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BIBLIO  RJLIBAN  N°8  du 14 novembre 2003 

 
Gérard de Villiers : "Les Libanais sont doués pour la survie…"
 
par EDGAR DAVIDIAN, publié dans l'Orient-le Jour le 12 novembre 2003
 
SAS Malko aux yeux d’or. Un globe-trotter de l’action et de l’érotisme corsé sur fond de troubles géopolitiques planétaires. Auteur de ce personnage "flemmingien", d’un espionnage flamboyant, une sorte de James Bond à la française, c’est Gérard de Villiers. Rencontre impromptue d’un millionnaire des livres lors d’un passage éclair au Liban à l’occasion du Salon "Lire en français et en musique" avant de s’envoler à l’autre bout du monde. Pour d’autres réalités, d’autres fictions, d’autres diagnostics, d’autres aventures, d’autres battements de cœur (entendre de sexe explicite !), d’autres romans. Un costume sombre, une chemise blanche, un regard clair et pétillant, des sourcils broussailleux, une chevalière en or au doigt et, seule touche d’originalité à ce look presque austère de bureaucrate, une belle cravate Hermès bleue turquoise avec motifs gais et "dar" libanais au toit en tuiles rouges. Non, ce n’est pas la première fois que Gérard de Villiers foule le sol libanais. Pour être plus précis (petit calcul avec plissement des paupières), ce serait la seizième fois. Un ami, un accoutumé, un familier. A son actif aussi quatre titres qui nous concernent : Mort à Beyrouth, Les fous de Baalbek, Vengeance à Beyrouth, La manip du Karin A. C’est déjà dire comme il connaît bien la complexité de la mosaïque libanaise.

Tour d’horizon vite établi, et l’auteur à succès qu’il est (150 millions d’exemplaires vendus, traduits en plus de 15 langues), mène quand même une campagne de promotion sur place pour l’ensemble de son œuvre. "Un “teasing” est toujours nécessaire, souligne-t-il avec le sourire et beaucoup d’aplomb. Les Libanais sont doués pour la survie." Et voilà en préambule. Dans le regard des autres, nous Libanais, on se porte, Dieu merci, et touchons du bois, encore très bien. Le dernier roman paru est Pacte avec le diable (l’assassinat du Premier ministre serbe) et celui à paraître bientôt est Ramenez-les vivants (les otages en Colombie). Comme on le remarque, rien n’échappe au regard mobile et scanneur du père de SAS, tout courage Malko, absolument preux chevalier et ardent latin lover dans la stridence des temps modernes. A la sortie de Bagdad Express en avril dernier, Gérard de Villiers venait tout juste de quitter l’Irak qui s’évertuait à éviter la guerre. "Enorme erreur de calcul pour les Américains", confie de Villiers en "post-bellum". Toujours à la pointe des évènements et à l’affût de ce qui fait sensation. Politiquement, bien entendu, car cet écrivain venu du journalisme (début à France-Soir) et diplômé en Sciences Po à Paris n’en avoue pas moins qu’ "écrire c’est merveilleux…"

Quel est ce cocktail explosif qui a tant séduit les lecteurs ? Un zeste d’érotisme ("oui, oui j’aime beaucoup les femmes", confesse Gérard de Villiers sur un ton badin qui trouve les Libanaises élégantissimes), de l’action (générée par les situations des personnages et les diverses trames narrées) et une excellente information sur les pays décrits. "Je suis si précis dans mes descriptions que mes livres ont servi de guides à certains lecteurs", dit-il dans un éclat de rire. Sensible au drame palestinien ("d’une grande injustice", précise-t-il), de Villiers commente largement le conflit israélo-arabe (sans oublier son livre-phare sur le sujet, Armaggedon) et dit être frappé par le nombre d’écoles à Gaza. Ecrivant en tout lieu (sur IBM, simple cahier, carnet de notes et ordinateur), cet écrivain qui déclare donner de la distraction et de l’évasion aux gens n’en a pas moins été aussi sollicité par le cinéma : un film de Raoul Coutard (SAS San Salvador) et La veuve de l’ayatollah, porté à l’écran par un cinéaste américain. Si les nombreux voyages sont une source substantielle et fiable pour ses informations et ses repérages ("mes livres reflètent 80% de la réalité", affirme-t-il), il n’en demeure pas moins qu’il a un réseau fourni d’amis, de journalistes (AFP) et de diplomates pour bénéficier de connaissances supplémentaires et diffuser en douce ce qui se passe en coulisses... 

Sans bémol, de Villiers avoue toutefois qu’écrire en anglais (qui l’eut cru ?) lui aurait rapporté encore un lectorat plus grand. Admirateur de l’art de vivre libanais (et la qualité de vie au pays du cèdre), jugeant que "le Liban est un pays de tolérance" et que "les Libanais pourraient être des bouddhistes", il garde des souvenirs impérissables de notre société. Notamment ce dîner en pleine guerre où, même bombardée, une maison de grande tenue mondaine sert le repas au jardin quand le salon est encore fumant des éclats des roquettes… Image certes surréaliste mais illustrant avec éloquence la flexibilité des Libanais. Dernier souhait, monsieur le conteur ? "Que les lecteurs libanais continuent à me lire et que le Liban continue à se reconstruire tout en demeurant un exemple de cohabitation." Parfait, à bon entendeur salut ! 
 
