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ARTS-SPECTACLES  RJLIBAN  N°18  du 15 janvier 2007 

 
Le Liban, "pays à l’honneur" au festival Paris-Cinéma 2007
 
par ZENA ZALZAL, paru dans l'Orient-le Jour le 12 janvier 2007
 
Directrice de la programmation du festival Paris-Cinéma, Aude Hesbert est venue à Beyrouth pour procéder à une sélection de films libanais qui seront présentés dans le cadre de la cinquième édition de ce festival qui se tiendra du 4 au 14 juillet 2007 dans différentes salles de la Ville lumière. En effet, après le Brésil et la Corée du Sud, c’est la cinématographie du pays du Cèdre qui sera à l’honneur cette année. Le choix du Liban, induit par le maire de Paris, M. Bertrand Delanoë, s’il est, certes, un témoignage de plus de la solidarité française, est également mû par une vraie curiosité envers la culture et, plus précisément, le cinéma libanais. C’est ce qu’affirme Aude Hesbert, signalant que "les années précédentes, nous avions déjà dans nos programmes des films de Danielle Arbid ou de Joanna Hajji Thomas et Khalil Joreige". "Il me semble d’ailleurs y avoir une cinématographie très vivante et très riche au Liban", relève la jeune femme, qui espère repartir avec une trentaine de films réalisés "ces dernières années", entre longs et courts-métrages, dans ses bagages.

Hommage au duo Hajji Thomas-Joreige
L’idée est de montrer un large éventail de la production libanaise et d’essayer ainsi de "traverser le pays à travers les caméras de jeunes réalisateurs, professionnels bien sûr, mais aussi ceux qui ont filmé spontanément les événements de cet été", indique Hesbert, qui a déjà pratiquement sélectionné Falafel de Michel Kammoun, Bosta de Philippe Aractingi ou encore Le dernier homme de Ghassan Salhab. Par ailleurs, Paris-Cinéma a décidé de rendre hommage cette année au couple Hajji Thomas-Joreige en programmant la totalité de leur filmographie et en organisant des débats et tables rondes autour de leur œuvre. "Le duo de réalisateurs pourra également inviter des plasticiens et des artistes de la jeune garde libanaise qu’il aimerait faire connaître. Lesquels pourront ainsi avoir accès aux plates-formes de coproduction qui présentent des films étrangers en développement à la recherche de financements français", précise encore la directrice de la programmation. Laquelle s’attelle pour sa part à mettre au point la liste des équipes des films libanais qui seront les invités présents aux avant-premières de cette édition.

Charlotte Rampling, présidente
Présidé au départ par Costa-Gavras qui a cédé le relais l’année dernière à Charlotte Rampling, le festival Paris-Cinéma, initié et soutenu par la mairie de Paris, s’est rapidement imposé comme un événement cinématographique à la fois populaire et exigeant. Un festival qui ne ressemble à aucun autre. Se démarquant nettement de celui de Cannes, plus glamour et paillettes, ce festival parisien dans son esprit se veut véritablement démocratique. A cet effet, le seul prix qu’il décerne est celui du public pour le meilleur long-métrage dans la catégorie compétition internationale. Et ce prix est en fait "une aide à la distribution". Pas de jury de professionnels donc, même si ces derniers sont présents à titre d’invités (Nathalie Baye par exemple sera l’invitée d’honneur cette année) pour des rencontres conviviales et des échanges avec le public et les professionnels étrangers.

