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COMMUNIQUÉ  RJLIBAN  N°61  du 15 juin 2006

 

L'hebdo Marianne du 10 au 16 juin consacre une enquête aux Libanais de France. "Au-delà des idées reçues. Fuyant Beyrouth en guerre, ils ne pensaient pas rester. Trente ans après, ils sont toujours là. Commerçants, médecins, artistes ou... chauffeurs de taxi. Et pas forcément riches ! Rencontres avec les plus occidentaux des Orientaux." 

 

Le Liban, baromètre du Moyen-Orient

 

par LOUISE BEAUDOIN, publié dans le Devoir le 14 juin 2006

 

L'auteur est professeur associée au département de science politique de l'Université du Québec à Montréal

En 2002 se tenait, pour la première fois dans un pays arabe, un sommet de la Francophonie. Le gouvernement du Québec, à l'invitation de Ghassan Salamé, alors ministre de la Culture et organisateur de l'événement, acceptait, en association avec le Liban, d'investir dans la réhabilitation du spectaculaire site archéologique de Byblos, qui abrite les vestiges d'une des plus vieilles villes du monde. 

 

J'y suis retournée récemment pour en constater l'heureux résultat : des sentiers balisés, des explications claires et concises, un petit musée où on peut apprendre à écrire son nom en phénicien. De l'avis des guides touristiques, c'est le site le mieux mis en valeur au pays. Une grande réussite de la coopération Québec-Liban, coopération minimaliste dont les principales actions concernent les contacts entre bibliothèques nationales (celle du Liban est en reconstruction), la présence de l'UQAM et la trentaine de bourses attribuées à des étudiants libanais pour venir étudier dans nos universités.

 

Ombre au tableau : le bureau d'immigration du Québec est toujours localisé à Damas ; de surcroît, Air Canada n'a toujours pas de vol direct Montréal-Beyrouth alors que toutes les grandes compagnies aériennes desservent maintenant le Liban de façon directe.


Le pays coincé

 

Le Liban est une fois de plus victime de la géopolitique de la région, coincé entre les intérêts de la Syrie et de l'Iran dans ce Moyen-Orient convulsif. A la suite de l'énormité (18 morts, un quartier dévasté) de l'assassinat de Rafic Hariri, l'ancien premier ministre qui venait de rompre son allégeance prosyrienne, l'armée syrienne a quitté le Liban. Mais la Syrie, avec ses partisans sur place, est en mesure de continuer à exercer son influence déstabilisante et est montrée du doigt comme commanditaire de cet attentat et des 14 autres qui ont suivi. L'envoyé spécial de l'ONU vient de remettre son rapport et demande une prolongation de son mandat d'enquête.

 

Que feront les Etats-Unis après avoir considéré qu'il était moins dangereux de "punir" ce pays, maillon faible de la région, que de s'attaquer à l'Iran ? Changeront-ils leur fusil d'épaule ? Beaucoup de Libanais s'interrogent en effet à savoir si les Américains, enlisés en Irak, confrontés à l'Iran, ont encore intérêt à faire tomber le régime alaouite ou même à l'affaiblir. Pourquoi remettre le pouvoir aux 85 % de sunnites du pays au moment où chacun constate que la présence américaine au Moyen-Orient a eu pour effet, entre autres conséquences, d'exacerber la lutte entre sunnites (majoritaires en Arabie Saoudite, dans les Emirats, en Jordanie et en Egypte) et chiites (majoritaires en Iran, en Irak et au Liban) ?

 

Quant à l'Iran, il entretient au Liban, au su et au vu de tous, une milice, celle du Hezbollah, qui ne veut ni désarmer ni intégrer ses hommes aux forces armées régulières et qui représente, avec le Amal, la puissante communauté chiite sans laquelle aucune solution à long terme ne peut être acquise. C'est pourquoi la Syrie semble être de nouveau en mode reconquête au Liban après avoir dû baisser la tête sous les pressions internationales, surtout américaines.

 

Communautarisme extrême

 

Le communautarisme religieux au Liban est poussé à l'extrême. Dix-sept communautés religieuses sont reconnues institutionnellement : le président, d'après la Constitution, doit être un maronite, le premier ministre, un sunnite, et le président de l'Assemblée nationale, un chiite. Si cette situation a déjà eu un sens, il est certain qu'elle l'a perdu aujourd'hui.

