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COMMUNIQUÉ  RJLIBAN  N°30  du 7 septembre 2003 

 
L'Europe gèle les avoirs du Hamas
 
Semer la graine du terrorisme au Proche-Orient avec la création de l'Etat d'Israël en terre de Palestine, et essayer (depuis plus de 50 ans) d'éradiquer en vain ce fléau.  L'Union européenne vient de signer hier un véritable constat d'échec, en décidant de classer toutes les branches du Hamas dans la liste des organisations terroristes. L'Europe s'aligne ainsi sur les positions extrémistes de George Bush ayant entraîné la guerre en Irak au profit d'Israël. Cette décision intervient au moment où les derniers efforts de paix sont de nouveau remis sur le tapis, avec la démission du premier ministre palestinien Mahmoud Abbas et la recrudescence des attaques israéliennes contre le Hamas, dont le chef spirituel, cheikh Ahmad Yassine, a failli hier trouver la mort.
 
Nous publions à ce sujet plusieurs articles, précédés par le texte de l'intervention de la députée européenne des Verts, ALIMA BOUMEDIENE THIERY, faite le 4 septembre à Strasbourg, à propos de l'accord d'association Union européenne-Israël  :
 
Accord d'association Union européenne-Israël
 
Messieurs les Présidents de la Commission et du Conseil,
 
Permettez-moi de saisir cette déclaration sur l'application de l'accord d'association Union européenne-Israël pour vous rappeler que le 10 avril 2002, notre parlement a voté une résolution appelant au gel de cet accord en raison de la violation par Israël de l'article 2 de cet accord sur le respect des Droits de l'Homme et des principes démocratiques. Or, 18 mois après, cette résolution est toujours ignorée par vous ! Peut-on considérer qu'il s'agit d'un soutien infaillible à la politique actuelle de l'Etat israélien malgré ses violations des Droits de l'Homme et du Droit International ? Comme vous le savez, cette guerre coloniale fait de plus en plus de victimes ! Ariel Sharon, en toute impunité, poursuit sa stratégie d'éradication de l'entité nationale palestinienne et de destruction de toute perspective de paix négociée entre Israéliens et Palestiniens. Alors que la "feuille de route" prévoit le gel de la colonisation, les colonies juives continuent de croître, l'armée assure leur protection et plus de 450 km de routes de contournement, réservées aux israéliens, ont été construites pour les relier à Israël et éviter ainsi les villes palestiniennes.
En Israël même, la situation est dramatique. Des citoyens israéliens sont discriminés, persécutés et privés de certains droits car ils sont arabes israéliens, et leurs élus comme Ahmad Tibi ou Ismir Bishara sont sous pression et sous menace perpétuelles. Ainsi, le 31 juillet, la Knesset a voté une loi qui empêche les Palestiniens d'obtenir la citoyenneté israélienne par mariage y compris les enfants nés de cette union. "C'est une loi discriminatoire et raciste qui porte atteinte aux Droits de l'Homme", déclarent plusieurs députés arabes et israéliens d'opposition. Un récent rapport du 25 août de la Fédération Internationale des Droits de l'Homme et du Réseau euro-méditerranéen des Droits de l'Homme nous informe d'une forme moderne d'esclavage envers les travailleurs migrants, dont 60 % sont en situation illégale : bas salaires, pas de jours de congé, mauvaises conditions de travail, confiscation du passeport par l'employeur, violations des conventions de l'OIT et des Nations-unies, etc...
Abraham Burg, député et ancien président de la Knesset, lance un cri d'alarme dans la presse israélienne le 30 août (je conseille aux amis d'Israël de lire cet article) : "La nation israélienne s'appuie sur un échafaudage de corruption, lui-même posé sur des fondations d'oppression et d'injustice, ..., qui se réduit à un Etat de colonies, dirigé par une clique sans morale de hors-la-loi corrompus... Nous ne pouvons pas garder sous la botte d'Israël une majorité palestinienne, et en même temps nous prendre pour la seule démocratie du Moyen-Orient. Il ne peut pas y avoir de démocratie sans droits égaux pour tous ceux qui vivent ici, juifs et arabes..." Quant à Javier Solana, haut commissaire européen aux Affaires Etrangères, il a renoncé le 31 août à rencontrer Yasser Arafat et Mahmoud Abbas, conformément à la requête du gouvernement israélien qui clame son refus de s'entretenir avec les responsables étrangers qui rendent visite au Président Arafat. Mais pourquoi et depuis quand le représentant de l'Union européenne se plie-t-il aux volontés de Sharon ?
