de Louis Pauwels
(qui lui valut d’être vilipendé par
les médias bien-pensants) les a littéralement
phagocytés.
Mais les nouvelles générations vont générer
des chercheurs et des historiens de plus
en plus téméraires, et rien ne pourra
les arrêter : le dernier tabou
tremble déjà sur son socle !
Cependant, en cette année 2007,
alors qu’une élection présidentielle
se présente en France, et que nous sommes
à la veille d’un vaste conflit au
Proche-Orient, il demeure quasiment
impossible d’exposer une explication rationnelle
de ce que l’on nomme habituellement le
« génocide des Juifs ».
Chaque fois que l’on aborde le sujet, la
censure ou une autocensure vous écartent
du micro, ou du débat que l’on
s’efforce de confiner dans les limites
autorisées par l’Observatoire des
« mauvaises pensées ». Sur le
net, des journaux n’hésitent pas à
vous effacer purement et simplement du
forum de discussion ouvert sur leur site,
dès l’instant où le « modérateur »
(sic), après avoir consulté les
consignes du « maître à penser »,
effrayé par la sanction annoncée, se hâte
de faire respecter la norme. C’est ainsi
que fonctionne encore la « démocratie »
chez nous.
Nous nous en tiendrons ici à l’époque
contemporaine, en nous autorisant une
excursion dans la période pré-capitaliste
qui fut marquée par l’extraordinaire
commerce « triangulaire » dont
il est admis qu’il fut pour une bonne
part à l’origine de la prospérité
occidentale. Le mauvais procès fait à
Dieudonné nous a donné l’occasion de
relire le gros ouvrage de Jacques Attali
« Les Juifs, le monde et l’argent »,
parfaitement documenté, paru en 2002 chez
Fayard, un éditeur de renom du groupe
Hachette-Lagardère. On sait que ce livre
fut assez mal accueilli par les « dirigeants »
de la communauté qui lui reprochaient,
outre son contenu révélateur, un titre
qu’ils jugeaient malveillant, à tout le
moins « dangereux » – dans
une période où l’Argent triomphait
dans le cadre d’une « mondialisation »
accélérée. Attali, en effet, affirmait
que les Juifs tenaient leur émancipation
du capitalisme, et non du socialisme, et
que l’inventeur de l’antisémitisme
« moderne » avait bien été
Karl Marx, ce « Juif allemand »
qui avait qualifié le judaïsme « religion
de l’argent » et appelé les Juifs
à y renoncer ! Mais ce n’est pas
tout. Peu après la parution de ce livre,
certains s’en prenaient à l’humoriste
Dieudonné parce qu’il avait eu le front
de souligner que des Juifs avaient
participé au « commerce
triangulaire », et que celui-ci était,
pour une bonne part, à l’origine de la
prospérité occidentale. On cria au
« scandale » ! Ce méchant
Noir versait dans un « antisémitisme »
obsessionnel… Et pourtant, que nous
apprend Jacques Attali dans « Les
Juifs, le monde et l’argent » ?
Exemple : (page 314) « En
1648, sur les douze mille habitants européens
du Brésil hollandais, on dénombre mille
quatre cent cinquante Juifs, presque tous
installés à Recife. Certains d’entre
eux, raffineurs de sucre, ou courtiers,
acquièrent de grandes plantations de
canne dans la vallée de Pernambouc.
D’autres jouent un rôle significatif
dans le commerce des esclaves qu’ils achètent
aux bateaux de la Compagnie des Indes pour
les revendre à crédit aux planteurs, à
un prix très élevé, moyennant de surcroît
un intérêt de 3 à 4% par mois, payable
à la récolte de la canne. Leurs profits
sont parfois de 300% par tête. Ils jouent
un tel rôle sur ce marché que les enchères
aux esclaves n’ont pas lieu les jours de
fêtes juives. En 1648, le gouverneur de
Recife, Adriaen Lems, écrit à la
Compagnie des Indes : « Les
non-Juifs ne peuvent prospérer, parce que
les Nègres sont vendus trop cher et avec
un intérêt trop élevé. » Page
310 : « Le 29 avril 1638, une
fois les Hollandais installés à Recife,
après moult querelles et autant de
faillites, le gouvernement des Pays-Bas réduit
le commerce de la Compagnie (des Indes
occidentales) au seul commerce de matériel
de guerre, de bois de teinture et surtout
d’esclaves (branche qui lui rapporte
240% de profit net par tête). Le rôle
des armateurs Juifs y devient si
significatif qu’en 1652 la principale
source de revenus de la communauté
d’Amsterdam est la taxe qu’elle prélève
sur les revenus des parts juives au sein
de la Compagnie ». Je ne pense pas
qu’Attali ait inventé tout cela !
Président à Londres de la BERD (banque
européenne pour la reconstruction et le développement
– des pays de l’Est) il a eu tout
loisir de réfléchir au développement du
capitalisme… apparu précisément en
Angleterre à la fin du 18e siècle, dans
le sillage de l’immense empire
britannique où prospéra, entre autres,
le juteux « commerce triangulaire ».
Un capitalisme qui attira tout
naturellement les Juifs (financiers) du
continent (ashkénazes) et ceux de la Méditerranée
(séfarades). Plus tard, on le sait,
c’est la finance juive (notamment
Rothschild) qui va aider l’Angleterre à
résister à Napoléon, en finançant les
nombreuses coalitions qui viendront à
bout de l’Empereur des Français. Cet épisode
est très important parce que c’est au
cours des guerres menées contre Napoléon
que l’Angleterre va découvrir
l’exceptionnelle puissance juive.
Après Waterloo (1815), les
premiers Juifs sont anoblis en Angleterre
(jusque là ils étaient soupçonnés d’être
au service des puissances continentales),
et bientôt, l’un d’eux, Disraeli
(Juif méditerranéen converti à
l’anglicanisme) fera une brillante carrière
politique qui va marquer tout le 19e siècle
britannique. Devenu Premier Ministre de Sa
Majesté, il se fera le champion de
l’expansionnisme colonial de la grande
puissance impérialiste. Il va lui offrir
le Canal de Suez en 1875 (la route des
Indes !) en rachetant ses parts dans
la Société au khédive du Caire
gravement endetté, Chypre en 1878,
organise entre 1876 et 1879 des expéditions
en Afghanistan, contre les Zoulous en
Afrique du Sud, et proclamera la Reine
Victoria… impératrice des Indes en 1876 !
A coup sûr, Disraeli, à la tête de la
plus grande puissance coloniale de tous
les temps, va
fasciner les Juifs, et il est certain que
lorsque Chaïm Weizmann, né en Biélorussie,
après ses études de chimiste en
Allemagne et en Suisse, gagne
l’Angleterre au début du 20e siècle
(en 1904), il a en tête une carrière au
moins aussi brillante que celle de son
illustre prédécesseur.
