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Notre
journal commence à
s'ouvrir à d'autres
langues que le
français afin
d'intéresser tous les
Libanais et leurs amis
dans le monde. Vous
trouverez dans cette
lettre un article en
espagnol sur l'exposition
à Séville La
otra imagen de los árabes
ainsi qu'un article en
anglais sur la chanteuse
d'origine libanaise Shakira
proud of Arab background.
Béchara
el-Khoury ou la farouche
passion de liberté
Une
de ses œuvres musicales
sera interprétée au Théâtre
des Champs-Elysées, à
Paris le 25 mai
par
EDGAR DAVIDIAN, publié
dans l'Orient-le Jour le
23 mai 2006
Un
grand moment sans nul
doute pour Béchara
el-Khoury, ce 25 mai à
Paris, où se donne, au Théâtre
des Champs-Elysées et en
grande pompe, son œuvre
musicale "Aux frontières
de nulle part op. 62",
un concerto pour violon et
orchestre. Opus commandé
par le ministère libanais
de la Culture à
l’occasion du IXe Sommet
de la francophonie, il
sera interprété par
l’Orchestre national de
France sous la houlette de
Kurt Masur, éminent
maestro allemand qui fut
pendant douze ans
directeur musical et chef
de la Philharmonique de
New York. En outre,
maestro Masur est président
de la Fondation
Mendelssohn et de la
maison Beethoven au pays
de Goethe. Au violon, pour
la partie soliste de la
partition, Sarah Nemtanu.
Pleins feux sur Béchara
el-Khoury dont le
parcours, déjà jalonné
de succès, s’affirme
avec éclat aux firmament
et cercle très élitiste
des compositeurs modernes.
Né en 1957 à Beyrouth,
ce fervent amoureux de la
musique contemporaine est
aussi un inspiré
taquineur des muses. Nul
n’oublie ses trois
recueils de poèmes publiés
juste avant la guerre au
pays du Cèdre. Des
images, des rigueurs métriques
et de la riche musicalité
des rimes libres au monde
insaisissable mais
perceptible de la musique,
il n’y a presque pas de
frontières… Les notes
renvoient naturellement à
d’autres images sonores,
d’autres rythmes,
d’autres mesures,
d’autres musiques,
orphiques et
incantatoires… Les mots
s’effacent, les vocables
s’évanouissent, et émerge
un univers sonore
chatoyant où demeurent
les préoccupations et
l’essence d’un être,
toujours écho du siècle,
pour reprendre la formule
"hugolienne",
dans un langage envoûtant,
renouvelé, original et
universel.
Aujourd’hui, aux confins
de la cinquantaine, Béchara
el-Khoury, prix Rossini
(2000), membre du jury aux
concours de l’Ecole
normale supérieure de
musique de Paris et de
Radio-France, finaliste à
Londres en 2003 (avec
"Les fleuves
engloutis op 64") du
concours international
"Masterpiece",
est courtisé par la firme
Naxos pour ses
enregistrements, par les
éditions Max Eschig et
Alphonse Leduc pour ses
publications. A la tête
d’un catalogue qui
comprend plus de
soixante-dix œuvres
(interprétées déjà par
les plus prestigieux
orchestres d’Europe
dirigés notamment par
Daniel Harding et Martyn
Brabbins), Béchara
el-Khoury, voix qui compte
dans le peloton de
compositeurs modernes, a
une production musicale où
s’exprime, en un style
attachant, coloré, teinté
d’une certaine
nostalgique mélancolie,
un vibrant humanisme.
L’Orient et l’Occident
fusionnent dans une
expression musicale qui a
assimilé en profondeur
tous les ingrédients des
deux cultures confondues.
Musique contemporaine guère
loin aussi d’un certain
romantisme où grandiose
et tragique voisinent
comme les deux visages de
Janus pour une traversée
humaine exposée à tous
les aléas, tous les
bonheurs et toutes les
adversités.
Plus de
soixante-dix œuvres
Des bribes de Penderecki,
Lutoslawski et Stravinski
en teintes nuancées
d’un pastel triste et
grave surgissent, comme
des feux mal éteints dans
un brasier jetant
brusquement des flammes
vives, dans des pages aux
éclats rougeoyants où la
bipolarité
tradition-modernité forge
un langage personnalisé,
n’appartenant à aucune
catégorie qui puisse être
répertoriée.
Pour mieux cerner ce
compositeur qui
s’inspire, entre autres,
de sa foi chrétienne
profonde et de son
attachement au Liban, emblème
d’un humanisme ouvert et
tolérant, les propos de
Pierre-Petit, parus dans
un article du Figaro :
"Imprégné de la
vraie tradition orientale,
rompu aux techniques de
notre musique occidentale,
Béchara el-Khoury était
tout désigné pour
essayer de trouver le
point idéal de fusion. Je
crois qu’il y est
parvenu en faisant
circuler dans un tissu délibérément
européen une sève
authentiquement orientale.
Langage inhabituel sans
nul doute qui nous touche
par son originalité, nous
dépayse et nous fait rêver.
Voici certainement l’une
des clés principales pour
pénétrer dans
l’univers si intériorisé
de ce compositeur poète.
Si les premières œuvres
laissent apparaître
encore ici et là des
traces d’orientalisme au
détour d’un rythme de
danse ou d’une inflexion
mélodique, les œuvres
ultérieures parviennent
par une subtile alchimie
à une fusion totale des
deux traditions. La veine
lyrique constamment présente
au sein de la production
d’el-Khoury situe sa
musique aux antipodes de
tout formalisme abstrait
et en dehors de tout académisme
stérile. El-Khoury réintègre
avec force dans la musique
d’aujourd’hui
l’expression du
sentiment personnel, de la
passion et de l’émotion."
Véhémente, éprise de
liberté, charriant avec
vigueur les vents de la
passion, portée par les
ardeurs de la foi, écho
des misères du monde,
touchant reflet de toutes
les contradictions
humaines, oscillant entre
perdition et espérance,
évoquant les ruines et
saluant le futur, cette
musique appartient à ce
qui bouleverse et émeut.
La poésie, apanage des
mages, des voyants et des
hérauts à l’écoute
des vagues mugissantes du
monde a, ici, la part
belle. Narrations
musicales où la poésie a
péremptoire droit de cité.
Narrations musicales à
tempérament vif où
l’orchestration
richement travaillée se
garde bien d’empiéter
sur la beauté des
solistes, avec une préférence
non seulement pour le
clavier ou le violon
(belle collaboration avec
les pianistes Abdel Rahman
el-Bacha, David Lively,
Dimitri Vassilakis, Hideki
Nagano et un prince de
l’archet, Gérard
Poulet), mais aussi et
surtout la clarinette et
le cor.
A quand Beyrouth ?
Faut-il
rappeler que l’œuvre
symphonique "New York,
Tears and Hope" (New
York, larmes et espoir) sera
interprétée le 11
septembre prochain sur les
lieux mêmes où les tours
jumelles se sont effondrées
en tas de cendres fumantes ?
Les vivants se souviennent,
et un poète- musicien a, de
toute évidence, l’éloquence
et la vertu de calmer les
douleurs des plus grands
cris et des plus effroyables
souvenirs. Concert qui sera
transmis en direct par les
chaînes de télévision du
monde entier. Pour tous les
mélomanes avides de
nouveauté et de partition
de qualité, voilà une
occasion en or pour
retrouver, découvrir ou
applaudir un poète aux
dires de musicien. Ou vice
versa? Et quelle serait la
différence quand la beauté,
la sincérité, les aveux
les plus troublants, les
inflexions les plus intimes
et l’émotion jouent à
masques et horizons découverts
?
Si Paris ovationne
aujourd’hui "Aux
frontières de nulle
part", il est temps
que la ville qui a vu naître
ce poète doublé de
musicien l’accueille aux
bords de ses rivages
retentissants comme
al-Moustapha parlant aux
gens d’Orphalèse… Une
gerbe de notes
scintillantes,
cristallines, dorées,
cuivrées, chargées des
rosées de toutes les
aurores du monde et du
velours des nuits les plus
capiteuses, non pas pour
un voyage d’exil, de séparation
et de partance, mais pour
un radieux retour fait de
plénitude et de bonheur,
authentique moment de
chaleureuses
retrouvailles…
En attendant les
festivals de l'été 2006
au Liban
L'ouverture
des grands festivals de l'été
est pour bientôt, avec en
prémices quelques événements
artistiques et musicaux
dont voici un aperçu :
Dans
l’univers bigarré
d’Arthur H
Dégaine
et voix - rauque et
profonde - à la
Gainsbourg, costume
scintillant et répertoire
poético-rock, Arthur H.,
à mi-chemin entre Jim
Morrison et le Petit
Prince, a entraîné, le
dimanche 21 mai au Music
Hall à Beyrouth, son
auditoire libanais (parmi
lequel s’était glissé
l’ambassadeur de France
M. Bernard Émié) dans
son univers bigarré aux
influences musicales
multiples. Entre rock,
chansons à texte, folk,
poésie, air de musette et
électro-expérimental, un
concert chaleureux et réussi.
Grâce aussi à l’humour
de ce "presque
Libanais", comme il
dit, dont la femme est à
moitié libanaise.
Concert
de la Star Academy
C’est
devant un public conquis
d’avance et survolté
que les neuf finalistes de
la Star Academy 2006 ont
chanté, le samedi 20
mai au BIEL, dans la
capitale libanaise, de
nombreux succès. Les
fans, pour la plupart
adolescents (ou même préadolescents),
étaient venus par
milliers admirer les stars
dont ils ont suivi le
parcours durant quatre
mois sur la LBC, notamment
le vainqueur libanais de
la compétition, Joseph
Attieh, mais aussi Hani,
Fadi, Hana’, Chayma,
Wajdi, Khalifa, Raqya et
Maya. La directrice
de l’académie, Roula
Saad, était là au
premier rang, ainsi que
des professeurs, et les
membres de la famille de
certains ex-candidats.
Vers 21h, la troupe de
danseurs arrive enfin sur
scène, précédant de peu
les jeunes stars qui
entonnent alors la chanson
de leur promotion, sur un
thème de Dalida. Les
tableaux se succéderont
à partir de ce moment
sans arrêt, alternant
chansons solo (pour chacun
des ex-candidats de la
compétition), duos,
performances de groupe ou
encore chorégraphies, au
cours desquelles Maya
notamment a eu un rôle
central, exerçant avec
brio son talent de
danseuse. Le répertoire
était très varié,
allant des morceaux
classiques, notamment
libanais, aux chansons
plus contemporaines, en
langues arabe, française
et anglaise, alternant les
styles (arabe, rock,
country…) avec le même
succès. Les chorégraphies
et les costumes qui ont
accompagné les tableaux
étaient remarquables,
ainsi que les performances
des stars elles-mêmes.
Rendez-vous
musicaux de Nayla à
Madrid
La
chanteuse libanaise Nayla,
qui vit dans la capitale
espagnole, a donné le
mardi 16 mai au Centre
Culturel Lavapies (calle
Olivar, 46) un concert-débat en
formation réduite, avec
présentation du Liban et
dégustation de produits
libanais, et le jeudi 18
mai à la salle La Boca
Del Lobo (calle Echegaray,
11) un concert fusion
flamenco oriental avec
tous ses musiciens et
danseurs. Elle donnera de
nouveau le vendredi 9 juin
à 19h au Centre Culturel
Puerta de Toledo (calle
Gran via de San Fransisco,
2) un concert-débat
en formation réduite avec
présentation du Liban et
dégustation de produits
libanais : www.soynayla.com
L’hippodrome
de Beyrouth à l’heure
du printemps et du Garden
Show
Cette
année, plus encore que
les deux années précédentes,
le Garden Show a
pleinement célébré son
nom en faisant honneur au
jardin sous toutes ses
formes et dans toutes ses
couleurs. Sous le thème
du jasmin et des pots, et
en violet de préférence,
les exposants ont planté
leurs fleurs et leurs
arbres, et semé des
sourires pour cinq jours
de bonheur, du mardi 16 au
samedi 20 mai. Pour ce
troisième rendez-vous,
devenu incontournable -
ils étaient 26.000
visiteurs l’an dernier
-, Joumana Damous Salamé
et Myriam Schuman ont tenu
à ce que les 120
exposants présents
"parlent
jardin". Qu’il
s’agisse de marques de
vin, de magazines -
un coin a été consacré
à Gebran Tuéni -,
d’institutions,
d’espace enfant, du
Marathon de Beyrouth, du
marché aux plantes, de
Souk el-Tayeb et son
jardin potager organique,
de l’AUB ou encore de
l’association
Children’s Care Center
of Lebanon, qui a planté
un "garden of
hope", une belle leçon
d’espoir. "Vingt et
un jardins ont été créés
pour l’occasion,
explique le très
dynamique duo. Nous avons
voulu donner une plus
grande importance à tout
ce qui est floral, que les
visiteurs sentent vraiment
la présence du sujet. Le
ministère de
l’Environnement et celui
du Tourisme participent
pour la première fois à
l’événement." Au
menu des nouveautés, également,
deux restaurants sous les
pins et un concours du
plus bel épouvantail,
organisé par l’école
de stylisme ESMOD-Beyrouth,
avec un jury composé de
Rabih Keyrouz, Nayla de
Freige, Christiane Tawil,
Tania Skaff et Renée
Khazen. L’effort
est considérable et beau
à voir. Car tout, en
effet, dans ce Garden
Show, qui s’étale sur
20.000 m2 et dont
l'ouverture s'est déroulée
en présence du président
de la municipalité de
Beyrouth, Abdel Mounim
Ariss, parle en couleur et
en beauté de l’art de
vivre au jardin et celui
de jardiner.
Elie
Rizkallah au musée
Robert Moawad
A
l'initiative de l'éditeur
musical et mélomane
Mozart Chahine et de
la directrice du Musée
Robert Mouawad à Beyrouth
(ancien palais Pharaon, à
Zokak el-Blat) Christiane
Klat, la série de
concerts sous le titre
"Musique au Musée"
a été inaugurée le
jeudi 11 mai par Elie
Rizkallah et l'ensemble de
Jazz Oriental, composé de
Ziyad Sahhab au oud,
Ghassan Sahhab au qanun,
Khaled Yassine à la
batterie, Ahmad el-Khatib
au riq, Bachar Farran à
la basse, Jean Lahoud au
saxophone et Toni Dib au
piano-Keybord. Bien connu
des aficionados des airs
de Abdel Wahab, dont il
est l’un des meilleurs
interprètes, Elie
Rizkallah, voix de ténor-baryton,
a enchanté le public avec
une variété d’airs tirés
du répertoire populaire
libanais : des frères
Rahbani à Ziyad Sahhab,
en passant par Zaki Nassif,
Roméo Lahoud ou encore
les paroles de Saïd Akl.
