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Fête
de la musique et
festivals de l'été
Flying
Flames-Cirque du Soleil
(7-8-9 juillet), Zad
Moultaka (16 juillet), Vadim
Repin (30 juillet), Dizzy
Gillespie (5-6 août),
Warda al-Jazairia (13 août)
Ravi Shankar (7
juillet), UB 40 (16
juillet), Kazem As-Saher
(23 juillet), Julia
Boutros (28 juillet),
Sara Baras-Flamenco (30
juillet), Chick
Corea-Jazz (2 août),
Marcel Khalifé (5 août)
Le Festival de Tyr, du 7
au 24 juillet
Hiba Kawas (7),
Karim Dakroub (8),
Sumiya Baalbaki (15),
troupes internationales
: -marocaine soufi (9)
-égyptienne (14) -émirati
(16) -syrienne (23), poésie
arabe (22), mariage
traditionnel (24)
Ce 21 juin,
Beyrouth vibrera, comme
chaque année, sur des
rythmes variés
Fête de la musique -
Programme de la cinquième
édition libanaise
paru dans
l'Orient-le Jour le 17
juin 2005
Mardi
21 juin 2005, la musique
sera en fête. A
Beyrouth, comme dans 249
autres villes dans le
monde. C’est ce qu’ont
annoncé hier les représentants
de la Mission culturelle
de l’ambassade de France
au Liban, du ministère de
la Culture, de Solidere et
de l’Instituto Cervantes
réunis, dans le cadre
d’une conférence de
presse tenue au Café del
Centro, pour communiquer
le programme de la Fête
de la musique au Liban.
Cette célébration, qui
marque le premier jour de
l’été, est désormais
une tradition bien ancrée.
Vingt-quatrième édition
en France, cinquième au
Liban, la Fête de la
musique est un véritable
événement qui se prépare
longtemps à l’avance.
"Cette année, elle
sera un peu particulière,
car elle se tient dans le
contexte que nous
connaissons, a signalé Frédéric
Clavier, directeur de la
Mission culturelle française.
Il n’empêche qu’elle
ne se limitera pas à
Beyrouth, mais s’étendra
à Baalbeck, Nabatieh,
Zahlé, Jounieh et Deir
el-Qamar". Une
initiative qu’a saluée
Omar Halablab, directeur
du ministère de la
Culture, qui, au nom du
ministre Assaad Rizk, a
remercié les représentants
de l’ambassade de France
ainsi que tous les autres
organisateurs de cet événement,
les assurant du parrainage
et de la collaboration du
ministère pour toutes les
créations artistiques,
"dont la musique représente
le zénith. Elle dépasse
les frontières, rapproche
les peuples et contribue
à l’élévation de l’être
humain".
Premier
conseiller près
l’ambassade de France,
Christian Testot a tenu,
pour sa part, à remercier
tous les partenaires
impliqués dans
l’organisation de
"ce grand moment
festif. Tous ont choisi
d’affirmer, pour cette
édition 2005, que la Fête
de la musique témoigne
plus que jamais de la
diversité des expressions
et qu’elle est source de
dialogue entre les
cultures et les communautés.
Ils ont également choisi
de s’inscrire dans la
Charte internationale de
la Fête de la musique, régie
par trois grands principes
depuis sa création en
1982. A savoir : la célébration
de la musique vivante pour
mettre en valeur tous les
genres musicaux, la
participation spontanée
et gratuite des musiciens
amateurs et
professionnels, et la
gratuité des concerts
pour le public". Directeur
général de Solidere,
Mounir Douaidy a réitéré
le soutien de la société
foncière à la Fête de
la musique, qui a lieu en
partie dans le
centre-ville de Beyrouth.
"Ce centre que le
Premier ministre Rafic
Hariri a toujours voulu
plein d’animation et de
vie (…). La Fête de la
musique prend donc cette
année toute son ampleur
pour souligner que le cœur
de la capitale continue de
battre, et vibrera, comme
chaque année à cette
occasion, à la cadence
des airs et des rythmes
variés passant de la
musique orientale à la
techno."
