Quoique
l'on dise, la
volonté d'aider
le Liban à
recouvrer sa
souveraineté
entraîne une
variation brusque
du climat sécuritaire
imposé au pays
depuis 15 ans. La
paix syro-américaine
dont le Liban
"bénéficie"
depuis les
accords de Taëf
- mis à part l'épisode
des
bombardements
israéliens
d'avril 1996
ponctués par le
massacre de Cana
le 18 avril
- est
aujourd'hui
remise en
question par les
grandes
puissances, et
à leur tête
les Etats-Unis
et la France.
Ainsi, la résolution
1559, votée le
2 septembre 2004
par les Nations
unies, somme les
troupes
d'occupation
syriennes de
se retirer du
Liban, conformément
aux accords de
Taëf, signés le
22 octobre
1989. On peut se
demander, à
juste titre,
pourquoi la
communauté
internationale a
mis tout ce
temps pour réagir
en faveur du
Liban. En effet,
un comité
tripartite,
dirigé par le
diplomate algérien
Lakhdar Ibrahimi,
avait bien été
formé par
l'Arabie
Saoudite, le
Maroc et l'Algérie,
sous l'égide
des puissances
occidentales,
afin de veiller
à l'application
des accords de
Taëf. Ces
accords avaient
mis fin à 15
ans de guerre
dite
"civile"
au Liban,
laissant le
front du Sud
sous occupation
embrasé - malgré
la résolution
425 votée le
19 mars
1978 stipulant
un retrait
militaire israélien
"sans délai"
du Liban ! -,
jusqu'à la
victoire
historique, le
24 mai
2000, de la
résistance
libanaise,
conduite par le
Hezbollah,
contre Israël.
Mais, moins de
deux ans plus
tard, ce comité
s'était
volatilisé,
permettant au
gouvernement
libanais
pro-syrien de
voter un traité
de
"fraternité,
coopération et coordination"
régissant
depuis le 22 mai
1991 les
relations
libano-syriennes
et plaçant le
Liban sous le
joug de la
Syrie.
La
résolution 1559
des Nations
unies apparaît
donc plus comme
étant une
action dirigée
contre la Syrie
qu'une action en
faveur du Liban,
dans un contexte
régional brûlant
qui profite
particulièrement
à Israël. En
effet, l'Etat
sioniste, jetant
sa force de
feu sur Gaza, continue
de s'approprier
de nouveaux
territoires
palestiniens
garantis
durablement par
un "Mur de
sécurité".
Ces exactions se
développent
parallèlement à
celles de la
guerre en Irak,
dont les affres
sont calquées sur
celles qu'ont vécues
les Libanais. De
plus,
l'implantation
palestinienne au
Liban devient un
fait accompli.
Les Etats-Unis
et la France
permettront-ils
à l'armée
libanaise, une
fois le retrait
syrien obtenu,
de pénétrer
dans les camps
palestiniens -
notamment celui
de Aïn-el-Héloué
à Saïda -, où
sévissent des
milliers de
miliciens
palestiniens en
possession
d'armes lourdes
? L'avenir du
Liban et du
Proche-Orient,
relié au
conflit en
Palestine,
apparaît de
plus en plus
compromis. Seul
un règlement
juste du
contentieux israélo-palestinien,
qui semble bien
loin, permettra
à notre peuple
et ses voisins
arabes de vivre
dans la paix à
laquelle nous
aspirons depuis
toujours.
Note
sur les otages
français en
Irak
Selon
une source
parisienne
confirmée,
"les
journalistes
français
Georges
Malbrunot et
Christian
Chesnot sont
actuellement détenus,
depuis le 20 août,
au sud de
Bagdad, à une
quarantaine de
kilomètres, par
un groupe de
salafistes qu'on
appelle l'armée
islamique. Cette
armée islamique
est composée
de deux
tendances, une
tendance
irakienne, et
une tendance
dite
internationaliste
: en fait, elle
regroupe des
islamistes venus
d'Algérie,
d'Afghanistan,
du Yémen, d'Arabie
saoudite, elle
regroupe des
gens venus de
tout le
Moyen-Orient.
Les ravisseurs
irakiens s'étaient
très vite aperçus
qu'ils avaient
fait une erreur,
ont voulu relâcher
les otages, la
France a immédiatement
pris contact
avec la résistance
armée
irakienne,
c'est-à-dire
les anciens
soldats de
Saddam Hussein,
la libération a
failli avoir
lieu, vraiment
on est passé à
deux heures près,
mais le
gouvernement
irakien et
surtout les Américains
ont fait en
sorte que ça
échoue en
bombardant la région,
parce que les
Français ne
sont pas passés
par le
gouvernement
officiel
irakien, et que
c'était quelque
chose
d'inadmissible
pour les
Irakiens.
Depuis,
on est dans la
situation
suivante : les
otages sont donc
aux mains de
l'armée
islamique, dans
un village à
une quarantaine
de kilomètres
de Bagdad, tout
autour, la résistance
armée a tressé
un tissu de
protection et de
pression, et
tout autour il y
a les Américains
et les Irakiens
qui bombardent,
et la situation
s'est aggravée
depuis, parce
que dans le
contexte actuel,
Washington ne
peut accepter la
libération
d'otages français
vivants alors
que leurs otages
ont été exécutés.
Il n'y a aucun
contact entre
Français et Américains
sur ce sujet.
J'espère de
tout mon coeur
que les otages
resteront là où
ils sont au
moins jusqu'aux
élections,
parce que s'ils
sortaient
aujourd'hui, ça
créerait aux
Etats-Unis un séisme
politique qui
risque de faire
basculer les élections,
quand on connaît
l'émotionnel américain
dans ce genre
d'affaires. Mais
les otages, on
le sait, sont
vivants, bien
traités, et
paradoxalement
protégés par
leurs
ravisseurs. Ce
qui paraît un
peu fou, mais au
Moyen-Orient,
rien n'est comme
ailleurs, et
parfois les
situations sont
beaucoup plus
complexes qu'on
le dit".
Rappel
à l'ordre
sanglant au
Liban
par
JEAN-PIERRE
PERRIN, publié
dans Libération
le 2 octobre
2004
Le
rappel à
l'ordre a été
sanglant :
Marwan Hamadé,
ministre démissionnaire
de l'Economie et
député, a échappé
de peu, vendredi
1er octobre à
Beyrouth, à un
attentat à la
voiture piégée
qui a tué son
garde du corps
et blessé son
chauffeur. Légèrement
atteint au
visage, ce
proche du leader
druze Walid
Joumblatt est
l'un des quatre
ministres qui
ont quitté
leurs fonctions
pour protester
contre un
amendement
constitutionnel
imposé par
Damas autorisant
le chef de l'Etat,
Emile Lahoud
(allié de la
Syrie), à
prolonger son
mandat de trois
ans en dépit
d'un
avertissement
solennel du
Conseil de sécurité.
L'attentat a mis
en émoi la
montagne druze
du Chouf, où écoles
et commerces ont
fermé, et
Joumblatt a dû
lancer un appel
au calme. Devant
l'hôpital américain
de Beyrouth, des
Druzes ont
conspué le
vice-président
syrien, Abdel
Halim Khaddam,
venu rendre
visite au
ministre blessé.
Damas est en
effet montré du
doigt dans cet
attentat qui
survient peu
avant une
nouvelle résolution
visant à
nouveau la
Syrie. Le secrétaire
général du PSP,
le parti de
Joumblatt,
Charif Fayyad, a
déclaré que
" les
opposants ont reçu
clairement le
message"
qui leur était
adressé à
travers cet
attentat. Il
intervient au
lendemain d'une
visite du
Premier ministre
libanais à
Paris où il a
rencontré
Chirac. Rafic
Hariri doit en
principe
annoncer la
semaine
prochaine la démission
de son
gouvernement.
D’eau,
de sable et de
sang
par
ISSA GORAIEB,
publié dans
l'Orient-le Jour
le 9 octobre 2004
De
l’histoire, on a
pu dire tout à la
fois qu’elle se
répète et même
qu’elle se
plagie : ou bien,
tout au contraire,
qu’elle ne
repasse jamais le
même plat. A
quoi l’on
pourrait ajouter
que si
l’histoire
insiste tout de même
parfois à
recourir à des
remakes, c’est
parce que, dans
leur folie
destructrice, les
hommes n’ont
rien compris, rien
appris. Quoi
qu’il en soit,
c’est un retour
à la guerre sans
frontières initiée
à la fin des années
soixante que
semblent annoncer
les attentats de
jeudi contre trois
stations balnéaires
du Sinaï fréquentées
par des touristes
israéliens : opérations
survenant dans un
contexte régional
et mondial que le
phénomène Ben
Laden rend plus
que jamais
explosif. A
cette époque, les
territoires occupés
de Cisjordanie et
Gaza somnolaient
encore sous
l’occupation car
c’est le plus
souvent hors de
Palestine qu’opéraient
les divers
mouvements de fédayine,
soumis ou non à
l’autorité de
l’OLP. C’était
le temps des détournements
d’avions, des
sanglantes prises
d’otages,
notamment au
village olympique
de Munich ; c’était
le temps aussi des
funestes et folles
théories voulant
que la route de Jérusalem
passe par Amman
puis par Beyrouth,
et même jusque
par Jounieh. Israël
n’était pas en
reste, qui, non
content de
bombarder
sauvagement les
populations des
camps de réfugiés,
envoyait ses
tueurs liquider
des chefs
palestiniens dans
des capitales
arabes et européennes.
Le réveil des
Territoires a fini
par avoir lieu
avec les premières
intifadas,
lesquelles ont
fait prendre
conscience à
nombre d’Israéliens
de l’urgence
absolue d’un règlement.