Alain
Schneider chante pour les
enfants
A
l'issue d'une tournée qui
l'a mené dans les grandes
villes du Liban, le
chanteur français Alain
Schneider a donné le
jeudi 18 mai, au Centre
Culturel Français de
Beyrouth, un concert
qui a enchanté de
nombreux enfants français
et libanais. En deux CD,
Schneider s’est imposé
comme un des
chanteurs-phares de la
chanson française pour
enfants. Mots et mélodies
s’entrechoquent
joyeusement au gré de
rythmes pop, salsa,
java… De la chanson française
drôle et intelligente
pour petits et grands, à
écouter sans modération.
Le
Festival de théâtre
jeune de Zahlé
Le
Festival de théâtre
jeune de Zahlé a été créé
en 2003 par le Centre
culturel français de Zahlé,
en collaboration avec la
municipalité de Zahlé-Maallaqa
et le Conseil général de
l’Oise (France). Son
objectif est simple : réunir
autour du théâtre des
jeunes élèves venus de régions,
de confessions et
d’horizons divers, et de
promouvoir, dans un esprit
convivial et festif, un
rapport ludique à la
langue française. Le succès
a été au rendez-vous dès
2003 et s’est confirmé
depuis. Pour sa quatrième
édition, qui s'est achevée à
Zahlé le samedi 20
mai et a réuni 22 troupes
scolaires venues de la Békaa
et des autres régions
libanaises (Chouf et
Mont-Liban), le festival a
accentué sa dimension
internationale. Non
seulement les troupes
participantes ont voyagé
de plus belle (un groupe
de Zahlé revenait
d’Espagne, un autre de
la République tchèque),
mais il a accueilli
surtout, pour la première
fois, une troupe étrangère,
celle du lycée Lyautey de
Casablanca (Maroc), dans
le cadre du partenariat
signé en 2005 avec le réseau
ArtDraLa (Réseau
international de festivals
de théâtre lycéen
francophone).
Heartbeat,
le concert du coeur
4.000
personnes ont répondu à
l'appel de l'association
humanitaire Heartbeat qui
a organisé un grand
concert, le vendredi 5 mai
au BIEL, au profit des
enfants cardiaques démunis.
Une initiative unique en
son genre, au cours de
laquelle de jeunes
artistes libanais de
grand talent ont présenté
un spectacle époustouflant,
avec un répertoire varié
couvrant les 50 dernières
années, allant de Jacques
Brel à O-zone, en passant
par Elvis Presley, les
Beatles, Michel Sardou,
Tom Jones, Charles
Aznavour, Tina Arena,
Helena Paparizou, Johnny
Hallyday, Frank Sinatra,
Madonna, Rosana, Whitney
Houston, Anastacia,
Nolwenn Leroy, la Star
Academy, les grands
interprètes d'opéra
Andrea Bocelli et
Alexandro Safina, et
les grandes comédies
musicales Phantom of the
Opera, les Misérables et
les Choristes. Il
s'agit des chanteurs Aline
Lahoud, Myrna Chaker, Sévine
Abi Aad, Sandy Ghosn,
Basile Choueri, Johnny
Aouad et Ramzi Ashoush,
accompagnés par les
musiciens Walid Tawil,
Mazen Siblini, Carlos Abou
Chabké, Assaad Habib, Jad
Habib, Johnny Succar, Ramy
Ghabril et Maurice Khoury,
avec la participation de
la chorale d'enfants de
Noha Hatem, et des
danseuses Julia Baysari,
Tsoline Bostanian,
Claudine Daya, Nancy
Haddad, Joëlle Khoury,
Carelle et Christelle
Wardini, sous la direction
de Abboud Homsi et Nahi
Lahoud.
www.heartbeat-lb.com
Journées
nationales du patrimoine -
Exposition "Né au
Liban"
Le
troisième jeudi du mois
de mai est devenu un
rituel : le Liban célèbre
les Journées nationales
du patrimoine. A
cette occasion, le
ministre de la Culture, M.
Tarek Mitri, la présidente
de la Fondation nationale
du patrimoine, Mme Mona
Hraoui (qui avait lancé
cette manifestation en
1997), le président de
l’Association pour la
sauvegarde des sites et
anciennes demeures (Apsad),
M. Assem Salam, le président
de l’association Baldati.com
, M. Chaker Noon, et Mme
Marie-Claude Saradar, présidente
de la Fondation Saradar,
ont annoncé le programme qui
a compris, du mardi 16 au
dimanche 21 mai, des
visites à Baalbeck,
Jezzine, Ibl es-Saki,
Hasbaya, Tripoli, Ghazir
et Beyrouth. M. Assem
Salam devait indiquer que
sur les 1.200 vieilles bâtisses
répertoriées à
Beyrouth, dans les années
90, il n’en reste que
256 ! Egalement à
l’affiche de la
Fondation nationale du
patrimoine, une exposition
intitulée "Né au
Liban", réalisée
par Myrna Boustany, Rima
Schéhadé et Michel Eddé.
Inaugurée le jeudi
18 mai, elle se déroule
jusqu'au dimanche 28 mai
au Musée des sciences, à
Solidere, et raconter en
images le parcours des célébrités
d’origine libanaise,
telles que Amin Maalouf,
Gabriel Yared, Nicolas
Hayek, Carlos Ghosn,
Jacques Saadé, K Maro,
Abdel-Rahman el-Bacha,
Roni Saikali, Michael
Dabagy, Mario Kassar ou
encore William Sawaya.
Abdel-Rahman
el-Bacha en concert à
Beyrouth
Le
grand pianiste libanais
Abdel-Rahman El-Bacha, qui
vit en France, donnera
deux récitals, les samedi
24 et lundi 26 juin à
20h, à l'amphithéâtre
Pierre Abou-Khater du
campus des Sciences
humaines de l'Université
Saint-Joseph. Il
interprètera des oeuvres
de Mozart, Beethoven, Schubert,
Chopin, Balakirev,
Mendelssohn, De Falla et
Scriabine. Billets en
vente au Virgin Megastore de
Beyrouth.
Le
premier Marathon de Tyr
L'Association
du Marathon International
de Beyrouth lance le
dimanche 4 juin à 10h le
Demi-Marathon
International de Tyr.
Cette nouvelle
manifestation sera
accompagnée par une
exposition qui se déroulera
du jeudi 1er au samedi 3
juin de 15h à 21h dans
l'hippodrome romain. Y
participeront des ONG et
des sociétés spécialisées
dans les domaines de la
santé, du sport et du
fitness.
2e
Festival de la Chance
"Hazzak Village"
Voyance,
cartomancie, tarots, numérologie,
astrologie, graphologie
seront au rendez-vous, du
vendredi 26 mai au samedi
3 juin, à partir de 18h,
au BIEL, avec de nombreux
voyants et voyantes libanais
(Abou Dany boule de
cristal, Amale tarots,
Antoinette café,
Asma Harik lignes de
la main / tarots,
Dalal Mansour café,
Georges Tonn médium,
Habab Al Jubali astrologie
chinoise, Hadaya cartes,
Hanane café,
Jeanine El Rayyess tarots
Nostradamus, Joe
Isber coquillages,
Nostradamuze tarots,
Oum Wael eau,
Rabha Bedouine lignes
de la main, Rita
Maalouf tarots,
Salwa Azar tarots,
Violette Jaalouk lignes
de la main, Yousra
Abou Antoun numérologie) et
internationaux (Chantal
Manon médium,
Gisèle Lecointre astrologue,
Yasmina Saleh Mathias médium,
Nouha Manesterski graphologue).
Festival
Culture Afrique
Le
Festival Afrique -
expo-vente "Culture
Afrique", projection
de films ("Hôtel
Rwanda"...), tournoi
de foot, soirée
africaine, dégustation de
plats traditionnels, coin
coiffure africaine,
tombola -, organisé par
le Club Afrique
(+961.3.392197), se
tiendra du lundi 29 au
mercredi 31 mai, au campus
des Sciences humaines de
l'USJ.
La
Guerre Juste dans le
Proche-Orient ancien et médiéval
A
l'occasion du centenaire
des Mélanges de
l'Université
Saint-Joseph
(1906-2006), des
manifestations
scientifiques seront
organisées au cours de
l'année autour des thèmes
de la revue. La première
sera un colloque sur "La
Guerre Juste dans le
Proche-Orient ancien et
médiéval : Approches
historique,
philosophique et
juridique", qui se
tiendra les lundi 29 et
mardi 30 mai au campus
des Sciences humaines de
l'Université
Saint-Joseph. Des
chercheurs libanais et
internationaux prendront
part aux diverses séances qui
seront inaugurées par
le Pr René Chamussy,
recteur de l'Université :
-
La guerre sainte dans le
Proche-Orient Ancien Lévon
Nordiguian :
Aspects religieux de la
guerre dans la Haute
Antiquité Mésopotamienne
Bertrand Lafont
; Réflexion sur l'idée
de guerre sainte dans la
Bible et chez les
peuples du Levant dans
l'Antiquité Françoise
Briquel-Chatonnier
-
La guerre justifiable Nadia
el-Cheikh : Légitimer
la guerre à Byzance Jean-Claude
Cheynet
-
Pour l'amour de Dieu Tarif
Khalidi :
Al-Muhakkima, Jihad as a
Duty to God Not the Jamâ'a
Nelly Lahoud ;
Jihad et ascétisme Chritian
Décobert
-
Discours et représentation Ray
Mouawad : Le
paradis à l'ombre des
sabres, discours sur le
jihad à l'époque de
Saladin Anne-Marie
Eddé ; Jihad
between Law, Fact and
Orientalism Sherman
Jackson
- La
guerre civilisatrice Emma
Gannagé : Guerre
civilisatrice, jihad et
réthorique selon les
philosophes arabes Maroun
Aouad
-
Guerre et jihad Ahyaf
Sinno : War and
Jihad in Classical
Islamic Thought
Ridwan El-Sayyed ;
L'évolution du concept
de jihad dans la pensée
islamique moderne Maher
Charif. www.usj.edu.lb
.
"Sizwe
Banzi est mort" au
Monnot
Peter
Brook, un nom
prestigieux du monde des
planches, une référence
dans le théâtre
moderne, une institution
dans la dramaturgie
contemporaine, une œuvre
plurielle qui traite
aussi bien au cinéma
qu’aux feux de la
rampe en passant par
l’écriture, l’art
plastique et la musique.
Le théâtre Monnot de
Beyrouth présente, les
vendredi 26, samedi 27
et dimanche 28 mai,
"Sizwe Banzi est
mort" d’Athol
Fugard, John Kant et
Winston Ntshona
(adaptation française
de Marie-Hélène
Estienne) dans une mise
en scène de Peter Brook
qui, pour des raisons de
santé, ne sera hélas
pas présent à
Beyrouth. Dans sa quête
de l’authenticité théâtrale,
ce polyglotte et
infatigable voyageur a
monté des pièces dans
de très nombreux pays
et conduit ses
recherches avec des
acteurs appartenant aux
civilisations les plus
diverses. Avec "Sizwe
Banzi est mort", le
public est confronté à
l’histoire de la
rencontre d’un
photographe nommé
Styles et d’un homme,
Sizwe Banzi, que la
dureté de la vie a
contraint à renoncer à
son identité. Il vit
sous un autre nom,
utilisant l’identité
d’un mort : Sizwe
Banzi était mort !
L’action suit les détails
de la vie dans les
townships, ces
bidonvilles où la désespérance,
odieuse et sans fond,
est un banal lot
quotidien… Un texte,
deux comédiens et un
grand metteur en scène.
L’Espagnole
Olga Maria Ramos au
"Monroe"
L’institut
Cervantès de Beyrouth
présente un récital-hommage
à la muse de Madrid,
Olga Ramos. Hommage
rendu par sa fille, Olga
Maria Ramos, le jeudi 25
mai à 20h, à
l’amphithéâtre de
l’hôtel Monroe. Entrée
libre. Olga Maria Ramos
chantera une sélection
de "cuplés"
(chansons
traditionnelles
espagnoles typiques de
la fin XIXe début XXe
siècle). Chanteuse,
compositrice, écrivain
et actrice espagnole,
Olga Maria Ramos est née
à Madrid au sein
d’une authentique
famille de musiciens.
Elle apprend très jeune
le répertoire des
"cuplés"
(chansons) que lui
chantait sa mère, Olga
Ramos, surnommée la "muse
de Madrid". Après
s’y être opposée
pendant des années, sa
mère finit par accepter
que Olga Maria devienne
artiste et lui enseigne
l’art difficile du
"cuplé". A
la mort de son père,
surnommé "El Cipri",
son talent de
compositrice s’éveille.
Elle a composé depuis
plus de cinquante thèmes. Olga
Maria Ramos est
l’auteur du livre
"De Madrid al cuplé,
una crónica cantada". Elle
collabore à différents
programmes de radio et
de télévision.
Actuellement, elle
dirige et présente également
un programme musical de
"cuplés" et
boléros à Radio Sol
XXI. Lors de ce concert,
elle chantera une sélection
de "cuplés"
traditionnels, ainsi que
des "cuplés"
de sa propre
composition.
Javier
Ruibal chante ses textes
Javier
Ruibal donnera deux
concerts, le vendredi 26
mai à 20h, à
l’amphithéâtre de
l’hôtel Monroe, et le
samedi 27 mai à 18h à
l'Unesco, dans le cadre
du Festival de poèmes
chantés organisé par
l’Unesco. Auteur,
parolier et interprète
de chansons, Javier
Ruibal, musicien
professionnel depuis
1987, compose et
interprète ses propres
chansons. Sa musique,
moderne, est influencée
par le jazz et le rock.
Les paroles de ses
chansons racontent et décrivent
des lieux et des
personnages irréels et
crédibles, du jardin
oriental le plus
exotique, à
l’asphalte dur et sale
; il chante des êtres
errants et déracinés
attendus par d’autres
êtres, il chante
l’amour, les extases
intenses et magiques,
les danseuses turques à
Paris, les danseurs de
flamenco à Manhattan,
les trains et les
bateaux, les reines
d’Afrique, les roses
bleues, les eaux et les
lunes de Tanger, dans un
paysage continu qui
englobe tout. On
pourrait dire de ses
personnages qu’ils
sont les fils d’une
sorte de village global
qui a surgi de sa
musique. Une initiative de
l'Institut Cervantès et
de l'ambassade
d’Espagne au Liban.
Entrée libre.
Camille
au Music Hall
Nouveau
phénomène de la
chanson française,
Camille tricote ses
textes et sa voix.
Ludique, unique, folklo
ou barjo, Camille chante
les amours ou les deuils
de l'enfance et façonne
ses musiques comme
certains tissent leur
vie : en équilibre sur
un fil. Elle se produira
le dimanche 4 juin au
Music Hall dans le cadre
des concerts Cabarets du
Monde, co-produits par Eléftériades
Productions et la
Mission Culturelle Française
au Liban.
Marc
Lavoine
au BIEL
Le
chanteur français Marc
Lavoine donnera un grand
concert, le samedi 1er
juillet, au BIEL, à
Beyrouth.
Colonie
d'été "Aventure
2006"
Le
club Récréation
organise deux sessions
d'activités culturelles
et sportives pour les
enfants dans la région
de Beyrouth, du 7
juillet au 4 août et du
7 août au 1er septembre.
