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BIBLIO  RJLIBAN  N°15  du 3 juin 2006  

 
Etonnants Voyageurs s'offre un rêve d'Orient
 
A Saint-Malo, du 3 au 5 juin, "Orients rêvés, Orients réels" est le thème de la 17e édition du festival qui réunit plus de 190 auteurs. Nouveauté, cette année, à travers la manifestation "Livres en scène", dans laquelle on verra des comédiens et comédiennes tels Jacques Bonnafé, Emmanuelle Devos, Marie-France Pisier ou encore Ariane Ascaride, lire devant un public attentif les textes des auteurs invités. 
 

Des écrivains francophones viendront aussi y lire leurs propres textes. Mais le festival de littérature est également un grand rendez-vous des cinéphiles qui y découvrent des dizaines de documentaires et de fictions. L'occasion cette année, de se plonger dans des univers aussi variés que ceux du Cambodgien Rithy Panh, avec une rétrospective sur son oeuvre, ou de Christophe de Pontfilly : un hommage est rendu à celui dont on vient d'apprendre la disparition à 55 ans. Coup de coeur, en outre, pour deux sociétés régionales, Aligal (Rennes) et 13 production (Marseille), ainsi que pour la réalisatrice yéménite Khadija Al-Salami. Au total, 75 films seront diffusés au cours de ces 3 jours.

 

Etonnants Voyageurs, c'est aussi des expositions (Hugo Pratt, Bollywood...), le chapiteau des saveurs avec le chef Olivier Roellinger, le retour des slameurs (Rouda sera accompagné cette année de Grand Corps Malade, qui cartonne en ce moment avec son premier album), un lieu de poésie à la Tour des moulins et un hommage à "Jacques Lacarrière l'enchanteur" au théâtre Chateaubriand...

 

Etonnants Voyageurs, à Saint-Malo du vendredi 2 au lundi 5 juin. Gratuit le vendredi, puis 8 Euros les autres jours, pass à 18 Euros pour les 3 jours, gratuit moins de 10 ans. Programme sur le site  Saint-Malo.maville.com  et sur le site  etonnants-voyageurs.net .

 


 

Rencontre avec l'écrivain MICHEL LE BRIS, directeur-fondateur d'Etonnants Voyageurs
 
 
par GEORGES GUITTON, publié dans Ouest-France le 2 juin 2006
 

- L'Orient, fil conducteur du festival 2006. Pourquoi ?

 

Parce qu'il n'y pas de plus beau thème pour Etonnants Voyageurs ! L'Orient c'est d'abord un continent imaginaire forgé par l'Occident, où se sont précipités poètes, aventuriers, marchands et mystiques. Il était donc tentant de confronter cet Orient-là à celui, bien réel, qui surgit aujourd'hui devant nous, avec une force qui fait penser que le centre de gravité du monde est en train de se déplacer... Surtout, nous avons été "bluffés" par l'inventivité des jeunes écrivains indiens, japonais, afghans, et j'en passe.

 

- Trait dominant de cette littérature ?

 

L'énergie, d'abord. Un bonheur à raconter des histoires, c'est-à-dire aussi à se lancer dans le monde, à déployer toutes les puissances de l'imaginaire - quand, de notre côté, nous avons un peu trop tendance à faire des romans où l'on se demande à longueur de page si l'on va oui ou non tremper le bout de son orteil dans l'eau du fleuve-monde.

 

- Des exemples ?

 

Ouvrez Loin de Chandigarh, de Tarun Tejpal, le dernier roman de Mo Yan. Ceux de Duong Tu Hong ou d'Anna Moï, ce n'est pas précisément une production basses calories pour anorexiques claustrophobes ! Je dis cela, mais en même temps, je sens cette année, plus qu'un frémissement dans la littérature française. Les Français commencent à apercevoir que le monde existe et ne se réduit pas à un divan de "psy".

 

- L'Orient, c'est un peu la tentation de l'exotisme ?

 

Non, on est très loin des littératures des années 1950. Le monde dont ces auteurs parlent est déjà le nôtre. D'ailleurs, une bonne partie de ces auteurs habitent en Occident. La nouvelle littérature anglaise des années 80 (Rushdie, Ishiguro, Kureishi) est largement le fait d'écrivains exilés. Aujourd'hui, ils ont pour nom Ranu Dasgupta, Chieh Cheng, Rattawut Lapcharoensap, Yoko Tawada, etc. Et ils sont formidables, vous allez voir !