Il y eut le
miracle de
l’accord d’Oslo
; et de là où il
s’engageait
publiquement à
"briser les
os" des
jeunes lanceurs de
pierres, Yitzhak
Rabin en venait à
échanger avec
Yasser Arafat une
poignée de main
qualifiée alors
d’historique.
Mais la pression
conjuguée -
et objectivement
complice -
des extrémismes a
fait rebrousser
chemin à
l’histoire. A
l’image de ce
monstrueux serpent
qui n’en finit
pas de dévorer sa
propre queue, le
vieux conflit fait
rage de nouveau
sans même que
puisse se
concevoir
l’ombre d’une
issue militaire.
Depuis des années,
c’est la guerre
en Palestine, et
singulièrement
dans cette même
bande de Gaza que
promet d’évacuer
pourtant Sharon en
n’y laissant
pas, du train où
vont les choses,
pierre sur pierre.
Et c’est une
autre guerre, non
moins lourde de
conséquences, qui
vient peut-être
de commencer hors
de Palestine : à
ce détail
essentiel près
qu’elle ne met
pas aux prises,
semble-t-il, les
seuls Israéliens
et Palestiniens.
C’est
en effet la
marque d’el-Qaëda
que croient
relever les
autorités tant
égyptiennes
qu’israéliennes
dans les
sanglants
attentats de
Taba et Ras Chaïtan,
lesquels ont
fait l’objet
de plus d’une
et fumeuse
revendication.
Ces soupçons ne
tiennent pas
seulement à la
remarquable
simultanéité
des trois
attaques ou à
la manière de
procéder
mettant en jeu,
comme à l’hôtel
Hilton de Taba,
des véhicules-béliers
bourrés
d’explosifs et
des
commandos-suicide.
Car après tout,
l’Egypte est
autant visée
qu’Israël par
cette vaste opération
qui porte un
grave coup à
son industrie
touristique à
peine remise de
précédentes
actions
terroristes :
l’Egypte amie
des Etats-Unis
et explicitement
menacée déjà
dans un passé récent
par des
lieutenants de
Ben Laden ; l’Egypte
qui s’active
enfin pour dégager
un consensus
entre les
diverses
fractions
palestiniennes
sur le projet de
retrait israélien
de Gaza.
Toujours est-il
que si la piste
d’el-Qaëda se
trouvait vérifiée,
cela voudrait
dire que cette
tentaculaire
organisation a
repris à son
compte -
sur le terrain,
et non plus
seulement dans
ses manifestes
et communiqués -
le juste combat
des
Palestiniens. Ce
serait énorme.
Ce serait
catastrophique
aussi : surtout
s’il devait
s’avérer que
dans le désespoir
auquel on les
pousse sans relâche,
certains
Palestiniens
avaient rejoint
avec armes et
bagages les
invisibles mais
terriblement
efficaces légions
d’Oussama Ben
Laden. Comment
oublier en effet
qu’à peine
retombée la
poussière du
World Trade
Center, Sharon,
soucieux de
s’enrôler
dans le combat
planétaire de
George W. Bush,
s’empressait
de désigner en
Arafat le Ben
Laden d’Israël
? Ce même
processus
d’assimilation
n’explique-t-il
pas d’ailleurs
l’incroyable
parti pris de
l’Administration
US pour le plus
outrancièrement
belliqueux des
gouvernements
israéliens ?
Comment perdre
de vue en outre
que si la guerre
sans frontières
est de retour,
c’est aussi
parce qu’Israël
lui-même a pris
l’initiative
d’étendre son
champ d’opérations
en perpétrant
dernièrement
des assassinats
à la voiture piégée
à Beyrouth puis
à Damas ?
Terroristes, les
attentats du
Sinaï l’étaient
assurément, et
pas seulement
parce qu’ils
ont fauché des
dizaines de
civils, israéliens
et égyptiens.
Le pire qui
pourrait encore
arriver à une
cause
palestinienne déjà
bien mal en
point, c’est
d’être réduite
à
l’atterrante
condition
d’otage. Aux
mains de ces
sulfureux, de
ces faux amis.
Irritée
par la France,
la
Syrie-a-t-elle décidé
de jouer un jeu
trouble ?
par
MICHEL
BOLE-RICHARD,
publié dans le
Monde du 5
octobre 2004
La
Syrie a-t-elle
tenté de
court-circuiter la
diplomatie française
en favorisant
l'initiative privée
du député Didier
Julia ? Quel a été
le jeu véritable
de Damas dans ce
qui s'est révélé
être une
mascarade ? Telles
sont les questions
qui se posent après
l'entrée en scène
de Damas dans les
tractations pour
libérer les
journalistes français
enlevés en Irak.
Il apparaît en
tout cas que le régime
de Bachar Al-Assad
a tiré les
ficelles de cette
rocambolesque
affaire.
S'agissait-il de démontrer
à la France -
avec laquelle les
relations se sont
dégradées depuis
l'adoption, le 2
septembre, de la résolution
1559 des Nations
unies - que Damas
reste un acteur
important sur la
scène
proche-orientale ?
Cette résolution,
votée à
l'initiative de
Paris et de
Washington, exige
le respect de la
souveraineté et
de la Constitution
libanaises, la
non-ingérence
dans les affaires
intérieures de ce
pays et le départ
des troupes étrangères
de son territoire,
sans mentionner
expressément la
Syrie. Mais la
condamnation est
implicite
puisqu'il reste
toujours 15.000
soldats syriens au
pays du Cèdre après
l'achèvement du
retrait, le 29
septembre, de
3.000 hommes. Il
s'agissait du
cinquième redéploiement
qui a réduit le
contingent syrien
de 35.000-40.000
hommes à la fin
de la guerre à
son niveau actuel.
En
recevant le
premier ministre
libanais, Rafic
Hariri, le 30
septembre, Jacques
Chirac a redit "la
volonté de la
France de voir
appliquer la résolution
1559 et son
attachement à
l'indépendance,
à l'intégrité
territoriale et à
la souveraineté
du Liban".
Le chef de l'Etat
n'a guère apprécié
la modification de
la Constitution
qui va permettre
au président
Emile Lahoud, allié
de Damas, de
prolonger son
mandat de trois
ans alors que cet
ancien chef de
l'armée n'était
pas rééligible.
Pour corser le
tout, le secrétaire
général des
Nations unies,
Kofi Annan a, le
1er octobre,
rappelé Damas à
l'ordre, dans un
rapport où il est
précisé : "Il
est temps pour les
parties concernées,
quatorze ans après
la fin des
hostilités et
quatre ans après
le retrait d'Israël
du Liban, de se débarrasser
des derniers
vestiges du passé.
Le retrait des
forces étrangères,
le démantèlement
et le désarmement
des milices
mettraient fin à
ce triste chapitre
de l'histoire du
Liban".
M. Annan fait
remarquer que les
seules forces présentes
au Liban au 30
septembre 2004, à
part celle de la
Finul (Force intérimaire
des Nations unies
au Liban), sont "syriennes".
Pour le moment,
Damas n'a fourni
aucun plan de
retrait de ses
troupes, ni
manifesté
l'intention de réduire
plus avant son
contingent.
L'argument est
toujours le même
: les forces
syriennes sont au
Liban "à
l'invitation du
gouvernement
libanais".
"Le
gouvernement m'a
informé qu'il ne
pouvait fournir ni
de calendrier, ni
de chiffres",
note M. Annan.
Vive
protestation
Le
jour même de la
publication de
ce rapport,
Marwan Hamadé,
ancien ministre
de l'économie
et député
druze, échappe
de peu à un
attentat. Son
garde du corps
est tué et son
chauffeur blessé
par l'explosion
d'une voiture piégée
à proximité de
son domicile
alors qu'il
venait de monter
dans sa propre
voiture. Proche
de Walid
Joumblatt, chef
du Parti
socialiste
progressiste (PSP),
M. Hamadé, 65
ans, est l'un
des trois
ministres du
bloc
parlementaire de
M. Joumblatt qui
avaient démissionné
du gouvernement,
le 6 septembre,
pour protester
contre
l'amendement
constitutionnel
qui, sous la
pression de
Damas, va
permettre à M.
Lahoud de
prolonger son
mandat présidentiel.
Cet attentat
contre M. Hamadé,
une personnalité
modérée et
respectée, a
provoqué une
forte émotion
dans les milieux
diplomatiques
occidentaux à
Beyrouth. La
France a élevé
une vive
protestation. Le
vice-président
syrien, Abdel
Halim Khaddam,
qui a rendu
visite à
l'ancien
ministre, légèrement
blessé, à été
conspué à son
arrivée à l'hôpital.
Pour les
Libanais, le
message des
auteurs de
l'attentat est
clair : si la
Syrie s'en va,
ce sera le
chaos.
La
pression sur
Damas, maître du
jeu au Liban,
s'accroît. Et le
régime de Bachar
Al-Assad, déjà
soumis à des
sanctions américaines
en raison de son
soutien au
Hezbollah et aux
organisations
radicales
palestiniennes,
n'a guère apprécié
que Paris se
joigne à
Washington pour
accroître cette
pression. Ce n'est
un secret pour
personne que Paris
a été "déçu"
par Bachar
Al-Assad, dans
lequel beaucoup
d'espoirs avaient
été placés
lorsqu'il a succédé
à son père, en
juin 2000. Il
avait été
chaleureusement reçu
à Paris en juin
2001. Depuis, le
président Chirac
estime que le
changement tant
attendu ne s'est
pas produit. Même
si Damas manifeste
aujourd'hui
quelques signes de
bonne volonté,
notamment en
acceptant de
renforcer les
contrôles à la
frontière
irakienne, comme
l'a annoncé le département
d'Etat américain
le 29 septembre,
Washington ne ménage
pas ses critiques
à l'encontre du régime
baasiste de Damas.