Lire
le programme .
Les
Centres Culturels
Français et la Fête de
la Musique
Les
Centres Culturels Français
de Baalbek, Beyrouth,
Deir el-Qamar, Jounieh,
Nabatieh, Saïda,
Tripoli, Tyr et Zahlé (
www.ambafrance-lb.org
) organisent une série
de manifestations à
l'occasion de la Fête
de la Musique, le
mercredi 21 juin.
Le
Festival touristique de
Beyrouth
A Beyrouth,
l’ouverture officielle
du Festival touristique
aura lieu le mercredi 14
juin, à 20h30, en
musique, à l’Escalier
Saint-Nicolas - Gemmayzé.
Et comme le festival coïncide
avec la période du
Mondial, un écran géant
sera installé pour
permettre aux fans de foot
de ne rater ni les
manifestations du festival
ni les matches ! "A
l'instar des grands sites
libanais qui ont chacun
leur festival, Beyrouth se
devait d'avoir le
sien", a annoncé M.
Joseph Reaïdy, président
de l'Association de développement
de Gemmayzé, qui est à
l'origine de ces dix jours
de festivités. Ce
festival, qui englobera désormais
la traditionnelle
Exposition des Arts, s'étendra
à diverses autres activités
artistiques : musique, théâtre,
cinéma, spectacles...
-
Le jeudi 15 juin : Les
quatre mousquetaires. Ils
s’appellent Simon Obeid,
Nader Khoury, Gilbert
Jalekh et Elie Khayat. Ils
sont parmi les principales
figures du théâtre
al-Rahbani qui refusent de
se laisser entraîner par
cette vague de décadence
musicale de la chanson qui
a envahi le monde arabe.
Ils donneront un concert
au cours duquel ils ne
manqueront pas d’interpréter
leur tube, Cherchahtou
el-Balad
- Les vendredi 16, samedi
17, dimanche 18 et lundi
19 juin : Place au théâtre
avec une pièce qui sera
choisie parmi les
meilleures œuvres
estudiantines
- Le mardi 20 juin :
Retransmission du Mondial
sur écran géant
- Le mercredi 21 juin : Fête
de
la Musique
avec Charbel Rouhana et sa
troupe de musiciens et
choristes. Au programme,
des compositions du
oudiste ainsi que des airs
tirés du folklore
libanais. La chorale
d'enfants de Noha Hatem
sera également au
rendez-vous, dans l'après-midi
- Le jeudi 22 juin :
Toujours dans le cadre de
la fête de
la Musique
, Carla et Carine Ramia,
deux sœurs diplômées en
chant arabe et en
musicologie de l’USEK,
donneront un concert de
chansons orientales et
occidentales. Elles seront
accompagnées par une
troupe de musiciens
professionnels
- Le vendredi 23 juin :
Carnaval de danse et défilés
de costumes réalisés
avec le concours de Joanna
Samarani
- Le samedi 24 juin : soirée
cinéma avec un panorama
des meilleurs courts- métrages
- Le dimanche 25 juin : Récital
avec le pianiste Mikhaïl
Rudy. Né en Russie, il a
étudié au Conservatoire
de Moscou. Il s’installe
à Paris après avoir
remporté le premier prix
du concours Marguerite
Long. Depuis, il poursuit
une carrière
inextricablement liée à
la recherche de
l’excellence. Il a
d’ailleurs été nommé
Chevalier des arts et des
lettres. Ses concerts et
ses enregistrements lui
ont valu de nombreuses récompenses,
dont le prix de l’Académie
Charles Cros pour le cycle
Scriabine et le Grand Prix
Liszt de Budapest.
Le
Festival de Byblos
www.byblosfestival.org
L'éclectisme
et la variété sont, de
nouveau, au rendez-vous au
Festival de Byblos, qui présente
cinq spectacles de choix :
-
Le samedi 17 juin : Pour sa
première venue au
Moyen-Orient, Francis
Cabrel promet une
soirée unique,
"Samedi soir sur la
terre", au cours de
laquelle il revisitera les
succès qui ont ponctué
ses trente ans de
chansons. Des mélodies
qui ont marqué toute une
génération, non
seulement en France, mais
aussi à l'étranger
-
Le dimanche 2 juillet : Barbara
Hendricks avec
the Magnus Lindgren Jazz
Quartet donnera un grand
concert placé sous
le signe du lyrisme
et du jazz
-
Le samedi 15 juillet : Sean
Paul, superstar
de Jamaïque récemment
couronné "meilleur
artiste reggae de l'année",
enflammera Byblos avec sa
musique mélangeant
reggae, dancehall et
hip-hop
-
Le samedi 22 juillet : Gad
Elmaleh,
humoriste marocain vivant
en France, présentera à
ses nombreux fans libanais
son dernier one-man-show,
"L'autre c'est
moi"
-
Le dimanche 23 juillet :
The Solo piano show du
Canadien Gonzales sera
accompagné d'une
projection vidéo
synchronisée conçue par
l'artiste vidéaste Ninja
Pleasure.
Le
Festival de Baalbek
www.baalbeck.org.lb
Le
Festival de Baalbek fête
cette année en beauté
son cinquantième
anniversaire. L’aîné
et le plus prestigieux des
festivals propose ainsi
une programmation des plus
variées avec, pour
entamer la saison en beauté,
Fairouz dans un musical de
Ziad Rahbani. Du pop rock,
ensuite, avec le groupe
Deep Purple ; du Latin
Jazz avec le Dizzy
Gillespie All Star Big
Band et Diane Shurr ; du
ballet avec le Eifman
Ballet Theatre de
Saint-Petersbourg ; un opéra
de Donizetti et clôture
avec la dabké de la
troupe de danse Caracalla.
Au
programme :
-
Les jeudi 13, vendredi 14
et samedi 15 juillet
: Fairouz dans
"Sah el Nom",
comédie musicale des frères
Rahbani, sous la direction
de Ziad Rahbani
-
Le jeudi 27 juillet : Le célèbre
groupe anglais Deep
Purple
-
Le samedi 29 juillet
: The Dizzy
Gillespie All-Star Big
Band accompagné
par la chanteuse américaine
Diane Schuur ainsi
que Giovanni
Hidalgo (congas
et percussions latines),
Dave Samuels
(vibraphoniste et leader
du Caribbean Jazz Project)
et Cyrus Chestnut
(pianiste et
compositeur au style afro-américain)
-
Les vendredi 4 et samedi 5
août : Boris Eifman et le
ballet théâtre de
Saint-Petersbourg
-
Le samedi 12 août : "Lucia
di Lammermoor",
opéra de Donizetti, en
collaboration avec les
Chorégies d'Orange, avec Inva
Mula, Rolando Villazón et
Roberto Frontali,
accompagnés par l’Orchestre
Symphonique de Budapest et
les Choeurs de Nice.
-
Les jeudi 24, vendredi 25
et samedi 26 août : Les
ballets Caracalla
avec l'opéra du village (Koullouna
Min Loubnan), fantaisie
musicale en danses et en
chansons, avec la
participation des artistes libanais
Hoda Haddad, Aline
Lahoud, Assi Hellani,
Joseph Azar, Simon Obeid...
ainsi que des artistes
internationaux Nicolas
Joel (directeur
artistique de l’opéra
de Toulouse), Vinicio
Cheli (éclairagiste
des scènes européennes)
et Giuliano
Spinelli (décorateur
italien).
Festival
Beiteddine nouvelle édition :
Des noms prestigieux et
une diversité de genres
musicaux
paru dans la Revue du
Liban le 20 mai 2006
Liza Minelli, Ricky
Martin, l’Algérienne
Souad Massi, la diva
libanaise Majida Roumi,
l’étoile du ballet
royal, Sylvie Guillem, du
jazz, du blues, de la
musique cubaine…; l’édition
2006 du Festival de
Beiteddine s’annonce
riche, variée et de haut
niveau. Elle confirme la détermination
de Mme Nora Joumblatt, qui
préside aux destinées de
cette manifestation
culturelle annuelle et les
membres du comité,
d’offrir le meilleur au
public libanais et de lui
permettre de passer de
belles soirées du 16
juillet au 17 août au
palais des émirs.
“Ce Festival ainsi que
tous les autres qui se déroulent
au Liban, confirment
envers et contre tout que
le Liban est et demeurera
le pays des Libertés, de
la culture, de la
connaissance et de
l’art”. Par ces mots,
M. Mohamed Baalbaki, président
de l’Ordre de la Presse,
a tenu à rendre hommage
à Mme Nora Joumblatt et
au membre du comité, lors
de la présentation du
programme 2006 au siège
de l’Ordre. Maurice
Sehnaoui, PDG de la SGBL a
exprimé, de son côté,
la fierté de son
partenariat avec cet événement.
“C’est un honneur pour
la SGBL et pour moi-même
qui a mis en place ce
partenariat depuis sept
ans, de parrainer ce
festival qui, d’année
en année, s’impose et
devient une référence en
la matière”. Mme Majida
Roumi, présente à cette
rencontre avec les médias,
a de même exprimé sa
joie de participer à
Beiteddine où elle
s’est produite à six
reprises, la dernière
fois en 1997. Après un
mot d’accueil, Mme
Joumblatt a présenté le
programme de l’été
2006 soulignant sa
diversité et sa richesse.
Ricky
Martin : "Un, dos,
tres"
Le coup d’envoi des
festivités sera donné
“hors les murs” avec
le récital unique de Ricky
Martin, le
vendredi 27 mai au Biel
(Beyrouth). Il est
superflu de présenter
cette superstar du pop
qui, avec ses rythmes
latinos, met la salle en délire
à chaque concert. Il a déjà
vendu 50 millions
d’albums et de DVD,
obtenu un Grammy Award, en
plus d’autres récompenses
et fait le tour de la planète.
Son dernier album
“Life” est en langue
anglaise mais toujours
avec des rythmes
“Hot”. “Cet album,
explique-t-il, reflète ma
vision de la vie qui ne se
limite pas à une seule
dimension”. Martin
s’est engagé, aussi,
dans l’action
humanitaire. Ambassadeur
de l’UNICEF, il a créé
la “Fondation Martin”
et lancé, récemment, le
projet “People for
Children”.
L’embarras
du choix
- Le Festival débutera à
Beiteddine le dimanche 16
juillet, avec deux Etoiles
du Ballet Royal Sylvie
Guillem et
Russel Maliphant
dans “Push”, une
nouvelle production du théâtre
Sadler’s Wells. Guillem
est entrée en 1976 à
l’école de danse de
l’Opéra de Paris et
devenue première danseuse
à l’âge de 19 ans.
Cinq jours après avoir
dansé le “Lac des
Cygnes”, elle est nommée
“Etoile” par le grand
Noureev. En 1988, elle
quitte l’Opéra de Paris
et signe un contrat en
tant que “principale
artiste invitée”, avec
le Royal Ballet de
Londres. Sa carrière est
magistrale. Russell
Maliphant a été formé
à l’école du ballet
Royal, diplômé du
Sadler’s Wells et a
poursuivi une carrière
indépendante. En 1996, il
a fondé sa propre
compagnie.
- Le grand événement du
festival aura lieu le
dimanche 23 juillet avec Liza
Minelli “celle
qui, dit-on, est née pour
être une star”. Au cinéma
comme sur scène, elle est
exceptionnelle et donne
les preuves de ses
multiples talents qui font
d’elle l’une des stars
les plus brillantes du
show-biz américain.
Pouvoir l’applaudir au
palais des Emirs est une véritable
aubaine.
Retour
du groupe "Stomp"
- Du mercredi 26 au samedi
29 juillet, le
groupe Stomp, qui
avait déjà connu un
grand succès à
Beiteddine en 1999, revient
pour quatre représentations.
Il animera la scène avec
des objets de la vie
quotidienne : “sceaux,
balais, poubelle…”
- Le mardi 1er août,
place aux rythmes
africains avec Angélique
Kidjo, née au Bénin
et classée parmi les plus
jeunes artistes africains
de renommée
internationale. Cheikh
Lô est né au
Burkina Faso, de parents sénégalais.
Adepte de la confrérie
musulmane des Mourides,
ses chansons sont marquées
par la religion.
- Le vendredi 4 août sera
une soirée de célébration
du blues et du jazz, avec
le groupe américain de Ravi
Coltrane et Shimeka
Copeland et la
participation du célèbre
groupe libanais “The
Blues Quest”.
- Le
samedi 5 août, le public
de Beiteddine découvrira
un grand talent arabe
consacré sur le plan
international : l’Algérienne
Souad Massi.
En 2005, elle a été désignée
par la BBC artiste de
l’année et a obtenu les
Victoires de la musique en
2006. Auteur, compositeur
et interprète elle a déjà
sorti trois albums et son
répertoire est en arabe
et en français.
- Le samedi 12 août, le
palais des émirs
accueillera la diva
libanaise Majida
Roumi, dans “un
récital exceptionnel”,
nous dit-on. Elle a une
grande présence sur scène
et chante la patrie et
l’amour de sa belle voix
avec une conviction
contagieuse.
- Le festival s’achèvera
les mercredi 16 et jeudi
17 août sur une note
cubaine, avec Carlos
Acosta, star du
Royal Ballet, dans
Tocororo, un conte cubain
présenté par une
trentaine d’artistes. Ce
spectacle est produit par
Andy Wood, créateur du
“Buena Vista Social
Club”. A ne pas manquer.
Une seule conclusion
s’impose : Beiteddine
2006 offre de belles soirées
en perspective.
Paris présente
un plan de relance de
son action culturelle
internationale
paru dans
l'Orient-le Jour le 16
mai 2006
Paris a présenté hier
un plan de relance de
son action culturelle
internationale, prévoyant
des partenariats entre
l’Etat et le secteur
privé, la construction
de nouveaux lycées français
à l’étranger et une
promotion accrue pour
attirer les étudiants
en France. Ce plan
couvre plusieurs grands
domaines : le
rayonnement culturel, la
promotion de la langue
française,
l’enseignement et le développement.
Des partenariats
public-privé doivent
notamment servir à développer
le réseau des lycées
français à l’étranger,
pépinières de futures
élites francophones.
Une première vague est
prévue à Munich,
Londres, Tokyo et au
Caire. D’autres
projets concernent Abou
Dhabi, Amman ou encore
Brasilia.
"La
francophonie,
aujourd’hui et
demain", ou l’avancée
sinueuse vers
l’universel
Colloque
- L’USJ rend hommage
à Senghor, pour le
centenaire de sa
naissance
paru
dans l'Orient-le Jour le
24 mai 2006
Parce que l’année
2006 marque le
centenaire de la
naissance de Léopold Sédar
Senghor, la chaire de
l’Université
Saint-Joseph qui porte
son nom a souhaité lui
rendre un hommage
particulier par un
colloque international,
les 25 et 26 mai.
Plus que toute figure
contemporaine, Léopold
Sédar Senghor incarne
l’indivisibilité de
l’être humain.
