Accueil
Revue de presse
Communiqués
Interviews
Reportages
Bibliographie
Arts-spectacles
Portraits
Tourisme  
Archéologie  
Religion
Emigration
Météo
 
Liste                           Numéro suivant                           Numéro précédent                          Format impression

ARTS-SPECTACLES  RJLIBAN  N°15  du 25 mai 2006 

 
Notre journal commence à s'ouvrir à d'autres langues que le français afin d'intéresser tous les Libanais et leurs amis dans le monde. Vous trouverez dans cette lettre un article en espagnol sur l'exposition à Séville La otra imagen de los árabes ainsi qu'un article en anglais sur la chanteuse d'origine libanaise Shakira proud of Arab background.
 
Béchara el-Khoury ou la farouche passion de liberté
 
Une de ses œuvres musicales sera interprétée au Théâtre des Champs-Elysées, à Paris le 25 mai
 
par EDGAR DAVIDIAN, publié dans l'Orient-le Jour le 23 mai 2006
 
Un grand moment sans nul doute pour Béchara el-Khoury, ce 25 mai à Paris, où se donne, au Théâtre des Champs-Elysées et en grande pompe, son œuvre musicale "Aux frontières de nulle part op. 62", un concerto pour violon et orchestre. Opus commandé par le ministère libanais de la Culture à l’occasion du IXe Sommet de la francophonie, il sera interprété par l’Orchestre national de France sous la houlette de Kurt Masur, éminent maestro allemand qui fut pendant douze ans directeur musical et chef de la Philharmonique de New York. En outre, maestro Masur est président de la Fondation Mendelssohn et de la maison Beethoven au pays de Goethe. Au violon, pour la partie soliste de la partition, Sarah Nemtanu.

Pleins feux sur Béchara el-Khoury dont le parcours, déjà jalonné de succès, s’affirme avec éclat aux firmament et cercle très élitiste des compositeurs modernes. Né en 1957 à Beyrouth, ce fervent amoureux de la musique contemporaine est aussi un inspiré taquineur des muses. Nul n’oublie ses trois recueils de poèmes publiés juste avant la guerre au pays du Cèdre. Des images, des rigueurs métriques et de la riche musicalité des rimes libres au monde insaisissable mais perceptible de la musique, il n’y a presque pas de frontières… Les notes renvoient naturellement à d’autres images sonores, d’autres rythmes, d’autres mesures, d’autres musiques, orphiques et incantatoires… Les mots s’effacent, les vocables s’évanouissent, et émerge un univers sonore chatoyant où demeurent les préoccupations et l’essence d’un être, toujours écho du siècle, pour reprendre la formule "hugolienne", dans un langage envoûtant, renouvelé, original et universel.

Aujourd’hui, aux confins de la cinquantaine, Béchara el-Khoury, prix Rossini (2000), membre du jury aux concours de l’Ecole normale supérieure de musique de Paris et de Radio-France, finaliste à Londres en 2003 (avec "Les fleuves engloutis op 64") du concours international "Masterpiece", est courtisé par la firme Naxos pour ses enregistrements, par les éditions Max Eschig et Alphonse Leduc pour ses publications. A la tête d’un catalogue qui comprend plus de soixante-dix œuvres (interprétées déjà par les plus prestigieux orchestres d’Europe dirigés notamment par Daniel Harding et Martyn Brabbins), Béchara el-Khoury, voix qui compte dans le peloton de compositeurs modernes, a une production musicale où s’exprime, en un style attachant, coloré, teinté d’une certaine nostalgique mélancolie, un vibrant humanisme. L’Orient et l’Occident fusionnent dans une expression musicale qui a assimilé en profondeur tous les ingrédients des deux cultures confondues. Musique contemporaine guère loin aussi d’un certain romantisme où grandiose et tragique voisinent comme les deux visages de Janus pour une traversée humaine exposée à tous les aléas, tous les bonheurs et toutes les adversités.

Plus de soixante-dix œuvres

Des bribes de Penderecki, Lutoslawski et Stravinski en teintes nuancées d’un pastel triste et grave surgissent, comme des feux mal éteints dans un brasier jetant brusquement des flammes vives, dans des pages aux éclats rougeoyants où la bipolarité tradition-modernité forge un langage personnalisé, n’appartenant à aucune catégorie qui puisse être répertoriée.

Pour mieux cerner ce compositeur qui s’inspire, entre autres, de sa foi chrétienne profonde et de son attachement au Liban, emblème d’un humanisme ouvert et tolérant, les propos de Pierre-Petit, parus dans un article du Figaro : "Imprégné de la vraie tradition orientale, rompu aux techniques de notre musique occidentale, Béchara el-Khoury était tout désigné pour essayer de trouver le point idéal de fusion. Je crois qu’il y est parvenu en faisant circuler dans un tissu délibérément européen une sève authentiquement orientale. Langage inhabituel sans nul doute qui nous touche par son originalité, nous dépayse et nous fait rêver. Voici certainement l’une des clés principales pour pénétrer dans l’univers si intériorisé de ce compositeur poète. Si les premières œuvres laissent apparaître encore ici et là des traces d’orientalisme au détour d’un rythme de danse ou d’une inflexion mélodique, les œuvres ultérieures parviennent par une subtile alchimie à une fusion totale des deux traditions. La veine lyrique constamment présente au sein de la production d’el-Khoury situe sa musique aux antipodes de tout formalisme abstrait et en dehors de tout académisme stérile. El-Khoury réintègre avec force dans la musique d’aujourd’hui l’expression du sentiment personnel, de la passion et de l’émotion."

Véhémente, éprise de liberté, charriant avec vigueur les vents de la passion, portée par les ardeurs de la foi, écho des misères du monde, touchant reflet de toutes les contradictions humaines, oscillant entre perdition et espérance, évoquant les ruines et saluant le futur, cette musique appartient à ce qui bouleverse et émeut. La poésie, apanage des mages, des voyants et des hérauts à l’écoute des vagues mugissantes du monde a, ici, la part belle. Narrations musicales où la poésie a péremptoire droit de cité. Narrations musicales à tempérament vif où l’orchestration richement travaillée se garde bien d’empiéter sur la beauté des solistes, avec une préférence non seulement pour le clavier ou le violon (belle collaboration avec les pianistes Abdel Rahman el-Bacha, David Lively, Dimitri Vassilakis, Hideki Nagano et un prince de l’archet, Gérard Poulet), mais aussi et surtout la clarinette et le cor.  

A quand Beyrouth ?

 

Faut-il rappeler que l’œuvre symphonique "New York, Tears and Hope" (New York, larmes et espoir) sera interprétée le 11 septembre prochain sur les lieux mêmes où les tours jumelles se sont effondrées en tas de cendres fumantes ? Les vivants se souviennent, et un poète- musicien a, de toute évidence, l’éloquence et la vertu de calmer les douleurs des plus grands cris et des plus effroyables souvenirs. Concert qui sera transmis en direct par les chaînes de télévision du monde entier. Pour tous les mélomanes avides de nouveauté et de partition de qualité, voilà une occasion en or pour retrouver, découvrir ou applaudir un poète aux dires de musicien. Ou vice versa? Et quelle serait la différence quand la beauté, la sincérité, les aveux les plus troublants, les inflexions les plus intimes et l’émotion jouent à masques et horizons découverts ?


Si Paris ovationne aujourd’hui "Aux frontières de nulle part", il est temps que la ville qui a vu naître ce poète doublé de musicien l’accueille aux bords de ses rivages retentissants comme al-Moustapha parlant aux gens d’Orphalèse… Une gerbe de notes scintillantes, cristallines, dorées, cuivrées, chargées des rosées de toutes les aurores du monde et du velours des nuits les plus capiteuses, non pas pour un voyage d’exil, de séparation et de partance, mais pour un radieux retour fait de plénitude et de bonheur, authentique moment de chaleureuses retrouvailles…
 

 
En attendant les festivals de l'été 2006 au Liban
 
L'ouverture des grands festivals de l'été est pour bientôt, avec en prémices quelques événements artistiques et musicaux dont voici un aperçu :

 

Dans l’univers bigarré d’Arthur H

 

Dégaine et voix - rauque et profonde - à la Gainsbourg, costume scintillant et répertoire poético-rock, Arthur H., à mi-chemin entre Jim Morrison et le Petit Prince, a entraîné, le dimanche 21 mai au Music Hall à Beyrouth, son auditoire libanais (parmi lequel s’était glissé l’ambassadeur de France M. Bernard Émié) dans son univers bigarré aux influences musicales multiples. Entre rock, chansons à texte, folk, poésie, air de musette et électro-expérimental, un concert chaleureux et réussi. Grâce aussi à l’humour de ce "presque Libanais", comme il dit, dont la femme est à moitié libanaise.

 

Concert de la Star Academy

 

C’est devant un public conquis d’avance et survolté que les neuf finalistes de la Star Academy 2006 ont chanté, le samedi 20 mai au BIEL, dans la capitale libanaise, de nombreux succès. Les fans, pour la plupart adolescents (ou même préadolescents), étaient venus par milliers admirer les stars dont ils ont suivi le parcours durant quatre mois sur la LBC, notamment le vainqueur libanais de la compétition, Joseph Attieh, mais aussi Hani, Fadi, Hana’, Chayma, Wajdi, Khalifa, Raqya et Maya. La directrice de l’académie, Roula Saad, était là au premier rang, ainsi que des professeurs, et les membres de la famille de certains ex-candidats. Vers 21h, la troupe de danseurs arrive enfin sur scène, précédant de peu les jeunes stars qui entonnent alors la chanson de leur promotion, sur un thème de Dalida. Les tableaux se succéderont à partir de ce moment sans arrêt, alternant chansons solo (pour chacun des ex-candidats de la compétition), duos, performances de groupe ou encore chorégraphies, au cours desquelles Maya notamment a eu un rôle central, exerçant avec brio son talent de danseuse. Le répertoire était très varié, allant des morceaux classiques, notamment libanais, aux chansons plus contemporaines, en langues arabe, française et anglaise, alternant les styles (arabe, rock, country…) avec le même succès. Les chorégraphies et les costumes qui ont accompagné les tableaux étaient remarquables, ainsi que les performances des stars elles-mêmes.

 

Rendez-vous musicaux de Nayla à Madrid

 

La chanteuse libanaise Nayla, qui vit dans la capitale espagnole, a donné le mardi 16 mai au Centre Culturel Lavapies (calle Olivar, 46) un concert-débat en formation réduite, avec présentation du Liban et dégustation de produits libanais, et le jeudi 18 mai à la salle La Boca Del Lobo (calle Echegaray, 11) un concert fusion flamenco oriental avec tous ses musiciens et danseurs. Elle donnera de nouveau le vendredi 9 juin à 19h au Centre Culturel Puerta de Toledo (calle Gran via de San Fransisco, 2) un concert-débat en formation réduite avec présentation du Liban et dégustation de produits libanais : www.soynayla.com

 

L’hippodrome de Beyrouth à l’heure du printemps et du Garden Show

 

Cette année, plus encore que les deux années précédentes, le Garden Show a pleinement célébré son nom en faisant honneur au jardin sous toutes ses formes et dans toutes ses couleurs. Sous le thème du jasmin et des pots, et en violet de préférence, les exposants ont planté leurs fleurs et leurs arbres, et semé des sourires pour cinq jours de bonheur, du mardi 16 au samedi 20 mai. Pour ce troisième rendez-vous, devenu incontournable - ils étaient 26.000 visiteurs l’an dernier -, Joumana Damous Salamé et Myriam Schuman ont tenu à ce que les 120 exposants présents "parlent jardin". Qu’il s’agisse de marques de vin, de magazines - un coin a été consacré à Gebran Tuéni -, d’institutions, d’espace enfant, du Marathon de Beyrouth, du marché aux plantes, de Souk el-Tayeb et son jardin potager organique, de l’AUB ou encore de l’association Children’s Care Center of Lebanon, qui a planté un "garden of hope", une belle leçon d’espoir. "Vingt et un jardins ont été créés pour l’occasion, explique le très dynamique duo. Nous avons voulu donner une plus grande importance à tout ce qui est floral, que les visiteurs sentent vraiment la présence du sujet. Le ministère de l’Environnement et celui du Tourisme participent pour la première fois à l’événement." Au menu des nouveautés, également, deux restaurants sous les pins et un concours du plus bel épouvantail, organisé par l’école de stylisme ESMOD-Beyrouth, avec un jury composé de Rabih Keyrouz, Nayla de Freige, Christiane Tawil, Tania Skaff et Renée Khazen. L’effort est considérable et beau à voir. Car tout, en effet, dans ce Garden Show, qui s’étale sur 20.000 m2 et dont l'ouverture s'est déroulée en présence du président de la municipalité de Beyrouth, Abdel Mounim Ariss, parle en couleur et en beauté de l’art de vivre au jardin et celui de jardiner.

 

Elie Rizkallah au musée Robert Moawad

 

A l'initiative de l'éditeur musical et mélomane Mozart Chahine et de la directrice du Musée Robert Mouawad à Beyrouth (ancien palais Pharaon, à Zokak el-Blat) Christiane Klat, la série de concerts sous le titre "Musique au Musée" a été inaugurée le jeudi 11 mai par Elie Rizkallah et l'ensemble de Jazz Oriental, composé de Ziyad Sahhab au oud, Ghassan Sahhab au qanun, Khaled Yassine à la batterie, Ahmad el-Khatib au riq, Bachar Farran à la basse, Jean Lahoud au saxophone et Toni Dib au piano-Keybord. Bien connu des aficionados des airs de Abdel Wahab, dont il est l’un des meilleurs interprètes, Elie Rizkallah, voix de ténor-baryton, a enchanté le public avec une variété d’airs tirés du répertoire populaire libanais : des frères Rahbani à Ziyad Sahhab, en passant par Zaki Nassif, Roméo Lahoud ou encore les paroles de Saïd Akl.

