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ARTS-SPECTACLES  RJLIBAN  N°12  du 21 juin 2005 

 
Fête de la musique et festivals de l'été
 
La Fête de la musique (en France), le 21 juin : www.fetedelamusique.culture.fr
 
Le Festival de Baalbek, du 7 juillet au 13 août : www.baalbeck.org.lb
Flying Flames-Cirque du Soleil (7-8-9 juillet), Zad Moultaka (16 juillet), Vadim Repin (30 juillet), Dizzy Gillespie (5-6 août), Warda al-Jazairia (13 août)
 
Le Festival de Beiteddine, du 7 juillet au 5 août : www.beiteddine.org
Ravi Shankar (7 juillet), UB 40 (16 juillet), Kazem As-Saher (23 juillet), Julia Boutros (28 juillet), Sara Baras-Flamenco (30 juillet), Chick Corea-Jazz (2 août), Marcel Khalifé (5 août)
 
Le Festival de Tyr, du 7 au 24 juillet
Hiba Kawas (7), Karim Dakroub (8), Sumiya Baalbaki (15), troupes internationales : -marocaine soufi (9) -égyptienne (14) -émirati (16) -syrienne (23), poésie arabe (22), mariage traditionnel (24) 
 

 

Ce 21 juin, Beyrouth vibrera, comme chaque année, sur des rythmes variés
Fête de la musique - Programme de la cinquième édition libanaise
 
paru dans l'Orient-le Jour le 17 juin 2005 
 

Mardi 21 juin 2005, la musique sera en fête. A Beyrouth, comme dans 249 autres villes dans le monde. C’est ce qu’ont annoncé hier les représentants de la Mission culturelle de l’ambassade de France au Liban, du ministère de la Culture, de Solidere et de l’Instituto Cervantes réunis, dans le cadre d’une conférence de presse tenue au Café del Centro, pour communiquer le programme de la Fête de la musique au Liban. Cette célébration, qui marque le premier jour de l’été, est désormais une tradition bien ancrée. Vingt-quatrième édition en France, cinquième au Liban, la Fête de la musique est un véritable événement qui se prépare longtemps à l’avance. "Cette année, elle sera un peu particulière, car elle se tient dans le contexte que nous connaissons, a signalé Frédéric Clavier, directeur de la Mission culturelle française. Il n’empêche qu’elle ne se limitera pas à Beyrouth, mais s’étendra à Baalbeck, Nabatieh, Zahlé, Jounieh et Deir el-Qamar". Une initiative qu’a saluée Omar Halablab, directeur du ministère de la Culture, qui, au nom du ministre Assaad Rizk, a remercié les représentants de l’ambassade de France ainsi que tous les autres organisateurs de cet événement, les assurant du parrainage et de la collaboration du ministère pour toutes les créations artistiques, "dont la musique représente le zénith. Elle dépasse les frontières, rapproche les peuples et contribue à l’élévation de l’être humain". 

 

Premier conseiller près l’ambassade de France, Christian Testot a tenu, pour sa part, à remercier tous les partenaires impliqués dans l’organisation de "ce grand moment festif. Tous ont choisi d’affirmer, pour cette édition 2005, que la Fête de la musique témoigne plus que jamais de la diversité des expressions et qu’elle est source de dialogue entre les cultures et les communautés. Ils ont également choisi de s’inscrire dans la Charte internationale de la Fête de la musique, régie par trois grands principes depuis sa création en 1982. A savoir : la célébration de la musique vivante pour mettre en valeur tous les genres musicaux, la participation spontanée et gratuite des musiciens amateurs et professionnels, et la gratuité des concerts pour le public". Directeur général de Solidere, Mounir Douaidy a réitéré le soutien de la société foncière à la Fête de la musique, qui a lieu en partie dans le centre-ville de Beyrouth. "Ce centre que le Premier ministre Rafic Hariri a toujours voulu plein d’animation et de vie (…). La Fête de la musique prend donc cette année toute son ampleur pour souligner que le cœur de la capitale continue de battre, et vibrera, comme chaque année à cette occasion, à la cadence des airs et des rythmes variés passant de la musique orientale à la techno." 