Immense poète, Senghor
aura en permanence réfléchi
au politique et aura,
avec une remarquable
constance, mis sa
pratique en accord avec
ses idées. Il aura
aussi toujours regardé
vers l’avenir, ne
voyant dans les
accidents de
l’histoire qu’une
avancée parfois
sinueuse vers cet
universel qu’il a défendu
de toute la force de son
verbe et de son action.
Le colloque a pour
objectif de mettre en évidence
ce qu’il y avait de
visionnaire dans la pensée
de Senghor, mais aussi,
dans le droit fil de
cette pensée, de poser
les questions
essentielles pour
l’avenir de la
francophonie et de cet
être humain universel
qu’il a appelé de ses
vœux, en ces temps où
l’on a tendance à
confondre universalité
et uniformité, en ces
temps aussi où la
francophonie doit impérativement
opérer des choix stratégiques
peut-être douloureux
face aux mutations
d’un monde en proie à
de grands
bouleversements.
La qualité des
intervenants qui seront
présents au colloque
permet d’espérer
apporter des réponses
non conventionnelles aux
questions qui se posent
aujourd’hui, et de dégager
des stratégies pour la
francophonie, notamment
dans les domaines pédagogique,
politique et médiatique.
Contribueront à la réflexion
: Tarek Mitri, ministre
de la Culture, Roger
Dehaybe, commissaire de
l’année Senghor pour
l’Organisation
internationale de la
francophonie (OIF),
Christian Valantin,
directeur du Haut
Conseil pour la
francophonie, Louise
Beaudouin, ancienne
ministre des Relations
internationales du
gouvernement du Québec,
Jean-Louis Roy, président
de l’Institut
"Droits et démocratie"
du Canada, Jean
Tabi-Manga, recteur de
l’Université de
Yaoundé II, Michel
Guillou, directeur de
l’Institut
"Francophonie et
mondialisation",
Philippe Dessaint,
directeur adjoint de TV5
Monde, Samir Marzouki,
directeur du département
éducation à l’OIF,
Michel Barnier, ancien
ministre français des
Affaires étrangères,
Christian Philippe, député
du Rhône, et Joseph Maïla,
consultant à l’ONU.
Un réseau
universitaire
Créée en 2003, la
"chaire Senghor de
la francophonie" de
l’USJ, dont la
titulaire est le Pr
Katia Haddad, est membre
d’un réseau mis en
place dans différentes
universités du monde :
à l’Université Jean
Moulin (Lyon III), à
celles de Ouagadougou,
de Yaoundé II, du Québec
à Montréal et à
l’Institut des
relations
internationales de
Hanoi. S’y joindront
bientôt une chaire
Senghor à Alexandrie,
une autre à l’île
Maurice et une troisième
à l’Université
Babes-Bolyai en
Roumanie. Ces chaires
ont pour objectif de
promouvoir la
francophonie comme objet
d’étude universitaire
et d’encourager la
coopération dans ce
domaine, en particulier
au plan de la recherche.
Prodiguant un
enseignement minimal
commun (histoire et géopolitique
de la francophonie,
langues et
multilinguisme), ces
chaires conservent leurs
particularités régionales
et intègrent leurs préoccupations
spécifiques à leur
enseignement et à leurs
recherches.
La Sorbonne
ouvre une branche à la
cité universitaire "Unicity"
d’Abou Dhabi
paru dans l'Orient-le
Jour le 22 mai 2006
La plus vieille université
du monde ouvre une annexe
à Abou Dhabi, aux Emirats
arabes unis. L’accord a
été signé aux Emirats
par Jean-Robert Fitte, président
de l’Université Paris
IV-Sorbonne, et Saïd
el-Hassani, sous-secrétaire
pour l’enseignement supérieur
aux Emirats. Une question
vient naturellement à
l’esprit. Pourquoi à
Abou Dhabi et non pas à
Beyrouth, capitale de la
francophonie en Orient
depuis le déclin
d’Alexandrie dans ce
domaine ? "Les
Libanais n’ont pas
besoin de nous, répond
Anne Douaire, professeur
de littérature française
et comparée à la
Sorbonne, installée à
Abou Dhabi. Le Liban
dispose d’un réseau
universitaire jouissant
d’une renommée
internationale.
D’ailleurs, nos
enseignants viennent
donner des cours à
Beyrouth. Puis ce sont les
responsables des Emirats
qui sont venus nous
voir." C’est donc
du côté des Emirats
qu’il faut chercher la
raison de l’implantation
de la Sorbonne dans la péninsule.
D’abord, le gouvernement
émirati prépare l’après-pétrole
et mise gros sur l’éducation.
Ensuite, dans un pays où
l’on parle
principalement l’anglais
comme langue étrangère,
le français constitue une
ouverture vers de nouveaux
horizons.
En somme, l’objectif
premier est de créer une
plate-forme universitaire
internationale. La
Sorbonne est la première
invitée. D’autres
universités prestigieuses
suivront. A l’instar de
la cité de l’Internet
et celle des médias à
Dubaï, il y aura désormais
une cité universitaire près
d’Abou Dhabi, collée à
la nouvelle ville de
Khalifa, située sur le
chemin de l’aéroport et
donc bien desservie par
les autoroutes. Il
s’agit de la "Unicity",
qui s’étendra sur huit
kilomètres de long et
deux de large. Comme le
premier venu est le
premier servi, la Sorbonne
sera implantée au centre
de "Unicity". Le
bâtiment, d’un coût de
trente millions de dollars
environ, ne sera livré
qu’en janvier 2008.
C’est donc dans les
locaux d’Abou Dhabi
University que les étudiants
seront accueillis à la
rentrée du 7 octobre
prochain.
Mêmes
enseignants, mêmes cours,
même niveau
Si l’objectif du
gouvernement du pays reste
qu’un beau jour des
Chinois ou des Brésiliens
viennent étudier à Abou
Dhabi, la Sorbonne a également
ses propres desseins.
"Notre vocation est
de s’ouvrir au monde, de
diffuser le savoir et de
nous nourrir des autres
civilisations",
explique Anne Douaire.
"Notre souci était
de rester nous-mêmes et
de ne pas adapter notre
enseignement aux
conditions des Emiratis.
C’était une condition
non négociable",
poursuit-elle. Les classes
seront mixtes. Les
enseignants seront des
hommes et des femmes. Pour
illustrer cet état
d’esprit, le conseil
d’administration de la
Sorbonne est formé de
trois Emiratis et de trois
Français, dont deux
femmes. Pour en venir à
l’essentiel, la Sorbonne
Abou Dhabi délivrera des
diplômes français,
ouvrant la porte de toutes
les universités européennes.
L’équation est simple :
ce seront les mêmes
enseignants, les mêmes
cours, le même niveau et
les mêmes diplômes de la
Sorbonne-Paris. Ce sont également
les sciences humaines et
les langues qui seront
dispensées à Abou Dhabi.
Quant aux étudiants
accusant une déficience
en langue française, ils
passeront une année préparatoire
de cours "très
intensifs" de français.
Les conditions de travail
seront cependant
meilleures. Alors qu’à
Paris, vingt-cinq étudiants
en moyenne sont encadrés
par un enseignant (la
Sorbonne compte quelque
26.000 étudiants), à
Abou Dhabi, ce sera une
moyenne d’un professeur
pour neuf étudiants.
Cependant, les frais de
scolarité seront de
60.000 dirhams, soit
17.000 dollars environ. Le
fait est que le
gouvernement français ne
subventionne pas
l’université d’Abou
Dhabi, comme c’est le
cas à Paris. Aux frais de
scolarité, il faudrait
ajouter 14.000 dirhams
pour les étudiants désireux
d’être hébergés sur
le campus. Pour compenser
ces coûts, le
gouvernement français
offre 50 bourses totales
et 50 bourses partielles,
sur critères académiques.
"Nous espérons que
les gouvernements de la région
vont débloquer des
bourses pour leurs étudiants",
ajoute Mme Douaire. Car ce
sont les étudiants du
Moyen-Orient, des fils
d’Occidentaux
travaillant dans la région,
mais aussi des Maghrébins
qui ont déjà manifesté
leur intérêt pour la
Sorbonne Abou Dhabi. Pour
les intéressés, il
suffit de faire un tour
sur le site www.paris-sorbonne-abudhabi.ae
.
En
Europe, on fait de plus en
plus de films
Malgré
la baisse de fréquentation
des salles, la production
de films en Europe
progresse • 798 films en
2005 contre 761 en 2004
paru
dans Libération le 10 mai
2006
Alors
que la fréquentation des
salles est partout en régression,
et que la part de marché
des longs métrages européens
sur le territoire de
l'Union stagne à environ
25 %, la production européenne
de films continue à
augmenter : telle est la
principale constatation
qui ressort du
"bilan" que
l'Observatoire européen
de l'audiovisuel vient de
dresser pour l'année
2005.
La production cinématographique
européenne est ainsi créditée
de quelque 798 films
contre 761 en 2004. Seule
l'Italie marque une évolution
sévèrement négative sur
ce plan : 86 films au lieu
de 138 l'année précédente.
En revanche la production
a atteint des niveaux
records en France (240
films), en Allemagne
(146), et en Espagne
(142).
Ce dynamisme contraste,
cependant, avec l'évolution
du marché des salles. Le
nombre total des tickets
vendus dans les cinémas
des 25 pays membres de
l'Union, qui avait dépassé
le milliard en 2004, est
en effet retombé à 892
millions d'unités. Cette
chute , évaluée à 11 %,
obéit à une tendance négative
relevée partout ailleurs
dans le monde : les Etats
Unis, parallèlement, ont
perdu 9 % de leurs entrées,
le Japon 6 %, le Brésil
22 %, l'Australie 9 %,
etc... Pour être générale
au sein de l'Union, la récession
des entrées y est au
demeurant inégale : très
accentuée dans des pays
de l'Est, comme la
Slovaquie (-20 %), la République
Tchèque (-24 %) ou la
Pologne (-30 %), elle
reste inférieure à 5 % ,
en revanche, au Danemark,
en Finlande et au Royaume
Uni. Parmi les grands
marchés nationaux, le
plus touché est
l'Allemagne (-19 %), alors
que la France et l'Italie
sont pratiquement à égalité
(-13 %), et que l'Italie a
comparativement limité
les dégâts (-8 %).
L'équilibre du marché
européen, où les films
locaux restent à la
portion congrue face aux
films américains (25 %
des entrées contre 60 %),
n'est pas sensiblement
modifiés par ces évolutions.
L'Observatoire isole et
souligne, cependant, la
part relativement
importante (13 %) revenant
en 2005 à la classe
hybride des films
"produits
principalement en Europe,
en général au
Royaume-Uni, mais qui bénéficient
d'investissements réalisés
par des sociétés américaines".
Parmi ceux-ci, deux
leaders d'un box office
2005 fondamentalement américain
: Harry Potter and the
goblet of fire de Mike
Newell (champion toutes
catégorie, avec plus de
41 millions d'entrées
portés à son crédit) et
Charlie et la chocolaterie
de Tim Burton (cinquième
du peloton avec 20,2
millions d'entrées). Les
premiers films strictement
européens à figurer,
loin derrière, sont aussi
deux films français : le
"Brice de Nice"
de James Huth (crédité
de 4,6 millions d'entrées)
et "La marche de
l'empereur" de Luc
Jacquet (4,2 millions
d'entrées).
Le
cinéma arabe en quête de
renouvellement
Good
News Group investit dans
des films à "gros
budgets" qui abordent
les sujets tabous
paru
dans l'Orient-le Jour le
23 mai 2006
Une nouvelle société de
production égyptienne,
Good News Group, fait
campagne à Cannes pour
afficher son ambition de
renouveler le cinéma
arabe en investissant dans
des films à "gros
budgets" qui abordent
les tabous de la société
comme "L’immeuble
Yacoubian". "95
% des films arabes sont égyptiens,
mais ils ont souvent un
petit budget et sont de piètre
qualité", estime
Mead Aldin Adeeb, PDG de
Good News Group, dont le rêve
était de "ranimer ce
cinéma en se mettant sur
le marché mondial",
mais "sans faire du
cinéma américain,
l’original étant
toujours plus réussi
qu’une copie", précise-t-il.
Il y a trois ans, le
groupe, spécialisé dans
la presse et la
communication, a créé
une société dédiée au
cinéma (Good News 4 Films
and Music) et s’est lancé
dans la production de
Halim, biographie à grand
spectacle du chanteur adulé
dans le monde arabe Abdel
Halim Hafez, et de
L’immeuble Yacoubian,
une photographie des dérives
de la société égyptienne,
récompensée au festival
Tribeca de New York et
projeté à la Berlinale
cette année. Les budgets
de ces deux films, 7
millions d’euros chacun,
représentent le triple
des plus grosses
productions jamais faites
au Moyen-Orient, selon M.
Adeeb.
L’immeuble Yacoubian,
adaptation du livre à
succès éponyme de Alaa
al-Aswani, vendu à plus
de 100.000 exemplaires et
déjà traduit en anglais,
en français et en
italien, porte la marque
de ce renouveau cinématographique
par la maîtrise
technique, apte à séduire
un public occidental.
Cette œuvre du jeune réalisateur
de 28 ans Marwan Hamed
aborde à travers une
galerie de portraits
d’habitants d’un
immeuble du centre du
Caire - vieux dandy,
jeune fils du portier,
etc. - les questions
de la corruption en
politique, de
l’homosexualité et du
fondamentalisme religieux.
"Tous ces thèmes ont
déjà été abordés dans
des films, mais ce qui
peut être choquant cette
fois est de les rassembler
dans une seule œuvre",
fait valoir Adel Adeeb, frère
de Emad et directeur général
de GN 4 Film and Music,
qui précise n’avoir eu
"aucun problème de
censure".
Pour Adel Imam, acteur
phare de ce drame
sociologique, "ce
film aborde exactement ce
qui se passe dans le monde
arabe, mais au-delà, il
parle de l’humanité et
dans chaque endroit où il
sera projeté, les
spectateurs pourront
s’identifier". Le
film sera sur les écrans
en Egypte en juin et en
France en août, distribué
par Bac Films. Les deux
projets déjà dans les
tuyaux se veulent dans la
continuité des deux
premiers opus du catalogue
de Good News. Mohamed Ali
sera une biographie
historique de l’un des héros
du XIXe siècle, fondateur
de l’Egypte moderne, qui
luttera contre l’armée
française et prendra la
place du monarque
corrompu. L’autre film,
qui fera certainement
beaucoup couler d’encre
avant même sa sortie,
porte le nom de "Al-Qaida".
Deux ans et demi de
recherches ont été nécessaires
pour écrire le script de
ce film qui raconte une
rencontre imaginaire entre
Ben Laden et un
journaliste américain après
les attentats du
11-Septembre 2001. "J’espère
que ce docu-fiction
permettra de créer un
dialogue" entre
l’Orient et
l’Occident, a déclaré
Emad Eldin Adeeb, ajoutant
: "Nous avons besoin
de reconstruire des ponts,
nous sommes tous coupables
de rester
silencieux." Les
producteurs n’entendent
pas "défendre"
Ben Laden, "un
terroriste et un
criminel", mais
donner des "éléments
de compréhension".