 

Alain Schneider chante pour les enfants

 

A l'issue d'une tournée qui l'a mené dans les grandes villes du Liban, le chanteur français Alain Schneider a donné le jeudi 18 mai, au Centre Culturel Français de Beyrouth, un concert qui a enchanté de nombreux enfants français et libanais. En deux CD, Schneider s’est imposé comme un des chanteurs-phares de la chanson française pour enfants. Mots et mélodies s’entrechoquent joyeusement au gré de rythmes pop, salsa, java… De la chanson française drôle et intelligente pour petits et grands, à écouter sans modération.

 

Le Festival de théâtre jeune de Zahlé

 

Le Festival de théâtre jeune de Zahlé a été créé en 2003 par le Centre culturel français de Zahlé, en collaboration avec la municipalité de Zahlé-Maallaqa et le Conseil général de l’Oise (France). Son objectif est simple : réunir autour du théâtre des jeunes élèves venus de régions, de confessions et d’horizons divers, et de promouvoir, dans un esprit convivial et festif, un rapport ludique à la langue française. Le succès a été au rendez-vous dès 2003 et s’est confirmé depuis. Pour sa quatrième édition, qui s'est achevée à Zahlé le samedi 20 mai et a réuni 22 troupes scolaires venues de la Békaa et des autres régions libanaises (Chouf et Mont-Liban), le festival a accentué sa dimension internationale. Non seulement les troupes participantes ont voyagé de plus belle (un groupe de Zahlé revenait d’Espagne, un autre de la République tchèque), mais il a accueilli surtout, pour la première fois, une troupe étrangère, celle du lycée Lyautey de Casablanca (Maroc), dans le cadre du partenariat signé en 2005 avec le réseau ArtDraLa (Réseau international de festivals de théâtre lycéen francophone).

 

Heartbeat, le concert du coeur

 

4.000 personnes ont répondu à l'appel de l'association humanitaire Heartbeat qui a organisé un grand concert, le vendredi 5 mai au BIEL, au profit des enfants cardiaques démunis. Une initiative unique en son genre, au cours de laquelle de jeunes artistes libanais de grand talent ont présenté un spectacle époustouflant, avec un répertoire varié couvrant les 50 dernières années, allant de Jacques Brel à O-zone, en passant par Elvis Presley, les Beatles, Michel Sardou, Tom Jones, Charles Aznavour, Tina Arena, Helena Paparizou, Johnny Hallyday, Frank Sinatra, Madonna, Rosana, Whitney Houston, Anastacia, Nolwenn Leroy, la Star Academy, les grands interprètes d'opéra Andrea Bocelli et Alexandro Safina, et les grandes comédies musicales Phantom of the Opera, les Misérables et les Choristes. Il s'agit des chanteurs Aline Lahoud, Myrna Chaker, Sévine Abi Aad, Sandy Ghosn, Basile Choueri, Johnny Aouad et Ramzi Ashoush, accompagnés par les musiciens Walid Tawil, Mazen Siblini, Carlos Abou Chabké, Assaad Habib, Jad Habib, Johnny Succar, Ramy Ghabril et Maurice Khoury, avec la participation de la chorale d'enfants de Noha Hatem, et des danseuses Julia Baysari, Tsoline Bostanian, Claudine Daya, Nancy Haddad, Joëlle Khoury, Carelle et Christelle Wardini, sous la direction de Abboud Homsi et Nahi Lahoud.  www.heartbeat-lb.com

 

Journées nationales du patrimoine - Exposition "Né au Liban"

 

Le troisième jeudi du mois de mai est devenu un rituel : le Liban célèbre les Journées nationales du patrimoine. A cette occasion, le ministre de la Culture, M. Tarek Mitri, la présidente de la Fondation nationale du patrimoine, Mme Mona Hraoui (qui avait lancé cette manifestation en 1997), le président de l’Association pour la sauvegarde des sites et anciennes demeures (Apsad), M. Assem Salam, le président de l’association Baldati.com , M. Chaker Noon, et Mme Marie-Claude Saradar, présidente de la Fondation Saradar, ont annoncé le programme qui a compris, du mardi 16 au dimanche 21 mai, des visites à Baalbeck, Jezzine, Ibl es-Saki, Hasbaya, Tripoli, Ghazir et Beyrouth. M. Assem Salam devait indiquer que sur les 1.200 vieilles bâtisses répertoriées à Beyrouth, dans les années 90, il n’en reste que 256 ! Egalement à l’affiche de la Fondation nationale du patrimoine, une exposition intitulée "Né au Liban", réalisée par Myrna Boustany, Rima Schéhadé et Michel Eddé. Inaugurée le jeudi 18 mai, elle se déroule jusqu'au dimanche 28 mai au Musée des sciences, à Solidere, et raconter en images le parcours des célébrités d’origine libanaise, telles que Amin Maalouf, Gabriel Yared, Nicolas Hayek, Carlos Ghosn, Jacques Saadé, K Maro, Abdel-Rahman el-Bacha, Roni Saikali, Michael Dabagy, Mario Kassar ou encore William Sawaya.

 

Abdel-Rahman el-Bacha en concert à Beyrouth

 

Le grand pianiste libanais Abdel-Rahman El-Bacha, qui vit en France, donnera deux récitals, les samedi 24 et lundi 26 juin à 20h, à l'amphithéâtre Pierre Abou-Khater du campus des Sciences humaines de l'Université Saint-Joseph. Il interprètera des oeuvres de Mozart, Beethoven, Schubert, Chopin, Balakirev, Mendelssohn, De Falla et Scriabine. Billets en vente au Virgin Megastore de Beyrouth.

 

Le premier Marathon de Tyr

 

L'Association du Marathon International de Beyrouth lance le dimanche 4 juin à 10h le Demi-Marathon International de Tyr. Cette nouvelle manifestation sera accompagnée par une exposition qui se déroulera du jeudi 1er au samedi 3 juin de 15h à 21h dans l'hippodrome romain. Y participeront des ONG et des sociétés spécialisées dans les domaines de la santé, du sport et du fitness.  

 

2e Festival de la Chance "Hazzak Village"

 

Voyance, cartomancie, tarots, numérologie, astrologie, graphologie seront au rendez-vous, du vendredi 26 mai au samedi 3 juin, à partir de 18h, au BIEL, avec de nombreux voyants et voyantes libanais (Abou Dany boule de cristal, Amale tarots, Antoinette café, Asma Harik lignes de la main / tarots, Dalal Mansour café, Georges Tonn médium, Habab Al Jubali astrologie chinoise, Hadaya cartes, Hanane café, Jeanine El Rayyess tarots Nostradamus, Joe Isber coquillages, Nostradamuze tarots, Oum Wael eau, Rabha Bedouine lignes de la main, Rita Maalouf tarots, Salwa Azar tarots, Violette Jaalouk lignes de la main, Yousra Abou Antoun numérologie) et internationaux (Chantal Manon médium, Gisèle Lecointre astrologue, Yasmina Saleh Mathias médium, Nouha Manesterski graphologue).

 

Festival Culture Afrique

 

Le Festival Afrique - expo-vente "Culture Afrique",  projection de films ("Hôtel Rwanda"...), tournoi de foot, soirée africaine, dégustation de plats traditionnels, coin coiffure africaine, tombola -, organisé par le Club Afrique (+961.3.392197), se tiendra du lundi 29 au mercredi 31 mai, au campus des Sciences humaines de l'USJ.

 

La Guerre Juste dans le Proche-Orient ancien et médiéval

 

A l'occasion du centenaire des Mélanges de l'Université Saint-Joseph (1906-2006), des manifestations scientifiques seront organisées au cours de l'année autour des thèmes de la revue. La première sera un colloque sur "La Guerre Juste dans le Proche-Orient ancien et médiéval : Approches historique, philosophique et juridique", qui se tiendra les lundi 29 et mardi 30 mai au campus des Sciences humaines de l'Université Saint-Joseph. Des chercheurs libanais et internationaux prendront part aux diverses séances qui seront inaugurées par le Pr René Chamussy, recteur de l'Université :
- La guerre sainte dans le Proche-Orient Ancien Lévon Nordiguian : Aspects religieux de la guerre dans la Haute Antiquité Mésopotamienne Bertrand Lafont ; Réflexion sur l'idée de guerre sainte dans la Bible et chez les peuples du Levant dans l'Antiquité Françoise Briquel-Chatonnier
- La guerre justifiable Nadia el-Cheikh : Légitimer la guerre à Byzance Jean-Claude Cheynet
- Pour l'amour de Dieu Tarif Khalidi : Al-Muhakkima, Jihad as a Duty to God Not the Jamâ'a Nelly Lahoud ; Jihad et ascétisme Chritian Décobert 
- Discours et représentation Ray Mouawad : Le paradis à l'ombre des sabres, discours sur le jihad à l'époque de Saladin Anne-Marie Eddé ; Jihad between Law, Fact and Orientalism Sherman Jackson
- La guerre civilisatrice Emma Gannagé : Guerre civilisatrice, jihad et réthorique selon les philosophes arabes Maroun Aouad
- Guerre et jihad Ahyaf Sinno : War and Jihad in Classical Islamic Thought Ridwan El-Sayyed ; L'évolution du concept de jihad dans la pensée islamique moderne Maher Charif.  www.usj.edu.lb .
 
"Sizwe Banzi est mort" au Monnot
 

Peter Brook, un nom prestigieux du monde des planches, une référence dans le théâtre moderne, une institution dans la dramaturgie contemporaine, une œuvre plurielle qui traite aussi bien au cinéma qu’aux feux de la rampe en passant par l’écriture, l’art plastique et la musique. Le théâtre Monnot de Beyrouth présente, les vendredi 26, samedi 27 et dimanche 28 mai, "Sizwe Banzi est mort" d’Athol Fugard, John Kant et Winston Ntshona (adaptation française de Marie-Hélène Estienne) dans une mise en scène de Peter Brook qui, pour des raisons de santé, ne sera hélas pas présent à Beyrouth. Dans sa quête de l’authenticité théâtrale, ce polyglotte et infatigable voyageur a monté des pièces dans de très nombreux pays et conduit ses recherches avec des acteurs appartenant aux civilisations les plus diverses. Avec "Sizwe Banzi est mort", le public est confronté à l’histoire de la rencontre d’un photographe nommé Styles et d’un homme, Sizwe Banzi, que la dureté de la vie a contraint à renoncer à son identité. Il vit sous un autre nom, utilisant l’identité d’un mort : Sizwe Banzi était mort ! L’action suit les détails de la vie dans les townships, ces bidonvilles où la désespérance, odieuse et sans fond, est un banal lot quotidien… Un texte, deux comédiens et un grand metteur en scène.

 

L’Espagnole Olga Maria Ramos au "Monroe" 
 

L’institut Cervantès de Beyrouth présente un récital-hommage à la muse de Madrid, Olga Ramos. Hommage rendu par sa fille, Olga Maria Ramos, le jeudi 25 mai à 20h, à l’amphithéâtre de l’hôtel Monroe. Entrée libre. Olga Maria Ramos chantera une sélection de "cuplés" (chansons traditionnelles espagnoles typiques de la fin XIXe début XXe siècle). Chanteuse, compositrice, écrivain et actrice espagnole, Olga Maria Ramos est née à Madrid au sein d’une authentique famille de musiciens. Elle apprend très jeune le répertoire des "cuplés" (chansons) que lui chantait sa mère, Olga Ramos, surnommée la "muse de Madrid". Après s’y être opposée pendant des années, sa mère finit par accepter que Olga Maria devienne artiste et lui enseigne l’art difficile du "cuplé". A la mort de son père, surnommé "El Cipri", son talent de compositrice s’éveille. Elle a composé depuis plus de cinquante thèmes. Olga Maria Ramos est l’auteur du livre "De Madrid al cuplé, una crónica cantada". Elle collabore à différents programmes de radio et de télévision. Actuellement, elle dirige et présente également un programme musical de "cuplés" et boléros à Radio Sol XXI. Lors de ce concert, elle chantera une sélection de "cuplés" traditionnels, ainsi que des "cuplés" de sa propre composition. 

 

Javier Ruibal chante ses textes

 

Javier Ruibal donnera deux concerts, le vendredi 26 mai à 20h, à l’amphithéâtre de l’hôtel Monroe, et le samedi 27 mai à 18h à l'Unesco, dans le cadre du Festival de poèmes chantés organisé par l’Unesco. Auteur, parolier et interprète de chansons, Javier Ruibal, musicien professionnel depuis 1987, compose et interprète ses propres chansons. Sa musique, moderne, est influencée par le jazz et le rock. Les paroles de ses chansons racontent et décrivent des lieux et des personnages irréels et crédibles, du jardin oriental le plus exotique, à l’asphalte dur et sale ; il chante des êtres errants et déracinés attendus par d’autres êtres, il chante l’amour, les extases intenses et magiques, les danseuses turques à Paris, les danseurs de flamenco à Manhattan, les trains et les bateaux, les reines d’Afrique, les roses bleues, les eaux et les lunes de Tanger, dans un paysage continu qui englobe tout. On pourrait dire de ses personnages qu’ils sont les fils d’une sorte de village global qui a surgi de sa musique. Une initiative de l'Institut Cervantès et de l'ambassade d’Espagne au Liban. Entrée libre.

 

Camille au Music Hall

 

Nouveau phénomène de la chanson française, Camille tricote ses textes et sa voix. Ludique, unique, folklo ou barjo, Camille chante les amours ou les deuils de l'enfance et façonne ses musiques comme certains tissent leur vie : en équilibre sur un fil. Elle se produira le dimanche 4 juin au Music Hall dans le cadre des concerts Cabarets du Monde, co-produits par Eléftériades Productions et la Mission Culturelle Française au Liban.

 

Marc Lavoine au BIEL

 

Le chanteur français Marc Lavoine donnera un grand concert, le samedi 1er juillet, au BIEL, à Beyrouth.

