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COMMUNIQUÉ  RJLIBAN  N°43  du 8 avril 2004  

 

"La Passion" par Gibson montre l'amour infini de Dieu

 

Relevant le défi de la persécution, des dizaines de milliers de fidèles chrétiens ont déjà vu le film 'La Passion du Christ", depuis son lancement dans les cinémas, le 31 mars, en France. Un important débat s'est ainsi établi sur le site Internet du journal La Croix, dont nous reproduisons quelques extraits significatifs, accompagnés d'articles de presse sur le même sujet. [Autres témoignages sur le portail des jeunes catholiques de France]

 

Les passions de la Passion

 

par MICHEL SCHIFRES, publié dans le Figaro le 27 février 2004

 

Par deux fois, la France, terre chrétienne et nation laïque, se trouve confrontée à la liberté d'expression. D'une part, un humoriste - Dieudonné, dont la finesse n'est pas la qualité première - n'a pu assurer une représentation de son spectacle. Non par manque de public mais par interdiction. De l'autre, un film, "La Passion du Christ", ne peut actuellement être diffusé dans ce pays. Non par indifférence mais par défaut de distribution. Il importe peu, ici, de juger la teneur des propos, ne serait-ce que parce que l'oeuvre de Mel Gibson n'est, pour le moment, visible qu'en Amérique. Ni de connaître la part de provocation et celle du marketing dans la recherche des polémiques, aussitôt nées. D'ailleurs la véracité des arrière-pensées mercantiles fût-elle démontrée qu'on ne s'en plaindrait pas forcément. Car le débat est toujours salutaire. C'est même une des marques de la démocratie - la dictature et l'autocratie, par définition, s'en abstenant soigneusement. On ne peut à la fois déplorer la tyrannie du "politiquement correct" et le réclamer lorsque les convictions adverses ne conviennent pas. Il est alors le refuge autant des conformismes ambiants que des peurs inavouées. Est-il besoin de rappeler que la confrontation avec des idées, même stupides ou choquantes, est un enrichissement pour soi et une marque de respect pour l'autre ?

 

Encore faut-il pouvoir juger et donc voir le film de Mel Gibson. Sans doute parviendra-t-il à être diffusé, surtout s'il rencontre le succès aux Etats-Unis. Au pire, un circuit de distribution parallèle sera mis en place. Il n'en reste pas moins que des distributeurs hésitent encore, redoutant des incidents prévisibles et se souvenant des aventures de "La Dernière Tentation du Christ", deux des cinémas le projetant ayant été victimes d'attentats. Alors que la France est profondément un pays de libertés, force est de reconnaître qu'elle est soumise, ces temps-ci, à l'influence insistante des groupes de pression et au chantage des extrémismes. Ceux-là usent de la menace comme d'une norme, déniant au public les droits les plus élémentaires, tant celui de choisir librement ses occupations que celui de juger par lui-même. Le phénomène est d'autant plus inquiétant qu'il devient habituel et aboutit à une véritable censure. Ainsi un spectacle de Dieudonné a été interdit de fait par ses opposants. Ainsi la diffusion d'un film est compromise. Ainsi il aura fallu des semaines avant que s'organise la défense d'un professeur blâmé par sa hiérarchie pour avoir rappelé quelques vérités sur Mahomet. Ainsi, dans des mosquées, nombre de discours devraient être sanctionnés par la loi. Même s'il ne faut pas crier au loup quand se présente un simple furet, il est nécessaire de mettre rapidement fin à cette dérive. Personne ne sait jusqu'où elle peut aller. Mais chacun sent qu'il souffle un vent malsain.

 
 
Le lundi de Pentecôte et l'Eglise

 

par JEAN-MARIE GUENOIS, publié dans la Croix le 14 janvier 2004

Marie-Caroline de Marliave, directrice de la communication de la Conférence des Evêques de France, regrette que les évêques n'aient pas été consultés sur la suppression du lundi de Pentecôte. Mercredi 14 janvier, le conseil des ministres a examiné un projet de loi de "solidarité pour l’autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées" qui comporte la suppression du lundi de Pentecôte dans les entités publiques, et le choix d’un jour pour le privé, de façon à financer le renforcement de l’aide aux personnes âgées. "Les évêques n’ont pas été consultés sur la suppression du caractère férié du Lundi de Pentecôte. Or le projet étudié ce mercredi au conseil des ministres confirme le projet de financer des actions de solidarité notamment par la suppression de ce caractère férié. En novembre dernier, lors de l’annonce de ce projet de loi, le Président de la Conférence des évêques de France, à l’occasion de l’Assemblée plénière à Lourdes, avait déjà regretté cette absence de consultation et avait posé deux questions très claires : s’il n’est pas question de se dérober à un devoir de solidarité, la suppression d’un jour férié est-elle la bonne solution pour créer les conditions de cette solidarité ? Peut-on laisser ainsi croire que la question essentielle de la solidarité peut être résolue de cette manière ?"

"Par ailleurs, seconde question déjà exprimée à d’autres occasions, créer une différence entre le secteur public et le secteur privé, en laissant un libre choix sur le jour férié à supprimer pour le privé, favorise-t-il le vivre ensemble, le lien social dans notre société ? Ces points ne sont pas réglés. Le lundi de Pentecôte n’est certes pas une fête religieuse. Mais il prolonge la fête de la Pentecôte. Ces trois jours constituent "le" long week-end par excellence des rassemblements. C’est un des points culminants, pourrait-on dire, de la vie dans de très nombreux diocèses et mouvements. En région parisienne, le Frat réunit plus de 15.000 jeunes. Sans parler des familles, dispersées aux quatre coins de l’hexagone ; elles aussi, profitent justement de ces trois jours, le cas échéant autour des confirmations et des communions, pour se retrouver, toutes les générations ensemble. La solidarité entre les générations se construit aussi à ces occasions et de la façon la plus humaine qui soit. La solidarité n’est pas seulement une affaire de financement. Et les occasions de créer du lien social dans notre société sont suffisamment rares pour ne pas supprimer celles qui existent."
 