 

Le premier conseiller près l’ambassade d’Espagne, Jesus Santos Aguado, s’est, quant à lui, déclaré "ravi de participer – en tant qu’organisateur – à cet événement, en présentant Felpeyu, un groupe traditionnel de musique folk qui vient des Asturies. Cela nous permettra de montrer au public libanais comment nous faisons la fête en Espagne". Enfin Bernard Banos-Robles, l’attaché culturel près l’ambassade de France, a mis l’accent sur les points forts de cette fête "qui s’articule autour d’un parcours musical de 60 concerts donnés de 18h à 2h du matin. Sur le podium de la Mission culturelle, Les Ogres de Barback. Ce groupe, spécialement venu de France, est formé de quatre musiciens poly-instrumentistes, issus d’une même famille, qui chantent, sur des airs très festifs, les petits bonheurs et petits malheurs du quotidien". La fête, qui se tiendra dans le centre-ville, Saïfi, Gemmayzé et la rue Monnot, permettra au public de déambuler dans la ville d’un concert à l’autre. 

 

Signalons que les concerts de musiques classique, instrumentales et vocales, du répertoire oriental et occidental, seront donnés dans les différentes églises du centre-ville. Les musiques actuelles dans leur diversité, rap, rock, variété, rythmes électroniques, investiront la rue Monnot et le secteur Foch. La place des Martyrs verra la confrontation des inspirations jazz traditionnelles et orientales ainsi que du blues. Une programmation métissée est prévue à l’escalier Saint-Nicolas de Gemmayzé et, enfin, les influences du monde entier se retrouveront sur le site des Thermes romains du centre-ville. Un petit coup d’œil au programme ci-dessous, pour prendre rendez-vous avec ses musiques favorites, et plus que cinq jours pour que la fête commence ! 

 

PROGRAMME

Musique classique
A l’église Saint-Louis des capucins : Chœur de l’AUB, à 18h30. Trio de guitares flamenco et chant du Conservatoire national supérieur de musique, à 19h15. 
A l’église évangélique : Ecole de musique Ghassan Yammine (18h) ; Wassim Kaïssi, jeune talent au piano (19h15), Cynthia Samaha, soprano (19h50). 

Chant choral 

A la cathédrale Saint-Georges des maronites: Toni Bayeh et sa chorale (19h30) ; chants polyphoniques religieux de la chorale de la cathédrale (20h). 

Musiques du monde

Aux Thermes romains : Jamal Band (latin fusion à 21h) ; Les Ogres de Barback (21h 45) ; Joëlle and Friends (pop rock, 23h) et DJ Osane (électro-orientale, 0h30). 

Jazz / blues/ folk

Place des martyrs. Felpeyu (musique traditionnelle espagnole, à 21h) ; Nescafé Blues Band (22h) ; Paolo K (variété, à 23h) ; Blue Mama (0h30) et 7Spirits (latin, 0h45). 

Rap et rock

A la rue Foch, rue d’Argentine et Virgin : Khat Ahmar (rap, à 20h) ; South Units (rap, à 20h15) ; Mute (rock, à 20h45) ; The Kords (rock, à 21h45) ; Militia (hip-hop, à 22h15). 
Aux Thermes romains : Rayess bek (rap, 23h45). 
Rue Monnot : Kitaa Beyrouth (rap, 20h) ; KromozomZ (soft rock, 21h) ; Ashekman (rap, 21h30) ; Farewell (rock ; 22h10) ; Urban Slang (rap, 22h40) ; Mawkef Khass (rap, 23h10) ; April Ash (rock, 23h40). 
A Gemmayzé : The Government (rock, 22h) ; Three Apple Jam (rock 70ies, 23h) et Bandage (rock pop, 00h).

Musique orientale

Aux Thermes romains : Sada Group (variété orientale, à 20h15). Place des martyrs : el-Warka (musique traditionnelle, à 20h15). Et à l’église Saint-Élie des arméniens-catholiques : Adib Moufti et Nadim Chartouni (18h30) ; Nassim al-Shark (19h15) et Ziad Ahmadié (20h). 
A Gemmayzé : Ziad Sahab (20h) ; Baldati.com Music Club (variété, 21h) ; Zeina Daccache (pop oriental, 0h45). Ainsi que Joseph Issa au Café de Gemmayzé. 