 

Colonie d'été "Aventure 2006"

 

Le club Récréation organise deux sessions d'activités culturelles et sportives pour les enfants dans la région de Beyrouth, du 7 juillet au 4 août et du 7 août au 1er septembre. Lire le programme .

 

Les Centres Culturels Français et la Fête de la Musique 

 

Les Centres Culturels Français de Baalbek, Beyrouth, Deir el-Qamar, Jounieh, Nabatieh, Saïda, Tripoli, Tyr et Zahlé ( www.ambafrance-lb.org ) organisent une série de manifestations à l'occasion de la Fête de la Musique, le mercredi 21 juin.  

 

 

Le Festival touristique de Beyrouth

 

A Beyrouth, l’ouverture officielle du Festival touristique aura lieu le mercredi 14 juin, à 20h30, en musique, à l’Escalier Saint-Nicolas - Gemmayzé. Et comme le festival coïncide avec la période du Mondial, un écran géant sera installé pour permettre aux fans de foot de ne rater ni les manifestations du festival ni les matches ! "A l'instar des grands sites libanais qui ont chacun leur festival, Beyrouth se devait d'avoir le sien", a annoncé M. Joseph Reaïdy, président de l'Association de développement de Gemmayzé, qui est à l'origine de ces dix jours de festivités. Ce festival, qui englobera désormais la traditionnelle Exposition des Arts, s'étendra à diverses autres activités artistiques : musique, théâtre, cinéma, spectacles...

 

- Le jeudi 15 juin : Les quatre mousquetaires. Ils s’appellent Simon Obeid, Nader Khoury, Gilbert Jalekh et Elie Khayat. Ils sont parmi les principales figures du théâtre al-Rahbani qui refusent de se laisser entraîner par cette vague de décadence musicale de la chanson qui a envahi le monde arabe. Ils donneront un concert au cours duquel ils ne manqueront pas d’interpréter leur tube, Cherchahtou el-Balad
- Les vendredi 16, samedi 17, dimanche 18 et lundi 19 juin : Place au théâtre avec une pièce qui sera choisie parmi les meilleures œuvres estudiantines
- Le mardi 20 juin : Retransmission du Mondial sur écran géant
- Le mercredi 21 juin : Fête de la Musique avec Charbel Rouhana et sa troupe de musiciens et choristes. Au programme, des compositions du oudiste ainsi que des airs tirés du folklore libanais. La chorale d'enfants de Noha Hatem sera également au rendez-vous, dans l'après-midi
- Le jeudi 22 juin : Toujours dans le cadre de la fête de la Musique , Carla et Carine Ramia, deux sœurs diplômées en chant arabe et en musicologie de l’USEK, donneront un concert de chansons orientales et occidentales. Elles seront accompagnées par une troupe de musiciens professionnels
- Le vendredi 23 juin : Carnaval de danse et défilés de costumes réalisés avec le concours de Joanna Samarani
- Le samedi 24 juin : soirée cinéma avec un panorama des meilleurs courts- métrages
- Le dimanche 25 juin : Récital avec le pianiste Mikhaïl Rudy. Né en Russie, il a étudié au Conservatoire de Moscou. Il s’installe à Paris après avoir remporté le premier prix du concours Marguerite Long. Depuis, il poursuit une carrière inextricablement liée à la recherche de l’excellence. Il a d’ailleurs été nommé Chevalier des arts et des lettres. Ses concerts et ses enregistrements lui ont valu de nombreuses récompenses, dont le prix de l’Académie Charles Cros pour le cycle Scriabine et le Grand Prix Liszt de Budapest.


 

Le Festival de Byblos

www.byblosfestival.org

 

L'éclectisme et la variété sont, de nouveau, au rendez-vous au Festival de Byblos, qui présente cinq spectacles de choix :

- Le samedi 17 juin : Pour sa première venue au Moyen-Orient, Francis Cabrel promet une soirée unique, "Samedi soir sur la terre", au cours de laquelle il revisitera les succès qui ont ponctué ses trente ans de chansons. Des mélodies qui ont marqué toute une génération, non seulement en France, mais aussi à l'étranger

- Le dimanche 2 juillet : Barbara Hendricks avec the Magnus Lindgren Jazz Quartet donnera un grand concert placé sous le signe du lyrisme et du jazz

- Le samedi 15 juillet : Sean Paul, superstar de Jamaïque récemment couronné "meilleur artiste reggae de l'année", enflammera Byblos avec sa musique mélangeant reggae, dancehall et hip-hop

- Le samedi 22 juillet : Gad Elmaleh, humoriste marocain vivant en France, présentera à ses nombreux fans libanais son dernier one-man-show, "L'autre c'est moi"

- Le dimanche 23 juillet : The Solo piano show du Canadien Gonzales sera accompagné d'une projection vidéo synchronisée conçue par l'artiste vidéaste Ninja Pleasure.


 

Le Festival de Baalbek

www.baalbeck.org.lb

 

Le Festival de Baalbek fête cette année en beauté son cinquantième anniversaire. L’aîné et le plus prestigieux des festivals propose ainsi une programmation des plus variées avec, pour entamer la saison en beauté, Fairouz dans un musical de Ziad Rahbani. Du pop rock, ensuite, avec le groupe Deep Purple ; du Latin Jazz avec le Dizzy Gillespie All Star Big Band et Diane Shurr ; du ballet avec le Eifman Ballet Theatre de Saint-Petersbourg ; un opéra de Donizetti et clôture avec la dabké de la troupe de danse Caracalla.

 

Au programme :

- Les jeudi 13, vendredi 14 et samedi 15 juillet : Fairouz dans "Sah el Nom", comédie musicale des frères Rahbani, sous la direction de Ziad Rahbani

- Le jeudi 27 juillet : Le célèbre groupe anglais Deep Purple

- Le samedi 29 juillet : The Dizzy Gillespie All-Star Big Band accompagné par la chanteuse américaine Diane Schuur ainsi que Giovanni Hidalgo (congas et percussions latines), Dave Samuels (vibraphoniste et leader du Caribbean Jazz Project) et Cyrus Chestnut (pianiste et compositeur au style afro-américain)

- Les vendredi 4 et samedi 5 août : Boris Eifman et le ballet théâtre de Saint-Petersbourg

- Le samedi 12 août : "Lucia di Lammermoor", opéra de Donizetti, en collaboration avec les Chorégies d'Orange, avec Inva Mula, Rolando Villazón et Roberto Frontali, accompagnés par l’Orchestre Symphonique de Budapest et les Choeurs de Nice.

- Les jeudi 24, vendredi 25 et samedi 26 août : Les ballets Caracalla avec l'opéra du village (Koullouna Min Loubnan), fantaisie musicale en danses et en chansons, avec la participation des artistes libanais Hoda Haddad, Aline Lahoud, Assi Hellani, Joseph Azar, Simon Obeid... ainsi que des artistes internationaux Nicolas Joel (directeur artistique de l’opéra de Toulouse), Vinicio Cheli (éclairagiste des scènes européennes) et Giuliano Spinelli (décorateur italien).

 


 

Festival Beiteddine nouvelle édition : Des noms prestigieux et une diversité de genres musicaux

 
paru dans la Revue du Liban le 20 mai 2006
 
Liza Minelli, Ricky Martin, l’Algérienne Souad Massi, la diva libanaise Majida Roumi, l’étoile du ballet royal, Sylvie Guillem, du jazz, du blues, de la musique cubaine…; l’édition 2006 du Festival de Beiteddine s’annonce riche, variée et de haut niveau. Elle confirme la détermination de Mme Nora Joumblatt, qui préside aux destinées de cette manifestation culturelle annuelle et les membres du comité, d’offrir le meilleur au public libanais et de lui permettre de passer de belles soirées du 16 juillet au 17 août au palais des émirs.
 
“Ce Festival ainsi que tous les autres qui se déroulent au Liban, confirment envers et contre tout que le Liban est et demeurera le pays des Libertés, de la culture, de la connaissance et de l’art”. Par ces mots, M. Mohamed Baalbaki, président de l’Ordre de la Presse, a tenu à rendre hommage à Mme Nora Joumblatt et au membre du comité, lors de la présentation du programme 2006 au siège de l’Ordre. Maurice Sehnaoui, PDG de la SGBL a exprimé, de son côté, la fierté de son partenariat avec cet événement. “C’est un honneur pour la SGBL et pour moi-même qui a mis en place ce partenariat depuis sept ans, de parrainer ce festival qui, d’année en année, s’impose et devient une référence en la matière”. Mme Majida Roumi, présente à cette rencontre avec les médias, a de même exprimé sa joie de participer à Beiteddine où elle s’est produite à six reprises, la dernière fois en 1997. Après un mot d’accueil, Mme Joumblatt a présenté le programme de l’été 2006 soulignant sa diversité et sa richesse.
 

Ricky Martin : "Un, dos, tres"

 

Le coup d’envoi des festivités sera donné “hors les murs” avec le récital unique de Ricky Martin, le vendredi 27 mai au Biel (Beyrouth). Il est superflu de présenter cette superstar du pop qui, avec ses rythmes latinos, met la salle en délire à chaque concert. Il a déjà vendu 50 millions d’albums et de DVD, obtenu un Grammy Award, en plus d’autres récompenses et fait le tour de la planète. Son dernier album “Life” est en langue anglaise mais toujours avec des rythmes “Hot”. “Cet album, explique-t-il, reflète ma vision de la vie qui ne se limite pas à une seule dimension”. Martin s’est engagé, aussi, dans l’action humanitaire. Ambassadeur de l’UNICEF, il a créé la “Fondation Martin” et lancé, récemment, le projet “People for Children”.

 

L’embarras du choix

 

- Le Festival débutera à Beiteddine le dimanche 16 juillet, avec deux Etoiles du Ballet Royal Sylvie Guillem et Russel Maliphant dans “Push”, une nouvelle production du théâtre Sadler’s Wells. Guillem est entrée en 1976 à l’école de danse de l’Opéra de Paris et devenue première danseuse à l’âge de 19 ans. Cinq jours après avoir dansé le “Lac des Cygnes”, elle est nommée “Etoile” par le grand Noureev. En 1988, elle quitte l’Opéra de Paris et signe un contrat en tant que “principale artiste invitée”, avec le Royal Ballet de Londres. Sa carrière est magistrale. Russell Maliphant a été formé à l’école du ballet Royal, diplômé du Sadler’s Wells et a poursuivi une carrière indépendante. En 1996, il a fondé sa propre compagnie.
- Le grand événement du festival aura lieu le dimanche 23 juillet avec Liza Minelli “celle qui, dit-on, est née pour être une star”. Au cinéma comme sur scène, elle est exceptionnelle et donne les preuves de ses multiples talents qui font d’elle l’une des stars les plus brillantes du show-biz américain. Pouvoir l’applaudir au palais des Emirs est une véritable aubaine.
 

Retour du groupe "Stomp"

 

- Du mercredi 26 au samedi 29 juillet, le groupe Stomp, qui avait déjà connu un grand succès à Beiteddine en 1999, revient pour quatre représentations. Il animera la scène avec des objets de la vie quotidienne : “sceaux, balais, poubelle…”
- Le mardi 1er août, place aux rythmes africains avec Angélique Kidjo, née au Bénin et classée parmi les plus jeunes artistes africains de renommée internationale. Cheikh Lô est né au Burkina Faso, de parents sénégalais. Adepte de la confrérie musulmane des Mourides, ses chansons sont marquées par la religion.
- Le vendredi 4 août sera une soirée de célébration du blues et du jazz, avec le groupe américain de Ravi Coltrane et Shimeka Copeland et la participation du célèbre groupe libanais “The Blues Quest”.
- Le samedi 5 août, le public de Beiteddine découvrira un grand talent arabe consacré sur le plan international : l’Algérienne Souad Massi. En 2005, elle a été désignée par la BBC artiste de l’année et a obtenu les Victoires de la musique en 2006. Auteur, compositeur et interprète elle a déjà sorti trois albums et son répertoire est en arabe et en français.
- Le samedi 12 août, le palais des émirs accueillera la diva libanaise Majida Roumi, dans “un récital exceptionnel”, nous dit-on. Elle a une grande présence sur scène et chante la patrie et l’amour de sa belle voix avec une conviction contagieuse.
- Le festival s’achèvera les mercredi 16 et jeudi 17 août sur une note cubaine, avec Carlos Acosta, star du Royal Ballet, dans Tocororo, un conte cubain présenté par une trentaine d’artistes. Ce spectacle est produit par Andy Wood, créateur du “Buena Vista Social Club”. A ne pas manquer.
Une seule conclusion s’impose : Beiteddine 2006 offre de belles soirées en perspective.
 

 
Paris présente un plan de relance de son action culturelle internationale
 
paru dans l'Orient-le Jour le 16 mai 2006
 
Paris a présenté hier un plan de relance de son action culturelle internationale, prévoyant des partenariats entre l’Etat et le secteur privé, la construction de nouveaux lycées français à l’étranger et une promotion accrue pour attirer les étudiants en France. Ce plan couvre plusieurs grands domaines : le rayonnement culturel, la promotion de la langue française, l’enseignement et le développement. Des partenariats public-privé doivent notamment servir à développer le réseau des lycées français à l’étranger, pépinières de futures élites francophones. Une première vague est prévue à Munich, Londres, Tokyo et au Caire. D’autres projets concernent Abou Dhabi, Amman ou encore Brasilia.
 

 

"La francophonie, aujourd’hui et demain", ou l’avancée sinueuse vers l’universel
 
Colloque - L’USJ rend hommage à Senghor, pour le centenaire de sa naissance
 
paru dans l'Orient-le Jour le 24 mai 2006
 
Parce que l’année 2006 marque le centenaire de la naissance de Léopold Sédar Senghor, la chaire de l’Université Saint-Joseph qui porte son nom a souhaité lui rendre un hommage particulier par un colloque international, les 25 et 26 mai.

