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Gérard
de Villiers : "Les
Libanais sont doués pour la
survie…"
par EDGAR
DAVIDIAN, publié dans
l'Orient-le Jour le 12
novembre 2003
SAS
Malko aux yeux d’or. Un
globe-trotter de l’action et
de l’érotisme corsé sur
fond de troubles géopolitiques
planétaires. Auteur de ce
personnage "flemmingien",
d’un espionnage flamboyant,
une sorte de James Bond à la
française, c’est Gérard de
Villiers. Rencontre impromptue
d’un millionnaire des livres
lors d’un passage éclair au
Liban à l’occasion du Salon
"Lire en français et en
musique" avant de
s’envoler à l’autre bout
du monde. Pour d’autres réalités,
d’autres fictions,
d’autres diagnostics,
d’autres aventures,
d’autres battements de cœur
(entendre de sexe explicite
!), d’autres romans. Un
costume sombre, une chemise
blanche, un regard clair et pétillant,
des sourcils broussailleux,
une chevalière en or au doigt
et, seule touche
d’originalité à ce look
presque austère de
bureaucrate, une belle cravate
Hermès bleue turquoise avec
motifs gais et "dar"
libanais au toit en tuiles
rouges. Non, ce n’est pas la
première fois que Gérard de
Villiers foule le sol
libanais. Pour être plus précis
(petit calcul avec plissement
des paupières), ce serait la
seizième fois. Un ami, un
accoutumé, un familier. A
son actif aussi quatre titres
qui nous concernent : Mort
à Beyrouth, Les fous
de Baalbek, Vengeance
à Beyrouth, La manip
du Karin A. C’est déjà
dire comme il connaît bien la
complexité de la mosaïque
libanaise.
Tour d’horizon vite établi,
et l’auteur à succès
qu’il est (150 millions
d’exemplaires vendus,
traduits en plus de 15
langues), mène quand même
une campagne de promotion sur
place pour l’ensemble de son
œuvre. "Un “teasing”
est toujours nécessaire,
souligne-t-il avec le sourire
et beaucoup d’aplomb. Les
Libanais sont doués pour la
survie." Et voilà en préambule.
Dans le regard des autres,
nous Libanais, on se porte,
Dieu merci, et touchons du
bois, encore très bien. Le
dernier roman paru est Pacte
avec le diable (l’assassinat
du Premier ministre serbe) et
celui à paraître bientôt
est Ramenez-les vivants (les
otages en Colombie). Comme on
le remarque, rien n’échappe
au regard mobile et scanneur
du père de SAS, tout courage
Malko, absolument preux
chevalier et ardent latin
lover dans la stridence des
temps modernes. A la
sortie de Bagdad Express en
avril dernier, Gérard de
Villiers venait tout juste de
quitter l’Irak qui s’évertuait
à éviter la guerre. "Enorme
erreur de calcul pour les Américains",
confie de Villiers en "post-bellum".
Toujours à la pointe des évènements
et à l’affût de ce qui
fait sensation. Politiquement,
bien entendu, car cet écrivain
venu du journalisme (début à
France-Soir) et diplômé en
Sciences Po à Paris n’en
avoue pas moins qu’ "écrire
c’est merveilleux…"
Quel est ce cocktail explosif
qui a tant séduit les
lecteurs ? Un zeste d’érotisme
("oui, oui j’aime
beaucoup les femmes",
confesse Gérard de Villiers
sur un ton badin qui trouve
les Libanaises élégantissimes),
de l’action (générée par
les situations des personnages
et les diverses trames narrées)
et une excellente information
sur les pays décrits. "Je
suis si précis dans mes
descriptions que mes livres
ont servi de guides à
certains lecteurs",
dit-il dans un éclat de rire.
Sensible au drame palestinien
("d’une grande
injustice", précise-t-il),
de Villiers commente largement
le conflit israélo-arabe
(sans oublier son livre-phare
sur le sujet, Armaggedon)
et dit être frappé par le
nombre d’écoles à Gaza.
Ecrivant en tout lieu (sur
IBM, simple cahier, carnet de
notes et ordinateur), cet écrivain
qui déclare donner de la
distraction et de l’évasion
aux gens n’en a pas moins été
aussi sollicité par le cinéma
: un film de Raoul Coutard (SAS
San Salvador) et La
veuve de l’ayatollah,
porté à l’écran par un
cinéaste américain. Si les
nombreux voyages sont une
source substantielle et fiable
pour ses informations et ses
repérages ("mes livres
reflètent 80% de la réalité",
affirme-t-il), il n’en
demeure pas moins qu’il a un
réseau fourni d’amis, de
journalistes (AFP) et de
diplomates pour bénéficier
de connaissances supplémentaires
et diffuser en douce ce qui se
passe en coulisses...
Sans bémol, de Villiers avoue
toutefois qu’écrire en
anglais (qui l’eut cru ?)
lui aurait rapporté encore un
lectorat plus grand.
Admirateur de l’art de vivre
libanais (et la qualité de
vie au pays du cèdre),
jugeant que "le Liban est
un pays de tolérance" et
que "les Libanais
pourraient être des
bouddhistes", il garde
des souvenirs impérissables
de notre société. Notamment
ce dîner en pleine guerre où,
même bombardée, une maison
de grande tenue mondaine sert
le repas au jardin quand le
salon est encore fumant des éclats
des roquettes… Image certes
surréaliste mais illustrant
avec éloquence la flexibilité
des Libanais. Dernier
souhait, monsieur le conteur ?
"Que les lecteurs
libanais continuent à me lire
et que le Liban continue à se
reconstruire tout en demeurant
un exemple de
cohabitation." Parfait,
à bon entendeur salut !