 

"Il n’y a rien d’antisémite dans "La Passion du Christ" de Mel Gibson", affirme le Vatican

 

paru dans l'Orient-le Jour le 27 février 2004

 

"Il n’y a rien d’antisémite dans le film La Passion du Christ de Mel Gibson", a déclaré hier l’archevêque américain John Foley, président du Conseil pontifical pour les communications sociales et conseiller de Jean-Paul II pour les médias. Le prélat américain a eu l’occasion de voir le film inspiré du martyr et de la mort du Christ avec l’ambassadeur des Etats-Unis près le Saint-Siège, James Nicholson, lors d’une projection spéciale à Rome. Mgr Foley a assuré "ne pas avoir le sentiment" que ce film risquait de provoquer une réaction contre les juifs. "Le film n’est pas antisémite. Je l’ai lu comme une méditation sur mes responsabilités et sur nos responsabilités dans la passion du Christ. Quant aux juifs, il ne faut pas oublier que Jésus, la Vierge et les apôtres étaient tous juifs", a-t-il déclaré.

 

Le pape Jean-Paul II a vu le film au mois de janvier, mais n’a pas exprimé de jugements, a déclaré le Vatican, pour couper court à une information prêtant au pape une approbation de l’œuvre. Sorti mercredi aux Etats-Unis, La Passion du Christ a déclenché une polémique et de virulentes critiques pour sa violence et, selon certaines organisations juives, ses connotations antisémites. Plusieurs organisations juives américaines accusent Gibson, catholique pratiquant, de reprendre dans son scénario l’accusation "juifs, peuple déicide" formulée dans la prière du Vendredi Saint jusqu’à sa suppression par l’Eglise catholique lors du Concile Vatican II (1962-1965).

 
"La Passion du Christ" de Mel Gibson : Ce qu’ils en pensent
 
par SCARLETT HADDAD, publié dans l'Orient-le Jour le 7 avril 2004
 

Controversé aux Etats-Unis et en Europe, le film de Mel Gibson fait un tabac au Liban. Par groupes entiers, les jeunes et les moins jeunes se précipitent pour le voir, venus des quatre coins du Liban et même de Syrie et de Jordanie. Et à la sortie, tout le monde a invariablement les larmes aux yeux, remué par toute cette souffrance qu’on a souvent occultée, du Fils de Dieu. Certains y voient une réalité qui n’a pas toujours été bonne à dire, d’autres un message politique qui survient à point nommé dans le monde tourmenté d’aujourd’hui. Nous avons demandé à l’archevêque maronite de Beyrouth, Mgr Boulos Matar, et à un chercheur et journaliste chiite, Ali Ismaïl Nassar, ce qu’ils en pensent.

 

Mgr Boulos Matar, archevêque maronite de Beyrouth
 
- Que pensez-vous du film La passion du Christ de Mel Gibson ?
"Je l’ai vu avec le patriarche, dans une projection en avant-première. Sur le plan cinématographique, c’est un très beau film, avec une mise en scène sublime, une grande recherche dans les effets spéciaux et une étude approfondie des personnages. Il comporte aussi des parallèles très intéressants entre le corps du Christ et l’Eucharistie, le sang versé et le calice. Pour un croyant qui entend à la messe “Ceci est mon corps livré pour vous, ceci est mon sang versé pour vous”, ces paroles prennent tout leur sens. De plus, le film est très fidèle à l’Evangile et à partir des douze dernières heures de la vie du Christ, il parvient à retracer tout son parcours, à l’aide de flash-back."
- Mais n’y a-t-il pas un trop grand étalage de la souffrance ? Et dans quel but, selon vous ?
"Justement, c’est là son message profond. Le film a voulu montrer la grande souffrance du Christ, sans chercher à l’édulcorer, dans la pure tradition de l’école artistique réaliste. Après tout, le Christ est un homme qui a été assassiné, un innocent livré aux impies et malgré tout, sur sa croix, il est apparu triomphant, dans toute sa grandeur, mettant en évidence la petitesse de ceux qui l’ont tué. Certes, je crois qu’il y a eu de l’exagération dans certaines scènes, notamment celles où l’on voit les soldats romains en train de frapper le Christ, avec une violence et un acharnement extrêmes. Pourtant, ils ne devaient sans doute pas agir sous l’emprise de la haine, puisqu’ils étaient payés pour accomplir cette mission. Il y a donc quelques débordements, mais ce qui manque au film, c’est la méditation devant la souffrance du Christ, qui est aussi morale. Cette souffrance a pris toute sa valeur parce que c’est le Fils de Dieu qui l’a subie. Face à elle, un chrétien n’éprouve aucune haine et l’accepte, parce qu’il croit que ce sont toutes nos fautes qui ont causé la mort du Christ. Cette souffrance est pacificatrice, elle suscite l’amour et le pardon. Or tout cela n’est pas clair dans le film."
- Estimez-vous que la polémique autour de ce film est justifiée ?
"Non, parce que le film n’est dirigé contre personne. Ni contre les Romains, qui sont de simples exécutants, ni contre les juifs, auxquels le Christ a pardonné, ni encore contre Ponce Pilate, symbole de la lâcheté, puisqu’il y en a tant dans le monde. Il lui manque simplement de montrer la vraie dimension de la souffrance du Christ, qui est la Rédemption du monde. Mais cela reste un très beau film. Je n’ai pas pleuré en le voyant, mais il m’a poussé à adorer davantage le Seigneur. On peut toutefois arriver au même résultat par la méditation, car, comme disait Saint-Exupéry, l’essentiel est invisible pour les yeux."
- En le voyant, n’a-t-on pas un peu l’impression que le christianisme devient une religion basée sur la souffrance et le martyre ?
"Non, parce qu’à la fin, lorsque le Christ monte sur la Croix, c’est toute la grandeur du christianisme qui apparaît. C’est un message d’espoir, d’amour et de pardon. Toute la religion chrétienne, en somme."
 