Variété internationale

A Gemmayzé : jeunes talents (Eric Ritter, Antoine Char, Mourad Hachem à l’escalier Saint-Nicolas, 18h30). Rania Abou Samra (19h).

 


 

Ravi Shankar : "Vivre et jouer pour la dévotion et le plaisir"

 

Propos publiés dans le Figaro le 3 juin 2005 

 

En tournée pour son 85e anniversaire, Ravi Shankar a fait halte dans la capitale spirituelle du Maroc, participant au festival de musiques sacrées de Fès. Ravi Shankar, maître du sitar et grand développeur de ragas, ces suites complexes de la musique classique d'Inde du Nord, se produira avec sa fille Anoushka dans le cadre du Festival de Beiteddine, le 7 juillet. Autres étapes prévues : Los Angeles, Paris, Lyon, Arles, Londres (Royal Albert Hall)... Ravi Shankar est universel.

 

- Pourquoi, ou pour qui, jouez-vous ?
Parce que c'est fantastique, c'est ma vie ! (rires).

- Quelle est la part de la dévotion, et celle du plaisir égoïste quand vous prenez votre sitar ?
La dévotion a une part très importante bien sûr mais j'aime aussi éprouver de la satisfaction. Je suis attentif au public, à ce qu'il ressent. Les concerts sont tous différents, ont divers niveaux d'intensité. Pour Fès j'ai choisi des ragas très contemplatifs.

- Savez-vous que, comme les ragas, les noubas de la musique arabo-andalouse et les maqams arabes sont aussi des modes censées correspondre à des moments de la journée ou de la nuit ?
Bien sûr. Il y a beaucoup de petits carrefours entre la musique indienne et arabe. C'est très étrange mais la musique indienne est plusieurs fois millénaire, elle a pu essaimer. Les modes des ragas sont toutefois beaucoup plus développés.

- Je vous ai vu en 1979 au festival d'Asilah. Un grand moment. Vous en souvenez-vous ?
Mmm... Oui c'était prêt de Tanger au bord de la mer ?

- Oui !
J'étais encore accompagné par mon percussionniste et tablaïste favori Ustad Alla Rakkah. Il est décédé maintenant...

- Et vous vous souvenez de Monterey, de Woodstock ?
A Monterey, c'était très bien. Jimi Hendrix, j'ai beaucoup aimé même s'il avait un jeu de scène trop démonstratif à mon goût. En revanche, je n'ai vraiment pas apprécié Woodstock. J'étais tendu, je passais dans un intervalle, il y avait les Who. Alors la foule qui ne me connaissait pas est restée indifférente. Et puis, trop de drogues, trop d'alcool. On ne peut pas jouer de la musique, penser à Dieu et s'enivrer en même temps.

- Vous êtes aussi compositeur, et même pour de grands noms de la musique classique occidentale. Comment écrivez-vous ?
Oh, je suis très lent ! J'ai des élèves qui transcrivent rapidement ce que je joue au sitar ou au piano.

- Car vous enseignez toujours ?
Bien sûr ! J'ai beaucoup d'étudiants. (Ravi Shankar fait partie de la Sangeet Natak Academy et il est également le président fondateur du Research Institute for Music and the Paerforming Arts, NDLR). Ils se trouvent surtout en Europe et plus encore en Inde. Pas mal sont des professeurs, des musicologues. Mais peu développent des ragas. Peu sont concertistes. La meilleure est ma fille Anoushka.

- La transmission est essentielle pour vous. Pourquoi ?
C'est la tradition indienne de la gurushishya (l'initiation du gourou). Anoushka a commencé le sitar à l'âge de 9 ans et est montée sur scène pour la première fois à New Delhi à 13 ans. Elle interprète mon Concerto n°1 pour sitar et orchestre. Elle l'a joué avec le London Symphony Orchestra, dirigé par Zubin Mehta. Elle joue Arpan, une de mes dernières œuvres, avec 43 musiciens orientaux et occidentaux. La gurushishya c'est aussi ce que j'ai vécu avec mon maître Baba Allaudin Khan. C'est lui qui m'a dit de choisir le sitar. Aujourd'hui c'est à mon tour de dire aux disciples, toi, tu devrais prendre le sarod, toi la flûte, etc. Même si la plupart viennent à moi avec, déjà, un instrument de prédilection...