Ils sont d’ailleurs en
discussion avec "un
acteur américain parmi
les dix plus grands"
pour incarner l’ennemi
numéro 1 des Etats-Unis.
"Keif
al-Hal", premier film
saoudien et premier tabou
brisé dans ce domaine
Le
long-métrage sera diffusé
cet été partout au
Moyen-Orient… sauf dans
le royaume wahhabite
paru
dans l'Orient-le Jour le
23 mars 2006
Le premier film saoudien,
avec la première vedette
saoudienne du grand écran,
sera projeté cet été
partout au Moyen-Orient...
sauf en Arabie saoudite,
pays ultraconservateur où
les cinémas restent
interdits. Produit par le
groupe Rotana, propriété
du prince saoudien
al-Walid Ben Talal,
milliardaire et membre de
la famille royale, Keif
al-Hal (Comment vas-tu ?)
est une fiction qui, selon
ses producteurs, reflète
la tension entre modérés
et extrémistes religieux
en Arabie, pays déchiré,
surtout chez les jeunes,
entre la mondialisation et
le poids de valeurs
islamiques conservatrices.
En l’absence d’une
industrie cinématographique
saoudienne, le film a été
tourné à Dubaï, un émirat
du Golfe, par un réalisateur
canadien d’origine
palestinienne. Le scénario
est l’œuvre d’un
Libanais et d’un
Egyptien.
En jeans et chemisier, les
cheveux découverts, Haïfa
Mansour, 30 ans, une
Saoudienne assistante au
producteur du film, est
installée à la terrasse
d’un café de Dubaï en
compagnie d’un acteur et
d’un critique de cinéma,
tous deux saoudiens. Ils
auraient été arrêtés
si la scène s’était déroulée
en Arabie saoudite, où
les femmes doivent sortir
couvertes de la tête aux
pieds et où la ségrégation
entre les sexes est une
constante. Conscients de
ces interdits, les
producteurs du film ont été
extrêmement prudents dans
le choix des scènes.
"Nous avons pris bien
soin de ne rien laisser
passer qui puisse offenser
la société saoudienne,
à tel point que nous
surveillions les yeux des
actrices pour savoir si le
regard était approprié",
explique Ayman Halawani,
chef de production au département
cinéma de Rotana.
Keif al-Hal raconte
l’histoire de Sultan,
joué par le Saoudien
Hicham Abdelrahman, idole
de la jeunesse saoudienne
depuis sa victoire en 2005
dans l’édition arabe de
Star Academy. Sultan a un
style de vie occidental
et, pour cette raison,
entretient des rapports
conflictuels avec son
cousin Khaled, un
ultraconservateur. Dans le
but d’attirer
l’attention de la belle
Sahar, sœur de Khaled, un
personnage opportuniste,
interprété par
l’acteur saoudien
Mechaal al-Mutairi, gagne
la sympathie de Khaled en
se laissant pousser une
longue barbe, à
l’instar du chef d’el-Qaëda
Oussama Ben Laden, et en
prétendant être pieux.
Sahar fuit les tensions
familiales en sortant avec
sa meilleure amie, Dunya,
incarnée par l’actrice
saoudienne Hind Mohammad,
25 ans, dont c’est le
premier rôle. Halawani
refuse de dire si une
histoire d’amour lie
Sahar et Sultan. Il assure
toutefois que le film ne
comporte aucun flirt ou
rendez-vous amoureux.
L’unique actrice
saoudienne du film affirme
qu’elle est déterminée
à faire carrière dans le
cinéma, malgré les problèmes
que cela pourrait lui
occasionner. "Je veux
prouver qu’une femme
peut faire quelque chose même
si elle a été éduquée
avec l’idée qu’elle
est faible et qu’elle ne
doit pas élever la
voix", déclare Hind
Mohammad par téléphone
depuis Ryad.
La Saoudienne la plus
connue dans le monde du
cinéma est Haïfa Mansour,
qui a produit l’an
dernier un documentaire
controversé, Nisaa bila
Dhil (Femmes sans ombre).
Ce film, dans lequel un
religieux réformiste déclare
qu’il n’est pas
obligatoire pour les
femmes de se couvrir le
visage en public, a
provoqué un tollé parmi
les religieux radicaux.
Projeté dans 17 festivals
cinématographiques dans
le monde, il a attiré
l’attention du prince
al-Walid, neveu du roi
Abdallah et 8e fortune du
monde. Haïfa Mansour se
dit optimiste sur l’évolution
de son pays en raison des
réformes lancées par le
roi Abdallah et veut
continuer à produire des
films en Arabie. Mais
Mutairi, 28 ans, estime
qu’aucun changement ne
sera possible tant que de
nombreuses voix s’élèveront
en Arabie pour présenter
toute velléité de
modernisme et de libre
expression par l’art,
notamment le cinéma,
comme "un attachement
immoral aux valeurs
occidentales".
"Le problème de la
société saoudienne avec
l’art, c’est que la
moitié le considère
comme contraire aux
valeurs religieuses et les
autres pensent que c’est
honteux", conclut-il.
Elégie
pour l'Algérie
Cannes.
Un certain regard. Rabah
Ameur-Zaïmeche la filme
au plus près de ses
tensions dans "Bled
Number One"
par
DIDER PERON, publié dans
Libération le 20 mai 2006
Quatre ans après son
premier long métrage, Wesh
wesh, couronné du
prix Jean-Vigo, Rabah
Ameur-Zaïmeche, le
franc-tireur grandi à
l'ombre des tours de la
cité des Bosquets de
Montfermeil, continue de
s'inscrire avec une
autorité incroyable dans
les cercles concentriques
toujours plus larges qui mènent
de soi-même à la
connaissance universelle.
Prenant le cinéma à
l'abordage, il revient
avec Bled Number One,
tourné en vidéo dans sa
région natale à l'extrême
nord-est de l'Algérie.
Les deux films
s'articulent autour d'un même
personnage que le cinéaste-producteur
interprète : Kamel, en
sursis à sa sortie de
prison, sous le coup de la
loi de la double peine.
Hier, il était un fantôme
dans une banlieue
parisienne qui n'avait pas
encore flambé ;
aujourd'hui, on le
retrouve expulsé de
France et revenant dans ce
village entre les collines
et la mer.
Puissance
Kamel n'est pas l'alter
ego d'Ameur-Zaïmeche ni
une pure fiction. C'est
une figure intermédiaire
et comme coupée en deux
par le devenir. Toujours
ici et ailleurs, présent-absent,
culturellement hybride, héritier
des catégories
ancestrales de
l'ascendance paysanne berbère,
et contemporain des grands
déracinements
postcoloniaux, il est à
la fois le parent et l'étranger,
le guide et l'égaré. Son
rapport aux événements
s'en trouve profondément
marqué, il en perdrait
presque la parole,
spectateur d'une activité
quotidienne aux solidarités
codées, où il a du mal
à trouver sa place. En même
temps, ces retrouvailles
avec la terre algérienne
colorent chaque
impression, chaque
nouvelle rencontre ou
nouveau paysage d'une
puissance inopinée qui
laisse penser qu'une vie
meilleure est encore
possible.
Bientôt, l'arrivée de
Louisa, qui vient de
quitter son mari en France
en emportant son fils dans
ses bagages, bouscule l'hébétude
et la mélancolie heureuse
du début. Femme
affranchie, Louisa dérange
par sa conduite qui ne
peut attirer que honte et
déshonneur sur la
famille. Le moralisme intériorisé
dicté depuis des générations
par les valeurs
patriarcales et l'islam,
permet à la communauté
de s'expérimenter comme
telle, mais n'autorise pas
à sortir du rang. Le cinéaste
montre avec finesse la chaîne
de domination qui conduit
chacun à devenir l'éducateur
du voisin. Bouzid, frère
de Louisa, se fait frapper
par un groupe de jeunes
islamistes qui le
surprennent ivre mort dans
un champ d'oliviers, mais
cela ne l'empêche pas
d'infliger une trempe
terrible à sa soeur pour
la châtier de son infidélité
conjugale. Ainsi, le film
ne cesse de se déplacer
d'une situation à l'autre
et de déplacer les enjeux
et les évidences.
Enigmes
S'il décrit des noeuds
conflictuels et des
blocages moraux, ce
travail de constat est
soulevé du sol par une
inspiration poétique qui
cherche derrière les
apparences à déchiffrer
de plus rudes énigmes. Le
film prend alors des
accents élégiaques pour
célébrer l'énergie de
la fête, l'instabilité
vibratile de l'air chaud,
le vent, la tension érotique,
la violence sacrificielle
du sang et la nostalgie
d'un pays toujours déjà
perdu.
Une publicité
télévisée pour
dissuader les kamikazes
Des producteurs libanais
font partie de l’équipe
du film
publié par l'AFP le
22 mai 2006
Des producteurs libanais
et américains tournaient
ce week-end, à Los
Angeles, une publicité
destinée à la télévision
irakienne et censée
dissuader les auteurs d’attentats-suicide.
"C’est une annonce
d’intérêt public de 60
secondes, qui va montrer
un attentat-suicide sur
une place de Bagdad, vu de
la perspective des
personnes innocentes dont
les vies sont affectées
par des violences de ce
type", a expliqué à
l’AFP Jonathan Zaleski,
porte-parole de la
production. "Nous
tournons à Los Angeles
parce que la ville a le
savoir-faire pour un tel
tournage", doté
d’un budget d’un
million de dollars, a
indiqué M. Zaleski. Le
projet, réalisé par les
sociétés américaine 900
Frames et libanaise
EFXFilms, devrait aboutir
d’ici à la fin du mois
de juin. "Il est
financé par des Irakiens.
Des universitaires, des
hommes d’affaires et des
citoyens, vivant en Irak
ou expatriés, qui
souhaitent garder
l’anonymat pour des
raisons évidentes"
de sécurité, selon le
porte-parole.
A vos
caméras pour des
"Regards croisés"
Concours -
Pour les jeunes du Nord et
du Sud de la Méditerranée
paru
dans l'Orient-le Jour le
24 mai 2006
L’objectif du concours
photos "Regards croisés"
est de favoriser la compréhension
mutuelle et le dialogue
interculturel entre les
jeunes des deux rives de
la Méditerranée grâce
à l’image et à une
vision commune de
l’avenir. Le concours
s’adresse aux jeunes
photographes,
professionnels et
amateurs, nés entre le
1er janvier 1975 et le 3
juillet 1998,
ressortissants des pays
suivants : Chypre,
Espagne, France, Grèce,
Italie, Malte, Slovénie,
Algérie, Egypte, Israël,
Jordanie, Liban, Maroc,
Syrie, Territoires
palestiniens, Tunisie et
Turquie.
Les photos devront porter
plus particulièrement sur
les thèmes suivants :
• une même vision de
l’avenir ;
• les relations entre le
Nord et le Sud du bassin méditerranéen
;
• l’importance du
dialogue interculturel ;
• les échanges entre
jeunes dans le cadre
d’une coopération étroite
entre les habitants des
deux rives de la Méditerranée
;
• le dialogue
photographique entre les
deux rives de la Méditerranée.
Un comité scientifique
international sélectionnera
17 gagnants, soit un par
pays. Ces derniers seront
invités à Rome où leurs
photos seront exposées au
Palazzo Valentini dans le
centre historique.
L’exposition fera
ensuite le tour des pays
participants et sera montrée
à Bruxelles. Un
documentaire télévisé
offrira aux jeunes
gagnants la possibilité
de s’exprimer sur leur
travail et leur perception
des relations entre les
deux rives du bassin méditerranéen.
Le concours photographique
"Regards croisés"
est financé par l’Union
européenne. Le dernier délai
pour l’envoi des photos
est fixé au 3 juillet
2006.
Les Lumières, un
savoir vivre
par LAURENT WOLF,
publié dans le Temps le
25 mars 2006
Savons-nous ce qu'étaient
vraiment les idées et les
combats du siècle des
Lumières ? L'exposition
qui leur est consacrée à
la Bibliothèque nationale
à Paris rappelle
l'aspiration des
philosophes : la quête du
bonheur. Et si l'on y
croyait à nouveau ?
Savons-nous, quelque temps
après que des politiciens
ont eu le projet
d'inscrire dans la défunte
Constitution de l'Union
européenne le patrimoine
religieux commun de notre
continent, ce qu'étaient
les idées et les combats
du siècle des Lumières ?
Et pouvons-nous espérer y
trouver la réponse aux
incertitudes qui nous
angoissent ? Une
exposition organisée par
la Bibliothèque nationale
de France, à Paris, fait
le point sur ce qui nous
en reste et sur ce
qu'elles nous disent. A la
fin de la Seconde Guerre
mondiale, quand la fumée
des fours crématoires
flotte encore sur
l'Europe, deux savants
allemands réfugiés aux
Etats-Unis, Max Horkheimer
et Theodor W. Adorno,
s'interrogent sur l'héritage
de ce siècle des Lumières
auquel ils ont cru, qu'ils
croyaient développer
jusqu'à ce que la
violence déchaînée de
l'histoire écrase tout
sur son passage. "De
tout temps, écrivent-ils
en 1944 dans leur livre La
Dialectique de la Raison,
l'Aufklärung [c'est le
nom que l'Allemagne a donné
aux Lumières], au sens le
plus large de pensée en
progrès, a eu pour but de
libérer les hommes de la
peur et de les rendre
souverains. Mais la terre,
entièrement "éclairée",
resplendit sous le signe
des calamités
triomphantes."
Un peu moins de soixante
ans plus tard, dans la
grande salle du Parlement
français du Château de
Versailles, alors que les
députés du Bundestag
sont réunis avec ceux de
l'Assemblée nationale
française pour fêter
solennellement le quarantième
anniversaire des Accords
de l'Elysée qui ont scellé
le Pacte franco-allemand,
le chancelier Gerhard Schröder
parle à la tribune de ce
qui unit désormais, et
indéfectiblement, la
France et l'Allemagne qui
se sont tant combattues :
"C'est l'Aufklärung,
ce que vous appelez les
Lumières, qui forme notre
patrimoine commun, le
socle sur lequel nous
construisons une Europe
sans guerre, le socle qui
nous permet d'accueillir
tous les pays du continent
qui partagent avec nous
cet héritage." Et
pourtant, au moment où
Gerhard Schröder parle à
Versailles comme
aujourd'hui, de quelque côté
que l'on se tourne, des
calamités triomphent et
semblent vouloir faire
leur lit de l'histoire
commune des hommes.
N'avons-nous rien appris
des penseurs du XVIIIe siècle,
de ceux qui ont placé au
plus haut la liberté et
la responsabilité des
individus, l'esprit
critique, l'égalité de
la condition humaine, la
force du débat et de la
controverse sans violence
? Etait-ce une illusion ?
Une autre manière de
justifier la domination
sur les autres peuples ?
De répandre la servitude
au nom de la liberté dont
les plus forts abusent et
que les faibles subissent
? Etait-ce un mensonge,
une manière de farder la
croyance en une supériorité
naturelle de l'Europe ?