Car outre le divertissement qu’il offre, ce festival a une vocation de défricheur de cinématographies lointaines, rares et peu connues. Et présente ainsi l’opportunité de pouvoir faire découvrir au public parisien une grande diversité de films provenant de tous horizons ainsi que des œuvres inédites en présence de leurs auteurs. "Par ailleurs, signale Aude Hesbert, la dimension pédagogique n’est pas oubliée : Paris CinéCampus, université d’été du cinéma gratuit, offre, à travers des ateliers et des cours, des leçons aux professionnels, étudiants et cinéphiles soucieux d’enrichir leurs connaissances pour nourrir leur passion. Et côté patrimoine, une rétrospective des films de Lusbich est programmée pour cette cinquième édition." Accessible à tous les publics (des films de tous les genres et pour tous les âges) grâce à un tarif réduit de 4 euros la séance ainsi qu’à des projections dans une vingtaine de salles réparties dans tous les arrondissements et des événements en plein air (projections sur le parvis de l’hôtel de ville, ciné-concerts dans les jardins du Sénat…), Paris-Cinéma offrira cette année encore aux Parisiens deux semaines d’évasion en été. Dont une incursion au pays du lait, du miel et de...la guerre.
 

 
"Je S'appelle YASS et je viens de loin"
 
YASSER HACHEM est sur la scène du Petit Palais des Glaces à Paris à partir du 16 janvier et jusqu'au 31 mars 2007, du mardi au samedi à 20h, au 37, rue du Faubourg du Temple, Paris 10e, Mo République ou Goncourt, Rés. 01.48.03.11.36 ou www.palaisdesglaces.com . Mise en scène de CAROLINE BRESARD, production par Loj Productions. 
 
Biographie
Yass a 37 ans. Il est d'origine libanaise mais il est né à Dakar, au Sénégal, où il a vécu jusqu'à l'âge de 18 ans. Après son bac, il vient étudier à Paris où parallèlement à des études de gestion il prend des cours de théâtre (cours Viriot). Une fois ses études terminées, il part s'installer en Côte d'Ivoire où il a travaillé pendant 10 ans. En marge de ses activités professionnelles, il a créé une troupe de théâtre (le Prêt à Jouer) avec laquelle il monte chaque année un spectacle différent. Aujourd'hui Yass est de nouveau installé à Paris où il vient de monter son premier one man show.
 
Le spectacle
C'est avec une énergie contagieuse que Yass nous transporte dans son univers. De Dakar où il est né à Paris où il a fait ses études en passant par le Liban dont il est originaire et la Côte d'Ivoire d'où il a été rapatrié, il nous fait voyager grâce à une galerie de personnages à la fois drôles et émouvants. Une vraie performance d'acteur pour un dépaysement garanti.
 
Critiques
- Si naturel "Yass" et touchant de vérité et d'humanité, qu'on a pas envie de le quitter à la fin du spectacle. Mais on irait bien boire un pot avec lui pour apprendre à le connaître davantage. J'ai beaucoup aimé son spectacle. Il mérite d'être connu. En tout cas, il sera très prochainement au Petit Palais des Glaces. Alors n'hésitez pas ! Prenez des places.
- Sympathique - On sourit plus qu'on y rit, c'est du moins mon point de vue. Mais l'artiste fait preuve d'un dynamisme et d'une énergie sans faille. L'ami qui m'a accompagné a beaucoup aimé.
- Terrible - Franchement un spectacle super mais vraiment super, morte de rire, un personnage unique, il fait plusieurs voix... Franchement il faut y aller, c'est top.
- Waou quel talent - Françaises, Français, ce mec déchire sur scène, son spectacle, c'est un truc de ouf ! Cet artiste a un talent monstre, vous passerez sans doutes aucuns une très agréable soirée ! Petite, petit qui sait à peine lire, demande à tes parents de te faire découvrir ce monsieur, il est gentil comme le père Noël. Waf waf, waf ouaf ouaf ouaf ! Voilà, j'ai essayé de viser un public le plus large possible, parce que c'est mérité !
- Top ! J'ai vu Yass il a quelques temps et j'ai été très touchée par son spectacle : non seulement il est très drôle, dans tous ses personnages qui sont d'une justesse incroyable, mais en plus il est particulièrement émouvant... J'ai pleuré en même temps que lui au moment de la standing ovation à laquelle il a eu droit, et qui était amplement méritée. Il se donne à 200% sur scène ! Bravo.
- Super spectacle - Magnifique spectacle très drôle et très émouvant à la fois. Toute la salle est morte de rire. A faire absolument !
- Hymne à la tolérance avec beaucoup d'humour - Yass partage son histoire au travers des pays où il a pu vivre. On voyage d'Abidjan à Paris en passant par Dakar, bercé par l'émotion et l'humour d'un spectacle extraordinaire, au son d'accents internationaux. A voir absolument !!!!!!!!!!
- Yass... on l'aime ! - J'ai connu Yass en Côte d'Ivoire, je suis allée le voir à son One Man Show et le résultat est extra !! Quelle performance, je conseille à tous, il me fait de plus en plus rire !
- Super Yass - Nous avons passé un moment fort sympa en compagnie de YASS... quel talent !!!! Yass est un "pro". Merci encore !!!!!!!!!!
- Très bon - Excellent spectacle ! Yass a une énergie communicative et on passe un très bon moment.
 