Le fait d'avoir
trouvé un allié
en la personne de
la France n'a guère
été du goût des
autorités
syriennes. De là
à dire que ce
pays a joué un rôle
moteur dans cette
pantalonnade, rien
ne le prouve. Mais
ce qui est sûr, désormais,
c'est que Damas
est devenu un
acteur central
dans ce dossier au
détriment
d'Amman.
Liban
: L'ONU dénonce
la mainmise de
Damas
Le
président
Jacques Chirac a
reçu hier à l'Elysée
le premier
ministre
libanais Rafic
Hariri à la
veille de la
remise aux
membres du
Conseil de sécurité
du rapport de
Kofi Annan prévu
par la résolution
1559. Celle-ci
invite la Syrie
à ne pas s'ingérer
dans les
affaires
libanaises, à
retirer ses
troupes du pays,
et appelle au
respect de la
Constitution du
pays
par
SIBYLLE RIZK,
publié dans le
Figaro le 1er
octobre 2004
Les
Libanais
attendent avec fébrilité
le rapport du
secrétaire général
de l'ONU, les
uns pour se réjouir
des pressions
internationales
pour que cesse
la mainmise
syrienne au
Liban ; les
autres avec la
crainte que ces
pressions entraînent
une déstabilisation
du pays. Avec
l'adoption le 2
septembre par le
Conseil de sécurité
de la résolution
1559 sur le
Liban, c'est la
première fois
depuis l'accord
de Taëf de 1989 -
qui était
destiné à
mettre fin à la
guerre - que la
question
libanaise est à
nouveau
"internationalisée".
Cette résolution
invite la Syrie,
sans la nommer,
à ne pas s'ingérer
dans les
affaires
libanaises,
notamment pour
l'élection présidentielle,
à retirer ses
troupes, elle réclame
le désarmement
de l'ensemble
des milices présentes
sur le
territoire,
visant
implicitement le
Hezbollah mais
aussi les camps
palestiniens. Le
rapport de Kofi
Annan est censé
évaluer la
situation un
mois plus tard.
Le secrétaire
d'Etat américain,
Colin Powell, a
déclaré qu'il
souhaitait une
position
"dure"
des Nations
unies envers la
Syrie. Si la
question de la
présidentielle
relève désormais
du passé, le
Parlement
libanais ayant,
dès le
lendemain de
l'adoption de la
résolution,
amendé la
Constitution
pour proroger de
trois ans le
mandat d'Emile
Lahoud, à la
demande de
Damas, les
autres exigences
sont autant de
couleuvres à
avaler pour la
Syrie. Le
rapport de Kofi
Annan prévoirait,
selon la presse
libanaise, un
calendrier précis
pour l'exécution
des demandes
onusiennes dont
le respect
serait contrôlé
par un comité
international.
Accusé
de soutenir le
terrorisme, le régime
de Bachar
el-Assad est
soumis à des
pressions
croissantes de
la part des
Etats-Unis
depuis la chute
de Bagdad en mai
2003. Ces
pressions ont
pris la forme de
sanctions économiques
adoptées en mai
dernier, puis
tout récemment
de la résolution
1559 de l'ONU à
laquelle s'est
ralliée la
France, exaspérée
par l'attitude
syrienne de défi
immobile. Dans
son bras de fer
avec Washington,
Damas tente de
montrer patte
blanche sans céder
sur l'essentiel
: renoncer à la
carte libanaise
et au pouvoir
dissuasif du
Hezbollah
reviendrait à
capituler face
à Israël qui
occupe le
plateau du Golan
depuis 1967. La
diplomatie
syro-libanaise
fait donc valoir
que le retrait
des troupes
syriennes du
Liban est lié
à la conclusion
d'une paix régionale.
En signe de
bonne volonté,
la Syrie a procédé
dans l'urgence
au redéploiement
de 3.000 hommes
vers la plaine
de la Békaa,
proche de sa
frontière ;
elle a conclu un
accord avec les
Etats-Unis sur
la protection de
la frontière
syro-irakienne ;
elle a cessé
d'abriter le
dirigeant du
Hamas Khaled
Mechaal tandis
qu'un autre
dirigeant
islamiste
palestinien a été
assassiné à
Damas, dans un
attentat attribué
à Israël ;
elle se pose
enfin en garante
de la sécurité
au Liban face à
la montée du péril
islamiste
sunnite. Face
aux pressions américaines,
la Syrie est
bien isolée.
Elle est désormais
privée du
soutien de la
France qui, après
avoir tablé sur
l'ouverture du régime
syrien, a
manifesté son dépit
en soutenant la
résolution
1559.
Joumblatt
: "Résister
au clonage du régime
syrien au
Liban"
Le
chef druze Walid
Joumblatt est le
principal
opposant à la
prorogation du
mandat du président
libanais imposée
par Damas.
-
Vous êtes opposé
à la
prorogation du
mandat du président
Lahoud orchestrée
par la Syrie,
alors que vous
restez attaché
à une alliance
stratégique du
Liban avec
Damas, comment
expliquez-vous
cette nuance ?
Ma
position est
celle d'un
patriote
libanais, pas
d'un agent américain.
Mon opposition
à la
reconduction du
président
Lahoud n'a rien
à voir avec les
pressions américaines
contre la Syrie.
Je suis contre
l'ingérence des
services de
renseignement
syriens dans
tous les aspects
de la vie
politique et
publique
libanaise. Un
Liban démocratique,
libéral et
multiconfessionnel
est une nécessité
pour la Syrie et
pour le monde
arabe. La Syrie
a décidé de
prolonger le
mandat de Lahoud,
enfreignant
toutes les règles,
car il est le
meilleur moyen
d'instaurer un régime
sécuritaire.
Nous ne voulons
pas que le Liban
devienne comme
les autres régimes
arabes. Cela étant
dit, nous ne
pouvons pas nous
permettre de
mauvaises
relations avec
la Syrie. La géopolitique
l'interdit.
-
Etes-vous
d'accord avec la
stratégie adoptée
par les
Etats-Unis et la
France à
travers l'ONU ?
Les Américains
n'ont pas intérêt
à déstabiliser
la Syrie. Je
suis en désaccord
avec plusieurs
points de la résolution
de l'ONU : je ne
suis pas de ceux
qui réclament
le désarmement
du Hezbollah qui
est un atout
face à
l'expansionnisme
israélien. J'ai
toujours estimé
que la résistance
armée était
l'un des moyens
de libérer une
partie de la
Palestine. En
revanche, je
crois que les
Palestiniens au
Liban n'ont pas
besoin de leurs
armes qu'ils
utilisent
surtout pour des
querelles
internes. En échange,
il faudrait leur
donner les
droits civils
dont ils sont
privés et en
finir avec
l'apartheid
auquel ils sont
soumis. Enfin,
je suis
favorable au
positionnement
stratégique de
forces syriennes
dans la Békaa,
conformément à
l'accord de Taëf,
en attendant une
paix entre Israël
et la Syrie. Le
char syrien ne
me pose pas de
problème, c'est
comme si un
Allemand se
plaignait de la
présence
militaire américaine
dans le cadre du
dispositif de
l'Otan. Notre
objectif est de
résister à la
tentative de
clonage du régime
syrien au Liban.
Le
président
"syriennement"
réélu du Liban
par
JALAL EL-AHDAB,
publié dans le
Monde du 23
septembre 2004
L'auteur
est avocat aux
barreaux de
Beyrouth et de
Paris
La
crise politique
actuelle au
Liban se résume
ainsi : voilà
six ans, le général
Emile Lahoud
avait été
intronisé président
de la République
libanaise par un
vote quasi
unanime du
Parlement et
avec la
bienveillante bénédiction
de la Syrie.
Cette "élection"
avait déjà nécessité
la révision ("exceptionnelle",
disait-on),
de la
Constitution,
puisque celle-ci
interdisait
qu'un chef de
l'armée puisse
devenir chef de
l'Etat. A
l'heure de la
fin de son
mandat, le
barrage
constitutionnel
n'apparaissant
manifestement
pas rédhibitoire
pour les maîtres
du pays du Cèdre,
ces derniers
voyaient bien le
président
reconduit pour
trois ans, au mépris,
encore une fois,
de la
Constitution,
qui interdit à
un chef de l'Etat
de briguer deux
mandats
successifs. Qu'à
cela ne tienne :
il n'y a qu'à
modifier "exceptionnellement"
(décidément !)
la Loi suprême,
comme on
modifierait une
circulaire
administrative,
et le président
sera "légalement",
en tout cas
"syriennement"
réélu. C'est
précisément ce
qui s'est
produit le 3
septembre : les
députés ont
adopté par 96
voix contre 23
le projet de réforme
constitutionnelle
soumis dans la
plus grande des
précipitations
par le
gouvernement en
place.
Pour
tenter de prévenir
cette méthode peu
démocratique et
ses fâcheuses
conséquences -
l'omnipotence
syrienne, sans
cesse croissante,
sur le Liban -, la
France, associée
aux Etats-Unis,
avait pris
l'initiative
quelques heures
plus tôt d'une résolution
aux Nations unies
qui insistait sur
la nécessité que
le scrutin présidentiel
ait lieu de façon
"libre et
équitable, selon
les règles
constitutionnelles
libanaises établies
sans interférence
étrangère" et
appelait "à
un strict respect
de la souveraineté,
de l'intégrité
territoriale, de
l'unité et de
l'indépendance
politique du
Liban"
ainsi qu' "au
démantèlement et
au désarmement de
toutes les milices
libanaises et non
libanaises". Manifestement,
l'appel n'a donc
pas été suivi.