Etait-ce une erreur, un
beau discours incapable de
maîtriser la barbarie qui
renaît chaque jour ? Et
ces Lumières, qui
devaient être la méthode
pour penser un monde
divers, n'ont-elles
accouché que d'une
nouvelle obscurité, qui
nous rend incapable
d'aimer ce qui nous vient
d'ailleurs ?
L'exposition de la
Bibliothèque nationale de
France est un salutaire
retour aux sources d'une
vision du monde qui
touchait, pour les
critiquer, les grandes
croyances religieuses ;
qui développait la
science, la compréhension
de la politique, la
philosophie, et qui exerçait
inlassablement sa curiosité
à l'égard du reste du
monde. Lumières ! Un héritage
pour demain, tel est son
titre. Serait-ce une réponse
au pessimisme d'Adorno et
Horkheimer, au scepticisme
de ceux qui ont accusé la
pensée du XVIIIe siècle
d'avoir préparé la
domination coloniale, le
scientisme, la
rationalisation du crime
collectif ? Une réponse
à notre angoisse de voir
aujourd'hui le monde divisé
entre ceux qui font mine
de reconnaître
l'universalité des droits
humains et ceux qui
n'admettent que la supériorité
de la transcendance ?
L'exigence d'autonomie des
individus, de leur
intelligence et de leur
souveraineté concernant
les décisions qu'ils
prennent, paraît se
briser devant la puissance
de l'économie, devant le
regain des croyances
religieuses. Et surtout
devant les désastres
qu'entraîne notre propre
arrogance.
Avant la Seconde Guerre
mondiale, la pensée des
Lumières a servi de prétexte
à des entreprises
douteuses. Elle a été dévoyée
dans des aventures
militaires. Dans des
conceptions étroites de
la vérité. L'idéal de
tolérance, qui n'est que
la reconnaissance d'autrui
dans son intégrité, a été
tourné en dérision.
Depuis la Seconde Guerre
mondiale, les fondements
de cette pensée ont été
eux aussi contestés. Les
Lumières s'étaient
affirmées contre
l'obscurantisme religieux
du XVIIIe siècle, contre
les mythes qui entravent
la liberté et l'esprit
critique. Face aux
"calamités" qui
n'avaient été ni prévues
ni enrayées, on s'est mis
à traiter la pensée des
Lumières comme un mythe
parmi les autres, un mythe
au service du marché et
de la puissance de
l'Occident. L'exposition
de la Bibliothèque
nationale de France
rappelle heureusement ce
qu'était, avant la Révolution
française et les conquêtes
napoléoniennes, avant le
développement terrible du
capital industriel, avant
la colonisation, avant le
scientisme qui érige les
résultats provisoires de
la recherche en vérité
absolue, avant les guerres
meurtrières du XXe siècle,
ce qu'était la douceur
des Lumières et leur soif
de savoir et de respect de
l'autre, de plaisir et de
bonheur de vivre.
Elle rappelle, sous les
visages de Mozart et de
Rousseau, que c'était
l'Europe, traversée par
le désir d'établir
l'harmonie dans la vie
commune sans rien nier des
passions humaines. Elle
rappelle, sous le portrait
d'Adam Smith, que le libéralisme,
qui prend sa source dans
la revendication d'une
liberté individuelle
d'agir et d'entreprendre,
ne va pas sans les règles
qui protègent les autres,
tous les autres à
commencer par les plus
fragiles, de l'exercice de
cette liberté. Que la
souveraineté du peuple
n'est pas la tyrannie de
la majorité sur ceux qui
ne partagent pas ses idées.
Que cette souveraineté ne
s'arrête ni aux Européens
ni à la moitié de la
société, c'est-à-dire
aux hommes. Que la volonté
générale n'est pas
l'unanimité mais la prise
en compte de toutes les
différences. Cette
exposition montre que près
de trois siècles avant
l'urbanisation généralisée,
alors que l'Europe était
encore un continent rural
où il n'existait encore
que quelques-unes de ces
agglomérations que nous
appelons des métropoles
et des mégalopoles, une
manière de penser le
monde s'est développée
dans les villes, à Paris,
Vienne, Venise, Berlin,
Saint-Pétersbourg... On
pense, mais on rêve
aussi, que ces villes
deviendront un espace
public civilisé, dans
lequel il sera possible d'échanger
des idées, de les
comparer, de débattre
librement. Et surtout de
vivre ensemble. Ce rêve
est-il trop grand ? Il
n'est inspiré par rien
d'autre que l'imagination
de celui qui rêve. Aucune
divinité, aucune force
supérieure ne le
justifie. C'est le prix et
la douleur de cette liberté.
Les Lumières sont un héritage
pour demain, affirme cette
exposition. C'est dire que
cet héritage, s'il est
vivant dans les esprits,
n'est pas encore inscrit
dans la vie de tous les
jours. Au siècle des Lumières,
ce n'est pas seulement une
pensée qui se développe,
mais aussi un
savoir-vivre, une manière
de considérer les autres,
de reconnaître en eux la
quête du bonheur qui nous
anime. A l'époque des
Lumières, le mot de
civilisation était doux
et prometteur. C'était le
mot du vivre ensemble et
du vivre avec la nature.
Nul n'imaginait que la
civilisation était une
chose en soi, un répertoire
de valeurs établi une
fois pour toutes. Que les
civilisations pouvaient être
classées, hiérarchisées
définitivement. Et qu'il
pourrait y avoir, comme on
le dit aujourd'hui, un
choc des civilisations. La
civilisation était un
effort, une volonté, un
apprentissage. Etre
civilisé n'était pas
avoir raison contre les
autres, et encore moins
avoir la raison de son côté
(ne parlons même pas de
Dieu); c'était précisément
ce savoir-vivre, qui n'est
ni acquis ni donné parce
que la vie en commun
s'oppose sans cesse à
elle-même, parce qu'elle
fait naître des conflits
qu'il faut passer son
temps à résoudre.
Comment être civilisés,
voilà sans doute la
question que nous posent
encore aujourd'hui les
penseurs des Lumières,
parce qu'à cette
question, il n'y a d'autre
réponse que la question
elle-même.
Lumières ! Un héritage
pour demain. Bibliothèque
nationale de France, site
François Mitterrand. Quai
François-Mauriac, 75013
Paris. Rens.
+33.1.53.79.59.59. Du
mardi au samedi de 10 à
19 h, le dimanche de 13 à
19 h. Jusqu'au 28 mai. http://expositions.bnf.fr
Les Nations contre
les Lumières
L'exposition de la
Bibliothèque nationale de
France commence par trois
images qui montrent de
manière douloureuse
pourquoi l'idéal des Lumières
s'est heurté à la réalité
de l'histoire. Deux
hommes, Mozart et
Rousseau, dont l'œuvre
est au nœud de l'esprit
et de la sensibilité. Une
carte de géographie,
celle de l'Europe. Les
Lumières, ce n'est pas le
triomphe de la raison
pure, même si la raison
fait partie des Lumières
et si des philosophes
comme Kant ont tenté de
la maîtriser. Les Lumières,
ce n'est ni un pays ni un
Etat, encore moins une
Nation. Or, dès leur épanouissement,
deux sources de conflits,
deux sources de dévoiement
sont déjà en gestation.
D'abord la séparation de
la raison et de la
sensibilité, qui trouvera
son apogée dans le
positivisme (ou dans le
scientisme) et que
tenteront de réconcilier
les artistes. Par exemple
les pointillistes quand
ils se servent de la théorie
de Chevreul pour organiser
la couleur de leurs
peintures. Ensuite l'idée
et l'idéal de la Nation
qui brisera la carte de
l'Europe et érigera des
barrières au sein de la
pensée commune. La Révolution
française réunit ces
contraires. Elle promeut
politiquement les valeurs
prônées par les
philosophes, au moins une
partie d'entre elles. Elle
incarne dans les
institutions le principe
d'autonomie de l'individu,
la souveraineté
populaire, l'idée de
volonté générale. Mais,
sous les coups hostiles de
ses adversaires, cette
incarnation va se
transformer en forteresse
assiégée. La nécessité
de défense en entreprise
de conquête. Et la volonté
générale en volonté du
peuple, par suite d'un
peuple, érigé en dépositaire
de la vérité.
Les valeurs qui sont au cœur
de la vision Lumières -
les droits des individus,
l'autonomie, l'égalité,
etc. - cessent d'être
elles-mêmes quand elles
deviennent la propriété
d'une Nation ou d'un
Peuple qui peut les
invoquer contre une autre
Nation et contre un autre
Peuple. C'est pourtant ce
qu'elles sont devenues
quant le continent européen
s'est figé en agglomérat
de Nations dressées les
unes contres les autres.
L'exposition Lumières ! a
quelque chose d'idéal et
de pacifique, de détaché
des siècles suivants, de
leurs violences, de leurs
souffrances, et de leurs
iniquités. On ressent
d'abord un malaise. Trop
gentil ? Trop
hagiographique ? Trop
scolaire ? N'y aurait-il
rien d'autre à montrer
que cette quête du vivre
ensemble et de la compréhension
du monde ? Et puis on se
rend compte qu'on avait
oublié. Que les arguments
qui se bousculent dans les
discours d'aujourd'hui,
pour condamner
l'obscurantisme des
autres, ont en partie
perdu leur sens à cause
de leurs propres défaites.
Revenir à l'origine,
avant le triomphe de la
Nation, avant le
despotisme de la science
et de la puissance, avant
la confusion entre la
civilisation et les frontières,
c'est la meilleure manière
de redécouvrir leur héritage.
Femme savante
C'est trop dire que le siècle
des Lumières fut le siècle
des femmes et de l'égalité
entre les sexes, même si
les valeurs qui s'imposent
dans la pensée de ce
temps fondent la
revendication d'égalité,
même si ce siècle fut
celui de femmes
remarquables, qui se sont
battues pour exister dans
une société qui n'était
pas encore prête à les
accueillir. Parallèlement
à Lumières ! Un héritage
pour demain, la Bibliothèque
nationale de France
consacre, dans son ancien
bâtiment de la rue de
Richelieu, une exposition
à Madame du Châtelet
(1706-1749), grande
amoureuse, maîtresse de
Voltaire, mais aussi femme
savante. Elle ne ressemble
cependant en rien aux
femmes dont se moque Molière
dans la comédie jouée
pour la première fois en
1672, trente-quatre ans
avant sa naissance.
Madame du Châtelet a mené
sa courte vie comme elle
l'entendait, avec mari et
amants, jusqu'à sa mort
en couche. Elle était
mathématicienne, elle a
écrit des livres, mené
des expériences
scientifiques que ne
pouvaient renier les
savants masculins. Elle a
traduit l'œuvre de
Newton, et en plus elle la
comprenait ce qui irritait
ses rivales, les femmes
qui tenaient salon et la
traitaient parfois avec mépris,
la décrivaient comme une
femme sèche et sans cul
(selon sa principale
ennemie, Madame Du
Deffand), et quelques
hommes jaloux qui
trouvaient indigne qu'une
femme figure parmi les
philosophes. Elle a été
fêtée comme un génie
par Voltaire bien sûr,
mais aussi par les
Encyclopédistes et la
plupart des savants du
XVIIIe siècle. Madame du
Châtelet, La femme des
Lumières. Bibliothèque
Nationale de France - Site
Richelieu. 58, rue de
Richelieu, 75001 Paris.
Ouvert du mardi au samedi
de 10 à 19 h, le dimanche
de 13 à 19 h. Jusqu'au 3
juin.
Enfin, les
peintres regardent
Entre la majesté un peu
figée du XVIIe siècle
classique et la débauche
d'énergie et d'invention
du XIXe, les peintres du
XVIIIe semblent se replier
sur leurs perceptions
proches, sur leur
sensibilité, sur de
petites différences qui
préparent les grandes
ruptures. Les salles qui déclinent
les chapitres de
l'histoire des Lumières
à la Bibliothèque de
France sont séparées par
un grand couloir où l'on
trouve des tableaux de
Greuze, Fragonard,
Watteau, Chardin,
Reynolds, Gainsborough...
Plus d'allégories, plus
de peintures d'histoire
grandioses, la beauté
change de camp, elle est
du côté des artistes
eux-mêmes.
C'est la fête de la vie,
de l'amour. La célébration
des actes les plus simples
de la vie quotidienne. Pas
le banquet ni les mets
somptueux, la préparation
du repas le plus simple,
comme dans les natures
mortes et les scènes de
cuisine de Chardin. Pas
les bals de cour, mais la
réunion joyeuse et le
pique-nique dans la clairière.
Pas la nature presque
abstraite des paysages du
XVIIe, de vrais paysages
(en fait souvent des
jardins), où l'on
voudrait faire sentir le
vent et les odeurs. Pas
les corps lisses et
lointains des femmes, mais
le désir, visible et
fort. Le peintre, son
individualité, sa vision
personnelle commencent à
passer avant les
conventions. C'est le début
d'une affirmation qui va
bouleverser l'histoire de
l'art. Celle du regard du
peintre, qui deviendra
bientôt la seule règle
et le but ultime de la
peinture.
L'art au service
de l'art
"A fleur de poésie
et de traduction", un
atelier de l’Ecole de
traducteurs et d’interprètes
de l'USJ
paru dans l'Orient-le
Jour le 22 mai 2006
Quand c’est de l’art
qu’on traduit, la
traduction est
certainement un art.
"A fleur de poésie
et de traduction", un
atelier organisé par l’Ecole
de traducteurs et
d’interprètes de
Beyrouth de l’Université
Saint-Joseph, l’a
amplement démontré.
Organisé sur deux après-midi
conjointement avec
l’ambassade d’Espagne
et l’Institut Cervantes,
l’atelier consistait à
traduire en arabe, à
travers une traduction
relais française, des poèmes
de deux auteurs espagnols,
Antonio Clapès et Juan
Carlos Mestre. Jeudi, la séance
de lecture a été précédée
d’un historique fait par
Christian Balliu, de la
transmission de l’héritage
grec et latin à la
civilisation arabe, à
travers les moines chrétiens,
puis son retour à
l’Occident, par le biais
de l’Espagne, avec
toutes les richesses
introduites par les
Arabes. Cette présentation
achevée fait place à la
poésie : "Le temps
s’arrête sur une
branche dorée / Le soleil
en déclin incendie
l’après-midi."
C’est la voix de Sabah
Zouein qui récite les
vers du poète Antonio
Clapès. Sa voix s’élève
dans la cour intérieure
de la faculté des lettres
et sciences humaines de
l’USJ, balayée par les
ombres des nuages qui
traversent le ciel. Le
public, ce sont
l’ambassadeur
d’Espagne, Miguel Benzo
Perea, le recteur de l’USJ,
René Chamussy, le doyen
de l’ETIB, Henri Awaiss,
Mme Thérèse Joseph
Zaarour, des poètes
libanais et étrangers,
des professeurs et étudiants
de l’ETIB, des
traducteurs et
traductologues (eh oui !
le terme existe), des
journalistes et des élèves.