 

- Comment voyez-vous l'avenir du festival Etonnants Voyageurs ?

 

Tant qu'il sera vivant, novateur... nous l'avons lancé en 1990 pour défendre l'idée et l'urgence d'une "littérature-monde". Eh bien ! Nous y sommes. Nous avions donc vu juste. Ca donne envie de poursuivre, non ?

 


 
Ils sont les écrivains d'une littérature du monde
 
par SABRINA ROUILLÉ, publié dans Ouest-France le 28 mai 2006
 
Festival. A Saint-Malo, Etonnants Voyageurs va réunir plus de 190 auteurs, sur les routes de l'Orient... D'où surgissent des écrivains porteurs du choc des cultures. "Orients rêvés, Orients réels". C'est le thème, cette année, d'Etonnants Voyageurs. Sur la route des épices, le long des caravanes de musc et de la soie... Vaste Orient, tiraillé entre ses traditions et la modernité teintée de mondialisation. Ils sont des centaines d'écrivains qui relaient ce bouleversement dans une "littérature-monde", comme aime à la définir Michel Le Bris, directeur du festival. "Le monde est présent dans leurs oeuvres avec une force, une puissance rare. Lisez Tejpal, lisez Al Aswani : cette jubilation à créer des mondes, à les porter, ça fait du bien ! Parce que nous avons la sensation que c'est le monde actuel, le monde qui vient, qui se donne ainsi à lire."
 

Mais la "littérature-monde", c'est aussi le télescopage des cultures, Orient et Occident mêlés. "Avec l'explosion économique et technique, l'Occident est entré en Orient, bousculant les clivages traditionnels. Anna Moï annonce une "littérature-monde" en français. La révolution dans les lettres anglaises, suscitée par les enfants de l'ex-Empire arrive enfin dans l'espace francophone. Avec ces auteurs, la terre devient ronde. Ce n'est pas trop tôt !"

 


 
L'Orient illumine Etonnants Voyageurs
 
La 17e édition du grand festival littéraire aura lieu du 3 au 5 juin à Saint-Malo. Une promenade en Asie entre livres, documentaires et saveurs...
 
par SABRINA ROUILLÉ, publié dans Ouest-France le 27 avril 2006
 
Enthousiasmé, fasciné, "bluffé"... Michel Le Bris est élogieux face à l'inventivité des romanciers de par le monde. "Le bouillonnement créateur de l'Orient est énorme, ajoute le directeur du festival malouin Etonnants Voyageurs. Lors de la dernière édition, consacrée à la littérature de demain, nous avons eu l'occasion de découvrir des littératures extraordinaires, de jeunes auteurs bourrés de talent. On assiste à l'avènement d'une littérature en prise avec le monde, bien loin d'une manière toute française de s'enfouir la tête dans le sable. L'Inde représente à elle seule une richesse incroyable. Toute l'équipe a plongé dans la littérature indienne comme dans un océan." Et puis il y a le Japon, la Chine, bien sûr, mais aussi l'Afghanistan...

 

190 auteurs invités

 

Orients rêvés, Orient réels : le thème de la 17e édition du festival littéraire promet de belles rencontres du 3 au 5 juin. Saint-Malo se prépare à mettre le cap sur cet Orient nouveau. Cette année, la Ville s'est davantage mobilisée, avec notamment la participation active du musée, du Centre Allende, de la bibliothèque et de la Maison des associations qui, pour l'occasion, se transformera en Maison de l'Orient et programmera de nombreux films consacrés à cette terre. Avec 190 auteurs invités, plus de 150 débats et rencontres, le festival reprend son agenda sur trois jours. Avec une nouveauté qui devrait convaincre : un espace où la lecture réunira auteurs (Ousmane Diarra, Olivier Adam, François Begeaudeau, Sylvie Robic, Yvon Le Men...) et acteurs de renom (Ariane Ascaride, Jacques Bonnafé, Bruno Putzulu...). On y retrouvera également le slameur Rouda (poète urbain) et son complice Grand Corps malade. Ce lieu remplacera les caves Surcouf, trop éloignées du coeur du festival.