- L'un de vos élèves a été John Coltrane...
On avait commencé en 1965. Il est venu faire plusieurs voyages en Inde. Je me souviens d'une grosse session de quatre heures. D'une autre de deux heures. Je lui ai demandé de ne pas jouer, de ne pas parler, de s'asseoir et d'écouter. Il m'a posé des tas de questions sur l'improvisation, les ragas... Alors nous sommes convenus qu'il vienne pour six semaines chez moi à Los Angeles mais il est mort peu avant d'arriver. C'est dommage !

- Un de vos autres élèves fut George Harrison. Vous souvenez-vous du tout premier conseil que vous lui avez donné ?
Je lui ai recommandé de respecter son instrument. Il venait de prendre pour la première fois un sitar, l'avait posé à côté de lui et quand il s'est levé, il l'a enjambé. Je lui ai donné une petite claque sur l'avant-bras en disant : "Non, tu ne dois jamais faire ça." Hendrix non plus ne respectait pas ses instruments. Moi, je voyageais toujours avec mon luthier Nodu Malik. Lui aussi est décédé. J'ai toujours ses sitars. Trois ou quatre, avec un favori.

- Vous qui avez traversé tant de formes de musiques dans votre vie y en a-t-il seulement une qui ne vous intéresse pas ?
La musique contemporaine est intéressante mais trop conceptuelle. Je n'aime pas la musique dissonante, la musique dite concrète. Par ailleurs, je ne connais pas grand-chose de la musique populaire des nouvelles générations comme le rap ou la techno. A Los Angeles, j'entends des choses étranges. Aucune musique ne me pose problème mais je pense souvent qu'elle est diffusée trop forte. Le volume de Simon et Garfunkel ou des Mamas and Papas, d'Otis Redding ou d'Elton John suffit. Les mélodies sont jolies. J'adore aussi Eric Clapton, mon ami. Mais les chansons d'aujourd'hui en général sont si fortes ! C'est trop violent, pas assez propice à la dévotion. Elles ne sont pas sacrées.

- Vous venez cet été en France, en commençant par Paris. Cela vous ramène-t-il à de bons moments ?
Oh oui, avec Mistinguett, Maurice Chevalier, Joséphine Baker aussi... Quelle époque c'était ! Je les ai tous connus.

 


 
Exposition - "Voix méditerranéennes : espaces partagés en temps de crise", au Goethe Institut, jusqu’au 30 juin
Mémoires d’Alexandrie, d’Ancône, de Bethléem, de Split et de… Ras-Beyrouth
 
par MAYA GHANDOUR HERT, publié dans l'Orient-le Jour le 14 juin 2005 
 
L’exposition "Voix méditerranéennes : espaces partagés en temps de crise" a fait sa première escale en janvier 2004 à la Bibliothèque d’Alexandrie. Elle a poursuivi sa route vers Bethléem, Ramallah, Naplouse, puis en Italie et la voilà au Liban, plus précisément au Goethe Institut, Manara, où elle a planté ses pénates jusqu’au 30 juin. Cette exposition itinérante reprend le même fil conducteur dans cinq villes : Alexandrie, Ancône, Bethléem, Beyrouth et Split. Bien que séparées géographiquement et ayant chacune une histoire et des populations particulières, ces villes ont cependant une chose en commun ; elles ont toutes vécu des événements tragiques : la guerre, la division ethnique, les catastrophes naturelles (le tremblement de terre à Ancône en 1972) ou les trois réunis. L’exposition sert donc de témoignage à l’expérience collective ou individuelle des habitants et montre comment leur vie a été transformée par ces événements et comment ils se sont adaptés à la nouvelle vie qui leur a été imposée. Cette exposition s’inscrit dans le cadre du projet "Voix méditerranéennes : cultures et traditions orales des villes de la Méditerranée", qui met en valeur la tradition orale et l’histoire sociale de quelques villes de la région, dans le cadre du programme régional Euromed Héritage, géré par l’Office de coopération EuropeAid de la Commission européenne. 