Répartis sur des tables
rondes décorées de
roses, tout le monde se
met studieusement à l’œuvre,
puis les traductions sont
lues. Et pour rompre le
silence de
l’inspiration, ce sont
par moments des notes
d’accordéon, de oud ou
de guitare, qui déchirent
l’air. Tant il est vrai
qu’une bonne traduction,
ce passage mystérieux
d’une langue à
l’autre, est en fait une
recréation, quelque chose
qui va de l’intérieur
vers l’extérieur.
Le prix Joseph
Zaarour
L’un des moments forts
du premier après-midi de
cet atelier original a été
l’attribution du prix
Joseph Zaarour de la
meilleure traduction.
Organisé depuis 2003 par
l’Ecole de traducteurs
et d’interprètes de
Beyrouth, le prix a été
décerné cette année à
14 lauréats, selon les
classes (première et
terminale) et les quatre régions
(Beyrouth, Tripoli, Saïda
et Zahlé) où il a été
organisé. Aux vainqueurs,
que pouvait-on distribuer
sinon... des dictionnaires
! Et un peu d’argent de
poche. Les quatre plus
hautes notes du concours
sont : pour la classe de
première, Joumana Yakan
de l’école Thanawiyat
al-Jinane (18 sur 20) et
Hussein Taleb, de Rawdat
al-Fayha’ (17,5 sur 20)
et pour les terminales
Farah Abdel Hay, de Rawdat
al-Fayha’ (17,5 sur 20)
et Nathalie Allam, de
l’International College
(17 sur 20).
Les
Arméniens (1917-1939), ou
quand les photos
parlent...
Exposition
photographique à la
crypte de l’église
Saint-Joseph (USJ),
jusqu'au 27 mai
par
EDGAR DAVIDIAN, publié
dans l'Orient-le Jour le 9
mai 2006
Plus de 200 photos en noir
et blanc traitées au sépia.
Couleurs de terre, ocre et
sanguine, qui renvoient à
la dépossession, aux
combats durs, aux
renaissances difficiles.
Aux souvenirs amers, mais
aussi au courage, à l’héroïsme
des humbles, à la détermination
de vaincre l’adversité,
au sens de l’indéfectible
dignité humaine, à la
force et la volonté de
survie, de témoigner, de
se défendre, de perpétuer
tradition et patrimoine et
surtout de ne jamais
oublier pour mieux
revivre. Plus de 200
photos, simples et émouvantes,
pour parler non seulement
du drame de l’exode et
de l’exil des Arméniens
entre 1917 et 1939, mais
aussi de la notion de
s’organiser pour renaître
et savoir reprendre racine
en profondeur.
Sous le titre explicite
"Les Arméniens
(1917-1939), la quête
d’un refuge au
Proche-Orient", cette
exposition, qui se passe
de tout commentaire, à la
crypte de l’église
Saint-Joseph (USJ) et un
ouvrage qui la prolonge,
est le fruit d’un
partenariat entre
l’Université
Saint-Joseph et l’Union
générale arménienne de
bienfaisance, deux
institutions qui furent
fortement impliquées auprès
des réfugiés arméniens
sur le plan éducatif et
caritatif. L’UGAB, qui fête
cette année le centième
anniversaire de sa
fondation, a été parmi
les premières
institutions arméniennes
à porter secours aux
rescapés du génocide.
L’USJ et la Compagnie de
Jésus, à travers la
Mission d’Arménie, ont
également manifesté un dévouement
de plus d’un siècle au
service de l’éducation
de la jeunesse arménienne,
d’abord en Asie mineure,
puis en Syrie et au Liban.
Sans oublier de mentionner
qu’une collaboration
directe établie entre le
département d’histoire
(FLSH) et la Bibliothèque
orientale, d’une part,
et la bibliothèque Nubar
de l’UGAB, de l’autre,
a permis la réalisation
de ces deux projets, avec
le soutien de la Fondation
Khatchik Babikian et des
frères Terzian.
Pour s’entretenir
d’une sombre et
anarchique tranche
d’histoire, voilà ces
photos aux regards
impitoyables et à l’éloquence
d’une objectivité
absolue. Pour faire
revivre un passé qu’on
a tendance, aujourd’hui
peut-être, à méconnaître,
ignorer ou oublier.
L’intégration des Arméniens
dans leurs patries
d’adoption, dans nombre
de pays du Proche-Orient,
est passée par plusieurs
étapes, souvent
douloureuses et
difficiles, dont la mémoire
tend à s’estomper.
Avant de devenir citoyens
libanais ou syriens à
part entière, ils ont vécu
l’expérience de tout réfugié
déraciné, en quête
d’un pays d’accueil.
Des refuges, des
orphelinats, des églises,
des écoles ont été
installés, parfois sous
des tentes ou dans des
baraques en bois, avant
d’être édifiés en
dur. La période de
l’entre-deux-guerres a
été pour les réfugiés
arméniens comme un vaste
chantier, au sein duquel
ils ont œuvré pour la
restauration de leur vie
collective, à se bâtir
un destin commun avec
leurs pays d’accueil. Si
aujourd’hui Bourj
Hammoud, dans la capitale,
est une artère
commerciale florissante,
ou Anjar une exquise
bourgade de villégiature,
presque huppée avec ses
restaurants qui rivalisent
avec ceux du Berdawni de
Zahlé, les images de ces
hauts lieux de la réussite
arménienne, il y a déjà
plus d’un demi-siècle,
étaient moins intéressantes
et bien moins
flatteuses…
Le drame de vivre
De Moussa Dagh à
Anjar, du départ de
Yoghoun Olouk ou Sanjak
d’Alexandrette à
l’exode de la gare
d’Adana, des vêtements
triés par un prêtre au
rapatriement en Cilicie,
le drame de vivre est
saisissant et impossible
à décrire. Ces photos
criantes de vérité et
qui vous prennent à la
gorge ont une singulière
charge émotive. Elles ont
la force pour tout dévoiler,
tout dire. Cadre de vie
nouveau et école de vie
nouvelle pour ceux qui ont
pris les chemins de
l’exil en flux différents.
Et comme souligné dans
l’avant-propos de
l’ouvrage, l’objectif
de cette entreprise est de
mettre en évidence cette
obscure période
fondatrice, une brûlante
part de réalité qui,
avec le temps, s’est
insensiblement un peu
transformée en part
d’ombre : "Le présent
ouvrage et l’exposition
qui le prolonge visent à
restaurer la mémoire de
ces expériences
fondatrices, à saisir sur
le vif les problèmes
auxquels ont été
confrontés les réfugiés,
à restituer leur
quotidien. Ordonné en
trois parties, le livre
fait abondamment appel à
la photographie qui
constitue ici un élément
documentaire central. Si
celle-ci donne à voir des
situations précaires -
peut-être les plus précaires
-, elle n’en est pas
moins un témoignage
objectif d’une réalité
passée qui ne peut en
aucune façon être ignorée.
Plus encore, elle est une
sorte d’hommage aux
anciens, valorisant le
chemin parcouru par la
collectivité arménienne
dans ses pays d’accueil.
Beyrouth est
indiscutablement la ville
qui incarne le mieux
l’intégration des Arméniens
dans le monde arabe. On y
trouve concentrées toutes
les étapes de leur
insertion. La capitale
libanaise était, à ce
titre, toute désignée
pour accueillir, la première,
l’exposition consacrée
aux réfugiés arméniens
au Proche-Orient
(1917-1939)".
C’est avec sobriété et
rigueur que sont exposées
ces centaines de photos
qui ne laissent nullement
indifférent quant à
l’intensité du drame
humain et au vécu
insoutenable de tout être
déraciné. Mais par-delà
ces images qui cravachent
les consciences, même les
plus assoupies, il y a
cette belle série de
portraits accrochés un
peu indépendamment, dans
une sorte de petite
galerie en bois. Avédis,
Astghig, Nichan, Harout,
Berj, Vartouhi,
Archalouiss, Baïdzar,
Mardiros, Hamest, Mathilda,
Arev, Araxie, Vahé, Haïg,
Héraïr, Avédis, Maro,
Berdjouhi… Autant de
noms, autant de visages,
de regards et
d’expressions. De joie,
de détresse, de peur,
d’angoisse, de solitude,
de désarroi, d’espoir,
de force, de détermination…
Une galerie de portraits où
flotte l’essence de
l’arménité à travers
un chapelet de noms,
certains portés disparus
et que le temps, monstre
insatiable, a engloutis à
jamais.
Que reste-t-il de ces
images où
l’humiliation, la misère
et le combat contre
l’adversité sont sans
merci ? Les mains
calleuses de ces brodeuses
créant pourtant des
dentelles d’une finesse
extrême, de ce prêtre
triant nerveusement les
vieux vêtements, de ces
ouvriers hâves et déguenillés,
nouveaux damnés de la
terre, couverts de boue
dans un chantier en
construction, de cette
famille démunie et
fourbue après une journée
de labeur, souriant malgré
tout à l’œil de la caméra
? Non, il reste le front
plissé et l’expression
candide et un peu apeurée
de la petite Takouhie en
coquette petite robe
blanche, serrant
jalousement son bouquet de
fleurs comme par crainte
qu’on le lui enlève
aussi…
La otra imagen de
los árabes
Sevilla
acoge dos muestras de
fotografía que pretenden
cambiar la visión que
Occidente tiene de los países
islámicos
El País, el
23 de abril de 2006
Dos
exposiciones que pueden
verse en Sevilla, Inshalláh.
Marruecos 1996-2006 y 19
miradas, pretenden
contrastar la imagen
negativa de la mayoría de
las instantáneas del mundo
árabe que llegan a
Occidente. La Fundación
Tres Culturas y el Centro
Andaluz de Arte Contemporáneo
(CAAC) organizan y acogen
estas dos muestras que huyen
de las imágenes de las
guerras y de las fotografías
en las que el árabe se
presenta siempre como el
otro ; mientras que el que
mira (el que retrata) se
identifica con la cultura
occidental.
19
miradas. Fotografía árabe
contemporánea, que
puede verse en el CAAC
ubicado en La Cartuja hasta
el 25 de junio, reúne unas
70 fotografías de 19
artistas árabes, 11 de los
cuales son mujeres. "Estos
fotógrafos retratan la
fragmentación y complejidad
de la sociedad y la cultura
árabe contemporánea, con
sus traumas y esperanzas,
sus miedos y deseos, sus
ambigüedades y
contradicciones. Una
sociedad que, como reflejan
las imágenes, es mucho más
diversa y poliédrica de lo
que se suele pensar en los
países occidentales",
reza la introducción de la
muestra que se inauguró en
el Instituto de Cultura Árabe
de París hace dos años,
coordinada por Mona Makhram,
y que puede verse en España
por primera vez. Jananne
al-Ani (Irak, 1966), cuyas
fotografías se han mostrado
en el Moma de Nueva York,
evoca la manera en que las
mujeres árabes se han
representado en Occidente
desde el siglo XVIII, con
una construcción del
orientalismo que ha
alimentado el prototipo de
la mujer cubierta con el
velo. Tanto las imágenes de
Al-Ani como del resto de los
artistas son plenamente
contemporáneas, ya que se
trata de artistas jovenes
que trabajan con las nuevas
tecnologías digitales y sin
olvidar lo que ocurre en
este campo en todo el mundo.
Entre las
fotógrafas destacan Jihan
Ammar (Irán, 1970), que
realiza reportajes
intimistas y retrata a la
burguesía de su país en
ocasiones especiales como
las bodas ; Lara Baladi (Líbano,
1969), creadora de un
universo mágico a través
de sus collages
poblados por hadas y otros
arquetipos femeninos, o la
marroquí Yasmina Bouziane,
que centra su obra en
autorretratos al estilo de
las fotografías
orientalistas de principios
del siglo XX y muestra la
pervivencia de un
estereotipo colonial. Además
puede verse la obra de Susan
Hefuna (Egipto, 1962), con
sus fotos cercanas a la
abstracción en blanco y
negro en las que la celosía
es un elemento recurrente, y
de Karima Somali, de
Emiratos Árabes Unidos, una
artista que muestra hombres
y mujeres amordazados,
retratos tras los que se
adivinan sus sufrimientos y
verdades ocultas. Así como
las del egipcio Nabil
Boutros o el argelino Bruno
Hadjih.
La
mirada española
Por otra
parte, la exposición que
puede verse en la sede de la
Fundación Tres Culturas es
la mirada del fotógrafo
español Alfredo Cáliz,
quien ha sintetizado en 54
instantáneas 15 viajes que
realizó a Marruecos en los
diez últimos años. Inshalláh.
Marruecos 1996-2006, que
estará abierta hasta el 21
de mayo, son fotografías en
blanco y negro que retratan
al Marruecos contemporáneo,
fundamentalmente urbano,
donde el mestizaje cultural
se hace visible en la
convivencia de la tradición
árabe y la influencia de la
cultura occidental. "Es
un Marruecos donde la
televisión es un modelo
iconográfico a través del
cual se filtran todo tipo de
modas globales. Sus fotografías
son reflejo de su
experiencia personal, crítica
que le permite reflexionar
sobre la manera de
aproximarse a los temas",
escribe el comisario de la
muestra Alejandro Castellote.
La Fundación Tres Culturas
ha editado un catálogo con
la obra de Cáliz, un fotógrafo
free-lance que ha
colaborado con EL PAÍS
Semanal y la revista Marie
Claire, que incluye
textos de los escritores
Juan Goytisolo y Abdelfattah
Kilito.
Shakira proud of
Arab background
BBC, 4 November 2005
Colombian singer Shakira
has spoken of her pride in
her Arabic heritage and
her sadness at the way
some people view the
Middle East.
The
28-year-old, whose father is
of Lebanese descent, was
speaking ahead of the MTV
Europe Music Awards in
Lisbon where she was named
best female. "Many of
my movements belong to Arab
culture," she told
Portuguese TV. "It is
important to make it clear
only a very small number of
people in the Middle East
are violent," she added.
"It is very painful to
see how there is a tendency
to generalise."
Distinctive
Shakira
- whose full name is Shakira
Isabel Mebarak Ripolli - was
born in Barranquilla,
Colombia in 1977. She
learned her distinctive
hip-shaking belly-dance
moves from her Lebanese
grandmother. The singer will
release Oral Fixation, her
first English-language album
since 2002's Laundry
Service, later this month. A
Spanish-language version of
the album was released in
June.
Hussein
Madi, l’artiste des deux
rives
L’ambassade
d’Italie consacre une
salle-musée à l’œuvre
du peintre libanais
paru dans
l'Orient-le Jour le 25
mars 2006
L’ambassade d’Italie
inaugure ce soir sa salle
polyvalente par une
exposition permanente des
œuvres de Hussein Madi.
Cette initiative
"sans précédent au
Liban", pour
reprendre les termes de
l’artiste, vient sceller
une relation privilégiée
entre le maestro de Chebaa
et le pays de Dante. Entre
ces deux-là, une grande
histoire d’amour, depuis
plus de quarante ans.