Ali Ismaïl Nassar, chercheur et journaliste chiite

 

- Que pensez-vous du film La passion du Christ ?
"Pour moi, il raconte la tragédie vécue par le Christ et qui a été causée par les juifs. C’est un récit cruel de la souffrance de tous les opprimés dans le monde et pour moi, le Christ apparaît comme le Palestinien par excellence. Il y a eu plusieurs films sur Jésus. Mais celui-ci est considéré comme un véritable phénomène parce qu’il est diffusé à un moment historique où, aux Etats-Unis, les extrémistes chrétiens tiennent le pouvoir et où les sionistes du monde entier commencent à sentir qu’ils n’ont plus le vent en poupe, parce qu’ils apparaissent désormais comme les bourreaux, alors que pendant longtemps, ils étaient considérés comme les victimes. Ce sont ces parties qui ont provoqué la polémique sur le film, le rendant encore plus intéressant à mes yeux et à ceux de nombreux musulmans, athées, laïcs, etc."
- Il y a eu pourtant des critiques de la part de certains milieux musulmans...
"Oui, certains ont estimé qu’il ne tenait absolument pas compte de la version musulmane et d’autres se sont opposés au fait qu’il reproduit des prophètes, alors que c’est interdit dans l’islam. Mais ces critiques n’ont pas vraiment porté. Ce qui compte, c’est la réalité de l’histoire et des images montrées. Ce film a le mérite de montrer un nouveau visage du Christ, mais aussi du judaïsme. Nous autres, nous ne pouvons le dissocier de ce qui se passe actuellement en Palestine et du fait qu’un récent sondage en Europe a désigné Israël comme l’Etat qui menace le plus la paix dans le monde. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard si les juifs sont les principaux moteurs de la campagne menée contre le film. Or le Vatican a jugé qu’il n’est pas antisémite et l’Eglise catholique américaine, qui est très humaine et très impliquée dans les grandes causes du monde, ne l’a pas trouvé injuste. Cela devrait suffire à faire taire les détracteurs. Pour moi, il reste un très beau film."

 
Mgr Lustiger contre le "sadisme" du film de Gibson
 

par HENRI TINCQ, publié dans le Monde du 27 mars 2004

 

Ambiance de veillée d'armes avant la sortie en France de La Passion du Christ de Mel Gibson mercredi 31 mars. Les catholiques traditionalistes s'apprêtent à lui faire un triomphe, comme dans les salles américaines qui ne désemplissent pas et où les conversions sont dûment enregistrées à la sortie.   Réunions à la Mutualité (près de l'église Saint-Nicolas du Chardonnet), journaux, livres, un site Internet orchestrent la mobilisation. Des lettres inondent le courrier des évêques pressés de promouvoir le film. Le cardinal Jean-Marie Lustiger, mercredi 24 mars sur la chaîne de télévision KTO, a donné le ton de la riposte. Pas de condamnation sans avoir vu le film, comme pour La Dernière Tentation du Christ, de Martin Scorsese (1988). Cette fois, l'archevêque de Paris a vu le Gibson, mais il n'en pense pas beaucoup de bien. Se limitant à la question de la représentation du Christ à l'écran, il a pourfendu, en quelques flèches, la prétention de Gibson à avoir représenté une "vraie" Passion : "L'Evangile, ce n'est pas la guerre des Gaules, ni les Mémoires de Napoléon."

Rappelant la discrétion des témoins de la crucifixion de Jésus dans les Evangiles, il tempête contre la foule, qui, sur l'écran comme dans la rue, court voir Jésus mourir et son sang couler, comme pour "des films d'horreur ou des films gore". L'amour de Dieu "ne se mesure pas en litres d'hémoglobine et de sang versés", dit-il. La foi chrétienne maintient la distance, le mystère : "Pour nous, le sang du Christ, il est dans le calice au moment de la liturgie." Bref, Mgr Lustiger reproche au film de Gibson son absence de "pudeur". Plutôt que de "faire du Hollywood" ou un "reality-show" biblique, le réalisateur doit suggérer, et non décrire, la souffrance du Christ, comme le font les icônes byzantines. Il rêve d'un cinéma où "le visage de Jésus ne s'imposerait pas avec la violence de l'image de l'acteur". Pasolini, qui a filmé le Christ "avec les yeux de sa mère", ou Kieslowski (Décalogue) sont cités en exemples. Au demeurant, cette violence ne surprend pas l'archevêque de Paris. Chaque époque artistique fait émerger son "image" du Christ. Et la violence inouïe du film de Gibson n'est que le reflet de l'époque actuelle de violence et de "sadisme collectif".

 
"La Passion" par Gibson montre l'amour infini de Dieu
 
Réflexions de lecteurs publiées sur le site Internet de La Croix entre le 31 mars et le 6 avril 2004

 

"Nos évêques sont-ils catholiques ?"

 
"Les réactions nombreuses, y compris sur ce forum, ne manquent pas au sujet de l'attitude de nos Evêques. Et si le film était le révélateur ? Pourquoi la chute de la pratique religieuse en France ? Pourquoi l'extrême pénurie de vocations sacerdotales et religieuses ? Où sont les pasteurs ? Et pourquoi se détournent-ils du Christ aujourd'hui ? Si quelqu'un a une réponse ou une piste à me donner..."  JEAN
 
"J'ai été surpris de la recommandation "officielle" de l'Eglise de France de "ne pas voir La Passion"... Bon chrétien mais soucieux de juger par moi-même j'ai vu le film... J'ai eu un moment de colère contre "ces évêques" qui "interdisent" un film aussi bon et qui donne envie d'en savoir plus sur cet homme et sa religion... Après réflexion cette expérience m'incite non pas à la rébellion ou à la critique stérile contre l'autorité, mais à garder en mémoire et dans le coeur que la "politique" et les autorités ont un rôle de conseil mais qu'il faut juger par soi-même de ce qui est bon pour nous. Très bon film pour moi, avec envie réellement de changer ma vie après avoir vu et réentendu le message d'Amour de Jésus."  LOUIS    
 

"A tous ceux qui n'ont pas vu le film"

 

"Je comprends que ce film fasse peur à certains. Ils ont vu des extraits sortis du contexte à la télé, du sang, et on leur a dit beaucoup de mal de ce film. Ce que je peux vous dire c'est que je suis très sensible et que je serais partie si c'était insupportable parce que je déteste voir des scènes de violence et qu'elles me font hurler. Il y a sans doute quand même des gens plus sensibles que moi, mais si vous avez la télé, il est fort probable que vous puissiez largement rester. Cela est IMPORTANT de voir le film parce que c'est un film sur l'AMOUR. J'ai cheminé depuis le 31/04/04 dans un esprit d'amour et de lumière et je souhaite à tous les chrétiens et aux autres, s'ils le souhaitent, de faire de même. Je n'ai pas fait de cauchemar, je n'ai pensé qu'à l'amour infini de Jésus; qu'à la douceur du père, et ce, comme jamais. JESUS nous a enseigné la LIBERTE. Il nous as dit de nous aimer mais aussi d'entendre et de voir. Je pense aujourd'hui que quand il dit : vous avez des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, il veut dire : jugez donc par vous-même, Dieu vous a donné un corps, il vous a fait à son image, si vous êtes de bonne volonté et que vous écoutez la Parole, vous reconnaîtrez la VERITE. Nul ne peut se substituer à nous, le discernement est notre liberté et notre responsabilité. C'est nous qui choisissons JESUS. Pas nos parents ou nos amis. C'est nous qui devons le reconnaître.


