Semer
la graine du
terrorisme au
Proche-Orient avec
la création de l'Etat
d'Israël en terre
de Palestine, et
essayer (depuis plus
de 50 ans) d'éradiquer
en vain ce fléau.
L'Union européenne
vient de signer hier un
véritable constat
d'échec, en décidant de
classer toutes les
branches du Hamas
dans la liste des
organisations
terroristes.
L'Europe s'aligne
ainsi sur les
positions extrémistes
de George Bush ayant
entraîné la guerre
en Irak au profit
d'Israël.
Cette
décision intervient
au moment où les
derniers efforts de
paix sont de nouveau
remis sur le tapis,
avec la démission
du premier ministre
palestinien Mahmoud
Abbas et la
recrudescence des
attaques israéliennes
contre le Hamas,
dont le chef
spirituel, cheikh
Ahmad Yassine, a
failli hier trouver la
mort.
Nous
publions à ce sujet
plusieurs articles,
précédés par le
texte de
l'intervention de la
députée européenne
des Verts, ALIMA
BOUMEDIENE THIERY,
faite le 4 septembre
à Strasbourg, à
propos de l'accord
d'association Union
européenne-Israël
:
Accord
d'association Union
européenne-Israël
Messieurs
les Présidents
de la Commission
et du Conseil,
Permettez-moi
de saisir cette
déclaration sur
l'application de
l'accord
d'association
Union européenne-Israël
pour vous
rappeler que le
10 avril 2002,
notre parlement
a voté une résolution
appelant au gel
de cet accord en
raison de la
violation par
Israël de
l'article 2 de
cet accord sur
le respect des
Droits de
l'Homme et des
principes démocratiques.
Or, 18 mois après,
cette résolution
est toujours
ignorée par
vous ! Peut-on
considérer
qu'il s'agit
d'un soutien
infaillible à
la politique
actuelle de l'Etat
israélien malgré
ses violations
des Droits de
l'Homme et du
Droit
International ?
Comme vous le
savez, cette
guerre coloniale
fait de plus en
plus de victimes
! Ariel Sharon,
en toute impunité,
poursuit sa
stratégie d'éradication
de l'entité
nationale
palestinienne et
de destruction
de toute
perspective de
paix négociée
entre Israéliens
et Palestiniens.
Alors que la
"feuille de
route" prévoit
le gel de la
colonisation,
les colonies
juives
continuent de
croître, l'armée
assure leur
protection et
plus de 450 km
de routes de
contournement, réservées
aux israéliens,
ont été
construites pour
les relier à
Israël et éviter
ainsi les villes
palestiniennes.
En
Israël même,
la situation est
dramatique. Des
citoyens israéliens
sont discriminés,
persécutés et
privés de
certains droits
car ils sont
arabes israéliens,
et leurs élus
comme Ahmad Tibi
ou Ismir Bishara
sont sous
pression et sous
menace perpétuelles.
Ainsi, le 31
juillet, la
Knesset a voté
une loi qui empêche
les Palestiniens
d'obtenir la
citoyenneté
israélienne par
mariage y
compris les
enfants nés de
cette union.
"C'est une
loi
discriminatoire
et raciste qui
porte atteinte
aux Droits de
l'Homme", déclarent
plusieurs députés
arabes et israéliens
d'opposition. Un
récent rapport
du 25 août de
la Fédération
Internationale
des Droits de
l'Homme et du Réseau
euro-méditerranéen
des Droits de
l'Homme nous
informe d'une
forme moderne
d'esclavage
envers les
travailleurs
migrants, dont
60 % sont en
situation illégale
: bas salaires,
pas de jours de
congé,
mauvaises
conditions de
travail,
confiscation du
passeport par
l'employeur,
violations des
conventions de
l'OIT et des
Nations-unies,
etc...
Abraham
Burg, député
et ancien président
de la Knesset,
lance un cri
d'alarme dans la
presse israélienne
le 30 août (je
conseille aux
amis d'Israël
de lire cet
article) :
"La nation
israélienne
s'appuie sur un
échafaudage de
corruption,
lui-même posé
sur des
fondations
d'oppression et
d'injustice,
..., qui se réduit
à un Etat de
colonies, dirigé
par une clique
sans morale de
hors-la-loi
corrompus...
Nous ne pouvons
pas garder sous
la botte d'Israël
une majorité
palestinienne,
et en même
temps nous
prendre pour la
seule démocratie
du Moyen-Orient.
Il ne peut pas y
avoir de démocratie
sans droits égaux
pour tous ceux
qui vivent ici,
juifs et
arabes..."