Si les principaux thèmes explorés sont la mobilité, la nostalgie, les barrières et les espaces communs, le pluralisme culturel et le cosmopolitisme, la création de nouvelles frontières, les différentes conceptions de la sécurité, de l’identité, de l’autre et de la citoyenneté, la mémoire en est certainement le fil conducteur : "grande" histoire, histoire orale, témoignages, représentations de l’autre, souvenirs, culture populaire, fêtes, photographies sont recueillis et enregistrés dans une banque de données interactive, multilingue et multimédia. De grands panneaux présentent les moments importants de l’histoire de ces villes, de l’Antiquité à l’époque moderne, des écrans diffusent parallèlement les témoignages recueillis par les chercheurs auprès des Alexandrins ou des Bethléemiens de la ville ou de la diaspora, qui évoquent les lieux, les événements, le cosmopolitisme de la ville… L’accent est placé ici davantage sur les "voix" d’habitude négligées et sur les pratiques quotidiennes et la vie sociale que sur le patrimoine monumental de la ville. 

L’exposition donne à voir cinq situations de crise représentées par les cinq villes-partenaires choisies. Un message à la clé : le mouvement des populations sur les rives de la Méditerranée doit se faire dans une atmosphère cosmopolite où les frontières sont des démarcations géographiques et non des barrières engendrées par la haine, la discrimination, la marginalisation ou la pauvreté. Elle montre également comment des villes jadis connues pour être un symbole de pluralisme sont devenues inextricablement conflictuelles. L’exposition pose ces questions et cherche à comprendre. La vie en commun implique une culture de tolérance et d’échange, où la différence est un avantage et non un inconvénient. Le pan réservé à Bethléem reflète la réalité d’une ville emmurée dans ses problèmes, incapable de revenir au pluralisme d’antan. Déchirée entre la nostalgie d’un âge d’or révolu et un besoin grandissant d’affirmer ses identités multiples (régionales, locales, ethniques et religieuses), la ville joue son présent contre les pans d’un mur de la honte. Le partage d’un espace en commun est constamment mis en péril par des questions de mobilité, d’ethnie, d’appartenance communautaire, de crises et de conflits. Une exposition à voir, à lire et à méditer. 
 
Voix de la grande bleue
Sensibiliser le public au patrimoine culturel des villes méditerranéennes, créer une base de données d’histoire orale et sociale des quartiers des villes, c’est l’un des objectifs du projet international "Mediterranean Voices" (Voix méditerranéennes), qui voit impliquer de nombreuses institutions travaillant autour de la Méditerranée et 13 villes du bassin méditerranéen, dont Ancône, Alexandrie, Beyrouth, Bethléem, Split, La Valette, Marseille.
 

 
Premières images du Brésil
Le Musée d'Orsay expose des merveilleux documents inédits du pays de braise, alors encore à l'aube de son essor
 
par FRANCOISE DARGENT, publié dans le Figaro le 18 juin 2005
 
Jusqu'au 4 septembre. Rens. : 01.40.49.48.14. Catalogue édité par le Musée d'Orsay

Les premières images du paradis originel existent. Le Musée d'Orsay les a retrouvées. Une forêt luxuriante, des animaux sauvages à foison, des fruits étranges et des arbres féconds, des Indiens à demi-nus, de l'eau qui jaillit de la roche : dans les années 1830, ce monde nouveau a un nom. C'est le Brésil, une toute jeune nation, indépendante depuis peu, qui attise la soif de pittoresque des visiteurs venus de l'ancien monde. Ces années-là coïncident également avec l'apparition d'une technique qui va révolutionner les modes de représentation. La photo balbutie lorsque Dom Pedro II, âgé de cinq ans, succède à son père sur le trône du Brésil. Il en a quatorze lorsqu'il assiste à la première démonstration de daguerréotype dans l'hémisphère Sud. Enthousiasmé, il décide d'acheter l'équipement en entier. Il fera pourtant appel à des photographes, la plupart d'origine européenne, pour constituer une collection originale sur le Brésil qu'il léguera à son pays malgré son exil en 1889. L'exposition "L'Empire brésilien et ses photographes", présentée au Musée d'Orsay dans le cadre de l'Année du Brésil en France, dévoile une centaine d'images des paysages et des habitants du jeune Empire. Des milliers de clichés pris à l'époque, ne subsistent aujourd'hui pas plus de 3.000 vues. La plupart ont été détruits à cause du climat ou plus simplement à cause d'un manque d'intérêt pour ces documents. C'est donc à une découverte que convie le musée.