 

Malgré tout, un Liban non communautaire et non basé sur l'appartenance religieuse semble encore lointain, sinon utopique, même si les plus lucides dans la classe politique savent que c'est l'avenir du pays et sa démocratisation qui sont en jeu. En tout cas, cette mosaïque donne au Liban un visage radicalement différent de tous les autres pays arabes.

 

Pour l'instant, dans tous les pays de la région, il y a un durcissement qui se manifeste par la progression de l'islamisme et la marginalisation des chrétiens. On se demande si, en Irak, au Liban, en Syrie en Egypte, en Jordanie et en Palestine, cette civilisation millénaire portée par les chrétiens d'Orient n'est pas en train de disparaître. Et les derniers francophones et francophiles par la même occasion.

 

Les coptes chrétiens, installés en Egypte bien avant les Arabes musulmans puisque leur origine remonte à la période pharaonique, sont actuellement victimes d'une véritable persécution : insultes quotidiennes dans la rue, attentats contre des lieux de culte ou des personnes, à Alexandrie notamment.

 

Résister ou partir ?

 

Au Kurdistan irakien, dans les montagnes, près de la frontière turque, dans un village de langue araméenne, celle du Christ, j'ai visité un monastère du VIIe siècle, un des seuls à ne pas avoir été rasés par Saddam Hussein. Rabban al-Kass, évêque d'Amadiyya-Shamkâne, personnage coloré et hyperactif, en termine la restauration en plus d'agrandir à Dohuk, avec l'appui d'une fondation monégasque, un étonnant lycée international laïque qui accueille, dans des locaux flambant neufs, musulmans et chrétiens dans une belle mixité ; on y enseigne en kurde et en anglais mais on y apprend aussi le français, langue dans laquelle Mgr al-Kass, Chaldéen, c'est-à-dire d'obédience catholique, s'adresse au pape.

 

Plus au sud, les quelque 20.000 habitants de la ville chrétienne d'Aïn Kawa, en banlieue d'Erbil (Hawler en kurde), capitale du Kurdistan, voient leur nombre augmenter en flèche : non seulement les chrétiens du reste de l'Irak y trouvent refuge mais aussi nombre de musulmans fuyant la fureur islamiste et la guerre ou, tout simplement, y goûtant la liberté de prendre une bière dans un café et, pour les femmes, de se vêtir comme elles l'entendent. Se joignent à eux les agents des organisations internationales et humanitaires. Bref, en deux ans, le prix du mètre carré a doublé à Aïn Kawa !

 

Au Liban, j'ai participé à l'université Saint-Joseph, dont le recteur, le père Chamussy, est un jésuite, à un colloque sur la francophonie. Dans cette institution fort réputée, dotée de moyens matériels, pédagogiques et de recherche considérables, l'enseignement se donne en français et le tiers de ses dizaines de milliers d'étudiants sont musulmans. Il y a donc de sérieux efforts de la part de ces chrétiens pour vivre en harmonie avec leurs frères musulmans.

 

En contrepoint de ces succès, la situation démographique est désespérante. Ainsi, il ne resterait plus que 100.000 Chaldéens, sur les quatre millions et demi de Kurdes, à ne pas avoir encore émigré en Europe ou en Amérique. Les chrétiens de Syrie émigrent aussi en grand nombre, et, comme pour conjurer ce déclin, ceux qui restent, comme les résidents du village araméen de Meloula, déploient une ferveur stupéfiante. Le Liban d'aujourd'hui, dit-on - car aucun recensement n'a eu lieu depuis 1932 -, compterait moins de 30 % de maronites. 

 

A Beyrouth comme ailleurs au pays, les églises ont été minutieusement restaurées et, au centre-ville, totalement reconstruites, avec le même luxe que les bâtiments civils. Mais les élites chrétiennes ont été décapitées, les querelles internes ont amplifié le mouvement et il ne reste souvent que le désespoir qui mène au départ ou aux alliances contre nature, comme cette union entre le très chrétien général Michel Aoun et le très islamiste Hassan Nasrallah, "guide spirituel" du Hezbollah.

 

La mère d'un ami libanais, dans son appartement vétuste du quartier chrétien d'Achrafieh, me confiait : "Si j'étais jeune encore, je partirais ; ce pays, mon pays, ne sera plus bientôt le mien." De ses quatre enfants, un seul vit encore au Liban.