Quant à Javier
Solana, haut
commissaire
européen aux
Affaires Etrangères,
il a renoncé le
31 août à
rencontrer
Yasser Arafat et
Mahmoud Abbas,
conformément à
la requête du
gouvernement
israélien qui
clame son refus
de s'entretenir
avec les
responsables étrangers
qui rendent
visite au Président
Arafat. Mais
pourquoi et
depuis quand le
représentant de
l'Union européenne
se plie-t-il
aux
volontés de
Sharon ?
Le
2 septembre, le
résultat d'une
commission
d'enquête
accuse la police
israélienne
d'hostilité
flagrante envers
la minorité
arabe, la rend
responsable de
la mort de
plusieurs
manifestants et
dénonce
"sa culture
du
mensonge"
en ayant voulu
cacher le fait
que les
policiers ont
tiré à balles
réelles. Dans
les territoires
occupés, la
situation est
catastrophique.
Elle s'est
encore dégradée
depuis la guerre
contre l'Irak.
Profitant de
l'agression américaine,
l'armée israélienne
multiplie les
incursions dans
les villes et
les camps de réfugiés
pour assassiner,
emprisonner et détruire
les habitations
et les terres.
Pour vous
convaincre,
faut-il également
que je vous
parle de ce mur
de la honte qui
matérialise
l'apartheid et
l'injustice que
vit la société
palestinienne ?
Ce mur
transforme la
vie de dizaines
de milliers de
personnes en
enfer, sépare
des familles et
ainsi "crée
un peuple de détenus
et un peuple de
gardiens de
camp".
Ce
mur est également
un désastre écologique
en Palestine :
destruction
d'habitations,
spoliation de
terres,
arrachage de
cultures, altération
des flux d'eau,
confiscation et
détournement
des sources et
des puits, déclin
et raréfaction
des populations
animales et végétales,
déchets des
colonies
polluant les
villages, les
cours d'eau et
les
exploitations
agricoles,
canalisations
des eaux usagées
brisées et
contaminant
l'eau potable,
empoisonnements
des terres et de
l'eau provoqués
par les
munitions à
l'uranium
appauvri ou par
la non-gestion,
non-transfert ou
non traitement
des déchets
solides qui se
retrouvent dans
des décharges
de fortune dans
des zones
urbaines, dont
certains sont
ensuite incinérés
et polluent
l'air... Ne
laissons pas ce
"mur de
Berlin"
israélien,
durer 30 ans.
Nous devons le
combattre avec
force et vigueur
et agir pour
mettre fin
rapidement à ce
drame !
Aujourd'hui ce
mur se construit
dans le silence
de l'Europe sous
prétexte de sécurité
pour protéger
la population
israélienne !
Mais qui est
victime du
terrorisme
aujourd'hui ? Ce
terrorisme d'Etat
qui assassine
quotidiennement
une population
civile réfugiée
dans des camps
et poussée au désespoir
! Voulez-vous
des chiffres ?
Savez-vous que
depuis le début
de l'intifada
plus de 5.000
palestiniens se
trouvent
arbitrairement
dans des prisons
et centres de détention
israéliens sans
jugement, plus
de 2.500
palestiniens
civils ont été
tués et 23.000
blessés au
cours d'attaques
israéliennes
par les forces
militaires et
les colons en
Palestine occupée,
sans parler des
liquidations
ciblées qui
tuent aussi des
populations
civiles comme
les derniers
raids israéliens
à Gaza ? Et
depuis le 1er
juillet il y a
eu 845
violations de la
trêve,
violations
commises par les
forces
d'occupation
israélienne. Il
ne s'agit pas de
refaire
l'histoire, ni
d'être pro-israélien
ou
pro-palestinien,
mais il s'agit
de faire reconnaître
la vérité et
rendre justice
aux victimes.
Envoyons
d'urgence une
force de
protection du
peuple
palestinien,
peuple que l'Etat
israélien est
en train
d'exterminer
sous nos yeux et
sous vos yeux !
En gardant le
silence, nous
nous rendons
complice d'un
nouveau crime
contre l'humanité
! L'Union européenne,
comme les
Nations-unies,
doit assumer sa
responsabilité
politique et
historique.
N'avons-nous pas
le devoir de
faire pression
sur le
gouvernement
israélien par
tous les moyens
dont nous
disposons, y
compris les
moyens économiques
et commerciaux ?
Et pourquoi ne
pas paralyser
nos accords
d'association
avec Israël,
comme hier nous
l'avons fait
contre
l'apartheid en
Afrique du Sud ?
Je
vous remercie.
