L'Union
européenne,
antisémite ou
gaffeuse ?
L'eurobaromètre
consacré à
l'Irak, au
Moyen-Orient et
aux relations
internationales
fâche des pays
"amis".
La Commission
peine à se
justifier
par
MARTINE
DUBUISSON, publié
dans le Soir le
4 novembre 2003
Manipulation ?
Amateurisme ?
Gaffe ? La
Commission européenne
est prise d'une
brusque poussée
d'adrénaline.
Pour cause… d'eurobaromètre,
ces sondages réalisés
à la demande de
la Commission,
sur des thèmes
récurrents ou
occasionnels. Le
dernier, consacré
à la situation
en Irak et à
son impact sur
la paix dans le
monde (7.500
personnes
interrogées,
500 par pays),
fait grand
bruit. Jusqu'au
mont Sinaï…
Les
faits
Lundi
dernier, au
lendemain de la
Conférence des
donateurs de
Madrid pour la
reconstruction
de l'Irak, la
Commission
livrait les
premiers résultats
de ce
"Flash
eurobaromètre",
c'est-à-dire
son volet
irakien
("Le
Soir" du 28
octobre). Mais
en fin de
semaine, "El
País" révélait
que la
Commission
n'avait pas -
pour des raisons
politiques -
livré les résultats
consacrés au
Moyen-Orient…
et plutôt délicats
pour Israël et
les Etats-Unis.
Info démentie
par l'exécutif
européen, se
retranchant
derrière des
motifs
techniques :
ces chiffres n'étaient
pas complets. La
polémique a
rebondi hier,
avec la
publication de
l'intégralité
de l'eurobaromètre.
Même argument de
défense : On
a avancé
certains résultats
parce qu'il y
avait la Conférence
de Madrid. Mais
on publie évidemment
tous les résultats.
Les
chiffres
Pourquoi
cette agitation ?
Parce que la réponse
à l'une des
questions du
sondage ne fait
pas plaisir aux
"amis"…
Elle est ainsi
libellée :
Pour chacun
des pays
suivants,
dites-moi si,
selon vous, il
représente ou
non une menace
pour la paix
dans le monde ?
A cela, 59 %
des Européens
(63 % des
Belges) ont cité…
Israël, dès
lors classé en
tête des 15
Etats proposés.
Devant l'Iran,
la Corée du
Nord et… les
Etats-Unis,
obtenant tous
trois 53 %.
Soit plus que
l'Irak (52 %),
l'Afghanistan
(50 %), le
Pakistan (48 %),
la Syrie (37 %),
la Libye et
l'Arabie
saoudite (36 %),
la Chine (30 %)
et l'Inde (22 %).
Israël
et les USA, deux
alliés proches
dont se méfient
les Européens,
bien plus que "L"
'ennemi de la
guerre froide,
la Russie (21 %).
Quatorze ans après
la chute du
Mur… En queue
de peloton :
la Somalie (16 %)
et l'Union européenne
(8 %). A
relever :
des Quinze,
seuls les
Italiens ne
considèrent pas
majoritairement
Israël comme
une menace pour
la paix ;
et seuls les mêmes
Italiens et les
Allemands sont
une majorité à
ne pas considérer
les Etats-Unis
comme une
menace. Mais
quatre Etats
placent les USA
en tête (Grèce,
Espagne,
Finlande et Suède).
Même les
Britanniques
sont 55 %
à les juger
comme une menace
pour la paix
mondiale…
La
justification
Ou
la langue de
bois… Car la
Commission peine
à justifier, et
même commenter,
le sondage.
Assailli de
questions, le
porte-parole
Thomas refuse
toute lecture
politique de l'eurobaromètre :
La politique
de l'Union et
les sondages
sont deux choses
séparées. Les
sondages sont
publiés par la
Commission par
souci de
transparence.
Mais ce n'est
pas notre rôle
de les interpréter ;
et notre
politique n'est
pas déterminée
par eux. Il n'y
aura pas de réaction
politique. Le
porte-parole
ajoute
simplement que nos
partenaires
n'ont aucun
doute sur nos
intentions ;
qu'il existe un
climat de
confiance ;
et qu'il n'y a
pas eu de
plainte
officielle.
L'actuelle présidence
italienne de
l'Union, elle,
s'est déclarée
contrariée
et indignée
par le signal
faussé sorti du
sondage,
affirmant qu'il ne
reflète pas la
position de
l'Union.
La
crédibilité
Gerassimos
Thomas nous
explique encore
que ces sondages
sont confiés à
des
sous-traitants
(un par pays) et
que,
contrairement
aux eurobaromètres
classiques
(approuvés
politiquement
par la hiérarchie),
les "flashs"
sur des sujets
d'actualité
sont simplement
élaborés par une
équipe ad hoc,
de la DG Presse
et de la société
de sondage
Gallup.
Il n'y a donc
pas eu de
consultation
d'autres DG, ni
d'approbation
politique. La
DG Relations extérieures
n'aurait donc
pas été associée
à l'élaboration
des questions.
Ni à la liste
des 15 pays
proposés -
apparemment
retenus, sauf
l'Europe, pour
leur présence
sur des listes
noires (danger
terroriste ;
plaque tournante
d'armements ;
prolifération
nucléaire…). D'autres
choix auraient
pu être faits.
Cette fois-ci,
on a fait
celui-là,
laisse-t-on
entendre. Précisant
que les
Palestiniens
n'ont pas été
repris sur la
liste parce
qu'ils ne
forment pas un
pays…
Tout
cela ne convainc
guère un haut
gradé de la
Commission :
Je ne peux pas
croire que la DG
Relation extérieures
n'ait pas été
associée ou n'était
pas au courant,
car le sondage
ne concerne que
des questions
extérieures.
L'important est
de savoir qui et
dans quel but
l'a commandité.
La Commission a
marqué contre
son camp :
on ne peut prétendre
jouer un rôle
au Moyen-Orient
et sortir ce
genre de
sondage. Le
problème,
politiquement,
est d'avoir mis
sur le même
pied Israël et
les Etats-Unis,
et des pays
comme l'Iran ou
la Corée du
Nord. L'Europe a
raté une
occasion de se
taire…
Sondage
: "Israël,
une menace pour
la paix
mondiale"
par
HODA
SALIBY-YEHIA,
publié dans
Courrier
International le
4 novembre 2003
Un
sondage réalisé
auprès des
Européens place
Israël et les
Etats-Unis en tête
des pays qui
constituent une
menace pour la
paix dans le
monde. Résultat
: Israël est
profondément
indigné et l’Union
européenne
embarrassée.
“Pire
que la Corée du
Nord ?” Le
Jerusalem Post
est outré. Un
sondage intitulé
“L’Irak et
la paix dans le
monde”,
commandé par la
Commission européenne
dans le cadre de
l’eurobaromètre
et réalisé à
la mi-octobre
dans les quinze
Etats membres de
l’Union européenne,
sur un échantillon
de 7 515
personnes, révèle
qu’Israël est
considéré par
59 % des Européens
comme “une
menace pour la
paix dans le
monde”. Le
sondage, effectué
par la société
EOS Gallup
Europe, avait été
partiellement
diffusé la
semaine dernière
avant d’être
officiellement
publié lundi 3
novembre. Derrière
Israël, trois
pays - l’Iran,
la Corée du
Nord et les
Etats-Unis -
occupent la
deuxième place
à égalité et
sont jugés
dangereux par 53
% des personnes
interrogées. Le
protocole des
sondeurs
consistait à présenter
une liste de 15
pays, parmi
lesquels, outre
les nations déjà
nommées,
figuraient aussi
la Libye, la
Chine, l’Inde,
la Russie, l’Union
européenne, la
Somalie, le
Pakistan, la
Syrie, l’Arabie
Saoudite, l’Afghanistan
et l’Irak. Les
sondés devaient
alors indiquer
par oui ou par
non si ces pays
représentaient
un danger pour
la paix.