Plus que toute figure contemporaine, Léopold Sédar Senghor incarne l’indivisibilité de l’être humain. Immense poète, Senghor aura en permanence réfléchi au politique et aura, avec une remarquable constance, mis sa pratique en accord avec ses idées. Il aura aussi toujours regardé vers l’avenir, ne voyant dans les accidents de l’histoire qu’une avancée parfois sinueuse vers cet universel qu’il a défendu de toute la force de son verbe et de son action. Le colloque a pour objectif de mettre en évidence ce qu’il y avait de visionnaire dans la pensée de Senghor, mais aussi, dans le droit fil de cette pensée, de poser les questions essentielles pour l’avenir de la francophonie et de cet être humain universel qu’il a appelé de ses vœux, en ces temps où l’on a tendance à confondre universalité et uniformité, en ces temps aussi où la francophonie doit impérativement opérer des choix stratégiques peut-être douloureux face aux mutations d’un monde en proie à de grands bouleversements.

La qualité des intervenants qui seront présents au colloque permet d’espérer apporter des réponses non conventionnelles aux questions qui se posent aujourd’hui, et de dégager des stratégies pour la francophonie, notamment dans les domaines pédagogique, politique et médiatique. Contribueront à la réflexion : Tarek Mitri, ministre de la Culture, Roger Dehaybe, commissaire de l’année Senghor pour l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), Christian Valantin, directeur du Haut Conseil pour la francophonie, Louise Beaudouin, ancienne ministre des Relations internationales du gouvernement du Québec, Jean-Louis Roy, président de l’Institut "Droits et démocratie" du Canada, Jean Tabi-Manga, recteur de l’Université de Yaoundé II, Michel Guillou, directeur de l’Institut "Francophonie et mondialisation", Philippe Dessaint, directeur adjoint de TV5 Monde, Samir Marzouki, directeur du département éducation à l’OIF, Michel Barnier, ancien ministre français des Affaires étrangères, Christian Philippe, député du Rhône, et Joseph Maïla, consultant à l’ONU.

Un réseau universitaire

Créée en 2003, la "chaire Senghor de la francophonie" de l’USJ, dont la titulaire est le Pr Katia Haddad, est membre d’un réseau mis en place dans différentes universités du monde : à l’Université Jean Moulin (Lyon III), à celles de Ouagadougou, de Yaoundé II, du Québec à Montréal et à l’Institut des relations internationales de Hanoi. S’y joindront bientôt une chaire Senghor à Alexandrie, une autre à l’île Maurice et une troisième à l’Université Babes-Bolyai en Roumanie. Ces chaires ont pour objectif de promouvoir la francophonie comme objet d’étude universitaire et d’encourager la coopération dans ce domaine, en particulier au plan de la recherche. Prodiguant un enseignement minimal commun (histoire et géopolitique de la francophonie, langues et multilinguisme), ces chaires conservent leurs particularités régionales et intègrent leurs préoccupations spécifiques à leur enseignement et à leurs recherches.
 

 
La Sorbonne ouvre une branche à la cité universitaire "Unicity" d’Abou Dhabi
 
paru dans l'Orient-le Jour le 22 mai 2006
 
La plus vieille université du monde ouvre une annexe à Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis. L’accord a été signé aux Emirats par Jean-Robert Fitte, président de l’Université Paris IV-Sorbonne, et Saïd el-Hassani, sous-secrétaire pour l’enseignement supérieur aux Emirats. Une question vient naturellement à l’esprit. Pourquoi à Abou Dhabi et non pas à Beyrouth, capitale de la francophonie en Orient depuis le déclin d’Alexandrie dans ce domaine ? "Les Libanais n’ont pas besoin de nous, répond Anne Douaire, professeur de littérature française et comparée à la Sorbonne, installée à Abou Dhabi. Le Liban dispose d’un réseau universitaire jouissant d’une renommée internationale. D’ailleurs, nos enseignants viennent donner des cours à Beyrouth. Puis ce sont les responsables des Emirats qui sont venus nous voir." C’est donc du côté des Emirats qu’il faut chercher la raison de l’implantation de la Sorbonne dans la péninsule. D’abord, le gouvernement émirati prépare l’après-pétrole et mise gros sur l’éducation. Ensuite, dans un pays où l’on parle principalement l’anglais comme langue étrangère, le français constitue une ouverture vers de nouveaux horizons.

En somme, l’objectif premier est de créer une plate-forme universitaire internationale. La Sorbonne est la première invitée. D’autres universités prestigieuses suivront. A l’instar de la cité de l’Internet et celle des médias à Dubaï, il y aura désormais une cité universitaire près d’Abou Dhabi, collée à la nouvelle ville de Khalifa, située sur le chemin de l’aéroport et donc bien desservie par les autoroutes. Il s’agit de la "Unicity", qui s’étendra sur huit kilomètres de long et deux de large. Comme le premier venu est le premier servi, la Sorbonne sera implantée au centre de "Unicity". Le bâtiment, d’un coût de trente millions de dollars environ, ne sera livré qu’en janvier 2008. C’est donc dans les locaux d’Abou Dhabi University que les étudiants seront accueillis à la rentrée du 7 octobre prochain.

Mêmes enseignants, mêmes cours, même niveau

Si l’objectif du gouvernement du pays reste qu’un beau jour des Chinois ou des Brésiliens viennent étudier à Abou Dhabi, la Sorbonne a également ses propres desseins. "Notre vocation est de s’ouvrir au monde, de diffuser le savoir et de nous nourrir des autres civilisations", explique Anne Douaire. "Notre souci était de rester nous-mêmes et de ne pas adapter notre enseignement aux conditions des Emiratis. C’était une condition non négociable", poursuit-elle. Les classes seront mixtes. Les enseignants seront des hommes et des femmes. Pour illustrer cet état d’esprit, le conseil d’administration de la Sorbonne est formé de trois Emiratis et de trois Français, dont deux femmes. Pour en venir à l’essentiel, la Sorbonne Abou Dhabi délivrera des diplômes français, ouvrant la porte de toutes les universités européennes. L’équation est simple : ce seront les mêmes enseignants, les mêmes cours, le même niveau et les mêmes diplômes de la Sorbonne-Paris. Ce sont également les sciences humaines et les langues qui seront dispensées à Abou Dhabi. Quant aux étudiants accusant une déficience en langue française, ils passeront une année préparatoire de cours "très intensifs" de français.

Les conditions de travail seront cependant meilleures. Alors qu’à Paris, vingt-cinq étudiants en moyenne sont encadrés par un enseignant (la Sorbonne compte quelque 26.000 étudiants), à Abou Dhabi, ce sera une moyenne d’un professeur pour neuf étudiants. Cependant, les frais de scolarité seront de 60.000 dirhams, soit 17.000 dollars environ. Le fait est que le gouvernement français ne subventionne pas l’université d’Abou Dhabi, comme c’est le cas à Paris. Aux frais de scolarité, il faudrait ajouter 14.000 dirhams pour les étudiants désireux d’être hébergés sur le campus. Pour compenser ces coûts, le gouvernement français offre 50 bourses totales et 50 bourses partielles, sur critères académiques. "Nous espérons que les gouvernements de la région vont débloquer des bourses pour leurs étudiants", ajoute Mme Douaire. Car ce sont les étudiants du Moyen-Orient, des fils d’Occidentaux travaillant dans la région, mais aussi des Maghrébins qui ont déjà manifesté leur intérêt pour la Sorbonne Abou Dhabi. Pour les intéressés, il suffit de faire un tour sur le site www.paris-sorbonne-abudhabi.ae .
 

 
En Europe, on fait de plus en plus de films

Malgré la baisse de fréquentation des salles, la production de films en Europe progresse • 798 films en 2005 contre 761 en 2004
 
paru dans Libération le 10 mai 2006
 
Alors que la fréquentation des salles est partout en régression, et que la part de marché des longs métrages européens sur le territoire de l'Union stagne à environ 25 %, la production européenne de films continue à augmenter : telle est la principale constatation qui ressort du "bilan" que l'Observatoire européen de l'audiovisuel vient de dresser pour l'année 2005. La production cinématographique européenne est ainsi créditée de quelque 798 films contre 761 en 2004. Seule l'Italie marque une évolution sévèrement négative sur ce plan : 86 films au lieu de 138 l'année précédente. En revanche la production a atteint des niveaux records en France (240 films), en Allemagne (146), et en Espagne (142).

Ce dynamisme contraste, cependant, avec l'évolution du marché des salles. Le nombre total des tickets vendus dans les cinémas des 25 pays membres de l'Union, qui avait dépassé le milliard en 2004, est en effet retombé à 892 millions d'unités. Cette chute , évaluée à 11 %, obéit à une tendance négative relevée partout ailleurs dans le monde : les Etats Unis, parallèlement, ont perdu 9 % de leurs entrées, le Japon 6 %, le Brésil 22 %, l'Australie 9 %, etc... Pour être générale au sein de l'Union, la récession des entrées y est au demeurant inégale : très accentuée dans des pays de l'Est, comme la Slovaquie (-20 %), la République Tchèque (-24 %) ou la Pologne (-30 %), elle reste inférieure à 5 % , en revanche, au Danemark, en Finlande et au Royaume Uni. Parmi les grands marchés nationaux, le plus touché est l'Allemagne (-19 %), alors que la France et l'Italie sont pratiquement à égalité (-13 %), et que l'Italie a comparativement limité les dégâts (-8 %).

L'équilibre du marché européen, où les films locaux restent à la portion congrue face aux films américains (25 % des entrées contre 60 %), n'est pas sensiblement modifiés par ces évolutions. L'Observatoire isole et souligne, cependant, la part relativement importante (13 %) revenant en 2005 à la classe hybride des films "produits principalement en Europe, en général au Royaume-Uni, mais qui bénéficient d'investissements réalisés par des sociétés américaines". Parmi ceux-ci, deux leaders d'un box office 2005 fondamentalement américain : Harry Potter and the goblet of fire de Mike Newell (champion toutes catégorie, avec plus de 41 millions d'entrées portés à son crédit) et Charlie et la chocolaterie de Tim Burton (cinquième du peloton avec 20,2 millions d'entrées). Les premiers films strictement européens à figurer, loin derrière, sont aussi deux films français : le "Brice de Nice" de James Huth (crédité de 4,6 millions d'entrées) et "La marche de l'empereur" de Luc Jacquet (4,2 millions d'entrées).
 

 
Le cinéma arabe en quête de renouvellement
 
Good News Group investit dans des films à "gros budgets" qui abordent les sujets tabous
 
paru dans l'Orient-le Jour le 23 mai 2006
 
Une nouvelle société de production égyptienne, Good News Group, fait campagne à Cannes pour afficher son ambition de renouveler le cinéma arabe en investissant dans des films à "gros budgets" qui abordent les tabous de la société comme "L’immeuble Yacoubian". "95 % des films arabes sont égyptiens, mais ils ont souvent un petit budget et sont de piètre qualité", estime Mead Aldin Adeeb, PDG de Good News Group, dont le rêve était de "ranimer ce cinéma en se mettant sur le marché mondial", mais "sans faire du cinéma américain, l’original étant toujours plus réussi qu’une copie", précise-t-il. Il y a trois ans, le groupe, spécialisé dans la presse et la communication, a créé une société dédiée au cinéma (Good News 4 Films and Music) et s’est lancé dans la production de Halim, biographie à grand spectacle du chanteur adulé dans le monde arabe Abdel Halim Hafez, et de L’immeuble Yacoubian, une photographie des dérives de la société égyptienne, récompensée au festival Tribeca de New York et projeté à la Berlinale cette année. Les budgets de ces deux films, 7 millions d’euros chacun, représentent le triple des plus grosses productions jamais faites au Moyen-Orient, selon M. Adeeb.

L’immeuble Yacoubian, adaptation du livre à succès éponyme de Alaa al-Aswani, vendu à plus de 100.000 exemplaires et déjà traduit en anglais, en français et en italien, porte la marque de ce renouveau cinématographique par la maîtrise technique, apte à séduire un public occidental. Cette œuvre du jeune réalisateur de 28 ans Marwan Hamed aborde à travers une galerie de portraits d’habitants d’un immeuble du centre du Caire - vieux dandy, jeune fils du portier, etc. - les questions de la corruption en politique, de l’homosexualité et du fondamentalisme religieux. "Tous ces thèmes ont déjà été abordés dans des films, mais ce qui peut être choquant cette fois est de les rassembler dans une seule œuvre", fait valoir Adel Adeeb, frère de Emad et directeur général de GN 4 Film and Music, qui précise n’avoir eu "aucun problème de censure".

Pour Adel Imam, acteur phare de ce drame sociologique, "ce film aborde exactement ce qui se passe dans le monde arabe, mais au-delà, il parle de l’humanité et dans chaque endroit où il sera projeté, les spectateurs pourront s’identifier". Le film sera sur les écrans en Egypte en juin et en France en août, distribué par Bac Films. Les deux projets déjà dans les tuyaux se veulent dans la continuité des deux premiers opus du catalogue de Good News. Mohamed Ali sera une biographie historique de l’un des héros du XIXe siècle, fondateur de l’Egypte moderne, qui luttera contre l’armée française et prendra la place du monarque corrompu. L’autre film, qui fera certainement beaucoup couler d’encre avant même sa sortie, porte le nom de "Al-Qaida". Deux ans et demi de recherches ont été nécessaires pour écrire le script de ce film qui raconte une rencontre imaginaire entre Ben Laden et un journaliste américain après les attentats du 11-Septembre 2001. "J’espère que ce docu-fiction permettra de créer un dialogue" entre l’Orient et l’Occident, a déclaré Emad Eldin Adeeb, ajoutant : "Nous avons besoin de reconstruire des ponts, nous sommes tous coupables de rester silencieux." Les producteurs n’entendent pas "défendre" Ben Laden, "un terroriste et un criminel", mais donner des "éléments de compréhension". Ils sont d’ailleurs en discussion avec "un acteur américain parmi les dix plus grands" pour incarner l’ennemi numéro 1 des Etats-Unis.
 