 

 
Le Soldat Rose, de Pierre-Dominique Burgaud et Louis Chédid
 
Le DVD du spectacle enregistré au Grand Rex à Paris le 12 novembre 2006 vient de sortir
 

Il était une fois un chanteur qui s’appelait Louis. Louis Chédid. Quand il était plus jeune, il avait été raton laveur sur le très joli ‘Emilie Jolie’ de Philippe Chatel. Depuis, l’idée lui trottait dans la tête : écrire un conte musical pour les enfants. Mais attention, pas que pour les petits enfants ! Pour les enfants moyens aussi. Et pour les enfants grands, pour les enfants immenses, pour les enfants banquiers, pour les enfants trapézistes, pour les enfants mamans, pour les enfants grands-pères, pour tous les enfants quoi. Comme Louis n’avait pas envie de se lancer tout seul dans cette aventure, son éditrice lui a présenté Pierre-Dominique Burgaud. Tous les deux se sont mis d’accord là-dessus : c’est Louis qui écrira les musiques et Pierre-Dominique s’occupera des paroles. C’est ainsi qu’est né le Soldat Rose. Petit à petit. Des bouts de textes de Pierre-Dominique, des bouts de musiques de Louis, un début d’histoire, des débuts de chansons, des personnages qui apparaissent et disparaissent, et, au bout de quelques mois, un conte complet, quatorze chansons. L’épopée d’un petit Joseph, déçu par le monde des grands, qui se laisse enfermer dans un grand magasin pour vivre avec des jouets.

 

Tous les personnages du conte sont interprétés par : CATHERINE JACOB (la voix de grand magasin), JEANNE CHERHAL (Betty Quette), -M- MATTHIEU CHEDID (Le Soldat Rose), SANSEVERINO (Le Conducteur de Train), SHIRLEY & DINO (Le Roi & la Reine), ALBIN DE LA SIMONE (Cousin Puzzle), FRANCIS CABREL (Le Gardien de Nuit), VANESSA PARADIS (Made in Asia), BENABAR (Le Petit Chimiste), LOUIS CHEDID (La panthère noire en peluche), ALAIN SOUCHON (L’Homme de ménage), RAOUL LE PENNEC (JOseph), CELINE BARY (La fiancée du Soldat Rose).
 

 

 
Un concert pour la joie et la paix avec maestro Robert Lehrbaumer
Vendredi 12 janvier, au palais de l’Unesco
 
par EDGAR DAVIDIAN, publié dans l'Orient-le Jour le 11 janvier 2007
 
Seconde visite du maestro autrichien Robert Lehrbaumer à Beyrouth pour diriger l’Orchestre symphonique national libanais. Dans ses bagages, une fois de plus, des partitions de Johann Strauss fils. "Dans le même esprit que le concert donné l’an dernier au Grand Sérail, mais guère identique à celui qui se donnera ce vendredi 12 au palais de l’Unesco", précise Robert Lehrbaumer, un peu pince-sans-rire. Rencontre avec un chef d’orchestre doublé d’un pianiste concertiste, d’un organiste inspiré et d’un pédagogue pour qui parler musique c’est aussi naturel et vital que respirer…Les cheveux châtain clair légèrement annelés, un peu longs, le teint clair, les yeux d’un bleu de porcelaine, Robert Lehrbaumer s’exprime en un anglais métissé d’accent autrichien.