L'Europe
gèle les avoirs
du Hamas
paru
dans le Soir
(Belgique) le 6
septembre 2003
Les
ministres des
Affaires étrangères
de l'Union européenne
ont déclaré
samedi qu'ils
allaient inscrire
toutes les
branches du Hamas
sur la liste des
organisations
terroristes, à la
suite de plusieurs
dizaines
d'attentats
meurtriers commis
en Israël. L'Union
européenne avait
auparavant
seulement inscrit
Izzedine al-Kassem,
la branche
militaire du Hamas,
sur la liste des
organisations
terroristes. Mais
elle a décidé
samedi d'ajouter
toutes les
filiales
politiques et
humanitaires de ce
mouvement sur leur
liste noire après
l'attentat à la
bombe contre un
bus à Jérusalem,
le 19 août, qui a
fait 20 morts. Des
responsables de la
Commission européenne
se réuniront
lundi pour
discuter des détails
de cette mesure -
qui implique le
gel des avoirs du
Hamas - et ils
devraient rendre
la décision
officielle dans
les semaines à
venir. Israël
s'est félicité
de cette mesure.
"Les
ministres de
l'Union européenne
ont envoyé un
message clair
montrant que
quiconque a
recours au
terrorisme n'a pas
sa place dans la
famille des
nations", ont
annoncé dans un
communiqué les
services du
ministre israélien
des Affaires étrangères
Silvan Shalom.
Les
ministres de
l'Union européenne,
qui terminaient
samedi une
rencontre de deux
jours sur le lac
de Garde dans les
Alpes italiennes,
ont aussi réagi
à la démission
du Premier
ministre
palestinien
Mahmoud Abbas.
Elle risque
d'avoir "de
graves répercussions
sur les efforts
pour ranimer le
processus de
paix" israélo-palestinien,
a commenté samedi
la porte-parole de
la Commission
européenne Emma
Udwin. L'Union
européenne forme
avec les
Etats-Unis, la
Russie et les
Nations unies le
"Quartet",
qui a élaboré la
"feuille de
route" pour
ramener la paix au
Proche-Orient. Ce
plan de paix
international est
quasiment mort
depuis l'attentat-suicide
du 19 août à Jérusalem
et les frappes
israéliennes
visant le Hamas
qui ont suivi.
La
démission de
Mahmoud Abbas hypothèque
la paix
Plusieurs
pays occidentaux ont
souligné l'impact négatif
de cette démission
sur le processus de
paix
paru
dans le Monde du 7
septembre 2003
Le
premier ministre
palestinien Mahmoud
Abbas a présenté
samedi 6 septembre
sa démission qui a
été acceptée par
le président
palestinien Yasser
Arafat. Le bureau du
premier ministre
palestinien a précisé
dans un communiqué
les raisons de la démission,
mettant en avant le
"refus
fondamental d'Israël
d'appliquer la
feuille de
route", le
dernier plan de paix
international,
l'absence de
pressions américaines
sur Israël, et le
manque de soutien à
son gouvernement de
la part de M.
Arafat. Israël a
vivement réagi
samedi, affirmant
qu'il n'accepterait
pas de négocier
avec Yasser Arafat
ou l'un de ses
partisans, laissant
planer à nouveau la
menace d'un
bannissement du président
palestinien. Le
gouvernement israélien
a accusé samedi
Yasser Arafat de
menacer la stabilité
au Proche-Orient et
exclu de négocier
avec le président
de l'Autorité
palestinienne. "Le
peuple palestinien
doit choisir entre
la voie des négociations
et de la paix et
celle de la terreur
et de la
violence",
a fait savoir le
ministère des
affaires étrangères
dans un communiqué.
Le chef de la
diplomatie israélienne
Sylvan Shalom, a
regretté que "les
Palestiniens
refusent de prendre
la décision stratégique
de combattre le
terrorisme comme
voie pour parvenir
à la paix".
"Le
gouvernement israélien
n'ouvrira pas de négociations
avec Arafat. Cet
homme est partie intégrante
du problème, et non
de sa solution. Il
est une cause
directe qui menace
la stabilité de la
région".
Pas
en arrière pour la
paix
Les
Etats-Unis et
d'autres pays
occidentaux ont
exprimé leur vive
préoccupation quant
à l'impact de cette
démission sur le
processus de paix.
Le secrétaire à la
Sécurité intérieure
américain Tom Ridge
a estimé que la démission
de M. Abbas entraînera
"un retard
inévitable"
pour le processus de
paix au
Proche-Orient. Le
ministre des
affaires étrangères
danois Per Stig
Moeller, qui a
fortement contribué
à l'élaboration de
la feuille de route
pour la paix au
Proche-Orient présentée
par le
"quartet"
de médiateurs dans
la région - UE,
Etats-Unis, Russie
et ONU -, a déclaré
que la démission
d'Abbas marquerait
un sévère recul du
processus. "C'est
extrêmement grave
et cela n'aide
certainement pas le
processus de
paix",
a-t-il dit. "C'est
un échec quand
l'homme à qui le
monde fait confiance
démisionne."