Nous sommes assez grands pour apprécier seuls un film sur celui que nous avons choisi. Nous reconnaîtrons JESUS. S'il est travesti, sali, nous le verrons car si nous l'aimons, nous ne pourrons pas supporter qu'il soit sali. Si au contraire, il est honoré, nous le verrons aussi. Si quelqu'un que vous aimez est caricaturé et rabaissé, vous le voyez et vous prenez en horreur ces gens qui s'en moquent. Si au contraire, il est bien représenté, vous reconnaissez aux artistes leur valeur. Mais dans tous les cas, la relation à Dieu passe par votre coeur et pas celui d'un autre, car vous ne pouvez connaître l'autre aussi bien que vous vous connaissez vous-même. Nous sommes concernés par l'image de JESUS. Nous ne pouvons la laisser aux mains des autres. Il faut donc choisir. Qui pourrait nous empêcher de chercher Dieu et la vérité ? Les prétextes que nous pouvons trouver pour ne pas savoir sont dérisoires car il faut défendre quelqu'un de la calomnie. SOIT un de nos frères chrétien, Mel Gibson accusé d'antisémitisme et de sadisme. Soit l'image de Jésus lui-même que certains disent voir travestie. Dans les deux cas, les chrétiens sont appelés à faire un choix et à ne pas s'en laver les mains. Courage donc, ne dormons pas, et ouvrons les yeux sur notre époque.
Bien à vous."  UNE LECTRICE 

 

"La Passion du Christ"

 

"Je voudrais faire part de 3 réflexions à propos du film de Mel Gibson que j'ai vu mercredi :
1) Ce film est fort, violent, il n'est ni parfait, ni raté ; c'est l'oeuvre d'un catholique convaincu, intègre (et non "intégriste"), qui est lui même un homme et donc...imparfait. Mais le mérite de ce film pour un spectateur chrétien est de lui donner..un coup de pied à l'estomac : force de l'utilisation de l'araméen, force du message évangélique présent tout au long du film. De par la violence filmée, la Passion ne peut pas s'adresser à un public d'enfants ou d'adolescents (de mon point de vue), même si ces derniers en sont repus par des médias qui curieusement jouent les vierges outragées à propos de ce film...
2) Il faut aller voir ce film pour se faire sa propre opinion. En effet le tir de barrage intellectualo-médiatique déclenché avant même sa sortie en France est une honte pour notre pays de liberté. La haine des propos tout à fait mensongers de personnes comme monsieur Karmitz est déplorable et va à l'encontre de l'honnêteté : il n'y a pas d'antisémitisme, à moins de considérer les Evangiles comme antisémites !
3) En tant que catholique et chrétien je me réjouis que le Christ et son message inspirent l'art pour une fois avec respect (cf. tous les films ou livres se moquant ou traînant le christianisme dans la boue). En effet ce qui domine à la fin du film est bel et bien la responsabilité collective de l'humanité par rapport au péché mais aussi et SURTOUT l'immense miséricorde de Dieu et le commandement de Jésus : Aimez-vous les uns les autres... Y COMPRIS VOS ENNEMIS..."  LOUIS
 
"Le Christ est annoncé"
 
"C'est regrettable de voir autant de chrétiens à l'unisson avec la critique la plus superficielle pour critiquer ce film évènement. Jamais on a été si proche de la vérité sur le Christ. En théologie, on parle de langage et d'herméneutique, or ici ne voit-on pas un film qui parle un langage actuel qu'on peut comprendre tout simplement. Le message essentiel du Christ est transmis à des millions de gens. J'ai vu une salle remplie de jeunes qui ont applaudi à la fin. Faut-il attendre que la théologie soit parfaite pour annoncer Jésus ? Alors ce serait être presque être Janséniste. La violence du film est dépassée par l'amour. Il faut voir ce film pour éviter de devenir des Chrétiens peureux et frileux qui veulent accaparer une vérité au nom d'une perfection qui n'est pas de ce monde. Bon film !"  CINEFIL
 

" 'La Passion' par Gibson montre l'amour infini de Dieu"

 

"Je suis en colère, j'ai honte pour nos évêques et nos médias qui, comme les spectateurs et les acteurs du drame, premiers chrétiens comme Pierre ou juifs religieux, ou anonymes de la foule, ou soldats romains, sont frappés de cécité à cause de l'épaisseur de leurs ténèbres par manque de FOI, de vision spirituelle donnée d'En-Haut, comme pour le songe de l'épouse de Pilate : il s'agit de l'accomplissement de l'oeuvre d'AMOUR, du Salut, de la réparation envers le PERE SOUS la forme d'une gloire cachée. Je suis surpris de la justesse de ce film , je n'y ai vu que les scènes des Evangiles et entendu que les paroles de Notre Créateur. Le Christ lutte contre le DEMON tout au long du film qui est le responsable et non contre des Pharisiens ou contre Hérode, tous accros du pouvoir terrestre. Au contraire, loin des combinaisons humaines issues du péché originel, le CHRIST OFFRE son amour infini, obsédé par l'incendie d'une charité divine qui nous dépasse et nous force au silence de l'oraison, à genoux. Méditons : "il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime'.