 

Au cours des siècles, les chrétiens d'Orient ont résisté aux invasions, aux guerres, aux persécutions. L'empire ottoman lui-même avait fini par s'accommoder de leur présence qui, comme celle de juifs, participait à son rayonnement. Aujourd'hui, la situation incertaine du Liban, à la fois caisse de résonance et baromètre des tourmentes du Proche et du Moyen-Orient, ne prête pas à l'optimisme : le déferlement islamiste ne rayera-t-il pas à moyen terme de la carte de cette partie du monde toute cette diversité intellectuelle, religieuse et culturelle qui fait sa richesse ? 

 


 

La investigación de la ONU sobre la muerte de Hariri hace "progresos considerables"

 

SANDRO POZZI, El País, el 12 de junio de 2006

 

El secretario general de la ONU, Kofi Annan, transmitió ayer al Consejo de Seguridad el cuarto informe interino elaborado por el comité que investiga el asesinato del ex primer ministro libanés Rafik Hariri. El fiscal belga, Serge Brammertz, valora positivamente la cooperación siria con su equipo de investigadores, lo que permite hacer "progresos considerables" en la investigación, y pide un año más para concluir su trabajo. Hariri fue víctima de un brutal atentado el 14 de febrero de 2005 en Beirut, en el que murieron otras 22 personas. Los tres informes anteriores ya revelaron que altos oficiales de las fuerzas de seguridad y de los servicios de inteligencia de Siria y de Líbano participaron en la matanza. Un extremo que el Ejecutivo sirio ha negado tajantemente. La ONU acusó además en el pasado a Damasco de entorpecer los trabajos del comité. La presión de la comunidad internacional sobre Siria fue intensa.

 

Brammertz ya dijo en marzo que Siria se mostraba más abierta, y ahora asegura que la contribución de Damasco a la investigación es cada vez mayor. En este sentido, el último informe interino cita encuentros de los investigadores con el presidente sirio, Bachar el Asad, y el vicepresidente, Faruk Chara, como exigió la ONU, y el acceso a documentos e información requerida. El fiscal belga insiste, en todo caso, en que es "crucial" que esa cooperación permanezca "plena" e "incondicional". Esto está permitiendo, según el documento entregado el sábado por Brammertz a Annan, que se hayan logrado "progresos considerables" en la investigación, que pretende establecer una imagen lo más completa posible del ataque contra el convoy que llevaba a Hariri. Y aunque dice que entiende los pilares principales del atentado, insiste en que necesita más tiempo para aclarar la trama y dar un sentido de "continuidad" y "estabilidad" a sus trabajos.

 

Nuevos detalles

 

Los investigadores creen que la bomba que mató a Hariri estaba cargada con 1.200 kilos de explosivo, que se encontraban en un vehículo que fue detonado por un individuo en la zona. De momento, el informe evita hablar de que el atentado fuera ejecutado por un terrorista suicida, una cuestión que debe aclararse. Los nuevos detalles de la investigación serán tratados el miércoles por el Consejo de Seguridad con idea de prorrogar sus trabajos. Brammertz, que relevó en enero pasado al fiscal alemán Detlev Mehlis al frente del equipo de investigadores, es partidario de que la ONU le dé un año más para concluir sus trabajos, una propuesta que es compartida por la parte libanesa. La decisión de los 15 miembros del Consejo de Seguridad de la ONU podría producirse este mismo jueves, el mismo día en el que expira su mandato. La muerte de Hariri hizo que la ONU exigiera a Siria la retirada de sus tropas y servicios de inteligencia en Líbano, tras 29 años de dominación de Damasco.

 


 

Hariri probe : More time requested

 

A prosecutor investigating the 2005 assassination of former Lebanese Prime Minister Rafik Hariri is asking the U.N. Security Council to extend his mandate for one year

 

CNN, 11 june 2006

 

Hariri died February 14, 2005, in a massive car-bomb attack in Beirut that also killed more than 20 other people. His death led to massive protests and renewed international pressure on Syria to withdraw troops and intelligence assets from Lebanon, which Syria had dominated since the end of the 1975-1990 Lebanese civil war. The ongoing U.N. investigation into Hariri's death, led by Belgian Serge Brammertz, has revealed that top-ranked Syrian and Lebanese officials may have been involved in the blast.

 

Syria's government has repeatedly denied any role in the bombing. Brammertz, commissioner of the International Independent Investigation Commission, handed in his fourth report on the probe Saturday to Secretary-General Kofi Annan. Brammertz is to brief the Security Council at an open meeting Wednesday, and members are expected to make a decision Thursday.

 

 

Beyrouth : café du centre-ville, le 15 juin 2006 à minuit, à la fin du match Suède-Paraguay

 

 
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