par
Jacqueline
Amidi
in
www.effedieffe.com,
21-9-2006
www.effedieffe.com/interventizeta.php?id=1440¶metro=esteri
L'auteur
est libanaise-arménienne habitant à
Rome. Lire
également du même auteur sur notre site :
"Liban,
le fief de la Vierge" Religion N.7
Qui
sait si le slogan fanfaron «guerre
de l’occident contre la barbarie» est
déjà révolu? Qui sait si la «redéfinition
géopolitique du Moyen-Orient»
est encore au programme du jour? Qui sait
si les usraéliens «drogués
de guerre»
et l’occident «judéomane»
profitent de la trêve pour orchestrer une
nouvelle guerre «globale»
et se mobilisent pour un autre «round»?
Ce
qui est certain c’est que la dernière
guerre qu’a subie le Liban a changé la
donne et brouillé les cartes.
Israël
n’avait pas calculé une surprise: le
facteur humain. Il croyait dominer la
situation aérienne, navale et terrestre,
mais ce fut «la
faillite militaire israélienne la plus
importante et éclatante»,
selon Ilan Pappe .
Comme
tous ceux qui jusqu’ici avaient organisé
la chute du Liban, croyant en finir en peu
de jours, ils ont été eus. Ils ont eu à
faire à de farouches combattants de telle
efficacité à causer l’échec de tous
les plans de l’agresseur.
Suite
aux déboires militaires de Tsahal,
c’est l’équilibre même interne
d’Israël qui est train de se briser: la
crise s’installe clairement et
ouvertement au sein du gouvernement et de
l’État-major israéliens, qui se
lancent sans réserve des critiques amères
et scandaleuses.
C’est
l’immense fiasco:
«Le
lendemain de la guerre sera le Jour des
Longs Couteaux. Chacun accusera chacun.
Les hommes politiques s’accuseront les
uns les autres. Les généraux
s’accuseront les uns les autres,
les hommes politiques accuseront les généraux.
Et,
surtout,
les généraux accuseront les hommes
politiques.
[...]
Les
accusations réciproques sont tout à fait
justes. Cette guerre est une suite d’échecs
militaires - dans les airs,
sur terre et sur mer. Ces échecs ont
leurs racines dans la terrible arrogance
dans laquelle nous avons été élevés et
qui est devenue partie intégrante de
notre caractère national. Cette arrogance
est encore plus typique dans l’armée et
elle atteint son summum dans les forces aériennes.
Pendant des années,
nous nous sommes dit que nous avions
l’armée la meilleure,
meilleure,
meilleure du monde. Nous en avons
convaincu non seulement nous-mêmes,
mais aussi Bush et le monde entier. Après
tout,
nous avions remporté une extraordinaire
victoire en six jours en 1967. Résultat,
cette fois-ci,
quand l’armée n’a pas remporté une
énorme victoire en six jours,
tout le monde est abasourdi. Pourquoi,
que s’est-il passé?.
[...]
Mais
au-delà de l’arrogance et du mépris
pour l’adversaire,
il y a un problème militaire fondamental:
il est tout simplement impossible de
gagner contre une guérilla.
[...] Dieu
seul sait ce qui a donné aux généraux
d’aujourd’hui la conviction injustifiée
qu’ils gagneraient là où leurs prédécesseurs
avaient si lamentablement échoué. Et
surtout: même la meilleure armée du
monde ne peut pas gagner une guerre qui
n’a pas d’objectifs clairs. Karl von
Clausewitz,
le gourou de la science militaire,
a déclaré que “la guerre n’est
rien d’autre que la continuation de la
politique par d’autres moyens”. Olmert
et Peretz,
deux parfaits dilettantes,
ont transformé cette phrase en: “la
guerre n’est rien d’autre que la
continuation par d’autres moyens de
l’absence de politique”.
[...]
Mais
Olmert et Peretz [...]
Néophytes
en matière de guerre,
ils ne savaient pas [...] que
dans la guerre l’imprévu doit être prévu,
que rien n’est plus temporaire que la
gloire militaire. Ils étaient enivrés
par la popularité de la guerre,
incités par une bande de journalistes
serviles,
égarés par leur propre gloire de chefs
de guerre.
