Le président
du Front national, Jean-Marie Le
Pen, est arrivé hier soir à
Beyrouth, venant de Chypre, pour
une visite de trois jours au
Liban. M. Le Pen est invité, en
tant que député européen, par
la Fondation pour la
francophonie de l’avocat
franco-libanais Elie Hatem. Au
cours d’une rencontre, ce
matin, au siège de l’Ordre de
la presse, M. Le Pen doit
notamment, selon Elie Hatem,
parler "de la situation
actuelle en Irak, du conflit
israélo-palestinien en appelant
à l’arrêt des violences à
la veille de Noël, et demandera
aux Libanais d’être tous unis
dans leur société fondée
sur une coexistence
communautaire, qui est
l’antidote du régime
autarcique, endogamique et
racial d’autres pays
voisins". M. Le Pen doit dîner
ce soir avec l’ancien président
Amine Gemayel, puis il assistera
dimanche matin à la messe, au
patriarcat maronite, à Bkerké,
selon M. Hatem. Selon des
indications de presse, M. Le Pen
rencontrera dimanche le président
du Parti national libéral, Dory
Chamoun, dans sa résidence de
Deir el-Qamar.
Cheikh
Mohammed Hussein Fadlallah a
indiqué qu’il recevrait le
dirigeant du FN, "étant prêt
à dialoguer avec tout le monde
à l’exception de l’ennemi
israélien". Cette
rencontre doit normalement avoir
lieu dimanche. "J’ai
fait des demandes à tout le
monde, au président Emile
Lahoud, au Premier ministre
Rafic Hariri, au président du
Parlement libanais Nabih Berry,
à tous les chefs spirituels,
c’était mon intention de voir
tout le monde", a déclaré
M. Hatem. Mais à Beyrouth, les
entourages de chacune de ces
trois personnalités politiques
ont indiqué qu’il n’y
aurait pas d’entretien avec
Jean-Marie Le Pen. Suite à une
demande transmise par
l’ambassade du Liban à Paris
au ministère libanais des
Affaires étrangères, M. Le Pen
se verra accorder une protection
rapprochée durant sa visite.
Jean-Marie Le
Pen avait indiqué, dans une
interview au quotidien arabe
al-Hayat publiée mardi, qu’il
se rendrait au Liban du vendredi
20 au lundi 23 décembre.
"Je connais le Liban à
travers les yeux du cœur et je
nourris pour son peuple de
l’amitié et de la
sympathie", a-t-il affirmé.
M. Le Pen a en outre précisé
à la correspondante d’al-Hayat
à Paris qu’il comptait aussi
se rendre dans la localité de
Qana, au Liban-Sud, où des
bombardements israéliens durant
l’opération "Raisins de
la colère", en avril 1996,
avaient fait plus de 100 tués
parmi les Libanais qui s’étaient
réfugiés au quartier général
de la Finul (Force intérimaire
des Nations unies au Liban) dans
cette ville. Le dirigeant français
d’extrême droite, arrivé en
deuxième position au premier
tour de l’élection présidentielle,
a également déclaré qu'il
souhaitait réaffirmer son
opposition à une intervention
militaire américaine en Irak,
et dénoncer "l’hégémonie
américano-sioniste sur le
monde, dont le peuple
palestinien, victime d’un génocide,
paie le prix à travers le
silence des Etats-Unis, de l’Europe
et du monde arabe".