 

Le visiteur découvre le pays avec les yeux des artistes et des voyageurs qui l'arpentèrent entre 1830 et 1880. Le premier choc ne vient pas d'une photo mais d'un magnifique dessin exécuté par le comte de Clarac, baroudeur doué qui offre à l'Europe une première vision authentique de la forêt brésilienne. Ce dessin, acquis par le Louvre, sert de manifeste à l'exposition puisqu'il préfigure les photos suivantes sur la nature. Le Brésil, pour les photographes qui s'établissent là-bas, est avant tout une terre dont de nombreuses régions restent encore inexplorées en même temps qu'un pays marqué par l'esclavagisme qui approvisionne les grandes plantations et les chantiers en cours. Des 26 artistes présentés, quelques noms se détachent à commencer par ceux des Français happés par la beauté du pays. Il y a l'Alsacien Auguste Stahl qui livre des portraits de Noirs à une clientèle d'amateurs férus et qui réussit à capter la beauté tangible des paysages luxuriants. Il y a aussi Marc Ferrez, Brésilien né et élevé à Paris, qui rentre au pays avec le désir boulimique de tout photographier. Rien ne lui échappe, ni les grands travaux qui métamorphosent son pays, ni la beauté de la baie de Rio, ni l'importance des Indiens qu'il est l'un des premiers à photographier. A la même époque, Revert Henry Klumb, artiste allemand formé à Paris, que l'on dit déserteur de l'armée française, devient le photographe attitré de la famille impériale. Il documente notamment la résidence d'été des dignitaires à Petropolis avec des vues nocturnes originales pleines de mystère.

 


 

Explosion de l’art brésilien à Gemmayzé

 

par COLETTE KHALAF, publié dans l'Orient-le Jour le 17 juin 2005

 

Le Brésil est en fête jusqu’au 26 juin à l’ADG de Gemmayzé. Quarante-huit toiles de quinze peintres présentées par Johnny Chartouni, organisateur de l’événement et fin connaisseur dans ce domaine, font connaître aux Libanais les richesses picturales de ce pays. C’est un festival de bigarrures qui inondent le regard tant par le figuratif que par l’abstrait. Oh Calcutta d’Emilia Castellan (90 x 60), Carnaval de Ronaldo Pereira (119 x 90), ou Byblos de Sergio Telles, ancien ambassadeur de son pays au Liban et qui a exposé plus d’une fois à Beyrouth, autant d’œuvres figuratives qui côtoient harmonieusement les peintures abstraites Sentimentos de Reinato Alves, A visao de Ubirajara Mendès ou encore les surréalistes de Manuel Nazo et Adilson Santos. Outre sa beauté, l’exposition nous apprend une multitude de choses sur l’histoire du pays de la samba et de la joie de vivre. Les apports culturels charriés par les multiples invasions européennes ont laissé une empreinte évidente sur l’art brésilien. Ce dernier, tout en évoluant avec son temps, est resté, pourtant, profondément attaché à ses racines. C’est ce que témoignent des œuvres comme celle de Chidar, A natureza, une toile à forte influence amérindienne. Sans renier son passé, la peinture a fait un grand pas dans le futur. Il en a découlé une création foisonnante, synthèse originale du mélange des cultures.

