Rapport
de Menendez Del
Valle - Intervention
de ALIMA
BOUMEDIENE-THIERY, Députée
au Parlement Européen,
effectuée à
Strasbourg le 22
octobre 2003
Chers
collègues,
Vous le savez, la
situation en
Palestine occupée
est désastreuse :
le nombre de pauvres
a triplé et le
peuple palestinien
est affamé
lorsqu'il ne meurt
pas sous les balles
israéliennes. En
Israël aussi, la
crise sociale et économique
augmente et n'épargne
en rien les
populations les plus
précaires. La
situation en Irak
constitue un facteur
supplémentaire de déstabilisation
de la région et une
inquiétude pour
l'avenir des
peuples. Le Conseil
Européen, du 16 et
17 octobre à
Bruxelles, a réaffirmé
que la région méditerranéenne
revêt une
importance cruciale.
Il convient ainsi de
soutenir le
processus démocratique,
d'aider le développement
social et économique
ainsi que de
renforcer le
dialogue politique
afin que la paix se
construise enfin
dans cette région.
Comme nous le
confirme notre collègue,
Menendez Del Valle,
dans son rapport, il
n'existe pas de
solution militaire.
Nous devons sortir
de cette spirale de
violence et
retrouver le chemin
de la négociation
et du respect du
Droit. Nous devons
imposer à Israël
la fin de cette
colonisation et de
cette occupation
militaire qui
engendrent la
terreur ! L'urgence
est également
d'utiliser toutes
les pressions
possibles, y compris
en gelant nos
accords commerciaux,
pour non seulement
arrêter la
construction de ce
mur de l'apartheid,
mais aussi le détruire.
Ce mur est une
catastrophe humaine
et écologique, mais
c'est aussi une
honte faite aux
valeurs que nous défendons.
La politique de
Sharon est contraire
aux engagements pris
dans la feuille de
route et éradique
toute perspective de
paix.
Or, il y va de notre
responsabilité
collective
d'encourager toutes
les initiatives de
Paix ! Aussi, nous
devons accorder un
intérêt
particulier au plan
de paix dit
"Accord
Suisse".
Il nous semble modéré
et équilibré, même
s'il est douloureux
pour beaucoup à qui
l'on demande de
faire encore des
compromis !
Malgré son
insuffisance sur la
question du retour
des réfugiés, il
est nécessaire pour
rendre confiance et
redonner espoir aux deux
peuples. Nous
l'avons souvent répété,
seule l'existence de
deux Etats démocratiques,
souverains et
viables, reconnus
dans les frontières
de 1967, avec Jérusalem
comme capitale,
permettra de fonder
la justice et la
dignité
indispensables à la
paix et de prévoir
un avenir possible.
Cet accord de Genève
permet de rétablir
la légitimité du
Droit International.
Pour cela nous
devons tout mettre
en oeuvre pour qu'il
soit soutenu par le
Quartet et notamment
par les Européens.
Je voudrais vous
confier ma peur, ma
peur de voir un
nouvel espoir déçu,
laissant la place à
un radicalisme plus
fort encore, qui ne
servirait que les
intérêts de ceux
qui préfèrent la
force au droit, la
guerre à la paix !
Nous avons une
lourde responsabilité
politique,
responsabilité que
nous devrons assumer
dans l'histoire et
à la face du Monde.
Nous devons rompre
ce silence qui nous
rendrait complice de
ce nouveau crime
contre l'humanité.
Enfin, je voudrais
saluer le courage
des forces
progressistes israéliennes
et de tous ceux qui
refusent d'exécuter
des missions qu'ils
considèrent comme
illégales car elles
tuent des civils.
Nous devons leur
exprimer toute notre
solidarité.
Pour conclure, je
souhaite mettre
l'accent sur ces
missions civiles où
les internationaux
jouent un rôle modérateur
et protecteur. Par
leur action sur le
terrain, ils mènent
avec succès une
diplomatie
citoyenne, là où
notre diplomatie
internationale est
incapable
d'intervenir.
Permettez-moi de
demander, une fois
encore, à la
Commission et au
Conseil,
d'intervenir auprès
du Conseil de Sécurité
de l'ONU pour
l'envoi d'une force
d'interposition et
de protection du
peuple palestinien,
de son patrimoine et
de son
environnement. Je
vous remercie.