Moeller a jugé impératif
que le
"quartet"
rencontre d'urgence
Palestiniens et Israéliens.
Pour Romano Prodi,
le président de la
commission européenne,
la démission de
Mahmoud Abbas représente
"un pas en
arrière pour le
processus de
paix".
La
Russie a exprimé
samedi son "inquiétude"
à l'annonce de la démission
du premier ministre
palestinien, selon
un communiqué du
ministère russe des
affaires étrangères.
Un tel retrait "compliquerait
sérieusement les
efforts pour
surmonter la crise
du règlement (du
conflit) israélo-palestinien,
et la reprise de
l'application (...)
de la "feuille
de route"",
ajoute le ministère.
Le conflit au sein
de l'Autorité
palestinienne est
l'affaire des seuls
Palestiniens,
souligne le
communiqué. Mais
Moscou apporte un
soutien voilé à M.
Abbas dans son
conflit avec M.
Arafat, en
remarquant que "le
gouvernement actuel
bénéficie d'un
large soutien
international"
et que "le
monde lie son
activité aux
espoirs de progrès
dans la
stabilisation de la
situation dans cette
région". La
Ligue arabe s'est
dite pour sa part "très
attachée à l'unité
des rangs
palestiniens", et
a exprimé son
espoir que ce départ
"n'affecterait
pas la position
palestinienne face
à l'agression et
aux violences israéliennes".
La démission acceptée,
le gouvernement
Abbas devrait expédier
les affaires
courantes pendant
une période de cinq
semaines, selon un
responsable
palestinien.
Dans
ce climat de
tension, Israël
a tenté de tuer le
chef spirituel du
mouvement radical
Hamas, dans un raid
aérien sur Gaza. Le
fondateur et chef
spirituel du Hamas,
cheikh Ahmed Yassine,
a été légèrement
blessé à l'épaule
par des tirs de
roquettes à partir
d'appareils de
combat, selon des
sources sécuritaires
palestiniennes.
C'est la première
fois qu'Israël
tente d'assassiner
cheikh Yassine,
alors que d'autres
responsables
politiques du
mouvement et ses
chefs militaires ont
été la cible
"d'opérations
de liquidation"
dans le passé. Un
autre dirigeant du
Hamas, Ismaïl Abou
Chanab, avait été
tué le 21 août
dans un raid, en réponse
à un attentat
suicide particulièrement
meurtrier du Hamas
à Jérusalem. Le
Hamas a promis une
riposte sévère à
cette action israélienne.
"Mon
message à Sharon
est clair: il va
payer ainsi que le
peuple israélien le
prix fort pour ce
crime", a
déclaré cheikh
Yassine.
Territoires
occupés - Les
"bons
comptes" d'Israël
28
familles à la rue
pour un islamiste tué
paru
dans l'Orient-le
Jour le 6 septembre
2003
Depuis
deux ans, l’armée
israélienne
recherchait Mohammed
al-Hanbali, chef des
Brigades Ezzedine
al-Qassam, la
branche armée du
Hamas, responsable
de la mort de 26
Israéliens. Hier,
elle l’a trouvé
à Naplouse. Et pour
être certains
qu’il n’allait
pas leur échapper,
les soldats israéliens,
qui ont perdu l’un
des leurs dans
l’offensive,
n’ont pas hésité
à dynamiter un
immeuble de sept étages,
dans lequel il s’était
retranché et d’où
il continuait de
tirer sur eux. Un
immeuble qui
abritait aussi et
surtout 28 familles
palestiniennes évacuées
à la dernière
minute et qui,
depuis hier soir,
sont à la rue. Une
fois encore, ce sont
les civils qui ont
payé le prix de la
haine. Face à cette
situation, les
leaders palestiniens
n’étaient
toujours pas
parvenus hier à
parler d’une même
voix, et ce à la
veille d’une réunion
à huis clos du
Parlement qui doit
tenter de régler
les différends
opposant MM. Abbas
et Arafat.
Arafat
accuse Israël
d'avoir torpillé la
"feuille de
route"
Mahmoud
Abbas hausse le ton
: Des pouvoirs supplémentaires
ou la démission
paru
dans l'Orient-le
Jour le 4 septembre
2003
Des
militants de la gauche
israélienne ont
manifesté le mercredi
3 septembre devant le
ministère de la Défense
à Tel-Aviv pour dénoncer
la politique
d’assassinats ciblés
d’activistes
palestiniens pratiquée
par le gouvernement
Sharon. (Photo
AFP)