Olmert
était stimulé par ses propres discours
incroyablement pompiers,
qu’il répétait devant ses courtisans.
Peretz,
paraît-il,
se mettait devant une glace,
et se voyait déjà prochain Premier
ministre,
Monsieur Sécurité,
un second Ben Gourion. Et alors,
comme deux idiots du village,
au son des tambours et des trompettes,
ils ont pris la tête de leur Marche de la
Folie,
tout droit vers un échec politique et
militaire. Il est probable qu’ils le
paieront après la guerre. [...] La
conclusion qui s’impose est: chasser
Olmert,
envoyer Peretz faire ses bagages et virer
Halutz.
Pour
s’engager dans une nouvelle voie,
la seule qui résoudra le problème,
il faut des négociations et la paix avec
les Palestiniens,
les Libanais,
les Syriens. Et avec Hamas et Hezbollah.
Parce
que ce n’est qu’avec ses ennemis que
l’on fait la paix».
La
politique du type: «Ou
tu es avec moi ou tu es extrémiste,
intégriste,
terroriste,
fasciste,
nazi et antisémite»(!),
ou encore: «Moi
je frappe,
moi je tue, si tu n’obéis pas»,
eh bien cette politique vient de recevoir
son premier coup de massue tant attendu,
grâce à la défense totalement
surprenante et fantastique des résistants
du Hezbollah. Au Liban ils font figure des
Sept
samouraï qui
ont su finalement défendre les “déshérités”
des réguliers pillages et crimes des
truands et criminels.
Sur
le terrain, le Liban devait ponctuellement
subir une invasion soit israélienne soit
syrienne (toujours avec le feu vert étasunien),
en sortir avec des dégâts de plus en
plus insurmontables et beaucoup de morts.
Et à peine à nouveau debout (ça ne rate
jamais!), sans pitié, tour à tour, Israël
ou Syrie se remettent au carnage et à la
dévastation.
Comment
alors peut-on ne pas avoir de sympathie et
ne pas exprimer la reconnaissance aux résistants?
Ils représentent un «rempart
contre Israël»[].
Ils ont rendu justice et honneur à tous
les Libanais, toute communauté confondue.
Et tous les soutiennent.
Quelle
armée hésiterait à avoir dans ses rangs
de tels combattants? Même Israël les
envierait et les convoiterait.
Mais
il n’est pas encore venu le temps de
crier haut la victoire.
Le
Liban a deux voisins très avides et
ripailleurs: Israël et Syrie, chacun veut
son butin. À moins d’un changement
prodigieux.
1.
Qui sont les ennemis du Liban?
Ce
tout petit pays, qui pas même une fois de
son histoire n’a agressé aucun pays
voisin, s’est toujours trouvé dans
l’obligation de se défendre des
attaques d’autrui. À chaque tranche
d’histoire ses ennemis. Les ennemis du
jour sont: Israël, États-Unis, Syrie et
réfugiés palestiniens au Liban.
Nous
arriverons plus tard aux traîtres.
A.
Israël
«Si
les Israéliens ne veulent pas être accusés
de nazis,
ils
doivent simplement cesser de se comporter
en nazis»
(Norman
Finkelstein).

Dès
avant sa création en 1948, les fondateurs
d’Israël avaient leurs projets pour un
grand “Royaume d’Israël”, déjà
dessinant le remodelage du Moyen-Orient.
Pour eux, il fallait mettre la main sur
les deux “sources de vie” principales
du Moyen-Orient: le pétrole et l’eau.
D’où
l’acharnement des sionistes à diviser,
coûte que coûte, et démanteler tous les
États de la région, afin de les
affaiblir et s’accaparer de leurs matières
premières si convoitées.
Au
Liban, nous n’avons pas de pétrole.
Mais nous sommes riches en eau, notre “pétrole
blanc”. On comprend alors pourquoi Israël
ne laisse jamais en paix le sud du Liban,
et pourquoi durant cette dernière guerre
de juillet-août il insistait pour arriver
au Litani. La guerre d’Israël contre le
Liban a été et sera toujours la guerre
de l’eau aussi.