 
Mort à Beyrouth
N°26 - janvier 1972 - éditeur www.sasmalko.com

En quoi la CIA peut-elle s'intéresser à un commerçant libanais au point de le faire protéger par l'un de ses meilleurs (et de ses plus onéreux) agents ? A une époque où les USA s'intéressent de très près à un business particulièrement lucratif avec la Chine, Khalil Jezzine, le Libanais, qui commerce depuis longtemps avec les Chinois est une pièce de première importance sur l'échiquier : les Chinois ont une totale confiance en lui et n'acceptent que lui comme négociateur avec les Américains... A condition, bien entendu, qu'il reste en vie ! D'autant que ses deux frères viennent juste de mourir de morts pour le moins suspectes... et que les Russes voient d'un très mauvais œil cette nouvelle alliance sino-américaine. Il faudra la parfaite connaissance que Malko a des subtilités orientales pour ne pas tomber dans les pièges tortueux qui lui sont tendus. Et si la talentueuse Houry, dont le nom signifie "Feu Ardent" compte bien lui faire découvrir les charmes voluptueux des Mille et Une Nuits... il devra se faire une raison : la vente d'une flotte complète de Boeing vaut bien quelques sacrifices.

 

 
Les fous de Baalbek
N°74 - janvier 1984

L'attentat qui a transformé l'ambassade des Etats-Unis à Beyrouth en millefeuilles de béton a, du même coup, décapité la CIA au Liban. C'est d'ailleurs à cause de cette brutale pénurie de personnel que John Guillermin a été promu au grade de Chef de Station. Triste promotion qui lui vaut deux balles tirées à bout portant dans la tête. Or, John, néophyte complet en matière de Services Secrets, portait sur lui un carnet contenant tous les noms de ses différents contacts, et, bien entendu, son assassin s'en est emparé. Le seul élément que possède la CIA, c'est la certitude qu'un groupe de Fous de Dieu s'est reconstitué à Baalbek, à l'est du Liban en bordure de la riche plaine de la Beqaa, et qu'ils préparent un attentat spectaculaire. Dans l'atmosphère oppressante des rues désertes, au milieu des ruines tragiques de Beyrouth, la mission de Malko est toute tracée : apprendre ce qu'ils manigancent et ... les en empêcher ! Même si, en guise d'accueil, le nouveau Chef de Station lui a souhaité : "Bienvenue dans l'antichambre de la mort ..."

 

 
Vengeance à Beyrouth
N°112 - janvier 1993
 
Beyrouth. Au mortier, au canon, à la grenade ou au fusil, toute la ville a été massacrée et, 10 ans plus tôt, le patron local de la CIA y a été enlevé et odieusement torturé avant de succomber. Même sa dépouille mortuaire ne fut rendue aux siens que 7 ans après. La Maison-Blanche a, exceptionnellement, donné carte blanche à Malko pour liquider physiquement tous ceux qui, de près ou de loin, participèrent à ce kidnapping et à ce meurtre odieux. Cette opération, que la CIA a baptisée "Wrath of God", la Colère de Dieu, est une affaire de famille, une vengeance froidement calculée et pour laquelle SAS a accepté de s'engager comme tueur : c'est tout à fait dans son éthique de désirer venger un compagnon de combat. D'après la Company, ces assassins appartiennent très certainement aux Hezbollahs, mais, à ce jour, elle est totalement incapable de mettre un nom sur les véritables auteurs. Ce sera donc également à SAS de faire cette dangereuse enquête ... Tout cela pour un dollar... et le corps généreux de la brûlante Maya ! 
 
 
La manip du Karin A
N°147 - janvier 2002

Le Karin A, cargo battant pavillon des Iles Tonga a brutalement été arraisonné en pleine Mer Rouge, par les forces armées israéliennes. Une opération audacieuse conservant cependant des zones d'ombre. Le bâtiment transportait plus de 50 tonnes d'armements divers, destinés, à l'Autorité palestinienne de Yasser Arafat. Selon le ministre israélien de la Défense, les armes auraient été chargées dans un port iranien dans des conteneurs flottants pour pouvoir ensuite être lâchés près des côtes de Gaza à l'intention des Palestiniens qui ne disposent d'aucun port. Cette prise miraculeuse, qui torpille pour longtemps tout processus de rapprochement israélo-palestinien paraît trop belle et les Américains flairent immédiatement une terrible manipulation destinée à couler définitivement Yasser Arafat. C'est dans le milieu fermé et soigneusement cloisonné des trafiquants d'armes que SAS va devoir naviguer, sur les traces d'un improbable séducteur invétéré. Et c'est entre Chypre et le Liban qu'il devra démêler les fils de cet invraisemblable enchevêtrement de mensonges et de semi-vérités, de tueurs fous et de belles en détresse.

 

 
Autres titres sur le Moyen-Orient :
 
A Istanbul (1-janvier 1965)), Contre C.I.A. (2), Les pendus de Bagdad (14), Massacre à Amman (23), Kill Henry Kissinger (34), Le gardien d'Israël (51), Carnage à Abu Dhabi (59), Le complot du Caire (61), L'otage d'Oman (87), Les canons de Bagdad (100), Coup d'état à Tripoli (108), Au nom d'Allah (111), Les trompettes de Jéricho (113), La résolution 687 (121), La peste noire de Bagdad (131), Armageddon (143), Bagdad-Express (150), L'or d'Al-Qaida (151-janvier 2003).
 

 

 
 
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