Le
premier conseiller près
l’ambassade d’Espagne,
Jesus Santos Aguado,
s’est, quant à lui, déclaré
"ravi de participer
– en tant
qu’organisateur – à
cet événement, en présentant
Felpeyu, un groupe
traditionnel de musique
folk qui vient des
Asturies. Cela nous
permettra de montrer au
public libanais comment
nous faisons la fête en
Espagne". Enfin
Bernard Banos-Robles,
l’attaché culturel près
l’ambassade de France, a
mis l’accent sur les
points forts de cette fête
"qui s’articule
autour d’un parcours
musical de 60 concerts
donnés de 18h à 2h du
matin. Sur le podium de la
Mission culturelle, Les
Ogres de Barback. Ce
groupe, spécialement venu
de France, est formé de
quatre musiciens
poly-instrumentistes,
issus d’une même
famille, qui chantent, sur
des airs très festifs,
les petits bonheurs et
petits malheurs du
quotidien". La fête,
qui se tiendra dans le
centre-ville, Saïfi,
Gemmayzé et la rue Monnot,
permettra au public de déambuler
dans la ville d’un
concert à l’autre.
Signalons
que les concerts de
musiques classique,
instrumentales et vocales,
du répertoire oriental et
occidental, seront donnés
dans les différentes églises
du centre-ville. Les
musiques actuelles dans
leur diversité, rap,
rock, variété, rythmes
électroniques,
investiront la rue Monnot
et le secteur Foch. La
place des Martyrs verra la
confrontation des
inspirations jazz
traditionnelles et
orientales ainsi que du
blues. Une programmation métissée
est prévue à
l’escalier Saint-Nicolas
de Gemmayzé et, enfin,
les influences du monde
entier se retrouveront sur
le site des Thermes
romains du centre-ville. Un
petit coup d’œil au
programme ci-dessous, pour
prendre rendez-vous avec
ses musiques favorites, et
plus que cinq jours pour
que la fête commence !
PROGRAMME
Musique
classique
A l’église
Saint-Louis des capucins :
Chœur de l’AUB, à
18h30. Trio de guitares
flamenco et chant du
Conservatoire national supérieur
de musique, à 19h15.
A l’église évangélique
: Ecole de musique Ghassan
Yammine (18h) ; Wassim Kaïssi,
jeune talent au piano
(19h15), Cynthia Samaha,
soprano (19h50).
Chant choral
A la cathédrale
Saint-Georges des
maronites: Toni Bayeh et
sa chorale (19h30) ;
chants polyphoniques
religieux de la chorale de
la cathédrale (20h).
Musiques du monde
Aux Thermes romains :
Jamal Band (latin fusion
à 21h) ; Les Ogres de
Barback (21h 45) ; Joëlle
and Friends (pop rock,
23h) et DJ Osane (électro-orientale,
0h30).
Jazz / blues/ folk
Place des martyrs. Felpeyu
(musique traditionnelle
espagnole, à 21h) ;
Nescafé Blues Band (22h)
; Paolo K (variété, à
23h) ; Blue Mama (0h30) et
7Spirits (latin, 0h45).
Rap et rock
A la rue Foch, rue
d’Argentine et Virgin :
Khat Ahmar (rap, à 20h) ;
South Units (rap, à
20h15) ; Mute (rock, à
20h45) ; The Kords (rock,
à 21h45) ; Militia
(hip-hop, à 22h15).
Aux Thermes romains :
Rayess bek (rap, 23h45).
Rue Monnot : Kitaa
Beyrouth (rap, 20h) ;
KromozomZ (soft rock, 21h)
; Ashekman (rap, 21h30) ;
Farewell (rock ; 22h10) ;
Urban Slang (rap, 22h40) ;
Mawkef Khass (rap, 23h10)
; April Ash (rock, 23h40).