 

Bien sûr, au regard du succès remporté l'an dernier par l'espace "Toutes les saveurs du monde", animé par Olivier Roellinger, le rendez-vous sera très attendu. Avec ce thème consacré à L'Orient, terre des épices et des senteurs, l'inventif cuisinier aux trois étoiles est en terrain connu. Etonnants Voyageurs, c'est aussi un rendez-vous cinématographique. Un festival dans le festival. Signalons notamment deux grands temps forts avec une rétrospective du Cambodgien Rithy Panh, l'auteur, entre autres, de S21 la machine khmère rouge et un "Zoom avant sur l'Afghanistan" avec un hommage à Christophe de Ponfilly. Son premier film de fiction, L'étoile du soldat, sera projeté en avant-première.

 


 
Gens d'Ouest Explorateurs d'Asie
 
paru dans Ouest-France le 26 mai 2006
 
Originaires de l'Ouest, ils sont devenus explorateurs de l'Asie. Ouest-France vous invite à découvrir ces destins exceptionnels dans un superbe hors-série. Jean-Baptiste Chaigneau, marin lorientais, rencontre son destin à Macao, devient Capitaine, Grand Mandarin et Général ; Paul Proust de la Gironière, jeune médecin de Vertou, part à l’aventure aux Philippines et devient un personnage d’un roman d’Alexandre Dumas ; Mathurin Méheut, natif de Lamballe, brave les interdits en peignant le Parc de Nara au Japon ; Pierre-Marie Osouf, enfant du bocage Normand, bâtit sa propre Cathédrale à Tokyo... Ouest-France retrace l’Odyssée incroyable de Maisonneuve, Gicquel, Fontaney et bien d’autres qui ont exploré le Tibet, la Chine à une époque où les charters n’existaient pas !

 


 

Poètes et voyageurs sur les routes d’Orient

Poètes, voyageurs, romanciers, traducteurs, érudits, ils ont arpenté, rêvé, étudié les routes de l’Orient, fait de la rencontre entre Orient et Occident l’espace même de leur aventure intellectuelle - pour nous ils ont été d’indispensables "passeurs". Et ils le seront une fois de plus à Saint-Malo. Rencontres, débats, lectures, spectacles avec : Corinne Atlan, Patrick Boman, Sara et Jacques Dars, Gérard Duc, Alain Dugrand, Noel et Liliane Dutrait, Yveline Feray, Philippe Forest, Christian Jambet, Alain Kervern, Claude Levenson, Peter May, Bernard Ollivier, Jean-Claude Perrier, Jacques Pimpaneau, Olivier Roellinger, André Velter, Olivier Weber, Kenneth White...

 


 

Orients rêvés, Orients réels : Le thème 2006

par MICHEL LE BRIS

 

La route des épices, les longues caravanes de musc, de soies et d’or sur les dunes écarlates, et, passé l’horizon, la promesse de mondes recommencés, de royaumes de merveilles, de civilisations étranges et raffinées pour s’enivrer enfin "d’espace et de lumière et de cieux embrasés" (Baudelaire) : l’Orient. Et peut-être déjà faudrait-il le dire au pluriel : Orients proches et lointains, "moyens" ou "extrêmes" mais toujours "autres" - multiples comme nos rêves de partance, nos fantasmes et nos peurs, dont ils sont le miroir. Voyageurs et marchands, poètes et conquérants, rêveurs de royaume et mystiques, depuis l’aube des temps n’ont eu de cesse de le trouver, pour se trouver ou pour s’y perdre : est-il de plus beau sujet, pour un festival comme "Etonnants Voyageurs" ? L’Orient, ou la figure même de l’Ailleurs. Mais où le situer, au juste, cet Orient - puisque la terre est ronde ? Delacroix le trouvait déjà au Maroc, dans l’éblouissement tout à la fois de la lumière et d’une autre culture : il n’aura de cesse, cet Orient, de se déplacer, des sables du désert, jusqu’à la Chine immense, l’Inde mystérieuse, le Japon si lointain - autre manière de dire qu’il est peut-être, d’abord, un continent imaginaire, l’ "Autre" de l’Occident, son double inversé, qui accompagne sa course depuis les origines : l’Empire de la sagesse contre celui de la raison, l’Empire des sens contre nos morales trop étroites, et celui de la Tradition contre notre religion de l’Histoire.