A quarante-six ans, ce Viennois imbibé de la culture de son pays compte à son actif plus de 3.500 concerts (à neuf ans, il faisait déjà partie du monde de la musique et assume son premier récital à 16 ans) et plus de douze CD dans les bacs. "J’aime Bach, Beethoven, Chopin, Stravinsky, mais aussi Strauss qui est ancré dans l’esprit viennois, dit maestro Lehrbaumer. Strauss c’est un grand éclat de vie, avec de la joie. J’ai beaucoup apprécié l’enthousiasme du public libanais l’année dernière devant le déploiement de la musique à trois temps ! Réaction tonique partagée aussi par l’orchestre. Ce rythme des mesures à trois temps c’est déjà tout un art: à la fois régulier et irrégulier, avec un sens particulier pour instaurer le rythme qui a ses pulsations et ses secrets… La musique de Strauss, d’une grande richesse sonore, est typiquement viennoise. Strauss était l’enfant de son siècle. A une époque, tout le monde jouait du Schubert… Et puis la moitié de Vienne a dansé sur les airs de Strauss ! Un vrai phénomène. D’où, quand on parle de Strauss, il faut évoquer les racines des choses, ce qui est une tradition… Je dirais que la musique de Strauss c’est une maladie positive et l’aimer c’est être positivement infecté ! Sa musique est une drogue positive. Pour moi, il est le compositeur le plus positif qui ait vécu, le plus aimé aussi… Quand on aime la musique de Strauss, on ne peut pas haïr, on ne peut vouloir faire la guerre, on aime la vie… Ce concert est une invitation à la joie, à la paix…"

Mais revenons un peu à la carrière de musicien-interprète-soliste. Maestro Lehrbaumer a-t-il les mêmes préférences musicales devant les touches d’un clavier ou celles d’un orgue ? "Cela diffère évidemment, répond Lehrbaumer. Comme pianiste, j’aime surtout Schubert et Liszt. Pour l’orgue, il y a Bach, Schmitt (un collègue à Arnold Schonberg). Tenez, pour mes CD où je joue en soliste, j’ai interprété des œuvres de Mozart, Schumann, Tchaïkovsky, Bach, Schubert, Liszt et quelques compositeurs contemporains… Et mon dernier projet d’enregistrement va à la Rhapsody in Blue de Gershwin, dans sa version jazz band, avec en plus des concertos pour piano de Haydn et Mozart…" Ses impressions sur le pays du Cèdre, maintenant qu’il le connaît ? "Je me sens bien ici, confie Lehrbaumer, avec un sourire de contentement. Il y a des paysages magnifiques et surtout je suis charmé par la reconstruction si splendide du centre-ville… Je suis heureux aussi de renouer avec les musiciens de l’orchestre. J’aime par ailleurs écouter la langue arabe que je trouve belle dans ses intonations fortes… La musique reste un symbole et une part de la vie. Et c’est bon de la partager avec les autres.»

Ce vendredi se succéderont au palais de l’Unesco, valses, marches, ouvertures, polkas… Va-t-il instaurer, en ce sens, une tradition de la musique viennoise à Beyrouth ? "S’il y a intérêt, pourquoi pas ? Puisque cet amour pour cette musique est aussi bien partagé par le public et les musiciens… Mais cela n’exclut pas aussi d’élargir le cercle et de présenter d’autres compositeurs… Et pourquoi pas Strauss et Wagner, Brahms ou Carl Mikhael Ziehrer, un musicien qui a donné aussi dans le domaine des marches et des polka et que le public ne connaît pas autant que les Strauss…" Rendez-vous donc sous la houlette de maestro Robert Lehrbaumer pour un vrai feu d’artifice musical, pour une soyeuse croisière où la joie, la bonne humeur et le rythme ont le vent en poupe.
 