A Gemmayzé : The
Government (rock, 22h) ;
Three Apple Jam (rock
70ies, 23h) et Bandage
(rock pop, 00h).
Musique orientale
Aux Thermes romains : Sada
Group (variété
orientale, à 20h15).
Place des martyrs :
el-Warka (musique
traditionnelle, à 20h15).
Et à l’église Saint-Élie
des arméniens-catholiques
: Adib Moufti et Nadim
Chartouni (18h30) ; Nassim
al-Shark (19h15) et Ziad
Ahmadié (20h).
A Gemmayzé : Ziad Sahab
(20h) ; Baldati.com Music
Club (variété, 21h) ;
Zeina Daccache (pop
oriental, 0h45). Ainsi que
Joseph Issa au Café de
Gemmayzé.
Variété internationale
A Gemmayzé : jeunes
talents (Eric Ritter,
Antoine Char, Mourad
Hachem à l’escalier
Saint-Nicolas, 18h30).
Rania Abou Samra (19h).
Ravi
Shankar : "Vivre et
jouer pour la dévotion et
le plaisir"
Propos publiés
dans le Figaro le 3 juin
2005
En
tournée pour son 85e
anniversaire, Ravi Shankar a
fait halte dans la
capitale spirituelle du
Maroc, participant au
festival de musiques sacrées
de Fès. Ravi Shankar, maître
du sitar et grand développeur
de ragas, ces suites
complexes de la musique
classique d'Inde du Nord,
se produira avec sa fille
Anoushka dans le cadre du
Festival de Beiteddine, le
7 juillet. Autres étapes
prévues : Los Angeles,
Paris, Lyon, Arles,
Londres (Royal Albert
Hall)... Ravi Shankar
est universel.
-
Pourquoi, ou pour qui,
jouez-vous ?
Parce que c'est
fantastique, c'est ma vie
! (rires).
- Quelle est la part de
la dévotion, et celle du
plaisir égoïste quand
vous prenez votre sitar ?
La dévotion a une part très
importante bien sûr mais
j'aime aussi éprouver de
la satisfaction. Je suis
attentif au public, à ce
qu'il ressent. Les
concerts sont tous différents,
ont divers niveaux
d'intensité. Pour Fès
j'ai choisi des ragas très
contemplatifs.
-
Savez-vous que, comme les
ragas, les noubas de la
musique arabo-andalouse et
les maqams arabes sont
aussi des modes censées
correspondre à des
moments de la journée ou
de la nuit ?
Bien sûr. Il y a beaucoup
de petits carrefours entre
la musique indienne et
arabe. C'est très étrange
mais la musique indienne
est plusieurs fois millénaire,
elle a pu essaimer. Les
modes des ragas sont
toutefois beaucoup plus développés.
- Je vous ai vu en 1979
au festival d'Asilah. Un
grand moment. Vous en
souvenez-vous ?
Mmm... Oui c'était prêt
de Tanger au bord de la
mer ?
- Oui !
J'étais encore accompagné
par mon percussionniste et
tablaïste favori Ustad
Alla Rakkah. Il est décédé
maintenant...
- Et
vous vous souvenez de
Monterey, de Woodstock ?
A Monterey, c'était très
bien. Jimi Hendrix, j'ai
beaucoup aimé même s'il
avait un jeu de scène
trop démonstratif à mon
goût. En revanche, je
n'ai vraiment pas apprécié
Woodstock. J'étais tendu,
je passais dans un
intervalle, il y avait les
Who. Alors la foule qui ne
me connaissait pas est
restée indifférente. Et
puis, trop de drogues,
trop d'alcool. On ne peut
pas jouer de la musique,
penser à Dieu et
s'enivrer en même temps.
- Vous êtes aussi
compositeur, et même pour
de grands noms de la
musique classique
occidentale. Comment écrivez-vous
?