Etre
associé aux
Etats-Unis
n’est pas pour
déplaire au Jerusalem
Post : “Le
fait que tant
d’Européens
perçoivent Israël
et les
Etats-Unis comme
une menace pour
la paix
mondiale,
comparable à
l’Iran et à
la Corée du
Nord, témoigne
d’un malaise
intellectuel et
idéologique
profond.” En
revanche, le Post
a du mal à
accepter d’être
jugé pire que
la Corée du
Nord, “un régime
qui développe
des armes nucléaires
[ce qu’Israël
fait également],
en violation de
plusieurs
accords, et qui
entend les
vendre au plus
offrant. Il
menace son
voisin du Sud
d’une guerre
d’extermination.
Il s’adonne au
trafic de drogue
et à la
contrebande pour
remplir ses
caisses. Mais ce
régime, au
moins, n’est
pas aussi
mauvais
qu’Israël.
Que faire de ce
genre de données
?”
Pour
le Post,
la première
explication de
ces résultats
est simple :
derrière le
discours
politique qui se
veut critique,
“il n’y a
rien d’autre
que du pur antisémitisme”.
Autre
constatation :
“Au-delà de
la haine, ces résultats
révèlent
l’incohérence
des Européens
qui classent pêle-mêle
au top des pays
menaçants deux
vétérans de la
démocratie
[Israël et les
Etats-Unis] aux
côtés de deux
dictatures
corrompues [Iran
et Corée du
Nord], immédiatement
suivis par deux
Etats
ex-terroristes
[Afghanistan et
Irak] qui
commencent à
peine à goûter
à la liberté.”
Ce sondage a néanmoins
un avantage : il
confirme
“l’instinct
de chaque Israélien”
qui consiste à
vouloir garder
les Européens
aussi loin que
possible de
toute influence
diplomatique. Et
pour finir, le Post
envoie un
message à l’Europe
: “Diaboliser
une démocratie
qui est attaquée
ferme la porte
à toute
relation
amicale.”
Visiblement
embarrassé par
les résultats
de ce sondage,
Bruxelles, suivi
en cela par la
présidence
italienne de
l’Union européenne,
a tenté d’en
minimiser la
portée en
affirmant que
les sondés
avaient été
induits en
erreur par la
formulation de
la question et
que les réponses
recueillies ne
changent rien à
la politique
européenne au
Proche-Orient,
relate pour sa
part Yediot
Aharonot dans sa
version arabe en
ligne. Le
quotidien israélien
poursuit en
soulignant la réaction
d’Israël qui,
par la voix de
son ministre des
Affaires étrangères,
Silvan Shalom, a
déclaré que
“ce sondage dénature
la réalité de
manière
irresponsable”.
Il a également
fait part à son
homologue
italien, Franco
Frattini, de
“sa profonde déception
devant le fait
que l’Union
européenne
ignore ce
qu’endurent
des Israéliens
qui subissent
les pires méfaits
du
terrorisme”. Côté
européen,
Frattini “a
approuvé les
propos du chef
de la diplomatie
israélienne”
et a exprimé au
nom de la présidence
italienne, “la
surprise et la
contrariété
pour le signal
faussé qui sort
du sondage
d’opinion
commandé par la
Commission européenne.
L’UE est
d’autant plus
contrariée
qu’elle est
parfaitement
consciente que
la population
israélienne est
durement frappée
par le
terrorisme.”
Ha’Aretz
remarque pour sa
part que l’UE
a inscrit le
Hamas sur la
liste des
organisations
terroristes avec
l’accord de
tous les Etats
membres. Elle a
également adopté
des positions
plus “équilibrées”
à l’égard
d’Israël lors
des deux
derniers
sommets, européen
et onusien.
“Mais l’Europe
est toujours
maintenue en
marge du
processus
politique qui
s’empêtre.”
D’ailleurs, le
représentant de
l’UE spécialement
dédié au
processus de
paix au
Moyen-Orient, le
Belge Marc Otte,
“est boycotté
par les
responsables
israéliens
depuis qu’il a
rendu visite, début
octobre, au président
de l’Autorité
palestinienne
Yasser
Arafat”. Et,
au regard des résultats
du sondage,
“le dialogue
et la coopération
entre l’Europe
et Israël ont
à l’évidence
besoin d’être
approfondis”,
poursuit le
quotidien israélien
en citant Marc
Otte. Ce dernier
a également
confié “la gêne”
des responsables
européens
devant ce
sondage et a
insisté sur le
caractère indépendant
de l’organisme
qui s’en est
chargé : “Il
n’y a aucune
intention
tendancieuse
derrière ce
sondage, il
n’y a aucune
pensée cachée.”
Néanmoins,
la Commission
qui “refuse
toute lecture
politique de
l’eurobaromètre
peine à
justifier et même
à commenter le
sondage”,
souligne le
quotidien belge
Le Soir, qui
interroge :
“L’Union,
antisémite ou
gaffeuse ?”
Dans les pages
du Soir,
un haut gradé
de la Commission
fait également
part de son
scepticisme :
“La Commission
a marqué contre
son camp : on ne
peut prétendre
jouer un rôle
au Moyen-Orient
et sortir ce
genre de
sondage.
Politiquement,
le problème est
d’avoir mis
sur le même
pied Israël et
les Etats-Unis,
et des pays
comme l’Iran
ou la Corée du
Nord. L’Europe
a raté une
occasion de se
taire…”
European
leaders don't
view Israel as a
threat
par
ADAR PRIMOR,
publié dans
Haaretz le 4
novembre 2003
If
you behave
nicely, we will
let you have a
greater
peacemaking role.
Roughly speaking,
that is the
message that the
Sharon
government has
sent to the
European Union
since the start
of its current
term. Foreign
Minister Silvan
Shalom took a
big step when he
began a
friendship
campaign in
Europe promising
it "quality
relations"
- a new era in
which the
statement "Israel
can manage
without Europe,
while Europe can
ignore Israel"
will no longer
exist. But today,
about eight
months after
those same
promises of a
new political
springtime, the
heads of the EU
feel frustrated,
not to say
deceived, and
their sobering
is accompanied
by nervous
signals.
The
Europeans feel
that for their
part, they
supplied the
merchandise in
full: They
signed
previously
delayed R&D
and agricultural
agreements with
Israel, passed a
proposal to
upgrade
relations in the
framework of
"Wider
Europe,"
agreed to
develop the
strategic
dialogue, placed
the political
wing of Hamas on
the list of
terrorist
organizations,
and took what
Israel considers
more "balanced"
positions both
at EU summits
and at the UN.