Pour
Israël, écrit Christian Chesnot,
il faut à tout prix redessiner les frontières
de la terre du «Grand
Israël»: «Dans
un rapport datant de 1941,
Ben Gourion revient sur l’importance des
eaux du Liban-sud pour le futur État
d’Israël: “Nous devons nous rappeler
que pour parvenir à enraciner l’État
juif, il faudra que les eaux du Jourdain
et du Litani soient comprises à l’intérieur
de nos frontières”.
Pourtant,
historiquement,
le Litani a toujours été inclus dans les
frontières internationalement reconnues
de l’État libanais,
ce qui en fait par là même une voie
d’eau exclusivement libanaise. Mais les
dirigeants israéliens n’ont jamais
abandonné l’idée de pouvoir utiliser
un jour à leur compte une partie des eaux
du Litani et de ses affluents.
“Le
Liban est une erreur historique et géographique”,
aimait à rappeler Moshe Arens, ancien
ministre de la défense israélien. Dès
sa fondation, Israël a considéré le
Liban et plus spécialement sa partie méridionale
comme une de ses sphères naturelles
d’influence sur laquelle il se réservait
le droit d’intervenir militairement ou
non. “Lors de la première guerre israélo-arabe,
l’État juif ‘grignote’ de manière
insignifiante son voisin du nord en
s’emparant de quatre villages qu’il
restitue avant de conclure l’accord
d’armistice signé à Ras el Naqoura le
23 mars 1949, qui prévoyait la mise en
place d’une commission mixte et de six
postes d’observation en territoire
libanais”.
L’accord
d’armistice entre les deux États fixe
alors comme ligne de démarcation la
frontière de 1920 entre le Liban et la
Palestine. Ce statu quo territorial fut
toujours contesté plus ou moins
ouvertement par l’État hébreu.
D’un
point de vue stratégique,
Israël considère le Liban comme le
“maillon faible”du monde arabe,
pour reprendre l’expression de Ben
Gourion. Sa déstabilisation pourrait
servir les intérêts de l’État hébreu
qui,
un temps,
souhaita l’émergence de mini-États
confessionnels au Proche-Orient. Moshe
Dayan et Ben Gourion tentèrent dans cette
optique de susciter un mouvement séparatiste
maronite. Dans les années cinquante,
les dirigeants israéliens imaginèrent
ainsi la création d’un Liban chrétien
qui lui serait inféodé,
comme le rappelle dans son journal Moshe
Sharett: “Selon lui [Moshe Dayan,
chef d’état-major de Tsahal (ndlr)], il
serait seulement nécessaire de trouver un
officier, fût-ce un simple major. Nous
pourrions gagner sa sympathie ou
l’acheter pour l’inciter à se
proclamer sauveur des maronites. Alors,
l’armée israélienne entrerait au
Liban, occuperait le territoire nécessaire
et installerait un régime chrétien qui
s’allierait à Israël. Les territoires
au sud du Litani seraient totalement annexés
par Israël et tout irait pour le mieux”».
«Le
mouvement sioniste –
écrit Gilles Munier
– n’a
jamais accepté le partage du
Proche-Orient effectué par la
Grande-Bretagne et la France au lendemain
de la Première guerre mondiale. La déclaration
Balfour de 1917 promettant la création
d’un “foyer
national pour le peuple juif” en
Palestine,
ne suffisait pas. Les dirigeants sionistes
voulaient en dessiner la carte. Ils réclamaient
les deux rives du Jourdain,
sa source,
et le Litani. Le 29 décembre 1919,
Haïm Weizmann – Président
de l’Organisation sioniste mondiale –
demanda à Lloyd George,
Premier ministre britannique,
que le futur État “englobe
la vallée du Litani sur une distance de
près de 25 miles – soit environ 40 km
– en amont du coude, ainsi que les
flancs ouest et sud du Mont Hermon”. [...]
En
1940,
Yossef Weitz,
directeur du Fond
national juif,
écrivait: “Il
faut expliquer à Roosevelt, et à tous
les chefs d’États amis, que la terre
d’Israël n’est pas trop petite si
tous les Arabes s’en vont, et si les
frontières sont un peu repoussées vers
le nord, le long du Litani, et vers
l’est, sur les hauteurs du Golan”.