Oh, je suis très lent !
J'ai des élèves qui
transcrivent rapidement ce
que je joue au sitar ou au
piano.
-
Car vous enseignez
toujours ?
Bien sûr ! J'ai beaucoup
d'étudiants. (Ravi
Shankar fait partie de la
Sangeet Natak Academy et
il est également le président
fondateur du Research
Institute for Music and
the Paerforming Arts,
NDLR). Ils se trouvent
surtout en Europe et plus
encore en Inde. Pas mal
sont des professeurs, des
musicologues. Mais peu développent
des ragas. Peu sont
concertistes. La meilleure
est ma fille Anoushka.
- La
transmission est
essentielle pour vous.
Pourquoi ?
C'est la tradition
indienne de la gurushishya
(l'initiation du gourou).
Anoushka a commencé le
sitar à l'âge de 9 ans
et est montée sur scène
pour la première fois à
New Delhi à 13 ans. Elle
interprète mon Concerto n°1
pour sitar et orchestre.
Elle l'a joué avec le
London Symphony Orchestra,
dirigé par Zubin Mehta.
Elle joue Arpan, une de
mes dernières œuvres,
avec 43 musiciens
orientaux et occidentaux.
La gurushishya c'est aussi
ce que j'ai vécu avec mon
maître Baba Allaudin
Khan. C'est lui qui m'a
dit de choisir le sitar.
Aujourd'hui c'est à mon
tour de dire aux
disciples, toi, tu devrais
prendre le sarod, toi la
flûte, etc. Même si la
plupart viennent à moi
avec, déjà, un
instrument de prédilection...
-
L'un de vos élèves a été
John Coltrane...
On avait commencé en
1965. Il est venu faire
plusieurs voyages en Inde.
Je me souviens d'une
grosse session de quatre
heures. D'une autre de
deux heures. Je lui ai
demandé de ne pas jouer,
de ne pas parler, de
s'asseoir et d'écouter.
Il m'a posé des tas de
questions sur
l'improvisation, les ragas...
Alors nous sommes convenus
qu'il vienne pour six
semaines chez moi à Los
Angeles mais il est mort
peu avant d'arriver. C'est
dommage !
- Un de vos autres élèves
fut George Harrison. Vous
souvenez-vous du tout
premier conseil que vous
lui avez donné ?
Je lui ai recommandé de
respecter son instrument.
Il venait de prendre pour
la première fois un
sitar, l'avait posé à côté
de lui et quand il s'est
levé, il l'a enjambé. Je
lui ai donné une petite
claque sur l'avant-bras en
disant : "Non, tu ne
dois jamais faire ça."
Hendrix non plus ne
respectait pas ses
instruments. Moi, je
voyageais toujours avec
mon luthier Nodu Malik.
Lui aussi est décédé.
J'ai toujours ses sitars.
Trois ou quatre, avec un
favori.
-
Vous qui avez traversé
tant de formes de musiques
dans votre vie y en a-t-il
seulement une qui ne vous
intéresse pas ?
La musique contemporaine
est intéressante mais
trop conceptuelle. Je
n'aime pas la musique
dissonante, la musique
dite concrète. Par
ailleurs, je ne connais
pas grand-chose de la
musique populaire des
nouvelles générations
comme le rap ou la techno.
A Los Angeles, j'entends
des choses étranges.
Aucune musique ne me pose
problème mais je pense
souvent qu'elle est diffusée
trop forte. Le volume de
Simon et Garfunkel ou des
Mamas and Papas, d'Otis
Redding ou d'Elton John
suffit. Les mélodies sont
jolies. J'adore aussi Eric
Clapton, mon ami. Mais les
chansons d'aujourd'hui en
général sont si fortes !
C'est trop violent, pas
assez propice à la dévotion.
Elles ne sont pas sacrées.
-
Vous venez cet été en
France, en commençant par
Paris. Cela vous ramène-t-il
à de bons moments ?