However,
at the same
time, Europe's
position has not
changed when it
comes to its
remaining
outside the
mired political
process. All it
can do is eat
its heart out as
it watches how
the separation
fence is being
built along a
controversial
route, how
settlement
expansion
continues while
Palestinian
citizens are
being hurt in
aerial attacks,
and perhaps,
worst of all,
how the central
channel by which
the EU was able
to express its
growing
frustration with
the situation
has been
neutralized:
Since meeting
with Palestinian
Authority
Chairman Yasser
Arafat in early
October, the new
EU Special
Representative
(EUSR) for the
Middle East
Peace Process,
Marc Otte of
Belgium, has
been boycotted
by Israeli
decision-makers.
Even
before his
meeting with
Arafat, the only
officials to
have met Otte
here were the
director-general
of the Foreign
Ministry, Yoav
Biran, and the
chief of staff
of the Prime
Minister's
Office, Dov
Weisglass. Since
then, Otte
cannot even see
them any longer
except "through
binoculars,"
as a Foreign
Ministry source
put it. From
this interview
with Haaretz -
the first
comprehensive
interview he has
given since
taking the post
in July - one
gets the
impression that
in light of
"Israel's
unacceptable
policy," as
Otte puts it,
his fuse is
growing shorter:
"The EU can
no longer
refrain from
responding to
Israel's
[boycott] policy.
After all, it is
opposed to the
stated goals of
Foreign Minister
[Silvan] Shalom
and even of
Prime Minister
[Ariel] Sharon,
and is causing
profound anger
in European
capitals.
Countries whose
interests aren't
taken into
account tend to
take steps in
order to
influence the
countries that
work against
them. Don't
expect countries
with a serious
foreign policy
not to take
steps in
response to the
obstacles [that
are being placed
in their way]."
Otte's outspoken
words are
consistent with
a series of
reports and
signals that
recently have
been sent from
Europe to
Jerusalem.
Israel's
ambassador to
France, Nissim
Zvili, was
called in to
France's foreign
ministry in
Paris where he
was told that if
Israel continues
its boycott
policy, there
will be
consequences.
The possibility
of a
counter-boycott,
even if it was
not specifically
mentioned,
hovered in the
air.
During his visit
to Germany about
two weeks ago,
Shalom held
harsh talks with
his German
colleague,
Joschka Fischer,
and Chancellor
Gerhard
Schroeder. Both
German officials
discussed
Israel's damaged
image in Europe
and Germany's
growing
difficulty in
defending Israel
in European
forums. Signs of
impatience are
being heard from
offices of
European
Commission
President,
Romano Prodi,
commissioner for
external
relations, Chris
Patten, and high
representative
for common
foreign and
security policy,
Javier Solana.
According to a
report in the
Spanish
newspaper El
Pais, which is
based on
information from
Solana's office,
the EU is
considering
taking steps
against Israel.
Israel
is shooting
itself in the
foot
Otte admits that
these steps
could include a
counter-boycott
of Israeli
delegates - for
example,
Israel's
ambassador to
the EU. "Even
such a step
isn't out of the
question,"
he says. "It's
hard for us to
understand how
Israel talks on
the one hand
about strategic
partnership with
Europe, and on
the other hand
ignores
it." He
says that in
Europe, people
wonder whether
Israel's policy
is not actually
designed to
neutralize the
Quartet. "The
three delegates
who met with
Arafat (representatives
of the EU,
Russia, and the
UN, A.P.) are
being boycotted
by Israel. Maybe
that's its way
of leaving only
one mediator in
the region - the
United
States."
However, Otte
believes that
when Israel
slights him, it
is shooting
itself in the
foot. "My
job is to convey
the position of
the parties to
the conflict to
European
decision-makers,"
he says.
"If the
Israeli side
doesn't
cooperate with
me, it makes my
mission more
difficult. How
can I present
the Israeli
position on the
fence, the
settlements, or
other
controversial
subjects under
present
conditions? We
want to be
balanced, and
Israel is making
that difficult
for us."
Otte, 56, served
as Belgium's
ambassador to
Israel from 1992
to 1996. Upon
returning to
Brussels in
1997, he was
appointed
director for
security policy
and disarmament
in Belgium's
foreign ministry.
Two years later,
he was appointed
as Solana's
adviser on
defense and
security policy.
In Jerusalem, he
is remembered as
a positive,
rational,
professional
ambassador with
an open mind.
The assessment
is that, unlike
his predecessor,
Spain's Miguel
Moratinos who
was considered
emotional and
tempestuous, the
introverted Otte
will not make
waves here. He
is familiar with
Israel and its
leading figures,
and testifies
that he plans to
work with full
transparency
with all
parties.
Unlike Moratinos
- whose
relations with
Solana were
characterized by
ups and downs
and ego games -
Otte is
considered very
close to Solana
and the top
echelons in
Brussels.
Despite this,
Israel, in the
short term, does
not intend to
make an
exception of
Otte when it
comes to
boycotting those
who visit
Arafat.
The EU, for its
part, is not
planning to
capitulate and
change its
policy regarding
Arafat. Most
European
countries
consider Arafat
a negative
factor, but they
believe that for
that very reason
he should not be
boycotted, but
rather "neutralized
with an embrace."
The Europeans
believe that
this policy is
what led Arafat
to appoint
Mahmoud Abbas (Abu
Mazen) as prime
minister. When
Otte was asked
about the fact
that even Ahmed
Qureia (Abu Ala),
Abbas'
replacement,
does not want
to, or cannot,
sever himself
from Arafat, he
replies: "Is
that what's
important? If we
are serious
about
establishing a
democratic
Palestinian
state based on
law, we must
honor the
Palestinians'
choice. It isn't
our job to
choose their
prime minister,
just as it isn't
our job to
choose the prime
minister of
Israel or
Jordan. We don't
define our
policy in
relation to
specific
personages, but
rather in
relation to the
behavior of the
government
elected by its
people."
Otte does not
hide his
differences of
opinion with the
Israeli
government
concerning the
Geneva Accords.
He considers
them a document
that not only is
positive in
itself, but also
is an operative
initiative that
can grease the
wheels of the
negotiations and
force the
official bodies
to go into
action. "In
the present
situation of
lack of movement
on the level of
the official
leadership, it's
good that
Israelis and
Palestinians are
proving that
they can sit
together and
discuss the
future of their
relations,"
he says.
"In any
conflict that
looks extreme
and insoluble,
the long-term
solutions have
been found as a
result of
private
initiatives. The
Oslo process
began as a
private
initiative, and
in other areas
of conflict, in
Northern Ireland
or in Africa,
people of
goodwill were
needed, too."
When asked
whether the EU
will support the
Geneva Accords,
Otte pulls out a
diplomatic
formulation that
can satisfy
everyone - or
perhaps just the
opposite. "There
is no reason why
we should reject
an initiative
that is designed
to get us out of
the dead
end," he
says, hastening
to add that,
"It isn't
the job of
official Europe
to support such
initiatives
formally."
Despite his
words about the
"dead end
situation,"
he claims that
this does not
imply
recognition of
the demise of
the road map.
"The road
map isn't being
implemented by
either of the
parties. That's
clear. The
reason for that
is terrorism on
the Palestinian
side, the
continued
expansion of the
settlements, and
the building of
the fence on the
Israeli side -
and all this
during a period
that was
supposed to be a
confidence-building
period. Despite
that, we are
still committed
to the map,
which we
consider a
correct
formula."