[...]
Les
premières agressions du sud du Liban
eurent lieu dès 1948. La Haganah – ancêtre
de Tsahal – occupa plusieurs
villages du Djebel Amel,
massacrant une centaine d’habitants. De
1949 à 1964,
on dénombra 140 agressions israéliennes
dans cette région,
plus de 3000 entre 1968 à 1974!.
Pour
les politiciens israéliens – d’extrême
droite ou travaillistes – la
guerre israélo-arabe de 1948 ne sera
terminée – au
nord – qu’après la prise du
Litani. Dans l’esprit de David Ben
Gourion,
les frontières du Grand Israël – Eretz
Israël
[Terre d’Israël] –
étaient toutes provisoires. [...] Concernant
le Liban,
on lit dans son Journal,
à la date du 21 mai 1948: “La
suprématie musulmane dans ce pays est
artificielle, et peut aisément être
renversée; un Etat chrétien doit être
instauré dans ce pays. Sa frontière sud
serait le fleuve Litani”».
Il
est clair que tant qu’Israël n’aura
pas instauré son “Ordre Nouveau” au
Liban, ces projets de guerre se perpétreront
jusqu’au détournement de notre eau,
envahissant la terre libanaise avec une ou
d’autres “Opération Litani”, nom
qu’Israël avait donné à la grande
invasion du Liban du 14 mars 1978.
Toutes
les opérations d’Israël contre le
Liban ont été vouées à l’échec.
Comme par une «malédiction»
ou un «maléfice»,
selon nos agresseurs superstitieux.
Il
va de soi, pour défendre notre Liban
agressé il y avait infiniment mieux et
infiniment plus. Il y avait et il y a la
prière et l’amour de tout notre peuple,
le combat indomptable de nos frères
chiites, la muraille de sang de toutes nos
victimes innocentes, le secours céleste
de nos morts, la garde redoutable de nos
saints, et, plus haut, la protection
souveraine de la Vierge et l’abri divin
de la croix du Sauveur. C’étaient pour
nous, les Libanais agressés, les «bénédictions
du ciel» et les «miracles
libanais», depuis toujours.
Les
fermes libanaises de Chebaa, occupées par
Israël aujourd’hui, richissimes en eau,
ne lui suffiraient pas. Il lui faut donc
encore grignoter du Liban pour se désaltérer,
ce voisin sans cesse assoiffé, d’eau et
de sang.
À
souligner aussi que cet acharnement à
essayer de créer à tout prix ce prétendu
État chrétien n’est absolument pas mû
par je ne sais quel amour ou amitié
envers les chrétiens libanais. Ces “chrétiens”
leur auraient servi uniquement en tant
qu’instrument de haine et de guerre,
contre toutes les autres communautés et
enfin contre les chrétiens mêmes, écrasés
dans cette meule de guerre, de
destructions et de sang.
Les
“clients” chrétiens de ces desseins,
Israël les a trouvés au Liban. Mais
jusqu’à maintenant leur but n’a pas
encore été atteint, malgré l’aide
directe du Mossad sur le territoire
libanais!
Il
ne sera pas inopportun un jour de rappeler
publiquement certains faits et certaines vérités
amères sur les responsabilités et les
responsables, anciens et actuels, vivants
et morts («La
mort n’est pas une excuse!», suggérait
Léon Bloy) de nos gangrènes. Car encore
aujourd’hui le Liban paye pour les
silences qui ont duré si longtemps et qui
continuent à nous
engouffrer dans l’aveuglement et dans la
détresse. Un peuple à qui on fait l’économie
de la vérité, sera vite réduit à se
faire l’économie de la confiance et de
l’espoir.
Mais
une autre guerre est voulue par Israël au
détriment du Liban, à part la guerre de
l’eau: le sabotage de l’économie
libanaise. Le système économique prospère
dont a toujours joui le Liban dans la région
déplaît à Israël, autant qu’à la
Syrie d’ailleurs: les deux profitent
largement de chaque situation de guerre au
Liban.