Après avoir dominé la France
enfin expulsée d’Amérique du Nord, à
l’issue de la Guerre de Sept Ans (traité
de Paris – 1763), enrayé son retour en
favorisant la Révolution qui va renverser
Louis XVI devenu « souteneur »
des colons américains (avec Lafayette,
Rochambeau etc.) puis défait Napoléon,
l’Angleterre ne se découvre plus
qu’une seule rivale : la Russie qui
se heurte à ses ambitions en Asie. Mais
le capitalisme, en s’implantant sur le
continent, va réaliser un tour de force :
mettre fin à la division des multiples
Etats allemands (plus de 340 en 1789 !)
savamment entretenue par l’Autriche qui
domine au cœur de l’Europe. Lorsque
Jacques Attali dit que c’est le
capitalisme qui a libéré les Juifs, il
faut préciser : le capitalisme
allemand ! Car c’est l’Allemagne,
sous l’égide de la Prusse et de son
Chancelier Bismarck qui va, après 1815,
entreprendre l’unification de ces Etats
en une seule Nation – que la Révolution
française et Napoléon ont probablement
enfantée. Et dans son entreprise,
Bismarck, aidé par son propre banquier
juif Bleichröder, va obtenir le soutien
des autres banquiers (ces « Juifs
de cour » qui sont les financiers
des Monarques) dont la prospérité
accompagne celle de l’Allemagne
capitaliste. Avec le Zollverein (une sorte
de Marché commun interne qui supprime les
barrières douanières entre les Etats
allemands) le pays s’unifie et
s’industrialise à une vitesse grand V.
Bismarck impose la suprématie allemande
à l’Autriche (victoire de Sadowa en
1866) puis à la France en 1870-1871.
L’Empire allemand est proclamé dans la
Galerie des Glaces au château de
Versailles où le Roi de Prusse est
couronné Empereur d’Allemagne.
Soucieux
de ne pas affronter l’Angleterre impériale
sur les mers, Bismarck, en homme d’Etat
avisé, a préféré encourager l’émigration
des Allemands et des Juifs (ashkénazes =
de langue et de culture allemandes) vers
le continent américain, du nord et du
sud. Cette émigration est allée en
s’amplifiant. Lorsque le banquier
bavarois, Maurice de Hirsch, lui a exposé
son souhait de transférer en Argentine
les « petits Juifs » du
yiddishland afin d’y établir une
colonie juive, Bismarck acquiesça :
ce serait bon pour l’Allemagne. Au Congrès
de Berlin, en 1878, auquel assiste en
personne Benjamin Disraeli, puis à la
Conférence qui se tient toujours à
Berlin (en 1884-1885) consacrée au dépeçage
programmé de l’Afrique, le Chancelier
allemand connaît là son apothéose.
Obnubilés par l’Inde, et accaparés par
la question irlandaise, les dirigeants
anglais, qui sont restés étrangement
« neutres » dans le conflit
franco-allemand, vont enfin se « réveiller ».
Le petit-fils de la reine Victoria
d’Angleterre, par sa mère, Guillaume II
monte sur le trône à Berlin en 1888, et
celui-ci se débarrasse aussitôt de
Bismarck qui lui fait de l’ombre (1890).
L’Empereur veut gouverner. Sur le plan
économique, son pays a dépassé
l’Angleterre dans bien des domaines.
Pourquoi n’aurait-il pas lui aussi une
« ambition mondiale » (weltpolitik) ?
Les Juifs « allemands » font
corps avec leur « patrie »,
cette Allemagne qui pète le feu !
Ils ont aidé Bismarck à réaliser
l’union des Etats allemands, ils sont
nombreux à l’Est (le yiddishland =
drang nach osten = la marche vers l’est)
et au sud, dans l’Empire ottoman (le
banquier Hirsch a obtenu le marché de la
construction de la ligne de chemin de fer
reliant Berlin… à Bagdad !). Aux
Etats-Unis, également en pleine
ascension, les fabuleux banquiers
juifs-allemands tissent une alliance économique
et financière entre les deux nouvelles
puissances. Qui pourrait arrêter l’irrésistible
Allemagne ? L’Autriche elle-même,
où vit une importante communauté juive
(y compris en Hongrie) se met à rêver
d’un « rattachement » au
nouvel Empire allemand (Theodor Herzl,
Juif « austro-hongrois », tout
comme le jeune Hitler, y est favorable).
Après le limogeage de Bismarck, c’est
au tour du banquier Maurice de Hirsch,
partisan de la solution « argentine »,
de disparaître (1896). L’envol du XXe
siècle donne des ailes à l’aigle impérial
allemand !
Le judaïsme va-t-il se diluer au
sein du protestantisme germanique ?
Des rabbins s’en inquiètent. D’autres
Juifs (Marx, Engels, Lassalle) redoutent
l’identification de la communauté juive
avec une Allemagne « prussienne »,
et prônent l’internationalisme, une
sorte de supra-nationalité qui
permettrait aux Juifs des divers pays
d’agir et de vivre ensemble « sans
frontières ». Comme on le voit, les
Juifs font nécessairement alliance avec
la puissance dominante du moment.
D’abord l’Angleterre, puis
l’Allemagne où là, ils sont vraiment
« chez eux ». Ces deux
puissances sont économiques,
industrielles, où l’argent juif
s’investit sans problème. Mais il y a
une 3e puissance : la Russie tsariste
au sein de laquelle se trouve le
yiddishland (5 millions de Juifs à l’orée
du XXe siècle, la plus forte
concentration de Juifs de tous les temps,
selon la fameuse formule d’Arthur
Koestler qui va s’interroger sur leur
origine). A l’antagonisme anglo-allemand
s’ajoute la rivalité frontale entre
l’Allemagne et la Russie, entre germains
et slaves. Le « problème juif »
devient ipso facto un problème « relationnel »
entre les deux grandes puissances du
continent. Déjà, de nombreux Juifs sont
passés à l’Ouest, attirés par le
capitalisme, notamment américain.
Certains s’établissent en Allemagne, en
Angleterre, quelques-uns en France. A
l’inverse de Bismarck, Guillaume II se
met en tête d’édifier un empire
colonial. Il achète des colonies, signe
des « compagnies à charte »
avec des roitelets africains, s’empare
du port chinois de Kiao-tcheou (Tsing-tao)
en 1897 que l’Empire mandchou est
contraint de lui céder pour un bail de 99
ans, au même moment où l’Angleterre
obtient un bail de même durée pour le
« territoire de Hongkong ».
Lorsque
Guillaume II donne mission à l’Amiral
Tirpitz (en 1897) de doter l’Allemagne
d’une marine de guerre, et se rend
l’année suivante (en 1898) à Jérusalem,
accompagné de Theodor Herzl,
l’Angleterre ne s’y trompe pas :
il va lui falloir briser l’Allemagne de
Guillaume comme elle a brisé la France
napoléonienne. L’année précédente
(en 1897), Herzl a réuni à Bâle, en
Suisse, des notables juifs des principaux
pays pour leur signifier que le sort des
Juifs est désormais lié à celui de la
« grande » Allemagne et que,
par conséquent, la « puissance
juive » sera allemande ! Cette
1ère rencontre scelle la naissance du sionisme,
et celle d’une rumeur qui
sera prise au sérieux par beaucoup
lorsque paraîtra, à Londres, en 1919, un
ouvrage « antisémite » baptisé
Les
Protocoles des Sages de Sion
qui se présente comme le « procès-verbal »
d’un prétendu Congrès tenu à Bâle
entre des délégués sionistes et des
représentants de la haute finance, pour
sceller une entente, en vue de la
domination du monde (in le GDEL, Grand
Dictionnaire Encyclopédique Larousse –
1984). « Cette conférence annexe au
premier congrès sioniste de Bâle, en
1897, aurait eu lieu secrètement, pour
dresser le plan de l’hégémonie
mondiale des Juifs en utilisant la
franc-maçonnerie et le sionisme… On a
prouvé, dès 1921, que cet ouvrage était
un faux déjà ancien, ou, plus
exactement, qu’il reproduisait dans sa
majeure partie un pamphlet politique français
du 19e siècle dirigé contre Napoléon
III ». Vrai ou faux, et sans doute
« faux », il n’en demeure
pas moins que la franc-maçonnerie, dont
la tête est à Londres, va se déchaîner,
et l’emporter en 1917, avec les Juifs,
tant à Moscou qu’à New York, comme on
va le voir plus loin. Qu’est-ce qui différencie
des « faux fabriqués par la CIA »
des « faux fabriqués par les
services secrets tsaristes » ?