Otte agrees to
adopt Israel's
definition of
"fence"
(barriere in
French rather
than "wall,"
or mur, the term
used in the
European media)
when talking
about the
separation fence.
He points out
that despite the
fact that the
connection
between walls
and peace does
not exactly
conform to the
lessons learned
in Europe, one
can understand
Israel's
decision to
protect its
citizens against
terrorism by
this means. The
problem, in his
opinion, is not
the fence but
its route.
"If this
route causes the
confiscation of
Palestinian
lands and causes
economic
difficulties for
them, instead of
contributing to
Israel's
security, the
fence will
create new
frustrations and
arouse pposition.
It certainly
won't promote
the two-state
vision."
Do you accept
the argument
that building
the fence is
meant to allow
for the
expansion of the
settlements,
thus preventing
the
establishment of
the Palestinian
state?
"Everything
is
possible,"
Otte says.
"After all,
one can't accuse
Sharon of not
sticking to
goals. However,
if Sharon says
that he intends
to implement [U.S.
President George
W.] Bush's
vision, there is
no reason not to
believe his
sincerity. In
any case, we
don't judge
people but the
actions of
governments and
the keeping of
promises."
A
less blameworthy
attack
When asked
whether the
attack on the
Gaza Strip army
base at Netzarim
two weeks ago
should be
considered a
terrorist attack,
as Israel
defines it, or
an act of
resistance by an
occupied nation,
as it is seen in
Europe, Otte
replies: "There
is a difference
between an
attack on an
army, which is
seen as an
occupation army,
and the massacre
of innocent
civilians in a
restaurant."
He says that the
Netzarim attack
may be
considered by
some "as a
less blameworthy
action."
Nevertheless, he
adds
that "even
the killing of
three Israeli
soldiers who are
guarding a
settlement is
not a
solution."
As someone who
has specialized
in crisis
management and
peacekeeping
missions, Otte
believes that in
the long run,
the deployment
of an
international
intervention
force is
realistic.
"There are
two
possibilities -
the deployment
of such a force
with the
agreement of the
two parties, or
a solution
imposed by the
international
community, as in
Kosovo, for
example."
Regarding the
latter, Otte
suggests paying
attention to
Russia's
proposal that
the UN Security
Council adopt
the road map.
"This
initiative
proves that the
international
community is
impatient now,
and therefore,
it is possible
that the Russian
proposal has a
future," he
says.
Nevertheless,
while 81 percent
of those polled
in a European
Commission
survey published
yesterday said
that Europe
should fulfill a
more important
role in the
Middle East,
Otte totally
rejects
exclusive EU
military
intervention in
the region.
"Military
intervention in
the region is
possible only
with the United
States. That's
what Israel will
demand, that is
apparently what
the Arab
countries will
demand, and that
is what we will
demand if the
question of our
intervention
comes up."
Otte admits that
Europe's image
in Israel
disturbs him. He
hopes to improve
this image and
change the way
the two sides
behave toward
each other. The
key words that
he uses in this
context are
dialogue,
persuasion and
listening to one
another. "My
role is to
mediate and to
help the
Europeans to
understand the
Israelis, to
explain their
fears and their
hopes. On the
other hand, I am
obliged to
explain to the
Israelis the
essence of the
EU project,
which is in
essence a peace
project."
The envoy hopes
"to get
things moving
here a little,"
but apparently
understands that
bridging the
profound lack of
understanding
between the two
sides is an
almost
impossible
mission. "I
have no
illusions,"
Otte says.
"I began my
job during an
especially
gloomy period,
and in this
context I am
guided by the
words of William
the Conqueror:
"Il ne
fallait pas
esperer pour
entreprendre, ni
reussir pour
perseverer"
- One doesn't
have to be
hopeful in order
to try, nor does
one have to
succeed in order
to persevere.
"These
figures bother
us and prove
that Israel and
the European
Union must
deepen their
dialogue and
cooperation,"
EU Middle East
envoy Marc Otte
told Haaretz
yesterday
regarding the
recent poll that
placed Israel at
the top of the
list of
countries
considered to be
"a threat
to peace in the
world."
Otte used the
results of the
survey and
subsequent
Israeli
reactions to
express his
displeasure with
the country's
decision-makers
who are
boycotting him.
"This is
not the
time for
declarations of
war and
unnecessary
dramatization,"
he said.
"On the
contrary, the
time has come
for us to work
together to root
out the
conceptions that
are expressed by
the survey."
Otte said he
hoped that this
week's admission
by Foreign
Minister Silvan
Shalom to
Haaretz of
Israel's
decades-old
neglect of the
European arena
signals a
greater
investment by
the government
in European
relations.
Otte outrightly
rejected claims
that the poll
was slanted and
expressed hidden
anti-Israeli
sentiment.
"These
polls on issues
of interest to
the European
public are taken
regularly by an
independent
organization,
with no hidden
agenda," he
said.
The EU envoy
emphasized that
the survey does
not reflect the
opinion of
European
leaders. "Never
in the history
of
Israeli-European
relations have
declarations
been adopted
that relate to
Israel as a
threat," he
said. "Our
policy is not
based on such
positions."
Haarscher :
"Une
question de mise
en
perspective"
par
PHILIPPE
BERKENBAUM, publié
dans le Soir le 4
novembre 2003
Pour
le philosophe Guy
Haarscher, ardent
défenseur de la
paix au
Proche-Orient, les
résultats du
sondage européen
ont ceci d'effrayant
qu'ils traduisent
une représentation
biaisée de la réalité.
-
59% des Européens
considèrent
Israël comme la
principale
menace pour la
paix mondiale,
cela vous paraît-il
justifié ?
Non,
car bien
qu'horrible, le
conflit israélo-palestinien
reste un conflit
local, qui
concerne au plus
10 millions de
personnes dans
la région.
Alors que le
monde
arabo-musulman
en compte près
de 1,3 milliard,
dont beaucoup
vivent dans d'épouvantables
dictatures et
nourrissent
frustration et
ressentiment à
l'égard de
l'Occident. Là
réside une
menace
incomparablement
plus grande, qui
ne disparaîtra
pas si la paix
finit par
triompher au
Proche-Orient.
-
Comment
expliquer, dès
lors, un tel résultat ?
Un
sondage reflète
ce que les gens
pensent, donc ce
qu'ils savent ou
croient savoir
d'une situation
donnée. Cela
renvoie à la
couverture de
l'information et
à la façon
dont l'opinion
la reçoit. Or,
un réel problème
de mise en
perspective se
pose : les
gens sont frappés
- à juste titre
- par les
victimes du
conflit israélo-palestiniens,
mais bien
d'autres
victimes les
laissent indifférents,
en Tchétchénie,
en Afrique ou
ailleurs. Tout
se passe comme
si le caractère
insupportable de
la situation vécue
par les
Palestiniens
bouchait tout
l'horizon.
-
Ce sondage ne
montre-t-il pas
que pour
beaucoup, Israël
se résume à la
politique menée
par son
gouvernement ?
La
politique du
gouvernement
Sharon est la
pire, pour les
Palestiniens et
pour l'image
d'Israël. Il y
a une
responsabilité
très claire du
gouvernement
israélien. Mais
cela ne suffit
pas à expliquer
pourquoi on se
focalise sur
Sharon alors
qu'il existe des
régimes épouvantables,
notamment dans
le monde
musulman, qui
ont une
responsabilité
dans la
situation présente.