Le
Liban, carrefour de trois continents et
seuil des civilisations, des cultures et
des marchés du Levant, bénéficiait
toujours, malgré les guerres, d’une réussite
économique sans rival. Et cela pour le
climat de confiance qui attirait les
investissements et l’afflux
d’importants capitaux privés provenant
de l’étranger. Le secteur bancaire
montrait une solidité extraordinaire. Le
Liban représentait donc, jusqu’à la
veille de cette dernière agression israélienne,
la première place financière et
commerciale et le principal centre
d’affaires pour l’ensemble des pays du
Moyen-Orient, rôle dans lequel aucune des
autres places régionales n’avait pu le
substituer. C’est tout cela aussi,
qu’Israël a voulu détruire.
Et
pourtant le Libanais est reconnu pour son
rapide redressement. Israël ne pourra pas
démolir aussi l’âme libanaise.
B.
Les États-Unis
«L’Oncle
Sam est en train de rédiger un scénario
pour
un occident terrifiant de bons contre les
méchants... jusqu’à
la mort»
(Gideon
Samet, Haaretz)

Aux
États-Unis ce n’est pas Bush ou son
Administration qui gouverne, mais les néoconservateurs,
ou néocons, une bande d’experts et
stratèges, appelés aussi «les
faucons», qui conduisent
tranquillement la politique étasunienne,
dépoussiérant périodiquement, depuis
une trentaine d’années, le vieux plan
sioniste du remodelage du Moyen-Orient, en
faveur d’Israël ça va de soi.
À
titre d’exemple, voici un néocon:
Elliott Abrams, juif, tenant des propos
assez curieux concernant l’identité
religieuse et nationale des juifs américains.
Abrams
– écrit Tom Barry – soutient que «les
Juifs ne devraient pas donner de
rendez-vous amoureux ou aller à l’école
primaire avec des non-juifs».
Selon Abrams «En
dehors de la terre d’Israël,
les Juifs qui croient en l’Alliance passée
entre Dieu et Abraham,
doivent sans aucun doute se tenir à l’écart
de la nation dans laquelle ils vivent.
C’est la nature même de la judaïté de
se tenir à l’écart – sauf en Israël
– du reste de la population», et «
il insiste sur le fait que les Juifs
doivent être loyaux envers Israël parce
qu’ils “sont dans une alliance entre
Dieu,
la terre d’Israël et son peuple. Leur
engagement ne faiblira pas,
même si le gouvernement israélien
poursuit des politiques impopulaires».
Voilà
donc un échantillon de cette caste de néocons,
dont sont épris les Bush, Rice, Cheney et
Rumsfeld. Des personnages appartenant à
une idéologie de cette catégorie, prêchant
sans pudeur l’instigation à la haine
raciale, ces farouches xénophobes se sont
donc octroyé le droit de mettre les mains
sur le Moyen-Orient entier! Et Bush et son
administration devaient embrasser les
opinions des néocons dans le souci de
porter aux pays moyen-orientaux la liberté
et la “démocratie”,
«[...]
un
Proche-Orient où Israël sera bien moins
en sécurité et où les Etats-Unis seront
encore plus haïs»?
Car la paix par la force, la pax
americana, est une grande illusion de Terminator
à la Arnold Schwarzenegger
(aujourd’hui gouverneur de la Californie
et fan de la politique actuelle de
l’administration Bush).
Qui
sont les néoconservateurs? Des adeptes du
gourou Léo Strauss.
Léo
Strauss, «émigré
juif allemand,
est la source directe», écrit
Emmanuel Ratier, «de
la doctrine politique de la Maison
Blanche. Diffusant un enseignement public,
il sélectionnait surtout ses étudiants
les plus ambitieux pour leur délivrer un
enseignement secret,
qu’il appelait “le Royaume secret”.
Une méthode de gouvernement fondée sur
la manipulation perpétuelle des masses.
Ses disciples,
les néoconservateurs sionistes,
ont obtenu tous les pouvoirs avec George
Bush». «Pourtant nul plus que lui n’a
donné au néoonservatisme (qui n’a
strictement rien à voir avec le
conservatisme américain classique) ses
traits particuliers: sentiment de la crise,
[...] rejet
du pluralisme,
appréhension du nihilisme,
[...] fondamentalisme
religieux,
rôle majeur d’Israël dans le concert
des nations etc.». «Autrement dit,
il n’existe aucune moralité,
ni bien ni mal,
et que l’histoire humaine est
insignifiante face à l’univers. Et que,
pour faire marcher l’humanité,
il faut faire croire à l’existence
d’un “père fouettard” cosmique».