N’ont-ils pas la même origine, la même
marque de fabrique ?
Les
Russes n’apprécient guère ce « projet »
allemand. D’autres pensent qu’il faut
plutôt s’allier à l’Angleterre.
D’autres encore pensent (déjà) à
l’Amérique. Les sionistes ont adopté
une règle simple : « on
soutient tout gouvernement,
indistinctement, dès lors qu’il sert
notre objectif ». Les gouvernants
sont ainsi prévenus : pour obtenir
le soutien des sionistes, ils devront se
livrer à une surenchère permanente !
A Londres, on prend conscience du danger :
les Juifs sont nombreux sur le continent,
et « allemands » ! Tant
que l’Allemagne n’existait pas, on
pouvait les utiliser, d’autant que le régime
« tsariste » servait de
repoussoir. Mais voici l’Allemagne, une
puissance qui « en veut » et
qui a les « moyens ». Et
qui, en outre, exerce une véritable
fascination sur les Juifs… à la
recherche d’une patrie ! Tous,
Joseph Chamberlain, le champion de l’impérialisme
britannique, Lord Balfour, Lloyd George,
Sir Cecil Rhodes (la tête agissante de
l’impérialisme britannique en Afrique),
Winston Churchill, jeune député
conservateur et bientôt ministre, tous
sont devenus « indiens » à
l’appel de Rudyard Kipling, un anglais né
à Bombay, aux Indes, qui n’est pas
seulement l’auteur du « Livre de
la Jungle » mais qui se fait le
chantre de l’impérialisme britannique.
Il lance un appel aux 5 Nations blanches
et britanniques (Angleterre, Canada,
Afrique du Sud, Australie et Nouvelle Zélande)
« Ô toi, homme blanc, prends en
charge le destin de l’Humanité »…
La guerre mondiale commence en Afrique
avec la rébellion des Boers (soutenus par
l’Allemagne et la France) contre les
Anglais. Nous sommes au tournant du siècle
(1899). Les Anglais se font un sang
d’encre pour le Canal (leur canal !
La route des Indes !) qu’il leur
faut absolument protéger contre les
ambitions de l’Allemagne (et
accessoirement de la France). Cette
obsession va perdurer jusqu’en 1956 où
l’on verra l’Angleterre entraîner la
France et Israël dans une expédition à
Suez pour renverser Nasser qui a osé
nationaliser le canal !
Face à la menace allemande qui
prend corps, l’Angleterre « retourne »
la France comme une crêpe en 1904 en se
partageant l’Afrique du Nord : à
toi le Maroc, à nous l’Egypte ! Et
pour s’assurer de la « fidélité »
de la France, elle lui susurre à
l’oreille « qu’en cas de conflit
avec l’Allemagne elle soutiendra sa
revendication sur l’Alsace-Lorraine ».
Tout le gouvernement français est
franc-maçon, du Président de la République…
au concierge
de l’Elysée ! (la nouvelle classe
dirigeante en France, républicaine,
est en guerre ouverte avec l’Eglise –
séparation de l’Etat et de l’Eglise
en 1905 : isolée en Europe, elle est
ravie d’avoir le soutien de
l’Angleterre, après avoir conclu un
traité d’alliance avec la Russie…
tsariste !).
Le cas de la France est plutôt
exceptionnel. Il n’y a pratiquement pas
de communauté juive chez nous. En 1789,
on en dénombre 20.000 en Alsace-Lorraine,
qui sont donc ashkénazes (d’obédience
allemande) et à peu près autant dans le
sud-ouest en provenance d’Espagne et du
Portugal + quelques « Juifs du Pape »
dans l’ancien Comtat Venaissin (à
Grenoble, Carpentras…), donc séfarades.
A Paris, ils sont à peine 500, entre la
Sorbonne et le centre-ville. Député de
Lorraine, l’Abbé Grégoire, préoccupé
par l’influence que ceux d’outre-Rhin
pourrait exercer sur eux, proposa à
l’Assemblée Nationale (1791) de les intégrer
dans la République. Napoléon jugea utile
des les organiser dans un Consistoire avec
un grand Sanhédrin (1807). Lui aussi
voulait séduire les Juifs d’Europe
avant de franchir le Rhin pour aller
jusqu’à Moscou ! En 1870, en
pleine guerre franco-allemande, Adolphe Crémieux,
ministre de la Justice, obtint pour les
Juifs d’Algérie, et d’une manière générale
pour tous ceux de la Méditerranée, la
citoyenneté française. Là encore, il
s’agit de contrer
l’Allemagne avec ses Juifs ashkénazes
dont l’influence, après la victoire de
l’Allemagne, risque de se répandre à
travers l’Empire ottoman jusqu’au
Maroc ! Or, jusque-là, les séfarades
ont plutôt dominé le monde juif, tout au
moins à l’Ouest. L’Allemagne va
donner l’avantage aux ashkénazes. Après
la défaite de 1870, et la consécration
allemande, l’émigration des Juifs de
l’Est va bientôt déferler vers
l’Ouest, provoquant l’apparition
d’un rejet antisémite,
un mot créé de toutes pièces en 1879
par un publiciste allemand, Wilhem Marr,
et tout à fait inapproprié puisque le
groupe des peuples sémitiques relève du
Proche-Orient ! En France, le
scandale de Panama
qui faillit emporter la République
charria des noms à consonance germanique
(Herz, Aaron). Il annonçait « l’Affaire
Dreyfus ». Celle-ci, de toute évidence,
n’est que l’excroissance du « problème
juif » fortement ressenti outre-Rhin
dans le sillage de l’avènement de
l’Allemagne en tant que puissance
dominante sur le continent. Les Juifs français,
d’ailleurs, ne s’y trompent pas. Ils
restent, pour la plupart, à l’écart de
l’Affaire – ce Juif alsacien
n’est-il pas accusé de trahir au profit
de l’Allemagne ? De même,
lorsqu’ils auront connaissance du projet
« sioniste » de Herzl, ils
n’y adhèreront pas, tellement ce
« projet » sent l’impérialisme
allemand qui cherche à s’implanter –
tout comme la Russie ! – en
« terre sainte » dont la
France est officiellement la « protectrice » !
En revanche, l’Affaire Dreyfus
soude les Juifs du monde entier,
jusqu’aux Etats-Unis, autour de
l’Allemagne contre la France accusée…
d’antisémitisme ! C’est du pain
béni pour Guillaume II, si j’ose dire.