Il y a une
dimension idéologique
à la perception
de l'opinion
occidentale.
-
Y a-t-il aussi,
comme le croient
certains
dirigeants israéliens,
un antisémitisme
latent ?
Il
ne faut pas voir
de l'antisémitisme
partout, mais il
ne faut pas non
plus le
banaliser. Oui,
il y a de l'antijudaïsme.
En particulier
dans le monde
musulman, où
circule
librement toute
une littérature
négationniste
et où la haine
des Juifs en
tant que tels se
répand, à
force de laisser
l'éducation
primaire aux
mains des
fondamentalistes.
Il y a une résurgence
de la vieille idée
du complot juif
mondial.
Washington
souhaite l’arrêt
d’un
feuilleton d’al-Manar
sur "la
stratégie juive
pour le contrôle
de la planète"
par
KHALIL FLEYHANE,
publié dans
l'Orient-le Jour
le 31 octobre
2003
Les
autorités
libanaises
n’interviendront
d’aucune façon
auprès de la
direction de
la chaîne de
télévision
du Hezbollah,
al-Manar, pour
mettre un
terme à la
diffusion du
feuilleton al-Chatat
(La
diaspora). Une
série télévisée
qui dévoile
les dessous de "la
stratégie
juive pour le
contrôle de
la planète",
et que le département
d’Etat américain
considère
comme étant
particulièrement
antisémite.
Alors que
d’aucuns
estiment que
ce programme
ne fait que
disséquer
l’historique
du mouvement
sioniste sur
une période
de 136 ans,
ainsi que son
but : réaliser
le rêve juif
par
n’importe
quel moyen.
Des sources
bien informées
assurent que
si
l’ambassadeur
US à Beyrouth
demandait
l’arrêt du
feuilleton en
question, la réponse
serait non. Et
pour plusieurs
raisons, précisent
ces sources.
D’abord,
al-Manar est
une chaîne
privée
jouissant
d’une liberté
totale dans
son traitement
de
l’information,
sans compter
que c’est
une des télévisions
les plus
regardées
dans le monde
arabe.
Ensuite, une
censure du
programme équivaudrait
à une
atteinte à la
liberté
d’opinion.
Ces
sources se
sont en outre
étonnées de
la conception
américaine de
l’information
et de la
liberté
d’opinion,
ainsi que des
nouveaux critères
instaurés par
le département
d’Etat
depuis le 11
septembre
2001. Se
demandant
pourquoi
Washington
s’empresse
à ce point à
défendre, par
les voies
diplomatique
et médiatique,
l’histoire
du mouvement
sioniste, et
insiste
tellement pour
empêcher la
diffusion d’
al-Chatat.
Surtout que
les Américains
savent
pertinemment
que le Liban
ne répondra
pas
favorablement
à leur requête. Tout
cela quelques
jours à peine
après les
"souhaits"
formulés par
le chef du PSP,
Walid
Joumblatt, qui
s’était désolé
que le n° 2
du Pentagone,
Paul Wolfowitz,
ait échappé
à un attentat
à Bagdad.
Washington
avait demandé
une
condamnation
de ces propos
par le
gouvernement
libanais, sauf
que
l’ambassade
US n’a pas
cru bon de
transmettre ce
vœu à
quelque
responsable
local que ce
soit. Et tout
le monde s’était
étonné
d’une telle
demande "théorique"
et irréaliste,
sachant que
Walid
Joumblatt est
un membre du
Parlement
libanais,
qu’il représente
une grande
proportion de
Libanais,
qu’il est le
chef du PSP et
qu’il a le
droit
d’exprimer
pleinement son
avis. Sachant
également que
cette demande
US avait été
considérée
par le Liban
comme une ingérence
pure et simple
dans ses
affaires
internes.
Allemagne :
la CDU se limite
à
"avertir"
Martin Hohmann
Les
propos antisémites
du député
avaient provoqué
une vive polémique
par
GEORGES MARION,
publié dans le
Monde du 5
novembre 2003
Lorsque,
l'année dernière,
la ministre de
la justice du
chancelier Schröder,
Hertha Dãubler-Gmelin,
avait comparé
le comportement
politique du président
Bush à celui
d'Adolf Hitler,
l'opposition,
unanime, avait
exigé sa démission.
Les élections
passées, la
ministre fut
remerciée. Le député
CDU Martin
Hohmann s'en est
mieux tiré après
ses tirades
antisémites.
Lundi 3 novembre,
à l'issue de
plusieurs jours
d'une polémique
publique, la
direction de son
parti ne lui a délivré
qu'un
avertissement
emballé dans
quelques mises
en garde sur ses
"propos
inadmissibles".
Membre de la
commission des
affaires intérieures,
où il était
rapporteur du
dossier des dédommagements
sur les
travailleurs
forcés, le député
a également été
muté à la
commission de
l'environnement.
L'affaire
qui vaut à
Martin Hohmann
sa notoriété
actuelle remonte
au 3 octobre,
lorsqu'à
l'occasion du
Jour de l'unité
allemande, il
avait tenu,
devant les électeurs
de sa
circonscription
de Neuhof-Fulda,
en Hesse du
Nord, un
discours centré
sur la notion de
"peuple
coupable".
L'intention était
apparemment d'en
laver le peuple
allemand, selon
lui perpétuellement
accusé de
crimes. Or, développait
le député, le
peuple juif
s'est rendu
coupable de
crimes
similaires et
personne ne le
qualifie de "peuple
coupable".
Conséquence :
puisque les
juifs "ne
sauraient"
être un "peuple
coupable",
les Allemands ne
le sont pas non
plus.
Critiques
et excuses
Appuyé
sur les textes
de quelques
auteurs connus
pour leur rhétorique
antisémite
(dont Henry
Ford, le célèbre
constructeur
automobile
auteur, en 1920,
d'un best-seller
intitulé "Le
Juif
international")
Martin Hohmann
assurait que la
direction du
parti
bolchevique,
durant la révolution
russe, était "au
deux tiers"
juive. Les
juifs,
affirmait-il
encore, étaient
aussi en grand
nombre dans les
organismes de répression
qui avaient,
entre autres,
assassiné le
tsar Nicolas II
et sa famille.
Ces
raisonnements
chiffrés, déjà
utilisés par
les nazis, n'ont
soulevé aucune
objection parmi
l'auditoire de
Martin Hohmann.
Le discours
s'est retrouvé
sur le site
Internet du député
où, il y a
quelques jours,
un lecteur
curieux l'a découvert
puis transmis à
la radio.
Elu
d'un fief où
les
conservateurs
catholiques
donnent le ton,
officier de réserve,
ancien haut
fonctionnaire à
la direction de
la police
criminelle fédérale,
Martin Hohmann,
unanimement
critiqué dans
toutes les
familles
politiques, y
compris la
sienne, a
finalement présenté
ses excuses,
assurant qu'il
n'était pas
dans son
intention de décrire
les juifs comme
un peuple
coupable. "Si,
néanmoins, j'ai
donné cette
impression, je
m'en excuse
expressément et
je regrette
d'avoir blessé
des
sentiments",
a-t-il expliqué.