Des
idéologues néocons donc qui gèrent leur
“croisade pour la démocratie” au
Moyen-Orient et
qui détiennent les directions de la
politique étrangère des États-Unis pour
un «Nouveau
Moyen-Orient», dont le centre serait
évidemment Israël (à propos, le Liban
est déjà, depuis plus de soixante ans,
une république authentiquement libre, ou “démocratique”:
nous n’avions pas besoin d’une guerre
pour nous le faire comprendre!).
Les
appels harcelants de Bush pour la «révolution
démocratique globale» et sa
politique de «pouvoir
par la force» sont d’inspiration
exclusivement néoconservatrice.
Le
journaliste allemand Jürgen Elsässer
donne une belle définition de Bush: «On
peut voir que Bush est l’otage de son
entourage. Et,
comme il n’est pas très intelligent,
il n’est pas en mesure de prendre les décisions,
et doit suivre les idées de son entourage».
Et sur les néoconservateurs il
ajoute: «Mais
les néoconservateurs sont fous,
ils veulent faire la Troisième Guerre
mondiale contre tous les Arabes et tous
les musulmans». «Oui,
il y a un double gouvernement qui échappe
au contrôle de Bush. Ce sont des néoconservateurs,
comme Cheney,
Rumsfeld,
Wolfowitz,
Perle,
des gens liés au pétrole et aux
industries militaires. Le chaos global est
dans l’intérêt de l’industrie
militaire: quand il y a le chaos dans le
monde entier,
on peut vendre des armes et le pétrole
plus cher».
C’est
uniquement l’agressivité de l’école
néoconservatrice qui détermine ce qui se
passe actuellement au Moyen-Orient, et ce
sont eux, les néocons, qui font une
pression violente sur le gouvernement américain
afin que toute guerre engagée dans la région
soit exclusivement en faveur d’Israël.
Depuis trois décennies ils ont conquis la
Maison Blanche et font des divers présidents
qui s’y sont succédé leurs
marionnettes de l’heure.
Israel
Shahak, dans l’introduction qu’il
avait signée le 13 juin 1982 au document
d’Oded Yinon, avait prophétiquement
observé: «On
perçoit très clairement le lien étroit
qui existe entre ce projet et la pensée néoconservatrice
américaine,
particulièrement dans les notes de
l’auteur dans son propre article».
Paul
Wolfowitz, juif américain, néocon ou
“faucon” des plus agressifs, surnommé
aussi le “prince des ténèbres”, précédemment
sous secrétaire à la défense de
l’administration Bush et actuellement
dixième président de la Banque Mondiale,
le plus acharné des fauteurs de guerres
et du «choc
des civilisations», poussait sans relâche
pour une guerre totale des
Usa contre Irak, Iran, Syrie et
Liban, «pratiquement
identifiant ainsi l’intérêt national
d’Israël avec celui des Usa»,
dit Maurizio Blondet dans son livre Chi
comanda in America? (Qui
commande en Amérique?) se référant
à cet égard au Village
voice du 21 novembre 2001.
Il
est évident que les néocons ne sont pas
seulement dangereux pour le destin du
Moyen-Orient, dont le Liban, mais aussi
pour le futur de l’occident, dont
l’Europe, car une fois le déclic parti,
une fois le mécanisme démentiel d’une
guerre globale en marche, qui peut freiner
l’appétit de ces cannibales, de ces «drogués
de guerre» sans fin?
Il
est urgent aujourd’hui de trouver une
alternative à cette «diplomatie
de gangsters».
«Il
nous faut comprendre que de tels événements
criminels n’arrivent pas par hasard
aujourd’hui. Ils ont été planifiés.
Des peuples sont aujourd’hui punis de
manière exemplaire afin que les autres
peuples soient avertis de ce qu’il en coûte
de défier le nouvel ordre états-unien et
pour que chacun choisisse son camp».