Que voulez vous que le Créateur donne d'autre ? SEULE la souffrance de DIEU est INFINIE, sublime, généreuse, gratuite, droite, vertueuse, comparable aux souffrances humaines mais supérieure en raison de Son innocence. DIEU n'est pas mort pour rien, la grandeur de son sacrifice était à la hauteur de la Rédemption du genre humain. On est loin des effets d'hémoglobine, des calomnies , des prétendues allusions antisémites, bassement terrestres. Enfin je suis inquiet pour nous, car si nos chefs spirituels sont si aveugles, je ne vois pas comment ils vous nous défendre contre la persécution des idées puis des personnes chrétiennes. Elle arrive à grands pas.JOEL

 

"La Passion sans passion..."  

 

"Juste une petite réponse à toutes celles et ceux qui critiquent très fort le film de Gibson que je n'ai pas vu d'ailleurs. Le film est censé représenter la passion du Christ ; ce film ne peut-être que violent ; désolé pour les âmes sensibles mais je crois que Jésus à vraiment souffert... Il est venu en sacrifice s'offrir pour nous. Le film est certainement très violent mais il est aussi là pour nous rappeler à tous que Jésus à souffert pour nous ! Toutes choses égales par ailleurs, il s'agit de la vision de la Passion du Christ de Mel Gibson. Je crois que ce film est pour nous l'occasion de parler de Jésus autour de nous et ça c'est une bonne chose car ce n'est pas le cas tous les jours."  FRED

 

"Quand j'ai décidé de voir ce film de la Passion, j'allais faire une rencontre avec Jésus. Elle m'a révélé jusqu'où j'ai été aimé par Jésus et quel prix j'avais à ses yeux. Chacun et chacune peut très bien en faire autant et fera la même découverte s'il a la foi en Dieu. La création est une oeuvre d'amour et je suis partie prenante de cette création. Réaction : Si j'ai tant de prix aux yeux de Dieu, n'est-il pas normal qu'il en ait autant de ma part ? L'homme moderne a perdu le sens de Dieu et croit pouvoir s'en passer. Erreur monstrueuse ! Il suffit de jeter un regard sur le désarroi de l'humanité pour s'en convaincre. La foi est don de Dieu et seule la prière humble et sincère peut l'obtenir. Voilà !"  JEAN

 

"Allez voir ce film et jugez par vous-mêmes !"

 

"J'irai sans doute voir le film, bien que peu attiré par les débauches de violence. Mais dans quelle hypocrisie vivons nous avec les médias, les jeux vidéo sont des étalages de meurtres qui tout virtuels qu'ils soient n'en sont pas moins des meurtres en série. Des jérémiades s'épanchent dans les médias sur les images du meurtre de trois américains à Bagdad. Il ne faudrait pas montrer parait-il. De même il ne faut montrer que très discrètement les reportages sur le Rwanda où la France, tous présidents confondus, porte une bonne part de responsabilités. Et alors l'homme a-t-il changé depuis deux mille ans ? Pas le moins du monde et le dernier siècle en est une belle démonstration. Est-ce en cachant pudiquement la violence, la vraie, celle de la vie de notre monde, qu'on la maîtrisera ?"  UN LECTEUR

 

"Je suis Franciscain et je vis à Rome. En deux sessions spéciales, plus d'une centaine de Franciscains ont pu voir le film. Des Frères de tous âges, jeunes et moins jeunes, des étudiants de nombreux pays différents, des théologiens, les responsables de l'Ordre des Frères Mineurs (Franciscains) et je peux vous dire que l'impression générale a été plus que favorable. Nous y avons retrouvé de nombreuses réminiscences franciscaines, à commencer par le thème de la suite du Christ pauvre et crucifié qui a marqué toute la vie de François d'Assise, le partage de l'abîme de la souffrance humaine jusqu'à la mort. Et en même temps une infinie tendresse et la figure admirable de la Mère du Christ, de la Stabat Mater. Je sais que la spiritualité de François d'Assise, celle du Chemin de croix, Chemin de vie vers la Résurrection est peut-être un peu dépassée aujourd'hui. Mais ce que nos frères franciscains vivent actuellement dans les lieux de fracture sociale de notre monde, en Terre sainte, pays de Jésus, par exemple, font penser que la Passion de Gibson est un grand cri de foi et d'espoir des hommes et des femmes d'aujourd'hui, un cri partagé par les incroyants, les chercheurs de Dieu et les croyants d'aujourd'hui."  UN LECTEUR

 

"Tout au long de l'histoire chrétienne on a encouragé les fidèles à méditer la passion du Christ. La spiritualité de tous les grands saints - les noms de saint François, saint Dominique, sainte Catherine de Sienne, viennent immédiatement à l'esprit - a été marquée par une dévotion à la passion du Christ. Pourquoi ? Parce qu'on a reconnu qu'il n'y avait aucun chemin plus sûr pour faire apparaître dans le cœur de l'homme l'amour qui commence à répondre de manière adéquate à l'amour de Dieu qui a donné son Fils pour nous. Je crois que c'est ce genre d'amour que le film de Mel Gibson fera naître dans les cœurs. Il faudrait avoir un cœur de pierre pour ne pas se laisser émouvoir par ce film extraordinaire et par la profondeur inouïe d'amour de Dieu qu'il tente de transmettre à travers l'écran."  AUGUSTINE DI NOIA, prêtre dominicain actuellement sous-secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi dont le préfet est le cardinal Joseph Ratzinger

 
"J'ai été bouleversée par ce magnifique film et fort heureusement, j'y suis allée sans a priori négatif. Je suis triste de voir les autorités religieuses de France cracher sur ce chef-d'oeuvre qui ne peut qu'inspirer foi et amour. Je crois que l'attitude de chacun face à ce film est très révélatrice de son rapport à Jésus comme l'a écrit quelqu'un sur un autre forum. J'ai envoyé un mot à deux de mes amies franciscaines pour qu'elles aillent le voir. J'ai peur qu'elles en aient été dissuadées mais grâce à votre article en provenance du Vatican, que je vais imprimer lundi, elles vont peut-être y aller. Vous avez des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, alors, jugez par vous-même et ne vous laissez pas voler votre liberté."  UNE LECTRICE
 

"La Passion de Mel Gibson !"