En revanche,
Georges Corm,
ancien ministre
libanais, l'a bien
entendu (Le
Monde du 15
septembre), mais
pour s'offusquer
de cette position
française qu'il a
jugée pour le
moins surprenante.
Sa logique est
simple, pour ne
pas dire simpliste
: pêle-mêle, des
arguments qui ont
trop souvent été
rabâchés pour
rester crédibles
: sans la Syrie,
c'est le chaos (le
"suicide"
même) et le
retour à une
profonde division
(comme si elle
avait un jour
disparu !) entre
chrétiens et
musulmans ; la
Syrie, ami "privilégié"
du Liban, n'est
pour rien dans les
maux dont celui-ci
souffre
aujourd'hui,
contrairement à
Israël, qui, même
militairement
retiré, continue
d'être le seul
pays à qui l'on
devrait rappeler
les règles du
droit
international ; la
France doit être
(et rester) ce
pays qui a soutenu
financièrement le
pays du Cèdre,
mais certainement
(et étrangement)
pas celui, mu par
un prétendu réflexe
colonial, qui
devrait rappeler
le Liban au
respect des règles
démocratiques et
constitutionnelles
les plus élémentaires.
Dépassons
quelques instants
ces prétextes et
intéressons-nous
au fond du débat
: quel intérêt,
au travers du
maintien du général
Lahoud au pouvoir,
le Liban aurait-il
à demeurer sous
la botte syrienne
? Très sincèrement,
il est difficile
d'en trouver un
seul. Car le bilan
de presque quinze
années
d'occupation
syrienne au sortir
d'une guerre qui a
duré tout aussi
longtemps est plus
qu'accablant. Sur
le plan social,
c'est l'évaporation
lente mais
certaine de la laïcité
républicaine, la
seule de toute la
région (Israël
compris) ; des
tensions
interconfessionnelles
toujours plus
intenses, que le
grand frère
syrien prend bien
soin d'exploiter ;
une situation
explosive et inquiétante
des camps de réfugiés
palestiniens ; une
paupérisation
croissante de la
classe moyenne et
une élite
(quelques pour
cent de la
population) de
plus en plus riche
et dont les moyens
exorbitants sont
totalement déconnectés
de la réalité
sociale.
Sur
le plan économique,
c'est une fuite préoccupante
des cerveaux et de
la main-d'œuvre
qualifiée,
incapables de
trouver un emploi
dans une économie
en
quasi-stagnation
depuis plus de
quatre ans ; une
dette extérieure
de plus de 30
milliards de
dollars et dont le
service absorbe
chaque année près
de 20 % du PIB
national ; une
reconstruction
anarchique et déséquilibrée
qui s'est concentrée
sur une vitrine,
le centre-ville de
Beyrouth, qui a
d'ailleurs coûté
affreusement (et
trop) cher aux
Libanais, laissant
de côté la réfection
de certaines
infrastructures
indispensables au
pays ; une
corruption qui
atteint des
proportions jamais
égalées, et à
tous les niveaux
de responsabilité.
Enfin, sur le plan
politique, c'est
une présidence,
un gouvernement et
une écrasante
majorité de la
classe politique
(laquelle se pérennise,
pour l'essentiel,
depuis plus de
trente ans)
totalement inféodés,
et de façon
humiliante, au
bon-vouloir du
parti Baas syrien
; des médias
muselés (une des
plus importantes
chaînes de télévision
nationales, jugée
trop critique vis-à-vis
du pouvoir, a même
été, il y a deux
ans, tout
bonnement fermée
!) ; des
manifestations de
jeunes étudiants
constamment et
violemment réprimées
; une
militarisation
impressionnante de
la société et du
pouvoir, ce
qu'incarne
d'ailleurs
parfaitement le général
Lahoud, et a
fortiori son
maintien au
pouvoir.
Je
brosse un portrait
noir, mais ô
combien réaliste,
du paysage
libanais. A qui la
faute ? Selon M.
Corm, certainement
pas à la Syrie.
L'ancien ministre
des finances a
bien raison de
souligner que la
responsabilité en
revient d'abord
aux Libanais eux-mêmes.
Certes, la société
libanaise, comme
presque tous les
pays arabes, fait
preuve d'une anémie
et d'une
soumission décourageantes
vis-à-vis du
pouvoir en place.
Mais comment
arriver à cette
exigence démocratique
et faire que les
citoyens libanais
imposent au
gouvernement qu'il
leur rende des
comptes, lorsque
dans le même
temps le jeu
politique est
totalement biaisé
par la présence
(peut-être
vaudrait-il mieux
parler
d'occupation ?)
d'une force étrangère
dans le pays, qui
s'est enracinée
dans toutes les
sphères -
militaire,
politique et économique
- du pays ?
Comment se révolter
lorsque ses
gouvernants ne présentent
à leurs administrés
qu'une seule
alternative :
craindre ou être
l'obligé de
l'occupant ?
Comment peut-on
raisonnablement
soutenir qu'il est
possible de lutter
contre la
corruption généralisée
et plus
globalement de
mener une
politique de réforme
dans un Etat qui
n'est pas
souverain et dont
les intérêts
seront, de toute
façon, toujours
supplantés par
ceux de la
puissance
occupante ?
S'il
semble qu'une
autocritique soit
indispensable
parmi les
Libanais, c'est
bien leur classe
politique qui
devrait commencer
ce travail. Or, en
la matière, s'il
faut suivre une
voie, c'est bien
le modèle de ces
quelques ministres
qui ont eu le
courage de démissionner
pour marquer leur
désaccord vis-à-vis
de la
reconduction,
faussement imposée,
du président
sortant, et non le
chemin de certains
anciens
responsables qui,
en plein dérapage
des finances
publiques, sont
restés accrochés
à leur ministère
sans vouloir
endosser une
quelconque
responsabilité
politique. Cette
responsabilité-là,
qui est d'abord
collective, c'est
à tous les
Libanais de
l'assumer, guidés
d'ailleurs en cela
par la France : il
faut cesser de se
voiler la face,
reconnaître que
le Liban est
encore aujourd'hui
occupé et dominé
par les forces
syriennes et
affirmer que la
seule issue
possible, aussi périlleuse
soit-elle, réside
dans leur retrait
total.
Kofi
Annan : Les
exigences de la
résolution 1559
n’ont pas été
satisfaites
Le
texte intégral
du rapport du
secrétaire général
de l’Onu
publié
dans l'Orient-le
Jour le 4
octobre 2004
Comme
prévu, le secrétaire
général des
Nations unies,
Kofi Annan, a
rendu public
hier le rapport
qu’il a rédigé
autour des
suites de la résolution
1559 du Conseil
de sécurité,
quasiment à la
fin du délai de
trente jours fixé
par ce texte
approuvé par
neuf voix et six
abstentions le 2
septembre
dernier. Un
constat
s’impose en
premier lieu.
Contrairement
aux diverses
affirmations qui
ont émané de
diverses sources
au cours des
derniers jours,
le rapport se
contente dans sa
version définitive
de rapporter,
point par point,
ce qui a été
appliqué ou non
des diverses
clauses de la résolution,
sans se
prononcer sur
les mesures à
prendre ou à ne
pas prendre à
l’égard des
parties concernées.
En somme, Kofi
Annan a fait son
métier,
laissant au
Conseil de sécurité,
qui doit
incessamment se
pencher sur ce
rapport, le soin
de faire le sien
en décidant de
prendre les
mesures qu’il
jugerait utiles.
Et éventuellement
adopter une
nouvelle résolution
créant une
commission de
contrôle sur
l’application
de la 1559,
comme cela a été
évoqué ces
derniers jours,
y compris par le
vice-président
du Conseil,
Issam Farès.
Après un
historique de la
situation
libanaise, M.
Annan expose
dans son texte
les données en
sa possession au
sujet de chacune
des clauses de
la 1559. A
ce sujet, il relève
que "les
exigences présentées
aux différentes
parties par la résolution
1559 n’ont pas
été
satisfaites".
Sans
mentionner nommément
la Syrie, la résolution
la visait bel et
bien puisque
elle est désormais
considérée par
la communauté
internationale
comme étant le
seul pays à
avoir encore des
troupes en
territoire
libanais. M.
Annan rappelle
d’ailleurs à
cet égard le désaccord
existant entre
le Liban et l’Onu
au sujet des
fermes de Chebaa. "A
part la Finul
(Force intérimaire
de l’Onu au
Liban), les
seules forces étrangères
significatives déployées
au Liban à la
date du 30
septembre 2004
sont
syriennes",
relève le secrétaire
général de
l’Onu,
ajoutant que la
Syrie a refusé
de fournir un
calendrier pour
son retrait définitif.
Peu après la
publication du
rapport, un haut
fonctionnaire de
l’Onu, parlant
à la presse
sous couvert
d’anonymat, a
précisé que la
Syrie n’avait
manifesté
"aucune
volonté de
donner (à l’Onu)
le moindre
plan" de
retrait de ses
forces du Liban.
Affirmant
qu’une large
partie de
l’opinion
libanaise est
d’avis que
l’application
complète de la
résolution 1559
serait "non
seulement dans
l’intérêt du
Liban, mais
aussi de la
Syrie et de la
communauté
internationale",
M. Annan a appelé,
en termes
diplomatiques,
Beyrouth et
surtout Damas à
passer à
l’acte. "Il
est temps pour
toutes les
parties concernées,
14 ans après la
fin des hostilités
et quatre ans
après le
retrait d’Israël
du Liban, de se
débarrasser des
derniers
vestiges du passé.
Le retrait des
forces étrangères
et la
dissolution et
le désarmement
des milices
mettraient fin
à ce triste
chapitre de
l’histoire du
Liban", écrit-il.
