Préoccupations
pour le Liban
par
GERARD BAPT, Député de Haute
Garonne (France)
Intervention
sur le Liban effectuée le 13 novembre
2002 par M. Gérard BAPT en
séance à l'Assemblée
nationale française présidée
par M. François BAROIN, vice-président
Monsieur le
ministre, les liens privilégiés
qui nous unissent au Liban nous
incitent à la plus grande
vigilance quant au respect des
libertés publiques et des règles
démocratiques de la vie
parlementaire dans ce pays.
A cet égard,
nos préoccupations sont très
vives. J'apprenais ce soir, à
la lecture de l'Orient-Le
Jour, que l'un des
principaux responsables de l'un
des partis de l'opposition désormais
dissout avait finalement été
libéré au terme de quinze mois
d'incarcération, aucune charge
sérieuse n'ayant pu être
finalement retenue contre lui et
pas même la prétendue
intelligence avec l'ennemi israélien
dont on le soupçonnait jusqu'à
présent.
Récemment,
le Conseil constitutionnel
libanais a invalidé l'élection
d'un député d'opposition et
fermé la télévision dont il
disposait au motif que son élection
était susceptible de causer des
troubles dans la région. Le
Conseil constitutionnel a déclaré
élu le candidat arrivé en
troisième position en considérant
que la crise irakienne
l'imposait !
Ayant
vocation à devenir un facteur
de paix, de démocratie et de sécurité
collective dans le bassin méditerranéen,
le Liban est trop cher à nos
yeux pour que nous laissions
passer de tels manquements aux règles
de la vie démocratique.
Pouvez-vous, Monsieur le
ministre, garantir que tout sera
fait pour que l'exercice de la
liberté d'expression soit préservé
au Liban ?
Monsieur le
ministre, la France entretient
avec le Liban une relation de
partenariat tout à fait
exceptionnelle. 15.000 de nos
compatriotes y résident et nous
suivons avec beaucoup
d'attention l'évolution de la
situation politique du pays. A
cet égard, la fermeture de
MTV-Liban, la condamnation de
certains opposants et
l'annulation judiciaire de l'élection
de M. Gabriel Murr sont
effectivement de nature à nous
préoccuper. Nous encourageons
les autorités libanaises à
oeuvrer pour la consolidation de
la démocratie.
Dans son
discours devant le Parlement
libanais, le Président de la République
a insisté sur le caractère
essentiel de la liberté
d'expression et de la démocratie.
Le chef de l'Etat a également
rappelé que l'évolution vers
la paix permettrait au Liban et
à la Syrie d'harmoniser leurs
relations et d'envisager le
retrait complet des forces
syriennes conformément aux
accords de Taëf.
Dans le cadre
de l'Union européenne, nous
avons multiplié les démarches
pour défendre les droits de
l'homme et inciter au respect
des clauses de l'accord
d'association. Enfin nous avons
réaffirmé, au sommet de la
francophonie de Beyrouth, notre
attachement à la déclaration
de Bamako tendant à la
constitution d'un dispositif
d'observation des droits de
l'homme dans les différents
pays membres.