 


 
Ottawa lance une campagne pour revaloriser l'image du français en Ontario

 

paru dans le Devoir le 20 juin 2005

 

Selon la commissaire fédérale aux langues officielles, Dyane Adam, les Ontariens doivent changer leur attitude à l'égard de la langue française. Après 35 ans de bilinguisme au pays, la commissaire a lancé un appel d'offres de 100.000 $ pour une "stratégie de marketing social" en Ontario. Un expert a en effet énoncé que le bilinguisme ne devait plus être promu comme un devoir patriotique teinté de culpabilité, mais comme un tremplin vers la mondialisation. Diffusé dans un site gouvernemental la semaine dernière, l'appel d'offres, qui vient à échéance en fin de journée aujourd'hui, sollicite des soumissions afin de "promouvoir la valeur et l'image de marque de la langue française auprès des non-francophones". "L'objectif du projet, poursuit-on dans l'appel d'offres, est de susciter un changement d'attitude mesurable des Ontariens à l'égard de l'usage et de l'apprentissage de la langue française."

Une première
Une telle campagne est une première. L'objectif est de reprendre partout au pays le plan de mise en marché qui en ressortira, a précisé le porte-parole de la commissaire, Robin Cantin. L'Ontario constitue donc le noyau originel du projet. "C'est là où nous pouvons faire la percée la plus importante dans l'apprentissage des deux langues officielles, car le bilinguisme individuel est un peu bas actuellement en Ontario", a-t-il commenté. Il y a deux ans, le fédéral avait fixé comme objectif de doubler en 10 ans le nombre de Canadiens bilingues dans le groupe d'âge de 18 à 25 ans. Cependant, seul un élève sur 10 poursuit ses cours de français de base jusqu'en 12e année, selon l'organisme Canadiens Parents for French (Parents canadiens en faveur du français).

 


 

20e cérémonie des Victoires de la musique - Le "M" de la victoire pour Matthieu Chédid

 

par MARIE LE MOEL, publié dans le Devoir le 7 mars 2005

 

Super M sur le site web de l'Express

Pour sa 20e édition, la cérémonie des Victoires de la musique s'est offert le luxe de couronner un jeune chanteur au look improbable, faisant souffler un air de folie sur la grande scène du Zénith à Paris. Samedi soir, c'est incontestablement M, alias Matthieu Chédid, qui a régné sur la soirée. Matthieu est le fils de Louis (compositeur) et le petit-fils d'Andrée Chédid (écrivain), Libanais d'Egypte.

M avait déjà goûté aux Victoires en 2000, avec deux récompenses pour son disque Je dis aime. Cette année, il double la mise, avec quatre récompenses, et non des moindres. Meilleur album pour son troisième opus Qui de nous deux, DVD de l'année, spectacle de l'année... et surtout artiste masculin, le titre par excellence. En coulisses, le chanteur, personnage de clown perpétuel en veste noire, la coupe à la diable, n'en revient pas. "Irréel, surréaliste... un jour ou l'autre, je me réveillerai et je me dirai : "oh la la" !" Mais Matthieu Chédid n'est pas dupe des paillettes. Il promet déjà de mettre ses nouvelles Victoires "au placard, avec les autres", et va jusqu'à affirmer sur scène : "Il y a beaucoup de gens plus doués que moi. Et notamment mon père [Louis Chédid] qui n'a jamais gagné ce truc-là."

Déception pour Corneille
Une pique lancée au jury de 800 professionnels qui décerne les prix. Parmi les mal aimés des Victoires, on peut désormais également compter Corneille. Le chanteur canadien, nommé à deux reprises en 2004, était alors passé à côté des récompenses. Cette année encore, Corneille, seul artiste québécois en lice avec Natasha Saint-Pier (qui elle était uniquement nommée en catégorie vidéoclip), est reparti les mains vides. Après s'être fait voler la vedette comme artiste masculin par M, il n'a même pas obtenu de prix de consolation pour le vidéoclip, finalement attribué à Alain Chamfort. "Ce sont les aléas des Victoires, allez comprendre le jugement des professionnels", soupire en coulisses Pascal Nègre, le p.d.-g. d'Universal. "Mais le plus important, c'est le public. Corneille est un vrai "grand", doté d'un charisme, d'une voix, d'une écriture." L'accueil de la salle lorsqu'il vient sur scène chanter Comme un fils ne laisse d'ailleurs aucun doute sur sa cote de popularité. Touché lui aussi, Jack Lang, ancien ministre de la Culture sous François Mitterrand : "Corneille, c'était un des grands moments de la soirée, émouvant, bouleversant... Il fait beaucoup pour la francophonie." Malgré le soutien de ses fans, le chanteur, déçu, s'éclipse discrètement avant la fin de la soirée.