Mort à
Beyrouth
En quoi la
CIA peut-elle s'intéresser à
un commerçant libanais au point
de le faire protéger par l'un
de ses meilleurs (et de ses plus
onéreux) agents ? A une époque
où les USA s'intéressent de très
près à un business particulièrement
lucratif avec la Chine, Khalil
Jezzine, le Libanais, qui
commerce depuis longtemps avec
les Chinois est une pièce de
première importance sur l'échiquier
: les Chinois ont une totale
confiance en lui et n'acceptent
que lui comme négociateur avec
les Américains... A
condition, bien entendu, qu'il
reste en vie ! D'autant que ses
deux frères viennent juste de
mourir de morts pour le moins
suspectes... et que les Russes
voient d'un très mauvais œil
cette nouvelle alliance sino-américaine.
Il faudra la parfaite
connaissance que Malko a des
subtilités orientales pour ne
pas tomber dans les pièges
tortueux qui lui sont tendus. Et
si la talentueuse Houry, dont le
nom signifie "Feu
Ardent" compte bien lui
faire découvrir les charmes
voluptueux des Mille et Une
Nuits... il devra se faire une
raison : la vente d'une flotte
complète de Boeing vaut bien
quelques sacrifices.
Les fous de Baalbek
N°74 - janvier 1984
L'attentat
qui a transformé l'ambassade
des Etats-Unis à Beyrouth en
millefeuilles de béton a, du même
coup, décapité la CIA au
Liban. C'est d'ailleurs à cause
de cette brutale pénurie de
personnel que John Guillermin a
été promu au grade de Chef de
Station. Triste promotion qui
lui vaut deux balles tirées à
bout portant dans la tête. Or,
John, néophyte complet en matière
de Services Secrets, portait sur
lui un carnet contenant tous les
noms de ses différents
contacts, et, bien entendu, son
assassin s'en est emparé. Le
seul élément que possède la
CIA, c'est la certitude qu'un
groupe de Fous de Dieu
s'est reconstitué à Baalbek,
à l'est du Liban en bordure de
la riche plaine de la Beqaa, et
qu'ils préparent un attentat
spectaculaire. Dans l'atmosphère
oppressante des rues désertes,
au milieu des ruines tragiques
de Beyrouth, la mission de Malko
est toute tracée : apprendre ce
qu'ils manigancent et ... les en
empêcher ! Même si, en guise
d'accueil, le nouveau Chef de
Station lui a souhaité :
"Bienvenue dans
l'antichambre de la mort
..."
Vengeance à Beyrouth
N°112 - janvier 1993
Beyrouth. Au mortier, au
canon, à la grenade ou au
fusil, toute la ville a été
massacrée et, 10 ans plus tôt,
le patron local de la CIA y a
été enlevé et odieusement
torturé avant de succomber. Même
sa dépouille mortuaire ne fut
rendue aux siens que 7 ans après.
La Maison-Blanche a,
exceptionnellement, donné
carte blanche à Malko pour
liquider physiquement tous
ceux qui, de près ou de loin,
participèrent à ce
kidnapping et à ce meurtre
odieux. Cette opération, que
la CIA a baptisée "Wrath
of God", la Colère de
Dieu, est une affaire de
famille, une vengeance
froidement calculée et pour
laquelle SAS a accepté de
s'engager comme tueur : c'est
tout à fait dans son éthique
de désirer venger un
compagnon de combat. D'après
la Company, ces assassins
appartiennent très
certainement aux Hezbollahs,
mais, à ce jour, elle est
totalement incapable de mettre
un nom sur les véritables
auteurs. Ce sera donc également
à SAS de faire cette
dangereuse enquête ... Tout
cela pour un dollar... et le
corps généreux de la brûlante
Maya !
La
manip du Karin A
N°147 - janvier 2002
Le Karin A,
cargo battant pavillon des Iles
Tonga a brutalement été
arraisonné en pleine Mer Rouge,
par les forces armées israéliennes.
Une opération audacieuse
conservant cependant des zones
d'ombre. Le bâtiment
transportait plus de 50 tonnes
d'armements divers, destinés,
à l'Autorité palestinienne de
Yasser Arafat. Selon le ministre
israélien de la Défense, les
armes auraient été chargées
dans un port iranien dans des
conteneurs flottants pour
pouvoir ensuite être lâchés
près des côtes de Gaza à
l'intention des Palestiniens qui
ne disposent d'aucun port. Cette
prise miraculeuse, qui torpille
pour longtemps tout processus de
rapprochement israélo-palestinien
paraît trop belle et les Américains
flairent immédiatement une
terrible manipulation destinée
à couler définitivement Yasser
Arafat. C'est dans le milieu
fermé et soigneusement cloisonné
des trafiquants d'armes que SAS
va devoir naviguer, sur les
traces d'un improbable séducteur
invétéré. Et c'est entre
Chypre et le Liban qu'il devra démêler
les fils de cet invraisemblable
enchevêtrement de mensonges et
de semi-vérités, de tueurs
fous et de belles en détresse.
Autres titres sur le
Moyen-Orient :
A Istanbul (1-janvier 1965)),
Contre C.I.A. (2), Les pendus
de Bagdad (14), Massacre à
Amman (23), Kill Henry
Kissinger (34), Le gardien
d'Israël (51), Carnage à Abu
Dhabi (59), Le complot du
Caire (61), L'otage d'Oman
(87), Les canons de Bagdad
(100), Coup d'état à Tripoli
(108), Au nom d'Allah (111),
Les trompettes de Jéricho
(113), La résolution 687
(121), La peste noire de
Bagdad (131), Armageddon
(143), Bagdad-Express (150),
L'or d'Al-Qaida (151-janvier
2003).

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