Jugez-en plutôt : parti
pour effectuer un stage de
deux mois à Rome, Hussein
Madi y a vécu 22 ans ! Si
ce n’est pas un coup de
foudre, cela y ressemble
étrangement. Entré en
peinture comme on entre en
religion, Madi a donc
trouvé une terre
d’asile au pays de la
dolce vita. Lequel a
multiplié les gestes de
reconnaissance envers un
artiste qu’il considère
comme un des siens. Ainsi,
en 2003, lors de sa
participation à la
Biennale de Venise,
Hussein Madi (qui possède
également la nationalité
italienne) a reçu du président
de la République
italienne les insignes de
chevalier de l’Ordre de
l’étoile de la
solidarité italienne.
"Madi, connu dans
toute la région comme le
Picasso de la Méditerranée,
est l’exemple concret du
dialogue entre les deux
rives de la Mare Nostrum",
souligne l’ambassadeur
d’Italie. Grand
admirateur de l’art de
Madi, Franco Mistretta
ajoute que l’œuvre du
peintre "renvoie, à
l’observateur, les
pulsions, les doutes et
les inquiétudes typiques
des peuples de la région
méditerranéenne. Le
visiteur retrouvera dans
tout le parcours de
l’artiste des symboles
et des couleurs, caractéristiques
de nos cultures, oscillant
entre divagations
abstraites et sensuelles,
entre symboles et couleurs
qui, avec beaucoup de
courtoisie et de finesse,
nous mènent dans la
dimension onirique de la
poésie de l’art".
Artiste pluridisciplinaire
figurant dans le Benezit,
au coup de pinceau
calligraphique, aux œuvres
structurées avec rigueur,
Madi manie aussi bien le
fer qu’il plie et replie
pour créer des
silhouettes féminines ou
animalières, les deux thèmes
qui lui sont si chers.
Les œuvres exposées à
la salle polyvalente de
l’ambassade d’Italie,
située à Baabda
(banlieue est de
Beyrouth), sont représentatives
des différentes périodes
par lesquelles est passé
l’un des meilleurs
artistes du monde arabe.
Trente-huit toiles et sept
sculptures pour raconter
près d’un demi-siècle
d’une carrière
artistique reconnue aussi
bien en Italie qu’au
Liban. C’est à
l’initiative de Nicola
Firmani, directeur de
l’Institut culturel
italien, que ce musée
anthologique a pu voir le
jour. "Ce nouveau bâtiment
regroupe non seulement
l’ambassade, mais aussi
le CCI, les bureaux de
l’attaché militaire
ainsi que la Chambre de
commerce italienne. Il
s’agit donc de la maison
italienne au Liban. Une
maison qui doit rester
ouverte à ses
visiteurs", précise
M. Firmani. Dans la grande
tradition de la chaleur et
de l’hospitalité légendaires
à son pays. Cette salle,
à plusieurs niveaux, qui
peut accueillir 400
personnes assises, va
abriter des concerts et
des défilés de mode. Sa
terrasse, qui surplombe
une magnifique vue de
Beyrouth, pourra
accueillir des réceptions
ou même des séances de
cinéma à ciel ouvert.
"Le travail est aussi
nécessaire et naturel
pour moi que la
respiration", indique
le peintre qui accepte
cette reconnaissance
italienne de tout cœur,
d’autant plus qu’elle
vient de la part d’un
peuple et de personnes
avisées dans l’art.
Ali
Chams et son laboratoire
de couleurs
Exposition - Dans la salle
du palais de l’Unesco à
Beyrouth, jusqu’au 31
mai
par COLETTE KHALAF,
publié dans l'Orient-le
Jour le 24 mai 2006
Plus d’une centaine de
toiles sont accrochées
sur les cimaises du palais
de l’Unesco jusqu’au
31 mai. Une sorte de
mini-rétrospective du
travail de Ali Chams,
compris entre 1979 et
2005, qui témoigne de
l’authenticité du
peintre et de son
attachement à sa terre
natale. Après des études
de philosophie et de
psychologie à
l’Université libanaise,
une licence de beaux-arts
à l’Académie de
Leningrad et un
apprentissage à
l’Institut national de
peinture ornementale à
Paris, le jeune Ali Chams
s’adonne entièrement à
ce qu’il va appeler plus
tard son "exercice de
langage dans la vie".
La toile devient pour lui
cette page blanche où il
appose sa propre écriture.
Un langage poétique que
ce natif du Chouf (Wardanieh)
traduit en touches colorées. "Il
est difficile, dit-il, de
parler d’une œuvre
picturale, seules les
couleurs sont éloquentes
et peuvent tout
exprimer."
Colorer devient son
principal souci
artistique. Dans son
laboratoire, Chams malaxe,
broie, mélange les
pigments et réinvente sa
propre palette. Des tons
forts et puissants, mais
par ailleurs très
adoucis, selon. Car la
nature, omniprésente dans
l’ensemble de ses œuvres,
semble se charger du
reste. D’ailleurs il lui
consacre tout. En effet,
si ses œuvres proposent
une diversité dans les thèmes,
notamment des natures
mortes ou des portraits,
elles laissent quand même
filtrer une prédilection
insistante pour les plages
de couleurs. Des vagues
calmes ou turbulentes où
la nature est représentée
dans tous ses états.
"Ce n’est pas tant
le sujet qui importe, mais
la manière dont on le
traite et on le
reproduit", confie le
coloriste. Constamment
sollicité par la lumière
de son pays natal, l’œil
de Ali Chams s’enfonce
et inspecte. La couleur,
à l’origine pâte
onctueuse ou fluide,
devient tout d’un coup
entre ses mains couleur de
vie. Huiles, aquarelles ou
acryliques, les techniques
pour lui ne sont qu’un
outil au service d’un
art qu’il considère
comme une sorte de balade,
à laquelle il convie les
promeneurs.
Rendez-vous
des amoureux des vieux
livres et manuscrits
Foire - A
l’USEK, du jeudi 25 au
dimanche 28 mai
paru
dans l'Orient-le Jour le
23 mai 2006
Pour la seconde année
consécutive, la bibliothèque
centrale de l’Université
Saint-Esprit de Kaslik, en
collaboration avec Lebanon
Roots, organise une foire
aux vieux livres, archives
et manuscrits. Un lieu
d’échanges et de
rencontres qui se déroule
dans le cadre de
l’université même du
25 au 28 mai. Pour cette
seconde édition, les
organisateurs se sont
proposé une vision plus
ambitieuse. Outre un
partenariat avec le Musée
Robert Moawad, qui a
permis de mettre en place
une exposition thématique
(inaugurée en même temps
que la foire), cette
manifestation dépasse le
cadre de l’université
et accueille, cette année,
des exposants du
Moyen-Orient.
Les dates à retenir:
- Jeudi 25 mai, 16 heures
: après l’inauguration
aura lieu la signature du
DVD Loubnan ad dayem de
Fouad Ephrem al-Boustany
ainsi que de son ouvrage
posthume Chapitres de
l’histoire culturelle du
Liban.
- Vendredi 26 mai, 17h30 :
Nicole Chalhoub anime un
café littéraire autour
de l’ouvrage de Dan
Brown, Da Vinci Code,
suivi à 19h de la
signature du recueil de poèmes
de Nisrine el-Saddik
Haddad.
- Samedi 27 mai, entre
15h00 et 16h30 : un
atelier dirigé par Dolly
Sassine-Escallier se
propose de retracer les
grands moments de l’évolution
du papier. A 16h, une
exposition de Paul Zgheib,
intitulée "Ce que
l’oiseau noir m’a
raconté". Enfin à
17h, une conférence sur
le Musée Robert Moawad,
suivie d’une table ronde
autour des livres de Nizar
Younès.
- Dimanche 28 mai : clôture
de la foire avec un débat
autour de L’Evangile de
Judas et une signature de
l’ouvrage du RP Augustin
Azar.
Wajdi Mouawad crée
Forêts en France
paru dans le Devoir le
21 mars 2006
Avec Forêts, sa nouvelle
pièce de théâtre,
l'auteur et metteur en scène
Wajdi Mouawad signe un de
ses spectacles les plus
ambitieux et les plus maîtrisés.
Créée à Chambéry, en
Savoie, il y a deux
semaines, Forêts vient
d'entreprendre une tournée
en France. Vingt et un théâtres
(dont 18 français) se
sont associés à cette
coproduction franco-québécoise,
qui prendra l'affiche à
Montréal en février
2007.
Fruit d'un travail intense
(plusieurs années de
gestation, des mois d'écriture
entrecoupés de périodes
de répétition), Forêts
se présente comme le
troisième volet d'un
cycle qui en comptera
finalement quatre et dans
lequel Mouawad creuse, de
manière de plus en plus
complexe, les notions de
filiation et d'héritage.
"Mais là,
explique-t-il, il ne
s'agit pas d'un héritage
conscient. Il s'agit de
tout ce qu'on se transmet
de génération en génération,
comme une malédiction,
dans le silence et
l'ignorance, et qui
pourtant déchire notre
existence et broie notre
destin." Dans
Littoral, la pièce qui
l'a révélé en France,
le Montréalais d'origine
libanaise évoquait la
figure du père disparu,
dans Incendies celle de la
mère : les denses
forêts qu'il explore
aujourd'hui, dans un style
parvenu à maturité, sont
celles de la mémoire
individuelle, dont les
racines sont
inextricablement liées à
la grande histoire. Dans
ce spectacle de près de
quatre heures, l'auteur
raconte le destin tourmenté
de six femmes, modelé,
entre la guerre de 14-18,
la chute du Mur ou le
massacre de l'Ecole
polytechnique, par des décennies
de catastrophes, de
tueries et de douleurs.
Mouawad
cherche ainsi à montrer que
"l'individu n'échappe
pas au collectif",
malgré ce que croient
certains de ses personnages,
à commencer par Lou (Marie-Eve
Perron), adolescente révoltée,
entraînée dans une enquête
scientifico-policière sur
les origines de sa mère.
Celle-ci (Linda Laplante) a
été tuée par une tumeur
étrange : dans son
cerveau, on a découvert une
sorte d'embryon, un os
appartenant à une autre
femme morte dans les camps
de concentration. Sur scène,
onze comédiens remarquables
(sept Québécois, trois
Français, un Belge) interprètent
cette fresque bouleversante
et souvent très drôle. La
flèche du temps file, les
époques se télescopent,
les naissances et les morts
se superposent, une bonne
quarantaine de personnages
se croisent, sans qu'on
perde le fil des récits qui
s'entremêlent, ponctués de
désertions et d'abandons.
"C'est une pièce sur
les promesses, souligne
Wajdi Mouawad. Sur ce qui
fait qu'on ne tient pas nos
promesses. Sur ce qui fait
qu'on ne se remet pas des
promesses qu'on nous a
faites." Les femmes
sont au coeur de ce drame :
l'une d'elles (Véronique Côté)
se sacrifie pour qu'une
autre vive. On s'attendait
à un spectacle sur la
filiation, on en découvre
un sur l'amitié :
"C'est l'amitié, dit
Mouawad, qui nous sauve des
liens du sang."
Théâtre jeunes
publics - Les 13
fantaisies des Gros Becs
par ISABELLE PORTER,
publié dans le Devoir le
8 mai 2006
Pour ses 20 ans, le
diffuseur de théâtre
pour enfants Les Gros Becs
se paye certains des plus
beaux spectacles de la
compagnie Les Confettis,
un Wajdi Mouawad pour
ados, des échos du
conflit israélo-palestinien,
trois productions européennes
et la plus vieille
histoire du monde. Afin de
fêter les 30 ans du Théâtre
des Confettis, on sert au
public un gros gâteau
avec la reprise de l'irrésistible
Amour, délices et ogre.
Conçue en 2000 par
l'artiste en arts visuels
Claudie Gagnon, cette pièce
sans paroles se déroule
à l'intérieur d'un gâteau
complètement
fantasmagorique, qui a
fait la joie du jeune
public de Hong-Kong ce
printemps.
Trois autres productions
souligneront les 30 ans
des Confettis, dont La
Croisée des mots, de la
compagnie montréalaise
Les Deux Mondes, où il
est aussi question d'un
ogre. Dans ce spectacle en
forme de jeu, les enfants
sont répartis en différents
peuples et doivent
traverser des épreuves,
sous la supervision de
personnes âgées jouant
un rôle de chefs ou de
bardes (!). S'ajoutent
Toot ouïe, de la
compagnie française
Ramodal, une pièce
musicale et visuelle, pour
les petits de 18 mois ou
moins, ainsi qu'Histoire
d'ours, de la compagnie
alsacienne Le fil rouge théâtre,
dans laquelle la comédienne
Ève Ledig tente de réconcilier
les petits avec l'horrible
rituel du coucher. Et,
comme si ce n'était pas
assez, on nous ramène en
décembre une autre création
des Confettis, le conte
autochtone Wigwam, de
Jean-Frédéric Messier,
chouchou du public et des
critiques en 2005.
Reprises et
valeurs sûres
Les Gros
Becs s'appuient sur des
valeurs sûres cette année
et présentent un moins
grand nombre de créations,
ce qui permettra à
d'excellents spectacles de
tourner un peu, et à ceux
qui les ont manqués de se
reprendre. C'est le cas de
L'Epopée de Gilgamesh, du
Petit Théâtre de
Sherbrooke. Comme l'a
expliqué hier l'auteur
Michel Garneau, qui se
charge de la narration,
cette légende sumérienne
serait la "plus vieille
histoire du monde".
Mais c'est à des
marionnettes du Saguenay et
à la compagnie Les amis de
chiffons qu'on confie le
soin d'ouvrir la saison,
avec la présentation d'Une
histoire dont le héros est
un chameau et le sujet est
la vie, de Jean-Rock
Gaudreault.
On a également
eu la bonne idée d'inviter
le Théâtre du Clou à présenter
deux spectacles pour ados.
En plus des Zurbains, qui
font mouche chaque année,
on reçoit Assoiffés, un
thriller concocté par Wajdi
Mouawad et Benoît Vermeulen
et mettant en scène deux
cadavres, une fille muette
et un garçon incapable de
s'arrêter de parler. Enfin,
de la France, on reçoit Ils
se marièrent et eurent
beaucoup d'enfants,
spectacle sur l'amour décrit
par le Figaro Scope comme «ludique,
coquin, riche comme la vie.»
Seule création en
provenance de Québec, Si tu
veux être mon amie, des
Nuages en Pantalon,
s'inspire de la
correspondance réelle
qu'ont échangée Galit Fink
et Mervet Akram, une jeune
Israélienne et une jeune
Palestinienne, durant la
première intifada.
Finalement, du côté des
clowns, le Théâtre de
l'Aubergine se ramène en février
avec une macédoine de ses
meilleurs numéros. Et le
moins qu'on puisse dire,
c'est que les pitreries du
clown Débarbouillette
(Josette Déchène), durant
la conférence de presse,
ont donné le goût de se
farcir la totale.

Afin
de célébrer les 30 ans
du Théâtre des
Confettis,
le diffuseur de théâtre
pour enfants
Les
Gros Becs présente à
nouveau l’irrésistible
pièce
Amour, délices et ogre
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