Oh oui, avec Mistinguett,
Maurice Chevalier, Joséphine
Baker aussi... Quelle époque
c'était ! Je les ai tous
connus.
Exposition - "Voix
méditerranéennes :
espaces partagés en
temps de crise", au
Goethe Institut,
jusqu’au 30 juin
Mémoires
d’Alexandrie, d’Ancône,
de Bethléem, de Split
et de… Ras-Beyrouth
par MAYA GHANDOUR
HERT, publié dans
l'Orient-le Jour le 14
juin 2005
L’exposition
"Voix méditerranéennes
: espaces partagés en
temps de crise" a
fait sa première escale
en janvier 2004 à la
Bibliothèque
d’Alexandrie. Elle a
poursuivi sa route vers
Bethléem, Ramallah,
Naplouse, puis en Italie
et la voilà au Liban,
plus précisément au
Goethe Institut, Manara,
où elle a planté ses pénates
jusqu’au 30 juin.
Cette exposition itinérante
reprend le même fil
conducteur dans cinq
villes : Alexandrie, Ancône,
Bethléem, Beyrouth et
Split. Bien que séparées
géographiquement et
ayant chacune une
histoire et des
populations particulières,
ces villes ont cependant
une chose en commun ;
elles ont toutes vécu
des événements
tragiques : la guerre,
la division ethnique,
les catastrophes
naturelles (le
tremblement de terre à
Ancône en 1972) ou les
trois réunis.
L’exposition sert donc
de témoignage à
l’expérience
collective ou
individuelle des
habitants et montre
comment leur vie a été
transformée par ces événements
et comment ils se sont
adaptés à la nouvelle
vie qui leur a été
imposée. Cette
exposition s’inscrit
dans le cadre du projet
"Voix méditerranéennes
: cultures et traditions
orales des villes de la
Méditerranée",
qui met en valeur la
tradition orale et
l’histoire sociale de
quelques villes de la région,
dans le cadre du
programme régional
Euromed Héritage, géré
par l’Office de coopération
EuropeAid de la
Commission européenne.
Si les principaux thèmes
explorés sont la
mobilité, la nostalgie,
les barrières et les
espaces communs, le
pluralisme culturel et
le cosmopolitisme, la création
de nouvelles frontières,
les différentes
conceptions de la sécurité,
de l’identité, de
l’autre et de la
citoyenneté, la mémoire
en est certainement le
fil conducteur :
"grande"
histoire, histoire
orale, témoignages,
représentations de
l’autre, souvenirs,
culture populaire, fêtes,
photographies sont
recueillis et enregistrés
dans une banque de données
interactive, multilingue
et multimédia. De
grands panneaux présentent
les moments importants
de l’histoire de ces
villes, de l’Antiquité
à l’époque moderne,
des écrans diffusent
parallèlement les témoignages
recueillis par les
chercheurs auprès des
Alexandrins ou des Bethléemiens
de la ville ou de la
diaspora, qui évoquent
les lieux, les événements,
le cosmopolitisme de la
ville… L’accent
est placé ici davantage
sur les "voix"
d’habitude négligées
et sur les pratiques
quotidiennes et la vie
sociale que sur le
patrimoine monumental de
la ville.
L’exposition donne à
voir cinq situations de
crise représentées par
les cinq
villes-partenaires
choisies. Un message à
la clé : le mouvement
des populations sur les
rives de la Méditerranée
doit se faire dans une
atmosphère cosmopolite
où les frontières sont
des démarcations géographiques
et non des barrières
engendrées par la
haine, la
discrimination, la
marginalisation ou la
pauvreté. Elle montre
également comment des
villes jadis connues
pour être un symbole de
pluralisme sont devenues
inextricablement
conflictuelles.