Fairouziyyat, Hommage à Fairouz
Avec l’ensemble Elie Achkar et les chanteuses Naziha Meftah et Madona Rouhana
 
les vendredi 26 et samedi 27 janvier 2007 à 20h30
à l'Institut du Monde Arabe dans le cadre de "La Méditerranée des musiques"
 
Réservations sur le site Internet de l'IMA

Fairouz est sans conteste la personnalité la plus marquante de la musique libanaise. Celle-ci n’aurait pas connu une telle vogue si elle n’avait pas bénéficié de la voix sublime de cette chanteuse qui, même du vivant d’Oum Kalthoum, s’est imposée dans tout le monde arabe, en chantant non seulement le Liban mais aussi la Palestine, l’Egypte, la Syrie et La Mecque…

L'art de Fairouz est indissociable du talent des deux frères Rahbâni. Auteurs compositeurs hors pair, ils ont une connaissance parfaite de la musique occidentale et de la musique traditionnelle libanaise. Assi (époux de Fairouz) et son frère Mansour Rahbâni puisent leur inspiration dans la riche et dense musique populaire du Liban et dans les chansons populaires des pays voisins (Syrie, Egypte), tout en nourrissant une réelle curiosité à l’égard des autres musiques du monde, ce qui explique la qualité exceptionnelle de leur travail.

Naziha Meftah, originaire du Maroc, est l’une des meilleures interprètes de la chanson « fairouzienne ». Avec la Libanaise Madona Rouhana, une belle voix qui se fraye un chemin sur les sentiers esthétiques du chant arabe, elles prêtent leur voix aux couleurs de l’arc-en-ciel à la diva dont elles interpréteront des chansons anciennes et contemporaines. Portées par des musiciens remarquables dirigés par Elie Achkar, virtuose du qânûn, fin connaisseur de la musique arabe qui a lui-même accompagné Fairouz plusieurs années durant, Naziha et Madona nous invitent à partager ce vibrant hommage et promettent de nous guider au fil de leur émotion teintée de nostalgie dans les pas d’une femme qui aura marqué l’histoire.


Naziha Meftah et Madona Rouhana (chant), Elie Achkar (qânûn & direction), Hatem Bedoui (derbouka), Georges Daccache (clavier),Yassine Ayari (flûte nây), Jasser Haj-yousef (violon).
 
 

 
"Une diva illumine les jours sombres de Beyrouth" 
Faiyrouz dans le "New York Times"
 
par IRENE MOSALLI, publié dans l'Orient-le Jour le 5 décembre 2006
 
L’art au Liban l’a emporté sur la politique dans l’édition du dimanche du New York Times qui a consacré trois colonnes au spectacle "Sah el-Nom", alors que le sit-in de l’opposition est relaté en une colonne. L’article intitulé "Une diva illumine les jours sombres de Beyrouth" est illustré d’une très belle photo de Fairouz étalée sur trois colonnes. On peut notamment lire : "Lorsqu’elle est apparue sur scène vêtue de soie couleur abricot, il y a eu dans l’audience des larmes, de forts applaudissements et des cris de joie. Faiyrouz se produisait à Beyrouth et son pays, semble-t-il, n’a jamais eu autant besoin d’elle." Et l’auteur de l’article, Katherine Zoepf, de rappeler que durant ces derniers jours, des tanks de l’armée avaient pris position aux intersections du centre-ville où se déroulait la grande manifestation du Hezbollah alors que les rumeurs d’une nouvelle guerre civile étaient sur toutes les lèvres : "Mais les Beyrouthins de tous les quartiers étaient d’accord pour que Fairouz se produise comme prévu." Et de rappeler que notre ambassadrice auprès des étoiles devait à l’origine se produire en juillet dernier dans le cadre du Festival international de Baalbek, mais dont le programme avait été annulé à cause de la guerre avec Israël.