Rapport
du sécrétaire
général des
Nations unies
Kofi Annan préparé
conformément à
la résolution
1559 du Conseil
de sécurité
I. Introduction
1. Le présent
rapport est
soumis conformément
à la résolution
1559 adoptée le
2 septembre 2004
par le Conseil
de sécurité.
Dans le
paragraphe 7 de
la résolution,
le Conseil a
demandé que je
rapporte dans
les trente jours
sur l’exécution
par les parties
de cette résolution.
II.
Historique
1.
De 1975 à 1990,
le Liban a connu
une guerre
civile tragique
et sanglante qui
a eu comme conséquence
la mort de
120.000
personnes
environ. Une
grande partie
des combats a été
le fait de
milices qui représentaient
les communautés
confessionnelles
du Liban. Les
divers groupes
militants
palestiniens ont
également
participé à la
violence.
Au cours des années,
à des périodes
différentes, la
France, l’Italie,
la Libye, le Yémen,
l’Arabie
saoudite, le
Soudan, la
Syrie, les
Emirats arabes
unis, le
Royaume-Uni et
les Etats-Unis
ont déployé
des forces au
Liban à la
demande de son
gouvernement
pour mettre fin
aux combats et
stabiliser la
situation.
Israël a
effectué des opérations
militaires fréquentes
pendant cette période,
y compris des
bombardements,
des attaques aériennes,
deux incursions
à grande échelle
et une
occupation de la
partie méridionale
du pays.
2. Le Conseil de
sécurité
s’est impliqué
dans le problème
depuis 1978 et a
adopté 76 résolutions
qui ont réclamé
entre autres la
fin de la
violence, la
protection des
civils, le
respect de la
souveraineté
libanaise, le
retrait des
forces israéliennes
du territoire
libanais et la
restauration de
l’autorité
libanaise sur
l’ensemble du
territoire.
3. La Syrie a déployé
la première
fois des troupes
au Liban en mai
1976, à la
demande du président
libanais
Sleimane Frangié.
En octobre 1976,
la Ligue arabe a
établi la Force
de dissuasion
arabe (FDA) pour
maintenir la
paix au Liban.
Au sein de cette
force, la Syrie
a été rejointe
par la Libye, le
Yémen, l’Arabie
saoudite, le
Soudan et les
Emirats arabes
unis. Les forces
syriennes ont
constitué la
majorité des
troupes au sein
de la FDA, soit
quelque 27.000
des 30.000
soldats de cette
force.
4. Après une
attaque
palestinienne
dans le nord
d’Israël qui
a entraîné la
mort de plus de
30 civils, Israël
a mené une opération
militaire
importante au
Liban-Sud en
mars 1978. Le
Conseil de sécurité
a alors adopté
la résolution
425 appelant
Israël à
mettre immédiatement
fin à son
action militaire
contre l’intégrité
territoriale du
Liban et à
retirer immédiatement
ses forces de
tout le
territoire
libanais.
En outre, en
mars 1978,
conformément
aux résolutions
425 et 426, la
Force intérimaire
des Nations
unies au
Liban-Sud (Finul)
s’est déployée
avec trois
objectifs définis
dans la résolution
425 : a)
confirmer le
retrait des
forces israéliennes
; b) restaurer
la paix et la sécurité
internationales
; et c) aider le
gouvernement
libanais à rétablir
son autorité
effective dans
le secteur. Le
mandat de la
Finul a été régulièrement
renouvelé
depuis, le plus
récemment le 29
juillet 2004 par
le biais de la résolution
1553 du Conseil
de sécurité.
5. En juin 1982,
Israël a envahi
le Liban à la
suite d’une
tentative
d’assassinat
de
l’ambassadeur
d’Israël au
Royaume-Uni. Les
Etats-Unis ont
pris en main la
situation en
parvenant à
imposer un
accord en août
1982 pour l’évacuation
des forces
palestiniennes
de Beyrouth et
le déploiement
d’une Force
multinationale
(FM) pour
surveiller leur
départ. La
France, l’Italie
et les
Etats-Unis ont
fourni des
troupes à la
FM, et l’évacuation
a été achevée
en septembre
1982. La FM
s’est retirée
du Liban ultérieurement
en septembre.
6. Après
l’assassinat
du président
libanais élu Béchir
Gemayel à la
mi-septembre
1982, qui a été
suivi d’une
incursion israélienne
à
Beyrouth-Ouest
et du massacre
criminel des
Palestiniens
dans les camps
de Sabra et
Chatila par des
milices
phalangistes, la
FM est retournée
au Liban. Des
troupes du
Royaume-Uni ont
rejoint les
trois membres
originaux de la
Force
multinationale.
Le 17 septembre
1982, le Conseil
de sécurité a
adopté la résolution
520 condamnant
l’incursion
israélienne à
Beyrouth,
exigeant un
retour aux
positions occupées
par Israël
avant le 17
septembre et réclamant
le respect
strict de la
souveraineté,
de l’intégrité
territoriale, de
l’unité et de
l’indépendance
politique du
Liban sous
l’autorité
unique et
exclusive du
gouvernement du
Liban par le déploiement
de l’armée
libanaise sur
l’ensemble du
territoire
libanais.
En mai 1983, des
représentants
d’Israël, du
Liban et des États-Unis
ont conclu un
accord destiné
à aboutir au
retrait des
forces israéliennes
et à l’établissement
d’une
"zone de sécurité"
au Liban-Sud.
Le 23 octobre
1983, 241
Marines américains
et 56
parachutistes
français ont été
tués dans deux
attentats-suicide.
Dans un contexte
de violence
grandissante, le
gouvernement du
Liban a abrogé
son accord avec
Israël en mars
1984. La Force
multinationale
s’est retirée
en avril de
cette même année.
7. Le 22 octobre
1989, suite aux
efforts de la
Ligue arabe, des
membres de la
Chambre
libanaise des députés,
réunis en
Arabie saoudite,
sont parvenus à
l’accord de Taëf.
L’accord a
appelé à la réconciliation
nationale et à
"étendre
la souveraineté
du Liban sur
tout son
territoire",
par le biais
d’un plan étalé
sur un an et
stipulant la
"dissolution
de toutes les
milices,
libanaises et
non
libanaises".
Les armes des
milices devaient
être "livrées
à l’Etat
libanais dans un
délai de six
mois". Dans
cet accord, le
Liban remercie
la Syrie de
l’aide fournie
par ses forces
pour permettre
au gouvernement
libanais d’étendre
son autorité
sur l’ensemble
de son
territoire "au
cours d’une période
définie n’excédant
pas deux
ans". A
la fin de cette
période, les
deux
gouvernements étaient
censés décider
du redéploiement
des forces
syriennes dans
la région de la
Békaa jusqu’à
la ligne
Hammana-Mdeirej-Aïn
Dara et, en cas
de besoin, à
d’autres sites
à déterminer
par un comité
militaire commun
libano-syrien.
Les deux
gouvernements
devaient également
signer un accord "déterminant
la taille et la
durée de présence
des forces
syriennes dans
ces secteurs et
définissant les
relations entre
les autorités
libanaises et
ces forces là où
celles-ci sont
présentes".
Le Traité de
coopération
libano-syrien de
mai 1991 a réitéré
cette
disposition.
8. Au cours des
années, le
Conseil de sécurité
a maintenu son
engagement à
l’égard de
l’intégrité
territoriale, la
souveraineté et
l’indépendance
du Liban. Le
secrétariat général
a travaillé
pour persuader
Israël de se
retirer du
Liban-Sud. En
avril 2000,
j’ai reçu
l’acte de
notification du
gouvernement
israélien
qu’il
retirerait ses
forces du Liban
durant le mois
de juillet 2000.
Le 25 mai 2000,
le gouvernement
d’Israël
m’a informé
que l’État hébreu
avait redéployé
ses forces
conformément
aux résolutions
425 et 426 du
Conseil de sécurité.
Le 16 juin,
j’ai rapporté
au Conseil de sécurité
qu’Israël
avait retiré
ses forces selon
les résolutions
425 et 426 et
avait répondu
aux exigences présentées
dans mon rapport
du 22 mai au
Conseil de sécurité.
J’ai informé
le Conseil que
le Liban avait
commencé à rétablir
son autorité
dans le secteur
et considérait
déployer ses
forces armées
au Liban-Sud. Le
18 juin, le
Conseil de sécurité
a accueilli
favorablement
mon rapport et a
confirmé mes
conclusions.
III.
Résolution 1559
(2004) du
Conseil de sécurité
10.
Le 2 septembre
2004, le Conseil
de sécurité a
adopté la résolution
1559 qui réitère
le soutien du
Conseil à
l’intégrité
territoriale, la
souveraineté et
l’indépendance
politique du
Liban. La résolution
invite toutes
les parties
concernées à
coopérer entièrement
et instamment
avec le Conseil
pour la pleine
exécution de
ceci et
d’autres résolutions
appropriées du
Conseil de sécurité
au sujet de la
restauration de
l’intégrité
territoriale, de
la pleine
souveraineté et
de l’indépendance
politique du
Liban.
En outre, la résolution
1559 : a. invite
toutes les
forces étrangères
toujours présentes
à se retirer du
Liban ; b. réclame
la dissolution
et le désarmement
de toutes les
milices
libanaises et
non libanaises ;
c. soutient
l’extension de
l’autorité du
gouvernement du
Liban sur tout
le territoire
libanais ; d. déclare
son soutien à
un processus électoral
libre et juste
dans le cadre de
l’élection présidentielle
qui était alors
à venir,
conformément
aux règles
constitutionnelles
libanaises sans
interférence ou
influence étrangère.
Le Conseil de sécurité
a également réitéré
son appel au
strict respect
de la
souveraineté,
de l’intégrité
territoriale, de
l’unité, et
de l’indépendance
politique du
Liban sous
l’autorité
unique et
exclusive du
gouvernement du
Liban sur
l’ensemble de
son territoire.