L’exposition pose ces
questions et cherche à
comprendre. La vie en
commun implique une
culture de tolérance et
d’échange, où la
différence est un
avantage et non un
inconvénient. Le pan réservé
à Bethléem reflète la
réalité d’une ville
emmurée dans ses problèmes,
incapable de revenir au
pluralisme d’antan. Déchirée
entre la nostalgie
d’un âge d’or révolu
et un besoin grandissant
d’affirmer ses identités
multiples (régionales,
locales, ethniques et
religieuses), la ville
joue son présent contre
les pans d’un mur de
la honte. Le partage
d’un espace en commun
est constamment mis en péril
par des questions de
mobilité, d’ethnie,
d’appartenance
communautaire, de crises
et de conflits. Une
exposition à voir, à
lire et à méditer.
Voix de la
grande bleue
Sensibiliser le public
au patrimoine culturel
des villes méditerranéennes,
créer une base de données
d’histoire orale et
sociale des quartiers
des villes, c’est
l’un des objectifs du
projet international
"Mediterranean
Voices" (Voix méditerranéennes),
qui voit impliquer de
nombreuses institutions
travaillant autour de la
Méditerranée et 13
villes du bassin méditerranéen,
dont Ancône,
Alexandrie, Beyrouth,
Bethléem, Split, La
Valette, Marseille.
Premières
images du Brésil
Le
Musée d'Orsay expose
des merveilleux
documents inédits du
pays de braise, alors
encore à l'aube de son
essor
par FRANCOISE
DARGENT, publié dans le
Figaro le 18 juin 2005
Jusqu'au 4
septembre. Rens. :
01.40.49.48.14.
Catalogue édité par le
Musée d'Orsay
Les
premières images du
paradis originel existent.
Le Musée d'Orsay les a
retrouvées. Une forêt
luxuriante, des animaux
sauvages à foison, des
fruits étranges et des
arbres féconds, des
Indiens à demi-nus, de
l'eau qui jaillit de la
roche : dans les années
1830, ce monde nouveau a
un nom. C'est le Brésil,
une toute jeune nation,
indépendante depuis peu,
qui attise la soif de
pittoresque des visiteurs
venus de l'ancien monde.
Ces années-là coïncident
également avec
l'apparition d'une
technique qui va révolutionner
les modes de représentation.
La photo balbutie lorsque
Dom Pedro II, âgé de
cinq ans, succède à son
père sur le trône du Brésil.
Il en a quatorze lorsqu'il
assiste à la première démonstration
de daguerréotype dans l'hémisphère
Sud. Enthousiasmé, il décide
d'acheter l'équipement en
entier. Il fera pourtant
appel à des photographes,
la plupart d'origine européenne,
pour constituer une
collection originale sur
le Brésil qu'il léguera
à son pays malgré son
exil en 1889. L'exposition
"L'Empire brésilien
et ses photographes",
présentée au Musée
d'Orsay dans le cadre de
l'Année du Brésil en
France, dévoile une
centaine d'images des
paysages et des habitants
du jeune Empire. Des
milliers de clichés pris
à l'époque, ne
subsistent aujourd'hui pas
plus de 3.000 vues. La
plupart ont été détruits
à cause du climat ou plus
simplement à cause d'un
manque d'intérêt pour
ces documents. C'est donc
à une découverte que
convie le musée.
Le
visiteur découvre le pays
avec les yeux des artistes
et des voyageurs qui
l'arpentèrent entre 1830
et 1880. Le premier choc
ne vient pas d'une photo
mais d'un magnifique
dessin exécuté par le
comte de Clarac, baroudeur
doué qui offre à
l'Europe une première
vision authentique de la
forêt brésilienne. Ce
dessin, acquis par le
Louvre, sert de manifeste
à l'exposition puisqu'il
préfigure les photos
suivantes sur la nature.