 
"Keif al-Hal", premier film saoudien et premier tabou brisé dans ce domaine
 
Le long-métrage sera diffusé cet été partout au Moyen-Orient… sauf dans le royaume wahhabite
 
paru dans l'Orient-le Jour le 23 mars 2006
 
Le premier film saoudien, avec la première vedette saoudienne du grand écran, sera projeté cet été partout au Moyen-Orient... sauf en Arabie saoudite, pays ultraconservateur où les cinémas restent interdits. Produit par le groupe Rotana, propriété du prince saoudien al-Walid Ben Talal, milliardaire et membre de la famille royale, Keif al-Hal (Comment vas-tu ?) est une fiction qui, selon ses producteurs, reflète la tension entre modérés et extrémistes religieux en Arabie, pays déchiré, surtout chez les jeunes, entre la mondialisation et le poids de valeurs islamiques conservatrices. En l’absence d’une industrie cinématographique saoudienne, le film a été tourné à Dubaï, un émirat du Golfe, par un réalisateur canadien d’origine palestinienne. Le scénario est l’œuvre d’un Libanais et d’un Egyptien.

En jeans et chemisier, les cheveux découverts, Haïfa Mansour, 30 ans, une Saoudienne assistante au producteur du film, est installée à la terrasse d’un café de Dubaï en compagnie d’un acteur et d’un critique de cinéma, tous deux saoudiens. Ils auraient été arrêtés si la scène s’était déroulée en Arabie saoudite, où les femmes doivent sortir couvertes de la tête aux pieds et où la ségrégation entre les sexes est une constante. Conscients de ces interdits, les producteurs du film ont été extrêmement prudents dans le choix des scènes. "Nous avons pris bien soin de ne rien laisser passer qui puisse offenser la société saoudienne, à tel point que nous surveillions les yeux des actrices pour savoir si le regard était approprié", explique Ayman Halawani, chef de production au département cinéma de Rotana.

Keif al-Hal raconte l’histoire de Sultan, joué par le Saoudien Hicham Abdelrahman, idole de la jeunesse saoudienne depuis sa victoire en 2005 dans l’édition arabe de Star Academy. Sultan a un style de vie occidental et, pour cette raison, entretient des rapports conflictuels avec son cousin Khaled, un ultraconservateur. Dans le but d’attirer l’attention de la belle Sahar, sœur de Khaled, un personnage opportuniste, interprété par l’acteur saoudien Mechaal al-Mutairi, gagne la sympathie de Khaled en se laissant pousser une longue barbe, à l’instar du chef d’el-Qaëda Oussama Ben Laden, et en prétendant être pieux. Sahar fuit les tensions familiales en sortant avec sa meilleure amie, Dunya, incarnée par l’actrice saoudienne Hind Mohammad, 25 ans, dont c’est le premier rôle. Halawani refuse de dire si une histoire d’amour lie Sahar et Sultan. Il assure toutefois que le film ne comporte aucun flirt ou rendez-vous amoureux. L’unique actrice saoudienne du film affirme qu’elle est déterminée à faire carrière dans le cinéma, malgré les problèmes que cela pourrait lui occasionner. "Je veux prouver qu’une femme peut faire quelque chose même si elle a été éduquée avec l’idée qu’elle est faible et qu’elle ne doit pas élever la voix", déclare Hind Mohammad par téléphone depuis Ryad.

La Saoudienne la plus connue dans le monde du cinéma est Haïfa Mansour, qui a produit l’an dernier un documentaire controversé, Nisaa bila Dhil (Femmes sans ombre). Ce film, dans lequel un religieux réformiste déclare qu’il n’est pas obligatoire pour les femmes de se couvrir le visage en public, a provoqué un tollé parmi les religieux radicaux. Projeté dans 17 festivals cinématographiques dans le monde, il a attiré l’attention du prince al-Walid, neveu du roi Abdallah et 8e fortune du monde. Haïfa Mansour se dit optimiste sur l’évolution de son pays en raison des réformes lancées par le roi Abdallah et veut continuer à produire des films en Arabie. Mais Mutairi, 28 ans, estime qu’aucun changement ne sera possible tant que de nombreuses voix s’élèveront en Arabie pour présenter toute velléité de modernisme et de libre expression par l’art, notamment le cinéma, comme "un attachement immoral aux valeurs occidentales". "Le problème de la société saoudienne avec l’art, c’est que la moitié le considère comme contraire aux valeurs religieuses et les autres pensent que c’est honteux", conclut-il.
 

 
Elégie pour l'Algérie
 
Cannes. Un certain regard. Rabah Ameur-Zaïmeche la filme au plus près de ses tensions dans "Bled Number One"
 
par DIDER PERON, publié dans Libération le 20 mai 2006
 
Quatre ans après son premier long métrage, Wesh wesh, couronné du prix Jean-Vigo, Rabah Ameur-Zaïmeche, le franc-tireur grandi à l'ombre des tours de la cité des Bosquets de Montfermeil, continue de s'inscrire avec une autorité incroyable dans les cercles concentriques toujours plus larges qui mènent de soi-même à la connaissance universelle. Prenant le cinéma à l'abordage, il revient avec Bled Number One, tourné en vidéo dans sa région natale à l'extrême nord-est de l'Algérie. Les deux films s'articulent autour d'un même personnage que le cinéaste-producteur interprète : Kamel, en sursis à sa sortie de prison, sous le coup de la loi de la double peine. Hier, il était un fantôme dans une banlieue parisienne qui n'avait pas encore flambé ; aujourd'hui, on le retrouve expulsé de France et revenant dans ce village entre les collines et la mer.

 

Puissance

 

Kamel n'est pas l'alter ego d'Ameur-Zaïmeche ni une pure fiction. C'est une figure intermédiaire et comme coupée en deux par le devenir. Toujours ici et ailleurs, présent-absent, culturellement hybride, héritier des catégories ancestrales de l'ascendance paysanne berbère, et contemporain des grands déracinements postcoloniaux, il est à la fois le parent et l'étranger, le guide et l'égaré. Son rapport aux événements s'en trouve profondément marqué, il en perdrait presque la parole, spectateur d'une activité quotidienne aux solidarités codées, où il a du mal à trouver sa place. En même temps, ces retrouvailles avec la terre algérienne colorent chaque impression, chaque nouvelle rencontre ou nouveau paysage d'une puissance inopinée qui laisse penser qu'une vie meilleure est encore possible.

 

Bientôt, l'arrivée de Louisa, qui vient de quitter son mari en France en emportant son fils dans ses bagages, bouscule l'hébétude et la mélancolie heureuse du début. Femme affranchie, Louisa dérange par sa conduite qui ne peut attirer que honte et déshonneur sur la famille. Le moralisme intériorisé dicté depuis des générations par les valeurs patriarcales et l'islam, permet à la communauté de s'expérimenter comme telle, mais n'autorise pas à sortir du rang. Le cinéaste montre avec finesse la chaîne de domination qui conduit chacun à devenir l'éducateur du voisin. Bouzid, frère de Louisa, se fait frapper par un groupe de jeunes islamistes qui le surprennent ivre mort dans un champ d'oliviers, mais cela ne l'empêche pas d'infliger une trempe terrible à sa soeur pour la châtier de son infidélité conjugale. Ainsi, le film ne cesse de se déplacer d'une situation à l'autre et de déplacer les enjeux et les évidences.

 

Enigmes

 

S'il décrit des noeuds conflictuels et des blocages moraux, ce travail de constat est soulevé du sol par une inspiration poétique qui cherche derrière les apparences à déchiffrer de plus rudes énigmes. Le film prend alors des accents élégiaques pour célébrer l'énergie de la fête, l'instabilité vibratile de l'air chaud, le vent, la tension érotique, la violence sacrificielle du sang et la nostalgie d'un pays toujours déjà perdu.

 


 
Une publicité télévisée pour dissuader les kamikazes
 
Des producteurs libanais font partie de l’équipe du film
 
publié par l'AFP le 22 mai 2006
 
Des producteurs libanais et américains tournaient ce week-end, à Los Angeles, une publicité destinée à la télévision irakienne et censée dissuader les auteurs d’attentats-suicide. "C’est une annonce d’intérêt public de 60 secondes, qui va montrer un attentat-suicide sur une place de Bagdad, vu de la perspective des personnes innocentes dont les vies sont affectées par des violences de ce type", a expliqué à l’AFP Jonathan Zaleski, porte-parole de la production. "Nous tournons à Los Angeles parce que la ville a le savoir-faire pour un tel tournage", doté d’un budget d’un million de dollars, a indiqué M. Zaleski. Le projet, réalisé par les sociétés américaine 900 Frames et libanaise EFXFilms, devrait aboutir d’ici à la fin du mois de juin. "Il est financé par des Irakiens. Des universitaires, des hommes d’affaires et des citoyens, vivant en Irak ou expatriés, qui souhaitent garder l’anonymat pour des raisons évidentes" de sécurité, selon le porte-parole.
 

 
A vos caméras pour des "Regards croisés"
 
Concours - Pour les jeunes du Nord et du Sud de la Méditerranée
 
paru dans l'Orient-le Jour le 24 mai 2006
 
L’objectif du concours photos "Regards croisés" est de favoriser la compréhension mutuelle et le dialogue interculturel entre les jeunes des deux rives de la Méditerranée grâce à l’image et à une vision commune de l’avenir. Le concours s’adresse aux jeunes photographes, professionnels et amateurs, nés entre le 1er janvier 1975 et le 3 juillet 1998, ressortissants des pays suivants : Chypre, Espagne, France, Grèce, Italie, Malte, Slovénie, Algérie, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Syrie, Territoires palestiniens, Tunisie et Turquie.

Les photos devront porter plus particulièrement sur les thèmes suivants :
• une même vision de l’avenir ;
• les relations entre le Nord et le Sud du bassin méditerranéen ;
• l’importance du dialogue interculturel ;
• les échanges entre jeunes dans le cadre d’une coopération étroite entre les habitants des deux rives de la Méditerranée ;
• le dialogue photographique entre les deux rives de la Méditerranée.

Un comité scientifique international sélectionnera 17 gagnants, soit un par pays. Ces derniers seront invités à Rome où leurs photos seront exposées au Palazzo Valentini dans le centre historique. L’exposition fera ensuite le tour des pays participants et sera montrée à Bruxelles. Un documentaire télévisé offrira aux jeunes gagnants la possibilité de s’exprimer sur leur travail et leur perception des relations entre les deux rives du bassin méditerranéen. Le concours photographique "Regards croisés" est financé par l’Union européenne. Le dernier délai pour l’envoi des photos est fixé au 3 juillet 2006.
Pour le formulaire de participation et plus d’informations sur le concours :
www.euromed-crossingglances.org
e-mail : fotovision2005@intesacp.it
Helpline : +39.06.6832740.
 

 
Les Lumières, un savoir vivre
 
par LAURENT WOLF, publié dans le Temps le 25 mars 2006
 
Savons-nous ce qu'étaient vraiment les idées et les combats du siècle des Lumières ? L'exposition qui leur est consacrée à la Bibliothèque nationale à Paris rappelle l'aspiration des philosophes : la quête du bonheur. Et si l'on y croyait à nouveau ?
 
Savons-nous, quelque temps après que des politiciens ont eu le projet d'inscrire dans la défunte Constitution de l'Union européenne le patrimoine religieux commun de notre continent, ce qu'étaient les idées et les combats du siècle des Lumières ? Et pouvons-nous espérer y trouver la réponse aux incertitudes qui nous angoissent ? Une exposition organisée par la Bibliothèque nationale de France, à Paris, fait le point sur ce qui nous en reste et sur ce qu'elles nous disent. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, quand la fumée des fours crématoires flotte encore sur l'Europe, deux savants allemands réfugiés aux Etats-Unis, Max Horkheimer et Theodor W. Adorno, s'interrogent sur l'héritage de ce siècle des Lumières auquel ils ont cru, qu'ils croyaient développer jusqu'à ce que la violence déchaînée de l'histoire écrase tout sur son passage. "De tout temps, écrivent-ils en 1944 dans leur livre La Dialectique de la Raison, l'Aufklärung [c'est le nom que l'Allemagne a donné aux Lumières], au sens le plus large de pensée en progrès, a eu pour but de libérer les hommes de la peur et de les rendre souverains. Mais la terre, entièrement "éclairée", resplendit sous le signe des calamités triomphantes."

Un peu moins de soixante ans plus tard, dans la grande salle du Parlement français du Château de Versailles, alors que les députés du Bundestag sont réunis avec ceux de l'Assemblée nationale française pour fêter solennellement le quarantième anniversaire des Accords de l'Elysée qui ont scellé le Pacte franco-allemand, le chancelier Gerhard Schröder parle à la tribune de ce qui unit désormais, et indéfectiblement, la France et l'Allemagne qui se sont tant combattues : "C'est l'Aufklärung, ce que vous appelez les Lumières, qui forme notre patrimoine commun, le socle sur lequel nous construisons une Europe sans guerre, le socle qui nous permet d'accueillir tous les pays du continent qui partagent avec nous cet héritage." Et pourtant, au moment où Gerhard Schröder parle à Versailles comme aujourd'hui, de quelque côté que l'on se tourne, des calamités triomphent et semblent vouloir faire leur lit de l'histoire commune des hommes. N'avons-nous rien appris des penseurs du XVIIIe siècle, de ceux qui ont placé au plus haut la liberté et la responsabilité des individus, l'esprit critique, l'égalité de la condition humaine, la force du débat et de la controverse sans violence ? Etait-ce une illusion ? Une autre manière de justifier la domination sur les autres peuples ? De répandre la servitude au nom de la liberté dont les plus forts abusent et que les faibles subissent ? Etait-ce un mensonge, une manière de farder la croyance en une supériorité naturelle de l'Europe ? Etait-ce une erreur, un beau discours incapable de maîtriser la barbarie qui renaît chaque jour ? Et ces Lumières, qui devaient être la méthode pour penser un monde divers, n'ont-elles accouché que d'une nouvelle obscurité, qui nous rend incapable d'aimer ce qui nous vient d'ailleurs ?