 

"Chers amis, c’est sans aucun esprit de polémique que je vous écris ce petit mot. Dans la lettre du Dimanche des Rameaux de ma paroisse, ce qui est exceptionnel, j'ai trouvé la déclaration de la "Commission doctrinale de la conférence des Evêques de France" dont le titre est clair : "L’Episcopat dénonce les erreurs théologiques du film" et que vous avez jugé bon de publier ! Hier lundi, prenant mon courage à deux mains, j’ai voulu voir ce film. J’ai trouvé ce film extraordinaire ainsi que les personnes de ma paroisse qui, incités à le voir par leurs grands enfants, ont assisté à la même séance que moi. Il est effectivement très dur ! Très dur pour nous et nos péchés ! Ce film est une sublimation de l’Amour donné pour le rachat de nos fautes et ne peut engendrer, pour les Chrétiens, que regret de leurs fautes et amour pour Notre Seigneur Jésus Christ et certainement pas de haine pour ceux qui ne savent pas ce qu’ils font. J’ai été aussi émerveillé par le courage et la place des femmes dans ce film, qui seules avec Saint Jean, sont restées fidèles jusqu’au bout. Quel bel exemple ! Qui disait que l’Eglise était machiste ?


Je suis donc triste des critiques que j’ai pu lire dans de nombreuses revues, de la Commission doctrinale... et bien entendu de votre journal ! Ce film était et est une magnifique occasion de célébrer, avec nos autres frères Chrétiens, notre vénération pour la Croix qui nous sauve. Croix mystérieuse, toujours objet de scandale, dont tous les Chrétiens ont fait leur symbole. Je crois que le rôle de journaliste Catholique aurait été de donner, au moins à part égale (!) la parole à ceux qui sont favorables à ce film... Notre Saint Père le Pape n'a-t-il pas reçu et béni l'acteur Jim Caviezel ; de nombreux évêques de par le monde n'ont ils pas poussé les chrétiens à voir et méditer ce film ? De nombreux prêtres n'ont ils pas, même en France, organisé des séances pour leurs paroissiens. Les acteurs n'ont-ils pas fait des déclarations extraordinaires qu'ils soient ch
rétiens, juifs ou musulmans ? Votre journal ne donne-t-il pas grossièrement dans le religieusement correct en participant à ce lynchage médiatique ? En vous assurant, plus que jamais, de ma fidélité à notre mère la Sainte Eglise, je vous prie de croire, chers amis, à l’assurance de mes meilleurs sentiments attristés." DANIEL SALEFRAN

 

"Mon avis"

 

"Je ne suis pas croyante. J'ai vu le film la Passion. Bien sûr il est violent. Une chose m'a quand même touchée : c'est l'humanité de Jésus-Christ, quelque chose que je n'avais jamais eu l'occasion de sentir auparavant. Voila. Juste mon petit avis."  UNE LECTRICE

 

"La Passion du Christ : un film extraordinaire"    

 

"L'Eglise post-conciliaire nous a peut-être montré le Christ ressuscité glorieux et immortel. Les crucifix ont cessé de montrer la douleur pour montrer la lumière. Le blanc ou le violet ont remplacé le noir comme couleur des ornements sacerdotaux... Et pourtant, le Fils de l'Homme, entièrement Dieu, mais ausi entièrement homme a souffert, plus que tout autre supplicié : par sa préscience divine, il savait ce qui l'attendait et comme homme, il a tout accepté et souffert depuis le Jardin des Oliviers. Du : "Père, éloigne de moi ce calice de sang" jusqu'à "Père je remets mon âme entre tes mains", il a souffert pour nous et la multitude une souffrance atroce. Si Mel Gibson a exagéré sur les effets, il a raison sur le fonds : la douleur était à la mesure du sacrifice."  UN LECTEUR

 

"Où sont les cathos ?"    

 

"Hommes d'Eglise, théologiens chrétiens et juifs, journalistes sont très critiques à l'égard de "La Passion" de Mel Gibson. Ils ont réussi à dissuader les cathos d'aller voir ce film extraordinaire, tandis que les salles sont pleines de jeunes (dont une bonne partie de musulmans) qui à la fin se taisent ou qui applaudissent. Ils auraient mieux fait d'essayer de comprendre et d'accompagner cet événement qui a quand même un rapport avec l'Evangile. Question : "Les hommes d'Eglise" croient-ils encore que Jésus a existé et qu'il a souffert sous Ponce-Pilate ? Et que la Croix a sauvé le monde ?"  ALBAN

 

"Les "cathos" dont je suis sont là et bien là. Il faut que l'on parle de ce film autour de nous. Non pas pour faire la pub de M.Gibson, mais pour transmettre ce message que le Christ est mort sur la Croix pour racheter tous nos péchés, passés, présents et à venir et pour montrer par sa souffrance infinie (et c'est le message que j'ai surtout reçu de ce film) n'a d'égal que l'amour infini qu'il nous donne."  VINCENT

 

"Bonjour, ce n'est qu'en France que les évêques se sont ligués contre le film, non ? Je sais qu'aux Etats-Unis, il y a des paroisses qui ont loué des salles entières de cinéma pour la semaine sainte... N'oublions pas la prophétie de 1936, de Marthe Robin, mystique qui est restée malade des dizaines d'années au lit sans manger sauf la Sainte Communion, et dont le processus de demande de béatification se poursuit : "La France tombera très bas, plus bas que les autres nations, à cause de son orgueil (...) Il n’y aura plus rien. Mais dans sa détresse, elle se souviendra de Dieu et criera vers lui, et c’est la Sainte Vierge qui viendra la sauver. La France retrouvera alors sa vocation de Fille Aînée de l’Eglise, elle sera le lieu de la plus grande effusion de l’Esprit Saint et elle enverra à nouveau des missionnaires dans le monde entier." Voyez comme ça s'accomplit. Spirituellement la France est très très basse. Encore on voit cela quand les évêques de France (pas des autres pays !) condamnent le film La Passion du Christ. Que le Seigneur touche leurs coeurs endurcis..." CHRISTELLE

 

"La Passion du Christ"    

 