Le parquet a
pour sa part
annoncé qu'il
avait ouvert une
enquête pour évaluer
l'opportunité
d'éventuelles
poursuites.
Une
affaire
proprement européenne
L'amalgame
entre
antisionisme et
antisémitisme
est au coeur de
la stratégie de
communication
d'Israël
par
DIMITRI
NICOLAIDIS,
publié dans Libération
le 4
novembre 2003
L'auteur
est enseignant
à Paris-I,
membre du comité
de rédaction de
la revue
Mouvements
Après
d'autres, mais
dans des termes
beaucoup plus
mesurés qu'un
Ilan Greilsammer
par exemple,
Christophe
Ramaux dénonce
ce qu'il appelle
"l'ancrage
antisioniste
d'une partie de
la gauche".
Il vaut d'autant
plus la peine de
lui répondre
qu'il tente
d'analyser les
ressorts cachés
d'un
positionnement
qui, pour une
fois, n'est pas
renvoyé au
spectre d'un
antisémitisme
auquel
succomberaient
les défenseurs
de la cause
palestinienne,
mais bien plutôt
"au
trou noir de la
pensée d'une
large partie de
la gauche : son
incapacité à
penser de façon
progressiste la
question
nationale".
La
nation est en
effet le cadre
naturel de
l'exercice de la
citoyenneté et,
en même temps,
s'incarne dans
une communauté
aux fondements
historico-culturels
dont les limites
sont par essence
tout à la fois
inclusives et
exclusives. De
ce point de vue,
un "Etat
juif démocratique"
n'est pas une
contradiction
dans les termes,
et devrait même
pouvoir
atteindre une
certaine
"normalité"
si les deux
conditions
suivantes sont
remplies : d'une
part la création
d'un Etat
palestinien
pleinement
souverain à côté
d'Israël - ce
qui mettrait fin
à la
concurrence
entre deux
"projets
nationaux"
sur un même
territoire, et
permettrait de
rejeter
"l'autre"
au-delà des
frontières ;
d'autre part, le
respect du
principe si ce
n'est de laïcité
du moins d'égalité
citoyenne au
fondement de
toute démocratie.
Christophe
Ramaux aurait
donc raison
d'estimer qu'en
refusant de
reconnaître la
légitimité du
sionisme en tant
que "projet
national
juif"
incarné depuis
1948 dans un
"Etat
juif", on
ferait subir à
Israël un
traitement
d'exception forcément
suspect. A ceci
prêt qu'il omet
de mentionner,
si ce n'est par
allusion, un des
aspects
fondamentaux de
la réalité
historique du
sionisme : sa
dimension
coloniale et le
déni de l'autre
qu'elle suppose.
Parce que la
Palestine n'était
effectivement
pas "une
terre sans
peuple pour un
peuple sans
terre", il
fallait pouvoir
effacer
symboliquement
le Palestinien,
lui retirer
toute légitimité
- notamment en réclamant
pour soi le
statut de
victime -, pour
mieux justifier
son expulsion
des territoires,
sa
marginalisation
politique, enfin
sa domination
militaire.
Le
conflit israélo-palestinien
est ainsi avant
tout un
"conflit de
légitimité"
où la guerre
des mots et des
symboles est
peut-être aussi
déterminante
que la guerre réelle.
Parce que le
regard externe
de l'Occident,
et pas seulement
des Américains,
est un élément
clé dans la façon
dont s'organise
le rapport de
force sur le
terrain, les
gouvernements
israéliens
successifs n'ont
eu de cesse de
vouloir
neutraliser les
effets du
sentiment
d'injustice de
plus en plus
aiguisé en
Europe depuis le
déclenchement
de la seconde
Intifada. Il est
vrai que, sur le
plan de la
communication,
Israël a une
longueur
d'avance sur les
Palestiniens, et
que le procédé
d'amalgame
antisionisme/antisémitisme
est de ce point
de vue au coeur
de la stratégie
de communication
visant à
renverser aux
yeux des
opinions
publiques la
relation
oppresseur/victime.
Si, à chaque
attentat perpétré
par les
kamikazes
palestiniens,
Israël joue son
existence, se
bat pour sa
survie, alors
critiquer ces
"actes de légitime
défense"
que sont les
assassinats ciblés
de militants
politiques, les
bombardements ou
les expéditions
punitives qui se
traduisent à
chaque fois par
des dizaines de
morts,
reviendrait à
souhaiter la
destruction de
l'Etat d'Israël
et donc... du
peuple juif.
On
voit donc à
quel point les
représentations
sont un élément
essentiel dans
ce qui se joue
au
Proche-Orient,
notamment par
rapport à cette
pièce maîtresse
qu'est l'opinion
publique
internationale.
Or, ce qui
motive peut-être
par-dessus tout
ceux qui se
battent pour une
paix juste au
Proche-Orient,
fondée sur la
reconnaissance
mutuelle entre
Israéliens et
Palestiniens,
c'est bien
l'indignation
ressentie devant
la falsification
qu'opère la
propagande
pro-israélienne
qui sait si bien
brouiller les
repères,
manipuler la mémoire
et exploiter les
images
inconscientes
dans
l'imaginaire
occidental,
celle du civilisé
contre le
barbare, de la
technologie
moderne contre
la violence
archaïque, de
l'héritage
biblique contre
l'obscurantisme
islamique. C'est
d'ailleurs là
que réside
l'explication
d'une si
radicale différence
de perception du
conflit de part
et d'autre de
l'Atlantique :
pour les Américains,
en effet, qui
sont très
largement encore
dans un rapport
de croyance naïve
à leur propre
modèle de
civilisation, un
peu comme les
Européens au
tournant du siècle
dernier, rendre
intelligible le
monde extérieur
nécessite de
ramener tout
conflit à une
opposition entre
le même et
l'autre, et de
ce point de vue
le modèle
socioculturel
aussi bien que
religieux d'Israël
permet une
totale
identification
à la
civilisation américaine
; tandis que
nous, Européens,
qui ne sommes
plus
"innocents"
par rapport à
cette notion de
«civilisation»,
nous ne pouvons
être dupes de
ce discours
civilisationnel
implicite,
surtout
lorsqu'on est de
gauche.
Ce
n'est en fait
que très récemment
que la gauche
européenne modérée,
qui, en son
temps, suivait
d'un oeil
bienveillant les
exploits de
Tsahal lors de
la guerre des
Six Jours, et
applaudissait
encore il y a
dix ans aux
accords d'Oslo,
a pris
conscience de l'évolution
du modèle
sioniste vers un
nationalisme
ethniciste et a
commencé à prêter
une oreille
attentive à la
gauche
antisioniste
ultraminoritaire
en Israël. Le
sentiment d'
"injustice
symbolique",
qui
effectivement prédomine
aujourd'hui en
son sein, est
d'autant plus
intense qu'Israël
donne
l'impression
que, fort du
soutien
inconditionnel
des Etats-Unis,
non seulement il
peut (presque)
tout se
permettre sur le
terrain, mais
qu'il parvient
aussi à imposer
son point de vue
sur le conflit
(depuis "le
rejet des offres
généreuses de
Barak"
jusqu'à l'élimination
symbolique
d'Arafat décrit
comme "suppôt
du
terrorisme"
et
"obstacle
à la
paix"). Remédier
à cette
injustice
supposerait donc
non seulement
l'acceptation
par Israël
d'une issue au
conflit jugée
équitable pour
les deux
peuples, mais
aussi une
reconnaissance
symbolique de la
part des Israéliens
de ce déni de
justice
consubstantiel
du projet
sioniste.