Cette Affaire va le convaincre lui et son
état-major qu’ils vont pouvoir compter
sur les communautés juives dans la guerre
qui se prépare et qui va opposer les
Empires centraux aux anglo-français alliés
aux Russes, car la France par son alliance
avec le tsar a rangé la Russie dans le
camp britannique ! Pour gagner la
guerre, les Allemands et les Anglais sont
désormais convaincus qu’il faut avoir
les Juifs avec soi – ces Juifs ashkénazes
dont l’émancipation s’accélère et
qui sont tiraillés entre plusieurs
« projets », à la recherche
d’un avenir qui ne sera plus de
soumission mais de domination ! Le
capitalisme et la finance juive leur
ouvrent les portes de la « société
bourgeoise ». Dans leur grande
majorité, on l’a vu, ils choisissent
l’Allemagne, d’autres rejoignent les
Etats-Unis, et c’est tout bon également
pour l’Allemagne ! L’Amérique
aussi devient un enjeu… qu’il va
falloir soit neutraliser, soit embarquer
dans sa coalition. Tout comme l’Empire
ottoman, au sud, qui contrôle la route
(terrestre) des Indes via la Mésopotamie.
Un autre événement d’importance va
achever de convaincre Guillaume II que, décidément,
les Juifs restent fidèles à
l’Allemagne, c’est « l’Affaire
de l’Ouganda », ce projet de
transfert des Juifs de l’Est dans cette
colonie britannique qu’Herzl a eu
l’imprudence d’accepter !
Cette « affaire », en général
les sionistes d’aujourd’hui,
n’aiment pas l’évoquer, car elle est
accablante pour leur « thèse ».
Rappelons que, Juif autrichien, Herzl ne
jure plus que par Guillaume II, devenu
l’allié du Sultan de Constantinople.
Plutôt agnostique, il a d’abord préconisé,
à la suite du philosophe Moses Mendelsohn,
l’assimilation des Juifs au sein d’une
grande Allemagne incluant l’Autriche.
Puis il a prêché la conversion des Juifs
au christianisme, et, montrant
l’exemple, fait baptiser son propre
fils, Hans ! Il ne connaît ni l’hébreu,
ni la torah. C’est un intellectuel,
journaliste, auteur de pièces à succès,
parfaitement intégré (ses pièces sont
jouées à Berlin et à Vienne). C’est
l’époque où chaque Juif, doué de
petites cellules grises, s’agite pour
apporter aux Juifs la « solution
miracle ». L’ère des messies est
revenue ! Marx leur propose un
« communisme » quasi
religieux, Rothschild s’en tient au
capitalisme où il brille de tous ses feux
(il triomphe à Londres, à Paris, où ses
deus fils sont promus à la tête de la
banque de France, et à celle
d’Angleterre !). Nombreux sont ceux
qui crient « Vive l’Allemagne ! »,
Herzl y ajoute volontiers
l’Autriche-Hongrie, d’autres sont déjà
en Amérique, et Chaïm Weizmann, à
Manchester, crie « Vive
l’Angleterre ! », dans la
lignée de Disraeli, en Russie et dans le
yiddishland d’autres crient « Vive
la Russie ! ». En Pologne,
d’autres encore revendiquent l’autodétermination
avec le Bund, un parti qu’ils viennent
de créer à l’intérieur de l’Empire
tsariste, et qui deviendra le « noyau »
du futur parti « ouvrier social-démocrate
de Russie ». Comme on le voit, le
monde ashkénaze est en pleine ébullition.
Rentrant de Jérusalem en 1898,
Guillaume II a jugé sur place de la
« complexité » d’un
« retour à Sion ». On lui
avait parlé « d’une peuple sans
terre pour une terre sans peuple ».
Il y a découvert des populations composées
de musulmans et de chrétiens, et de
quelques Juifs, et surtout une hostilité
profonde et générale à la venue des
Juifs d’Europe de l’Est – des Juifs
même pas séfarades ! Des Juifs ashkénazes
dont certains commencent à dire qu’ils
ne sont même pas juifs ! Ce seraient
des Khazars,
donc un peuple d’origine turque, peut-être
apparentés aux Huns qui établirent au
6e-7e siècles un royaume s’étendant
entre la Volga et le Don, ainsi que sur
une partie de la Crimée, et qui auraient
choisi de se convertir au judaïsme au 8e
siècle sous le roi Bulan, pour éviter
une vassalisation chrétienne
(Constantinople) ou musulmane (Bagdad).
Battus en 968 par les Ukrainiens, leur
Empire disparut mais les populations
auraient gagné l’Ouest et se seraient
dispersées entre la mer Baltique et la
mer Noire. Arthur Koestler, et il n’était
pas le seul, en fut convaincu… en Israël
dans les années 50 par des anthropologues
juifs qui lui révélèrent qu’on leur
avait interdit de publier quoi que ce soit
sur le sujet, et même demandé de mettre
un terme à leurs recherches ! Devant
l’afflux des Juifs de l’Est à la fin
du 19e siècle, des Juifs allemands furent
les premiers à se poser la question :
d’où venaient ces « Juifs »
et étaient-ils réellement juifs ?
En 1947, alors que les sionistes faisaient
des pieds et des mains pour obtenir la
Palestine, ce type de recherches était
plutôt mal venu. « Ça n’est pas
le moment, leur a-t-on expliqué, de démontrer
que nous ne sommes pas juifs, et que nos
ancêtres n’ont jamais mis les pieds en
Palestine, alors que nous revendiquons un
« retour au pays » !
Arthur Koestler, « Juif »
hongrois, célèbre écrivain,
ex-communiste puis sioniste, en fut tout déconcerté.
Il s’esquiva peu après pour s’établir
à Londres avec sa femme où ils demandèrent
la nationalité britannique. Lorsqu’il
publia peu après son livre intitulé
« La 13e tribu » (où il démontrait
que ces anthropologues avaient
probablement raison) un grand silence (équivalent
à une censure) l’accueillit… Mais
cette affaire khazar n’est pas terminée,
puisque Marek Halter a publié récemment
un « roman » au titre évocateur
« Le vent des Khazars » dans
lequel il semblerait prendre la thèse au
sérieux. Quant à moi, je pense qu’une
étude de l’ADN (sur des ossements) –
si cela est possible ? – pourrait
mettre un point final à cette énigme.
Mais je m’aperçois que personne ne la
demande. Craindrait-on là encore une vérité
dérangeante ?
Pour comprendre ce qui va se passer
ensuite, ou s’amplifier – parce que
les premiers pogroms (anti-Juifs) se
produisent en Pologne, après l’écrasement
de l’insurrection en 1863, puis en
Ukraine, en Moldavie, etc., c’est-à-dire
à l’intérieur de l’Empire tsariste,
il fallait prendre connaissance du
prologue, car ce prologue est russe…
tout comme les « Protocoles » !
Le plus connu des pogroms a lieu en 1903
à Kichinev, en Moldavie tsariste. Plus
les peuples emprisonnés dans l’Empire
revendiquent leur indépendance, plus les
Russes se servent des Juifs comme de boucs
émissaires, plus l’anti-judaïsme monte
chez ces peuples qui sont tous profondément
chrétiens. Les Juifs de ces pays sont piégés :
ils ne peuvent, eux, revendiquer l’indépendance,
d’autant qu’ils sont assujettis à
Moscou ! Ils ont le choix entre trois
solutions, on l’a dit : s’engager
à fond dans l’internationalisme (« les
prolétaires n’ont pas de patrie »)
ou émigrer (vers l’Ouest) ou jouer à
fond la carte austro-allemande. Ce que
l’on appelle le « génocide des
Juifs » est la conséquence d’une
formidable confrontation entre des peuples
captifs (qui rêvent de liberté) et qui
sont pris en tenailles entre deux
mastodontes adverses : la Russie et
l’Allemagne, les Slaves et les Germains.