Le Brésil, pour les
photographes qui s'établissent
là-bas, est avant tout
une terre dont de
nombreuses régions
restent encore inexplorées
en même temps qu'un pays
marqué par l'esclavagisme
qui approvisionne les
grandes plantations et les
chantiers en cours. Des 26
artistes présentés,
quelques noms se détachent
à commencer par ceux des
Français happés par la
beauté du pays. Il y a
l'Alsacien Auguste Stahl
qui livre des portraits de
Noirs à une clientèle
d'amateurs férus et qui réussit
à capter la beauté
tangible des paysages
luxuriants. Il y a aussi
Marc Ferrez, Brésilien né
et élevé à Paris, qui
rentre au pays avec le désir
boulimique de tout
photographier. Rien ne lui
échappe, ni les grands
travaux qui métamorphosent
son pays, ni la beauté de
la baie de Rio, ni
l'importance des Indiens
qu'il est l'un des
premiers à photographier.
A la même époque, Revert
Henry Klumb, artiste
allemand formé à Paris,
que l'on dit déserteur de
l'armée française,
devient le photographe
attitré de la famille impériale.
Il documente notamment la
résidence d'été des
dignitaires à Petropolis
avec des vues nocturnes
originales pleines de mystère.
Explosion
de l’art brésilien à
Gemmayzé
par
COLETTE KHALAF, publié
dans l'Orient-le Jour le
17 juin 2005
Le Brésil
est en fête jusqu’au
26 juin à l’ADG de
Gemmayzé. Quarante-huit
toiles de quinze
peintres présentées
par Johnny Chartouni,
organisateur de l’événement
et fin connaisseur dans
ce domaine, font connaître
aux Libanais les
richesses picturales de
ce pays. C’est un
festival de bigarrures
qui inondent le regard
tant par le figuratif
que par l’abstrait. Oh
Calcutta d’Emilia
Castellan (90 x 60),
Carnaval de Ronaldo
Pereira (119 x 90), ou
Byblos de Sergio Telles,
ancien ambassadeur de
son pays au Liban et qui
a exposé plus d’une
fois à Beyrouth, autant
d’œuvres figuratives
qui côtoient
harmonieusement les
peintures abstraites
Sentimentos de Reinato
Alves, A visao de
Ubirajara Mendès ou
encore les surréalistes
de Manuel Nazo et
Adilson Santos. Outre sa
beauté, l’exposition
nous apprend une
multitude de choses sur
l’histoire du pays de
la samba et de la joie
de vivre. Les apports
culturels charriés par
les multiples invasions
européennes ont laissé
une empreinte évidente
sur l’art brésilien.
Ce dernier, tout en évoluant
avec son temps, est resté,
pourtant, profondément
attaché à ses racines.
C’est ce que témoignent
des œuvres comme celle
de Chidar, A natureza,
une toile à forte
influence amérindienne.
Sans renier son passé,
la peinture a fait un
grand pas dans le futur.
Il en a découlé une création
foisonnante, synthèse
originale du mélange
des cultures.
Ottawa
lance une campagne pour
revaloriser l'image du
français en Ontario
paru
dans le Devoir le 20
juin 2005
Selon
la commissaire fédérale
aux langues officielles,
Dyane Adam, les
Ontariens doivent
changer leur attitude à
l'égard de la langue
française. Après 35
ans de bilinguisme au
pays, la commissaire a
lancé un appel d'offres
de 100.000 $ pour
une "stratégie de
marketing social"
en Ontario. Un expert a
en effet énoncé que le
bilinguisme ne devait
plus être promu comme
un devoir patriotique
teinté de culpabilité,
mais comme un tremplin
vers la mondialisation.
Diffusé dans un site
gouvernemental la
semaine dernière,
l'appel d'offres, qui
vient à échéance en
fin de journée
aujourd'hui, sollicite
des soumissions afin de
"promouvoir la
valeur et l'image de
marque de la langue française
auprès des
non-francophones".
"L'objectif du
projet, poursuit-on dans
l'appel d'offres, est de
susciter un changement
d'attitude mesurable des
Ontariens à l'égard de
l'usage et de
l'apprentissage de la
langue française."
