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Le
"complot du 11 septembre"
fait recette en
Allemagne
La
théorie du
complot américano-sioniste
semble trouver son
application, cette
fois-ci aux
Etats-Unis, avec
les attentats du
11 septembre.
Selon le journal
Le Monde (voir
article
ci-dessous), 19%
des Allemands sont
convaincus de
l'implication
directe des
services secrets
américains et israéliens
dans cette
attaque, qui
fut d'un genre
nouveau, contre New York
et Washington.
Ceci
est loin d'être
étonnant, cet événement
meurtrier intervenant
juste au moment où
les démocrates américains,
contestant l'élection
qualifiée de
frauduleuse de
George W. Bush,
allaient effectuer
un nouveau décompte
des voix dans
certains Etats clés.
En
parallèle, Ariel
Sharon, qui avait
déclenché la 2ème
intifada
palestinienne en
septembre 2000,
soit quatre mois
après le retrait
israélien du
Liban, profitait
de cette occasion
pour donner un
coup d'accélérateur
à la répression
sanglante du
peuple
palestinien.
Le
terrorisme israélien a ensuite
atteint son
paroxysme lors
de l'invasion américaine
de l'Irak au
printemps 2003,
invasion couverte
côté américain
par le sentiment
de revanche suscité
chez les soldats
américains,
croyant s'attaquer
aux auteurs des
attentats du 11
septembre.
La
responsabilité
des gouvernants américains
a souvent été
reconnue, en
dehors de leur
territoire, dans
le déclenchement
de guerres régionales,
aussi bien en Amérique
du Sud qu'en
Afrique ou au
Moyen-Orient.
Citons l'exemple
de l'Iran et le
renversement du
Shah, entraînant
l'installation
d'un pouvoir
fanatique dans ce
pays, ainsi qu'une
terrible guerre
entre l'Iran et
l'Irak (1980-1988 : près
d'un million de
morts !).
A
ce sujet, la soeur
du Shah, la
princesse Ashraf,
avait déclaré,
dans une interview
à Paris-Match réalisée
par Vick Vance et
publiée le 3
avril 1981 sous le
titre "La vérité
sur la mort du
Shah" :
"Jimmy Carter
n'est sûrement
pas devenu président
des Etats-Unis
(1977-1981) avec
l'intention de déstabiliser
l'Iran et
d'obliger mon frère
à quitter son trône
(janvier 1979).
C'est néanmoins
pendant les quatre
ans de sa présidence
qu'un pays prospère,
florissant, a été
mis à genoux et
un allié, loyal
et consciencieux,
détruit."
"Qu'il
ait su ou non ce
qu'il faisait,
Carter a fourni,
par ses prises de
position sur les
"Droits de
l'homme", une
arme redoutable à
ceux qui
estimaient que les
intérêts américains
seraient mieux
servis si l'on
remplaçait un
Iran fort par une
nation faible et
divisée, et en échangeant
un souverain assez
nationaliste et
indépendant pour
dire
"non" à
ses alliés contre
un dirigeant plus
souple et malléable
qui agirait d'une
manière convenant
à son état de
"client"..."
"Mon
frère voulait créer
un Marché commun
asiatique. Il
souhaitait faire
de son pays un
deuxième Japon et
se passer peu à
peu de l'emprise
de l'Occident.
C'est pourquoi
l'Occident, le
trouvant menaçant
pour ses intérêts,
n'hésita pas à
s'en débarrasser
sans le moindre
scrupule. J'accuse
non seulement le
gouvernement
Carter de ce genre
d'échec, mais
encore d'inhumanité flagrante
dans sa façon
de traiter mon frère,
un homme connu
depuis longtemps
pour respecter ses
engagements envers
ses alliés. Après
avoir participé
activement à la
chute d'un règne
productif de 37
ans, le
gouvernement américain
devait au moins à
un ancien allié
un asile sûr."...
Sans
transition, voici
la théorie du
complot vue
d'Allemagne.
Le
"complot du
11 septembre"
fait recette en
Allemagne
19 %
de la population
croit que les
attentats ont été
organisés par le
gouvernement américain
par
NICOLAS BOURCIER
et GEORGES MARION,
publié dans le
Monde du 1er
octobre 2003
Depuis
plusieurs
semaines, une fièvre
conspiratrice
s'est emparée de
l'Allemagne :
les livres consacrés
aux théories du
complot, à propos
des "secrets
du 11 septembre
2001",
n'en finissent pas
de figurer en tête
des ventes dans
les librairies
d'outre-Rhin. En
bonne place sur
les étals depuis
sa sortie, au mois
d'août, l'ouvrage
de l'ancien
ministre social-démocrate
du gouvernement de
Helmut Schmidt,
Andreas von Bülow,
La CIA et le 11 septembre,
se classe quatrième
sur la liste des
meilleures ventes
établie par
l'hebdomadaire Der
Spiegel. Dans
son essai, M. von
Bülow soupçonne
les services
secrets américains
et israéliens
(Mossad) d'être
impliqués dans
les attaques
terroristes du 11 septembre
2001 contre New
York et
Washington.