 

Orients rêvés, Orient réels : qui ne ressent pas que le monde de demain s’invente d’abord là-bas, très loin probablement de nos imageries "exotiques" ? Et cet énorme enfantement tout à la fois fascine et inquiète - où l’on dirait que l’Occident, à son tour, fonctionne pour bien des acteurs comme leur double inversé, désiré et haï. Orient-Occident : demain le grand affrontement ? Ou bien au contraire la promesse enfin d’un dialogue, d’une pollinisation croisée - quand la terre, enfin, devient ronde ? Cette édition du festival, aussi, comme l’occasion d’une grande rencontre, de multiples débats... Tous, préparant cette édition, nous avons été fascinés, enthousiasmés, "bluffés" par l’énorme bouillonnement créateur de cet Orient nouveau, la prolifération d’artistes, de cinéastes, d’écrivains novateurs. Nous vous avons fait découvrir l’année dernière les futurs "grands" de la littérature mondiale. Cap cette année sur l’Orient : un monde, à découvrir.

 


 

NAJJAR Alexandre, Liban

 

Alexandre Najjar est né à Beyrouth en 1967. Avocat à la Cour et auteur de romans historiques (Les Exilés du Caucase, Grasset, 1995), de biographies (Khalil Gibran, paru récemment aux éditions J’ai Lu ; Saint Jean-Baptiste, Pygmalion, 2005) et de récits (L’Ecole de la guerre, La Table Ronde, préface de Richard Millet), traduits dans une dizaine de langues, il est considéré comme l’un des meilleurs écrivains francophones de sa génération. Il a publié chez Plon, en 2005, Le Roman de Beyrouth, une histoire de Beyrouth sur un siècle, entre fiction et réalité.  www.najjar.org

 

Bibliographie :

Roman :
  L’école de la guerre (La Table Ronde, 2006 ; Balland, 1999)
  Le Roman de Beyrouth (Plon, 2005)
  Lady Virus (Balland, 2002)
  Athina (Grasset, 2000)
  L’astronome (Grasset, 1997)
  Les exilés du Caucase (Grasset, 1995)

Poèmes :
  Khiam (éditions An-Nahar, 2000)
  A quoi rêvent les statues ? (éditions Anthologie, 1989)

Récits :
  La honte du survivant (éditions Naaman, 1989)
  Comme un aigle en dérive (Publisud, 1993)

Essai :
  La Passion de lire (Dar An-Nahar, 2005)
  Pérennité de la littérature libanaise d’expression française (éditions Anthologie, 1993)

Théâtre :
  Le crapaud (FMA, 2001)

Biographie :
  Le procureur de l’Empire : Ernest Pinard, 1822-1909 (Belfond, 2006)
  Saint Jean-Baptiste (Pygmalion, 2005)
  Khalil Gibran (Pygmalion / Gérard Watelet, 2002)
  De Gaulle et le Liban, tome II (Terre du Liban, 2004)
  Le Mousquetaire (Balland, 2004)
  De Gaulle et le Liban, Vers l’Orient compliqué 1929-1931 (Terre du Liban, 2002)
  Le procureur de l’Empire (Balland 2001)

 

Résumé de L’école de la guerre :

La guerre du Liban a été pour moi un cauchemar, mais aussi - comment le nier ? - une école de vie. Hemingway disait que "toute expérience de la guerre est sans prix pour un écrivain". Je veux le croire. Sans la guerre, j’aurais été un autre homme. Toute ma vie, je regretterai sans doute de ne pas avoir eu une jeunesse paisible (j’avais huit ans quand la guerre a éclaté, vingt-trois lorsque le canon s’est tu). Mais ces regrets, ces épreuves, m’ont donné du bonheur un autre goût.

 

DIMANCHE 4 JUIN, Villes monstres 11:00 12:00, Théâtre Chateaubriand ; Dans le cratère de l’histoire 17:30 19:00, Rotonde Surcouf
LUNDI 5 JUIN, L’esprit des lieux 14:45 15:30, Hôtel Du Louvre
 
MAJDALANI Charif, Liban

 

 

Charif Majdalani est né en 1960 à Beyrouth, dans une vieille famille orthodoxe de cette ville. Il a fait toute sa scolarité au Lycée français de Beyrouth. Il a quinze ans quand se déclenche la guerre civile. A vingt ans, il part en France et fait ses études de Lettres modernes à l’Université d’Aix-en-Provence. Il y soutient, en 1993, une thèse sur Antonin Artaud. Il revient au Liban la même année. Entre 1995 et 1998, il collabore étroitement à la revue L’Orient-Express, dirigée par le journaliste Samir Kassir, et qui sera pendant trois ans la revue francophone d’opposition la plus audacieuse au Liban. L’Orient-Express a cessé de paraître en 1998. En 1999, il dirige le Département de Lettres françaises de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth. Adepte du métissage culturel, amoureux du baroque, Charif Majdalani se définit comme méditerranéen. Il publie son premier livre en 2002, Petit traité des mélanges, du métissage considéré comme un des beaux-arts, et son premier roman en 2005, Histoire de la grande maison, où il raconte l’histoire d’une vieille famille orthodoxe de Beyrouth. Cette grande fresque romanesque, foisonnante, amène à parler de l’utilisation de l’histoire, des mythes, de ce Liban traversé par la tradition.