L'antisionisme
est donc
essentiellement
un engagement à
forte charge
symbolique, qui
s'inscrit dans
une dynamique
historique qui
s'épuisera
aussitôt qu'un
processus de
reconnaissance
mutuelle sera réellement
engagé. Il ne
suppose donc en
rien la
non-reconnaissance
du droit à Israël
d'exister, cet
Etat étant
depuis longtemps
une réalité
vivante qu'il
serait évidemment
criminel de
remettre en
cause, d'une façon
ou d'une autre.
Reste que ce
sentiment d'
"injustice
symbolique"
ne peut suffire
à expliquer
pourquoi le
conflit israélo-palestinien
représente
aujourd'hui un
tel point de
fixation alors même
qu'en Tchétchénie,
par exemple, la
répression a
depuis près de
cinq ans dépassé
toute mesure
dans l'échelle
des violations
des droits de
l'homme, et que
la "lutte
contre le
terrorisme"
sert de la même
façon à
justifier une
"guerre de
légitime défense"
? Faudrait-il
reconnaître que
notre sensibilité
aux malheurs
d'un peuple a
aussi à voir
avec l'identité
des oppresseurs
?
Il
y a bien sûr la
fascination
qu'on peut éprouver
à l'égard de
l'histoire du
judaïsme
moderne et du
parcours qui mène
du processus d'émancipation
et
d'assimilation
des Juifs
d'Europe jusqu'à
la création
d'un Etat juif
en Palestine, en
passant par la
montée en
puissance d'un
antisémitisme
corrélatif de
l'émergence de
la nation
moderne, depuis
l'affaire
Dreyfus jusqu'à
la Shoah, et par
les deux réponses
dominantes au
XXe siècle à
cet antisémitisme
que sont d'une
part le
sionisme,
d'autre part le
messianisme révolutionnaire.
Ce qui peut
effectivement
fasciner dans ce
destin collectif
tragiquement
exceptionnel,
c'est le
processus de
normalisation
qui, à partir
de l'inscription
d'une partie de
cette histoire
à l'intérieur
d'un cadre
national, va
faire du peuple
israélien une
nation comme les
autres, capable
notamment, comme
les Français en
Algérie ou les
Américains vis-à-vis
des Indiens,
d'opprimer
l'autre lorsque
celui-ci représente
un obstacle à
la définition
de sa propre
identité.
Plus
fondamentalement
encore, pour
nous, Européens,
Israël ne représente
pas une réalité
politique étrangère,
mais est bien le
résultat d'une
histoire
proprement européenne. Les
fondements
sociaux et
politiques
d'Israël sont
très largement
façonnés par
les Ashkénazes,
donc par des
Européens
toujours
nettement
dominants au
sein de cet Etat
et dont le
projet politique
originel, mélange
de socialisme et
de retour à la
terre des ancêtres,
correspondait
surtout, au-delà
du mythe, à une
entreprise de
colonisation
européenne d'un
territoire
considéré
comme vide, ou
plutôt dépourvu
d'une véritable
"civilisation".
On trouve ainsi,
dans ce
processus de
colonisation, décalé
dans le temps il
est vrai, les mêmes
ingrédients idéologiques,
fondés sur la
croyance en une
supériorité
morale et
civilisationnelle
justifiant la
domination des
allogènes, que
dans les autres
expériences de
colonisation
européenne. Or
Israël est la
seule greffe
coloniale européenne
(post-1880 à
tout le moins)
à avoir débouché
sur un
Etat-nation
stable,
relativement cohérent
et définitivement
installé dans
le paysage géopolitique
contemporain.
C'est donc bien
plutôt parce
qu'Israël représente
un prolongement
inattendu de
notre histoire
européenne,
qu'il est en
quelque sorte
une butte témoin
de l'Europe au
Proche-Orient,
que nous
entretenons avec
lui une relation
symbolique tout
à fait
particulière,
faite
d'identification
et de répulsion.
Cette
contribution est
une réponse à
deux autres qui,
dans ces pages,
ont abordé la
question de l'antisionisme
comme position
politique ambiguë
à gauche. Pour
Ilan Greilsammer
(Libération du
24 septembre),
il frôlerait
dangereusement
l'antisémitisme.
Pour Christophe
Ramaux (Libération
du 29 octobre),
il négligerait
abusivement le
nationalisme
juif.
Des
"colonies
sauvages" légalisées
par Ariel Sharon
Alors
que la
"feuille de
route" prévoit
leur démantèlement
par
PATRICK
SAINT-PAUL,
publié dans le
Figaro le 5
novembre 2003
Le
cabinet de crise
palestinien a
tenu hier sa
dernière réunion
sur fond
d'incertitude
quant à la
composition du
nouveau
gouvernement élargi
que le premier
ministre Ahmad
Qoreï espère
annoncer dans
les prochains
jours en dépit
de divergences
avec Yasser
Arafat. M. Qoreï
s'est par
ailleurs dit prêt
à rencontrer,
sous conditions,
son homologue
israélien Ariel
Sharon pour
examiner les
moyens de débloquer
le processus de
paix. Par
ailleurs, à
Bruxelles, le président
de la Commission
européenne,
Romano Prodi,
s'est déclaré "très
préoccupé"
par le
sondage réalisé
auprès des
Européens et désignant
Israël comme
une menace,
ajoutant
toutefois qu'il
ne reflétait "ni
la pensée ni la
politique de la
Commission".
Perchés
sur une colline,
les sept
mobil-homes des
colons dominent
un paysage désertique
avec au loin la
vallée du
Jourdain. Une
route goudronnée
mène à la
colonie sauvage
de Neve Erez,
située entre Jérusalem
et Ramallah en
territoire
palestinien,
qui, selon la
feuille de
route, le plan
de paix
international
parrainé par
les Etats-Unis,
aurait dû être
démantelée.
Mais le ministère
israélien de la
Défense a décidé
d'octroyer, la
semaine dernière,
un statut de
"colonie
permanente"
à huit points
de peuplement
sauvage, dont
Neve Erez.
"Nous
avons décidé
de fournir les
services vitaux
pour la sécurité
et l'éducation
en faveur des
gens (NDLR
: les colons) qui
se trouvent sur
le terrain. Il
faut qu'ils
puissent vivre
et que nous leur
fournissions une
solution", a
déclaré Ron
Schechner,
conseiller du
ministre de la Défense
Shaoul Mofaz
pour la
colonisation. Grâce
à ce statut,
les colonies
sauvages
pourront obtenir
des crédits
pour l'éducation,
les
infrastructures
telles que l'éclairage
et le dispositif
de sécurité.
Des soldats
pourraient également
être déployés
pour veiller sur
ces colons. Noam,
un colon
atypique, qui
s'est installé
à Neve Erez
avec sa
communauté
"baba
cool", se réjouit
de la décision
du gouvernement.