Mathias Bröckers
a, lui, vendu plus
de 100 000
exemplaires de Complots,
théories
conspiratrices du
11/9, premier
livre du genre sur
ce thème et publié
outre-Rhin en
2002. Son deuxième
opus est en vente
depuis le mois de
juillet. Faits,
falsifications et
preuves dissimulées
du 11/9
pourrait, lui
aussi, atteindre
des sommets.
Ancien journaliste
du quotidien
alternatif
berlinois Die
Tageszeitung,
il soutient que
certains pilotes
kamikazes présumés
pourraient être
encore vivants.
Enfin, Gerhard
Wisnewski doute,
dans son Opération
11/9. Attaque sur
le globe,
qu'un avion se
soit écrasé en
Pennsylvanie. En
juin, ce
journaliste indépendant
de 43 ans a même
mis sa thèse en
images dans une
enquête diffusée
sur la chaîne de
télévision régionale
WDR (Westdeutscher
Rundfunk) à une
heure de grande écoute.
Tous trois,
dans la droite
ligne d'un Thierry
Meyssan, l'auteur
français qui
avait fait
scandale, en 2002,
avec son livre L'Effroyable
Imposture,
traduit depuis
dans plus de 18 langues,
soupçonnent les
stratèges de la
Maison Blanche
d'avoir sacrifié "deux
tours"
afin de justifier
une politique
d'intervention
mondiale au nom de
la lutte contre le
terrorisme. Tous
ces auteurs se
retrouvent pour révéler
les "mensonges
des médias et des
services
secrets"
et mettre en lumière
le rôle des
services spéciaux
au sein du
terrorisme
international.
Traditionnellement,
la théorie du
complot est l'une
des obsessions
majeures de l'extrême
droite, comme le
rappelle régulièrement
la presse
allemande :
un parallèle que
réfutent catégoriquement
les trois auteurs.
Au cours d'une réunion
publique consacrée
au
"Terrorisme
mis en scène",
qui s'est tenue au
début du mois de
septembre au
Tempodrom, haut
lieu de la scène
alternative
berlinoise, les
organisateurs ont
jugé utile de réaffirmer
leurs distances
avec "les
milieux de la
droite
nationale".
Lors de cette conférence,
quelque 200 personnes
ont entendu
Mathias Bröckers,
l'invité vedette,
dire notamment que
le 11 septembre
2001 et ses suites
"ont été
le plus grand
lavage de cerveau
de tous les
temps".
Dans une
minutieuse enquête
de 16 pages,
le Spiegel
vient de démonter
un à un les
principales théories
des trois auteurs
à succès.
"D'après le
courrier des
lecteurs, une
majorité nous
donne raison et
admet que ces
ouvrages
comportent des détails
peu clairs, mais,
dans le fond,
l'impression du
complot
persiste",
admet Gunther
Latsch, l'un des
auteurs du
dossier. "Il
faudrait écrire
au moins 600 pages
pour arriver à
les convaincre. En
Allemagne, nous
avons une
incapacité à
distinguer le vrai
du faux",
poursuit-il en épinglant
au passage le
manque de
vigilance des
maisons d'édition
du pays.
Pourquoi une
frange de la
gauche allemande
a-t-elle fini par
succomber aux
charmes de cette
théorie du
complot ? Jörg
Lau, dans une
analyse au vitriol
parue dans Die
Zeit, avance
que "la présidence
de Bush junior est
certainement la période
la plus fertile
pour les adeptes
de la conspiration
depuis la mort de
John Fitzgerald
Kennedy". D'après
un sondage publié
en juillet par
l'hebdomadaire, 19 %
des Allemands
estiment que le
gouvernement américain
a commandité les
attentats. Ceux
qui voient la main
de Washington
derrière les
attaques-suicides
du 11 septembre
2001 sont plus
nombreux dans
l'ancienne RDA (29 %)
qu'à l'Ouest (16 %).
Toujours selon l'étude,
près de 31 %
des Allemands âgés
de moins de 30 ans
n'excluent pas
l'idée que ces
attentats aient pu
être organisés
par Washington. En
toile de fond,
Mathias Bröckers
trace, dans son
livre, un parallèle
entre les
attentats du 11 septembre
2001 et
l'incendie, en
1933, du
Reichstag, préparé
par Adolf Hitler
pour écraser
l'opposition
communiste et
sociale-démocrate.
La comparaison
entre George Bush
et Adolf Hitler
est d'ailleurs
souvent faite chez
les adversaires
allemands de la
guerre en Irak.
Pour être allée
dans ce sens, la
ministre sociale-démocrate
de la justice,
Herta Daübler-Gmelin,
avait dû
abandonner son
poste après les
élections de
septembre 2002.
Des milliers
d'opposants à la
guerre en Irak
avaient cependant
défilé dans tout
le pays en
proclamant les mêmes
slogans.
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