 

Bibliographie :

  Histoire de la Grande Maison (Seuil, 2005)
  Petit traité des mélanges, du métissage considéré comme un des beaux-arts (Editions Layali, Beyrouth, 2002)

 

Résumé de Histoire de la Grande Maison :

Dans les dernières années du XIXe siècle, dans un Liban qui fait encore partie de l’Empire ottoman, Wakim Nassar, fils d’une famille chrétienne des environs de Beyrouth, doit fuir son village à la suite d’une obscure querelle. Reparti de rien, il va introduire au Liban la culture de l’oranger, créer des plantations au centre desquelles il fait bâtir, la "Grande Maison", fonder une nombreuse famille, bref devenir un notable fastueux et craint, un "zaïm". C’est l’histoire haute en couleur de l’ascension, de la grandeur puis de la décadence du clan Nassar, un destin libanais, que conte ce roman. A la fin du livre, Wakim est mort, la Grande Maison menacée de ruine et les fils quittent l’un après l’autre le Liban désormais sous mandat français pour émigrer aux quatre coins du monde.

 

DIMANCHE 4 JUIN, Ma maison est un livre 15:15 16:00, Hôtel Du Louvre ; Dans le cratère de l’histoire 17:30 19:00, Rotonde Surcouf
LUNDI 5 JUIN, Le poids des traditions 16:00 17:00, Café Littéraire
 

L’Orient à petit feu
 
JACQUES DEBS, France, 2000, 59'  (ADR Productions, La sept Arte, RTBF)

 

 

A la recherche d’un Orient intime qui se mijote dans les cuisines...

 

Beyrouth au Liban, Alep en Syrie, Tel-Aviv en Israël et Ramallah en Palestine : quatre étapes dans quatre pays du Proche-Orient dont les peuples s’entre-déchirent depuis un siècle. Hanté par ces guerres et par ces haines, le réalisateur, libanais, est parti à la recherche d’un autre Orient, un Orient plus feutré, plus intime, qui se mijote dans les cuisines et qui se perd dans le labyrinthe des identités. Il rencontre des hommes et des femmes qui nous révèlent le rapport de l’Orient à la cuisine et à l’art culinaire, et nous invite à partager la recette d’un bonheur perdu, celui de la convivialité et de l’hospitalité... Ce film est un voyage dans quatre pays du Proche Orient en guerre, le Liban, la Syrie, Israël et la Palestine. Un pèlerinage à la découverte de la recette d'un bonheur perdu... Originaire d'un Beyrouth "déchiré par les conflits", Jacques Debs choisit un angle inattendu pour évoquer l'Orient. Il filme l'élaboration lente, soigneuse et patiente des mets, et, par là même, les liaisons intimes de la cuisine avec la culture, la tradition, les modes de vie, les destins individuels, la sensualité et l'amour. Un film qui "cuisine" en profondeur les identités et questionne directement les façons d'être et de vivre.


A Beyrouth, la guerre est finie. On mange à nouveau ensemble sous les oliviers et on célèbre par des chants le taboulé, "meilleur que le miel dans sa ruche". Mais toute cuisine commence par les achats et, ici, par les marchandages. Après, c'est l'alchimie des ingrédients et des étapes de la cuisson. En préparant les plats, on mijote aussi les confidences. La Libanaise s'est faite hôtelière et a ouvert une maison "pour tout le monde" puisque "nourrir une personne ou dix, c'est pareil". Abandonnée par son mari, la Syrienne gagne sa vie en cuisinant dans les familles d'Alep pour que ses filles ne soient jamais comme elle, "au service de l'homme, rien de plus". L'Israélienne, pour qui amour et nourriture se font d'une même passion, réussit comme personne le "Tcholent". La Palestinienne, qui travaille au restaurant universitaire de Ramallah et au sein de l'Union des femmes palestiniennes, reconnaît, quant à elle, ne pas aimer faire la cuisine, cet "asservissement des femmes".

 

Jacques Debs. Né au Liban en 1957. Titulaire d'une maîtrise en réalisation