L'exposition de la Bibliothèque nationale de France est un salutaire retour aux sources d'une vision du monde qui touchait, pour les critiquer, les grandes croyances religieuses ; qui développait la science, la compréhension de la politique, la philosophie, et qui exerçait inlassablement sa curiosité à l'égard du reste du monde. Lumières ! Un héritage pour demain, tel est son titre. Serait-ce une réponse au pessimisme d'Adorno et Horkheimer, au scepticisme de ceux qui ont accusé la pensée du XVIIIe siècle d'avoir préparé la domination coloniale, le scientisme, la rationalisation du crime collectif ? Une réponse à notre angoisse de voir aujourd'hui le monde divisé entre ceux qui font mine de reconnaître l'universalité des droits humains et ceux qui n'admettent que la supériorité de la transcendance ? L'exigence d'autonomie des individus, de leur intelligence et de leur souveraineté concernant les décisions qu'ils prennent, paraît se briser devant la puissance de l'économie, devant le regain des croyances religieuses. Et surtout devant les désastres qu'entraîne notre propre arrogance.

Avant la Seconde Guerre mondiale, la pensée des Lumières a servi de prétexte à des entreprises douteuses. Elle a été dévoyée dans des aventures militaires. Dans des conceptions étroites de la vérité. L'idéal de tolérance, qui n'est que la reconnaissance d'autrui dans son intégrité, a été tourné en dérision. Depuis la Seconde Guerre mondiale, les fondements de cette pensée ont été eux aussi contestés. Les Lumières s'étaient affirmées contre l'obscurantisme religieux du XVIIIe siècle, contre les mythes qui entravent la liberté et l'esprit critique. Face aux "calamités" qui n'avaient été ni prévues ni enrayées, on s'est mis à traiter la pensée des Lumières comme un mythe parmi les autres, un mythe au service du marché et de la puissance de l'Occident. L'exposition de la Bibliothèque nationale de France rappelle heureusement ce qu'était, avant la Révolution française et les conquêtes napoléoniennes, avant le développement terrible du capital industriel, avant la colonisation, avant le scientisme qui érige les résultats provisoires de la recherche en vérité absolue, avant les guerres meurtrières du XXe siècle, ce qu'était la douceur des Lumières et leur soif de savoir et de respect de l'autre, de plaisir et de bonheur de vivre.

Elle rappelle, sous les visages de Mozart et de Rousseau, que c'était l'Europe, traversée par le désir d'établir l'harmonie dans la vie commune sans rien nier des passions humaines. Elle rappelle, sous le portrait d'Adam Smith, que le libéralisme, qui prend sa source dans la revendication d'une liberté individuelle d'agir et d'entreprendre, ne va pas sans les règles qui protègent les autres, tous les autres à commencer par les plus fragiles, de l'exercice de cette liberté. Que la souveraineté du peuple n'est pas la tyrannie de la majorité sur ceux qui ne partagent pas ses idées. Que cette souveraineté ne s'arrête ni aux Européens ni à la moitié de la société, c'est-à-dire aux hommes. Que la volonté générale n'est pas l'unanimité mais la prise en compte de toutes les différences. Cette exposition montre que près de trois siècles avant l'urbanisation généralisée, alors que l'Europe était encore un continent rural où il n'existait encore que quelques-unes de ces agglomérations que nous appelons des métropoles et des mégalopoles, une manière de penser le monde s'est développée dans les villes, à Paris, Vienne, Venise, Berlin, Saint-Pétersbourg... On pense, mais on rêve aussi, que ces villes deviendront un espace public civilisé, dans lequel il sera possible d'échanger des idées, de les comparer, de débattre librement. Et surtout de vivre ensemble. Ce rêve est-il trop grand ? Il n'est inspiré par rien d'autre que l'imagination de celui qui rêve. Aucune divinité, aucune force supérieure ne le justifie. C'est le prix et la douleur de cette liberté.

Les Lumières sont un héritage pour demain, affirme cette exposition. C'est dire que cet héritage, s'il est vivant dans les esprits, n'est pas encore inscrit dans la vie de tous les jours. Au siècle des Lumières, ce n'est pas seulement une pensée qui se développe, mais aussi un savoir-vivre, une manière de considérer les autres, de reconnaître en eux la quête du bonheur qui nous anime. A l'époque des Lumières, le mot de civilisation était doux et prometteur. C'était le mot du vivre ensemble et du vivre avec la nature. Nul n'imaginait que la civilisation était une chose en soi, un répertoire de valeurs établi une fois pour toutes. Que les civilisations pouvaient être classées, hiérarchisées définitivement. Et qu'il pourrait y avoir, comme on le dit aujourd'hui, un choc des civilisations. La civilisation était un effort, une volonté, un apprentissage. Etre civilisé n'était pas avoir raison contre les autres, et encore moins avoir la raison de son côté (ne parlons même pas de Dieu); c'était précisément ce savoir-vivre, qui n'est ni acquis ni donné parce que la vie en commun s'oppose sans cesse à elle-même, parce qu'elle fait naître des conflits qu'il faut passer son temps à résoudre. Comment être civilisés, voilà sans doute la question que nous posent encore aujourd'hui les penseurs des Lumières, parce qu'à cette question, il n'y a d'autre réponse que la question elle-même.
 
Lumières ! Un héritage pour demain. Bibliothèque nationale de France, site François Mitterrand. Quai François-Mauriac, 75013 Paris. Rens. +33.1.53.79.59.59. Du mardi au samedi de 10 à 19 h, le dimanche de 13 à 19 h. Jusqu'au 28 mai. http://expositions.bnf.fr
 
Les Nations contre les Lumières
 
L'exposition de la Bibliothèque nationale de France commence par trois images qui montrent de manière douloureuse pourquoi l'idéal des Lumières s'est heurté à la réalité de l'histoire. Deux hommes, Mozart et Rousseau, dont l'œuvre est au nœud de l'esprit et de la sensibilité. Une carte de géographie, celle de l'Europe. Les Lumières, ce n'est pas le triomphe de la raison pure, même si la raison fait partie des Lumières et si des philosophes comme Kant ont tenté de la maîtriser. Les Lumières, ce n'est ni un pays ni un Etat, encore moins une Nation. Or, dès leur épanouissement, deux sources de conflits, deux sources de dévoiement sont déjà en gestation. D'abord la séparation de la raison et de la sensibilité, qui trouvera son apogée dans le positivisme (ou dans le scientisme) et que tenteront de réconcilier les artistes. Par exemple les pointillistes quand ils se servent de la théorie de Chevreul pour organiser la couleur de leurs peintures. Ensuite l'idée et l'idéal de la Nation qui brisera la carte de l'Europe et érigera des barrières au sein de la pensée commune. La Révolution française réunit ces contraires. Elle promeut politiquement les valeurs prônées par les philosophes, au moins une partie d'entre elles. Elle incarne dans les institutions le principe d'autonomie de l'individu, la souveraineté populaire, l'idée de volonté générale. Mais, sous les coups hostiles de ses adversaires, cette incarnation va se transformer en forteresse assiégée. La nécessité de défense en entreprise de conquête. Et la volonté générale en volonté du peuple, par suite d'un peuple, érigé en dépositaire de la vérité.

Les valeurs qui sont au cœur de la vision Lumières - les droits des individus, l'autonomie, l'égalité, etc. - cessent d'être elles-mêmes quand elles deviennent la propriété d'une Nation ou d'un Peuple qui peut les invoquer contre une autre Nation et contre un autre Peuple. C'est pourtant ce qu'elles sont devenues quant le continent européen s'est figé en agglomérat de Nations dressées les unes contres les autres. L'exposition Lumières ! a quelque chose d'idéal et de pacifique, de détaché des siècles suivants, de leurs violences, de leurs souffrances, et de leurs iniquités. On ressent d'abord un malaise. Trop gentil ? Trop hagiographique ? Trop scolaire ? N'y aurait-il rien d'autre à montrer que cette quête du vivre ensemble et de la compréhension du monde ? Et puis on se rend compte qu'on avait oublié. Que les arguments qui se bousculent dans les discours d'aujourd'hui, pour condamner l'obscurantisme des autres, ont en partie perdu leur sens à cause de leurs propres défaites. Revenir à l'origine, avant le triomphe de la Nation, avant le despotisme de la science et de la puissance, avant la confusion entre la civilisation et les frontières, c'est la meilleure manière de redécouvrir leur héritage.
 
Femme savante
 
C'est trop dire que le siècle des Lumières fut le siècle des femmes et de l'égalité entre les sexes, même si les valeurs qui s'imposent dans la pensée de ce temps fondent la revendication d'égalité, même si ce siècle fut celui de femmes remarquables, qui se sont battues pour exister dans une société qui n'était pas encore prête à les accueillir. Parallèlement à Lumières ! Un héritage pour demain, la Bibliothèque nationale de France consacre, dans son ancien bâtiment de la rue de Richelieu, une exposition à Madame du Châtelet (1706-1749), grande amoureuse, maîtresse de Voltaire, mais aussi femme savante. Elle ne ressemble cependant en rien aux femmes dont se moque Molière dans la comédie jouée pour la première fois en 1672, trente-quatre ans avant sa naissance.

Madame du Châtelet a mené sa courte vie comme elle l'entendait, avec mari et amants, jusqu'à sa mort en couche. Elle était mathématicienne, elle a écrit des livres, mené des expériences scientifiques que ne pouvaient renier les savants masculins. Elle a traduit l'œuvre de Newton, et en plus elle la comprenait ce qui irritait ses rivales, les femmes qui tenaient salon et la traitaient parfois avec mépris, la décrivaient comme une femme sèche et sans cul (selon sa principale ennemie, Madame Du Deffand), et quelques hommes jaloux qui trouvaient indigne qu'une femme figure parmi les philosophes. Elle a été fêtée comme un génie par Voltaire bien sûr, mais aussi par les Encyclopédistes et la plupart des savants du XVIIIe siècle. Madame du Châtelet, La femme des Lumières. Bibliothèque Nationale de France - Site Richelieu. 58, rue de Richelieu, 75001 Paris. Ouvert du mardi au samedi de 10 à 19 h, le dimanche de 13 à 19 h. Jusqu'au 3 juin.
 
Enfin, les peintres regardent
 
Entre la majesté un peu figée du XVIIe siècle classique et la débauche d'énergie et d'invention du XIXe, les peintres du XVIIIe semblent se replier sur leurs perceptions proches, sur leur sensibilité, sur de petites différences qui préparent les grandes ruptures. Les salles qui déclinent les chapitres de l'histoire des Lumières à la Bibliothèque de France sont séparées par un grand couloir où l'on trouve des tableaux de Greuze, Fragonard, Watteau, Chardin, Reynolds, Gainsborough... Plus d'allégories, plus de peintures d'histoire grandioses, la beauté change de camp, elle est du côté des artistes eux-mêmes.

C'est la fête de la vie, de l'amour. La célébration des actes les plus simples de la vie quotidienne. Pas le banquet ni les mets somptueux, la préparation du repas le plus simple, comme dans les natures mortes et les scènes de cuisine de Chardin. Pas les bals de cour, mais la réunion joyeuse et le pique-nique dans la clairière. Pas la nature presque abstraite des paysages du XVIIe, de vrais paysages (en fait souvent des jardins), où l'on voudrait faire sentir le vent et les odeurs. Pas les corps lisses et lointains des femmes, mais le désir, visible et fort. Le peintre, son individualité, sa vision personnelle commencent à passer avant les conventions. C'est le début d'une affirmation qui va bouleverser l'histoire de l'art. Celle du regard du peintre, qui deviendra bientôt la seule règle et le but ultime de la peinture.
 

 
L'art au service de l'art
 
"A fleur de poésie et de traduction", un atelier de l’Ecole de traducteurs et d’interprètes de l'USJ
 
paru dans l'Orient-le Jour le 22 mai 2006
 
Quand c’est de l’art qu’on traduit, la traduction est certainement un art. "A fleur de poésie et de traduction", un atelier organisé par l’Ecole de traducteurs et d’interprètes de Beyrouth de l’Université Saint-Joseph, l’a amplement démontré. Organisé sur deux après-midi conjointement avec l’ambassade d’Espagne et l’Institut Cervantes, l’atelier consistait à traduire en arabe, à travers une traduction relais française, des poèmes de deux auteurs espagnols, Antonio Clapès et Juan Carlos Mestre. Jeudi, la séance de lecture a été précédée d’un historique fait par Christian Balliu, de la transmission de l’héritage grec et latin à la civilisation arabe, à travers les moines chrétiens, puis son retour à l’Occident, par le biais de l’Espagne, avec toutes les richesses introduites par les Arabes. Cette présentation achevée fait place à la poésie : "Le temps s’arrête sur une branche dorée / Le soleil en déclin incendie l’après-midi."

C’est la voix de Sabah Zouein qui récite les vers du poète Antonio Clapès. Sa voix s’élève dans la cour intérieure de la faculté des lettres et sciences humaines de l’USJ, balayée par les ombres des nuages qui traversent le ciel. Le public, ce sont l’ambassadeur d’Espagne, Miguel Benzo Perea, le recteur de l’USJ, René Chamussy, le doyen de l’ETIB, Henri Awaiss, Mme Thérèse Joseph Zaarour, des poètes libanais et étrangers, des professeurs et étudiants de l’ETIB, des traducteurs et traductologues (eh oui ! le terme existe), des journalistes et des élèves. Répartis sur des tables rondes décorées de roses, tout le monde se met studieusement à l’œuvre, puis les traductions sont lues. Et pour rompre le silence de l’inspiration, ce sont par moments des notes d’accordéon, de oud ou de guitare, qui déchirent l’air. Tant il est vrai qu’une bonne traduction, ce passage mystérieux d’une langue à l’autre, est en fait une recréation, quelque chose qui va de l’intérieur vers l’extérieur.