Le 2 septembre, le résultat d'une commission d'enquête accuse la police israélienne d'hostilité flagrante envers la minorité arabe, la rend responsable de la mort de plusieurs manifestants et dénonce "sa culture du mensonge" en ayant voulu cacher le fait que les policiers ont tiré à balles réelles. Dans les territoires occupés, la situation est catastrophique. Elle s'est encore dégradée depuis la guerre contre l'Irak. Profitant de l'agression américaine, l'armée israélienne multiplie les incursions dans les villes et les camps de réfugiés pour assassiner, emprisonner et détruire les habitations et les terres. Pour vous convaincre, faut-il également que je vous parle de ce mur de la honte qui matérialise l'apartheid et l'injustice que vit la société palestinienne ? Ce mur transforme la vie de dizaines de milliers de personnes en enfer, sépare des familles et ainsi "crée un peuple de détenus et un peuple de gardiens de camp".
Ce mur est également un désastre écologique en Palestine : destruction d'habitations, spoliation de terres, arrachage de cultures, altération des flux d'eau, confiscation et détournement des sources et des puits, déclin et raréfaction des populations animales et végétales, déchets des colonies polluant les villages, les cours d'eau et les exploitations agricoles, canalisations des eaux usagées brisées et contaminant l'eau potable, empoisonnements des terres et de l'eau provoqués par les munitions à l'uranium appauvri ou par la non-gestion, non-transfert ou non traitement des déchets solides qui se retrouvent dans des décharges de fortune dans des zones urbaines, dont certains sont ensuite incinérés et polluent l'air... Ne laissons pas ce "mur de Berlin" israélien, durer 30 ans. Nous devons le combattre avec force et vigueur et agir pour mettre fin rapidement à ce drame ! Aujourd'hui ce mur se construit dans le silence de l'Europe sous prétexte de sécurité pour protéger la population israélienne !
Mais qui est victime du terrorisme aujourd'hui ? Ce terrorisme d'Etat qui assassine quotidiennement une population civile réfugiée dans des camps et poussée au désespoir ! Voulez-vous des chiffres ? Savez-vous que depuis le début de l'intifada plus de 5.000 palestiniens se trouvent arbitrairement dans des prisons et centres de détention israéliens sans jugement, plus de 2.500 palestiniens civils ont été tués et 23.000 blessés au cours d'attaques israéliennes par les forces militaires et les colons en Palestine occupée, sans parler des liquidations ciblées qui tuent aussi des populations civiles comme les derniers raids israéliens à Gaza ? Et depuis le 1er juillet il y a eu 845 violations de la trêve, violations commises par les forces d'occupation israélienne. Il ne s'agit pas de refaire l'histoire, ni d'être pro-israélien ou pro-palestinien, mais il s'agit de faire reconnaître la vérité et rendre justice aux victimes.
Envoyons d'urgence une force de protection du peuple palestinien, peuple que l'Etat israélien est en train d'exterminer sous nos yeux et sous vos yeux ! En gardant le silence, nous nous rendons complice d'un nouveau crime contre l'humanité ! L'Union européenne, comme les Nations-unies, doit assumer sa responsabilité politique et historique. N'avons-nous pas le devoir de faire pression sur le gouvernement israélien par tous les moyens dont nous disposons, y compris les moyens économiques et commerciaux ? Et pourquoi ne pas paralyser nos accords d'association avec Israël, comme hier nous l'avons fait contre l'apartheid en Afrique du Sud ?
Je vous remercie.
 