"Un très beau film de foi et d’amour, qui peut réévangéliser nos pays. Nous étions une dizaine d’amis, dont une toute jeune fille, mercredi 31 mars, à voir la Passion du Christ, à Poitiers. Ce film nous a tous profondément touchés. Nous tenons à dire pourquoi nous avons été si bouleversés par ce film sur les douze dernières heures du Christ. D'abord, c'est un film de foi, fidèle aux Evangiles. Ce film arrive à rendre compte du message d'Amour du Christ. Dès le début du film, Jésus est filmé de dos. La nuit est déjà tombée. Jésus connaît une angoisse terrible - il sait ce qui l'attend - Satan est là, pour l'empêcher d'accepter cette souffrance. Mais il remporte dès le début cette double victoire : contre le Tentateur, et contre sa propre angoisse humaine. Il accepte son sort en se tournant vers son Père du Ciel : "Père je suis prêt". Aucune ambiguïté donc dès le départ. Jésus a pris la décision de nous sauver en accomplissant la volonté de son Père. L’atmosphère est bien lourde, mais cette tension révèle un mystère qui nous dépasse, où le Bien et le Mal s’affrontent. L’image de Satan, mi-homme, mi-femme, personnage ambigu et présent tout au long du film, illustre avec justesse la Tentation à laquelle est soumis Jésus, celle d’abandonner son fardeau, donc d’éviter la souffrance et la mort qui l’attendent. Jésus n’a pas été épargné, et le démon l’a torturé moralement. A une époque où Satan et le péché sont presque totalement éclipsés, il est salutaire de voir de nouveau une représentation très personnifiée du Mal. Mais le message final qui demeure, c’est celui de Jésus, qui assume jusqu’au bout la souffrance pour la rémission de nos péchés, et qui ressuscite ensuite. La dernière image est celle de la Résurrection. La main trouée de Jésus rappelle sa Crucifixion. Mais le visage est apaisé et Jésus, tout entier lumineux, marche vers la Lumière, hors du Tombeau. Cette image, à nos yeux, ouvre ce film sur l’Espérance. Que peut-elle dire d’autre avec cette symbolique si claire ?


Il faut aussi évoquer le guide catéchétique et très clair édité par Pierre Téqui : "100 questions sur "La Passion du Christ", le film de Mel Gibson", remarquable, qui permet d’éclaircir toutes les questions que l’on peut se poser sur ce film : les figures évoquées, les flashes back, l’évocation de la dernière Cène à la fin du film, etc. Ensuite, le film "La Passion du Christ" ne propose pas une vision complaisante de la souffrance. Rien à voir avec certains films qui mettent en scène une violence totalement gratuite. Si ces souffrances sont effectivement évoquées avec réalisme, il n’est pas vrai que le spectateur ne puisse pas lui-même méditer sur ces souffrances, au cours de ce film. Des personnages dans la foule retiennent notre attention, celui de Marie en particulier, si humaine et en même temps si partie prenante à la souffrance de son fils. Elle invite non point à la révolte, mais au pardon. Elle souffre dans sa chair et dans son âme mais accepte jusqu’au bout le calvaire de son Fils. Des flashes-back sur l’enfance de Jésus, et sa vie avec Marie, nous aident aussi à méditer sur l’amour qu’une mère peut porter à son fils. Enfin et surtout, les rappels du ministère de Jésus, en particulier celui de la dernière Cène, permet de situer ces souffrances de la Passion dans une dimension ecclésiale. Jésus a souffert et a versé son sang pour expier les péchés des hommes. Dans chaque Eucharistie, ce sacrifice est rendu présent. Le lien est là aussi établi sans ambiguïté aucune. Pour nous, ce film peut être un signe d’un renouveau de foi dans notre Europe déchristianisée, en particulier en France. Il nous apparaît faire partie de ce que le Saint Père appelle le "printemps de l’Eglise", ou nouvelle évangélisation. 


En outre, il se trouve que les jeunes perçoivent bien ce film, et qu’il peut même contribuer à leur cheminement de foi, et pour certains, à connaître mieux Jésus. Nous avons des témoignages qui vont dans ce sens, et ces jeunes de 17 et 18 ans ont au moins la qualité de la sincérité, s’ils n’ont pas celui, hélas, de la culture religieuse. Si ce film "La Passion du Christ" peut évangéliser - ce qu’il fait déjà - pourquoi alors continuer à le dénoncer dans l’Eglise de France et dans les médias, comme un film qui finalement ne rend pas compte du message d’Amour du Christ ? Je cite le communiqué du COPIC, consultable dans son entier sur le site de la Conférence des évêques de France : "Cette violence qui submerge le spectateur, finit par occulter le sens de la Passion et plus largement, l’essentiel de la personne et du message du Christ : l’amour porté à sa perfection dans le don de soi consenti". Ce que nous avons vu mercredi dernier est le contraire. Nous dirions même que ce film invite à la prière."  Des spectateurs poitevins  MONIQUE


"Avec le rosaire en main, j'ai vu le film"  MARIE ANGE

 

"Comment juger sur la rumeur ? Sans s'être fait, par soi-même une opinion ? Ce film que j'ai vu est une sublimation de l'Amour de Dieu, pour nous qui sommes pécheurs ! Il est vrai que la Croix et les souffrances du Christ sont toujours un mystère et un scandale pour le monde ! Je n'ai pas trouvé la moindre trace de haine et la seule violence est celle de la foule, toujours manipulée... Ce qui devrait nous donner à réfléchir sur le lynchage médiatique de ce film. Enfin, quand Mel Gibson a fait ce film, il n'a pas trouvé de producteurs... ni de distributeurs en France avant qu'un musulman ait ce courage. C'était donc pour lui un grand risque financier. Tant mieux si un bon film fait gagner de l'argent à son producteur, cela change de tous ceux qui en gagnent avec du sexe et de la violence vraie ! Je vous souhaite de voir ce film sans passion, il apaise beaucoup de ceux qui l'ont vu. Amicalement."  UN LECTEUR

 

 
Existe-t-il encore des descendants de la famille de Jésus au Liban-Sud ?
 
par YVES CARIOU, publié dans l'Orient-le Jour le 31 décembre 2003
 
L'auteur est ancien professeur de lettres, d’histoire et de religion dans plusieurs collèges du Liban et de Syrie, de 1950 à 1995

Il est difficile de répondre par un "oui" ou un "non" à une question si subtile et si intéressante aux cœurs des Libanais. D’avance je suis porté à répondre : "peut-être", ou par une autre question en marge du "oui" : "Et pourquoi pas ?..." Mais d’abord limitons les abords du sujet. Il ne s’agit pas du tout de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph. Prenons le sens du mot "famille" à la manière orientale, comprenant les oncles et les tantes, les cousins et les cousines, les ancêtres et les descendants, un peu comme on dit en France, "cousins à la mode de Bretagne"... Il faut remarquer aussi que les documents écrits ont été perdus ou détruits au hasard des guerres et des invasions dans cette région du Proche-Orient qui a vu tant de métissages des populations. J’en suis donc réduit à me baser sur les textes évangéliques, sur les traditions orales ou tirées du folklore, les vestiges archéologiques, et surtout sur la psychologie orientale qui accorde une si grande importance à la famille, comprise au sens large du terme.