"J'espère
que cela va
enfin permettre
de légaliser définitivement
notre présence
ici", dit-il
en passant la
main dans ses
longs cheveux
bruns. Noam et
les quinze
membres de sa
communauté de
musiciens,
baptisée Im
Balim, élèvent
des chèvres et
cultivent des
plantes en tout
genre. Chaque été,
Im Balim
organise un
festival de
musique, qui
attire des
centaines de
spectateurs. Et
tous les jeudis
soir, ils
improvisent des
concerts de
percussions dans
un
"pub"
installé dans
une grotte de
Neve Erez.
"Je
ne cherche de
problèmes avec
personne, assure
Noam. Je
voulais juste
installer ma
ferme dans le désert,
peu importe
l'endroit. Le
gouvernement m'a
proposé de
venir ici, alors
je suis venu. Je
ne suis pas un
voleur. Lorsque
je suis arrivé
ici, il n'y
avait personne
sur cette terre.
Elle n'avait
jamais été
cultivée".
Noam se définit
comme un "colon
de facto",
puisqu'il
est installé
sur une terre
appartenant aux
Palestiniens
selon le droit
international.
Mais il ne
considère pas
cela comme une
occupation. De
leur côté, les
militants
palestiniens
s'infiltrent régulièrement
dans les
colonies pour
attaquer des
colonies afin de
chasser les
colons des
territoires
occupés. Des
voitures de
colons sont régulièrement
la cible de
snipers
palestiniens.
Noam ne porte
pas d'arme. Il
n'a pas peur.
"Israël
n'est pas
l'endroit le
plus sûr du
monde, reconnaît-il.
Mais ce n'est
pas plus
dangereux ici
qu'à Tel Aviv.
Le village arabe
le plus proche
est à sept
kilomètres. Je
ne veux pas que
des soldats nous
surveillent en
permanence. Nous
avons fait le
choix de vivre
ici et nous
devons assumer
notre rêve."
Pourtant son
"bar",
qui sert de
l'alcool, attire
des clients
venant de tout
Israël sans bénéficier
d'aucune
protection :
c'est une cible
de choix pour
des kamikazes
palestiniens.
Noam
affirme s'être
installé à
Neve Erez pour
la première
fois il y a cinq
ans, à l'époque
où Benyamin
Netanyahu était
premier
ministre, avant
d'être chassé
par le
gouvernement. "Les
Américains
mettaient une
telle pression
que le
gouvernement ne
pouvait pas
l'ignorer, dit-il.
Nous sommes
partis nous
installer sur la
colline en face.
Puis nous sommes
revenus. Et le
gouvernement d'Ehoud
Barak nous a de
nouveau chassés
pendant un an et
demi. Nous nous
sommes de
nouveau installés
ici après l'élection
d'Ariel
Sharon." En
juin dernier,
après
l'adoption de la
feuille de
route, Neve Erez
aurait dû être
démantelée et
la communauté
Im Balim définitivement
chassée. "L'armée
a démonté deux
caravanes vides
sur une colline
voisine en
affirmant devant
les caméras de
télévision
qu'il s'agissait
de Neve Erez, raconte
Dror Etkes, un
responsable du
mouvement
anticolonisation
la Paix
maintenant. Cela
faisait partie
du
spectacle."
La vraie
communauté de
Neve Erez assure
ne jamais avoir
vu un seul
soldat lui
notifier le démantèlement
de la colonie en
application de
la feuille de
route.
"Si
le gouvernement
venait me voir
en me faisant
part d'une décision
censée, qui
aurait une
chance de réellement
ramener la paix,
je partirai, affirme
Noam. Je ne
veux pas créer
de problèmes.
Mais cette terre
est juive depuis
toujours. C'est
un fait
historique.
C'est la terre
biblique. Le
problème avec
les
Palestiniens,
c'est qu'ils en
veulent toujours
plus. Si on leur
donne cet
endroit, ils
voudront Jérusalem,
Netanya et même
Tel Aviv". L'organisation
Peace Now
appelle le
gouvernement
d'Ariel Sharon
à se retirer
des territoires
occupés : la
politique de
colonisation,
qui a pour conséquence
de réduire un
futur Etat
palestinien à
une peau de léopard
constituée de
bantoustans,
rend impossible
tout compromis
avec les
Palestiniens.
Ces dernières
semaines,
plusieurs
initiatives de
paix sont venues
bousculer le
gouvernement
d'Ariel Sharon,
montrant qu'il
existait une
alternative à
sa politique sécuritaire.
Le Premier
ministre israélien
estime désormais
que la feuille
de route est le
seul chemin
possible pour
faire la paix
avec les
Palestiniens et
dit soutenir cet
accord de paix
international
dont
l'application
n'a jamais réellement
commencé. Aux
termes de la
"feuille de
route",
Israël s'est
engagé à geler
la colonisation
en général et
à démanteler
la soixantaine
de points
sauvages créés
en Cisjordanie
depuis l'entrée
en fonction de
Sharon en mars
2001.
Selon
un spécialiste,
cette procédure
de légalisation
sur le terrain,
décidée par le
ministère de la
Défense, "évite
les
complications
inhérentes à
la création
d'une colonie
qui doit être décidée
par le
gouvernement, ce
qui permet de
poursuivre plus
facilement la
colonisation".
Pour Dror
Etkes, cela
constitue une "violation
patente" des
engagements prévus
par la "feuille
de route".
"Celle-ci
stipule le démantèlement
des colonies
sauvages. Au
lieu de cela,
nous constatons
qu'elles sont
intégrées. Le
gouvernement
d'Ariel Sharon
se dit lié au
processus de
paix, à
condition de ne
pas avoir à démanteler
les colonies
sauvages et de
ne pas avoir à
mettre fin à
l'occupation",
a ajouté
Dror Etkes.
Depuis le mois
de juin, le
nombre de
colonies
sauvages en
Cisjordanie est
resté
pratiquement
inchangé ou a même
augmenté. Une
dizaine d'entre
elles ont bien
été démantelées
au cours d'opérations
de l'armée
fortement médiatisées,
mais les colons
radicaux les ont
aussitôt
remplacées.
Carnaval
à Téhéran
paru
dans Libération
le 4 novembre
2003
On
prend les mêmes
et on recommence :
comme chaque année,
diatribes anti-américaines
et destructions de
bannières étoilées
ont ponctué mardi
la célébration
par les Iraniens
de l'anniversaire
de la prise
d'otages du
personnel de
l'ambassade des
Etats-Unis à Téhéran.
La "Journée
nationale de lutte
contre l'arrogance
universelle",
comme l'appelle
l'Iran, a rassemblé
une foule de plus
de 9.000
personnes, pour la
plupart des
enfants
apparemment réjouis
de manquer un jour
d'école et des
soldats acheminés
sur les lieux par
bus à la mine peu
enthousiaste,
selon un
journaliste de
Reuters. Tandis
que les festivités
battaient leur
plein, depuis New
York, un
porte-parole de
l'AIEA citant son
directeur général,
Mohamed El Baradei,
a indiqué mardi
que Téhéran
avait reconnu
avoir manqué aux
garanties du traité
de non-prolifération
nucléaire (TNP)
dans son dernier
rapport adressé
à l'agence. Selon
ce porte-parole,
Mohamed El Baradei
a précisé dans
une interview
accordée lundi au
journal "El
Pais" que
l'Iran avait
"signalé des
manquements dans
le passé et il y
en aura
d'autres"
dans le nouveau
rapport en cours
d'examen.