11. Les
gouvernements du
Liban et de la
Syrie ont soumis
au président du
Conseil de sécurité
et à moi-même
les lettres
(A/58/879 -
S/2004/699 et
A/58/883-S/2004/706,
respectivement)
concernant la résolution.
a.
Forces étrangères
déployées au
Liban
12.
La résolution
1559 appelle au
retrait de
toutes les
forces étrangères
toujours présentes
au Liban. Hormis
la Finul, et
autant que nous
puissions en
juger, les
seules forces étrangères
significatives déployées
au Liban, au 30
septembre 2004,
sont syriennes.
13. Ainsi que je
l’ai décrit,
la Syrie a
maintenu des
forces au Liban
depuis 1976. Les
troupes ont été
initialement déployées
à la demande du
président
Frangié. Ce déploiement
a été
transformé en
une FDA avalisée
par la Ligue
arabe, à la
demande du
gouvernement du
Liban, à
laquelle se sont
jointes des
troupes
d’autres pays
arabes.
Les
gouvernements du
Liban et de la
Syrie m’ont
dit que les
forces syriennes
présentes au
Liban -
qui, à un
certain moment
s’élevaient
à 40.000
hommes, selon le
gouvernement
libanais -
y sont à
l’invitation
du Liban et que
leur présence
est donc d’un
commun accord.
Elles seraient déployées
conformément à
l’accord de Taëf
de 1989 et au
Traité de coopération
libano-syrien
ratifié par les
deux pays en
1991. Autant que
je puisse en
juger, les deux
gouvernements
n’ont pas
jusqu’ici signé
l’accord supplémentaire
visant à "déterminer
la taille et la
durée de la présence
des forces
syriennes"
qui avait été
prévu dans les
deux instruments
précités.
14. En plus des
forces armées
en uniforme que
la Syrie a déployées
au Liban, le
gouvernement
syrien a informé
les Nations
unies de la présence
importante de
fonctionnaires
en civil des
services de
renseignements
militaires, présentés
comme étant des
composantes
ordinaires des
unités
militaires. Ces
fonctionnaires,
ainsi que les
forces en
uniforme,
constituent
l’ensemble des
forces
syriennes.
15. L’appareil
militaire et de
renseignements
de la Syrie au
Liban n’a pas
été retiré au
30 septembre
2004. Cependant,
selon des
annonces faites
par les
gouvernements
libanais et
syrien, la Syrie
a, au cours des
dernières
semaines, redéployé
approximativement
3.000 de ses
soldats présents
auparavant au
sud de Beyrouth.
Il n’est pas
clair aux yeux
des Nations
unies si ce redéploiement
a été confiné
aux troupes régulières
ou bien s’il a
inclus des
fonctionnaires
des services de
renseignements
en civil et si
tous les soldats
redéployés ont
regagné la
Syrie. Selon les
parties, c’est
le cinquième
redéploiement
depuis la
signature de
l’accord de Taëf.
16. Le
gouvernement
syrien m’a
indiqué qu’au
total, quelque
14.000
militaires
syriens sont
toujours présents
au Liban. Il a
affirmé
qu’une majorité
de ces forces se
trouve
maintenant basée
près de la
frontière
syrienne et
qu’elles ne
sont pas présentes
en profondeur au
Liban.
Les
gouvernements
libanais et
syrien m’ont
dit que le
timing de
retraits ultérieurs
serait déterminée
par la situation
de la sécurité
au Liban et dans
la région et
par le comité
militaire commun
établi conformément
à l’accord de
Taëf.
17. Le
gouvernement du
Liban m’a
informé de plus
que la situation
fragile actuelle
dans la région,
et son souci
concernant des
risques
potentiels pour
par la stabilité
intérieure du
Liban, rendent
difficile l’établissement
d’un
calendrier pour
un retrait total
des forces
syriennes. Le
gouvernement du
Liban m’a déclaré
que son but
ultime était le
retrait total de
toutes les
forces étrangères
du territoire
libanais.
De plus, les
deux
gouvernements
m’ont dit
qu’ils
discutaient
activement de la
nature et de
l’ampleur de
l’actuel déploiement
des forces
syriennes au
Liban. Dans ce
contexte, le
gouvernement
syrien m’a
informé qu’il
ne peut pas me
fournir des
chiffres et des
calendriers pour
un quelconque
retrait futur.
b.
Milices
libanaises et
non libanaises
18.
La résolution
1559 du Conseil
de sécurité prévoit
la dissolution
et le désarmement
de toutes les
milices
libanaises et
non libanaises.
Depuis la fin de
la guerre
civile, le
gouvernement du
Liban a fait de
grands pas en réduisant
de manière
significative le
nombre de
milices présentes
au Liban.
Néanmoins, au
30 septembre
2004, plusieurs
éléments armés
demeurent au
Liban-Sud. Le
gouvernement du
Liban m’a dit
qu’il prévoyait
que tous les
groupes armés
irréguliers
soient en fin de
compte dissous
et désarmés.
19. Le groupe
armé le plus
significatif est
le Hezbollah. Le
gouvernement
libanais
s’oppose à la
définition du
Hezbollah comme
étant une
milice libanaise
et se rapporte
à elle en tant
que "groupe
de résistance
nationale"
qui a pour but
de défendre le
Liban face à
Israël
jusqu’au
retrait des
forces israéliennes
du sol libanais,
à savoir des
fermes de Chebaa.
Le Liban
maintient que
les fermes de
Chebaa sont un
territoire
libanais, non
syrien.
Cependant, dans
mon rapport du
16 juin 2000,
j’avais
confirmé qu’Israël
avait rempli à
cette date les
exigences des résolutions
425 et 426 du
Conseil de sécurité
réclamant "le
retrait immédiat
de ses forces de
tout le
territoire
libanais".
Le 18 juin 2000,
le Conseil de sécurité
avait approuvé
cette conclusion
dans la déclaration
faite au nom du
Conseil par son
président. Tout
en maintenant sa
position selon
laquelle les
fermes de Chebaa
sont libanaises,
le gouvernement
libanais avait
confirmé
qu’il
respecterait la
ligne bleue
telle que définie
par les Nations
unies. Le
Conseil de sécurité
a noté cela
dans la déclaration
faite par son président
le 18 juin 2000,
et a invité le
Liban, dans
cette déclaration
et dans les résolutions
ultérieures, à
respecter
l’engagement
qu’il a donné
pour le respect
total de cette
ligne.
20. Au 30
septembre 2004,
le personnel des
Nations unies
sur le terrain
n’avait décelé
aucun changement
du statut du
Hezbollah depuis
l’adoption de
la résolution
1559. A cet
égard, le
gouvernement du
Liban m’a
informé que la
situation
fragile de la sécurité
dans la région,
le risque pour
la stabilité du
Liban et
l’absence
d’un processus
global de paix
dans la région
rendraient
difficile la
mise en
application de
la résolution
immédiatement
et entièrement.
21. Concernant
les groupes armés
palestiniens, le
gouvernement du
Liban m’a donné
des assurances
que les
militants
palestiniens
n’étaient pas
autorisés à
quitter leurs
camps de réfugiés
avec des armes.
Le personnel des
Nations unies
dans la région
a indiqué que
le gouvernement
du Liban a placé
des forces armées
libanaises en
dehors des
camps, dans le
but apparent
d’appliquer
cette politique.
Le gouvernement
m’a dit que vu
la situation de
la sécurité
dans les camps,
il est déconseillé
aux forces armées
libanaises d’y
pénétrer pour
désarmer les
militants.
Le gouvernement
du Liban exprime
une préoccupation
particulière
concernant la présence
d’une grande
population de réfugiés
palestiniens sur
son territoire
et le débat
public libanais
soulève régulièrement
des craintes
d’une
implantation
permanente de
cette communauté
au Liban. Le
gouvernement
insiste sur le
fait qu’un règlement
final au
Proche-Orient
devrait
comprendre des
dispositions
pour le retour
de ces réfugiés.
c.
Extension du
contrôle du
gouvernement
libanais sur
l’ensemble de
son territoire
22.
La résolution
1559 du Conseil
de sécurité déclare
son soutien à
l’extension du
contrôle du
gouvernement du
Liban sur
l’ensemble de
son territoire.
Depuis la fin de
la guerre
civile, le Liban
a déployé des
forces de sécurité
dans la partie méridionale
du pays, conformément
aux résolutions
du Conseil de sécurité
sur ce sujet et
à l’accord de
Taëf.
Cependant, au 30
septembre 2004,
le gouvernement
du Liban
n’avait pas
encore étendu
son contrôle
sur tout le
territoire.
23. Bien que le
Liban ait tenu
des élections
municipales dans
le sud du pays
en mai 2004, la
situation dans
le secteur
autour de la
ligne bleue
demeure tendue.
Le calme qui a
suivi le retrait
(israélien) a
été trop
souvent perturbé
par des actes de
violence.
L’armée
libanaise ne
s’est pas déployée
le long de la
ligne bleue. La
Finul a signalé
des violations
des deux côtés
de cette ligne ;
du côté
libanais, le
Hezbollah et les
groupes
palestiniens en
sont
responsables.
Les opérations
du Hezbollah ont
fréquemment
violé la ligne
bleue. On
affirme généralement
que les opérations
du Hezbollah se
font en dehors
du contrôle ou
des sanctions du
gouvernement
libanais. J’ai
précédemment
pressé le
gouvernement du
Liban de contrôler
l’utilisation
de la force sur
son territoire,
afin d’empêcher
toutes les
attaques à
partir de son
sol le long de
la ligne bleue.