 
L'Europe gèle les avoirs du Hamas
 
paru dans le Soir (Belgique) le 6 septembre 2003
 
Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont déclaré samedi qu'ils allaient inscrire toutes les branches du Hamas sur la liste des organisations terroristes, à la suite de plusieurs dizaines d'attentats meurtriers commis en Israël. L'Union européenne avait auparavant seulement inscrit Izzedine al-Kassem, la branche militaire du Hamas, sur la liste des organisations terroristes. Mais elle a décidé samedi d'ajouter toutes les filiales politiques et humanitaires de ce mouvement sur leur liste noire après l'attentat à la bombe contre un bus à Jérusalem, le 19 août, qui a fait 20 morts. Des responsables de la Commission européenne se réuniront lundi pour discuter des détails de cette mesure - qui implique le gel des avoirs du Hamas - et ils devraient rendre la décision officielle dans les semaines à venir. Israël s'est félicité de cette mesure. "Les ministres de l'Union européenne ont envoyé un message clair montrant que quiconque a recours au terrorisme n'a pas sa place dans la famille des nations", ont annoncé dans un communiqué les services du ministre israélien des Affaires étrangères Silvan Shalom.
Les ministres de l'Union européenne, qui terminaient samedi une rencontre de deux jours sur le lac de Garde dans les Alpes italiennes, ont aussi réagi à la démission du Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas. Elle risque d'avoir "de graves répercussions sur les efforts pour ranimer le processus de paix" israélo-palestinien, a commenté samedi la porte-parole de la Commission européenne Emma Udwin. L'Union européenne forme avec les Etats-Unis, la Russie et les Nations unies le "Quartet", qui a élaboré la "feuille de route" pour ramener la paix au Proche-Orient. Ce plan de paix international est quasiment mort depuis l'attentat-suicide du 19 août à Jérusalem et les frappes israéliennes visant le Hamas qui ont suivi.
 
 
La démission de Mahmoud Abbas hypothèque la paix
Plusieurs pays occidentaux ont souligné l'impact négatif de cette démission sur le processus de paix
 