Les Juifs versent du côté occidental :
Allemagne/Etats-Unis, mais d’autres
« rêvent » (Lénine, Trotski,
Boukharine, Kamenev, Zinoviev, Martov
etc.) d’un pouvoir « socialiste »
englobant l’Allemagne (l’industrie)
avec la Russie (agricole) dans un ensemble
où les Juifs seraient les dominants, étant
les seuls à être véritablement « internationalistes »
(du fait de leur dispersion), polyglottes,
et en relation avec le monde extérieur.
Car cet ensemble s’arrêterait
(provisoirement ?) au Rhin, les pays
de l’ouest européen étant catholiques,
romains, et plutôt petits boutiquiers.
Dans l’ensemble central, orienté vers
l’est, un pays en effet doit disparaître :
la Pologne, exception catholique à
l’Est (ce qui explique probablement
l’entente « miraculeuse » réalisée
en 1939 par Hitler et Staline : les
deux dictateurs sont d’accord là-dessus).
Néanmoins, le traité de Rapallo signé
en 1922 entre l’URSS et l’Allemagne de
Weimar ressemblait fort à une alliance !
Déjà partagée trois fois, la Pologne
doit cette fois disparaître définitivement.
Mais un autre pays doit être soumis, soviétisé :
l’Allemagne ! Et là, tout comme en
Pologne, c’est aux Juifs qu’il
appartient de réaliser l’opération –
au nom du communisme ! Avec le
« marxisme », idéologie de
substitution au judaïsme, les communautés
juives se révèlent disponibles pour une
action de grande envergure en
Europe.
En 1916, les Empires centraux sont
gagnants sur tous les fronts : la
victoire est au bout du canon. Kurt
Blumenfeld, le secrétaire de la fédération
sioniste d’Allemagne (le siège de
l’Organisation internationale est à
Berlin !) a pris position en faveur
de l’Allemagne dans un article publié
en septembre 1915, et il appelle à « consolider
l’Empire ottoman en propageant
l’influence allemande dans la région ».
Les deux Empereurs visitent la Pologne libérée
et y reçoivent les représentants de la
communauté juive auxquels ils annoncent
qu’ils leur accordent « l’autonomie
administrative » dans le
yiddishland ! C’est une première
reconnaissance historique de l’ensemble
juif établi à l’Est. Les premiers
rapports qui parviennent à Londres
signalent la grande satisfaction exprimée
par les rabbins en Pologne. Le « basculement
» des Juifs du côté allemand se précise.
L’Angleterre ne peut se résoudre à
subir une défaite comme la France en
1870. Elle y perdrait son Empire, ou tout
au moins il lui faudrait le partager, et
l’Angleterre n’est pas « partageuse » !
En outre, elle est depuis plus d’un siècle
aux prises avec la révolte irlandaise, et
les Irlandais sont désormais nombreux aux
Etats-Unis. Ils y constituent un puissant
lobby qui cherche à entraîner les USA
dans la guerre aux côtés de
l’Allemagne. Guillaume II a expédié
aux States
en 1915 une délégation de
Juifs allemands conduite par le philosophe
Hermann Cohen pour demander aux Juifs de
faire pression sur leur gouvernement afin
qu’il entre en guerre aux côtés des
Empires centraux. « Les
organisations juives mondiales, dont
l’organisation sioniste mondiale, font généralement
le choix de la neutralité. Cependant, étant
donné le poids du judaïsme
russo-polonais et la nature du régime
tsariste, la sympathie de la plupart de
leurs dirigeants va plutôt à
l’Allemagne et à l’Empire
austro-hongrois. Conscient de ce préjugé
favorable, le ministère allemand des
Affaires étrangères tente de
l’utiliser au mieux des intérêts du
Reich ». (Histoire universelle des
Juifs – Hachette – 1992, sous la
direction d’Elie Barnavi). Alors va se réaliser
la « prophétie » de Chaïm
Weizmann. Celui-ci, en effet, à Bâle en
1903, au Congrès sioniste extraordinaire
convoqué pour voter sur le « projet
Ouganda », a voté contre
et il l'explique à Herzl qui s’en étonne
– n’est-il pas un partisan de
l’Angleterre ? – Justement, lui répond-t-il,
je suis convaincu que c’est
l’Angleterre qui nous donnera la
Palestine, et non pas l’Ouganda, mon
cher Theodor, parce qu’elle ne laissera
aucune puissance s’installer sur les
rives du canal de Suez ! Surtout pas
l’Allemagne ! Ni même la France !
Elle veut l’Egypte, ce bastion, pour se
lancer à l’assaut de la Mésopotamie,
et elle l’aura… »
Herzl a commis la faute
d’accepter la proposition britannique
après l’échec de son cinquième voyage
à Constantinople – en 1902. Il est
arrivé encore une fois avec des valises
bourrées de billets de banque. Le Sultan,
Abdul Hamid, en situation de banqueroute,
est bien tenté d’accepter cette manne
que les plus grands banquiers juifs
d’Allemagne et d’Amérique lui
promettent. Signez-moi une « charte »
lui dit Herzl, et votre dette colossale
s’évanouit ! – Il faut que je réfléchisse,
lui répond le Sultan. Ses conseillers lui
font observer qu’il est également le
Chef de l’Islam, et que la France est la
« gardienne des Lieux saints » !
Et sa réponse se fait attendre…
« Herzl ne se fait plus aucune
illusion sur la duplicité du Sultan :
la Palestine ne sera accessible qu’à la
chute de l’Empire ottoman… (in
« Le siècle d’Israël » de
J.Derogy-H. Carmel, p.114 – éditions
Fayard – 1995). Déçu –
Theodor se voyait déjà à la tête
d’un Etat judéo-allemand ! – le
voici à Londres où il rencontre le
Premier Ministre, Joseph Chamberlain.
« Donnez-moi Chypre ou le Sinaï,
entre El Arish et le golfe d’Aqaba, je
vous fais une colonie juive sous mandat
britannique ». Chamberlain lui répond
qu’à Chypre, les Grecs et les Turcs se
disputent déjà ! En Egypte, il va
falloir consulter le commissaire
britannique, Lord Cromer, qui fait office
de vice-roi d’Egypte… La réponse, négative,
tombe un an plus tard. Et Herzl, acculé,
va accepter l’Ouganda ! Ici, nous
avons encore la preuve que son « projet »
s’inscrivait dans l’histoire coloniale
de la fin du 19e siècle, car les Anglais
en butte à la sécession des Etats Boers
recherchait des colons pour les installer
au nord, entre le Lac Victoria et le Lac
Albert, afin de prendre les Boers à
revers, et les réintégrer de force dans
l’Union sud-africaine. La guerre faisait
rage depuis 1899, et le général Kruger,
un colon d’origine allemande, soutenu
par l’Allemagne et la France, menaçait
de couper l’Afrique en deux, en reliant
par le Congo les deux zones de
colonisation allemande, sur le flanc est
et sur le flanc ouest du continent. Or
Cecil Rhodes projetait de construire une
ligne de chemin de fer reliant Le Cap au
Caire ! Il vient à Londres expliquer
au gouvernement ultra-impérialiste de
Chamberlain « qu’il faut mettre le
paquet » contre les Allemands et
leurs alliés français (déjà, à
Fachoda, au Soudan, Kitchener a contraint
les Français à leur céder la place). Au
Sinaï, une colonie juive créerait des
problèmes avec les Arabes – avec l’Egypte
notamment, cette Egypte qu’il leur faut
absolument maîtriser. « On ne
va pas se créer des problèmes au nord,
alors que nous en avons au sud. Kitchener
n’apprécierait pas » !