I- Les textes évangéliques

a) Les frères de Jésus. Le sens du mot "frères" dans les Evangiles est élargi aux cousins, et les "sœurs" englobent aussi les cousines. La famille terrestre de Jésus était bien connue dans son village de Nazareth où les compatriotes "témoignent" de Jésus. "N’est-ce pas lui le fils du charpentier ? N’a-t-il pas pour mère la nommée Marie, et pour frères Jacques, Joseph, Simon et Jude ? Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes parmi nous ?... (Mt, XIII, 55 et 56). Saint Marc écrit aussi dans le même sens : "N’est-ce pas là le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Joset, de Jude et de Simon ?..." (Mc, VI, 3).
b) Les fils de Zébédée. Qui était Zébédée ?... Sans doute un proche parent de Jésus, car leur mère va lui demander cette chose étonnante pour un esprit occidental et "démocrate" : "Voici mes deux fils. Ordonne qu’ils siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche dans ton royaume." (Mt, XX, 21). La Tradition nous dit que les fils de Zébédée étaient saint Jean et saint Jacques (le majeur). Ce détail est important pour comprendre les rôles futurs de ces deux apôtres, "les préférés de Jésus", qui assistèrent avec saint Pierre à la Transfiguration sur le Mont Thabor. (Mt, XVII, 1 et 2).
c) Le disciple que Jésus aimait (Jn, XIX, 26). C’est ainsi que saint Jean se désigne lui-même. Voilà pourquoi il ne mentionne que dans son Evangile la demande "prétentieuse" de sa mère qui avait choqué les autres apôtres. Cependant, à la Cène du Jeudi-Saint et durant la Passion de Jésus, saint Jean est au premier plan, même avant saint Pierre. Au repas pascal, il était placé tout près de Jésus et pouvait lui demander à voix basse qui est-ce qui allait le trahir. (Jn, XII, 23)
Les références bibliques sont celles de La Bible de Jérusalem, éditions du Cerf, 29 Boulevard Latour-Maubourg - Paris.

d) Le premier miracle de Jésus (Jn, II, 1 à 2). Ce récit des noces de Cana est très révélateur pour la justification de ma thèse : l’importance du rôle familial au temps de Jésus et même encore aujourd’hui dans les rituels du mariage à la montagne libanaise auxquels j’ai participé. Relisons attentivement le texte de saint Jean, témoin évident du miracle de l’eau changée en vin par les détails très précis qu’il rapporte. "Il y eut des noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus y était, Jésus aussi fut invité à ces noces ainsi que ses disciples..." Ce verset me surprend aujourd’hui. D’abord, pourquoi saint Jean mentionne-t-il la Vierge Marie avant son fils Jésus ? Les traditions orientales, encore aujourd’hui, donnent le premier rôle aux hommes dans les cérémonies officielles. Alors, pourquoi saint Jean mentionne-t-il d’abord la Vierge Marie ?... D’après mon idée presque évidente ici, c’est parce que la Vierge Marie était une proche parente des jeunes mariés. Si on convient que Jésus avait dans les trente ans au début de sa vie publique, sa mère devait avoir autour des cinquante ans, l’âge des matrones familiales, et c’était elle probablement qui avait été chargée d’organiser le festin de la noce avec quelques autres femmes de son âge, selon la tradition encore vivante dans les montagnes du Liban. C’est elle la première qui s’aperçut que le vin allait manquer et qui pria son fils, d’une manière discrète, de faire quelque chose : "Ils n’ont plus de vin..." Et malgré la réponse évasive de Jésus, Marie s’adressa avec autorité, directement, aux serviteurs de la noce, sans passer par les parents des nouveaux mariés : "Tout ce qu’il vous dira, faites-le."
e) L’excursion dans les parages de Tyr et de Sidon (Mt, XV, 21 à 28) (et Mc, VII, 24 à 30). Voici encore de jolis extraits évangéliques qui semblent presque d’actualité avec les querelles libano-israéliennes, mais laissons cela aux médias, et posons-nous la question : "Pourquoi Jésus est-il venu en terre aujourd’hui libanaise, ou chananéenne ou syro-phénicienne dans les textes évangéliques ?" On peut simplement supposer que Jésus avait de la famille dans cette région.

II- Preuves archéologiques

Le village de Cana où Jésus fit son premier miracle était-il au Liban ?... Faisons remarquer que les frontières au temps de Jésus n’étaient pas exactement fixées comme aujourd’hui et délimitées par des observateurs onusiens. En réalité, il existe deux villages qui portent ce nom : l’un en territoire israélien, l’autre au Sud-Liban. Pour ma part, je suis presque persuadé que c’est le village libanais qui fut le véritable lieu du miracle.

III- Les traditions orales

Selon une tradition orale, au Liban-Sud certaines familles se disent encore descendantes de celle de Jésus et que les prénoms de Joachim (ou Youakim) et d’Anne (ou d’Anna), les parents charnels de la Vierge Marie, étaient encore très répandus dans la région. Nous ignorons si saint Joachim et sainte Anne avaient d’autres enfants que la Vierge Marie.

Conclusion
Oui, il est presque probable, mais ce n’est pas une vérité de foi, qu’il existe encore des descendants de la famille de Jésus au Liban-Sud, issus de la famille de Joachim et de sainte Anne, ou de celle de Zébédée, ou de Simon, de Joset et Jude cités par saint Marc (Mc, VI, 3) ou de personnages féminins non mentionnés dans nos Evangiles, étant donné qu’en Orient les descendants mâles sont privilégiés dans les écritures officielles de jadis.

 

 
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