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COMMUNIQUÉ  RJLIBAN  N°34  du 1er octobre 2003 

 
Le "complot du 11 septembre" fait recette en Allemagne
 
La théorie du complot américano-sioniste semble trouver son application, cette fois-ci aux Etats-Unis, avec les attentats du 11 septembre. Selon le journal Le Monde (voir article ci-dessous), 19% des Allemands sont convaincus de l'implication directe des services secrets américains et israéliens dans cette attaque, qui fut d'un genre nouveau, contre New York et Washington.
 
Ceci est loin d'être étonnant, cet événement meurtrier intervenant juste au moment où les démocrates américains, contestant l'élection qualifiée de frauduleuse de George W. Bush, allaient effectuer un nouveau décompte des voix dans certains Etats clés.
 
En parallèle, Ariel Sharon, qui avait déclenché la 2ème intifada palestinienne en septembre 2000, soit quatre mois après le retrait israélien du Liban, profitait de cette occasion pour donner un coup d'accélérateur à la répression sanglante du peuple palestinien.
 
Le terrorisme israélien a ensuite atteint son paroxysme lors de l'invasion américaine de l'Irak au printemps 2003, invasion couverte côté américain par le sentiment de revanche suscité chez les soldats américains, croyant s'attaquer aux auteurs des attentats du 11 septembre. 
 
La responsabilité des gouvernants américains a souvent été reconnue, en dehors de leur territoire, dans le déclenchement de guerres régionales, aussi bien en Amérique du Sud qu'en Afrique ou au Moyen-Orient. Citons l'exemple de l'Iran et le renversement du Shah, entraînant l'installation d'un pouvoir fanatique dans ce pays, ainsi qu'une terrible guerre entre l'Iran et l'Irak (1980-1988 : près d'un million de morts !).
 
A ce sujet, la soeur du Shah, la princesse Ashraf, avait déclaré, dans une interview à Paris-Match réalisée par Vick Vance et publiée le 3 avril 1981 sous le titre "La vérité sur la mort du Shah" : "Jimmy Carter n'est sûrement pas devenu président des Etats-Unis (1977-1981) avec l'intention de déstabiliser l'Iran et d'obliger mon frère à quitter son trône (janvier 1979). C'est néanmoins pendant les quatre ans de sa présidence qu'un pays prospère, florissant, a été mis à genoux et un allié, loyal et consciencieux, détruit."
 
"Qu'il ait su ou non ce qu'il faisait, Carter a fourni, par ses prises de position sur les "Droits de l'homme", une arme redoutable à ceux qui estimaient que les intérêts américains seraient mieux servis si l'on remplaçait un Iran fort par une nation faible et divisée, et en échangeant un souverain assez nationaliste et indépendant pour dire "non" à ses alliés contre un dirigeant plus souple et malléable qui agirait d'une manière convenant à son état de "client"..."
 
"Mon frère voulait créer un Marché commun asiatique. Il souhaitait faire de son pays un deuxième Japon et se passer peu à peu de l'emprise de l'Occident. C'est pourquoi l'Occident, le trouvant menaçant pour ses intérêts, n'hésita pas à s'en débarrasser sans le moindre scrupule. J'accuse non seulement le gouvernement Carter de ce genre d'échec, mais encore d'inhumanité flagrante dans sa façon de traiter mon frère, un homme connu depuis longtemps pour respecter ses engagements envers ses alliés. Après avoir participé activement à la chute d'un règne productif de 37 ans, le gouvernement américain devait au moins à un ancien allié un asile sûr."...  
  
Sans transition, voici la théorie du complot vue d'Allemagne.
 
 
Le "complot du 11 septembre" fait recette en Allemagne
19 % de la population croit que les attentats ont été organisés par le gouvernement américain
 