C’est donc en connaissance de cause,
qu’Herzl accepta la proposition du
gouvernement de Sa Majesté britannique :
un territoire, vidé de sa population
africaine, où seuls des Juifs pourraient
y vivre. Pensait-il que plus tard ils
seraient transférés en Palestine libérée
du « joug ottoman » ? Une
étape transitoire en somme ? Indignés
par ce qu’ils considéraient comme une
« trahison », les Juifs
d’Allemagne et de Russie le convoquèrent
à Bâle pour le faire condamner par la
grande majorité de ceux qui avaient cru
au projet allemand. Herzl en est mort un
an plus tard, de honte et de
chagrin.
En Angleterre, les notables, et
grands financiers de la communauté juive
(les Rothschild, les Montefiore, les
Montagu, les Goldsmid…) anoblis par la
Reine, étaient tous favorables au
« projet Ouganda ». Aucun Juif
britannique n’avait envie d’aller
finir ses jours dans le « désert ».
Ni ceux d’Allemagne, ni ceux d’Amérique !
L’Ouganda, c’était parfait pour les
« petits Juifs » de l’Est
qui feraient d’excellents colons au
service de Sa Majesté ! Mais
l’heure de Weizmann avait sonné, car
lui avait deviné que l’Angleterre et
l’Allemagne allaient se livrer un duel féroce
pour conquérir l’Empire ottoman, et que
dans ce combat frontal, l’appui des
Juifs s’avérerait indispensable.
Nous n’allons pas entrer dans les
détails. Chacun connaît la suite !
En 1916, les Français et les Anglais
(Accords Sykes-Picot) se partagent
l’Empire ottoman en zones d’influence,
et se répartissent les futurs « mandats ».
Mais, aux yeux de Londres, Sykes a commis
une faute grave : il a laissé aux
Français l’espoir d’un « mandat
international » sur la Palestine !
Dûment chapitré, Sykes va tout faire
pour effacer sa « faute ».
Weizmann alerte l’Organisation sioniste
à Berlin, qui va déménager à
Copenhague et lui expédier le N°2 de
l’Organisation, Nahum Sokolov, pour l’épauler
dans ses négociations « au plus
haut sommet ».
En octobre 1917 sera signé un
autre accord, cette fois entre
l’Angleterre, représentée par son
ministre des Affaires étrangères, Lord
Balfour, et les Juifs, représentés par
Lord Rothschild. Il s’agit bien d’un
accord entre puissances, car on voit mal
comment Chaïm Weizmann, « qui
n’est rien du tout », aurait pu
signer un « accord » avec la
super-puissance britannique !
D’ailleurs, quand il fallut signer
(c’est-à-dire adresser la lettre du
Ministre de Sa Majesté), Londres trouva
que « Rothschild »,
universellement connu, ferait un excellent
destinataire de la fameuse lettre !
Est-ce que c’est « la
promesse d’un Foyer National juif en
Palestine » qui a fait basculer le
monde juif dans le camp de l’Angleterre ?
Oui et non. Car il ne s’agit pas
seulement de la « Palestine » !
En réalité, il y a outre-atlantique les
Etats-Unis d’Amérique qui ont déjà
attiré des dizaines de millions d’Européens,
dont plusieurs millions de Juifs !
New York est
en train de supplanter dans l’horizon
juif Berlin et Vienne. L’avenir est à
l’Ouest, il est américain, « anglo-saxon »
via l’Angleterre. Le pacte
Balfour-Rothschild est parrainé par le Président
Wilson, « travaillé au corps »
par le représentant des sionistes aux States,
le juge Louis Brandeis, un « Juif
allemand », originaire de Bohême,
nommé juge à la Cour Suprême par son
ami intime élu à la Maison Blanche en
1912. Brandeis reçoit Lord Balfour, le
ministre des Affaires étrangères de Sa
Majesté britannique. « Exilé aux
Etats-Unis, Ben Gourion, lui, comprend très
vite que cette communauté américaine,
entraînée par ses nouveaux dirigeants et
ses intellectuels d’origine germanique,
détient les clefs de l’avenir du
mouvement sioniste mondial. D’où
l’importance de contacts directs avec
les masses juives de ce continent, émigrées
de Russie et d’Europe centrale :
ces liens lui seront indispensables pour
en prendre un jour le contrôle ».
(in « Le Siècle d’Israël »
déjà cité, de Jacques Derogy et Hesi
Carmel, p. 176). Voilà comment les
Etats-Unis entrent en guerre en 1917…
aux côtés de l’Angleterre (et tout à
fait accessoirement aux côtés de la
France !) contre les Empires
centraux. Pour tous les Juifs d’Europe
de l’Est, c’est la promesse d’un
« passage à l’Ouest » !
Car les Juifs du Yiddishland et de Russie,
répétons-le, n’ont aucune envie de
rejoindre la Palestine : ils veulent
gagner New York, à la nage s’il le faut !
Cette réalité-là fut grandement occultée
par la « révolution d’Octobre »
que l’on nous présenta comme le début
« d’un nouveau monde »…
alors que ce « nouveau monde »
était en plein essor en face !
L’Allemagne et l’Autriche sont
brisées en 1917-18. Les communautés
juives triomphent en Russie, en Allemagne,
en Hongrie, et les sionistes, de leur côté,
crient « victoire » ! De
cette fantastique contradiction va naître
un conflit terrifiant entre « ceux
qui veulent passer à l’Ouest » et
serrer dans leur bras cet Oncle Sam qui
annonce leur « libération »,
et ceux qui, maîtres de Moscou et de la
Russie, veulent réaliser leur « rêve »
sur place en « exportant » la
Révolution jusqu’à Berlin,
l’industrie allemande étant nécessaire
à l’édification du « socialisme »,
préalable au « communisme »
virtuel jamais décrit, mais simplement
annoncé dans le messianisme marxiste. La
confrontation sanglante entre les peuples
captifs, à peine libérés du tsarisme en
1918, réintégrés de force par l’armée
« rouge » (qui va vite devenir
l’armée rouge du sang des peuples) et
les Juifs sortis vainqueurs (avec les deux
grandes puissances anglo-saxonnes) de la 1ère
guerre mondiale va générer ce que l’on
appelle le « génocide des Juifs »
au 20e siècle, le paradoxe étant que ces
« vainqueurs », emportés par
leur volonté de puissance, ce que de
Gaulle, dans sa fameuse conférence de
presse de juin 1967 a parfaitement exprimé
dans une phrase-choc « peuple d’élite,
sûr de lui et dominateur » (même
s’il ne s’agit pas d’un peuple, mais
plutôt d’une « alliance »
entre des communautés « riches »
en tous genres, soudées en outre, par une
religion qui l’a proclamé « peuple
élu » !) vont se heurter aux
peuples de l’Europe de l’Est et du
Centre, assoiffés de liberté, et à ces
peuples germaniques, brillants, cultivés,
industrieux, qui possèdent dix longueurs
d’avance sur le peuple russe, sous-développé,
arriéré, sorti à peine du féodalisme,
qu’ils vont devoir transformer à toute
allure en « peuple d’élite, sûr
de lui et dominateur » !