24. Plus de
quatre ans après
le retrait israélien
du Liban-Sud,
l’activité
dans la région
demeure limitée.
Le Hezbollah a
établi des
points de contrôle
dans cette
portion du
territoire. Les
activités des
fonctionnaires
libanais, du
personnel de la
Finul et des
diplomates sont
parfois entravées
par les éléments
armés.
25. Le
gouvernement du
Liban m’a déclaré
que sa capacité
à déployer ses
forces dans les
régions du
Liban-Sud est
limitée par
l’accord
d’armistice
israélo-libanais
en date du 23
mars 1949, qui a
défini le
nombre et le
type des forces
militaires qui
pourraient se déployer
dans la région
frontalière
entre les deux
pays. Selon le
gouvernement, il
a déployé dans
la région la
totalité des
1.500 militaires
que lui permet
l’accord.
d.
Processus de
l’élection présidentielle
26.
La résolution
1559 proclame
l’appui du
Conseil de sécurité
à un
"processus
électoral libre
et juste pour la
présidentielle
du Liban qui
doit
s’effectuer
selon les règles
constitutionnelles
libanaises sans
interférence ou
influence étrangère".
Le mandat du président
Lahoud devait
expirer en
novembre 2004.
Selon la
Constitution
libanaise, la
Chambre des députés
doit se réunir
au moins un mois
avant
l’expiration
du mandat présidentiel
pour élire un
successeur. La
Constitution
fixe une limite
de six ans pour
le mandat présidentiel,
avec la
possibilité
d’une réélection
après une
alternance de
six ans.
27. Le 3
septembre 2004,
moins de 24
heures après
l’adoption de
la résolution
1559, la Chambre
des députés a
approuvé la loi
constitutionnelle
585 par 96 voix
contre 29, et
trois
abstentions, qui
prévoit une
prorogation de
trois ans du
mandat de M.
Lahoud. La loi
en question précise
que "pour
une fois et
exceptionnellement,
le mandat du président
actuel de la République
sera prorogé de
trois années et
devrait se
terminer le 23
novembre
2007".
Le gouvernement
du Liban m’a
informé que
cette loi a été
adoptée selon
les règles
constitutionnelles
libanaises. En
1947 et 1995, la
Chambre des députés
a voté pour
permettre des
prorogations des
mandats des présidents
en exercice. Cet
amendement a été
largement
contesté au
Liban et on a
dit aux
"sponsors"
de la résolution
1559 que la
prorogation du
mandat du président
Lahoud était le
résultat
d’une
intervention
directe du
gouvernement
syrien. Dix députés
ont préparé un
recours contre
la prorogation
du mandat du président
Lahoud. Mais les
gouvernements
libanais et
syrien ont nié
l’influence
syrienne dans
l’adoption de
l’amendement.
e.
La souveraineté,
l’intégrité
territoriale,
l’unité et
l’indépendance
politique du
Liban
28.
Dans la résolution
1559, le Conseil
de sécurité a
réaffirmé son
appel au respect
strict de la
souveraineté,
de l’intégrité
territoriale, de
l’unité et de
l’indépendance
politique du
Liban, sous
l’autorité
unique et
exclusive de son
gouvernement,
sur l’ensemble
de son
territoire.
29. Au Liban,
beaucoup déclarent
que la présence
militaire
syrienne, y
compris celle
des agents des
renseignements
en civil, permet
à la Syrie
d’exercer une
influence considérable
sur les affaires
internes
libanaises. Les
gouvernements du
Liban et de la
Syrie ont
toutefois nié,
devant moi, ce
fait, précisant
que la Syrie
n’intervient
pas dans les
affaires
internes du
Liban.
30. En dépit de
l’étroitesse
des liens
officiels entre
le Liban et la
Syrie, on note
que les deux
pays n’ont
jamais eu de
relations
diplomatiques
officielles. Il
n’y a aucune
mission
diplomatique
libanaise à
Damas ni une
mission
diplomatique
syrienne à
Beyrouth.
31. Depuis
octobre 2000,
l’aviation
israélienne a régulièrement
violé la
souveraineté
libanaise en dépassant
parfois la ligne
bleue. Elle pénètre
fréquemment en
profondeur dans
le territoire
libanais et
effectue des
bangs
supersoniques
au-dessus des
zones habitées.
Le gouvernement
israélien
affirme que ces
survols sont
effectués pour
des raisons de sécurité.
La riposte antiaérienne
du Hezbollah est
tombée au-delà
de la ligne
bleue, en Israël,
y faisant des
blessés.
32. Avec mes
représentants
dans la région,
nous avons invité
les parties à
cesser les
violations de la
ligne bleue dans
l’une ou
l’autre
direction et de
s’abstenir de
toute escalade
qui pourrait
faire des
victimes des
deux côtés de
la frontière.
Comme nous
l’avons déclaré,
une violation ne
doit pas servir
de prétexte à
d’autres.
IV.
Observations
33.
La résolution
1559, sur base
de laquelle ce
rapport est rédigé,
exige des
actions spécifiques
de la part des
différentes
parties. Ainsi
qu’il ressort
de ce rapport,
je ne peux pas
certifier que
ces conditions
ont été
remplies. Alors
que les
critiques de la
résolution sont
bien connues,
les
gouvernements du
Liban et la
Syrie m’ont
assuré de leur
respect pour le
Conseil de sécurité,
et que, par conséquent,
ils ne
contesteront pas
la résolution.
Les parties
concernées
m’ont fourni
des informations
et m’ont donné
certaines
assurances précises.
Je les ai notées
et j’attends
leur réalisation.
J’ai demandé
aux parties un
calendrier pour
leur exécution
totale.
34. En ce qui
concerne le
processus électoral,
je suis depuis
longtemps
convaincu -
et je l’ai
rappelé dernièrement
au sommet de
l’Union
africaine, en
juillet de cette
année -
que les
gouvernements et
les chefs d’Etat
ne devraient pas
rester en
fonction au-delà
des limites prévues
dans leurs
Constitutions.
35. L’opinion
publique
libanaise semble
divisée au
sujet de la présence
militaire
syrienne sur son
territoire et au
sujet de
l’amendement
constitutionnel
lié à l’élection
présidentielle.
Elle semble
aussi divisée
sur
l’existence de
groupes armés
qui ne sont pas
sous le contrôle
direct du
gouvernement.
Mais beaucoup de
Libanais
estiment que
l’exécution
totale de la résolution
1559 serait dans
l’intérêt
non seulement du
Liban, mais
aussi de celui
de la Syrie, de
la région et de
la communauté
internationale
en général. Il
est temps, 14
ans après la
fin des hostilités
et quatre ans
après le
retrait israélien
du Liban, que
toutes les
parties concernées
se débarrassent
des derniers
vestiges du passé.
Le retrait des
forces étrangères,
la dissolution
et le désarmement
des milices
pourraient clore
définitivement
ce chapitre
triste de
l’histoire
libanaise.
36. Comme je
l’ai noté
plus haut, les
exigences prévues
dans la résolution
1559 n’ont pas
été encore
satisfaites. A
cet égard, je
reste prêt à
aider, si cela
s’avère nécessaire,
les parties qui
doivent exécuter
cette résolution
du Conseil de sécurité
dans sa totalité.
Et, s’il y a
lieu, je suis
aussi prêt à
tenir le Conseil
de sécurité régulièrement
informé des développements
dans ce domaine.
37. Je continue
à œuvrer dans
le sens de la
conclusion
d’une paix
juste, durable
et globale au
Proche-Orient."
Les
points
importants du
rapport, selon
un responsable
de l’Onu,
par
SYLVIANE ZEHIL
Les
regards sont
aujourd’hui
tournés vers le
Palais de Verre
où le rapport
Annan de 17
pages vient d’être
publié.
D’intenses
"pressions"
et contacts
diplomatiques
ont eu lieu dans
les coulisses
pour défendre
la thèse
libanaise, ses réserves
émises au sujet
de la résolution
1559 et ses appréhensions
sécuritaires.
Le secrétaire général
de l’Onu, M.
Kofi Annan, et
son émissaire
spécial pour le
Moyen-Orient, M.
Terjé
Roed-Larsen, qui
quitte bientôt
ses fonctions
pour aller à
l’International
Peace Academy,
étaient
"en
conclave"
pour
"mettre la
dernière
touche" au
rapport, rendu
public vendredi
après l’avoir
"soumis aux
différentes
parties".
Juste après la
publication du
rapport, un haut
responsable de
l’Onu, qui désire
garder
l’anonymat, a
expliqué à la
presse les
points les plus
importants du
document : le
rapport Annan ne
contient aucune
recommandation
du secrétaire général.
Il laisse au
Conseil de sécurité
le soin de
s’en charger.
Le rapport spécifie
que la seule
force présente
sur le
territoire
libanais est
syrienne, à
l’exception de
la Finul. Il
estime le nombre
des soldats
syriens au Liban
à 14.000. En
outre, il précise
que le redéploiement
syrien de 3.000
soldats ne spécifie
pas s’il
"s’agit
seulement de
soldats en
uniforme ou des
personnes des
services de
renseignements.
Il n’est pas
non plus clair
si ces forces
sont retournées
en Syrie ou si
elles sont restées
au Liban",
explique cette
haute
personnalité
onusienne. "Le
statut des
milices semble
inchangé. Il
n’y a pas eu
de désarmement
ni de réduction
de leur nombre.
Le rapport
remarque aussi
que le
gouvernement
libanais n’a
pas étendu son
contrôle sur
tout son
territoire comme
il est spécifié
par la résolution."