Le prix Joseph Zaarour

L’un des moments forts du premier après-midi de cet atelier original a été l’attribution du prix Joseph Zaarour de la meilleure traduction. Organisé depuis 2003 par l’Ecole de traducteurs et d’interprètes de Beyrouth, le prix a été décerné cette année à 14 lauréats, selon les classes (première et terminale) et les quatre régions (Beyrouth, Tripoli, Saïda et Zahlé) où il a été organisé. Aux vainqueurs, que pouvait-on distribuer sinon... des dictionnaires ! Et un peu d’argent de poche. Les quatre plus hautes notes du concours sont : pour la classe de première, Joumana Yakan de l’école Thanawiyat al-Jinane (18 sur 20) et Hussein Taleb, de Rawdat al-Fayha’ (17,5 sur 20) et pour les terminales Farah Abdel Hay, de Rawdat al-Fayha’ (17,5 sur 20) et Nathalie Allam, de l’International College (17 sur 20).
 

 
Les Arméniens (1917-1939), ou quand les photos parlent...
 
Exposition photographique à la crypte de l’église Saint-Joseph (USJ), jusqu'au 27 mai
 
par EDGAR DAVIDIAN, publié dans l'Orient-le Jour le 9 mai 2006
 
Plus de 200 photos en noir et blanc traitées au sépia. Couleurs de terre, ocre et sanguine, qui renvoient à la dépossession, aux combats durs, aux renaissances difficiles. Aux souvenirs amers, mais aussi au courage, à l’héroïsme des humbles, à la détermination de vaincre l’adversité, au sens de l’indéfectible dignité humaine, à la force et la volonté de survie, de témoigner, de se défendre, de perpétuer tradition et patrimoine et surtout de ne jamais oublier pour mieux revivre. Plus de 200 photos, simples et émouvantes, pour parler non seulement du drame de l’exode et de l’exil des Arméniens entre 1917 et 1939, mais aussi de la notion de s’organiser pour renaître et savoir reprendre racine en profondeur.

Sous le titre explicite "Les Arméniens (1917-1939), la quête d’un refuge au Proche-Orient", cette exposition, qui se passe de tout commentaire, à la crypte de l’église Saint-Joseph (USJ) et un ouvrage qui la prolonge, est le fruit d’un partenariat entre l’Université Saint-Joseph et l’Union générale arménienne de bienfaisance, deux institutions qui furent fortement impliquées auprès des réfugiés arméniens sur le plan éducatif et caritatif. L’UGAB, qui fête cette année le centième anniversaire de sa fondation, a été parmi les premières institutions arméniennes à porter secours aux rescapés du génocide. L’USJ et la Compagnie de Jésus, à travers la Mission d’Arménie, ont également manifesté un dévouement de plus d’un siècle au service de l’éducation de la jeunesse arménienne, d’abord en Asie mineure, puis en Syrie et au Liban. Sans oublier de mentionner qu’une collaboration directe établie entre le département d’histoire (FLSH) et la Bibliothèque orientale, d’une part, et la bibliothèque Nubar de l’UGAB, de l’autre, a permis la réalisation de ces deux projets, avec le soutien de la Fondation Khatchik Babikian et des frères Terzian.

Pour s’entretenir d’une sombre et anarchique tranche d’histoire, voilà ces photos aux regards impitoyables et à l’éloquence d’une objectivité absolue. Pour faire revivre un passé qu’on a tendance, aujourd’hui peut-être, à méconnaître, ignorer ou oublier. L’intégration des Arméniens dans leurs patries d’adoption, dans nombre de pays du Proche-Orient, est passée par plusieurs étapes, souvent douloureuses et difficiles, dont la mémoire tend à s’estomper. Avant de devenir citoyens libanais ou syriens à part entière, ils ont vécu l’expérience de tout réfugié déraciné, en quête d’un pays d’accueil. Des refuges, des orphelinats, des églises, des écoles ont été installés, parfois sous des tentes ou dans des baraques en bois, avant d’être édifiés en dur. La période de l’entre-deux-guerres a été pour les réfugiés arméniens comme un vaste chantier, au sein duquel ils ont œuvré pour la restauration de leur vie collective, à se bâtir un destin commun avec leurs pays d’accueil. Si aujourd’hui Bourj Hammoud, dans la capitale, est une artère commerciale florissante, ou Anjar une exquise bourgade de villégiature, presque huppée avec ses restaurants qui rivalisent avec ceux du Berdawni de Zahlé, les images de ces hauts lieux de la réussite arménienne, il y a déjà plus d’un demi-siècle, étaient moins intéressantes et bien moins flatteuses…

Le drame de vivre

De Moussa Dagh à Anjar, du départ de Yoghoun Olouk ou Sanjak d’Alexandrette à l’exode de la gare d’Adana, des vêtements triés par un prêtre au rapatriement en Cilicie, le drame de vivre est saisissant et impossible à décrire. Ces photos criantes de vérité et qui vous prennent à la gorge ont une singulière charge émotive. Elles ont la force pour tout dévoiler, tout dire. Cadre de vie nouveau et école de vie nouvelle pour ceux qui ont pris les chemins de l’exil en flux différents. Et comme souligné dans l’avant-propos de l’ouvrage, l’objectif de cette entreprise est de mettre en évidence cette obscure période fondatrice, une brûlante part de réalité qui, avec le temps, s’est insensiblement un peu transformée en part d’ombre : "Le présent ouvrage et l’exposition qui le prolonge visent à restaurer la mémoire de ces expériences fondatrices, à saisir sur le vif les problèmes auxquels ont été confrontés les réfugiés, à restituer leur quotidien. Ordonné en trois parties, le livre fait abondamment appel à la photographie qui constitue ici un élément documentaire central. Si celle-ci donne à voir des situations précaires - peut-être les plus précaires -, elle n’en est pas moins un témoignage objectif d’une réalité passée qui ne peut en aucune façon être ignorée. Plus encore, elle est une sorte d’hommage aux anciens, valorisant le chemin parcouru par la collectivité arménienne dans ses pays d’accueil. Beyrouth est indiscutablement la ville qui incarne le mieux l’intégration des Arméniens dans le monde arabe. On y trouve concentrées toutes les étapes de leur insertion. La capitale libanaise était, à ce titre, toute désignée pour accueillir, la première, l’exposition consacrée aux réfugiés arméniens au Proche-Orient (1917-1939)".

C’est avec sobriété et rigueur que sont exposées ces centaines de photos qui ne laissent nullement indifférent quant à l’intensité du drame humain et au vécu insoutenable de tout être déraciné. Mais par-delà ces images qui cravachent les consciences, même les plus assoupies, il y a cette belle série de portraits accrochés un peu indépendamment, dans une sorte de petite galerie en bois. Avédis, Astghig, Nichan, Harout, Berj, Vartouhi, Archalouiss, Baïdzar, Mardiros, Hamest, Mathilda, Arev, Araxie, Vahé, Haïg, Héraïr, Avédis, Maro, Berdjouhi… Autant de noms, autant de visages, de regards et d’expressions. De joie, de détresse, de peur, d’angoisse, de solitude, de désarroi, d’espoir, de force, de détermination… Une galerie de portraits où flotte l’essence de l’arménité à travers un chapelet de noms, certains portés disparus et que le temps, monstre insatiable, a engloutis à jamais.

Que reste-t-il de ces images où l’humiliation, la misère et le combat contre l’adversité sont sans merci ? Les mains calleuses de ces brodeuses créant pourtant des dentelles d’une finesse extrême, de ce prêtre triant nerveusement les vieux vêtements, de ces ouvriers hâves et déguenillés, nouveaux damnés de la terre, couverts de boue dans un chantier en construction, de cette famille démunie et fourbue après une journée de labeur, souriant malgré tout à l’œil de la caméra ? Non, il reste le front plissé et l’expression candide et un peu apeurée de la petite Takouhie en coquette petite robe blanche, serrant jalousement son bouquet de fleurs comme par crainte qu’on le lui enlève aussi…
 

 
La otra imagen de los árabes  
 

Sevilla acoge dos muestras de fotografía que pretenden cambiar la visión que Occidente tiene de los países islámicos

El País, el 23 de abril de 2006

 

Dos exposiciones que pueden verse en Sevilla, Inshalláh. Marruecos 1996-2006 y 19 miradas, pretenden contrastar la imagen negativa de la mayoría de las instantáneas del mundo árabe que llegan a Occidente. La Fundación Tres Culturas y el Centro Andaluz de Arte Contemporáneo (CAAC) organizan y acogen estas dos muestras que huyen de las imágenes de las guerras y de las fotografías en las que el árabe se presenta siempre como el otro ; mientras que el que mira (el que retrata) se identifica con la cultura occidental.

 

19 miradas. Fotografía árabe contemporánea, que puede verse en el CAAC ubicado en La Cartuja hasta el 25 de junio, reúne unas 70 fotografías de 19 artistas árabes, 11 de los cuales son mujeres. "Estos fotógrafos retratan la fragmentación y complejidad de la sociedad y la cultura árabe contemporánea, con sus traumas y esperanzas, sus miedos y deseos, sus ambigüedades y contradicciones. Una sociedad que, como reflejan las imágenes, es mucho más diversa y poliédrica de lo que se suele pensar en los países occidentales", reza la introducción de la muestra que se inauguró en el Instituto de Cultura Árabe de París hace dos años, coordinada por Mona Makhram, y que puede verse en España por primera vez. Jananne al-Ani (Irak, 1966), cuyas fotografías se han mostrado en el Moma de Nueva York, evoca la manera en que las mujeres árabes se han representado en Occidente desde el siglo XVIII, con una construcción del orientalismo que ha alimentado el prototipo de la mujer cubierta con el velo. Tanto las imágenes de Al-Ani como del resto de los artistas son plenamente contemporáneas, ya que se trata de artistas jovenes que trabajan con las nuevas tecnologías digitales y sin olvidar lo que ocurre en este campo en todo el mundo.

 

Entre las fotógrafas destacan Jihan Ammar (Irán, 1970), que realiza reportajes intimistas y retrata a la burguesía de su país en ocasiones especiales como las bodas ; Lara Baladi (Líbano, 1969), creadora de un universo mágico a través de sus collages poblados por hadas y otros arquetipos femeninos, o la marroquí Yasmina Bouziane, que centra su obra en autorretratos al estilo de las fotografías orientalistas de principios del siglo XX y muestra la pervivencia de un estereotipo colonial. Además puede verse la obra de Susan Hefuna (Egipto, 1962), con sus fotos cercanas a la abstracción en blanco y negro en las que la celosía es un elemento recurrente, y de Karima Somali, de Emiratos Árabes Unidos, una artista que muestra hombres y mujeres amordazados, retratos tras los que se adivinan sus sufrimientos y verdades ocultas. Así como las del egipcio Nabil Boutros o el argelino Bruno Hadjih.

 

La mirada española

Por otra parte, la exposición que puede verse en la sede de la Fundación Tres Culturas es la mirada del fotógrafo español Alfredo Cáliz, quien ha sintetizado en 54 instantáneas 15 viajes que realizó a Marruecos en los diez últimos años. Inshalláh. Marruecos 1996-2006, que estará abierta hasta el 21 de mayo, son fotografías en blanco y negro que retratan al Marruecos contemporáneo, fundamentalmente urbano, donde el mestizaje cultural se hace visible en la convivencia de la tradición árabe y la influencia de la cultura occidental. "Es un Marruecos donde la televisión es un modelo iconográfico a través del cual se filtran todo tipo de modas globales. Sus fotografías son reflejo de su experiencia personal, crítica que le permite reflexionar sobre la manera de aproximarse a los temas", escribe el comisario de la muestra Alejandro Castellote. La Fundación Tres Culturas ha editado un catálogo con la obra de Cáliz, un fotógrafo free-lance que ha colaborado con EL PAÍS Semanal y la revista Marie Claire, que incluye textos de los escritores Juan Goytisolo y Abdelfattah Kilito.

 


 

Shakira proud of Arab background
 
BBC, 4 November 2005
 
Colombian singer Shakira has spoken of her pride in her Arabic heritage and her sadness at the way some people view the Middle East.

 

The 28-year-old, whose father is of Lebanese descent, was speaking ahead of the MTV Europe Music Awards in Lisbon where she was named best female. "Many of my movements belong to Arab culture," she told Portuguese TV. "It is important to make it clear only a very small number of people in the Middle East are violent," she added. "It is very painful to see how there is a tendency to generalise."

 

Distinctive

 

Shakira - whose full name is Shakira Isabel Mebarak Ripolli - was born in Barranquilla, Colombia in 1977. She learned her distinctive hip-shaking belly-dance moves from her Lebanese grandmother. The singer will release Oral Fixation, her first English-language album since 2002's Laundry Service, later this month. A Spanish-language version of the album was released in June.


 

Hussein Madi, l’artiste des deux rives
 
L’ambassade d’Italie consacre une salle-musée à l’œuvre du peintre libanais
 
paru dans l'Orient-le Jour le 25 mars 2006
 
L’ambassade d’Italie inaugure ce soir sa salle polyvalente par une exposition permanente des œuvres de Hussein Madi. Cette initiative "sans précédent au Liban", pour reprendre les termes de l’artiste, vient sceller une relation privilégiée entre le maestro de Chebaa et le pays de Dante. Entre ces deux-là, une grande histoire d’amour, depuis plus de quarante ans. Jugez-en plutôt : parti pour effectuer un stage de deux mois à Rome, Hussein Madi y a vécu 22 ans ! Si ce n’est pas un coup de foudre, cela y ressemble étrangement. Entré en peinture comme on entre en religion, Madi a donc trouvé une terre d’asile au pays de la dolce vita. Lequel a multiplié les gestes de reconnaissance envers un artiste qu’il considère comme un des siens. Ainsi, en 2003, lors de sa participation à la Biennale de Venise, Hussein Madi (qui possède également la nationalité italienne) a reçu du président de la République italienne les insignes de chevalier de l’Ordre de l’étoile de la solidarité italienne.