Mission impossible car les Allemands, après
leur défaite de 1918, vont se
reconstituer rapidement avec un esprit de
revanche décuplé par la haine des Juifs,
elle-même relayée à l’Est par des
peuples martyrisés par les « commissaires
politiques » à la sauce russe !
Sait-on que 100.000 Juifs au moins furent
massacrés du temps de Lénine entre 1917
et 1924 par ces peuples viscéralement
anti-communistes et anti-russes ? Et
comble de malchance ( ?) pour les
Juifs, les sionistes sont à l’œuvre
pour imposer un « Etat juif »
à une autre peuple – le peuple arabe
– qui se bat lui aussi pour sa libération,
et qui commence justement à y croire sur
les décombres de l’Empire ottoman !
Ainsi, les Juifs, avec leurs deux
entreprises totalement anti-démocratiques
– « communisme » et « sionisme »
– se
mettent à dos tous les peuples qui rêvaient
de liberté et d’indépendance à l’orée
du nouveau siècle !
La seconde guerre mondiale ne fut
que le prolongement de la première. Les
peuples germaniques l’ont encore perdue
pour les mêmes raisons : les Juifs
étaient désormais ancrés dans leurs
deux super « patries » :
l’URSS et les Etats-Unis. D’où la
« sainte alliance » réalisée
contre l’Allemagne en 1941. A son tour,
l’URSS a disparu, laissant les
Etats-Unis seuls maître du monde pour une
raison bien simple : l’essor économique,
la prospérité qui en découlait a
quasiment « gelé » l’URSS
sur place (que de Gaulle continuait à
appeler « Russie » à juste
titre), malgré les rodomontades d’un
Khrouchtchev qui prétendait, après la
mort de Staline, rattraper et dépasser
les Etats-Unis ! Aujourd’hui tous
les Juifs sont passés à l’Ouest,
Rothschild l’a emporté sur le « camarade »
Marx (y compris à Libé !).
Il ne pouvait pas en être autrement parce
que l’homme préfère tenir (son bien-être)
que courir (après des lendemains… qui déchantent ou
des promesses toujours trahies). Les Juifs
sont désormais parmi nous, en Occident,
et c’est bien mieux ainsi.
Reste le « problème »
d’Israël… A quoi sert cet Etat
aujourd’hui ? N’est-il pas, comme
on dit, superfétatoire ? Sans doute,
à la fin de la seconde guerre mondiale,
les sionistes, soutenus par Staline qui
avait pour objectif de chasser
l’Angleterre, après la France, du
Proche et du Moyen-Orient, ont-ils cru que
« leur » Etat pourrait
maintenir la « sainte alliance »
entre les deux super-Grands de l’époque,
à leur profit. Mais l’Angleterre, ayant
perdu son Empire, tenait à conserver ce rôle
gratifiant d’intermédiaire. Elle s’y
est opposée, et a déclenché la « guerre
froide » (Churchill et les
travaillistes étaient d’accord là-dessus)
afin de séparer les deux mastodontes. La
suite on la connaît. Le progrès économique
et le bien-être qu’il générait a fait
pencher la balance du côté des States.
Maintenant qu’ils ont pris
possession des Etats-Unis, les Juifs sont,
avec l’Oncle Sam, confrontés à
l’Asie, où la Chine a supplanté le
Japon dans son adversité avec l’Amérique.
D’où le « choc des civilisations »
annoncé, brutal, terrifiant, puisque le
Japon ne s’inclina qu’après un
bombardement atomique. N’en doutons pas,
c’est toute l’Asie (agressée hier par
les puissances coloniales) qui va se
rassembler, mû par un esprit de revanche
anti-colonialiste. Déjà, en 1955, la
fameuse conférence de Bandung (en Indonésie)
réalisait l’alliance du « tiers-monde »,
encore entravée par la domination de
l’URSS sur la Chine. La fin de la
parenthèse « soviétique » a
libéré le mastodonte chinois, désormais
candidat au leadership « mondial »
face aux Etats-Unis, leader du monde
occidental. Et du coup, les musulmans (un
milliard trois cents millions
d’habitants !) dispersés à la
lisière de cette Asie, jusqu’en Afrique
du Nord, sont devenus un enjeu majeur –
tout comme les Juifs au début du XXe siècle !
A cette différence près qu’il ne
s’agit pas d’une puissance financière
(même si le pétrole y occupe une place
considérable, mais la manne pétrolière
se diversifie). Non, l’intérêt que
représente le monde arabo-musulman est
avant tout stratégique : il encercle
littéralement la Chine, et pour les stratèges
du Pentagone, cette ceinture permet de
faire peser sur l’adversaire potentiel
– à partir d’un chapelet de bases dotées
d’armes de destruction massive – une
menace permanente… dont la Chine, a
contrario, doit empêcher
l’installation.
Dans la confrontation Chine-USA, les Américains
possèdent un avantage majeur, ce même
avantage qui leur a permis de balayer
l’URSS sans avoir à tirer un seul coup
de fusil : le niveau de vie, le bien-être,
la propagation par l’image de l’american
way of life qui fait tant rêver,
jusque dans les banlieues de nos villes !
L’erreur commise par Bush Jr et son équipe
– une très grave erreur – c’est
d’avoir ajouté à cette image de prospérité
un esprit de croisade… alimenté par un
christianisme de pacotille dirigé contre
le monde islamique que cette équipe de
fondamentalistes « judéo-chrétiens »
s’était mis en tête de « reformater »
– du Maroc à l’Indonésie ! Résultat :
la Chine qui manque cruellement d’idéologie
d’exportation (personne, pas même les
Chinois, ne prend leur « communisme »
au sérieux !) se voit offrir par les
« croisés » à la sauce
protestante de l’Amérique puritaine une
religion à dimension mondiale, qui plus
est revancharde :
l’islam ! Revancharde et agressive
parce que tous les peuples qui la
pratiquent, notamment le peuple arabe, au
Proche-Orient, sont entrés dans une phase
aiguë de frustration vis-à-vis de
l’Occident « dominateur »
dont la richesse pour une bonne part
provient de l’exploitation du pétrole…
extrait de son sous-sol ! Et comme si
cela ne suffisait pas, l’Occident a eu
l’impudence d’installer chez eux par
la force un « Etat juif »
soi-disant pour compenser des crimes
commis… en Europe par des Européens !
Il y eut déjà dans l’histoire des
empires musulmans non-arabes, en Perse (la
dynastie chiite des Séfévides) et en
Asie centrale (l’Empire des Grands
Moghols), celui-ci à cheval entre la
Chine et l’Inde. Que la Chine soutienne
aujourd’hui Téhéran, qui s’en étonnera ?
Mais qu’un jour la Chine elle-même
proclame sa conversion… à l’islam,
voilà qui en surprendrait plus d’un !
Pourtant, nous savons qu’un pays, ou un
prétendant (Henri IV chez nous !)
lorsqu’il choisit une religion, le
fait… par intérêt !
Rappelons-nous précisément le roi des
Khazars, Bulan, donnant sa préférence…
au judaïsme, ou le Prince Vladimir,
en 858, à Kiev choisissant le
christianisme !