Ce nouveau rendez-vous avec le public a tenu malgré tout. Et ce dernier y a répondu, relate le New York Times : "Les spectateurs ont bravé la manifestation, les routes bloquées et les barrages de sécurité pour s’installer sur des chaises en plastique blanc, alors que des soldats patrouillaient dans les environs. Ils étaient venus de Beyrouth, de Saïda, de la Békaa." La journaliste américaine a recueilli leurs témoignages. "Fairouz est le rêve de tous les Libanais. Elle est majestueuse et mystérieuse, et on la voit rarement. Durant ce dernier week-end, il y a eu des rumeurs de coup d’Etat, mais Fairouz a refusé d’annuler le spectacle. Ma sœur et moi sommes si heureuses. Guerre civile ou pas, c’est peut-être la seule fois que je la verrai", dit Rosine Hajjar, 28 ans, originaire de la Békaa et psychologue. Pour Amal Hachem (29 ans, avocate beyrouthine), "le fait que Fairouz ait tenu bon est important, car elle est le symbole du Liban. Du Liban en guerre, du Liban en paix et du Liban en révolte. Elle nous fédère." Le mot de la fin est réservé à la présidente du Festival international de Baalbek, May Arida, qui, en voyant la salle se remplir, a dit : "Nous savions qu’il y aurait une certaine peur. C’est hier que nous avons decidé que “the show must go on”. En ces temps difficiles, nous avons besoin de Fairouz."
 

 
A Diva Brightens a Dark Time in Beirut
 
By KATHERINE ZOEPF, published in The New York Times on December 3, 2006
 
As she stepped onto the stage, a tiny figure in apricot-colored silk, some in the audience broke into tears, while others clapped and cheered. As she lifted her lace parasol, turned her famous hooded eyes to the balcony, and her song began, ululations of joy erupted from several elderly Lebanese ladies in formal evening dress seated near the stage. Fayrouz was performing in Beirut again at last, and her country, it seemed, had never needed her more. In recent days, armored personnel carriers have moved into position along highway on-ramps, at major Beirut intersections and on a bridge overlooking the Hezbollah demonstrators at Martyrs’ Square, and fears and rumors that civil war might return have swirled. All the while, Beirutis of every sectarian stripe seemed to agree on this: Fayrouz must sing as planned.
 

In the Arab world, the emotional resonance this 70ish diva commands is difficult to overstate. Many of the great anthems of Palestinian and Lebanese nationalism - not factionalism - are her songs. Passengers on cheap overnight buses between Syrian cities know that morning has come and their destination lies near when the driver turns on Fayrouz. From Damascus to Ramalla to Amman, Fayrouz’s unmistakable deep, quavering tones echo from radios and tape decks in cafes, shops and taxi cabs, reminding people of the long-lost rhythms of village life and the longer-lost, golden years of peace. “Fayrouz is the music of our lives,” said a young Arab Israeli man in Haifa last week, who gave his name as Said. “She plays from dawn till midnight, every day, everywhere we go. She is the symbol of Lebanon and of Palestine. We all love her.”