par NICOLAS BOURCIER et GEORGES MARION, publié dans le Monde du 1er octobre 2003
 

Depuis plusieurs semaines, une fièvre conspiratrice s'est emparée de l'Allemagne : les livres consacrés aux théories du complot, à propos des "secrets du 11 septembre 2001", n'en finissent pas de figurer en tête des ventes dans les librairies d'outre-Rhin. En bonne place sur les étals depuis sa sortie, au mois d'août, l'ouvrage de l'ancien ministre social-démocrate du gouvernement de Helmut Schmidt, Andreas von Bülow, La CIA et le 11 septembre, se classe quatrième sur la liste des meilleures ventes établie par l'hebdomadaire Der Spiegel. Dans son essai, M. von Bülow soupçonne les services secrets américains et israéliens (Mossad) d'être impliqués dans les attaques terroristes du 11 septembre 2001 contre New York et Washington. Mathias Bröckers a, lui, vendu plus de 100 000 exemplaires de Complots, théories conspiratrices du 11/9, premier livre du genre sur ce thème et publié outre-Rhin en 2002. Son deuxième opus est en vente depuis le mois de juillet. Faits, falsifications et preuves dissimulées du 11/9 pourrait, lui aussi, atteindre des sommets. Ancien journaliste du quotidien alternatif berlinois Die Tageszeitung, il soutient que certains pilotes kamikazes présumés pourraient être encore vivants. Enfin, Gerhard Wisnewski doute, dans son Opération 11/9. Attaque sur le globe, qu'un avion se soit écrasé en Pennsylvanie. En juin, ce journaliste indépendant de 43 ans a même mis sa thèse en images dans une enquête diffusée sur la chaîne de télévision régionale WDR (Westdeutscher Rundfunk) à une heure de grande écoute.

 

Tous trois, dans la droite ligne d'un Thierry Meyssan, l'auteur français qui avait fait scandale, en 2002, avec son livre L'Effroyable Imposture, traduit depuis dans plus de 18 langues, soupçonnent les stratèges de la Maison Blanche d'avoir sacrifié "deux tours" afin de justifier une politique d'intervention mondiale au nom de la lutte contre le terrorisme. Tous ces auteurs se retrouvent pour révéler les "mensonges des médias et des services secrets" et mettre en lumière le rôle des services spéciaux au sein du terrorisme international. Traditionnellement, la théorie du complot est l'une des obsessions majeures de l'extrême droite, comme le rappelle régulièrement la presse allemande : un parallèle que réfutent catégoriquement les trois auteurs. Au cours d'une réunion publique consacrée au "Terrorisme mis en scène", qui s'est tenue au début du mois de septembre au Tempodrom, haut lieu de la scène alternative berlinoise, les organisateurs ont jugé utile de réaffirmer leurs distances avec "les milieux de la droite nationale". Lors de cette conférence, quelque 200 personnes ont entendu Mathias Bröckers, l'invité vedette, dire notamment que le 11 septembre 2001 et ses suites "ont été le plus grand lavage de cerveau de tous les temps". Dans une minutieuse enquête de 16 pages, le Spiegel vient de démonter un à un les principales théories des trois auteurs à succès. "D'après le courrier des lecteurs, une majorité nous donne raison et admet que ces ouvrages comportent des détails peu clairs, mais, dans le fond, l'impression du complot persiste", admet Gunther Latsch, l'un des auteurs du dossier. "Il faudrait écrire au moins 600 pages pour arriver à les convaincre. En Allemagne, nous avons une incapacité à distinguer le vrai du faux", poursuit-il en épinglant au passage le manque de vigilance des maisons d'édition du pays.

 

Pourquoi une frange de la gauche allemande a-t-elle fini par succomber aux charmes de cette théorie du complot ? Jörg Lau, dans une analyse au vitriol parue dans Die Zeit, avance que "la présidence de Bush junior est certainement la période la plus fertile pour les adeptes de la conspiration depuis la mort de John Fitzgerald Kennedy". D'après un sondage publié en juillet par l'hebdomadaire, 19 % des Allemands estiment que le gouvernement américain a commandité les attentats. Ceux qui voient la main de Washington derrière les attaques-suicides du 11 septembre 2001 sont plus nombreux dans l'ancienne RDA (29 %) qu'à l'Ouest (16 %). Toujours selon l'étude, près de 31 % des Allemands âgés de moins de 30 ans n'excluent pas l'idée que ces attentats aient pu être organisés par Washington. En toile de fond, Mathias Bröckers trace, dans son livre, un parallèle entre les attentats du 11 septembre 2001 et l'incendie, en 1933, du Reichstag, préparé par Adolf Hitler pour écraser l'opposition communiste et sociale-démocrate. La comparaison entre George Bush et Adolf Hitler est d'ailleurs souvent faite chez les adversaires allemands de la guerre en Irak. Pour être allée dans ce sens, la ministre sociale-démocrate de la justice, Herta Daübler-Gmelin, avait dû abandonner son poste après les élections de septembre 2002. Des milliers d'opposants à la guerre en Irak avaient cependant défilé dans tout le pays en proclamant les mêmes slogans. 

 

 
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