"Madi, connu dans toute la région comme le Picasso de la Méditerranée, est l’exemple concret du dialogue entre les deux rives de la Mare Nostrum", souligne l’ambassadeur d’Italie. Grand admirateur de l’art de Madi, Franco Mistretta ajoute que l’œuvre du peintre "renvoie, à l’observateur, les pulsions, les doutes et les inquiétudes typiques des peuples de la région méditerranéenne. Le visiteur retrouvera dans tout le parcours de l’artiste des symboles et des couleurs, caractéristiques de nos cultures, oscillant entre divagations abstraites et sensuelles, entre symboles et couleurs qui, avec beaucoup de courtoisie et de finesse, nous mènent dans la dimension onirique de la poésie de l’art". Artiste pluridisciplinaire figurant dans le Benezit, au coup de pinceau calligraphique, aux œuvres structurées avec rigueur, Madi manie aussi bien le fer qu’il plie et replie pour créer des silhouettes féminines ou animalières, les deux thèmes qui lui sont si chers.

Les œuvres exposées à la salle polyvalente de l’ambassade d’Italie, située à Baabda (banlieue est de Beyrouth), sont représentatives des différentes périodes par lesquelles est passé l’un des meilleurs artistes du monde arabe. Trente-huit toiles et sept sculptures pour raconter près d’un demi-siècle d’une carrière artistique reconnue aussi bien en Italie qu’au Liban. C’est à l’initiative de Nicola Firmani, directeur de l’Institut culturel italien, que ce musée anthologique a pu voir le jour. "Ce nouveau bâtiment regroupe non seulement l’ambassade, mais aussi le CCI, les bureaux de l’attaché militaire ainsi que la Chambre de commerce italienne. Il s’agit donc de la maison italienne au Liban. Une maison qui doit rester ouverte à ses visiteurs", précise M. Firmani. Dans la grande tradition de la chaleur et de l’hospitalité légendaires à son pays. Cette salle, à plusieurs niveaux, qui peut accueillir 400 personnes assises, va abriter des concerts et des défilés de mode. Sa terrasse, qui surplombe une magnifique vue de Beyrouth, pourra accueillir des réceptions ou même des séances de cinéma à ciel ouvert. "Le travail est aussi nécessaire et naturel pour moi que la respiration", indique le peintre qui accepte cette reconnaissance italienne de tout cœur, d’autant plus qu’elle vient de la part d’un peuple et de personnes avisées dans l’art.
 

 
Ali Chams et son laboratoire de couleurs
 
Exposition - Dans la salle du palais de l’Unesco à Beyrouth, jusqu’au 31 mai
 
par COLETTE KHALAF, publié dans l'Orient-le Jour le 24 mai 2006
 
Plus d’une centaine de toiles sont accrochées sur les cimaises du palais de l’Unesco jusqu’au 31 mai. Une sorte de mini-rétrospective du travail de Ali Chams, compris entre 1979 et 2005, qui témoigne de l’authenticité du peintre et de son attachement à sa terre natale. Après des études de philosophie et de psychologie à l’Université libanaise, une licence de beaux-arts à l’Académie de Leningrad et un apprentissage à l’Institut national de peinture ornementale à Paris, le jeune Ali Chams s’adonne entièrement à ce qu’il va appeler plus tard son "exercice de langage dans la vie". La toile devient pour lui cette page blanche où il appose sa propre écriture. Un langage poétique que ce natif du Chouf (Wardanieh) traduit en touches colorées. "Il est difficile, dit-il, de parler d’une œuvre picturale, seules les couleurs sont éloquentes et peuvent tout exprimer."

Colorer devient son principal souci artistique. Dans son laboratoire, Chams malaxe, broie, mélange les pigments et réinvente sa propre palette. Des tons forts et puissants, mais par ailleurs très adoucis, selon. Car la nature, omniprésente dans l’ensemble de ses œuvres, semble se charger du reste. D’ailleurs il lui consacre tout. En effet, si ses œuvres proposent une diversité dans les thèmes, notamment des natures mortes ou des portraits, elles laissent quand même filtrer une prédilection insistante pour les plages de couleurs. Des vagues calmes ou turbulentes où la nature est représentée dans tous ses états. "Ce n’est pas tant le sujet qui importe, mais la manière dont on le traite et on le reproduit", confie le coloriste. Constamment sollicité par la lumière de son pays natal, l’œil de Ali Chams s’enfonce et inspecte. La couleur, à l’origine pâte onctueuse ou fluide, devient tout d’un coup entre ses mains couleur de vie. Huiles, aquarelles ou acryliques, les techniques pour lui ne sont qu’un outil au service d’un art qu’il considère comme une sorte de balade, à laquelle il convie les promeneurs.
 

 
Rendez-vous des amoureux des vieux livres et manuscrits
 
Foire - A l’USEK, du jeudi 25 au dimanche 28 mai
 
paru dans l'Orient-le Jour le 23 mai 2006
 
Pour la seconde année consécutive, la bibliothèque centrale de l’Université Saint-Esprit de Kaslik, en collaboration avec Lebanon Roots, organise une foire aux vieux livres, archives et manuscrits. Un lieu d’échanges et de rencontres qui se déroule dans le cadre de l’université même du 25 au 28 mai. Pour cette seconde édition, les organisateurs se sont proposé une vision plus ambitieuse. Outre un partenariat avec le Musée Robert Moawad, qui a permis de mettre en place une exposition thématique (inaugurée en même temps que la foire), cette manifestation dépasse le cadre de l’université et accueille, cette année, des exposants du Moyen-Orient.
 
Les dates à retenir:
- Jeudi 25 mai, 16 heures : après l’inauguration aura lieu la signature du DVD Loubnan ad dayem de Fouad Ephrem al-Boustany ainsi que de son ouvrage posthume Chapitres de l’histoire culturelle du Liban.
- Vendredi 26 mai, 17h30 : Nicole Chalhoub anime un café littéraire autour de l’ouvrage de Dan Brown, Da Vinci Code, suivi à 19h de la signature du recueil de poèmes de Nisrine el-Saddik Haddad.
- Samedi 27 mai, entre 15h00 et 16h30 : un atelier dirigé par Dolly Sassine-Escallier se propose de retracer les grands moments de l’évolution du papier. A 16h, une exposition de Paul Zgheib, intitulée "Ce que l’oiseau noir m’a raconté". Enfin à 17h, une conférence sur le Musée Robert Moawad, suivie d’une table ronde autour des livres de Nizar Younès.
- Dimanche 28 mai : clôture de la foire avec un débat autour de L’Evangile de Judas et une signature de l’ouvrage du RP Augustin Azar.
 

 
Wajdi Mouawad crée Forêts en France
 
paru dans le Devoir le 21 mars 2006
 
Avec Forêts, sa nouvelle pièce de théâtre, l'auteur et metteur en scène Wajdi Mouawad signe un de ses spectacles les plus ambitieux et les plus maîtrisés. Créée à Chambéry, en Savoie, il y a deux semaines, Forêts vient d'entreprendre une tournée en France. Vingt et un théâtres (dont 18 français) se sont associés à cette coproduction franco-québécoise, qui prendra l'affiche à Montréal en février 2007.

Fruit d'un travail intense (plusieurs années de gestation, des mois d'écriture entrecoupés de périodes de répétition), Forêts se présente comme le troisième volet d'un cycle qui en comptera finalement quatre et dans lequel Mouawad creuse, de manière de plus en plus complexe, les notions de filiation et d'héritage. "Mais là, explique-t-il, il ne s'agit pas d'un héritage conscient. Il s'agit de tout ce qu'on se transmet de génération en génération, comme une malédiction, dans le silence et l'ignorance, et qui pourtant déchire notre existence et broie notre destin." Dans Littoral, la pièce qui l'a révélé en France, le Montréalais d'origine libanaise évoquait la figure du père disparu, dans Incendies celle de la mère : les denses forêts qu'il explore aujourd'hui, dans un style parvenu à maturité, sont celles de la mémoire individuelle, dont les racines sont inextricablement liées à la grande histoire. Dans ce spectacle de près de quatre heures, l'auteur raconte le destin tourmenté de six femmes, modelé, entre la guerre de 14-18, la chute du Mur ou le massacre de l'Ecole polytechnique, par des décennies de catastrophes, de tueries et de douleurs.
 

Mouawad cherche ainsi à montrer que "l'individu n'échappe pas au collectif", malgré ce que croient certains de ses personnages, à commencer par Lou (Marie-Eve Perron), adolescente révoltée, entraînée dans une enquête scientifico-policière sur les origines de sa mère. Celle-ci (Linda Laplante) a été tuée par une tumeur étrange : dans son cerveau, on a découvert une sorte d'embryon, un os appartenant à une autre femme morte dans les camps de concentration. Sur scène, onze comédiens remarquables (sept Québécois, trois Français, un Belge) interprètent cette fresque bouleversante et souvent très drôle. La flèche du temps file, les époques se télescopent, les naissances et les morts se superposent, une bonne quarantaine de personnages se croisent, sans qu'on perde le fil des récits qui s'entremêlent, ponctués de désertions et d'abandons. "C'est une pièce sur les promesses, souligne Wajdi Mouawad. Sur ce qui fait qu'on ne tient pas nos promesses. Sur ce qui fait qu'on ne se remet pas des promesses qu'on nous a faites." Les femmes sont au coeur de ce drame : l'une d'elles (Véronique Côté) se sacrifie pour qu'une autre vive. On s'attendait à un spectacle sur la filiation, on en découvre un sur l'amitié : "C'est l'amitié, dit Mouawad, qui nous sauve des liens du sang."

 


 
Théâtre jeunes publics - Les 13 fantaisies des Gros Becs
 
par ISABELLE PORTER, publié dans le Devoir le 8 mai 2006
 
Pour ses 20 ans, le diffuseur de théâtre pour enfants Les Gros Becs se paye certains des plus beaux spectacles de la compagnie Les Confettis, un Wajdi Mouawad pour ados, des échos du conflit israélo-palestinien, trois productions européennes et la plus vieille histoire du monde. Afin de fêter les 30 ans du Théâtre des Confettis, on sert au public un gros gâteau avec la reprise de l'irrésistible Amour, délices et ogre. Conçue en 2000 par l'artiste en arts visuels Claudie Gagnon, cette pièce sans paroles se déroule à l'intérieur d'un gâteau complètement fantasmagorique, qui a fait la joie du jeune public de Hong-Kong ce printemps.

Trois autres productions souligneront les 30 ans des Confettis, dont La Croisée des mots, de la compagnie montréalaise Les Deux Mondes, où il est aussi question d'un ogre. Dans ce spectacle en forme de jeu, les enfants sont répartis en différents peuples et doivent traverser des épreuves, sous la supervision de personnes âgées jouant un rôle de chefs ou de bardes (!). S'ajoutent Toot ouïe, de la compagnie française Ramodal, une pièce musicale et visuelle, pour les petits de 18 mois ou moins, ainsi qu'Histoire d'ours, de la compagnie alsacienne Le fil rouge théâtre, dans laquelle la comédienne Ève Ledig tente de réconcilier les petits avec l'horrible rituel du coucher. Et, comme si ce n'était pas assez, on nous ramène en décembre une autre création des Confettis, le conte autochtone Wigwam, de Jean-Frédéric Messier, chouchou du public et des critiques en 2005.

Reprises et valeurs sûres
 

Les Gros Becs s'appuient sur des valeurs sûres cette année et présentent un moins grand nombre de créations, ce qui permettra à d'excellents spectacles de tourner un peu, et à ceux qui les ont manqués de se reprendre. C'est le cas de L'Epopée de Gilgamesh, du Petit Théâtre de Sherbrooke. Comme l'a expliqué hier l'auteur Michel Garneau, qui se charge de la narration, cette légende sumérienne serait la "plus vieille histoire du monde". Mais c'est à des marionnettes du Saguenay et à la compagnie Les amis de chiffons qu'on confie le soin d'ouvrir la saison, avec la présentation d'Une histoire dont le héros est un chameau et le sujet est la vie, de Jean-Rock Gaudreault.


On a également eu la bonne idée d'inviter le Théâtre du Clou à présenter deux spectacles pour ados. En plus des Zurbains, qui font mouche chaque année, on reçoit Assoiffés, un thriller concocté par Wajdi Mouawad et Benoît Vermeulen et mettant en scène deux cadavres, une fille muette et un garçon incapable de s'arrêter de parler. Enfin, de la France, on reçoit Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants, spectacle sur l'amour décrit par le Figaro Scope comme «ludique, coquin, riche comme la vie.» Seule création en provenance de Québec, Si tu veux être mon amie, des Nuages en Pantalon, s'inspire de la correspondance réelle qu'ont échangée Galit Fink et Mervet Akram, une jeune Israélienne et une jeune Palestinienne, durant la première intifada. Finalement, du côté des clowns, le Théâtre de l'Aubergine se ramène en février avec une macédoine de ses meilleurs numéros. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que les pitreries du clown Débarbouillette (Josette Déchène), durant la conférence de presse, ont donné le goût de se farcir la totale.

 
 

Afin de célébrer les 30 ans du Théâtre des Confettis, le diffuseur de théâtre pour enfants Les Gros Becs présente à nouveau l’irrésistible pièce Amour, délices et ogre

 

 
 
Copyright 2006 RJLiban