Une première
Une telle campagne est
une première.
L'objectif est de
reprendre partout au
pays le plan de mise en
marché qui en
ressortira, a précisé
le porte-parole de la
commissaire, Robin
Cantin. L'Ontario
constitue donc le noyau
originel du projet.
"C'est là où nous
pouvons faire la percée
la plus importante dans
l'apprentissage des deux
langues officielles, car
le bilinguisme
individuel est un peu
bas actuellement en
Ontario", a-t-il
commenté. Il y a deux
ans, le fédéral avait
fixé comme objectif de
doubler en 10 ans le
nombre de Canadiens
bilingues dans le groupe
d'âge de 18 à 25 ans.
Cependant, seul un élève
sur 10 poursuit ses
cours de français de
base jusqu'en 12e année,
selon l'organisme
Canadiens Parents for
French (Parents
canadiens en faveur du
français).
20e
cérémonie des
Victoires de la musique
- Le "M" de la
victoire pour Matthieu
Chédid
par
MARIE LE MOEL, publié
dans le Devoir le 7 mars
2005
Super
M sur le site web de
l'Express
Pour
sa 20e édition, la cérémonie
des Victoires de la
musique s'est offert le
luxe de couronner un
jeune chanteur au look
improbable, faisant
souffler un air de folie
sur la grande scène du
Zénith à Paris. Samedi
soir, c'est
incontestablement M,
alias Matthieu Chédid,
qui a régné sur la
soirée. Matthieu est le
fils de Louis
(compositeur) et le
petit-fils d'Andrée Chédid
(écrivain), Libanais d'Egypte.
M
avait déjà goûté aux
Victoires en 2000, avec
deux récompenses pour
son disque Je dis
aime. Cette année,
il double la mise, avec
quatre récompenses, et
non des moindres.
Meilleur album pour son
troisième opus Qui de
nous deux, DVD de l'année,
spectacle de l'année...
et surtout artiste
masculin, le titre par
excellence. En
coulisses, le chanteur,
personnage de clown perpétuel
en veste noire, la coupe
à la diable, n'en
revient pas. "Irréel,
surréaliste... un jour
ou l'autre, je me réveillerai
et je me dirai :
"oh la la" !"
Mais Matthieu Chédid
n'est pas dupe des
paillettes. Il promet déjà
de mettre ses nouvelles
Victoires "au
placard, avec les
autres", et va
jusqu'à affirmer sur scène :
"Il y a beaucoup de
gens plus doués que
moi. Et notamment mon père
[Louis Chédid] qui n'a
jamais gagné ce truc-là."
Déception pour
Corneille
Une pique lancée au
jury de 800
professionnels qui décerne
les prix. Parmi les mal
aimés des Victoires, on
peut désormais également
compter Corneille. Le
chanteur canadien, nommé
à deux reprises en
2004, était alors passé
à côté des récompenses.
Cette année encore,
Corneille, seul artiste
québécois en lice avec
Natasha Saint-Pier (qui
elle était uniquement
nommée en catégorie
vidéoclip), est reparti
les mains vides. Après
s'être fait voler la
vedette comme artiste
masculin par M, il n'a même
pas obtenu de prix de
consolation pour le vidéoclip,
finalement attribué à
Alain Chamfort. "Ce
sont les aléas des
Victoires, allez
comprendre le jugement
des
professionnels",
soupire en coulisses
Pascal Nègre, le p.d.-g.
d'Universal. "Mais
le plus important, c'est
le public. Corneille est
un vrai
"grand", doté
d'un charisme, d'une
voix, d'une écriture."
L'accueil de la salle
lorsqu'il vient sur scène
chanter Comme un
fils ne laisse
d'ailleurs aucun doute
sur sa cote de popularité.
Touché lui aussi, Jack
Lang, ancien ministre de
la Culture sous François
Mitterrand :
"Corneille, c'était
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