Concernant
les élections
présidentielles
au Liban et la
prorogation du
mandat du président
Lahoud, le secrétaire
général a
exprimé
clairement son
opinion lors de
la conférence
de l’Union
africaine
d’Addis-Abeba
en juillet
dernier. Il
s’oppose à
l’extension
des mandats des
leaders et des
gouvernements
au-delà des
limites de leur
mandat. Le
rapport demande
à toutes les
parties concernées
de coopérer
pleinement avec
lui et sans
attendre afin
d’appliquer
intégralement
la présente résolution
et toutes les résolutions
relatives au
plein rétablissement
de l’intégrité
territoriale du
Liban. Le secrétaire
général est prêt
à aider à
mettre à exécution
la résolution.
Il restera
constamment en
contact avec le
Conseil.
Interrogé sur
le calendrier
pour
l’application
de cette résolution,
le responsable
onusien a dit
qu’il
"n’y en
avait aucun pour
l’instant. Ni
les Syriens ni
les Libanais ne
l’ont établi.
Les Syriens ont
refusé de
donner un
calendrier de
retrait de leurs
troupes".
Pour le
directeur de la
chaîne de télévision
panarabe
al-Arabia,
"ce rapport
est certainement
positif pour
ceux qui
souhaitent le
retrait total
des forces non
libanaises du
Liban. Il y aura
sans doute une
autre étape qui
sera enclenchée
par le Conseil
de sécurité,
si les Français
et les Américains
veulent qu’un
changement
s’opère".
Le
plus ancien
prisonnier du
monde est dans
les geôles
syriennes
par
HODA SALIBY,
publié dans
Courrier
International
le 5 juillet
2004
Farhan
el-Zoghbi est
en prison
depuis 1970.
Sa femme,
Sabah
el-Turkmani, a
affirmé dans
un entretien téléphonique
avec "Elaph"
qu’elle
avait
l’espoir que
son mari
serait
prochainement
libéré. Elle
a également
souhaité
saisir cette
occasion pour
lancer un
appel au président
syrien, Bachar
el-Assad, pour
solliciter la
libération de
son époux :
“Tout homme
a le droit de
voir ses
enfants de son
vivant,
d’autant
plus s’ils
se trouvent
dans la même
ville. Je fais
appel à votre
conscience et
à votre sens
de l’humanité
en tant que médecin
plutôt que
chef d'Etat."
Faisant l’éloge
de son époux,
“un ancien
militaire des
plus méritants
au sein de
l’armée
syrienne”,
l’épouse
d’el-Zoghbi
a également
souligné que
la mère du
prisonnier, âgée
de 104 ans, ne
cesse depuis
l’arrestation
de son fils,
il y a
trente-quatre
ans, d’espérer
son retour, et
“il ne se
passe pas une
journée sans
qu’elle n’évoque
son
souvenir".
Arrêté
en 1970 en
Jordanie,
Farhan
el-Zoghbi a été
incarcéré
quatre ans en
tant que
prisonnier de
guerre. En
1974, les
autorités
jordaniennes
l’ont remis
aux autorités
syriennes.
“Depuis
cette date, on
a perdu sa
trace”,
rappelle
"Elaph".
Néanmoins sa
femme croit
savoir qu’il
est toujours
en vie. Le cas
d’El Zoghbi
a très peu
mobilisé les
organisations
de défense
des droits de
l’homme. Récemment,
le groupe de
travail sur la
détention
arbitraire du
Haut-Commissariat
des Nations
unies aux
droits de
l’homme
avait annoncé
que son cas
serait suivi
à travers des
contacts avec
le
gouvernement
syrien. A ce
propos, "Elaph"
cite sans le
nommer un
Syrien
activiste dans
le domaine de
la défense
des droits de
l’homme qui
aurait appelé
“les
organisations
de défense
des droits de
l’homme en
Syrie à ne
pas se réjouir
de la libération
d’el-Zoghbi -
si jamais elle
a lieu -, car
ceux qui
n’ont jamais
condamné son
emprisonnement
et qui ne se
sont jamais
occupés de
son cas
feraient mieux
de continuer
à se
taire."
Gaza
: Kofi Annan
demande à Israël
de mettre fin à
"Jours de pénitence"
paru
dans le Monde le
3 octobre 2004
Le
premier ministre
israélien Ariel
Sharon a annoncé,
dimanche, une
amplification de
l'opération
militaire
"Jours de pénitence"
en cours dans le
nord de la bande
de Gaza, et qui
a coûté la vie
à dix nouveaux
Palestiniens
dans la journée.
Le secrétaire général
des Nations
unies, Kofi
Annan, a demandé,
dimanche 3
octobre, à Israël
de mettre fin à
son opération
militaire dans
la bande de Gaza
dans laquelle 66
Palestiniens ont
été tués en
cinq jours. "Le
secrétaire général
demande au
gouvernement
israélien de
cesser ses
incursions
militaires dans
la bande de
Gaza, qui ont
conduit à la
mort de nombreux
Palestiniens,
parmi lesquels
beaucoup de
civils, dont des
enfants",
a dit son
porte-parole
Fred Eckhard
dans un
communiqué. "Le
secrétaire général
demande également
à l'Autorité
palestinienne
d'agir pour empêcher
les militants
palestiniens
d'envoyer des
roquettes contre
les cibles israéliennes.
Il rappelle aux
deux parties en
conflit qu'elles
ont obligation
de protéger
tous les
civils",
a ajouté M.
Eckhard.
Le
ministre
palestinien chargé
des Négociations,
Saëb Erakat,
avait précédemment
exprimé sa déception
vis-à-vis de "l'absence"
de réaction
internationale, ce
qui a "encouragé
Ariel Sharon à
affirmer que l'opération
allait
continuer". Israël
a été cependant
la cible de vives
critiques dans les
pays occidentaux
et arabes. La
Ligue arabe, en
particulier, a
chargé le groupe
arabe aux Nations
unies de faire
appel d' "urgence"
à l'Assemblée générale
ou au Conseil de sécurité
de l'ONU "pour
arrêter la guerre
d'extermination
israélienne
contre le peuple
palestinien",
selon un communiqué
publié à l'issue
d'une réunion des
délégués arabes
au Caire, siège
de la Ligue.
Samedi, le cabinet
palestinien avait
décrété "l'état
d'urgence"
sur l'ensemble des
territoires
palestiniens "afin
de venir en aide
à la population
de la bande de
Gaza, victime
d'horribles crimes
commis par l'armée
israélienne".
Satisfaction
d'Ariel Sharon
De
son côté, le
premier ministre
israélien Ariel
Sharon avait
annoncé une
amplification de
l'opération
militaire
"Jours de pénitence"
en cours dans le
nord de la bande
de Gaza, et qui
a coûté la vie
à dix nouveaux
Palestiniens
dans la journée.
Au total, depuis
le lancement de
cette opération
il y a cinq
jours, 66
Palestiniens ont
été tués par
l'armée israélienne.
Dimanche, 10
Palestiniens ont
été tués par
l'armée. Huit
d'entre eux,
dont trois
adolescents,
l'ont été dans
le camp de réfugiés
de Jabaliya, où
l'armée israélienne
a concentré ses
attaques depuis
le lancement, le
28 septembre au
soir, de son
offensive destinée
officiellement
à faire cesser
les tirs de
roquettes sur le
territoire israélien
ou les colonies
juives de la
bande de Gaza.
Deux activistes
palestiniens ont
également été
tués par un
raid aérien
israélien sur
Beit Hanoun. Les
deux hommes étaient
membres des
Brigades
Salaheddine,
branche armée
des Comités de
résistance
populaires,
selon un
porte-parole de
ce groupe
radical issu du
Fatah, le parti
du dirigeant
Yasser Arafat.
Le raid s'est
produit au
moment où les
activistes
s'apprêtaient
à tirer une
roquette
artisanale de
type Qassam vers
le territoire
israélien.
"Elargir
les zones d'opération"
De
son côté, M.
Sharon a annoncé
dimanche à la
radio militaire
la poursuite et
l'élargissement
de l'opération.
"Nous
devons élargir
nos zones d'opération
pour éloigner
les
lance-roquettes
afin que les
localités
juives au-delà
de la frontière
ne soient plus
à leur portée.
Il faut aussi
agir pour que
les terroristes
ne puissent plus
bombarder les
implantations
[israéliennes
dans la bande de
Gaza] maintenant
et pendant l'évacuation"
de cette région
prévue l'an
prochain, a
affirmé M.
Sharon.
Mercredi, deux
enfants israéliens
ont été tués
dans la ville de
Sdérot au sud
d'Israël par
l'explosion
d'une roquette
Qassam tirée à
partir du nord
de la bande de
Gaza. Ces engins
de fabrication
artisanale ont
une portée de
moins de 10 km.
Depuis le
lancement de
l'opération
"Jours de pénitence"
l'armée israélienne
a établi une
"zone de sécurité"
de 7 à 9 km de
profondeur dans
le nord de la
bande de Gaza.
Selon un haut
responsable du
ministère de la
défense, Amos
Gilad, "la
majorité des
Palestiniens tués
jusqu'à présent
sont des
terroristes".
"L'opération
progresse de façon
satisfaisante, nos
forces agissent de
façon
professionnelle et
efficace",
s'est félicité
M. Sharon, selon
qui "l'opération
durera tant que
cela sera nécessaire".
Pourtant,
quatre nouvelles
roquettes
palestiniennes,
tirées à partir
de la bande de
Gaza, sont tombées
dimanche sur le
sud d'Israël,
sans faire de dégâts,
selon l'armée.
Samedi, M. Sharon
avait rejeté
l'offre du Hamas,
qui s'était dit
prêt à cesser
ses tirs de
roquettes si l'armée
mettait fin à son
opération. Les
morts de la journée
portent à 4.422
le nombre de
personnes tuées
depuis le début
de l'Intifada, fin
septembre 2000,
dont 3.398
Palestiniens et
953 Israéliens.