 

Just how true that is in Lebanon seemed clear on Friday night, as she took the stage before tens of thousands of people at a convention center on the Beirut waterfront, to perform in “Sah el Nom,” a musical comedy. They had braved the demonstrations, blocked roads and multiple security checks to occupy white plastic chairs while scores of soldiers with AK-47s patrolled outside. Some came from Beirut, some from Saida, a mainly Sunni town considered the gateway to southern Lebanon. Rosine Hajjar, 28, a psychotherapist from the Bekaa Valley, a predominantly Shiite region, said she had planned and saved for months for this night. “Fayrouz is a dream for all Lebanese people,” Ms. Hajjar said. “She is majestic, she is mysterious, and it is very rare to see her. There were so many rumors this weekend of a coup d’état. But Fayrouz refused to cancel, and my sisters and I are so happy. Whether there is a new civil war or not, I feel sure that this will be the first and last time in my life that I will ever see her.” Amal Hachem, 29, a lawyer from a Christian neighborhood in Beirut, said: “The fact that Fayrouz went ahead with this means a lot for Lebanese people. She is the symbol of Lebanon. Lebanon in war, Lebanon in peace, and Lebanon in revolution. She brings us together.”

 

“Sah el Nom” concerns a self-serving king who demands impossible favors when his people ask for help, but who comes to change his ways through the intervention of a good, brave village woman, played by Fayrouz. But even symbolism and inspiration sometimes have to take a back seat to age and the sound requirements of a convention center. As the performance progressed, there were hisses and whispers - soon hushed by diehard admirers - as her lips occasionally moved out of time to the voice singing from the speakers, or as she focused on dancing, and the voice sang on. Born more than 70 years ago - no one seems certain just how many - as Nouhad Haddad, she was dubbed Fayrouz, or Turquoise, by an early musical mentor. For more than 50 years, she and several family members - her husband, the composer Assi Rahbani, his brother Mansour, a lyricist, and a son, Ziad - have been the musical royal family of the Levant. The Rahbani brothers wrote most of the material that Fayrouz has regularly performed throughout her career, including “Sah el Nom.”

 

They are the rarest of public figures in Lebanon: artists whose standing is above politics. Throughout the 15 years of Lebanon’s civil war, they never took sides. Fayrouz was to sing in “Sah el Nom” at the ancient Roman acropolis in Baalbeck, where an international music, theater and dance festival is held each summer. But the Israeli-Hezbollah war began that very evening, and the performance was canceled. Throughout the 34-day war, Fayrouz’s patriotic songs, including “To Beirut” and “The True Lebanon Is Coming,” were everywhere. But she never appeared. The festival’s organizers decided to move the program to Beirut. Fayrouz had not performed here since 1994, and ticket sales were frantic. May Arida, the festival’s president, watched as the audience filed in on Friday night. “We knew there would be some fear,” she said. “We didn’t make the decision until yesterday, but we finally decided that the show must go on. In a difficult time, we need Fayrouz.”
 
The Lebanese singer Fayrouz performing Friday night in the musical comedy
"Sah el Nom" in Beirut 

 
L’Espagne fait chanter et danser le "Bustan"
FESTIVAL - Seize performances, du 21 février au 25 mars
 
paru dans l'Orient-le Jour le 10 janvier 2007
 
C’est d’un commun accord que le comité du Festival al-Bustan à Beit-Méry a voulu maintenir la date prévue des spectacles. Dans une conférence de presse tenue hier à l’auditorium Emile Boustany, le programme des festivités a été présenté. Thème : l’Espagne et son soleil, qui illuminerait l’hiver libanais. "Les difficultés étaient grandes cette année et nous avons eu beaucoup de mal à convaincre les artistes à venir au Liban, avoue Myrna Boustany avant d’introduire le programme. Mais le comité m’a encouragée à prendre cette décision et à persévérer dans ce travail que nous jugeons plus que bénéfique pour le pays." Un programme réduit, regroupé sur quatre semaines, mais diversifié et riche qualitativement. "Car, par ailleurs, comme l’a si bien précisé Myrna Boustany, s’il faut couvrir toute l’Espagne, il faudrait faire plus de cinq festivals." Cette édition 2007 donc, majoritairement hispanique, rassemblera sous son chapiteau des interprètes espagnols ou vivant dans les villes d’Espagne. Une soirée consacrée à la France,