Laquelle des deux fera basculer
l’islam dans son camp : la Chine ou
les Etats-Unis ? Le conflit (le
« choc des civilisations »,
plus prosaïquement une 3e guerre
mondiale) est-il inévitable ?
Beaucoup le pensent, beaucoup le
craignent. Par son comportement insane,
Bush Jr a déjà repoussé l’islam du côté
de Téhéran et de Pékin. La Chine, sur
sa lancée, invite l’Afrique à coopérer
avec elle. L’Amérique latine, en lutte
contre la domination de la grande
puissance du Nord, ne lui est certainement
pas hostile. Un super Bandung se profile
à l’horizon. Mais une domination
chinoise sur le monde ne résoudrait pas
les conflits ethniques, qui en douterait ?
Les Européens, avec les Africains,
peuvent-ils ramener l’islam vers la Méditerranée ?
Peuvent-ils y construire un nouvel ordre
mondial, pacifique, dans lequel chaque
peuple aura sa place, y compris la Chine
et les Etats-Unis ? Cela va dépendre
pour beaucoup des Juifs ! A la fin du
19e siècle, au moment du duel
anglo-germanique, puis au XXe dans le
sillage de la Russie « bolchevique »,
l’Europe dominait le monde. Rares sont
ceux qui pouvaient prévoir son déclin,
encore moins son dépassement par l’Asie
(même si quelques esprits évoquaient le
« péril jaune », il
s’agissait de romanciers plutôt en mal
d’exotisme !). En revanche, les
Etats-Unis d’Amérique se posaient là,
en sérieux rivaux. Certains ouvrages,
parmi les plus célèbres de Jules Verne,
le laissaient prévoir. Mais la Chine ?
N’était-elle pas « tenue »
par la grande Union soviétique ? Le
Japon n’avait-il pas été atomisé par
l’Oncle Sam ? Si Theodor Herzl
avait été lucide, il eut proposé un
« Etat juif » non pas en
Palestine, mais aux Etats-Unis, comme le
préconisait un autre banquier américain,
fort influent, d’origine allemande,
Jacob Schiff, ou bien aurait-il tout
simplement apporté son appui à la Jewish
Colonization Association, fondée
par le Baron Maurice de Hirsch, un
banquier plus riche que les Rothschild !,
qui, lui, envisageait de transférer en 25
ans 3.250.000 Juifs de Russie vers
l’Argentine et le Brésil ! Hélas,
les impérialismes, avides d’expansion,
avaient juré la perte de l’Empire
ottoman…
Nous avons compris que la « volonté
de puissance » des Juifs les a
toujours alliés à celle de la Nation
dominante. Elles se doublent pour ainsi
dire. D’où la formidable ambition de
l’Angleterre d’abord, puis celle de
l’Allemagne, d’essence économique
toutes les deux, enfin celle de l’URSS, idéologique,
qui prouve justement, par son
absence de dynamisme économique,
l’existence d’une ambition purement juive.
Passés à l’Ouest, les Juifs ont
investi
les States.
A coup sûr, les deux volontés
de puissance se complètent à merveille !
Guerre ou paix ? De toute évidence,
les sionistes, pour sauver Israël, menacé
de disparition, sont prêts à tout !
Et Pékin se frotte les mains : avec
cet Etat juif en décomposition, les
sionistes vont leur livrer le monde
islamique, puisque guerre après guerre,
ils vont détruire tout ce qui reste
d’influence occidentale en Asie ! Même
le Liban se voit promis au gouffre, la
Palestine, n’en parlons pas, n’en
parlons plus ! Et les Etats-Unis
eux-mêmes, défaits, entraînés dans la
guerre au Proche-Orient, vont bientôt se
poser la question : est-ce bien notre
intérêt que notre armée défend ?
L’ancien Président Jimmy Carter, dans
son dernier ouvrage « Palestine :
la paix, pas l’apartheid » n’hésite
pas à interpeller le peuple américain : « Nous
sommes soumis à un puissant lobby qui ne
fait entendre qu’une seule volonté ! ».
Comment ne pas se souvenir de
l’extraordinaire prophétie de ce
Libanais maronite du sud, Négib Azoury,
qui écrivait dans son livre paru à Paris
en 1905 « Le Réveil de la nation
arabe dans l’Asie turque » : deux
phénomènes importants, de même nature,
et pourtant opposés, se manifestent à présent
en Turquie d’Asie : ce sont le réveil
de la nation arabe et l’effort des Juifs
pour reconstituer à très large échelle
l’ancien royaume d’Israël. Ces deux
mouvements sont destinés à se combattre
jusqu’à ce que l’un l’emporte sur
l’autre. Il ajoute : «
que les deux peuples représentent deux
principes contradictoires et avertit –
en 1905 ! –
que le sort du monde
entier dépend de l’issue de leur lutte ! »
(in « le Siècle d’Israël »
- éditions Fayard – p. 154 – 1995). Mais
qui lit Azoury ?
MON
OPINION SUR LE « GÉNOCIDE DES JUIFS »
Si l’on admet que mon interprétation
des événements du XXe siècle est fondée,
que peuvent signifier ces mots – génocide,
holocauste, shoah… – rapportés à ce
qui apparaît comme une lutte entre
grandes puissances – pour la domination
ou le partage du monde en zones
d’influence – à laquelle furent mêlées
des communautés « juives »
qui y participaient en raison de leur
« surface financière » et de
leur entregent diplomatique, longtemps
soumises, tant culturellement que
politiquement, et découvrant avec
exaltation à travers l’essor et le
triomphe du capitalisme leurs formidables
« potentialités » ? Ne
sont-ce pas seulement des mots qui
cherchent à dissimuler l’essentiel, à
savoir que les Juifs sont bien parvenus à
s’intégrer dans notre monde où ils
agissent en dominants parmi les élites
dirigeantes ? Car il s’agit
d’une élite incontestablement, et comme
toutes les élites, elle évolue dans les
sphères gouvernementales qui tendent
naturellement à orienter le « sens
de l’histoire ». Ne sont-ce pas
des « magiciens » qui se brûlent
au contact des peuples riches… d’une
identité, bâtie au fil des siècles, qui
leur colle à la peau – comme on l’a
vu à l’Est de l’Europe où, précisément,
s’est accompli le « génocide »
des Juifs ? Un historien juif,
d’origine polonaise, naturalisé
américain, Raul Hilberg a d’ailleurs
consacré 25 ans de sa vie à l’étudier
et son livre – une somme – a pour
titre « La Destruction des Juifs
européens » (folio-Gallimard). «
Elle fut l’œuvre, dit-il, de
plusieurs peuples et de plusieurs Etats ».
C’est un constat qui est également le
mien ! A cette différence près que
ni Hilberg ni aucun autre historien de
« la génération de la guerre »
n’a encore admis l’antériorité du
crime commis au détriment de ces peuples
par le despotisme soviéto-tsariste, plus
encore sous sa forme « soviétique »
que tsariste, la plupart de nos historiens
restant accrochés au mythe du « communisme »
émancipateur des peuples ! En
France, ne l’oublions pas, ce sont
plusieurs générations d’intellectuels
et d’enseignants qui furent les
complices ou les propagateurs stipendiés
de ce mythe, et leur descendance a
largement pénétré la superstructure de
notre Etat, en premier lieu ces « lieux
de culture » écrits,
audio-visuels… et religieux ! (Ce
qui est assez paradoxal dans un Etat qui
professe le culte… de la laïcité !).