paru dans le Monde du 7 septembre 2003
 
Le premier ministre palestinien Mahmoud Abbas a présenté samedi 6 septembre sa démission qui a été acceptée par le président palestinien Yasser Arafat. Le bureau du premier ministre palestinien a précisé dans un communiqué les raisons de la démission, mettant en avant le "refus fondamental d'Israël d'appliquer la feuille de route", le dernier plan de paix international, l'absence de pressions américaines sur Israël, et le manque de soutien à son gouvernement de la part de M. Arafat. Israël a vivement réagi samedi, affirmant qu'il n'accepterait pas de négocier avec Yasser Arafat ou l'un de ses partisans, laissant planer à nouveau la menace d'un bannissement du président palestinien. Le gouvernement israélien a accusé samedi Yasser Arafat de menacer la stabilité au Proche-Orient et exclu de négocier avec le président de l'Autorité palestinienne. "Le peuple palestinien doit choisir entre la voie des négociations et de la paix et celle de la terreur et de la violence", a fait savoir le ministère des affaires étrangères dans un communiqué. Le chef de la diplomatie israélienne Sylvan Shalom, a regretté que "les Palestiniens refusent de prendre la décision stratégique de combattre le terrorisme comme voie pour parvenir à la paix". "Le gouvernement israélien n'ouvrira pas de négociations avec Arafat. Cet homme est partie intégrante du problème, et non de sa solution. Il est une cause directe qui menace la stabilité de la région".
Pas en arrière pour la paix
Les Etats-Unis et d'autres pays occidentaux ont exprimé leur vive préoccupation quant à l'impact de cette démission sur le processus de paix. Le secrétaire à la Sécurité intérieure américain Tom Ridge a estimé que la démission de M. Abbas entraînera "un retard inévitable" pour le processus de paix au Proche-Orient. Le ministre des affaires étrangères danois Per Stig Moeller, qui a fortement contribué à l'élaboration de la feuille de route pour la paix au Proche-Orient présentée par le "quartet" de médiateurs dans la région - UE, Etats-Unis, Russie et ONU -, a déclaré que la démission d'Abbas marquerait un sévère recul du processus. "C'est extrêmement grave et cela n'aide certainement pas le processus de paix", a-t-il dit. "C'est un échec quand l'homme à qui le monde fait confiance démisionne." Moeller a jugé impératif que le "quartet" rencontre d'urgence Palestiniens et Israéliens. Pour Romano Prodi, le président de la commission européenne, la démission de Mahmoud Abbas représente "un pas en arrière pour le processus de paix".
La Russie a exprimé samedi son "inquiétude" à l'annonce de la démission du premier ministre palestinien, selon un communiqué du ministère russe des affaires étrangères. Un tel retrait "compliquerait sérieusement les efforts pour surmonter la crise du règlement (du conflit) israélo-palestinien, et la reprise de l'application (...) de la "feuille de route"", ajoute le ministère. Le conflit au sein de l'Autorité palestinienne est l'affaire des seuls Palestiniens, souligne le communiqué. Mais Moscou apporte un soutien voilé à M. Abbas dans son conflit avec M. Arafat, en remarquant que "le gouvernement actuel bénéficie d'un large soutien international" et que "le monde lie son activité aux espoirs de progrès dans la stabilisation de la situation dans cette région". La Ligue arabe s'est dite pour sa part "très attachée à l'unité des rangs palestiniens", et a exprimé son espoir que ce départ "n'affecterait pas la position palestinienne face à l'agression et aux violences israéliennes". La démission acceptée, le gouvernement Abbas devrait expédier les affaires courantes pendant une période de cinq semaines, selon un responsable palestinien.
Dans ce climat de tension, Israël a tenté de tuer le chef spirituel du mouvement radical Hamas, dans un raid aérien sur Gaza. Le fondateur et chef spirituel du Hamas, cheikh Ahmed Yassine, a été légèrement blessé à l'épaule par des tirs de roquettes à partir d'appareils de combat, selon des sources sécuritaires palestiniennes. C'est la première fois qu'Israël tente d'assassiner cheikh Yassine, alors que d'autres responsables politiques du mouvement et ses chefs militaires ont été la cible "d'opérations de liquidation" dans le passé. Un autre dirigeant du Hamas, Ismaïl Abou Chanab, avait été tué le 21 août dans un raid, en réponse à un attentat suicide particulièrement meurtrier du Hamas à Jérusalem. Le Hamas a promis une riposte sévère à cette action israélienne. "Mon message à Sharon est clair: il va payer ainsi que le peuple israélien le prix fort pour ce crime", a déclaré cheikh Yassine.
 
 
Territoires occupés - Les "bons comptes" d'Israël
28 familles à la rue pour un islamiste tué
 
paru dans l'Orient-le Jour le 6 septembre 2003
 

Depuis deux ans, l’armée israélienne recherchait Mohammed al-Hanbali, chef des Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, responsable de la mort de 26 Israéliens. Hier, elle l’a trouvé à Naplouse. Et pour être certains qu’il n’allait pas leur échapper, les soldats israéliens, qui ont perdu l’un des leurs dans l’offensive, n’ont pas hésité à dynamiter un immeuble de sept étages, dans lequel il s’était retranché et d’où il continuait de tirer sur eux. Un immeuble qui abritait aussi et surtout 28 familles palestiniennes évacuées à la dernière minute et qui, depuis hier soir, sont à la rue. Une fois encore, ce sont les civils qui ont payé le prix de la haine. Face à cette situation, les leaders palestiniens n’étaient toujours pas parvenus hier à parler d’une même voix, et ce à la veille d’une réunion à huis clos du Parlement qui doit tenter de régler les différends opposant MM. Abbas et Arafat.

 

 

 
Arafat accuse Israël d'avoir torpillé la "feuille de route"
Mahmoud Abbas hausse le ton : Des pouvoirs supplémentaires ou la démission
 
paru dans l'Orient-le Jour le 4 septembre 2003
 

Des militants de la gauche israélienne ont manifesté le mercredi 3 septembre devant le ministère de la Défense à Tel-Aviv pour dénoncer la politique d’assassinats ciblés d’activistes palestiniens pratiquée par le gouvernement Sharon. (Photo AFP)

 

 
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