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ARTS-SPECTACLES  RJLIBAN  N°7  du 18 octobre 2003 

 
Exposition - Cinq mille ans d’instruments de musique à l’Unesco
Une initiative signée Nasser Makhoul, en collaboration avec les Etablissements Abdallah Chahine
 
par ZENA ZALZAL, publié dans l'Orient-le Jour le 18 octobre 2003
 
Jusqu’à ce soir, au palais de l’Unesco à Beyrouth, une exposition, organisée par Nasser Makhoul et les Etablissements Abdallah Chahine, présente toute la gamme des instruments de musique, depuis 3000 avant J-C jusqu’à nos jours. Educatif avant tout, ce petit voyage à travers les temps les plus reculés de la musique est une initiative de Nasser Makhoul, fondateur et directeur de la Troupe folklorique libanaise. Ce musicien dans l’âme porte une telle passion pour les notes et les sonorités qu’il ne se contente pas de jouer de plusieurs instruments (nay, oud, bouzouk, qanun, req, etc. ), ou d’en fabriquer et même d’en créer (le "oudorgue" qui, comme son nom l’indique, est un mélange de oud - luth oriental - et d’orgue, ou encore la "sara", qui donne d’un côté les résonances aiguës du bouzouk et de l’autre les accords graves du oud), mais cherche aussi à transmettre au plus grand nombre son amour de la musique. En n’ayant d’autres objectifs que l’art pour l’art... Divisée en deux parties, l’exposition comporte, d’une part, une série de reproductions, élaborées par Nasser Makhoul, des instruments les plus anciens au monde. Et, d’autre part, la quasi-totalité des instruments de musique créés depuis le XVIIe siècle à nos jours. 

Fiche signalétique

Le visiteur peut ainsi suivre l’évolution des instruments de musique, du premier petit os tiré d’un pied de renne et troué en son centre, qui servait, à l’ère paléolithique (4000 ans avant J -C), plus à faire des signaux que de la musique à proprement parler, à la trompette romaine en cuivre, créée en 450 après J-C et qui est encore utilisée de nos jours. Répartis en quatre familles : les aérophones, les idiophones, les membranophones et les cordaphones, les instruments sont accompagnés d’une fiche signalétique en français et en arabe, avec un graphisme illustrant leur mode d’utilisation. "Ces informations sont tirées de divers ouvrages de référence. Desquels, d’ailleurs, je me suis inspiré pour élaborer la cinquantaine de pièces que j’ai fabriquées à l’identique, au cours de ces trois dernières années", assure Nasser Makhoul. L’on apprend ainsi que l’instrument à vent le plus ancien au monde est égyptien et qu’il consiste en une sorte de corne en terre cuite. On découvre, dans cette même catégorie des aérophones, un orgue à bouche chinois, qui remonterait à 2000 ans avant J-C. Constitué d’une chambre à air en bois sur laquelle sont piqués une dizaine de tuyaux de bambou d’inégale longueur, il fait encore partie des orchestres de musique traditionnelle. 

Dans la famille des idiophones, c’est encore l’Egypte de l’ère pharaonique (3000 ans avant J-C) qui a élaboré le premier instrument à rythme. Des claquettes d’une simplicité déroutante. Il s’agit de deux longues planchettes en bois, qui prenent la forme d’un avant-bras se terminant par une paume et qui, entrechoquées, produisent des claquements musicaux. Du côté des instruments membrophones, le plus ancien serait une corne d’animal utilisée par les sociétés primitives des pays germaniques, il y a quelque 5000 ans avant J-C. Tandis que, plus récent (juste 2000 ans avant J-C !), le tambour phénicien, nettement plus élaboré, était, lui, en bronze martelé recouvert de peau. Enfin, le plus vieil instrument à cordes (cordaphones) est une lyre sumérienne (3000 ans avant J-C ), dont on peut admirer la reproduction parfaite - avec son fronton en tête de taureau et ses cordes en boyaux de poisson - d’une pièce exposée au Musée national de Londres. Le second volet de l’exposition est plus "classique", avec une soixantaine d’ instruments à usage contemporain, mais non moins intéressant. Il s’adresse à tous ceux qui ont envie de découvrir ces caisses, ces cordes, ces tuyaux d’air qui, par un grattement, un souffle, un battement, produisent un monde de résonances magiques. 

 

 

Tête de taureau ornant une lyre sumérienne

 
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