 

Une très longue soirée
On ne saurait d'ailleurs lui en vouloir d'être parti aussi tôt. Pour les vingt ans des Victoires, France 2 a concocté une soirée de presque cinq heures. L'anniversaire, ponctué d'un bric-à-brac d'images d'archives, s'étire en longueur, tandis que les animateurs distribuent les prix et les hommages. Même la douce Françoise Hardy, sacrée artiste féminine de l'année, en perd patience : "Moi, j'aime ce qui va vite. Mais je ne veux pas cracher dans la soupe, sinon on va m'enlever ma Victoire", sourit-elle dans les loges. Malgré tout, la soirée a réservé quelques beaux moments. Bien sûr il y a eu la prestation déjantée de Matthieu Chédid. Mais aussi Jane Birkin en duo avec Mickey 3D, la délicate Jeanne Cherhal à son piano, sacrée ensuite révélation du public. Ou encore la joie de la Grande Sophie, révélation scène. "Vous pouvez me dire tout ce que vous voulez, je ne sais plus où je suis", lance-t-elle aux journalistes venus l'interroger. A presque deux heures du matin hier, la cérémonie s'est achevée. Quatre prix spéciaux ont été décernés à des "anciens", dont Alain Souchon et Mylène Farmer. Mais hormis ces récompenses, au vu du palmarès, on peut se dire que les Victoires ont décidément cherché à prendre un coup de jeune.
 


Clotaire K., un sage en révolte douce
Le rappeur égypto-libanais nominé pour les BBC World Awards
 
par DIALA GEMAYEL, publié dans l'Orient-le Jour le 22 janvier 2005
 

Une mère libanaise, un père égyptien, une enfance à Montpellier et des séjours sur les côtes est et ouest des Etats-Unis. Voilà, en quelques mots, le parcours du rappeur Clotaire K., avant qu’il ne se lance, au cours de l’année 1996, en professionnel dans la musique. Derrière le nom de scène, pas de nom ni de prénom, juste un talent que la BBC a sélectionné pour ses attendus World Awards, dont les lauréats seront révélés aujourd’hui, samedi 22 janvier, en attendant la cérémonie officielle, le 5 mars prochain, à Gateshead, en Angleterre. L’artiste se souvient "très exactement" de son premier contact avec le hip-hop : "Tout petit, alors que je regardais une émission musicale à la télévision, le présentateur a annoncé qu’une nouvelle forme de musique avait envahi le Bronx, avec l’émergence de gens qui n’avaient pas les moyens de se payer des instruments de musique, mais qui en faisaient quand même avec leurs voix et des platines. Après, j’ai vu petit à petit le phénomène évoluer dans mon quartier de Montpellier, mais sans trop m’y intéresser. Ce n’est que plus tard que je me suis vraiment intéressé au hip-hop, à l’occasion de plusieurs séjours à New York et à Los Angeles."

 

Joueur de guitare puis de oud (luth oriental), avant de s’intéresser à la programmation sur machine, le rappeur est l’auteur et compositeur de chacune de ses chansons. Et ce qui a plu au jury des BBC World Awards, c’est sa capacité à franchir les frontières - en anglais "Boundary Crossing", la catégorie pour laquelle il a été sélectionné – entre les genres musicaux et les langues : en effet, il rappe en arabe, en anglais et en français, et s’y sent comme un poisson dans l’eau, même si ses débuts ont été marqués par la langue de Shakespeare. Après un retour capital au Liban, il se lance dans ce qui a toujours été son identité : le patrimoine musical arabe. Pourtant, Clotaire K. assure, qu’entre hip-hop et "tarab", "il n’y a jamais eu de déclic. D’un côté, il y a le hip-hop issu de l’Occident, où j’ai grandi et qui est en moi ; de l’autre, il y a la musique d’Orient, celle de mes origines, qui est aussi en moi. Tout naturellement, ma musique est la projection de ce que je suis, de ce qui me constitue." Après de nombreuses scènes au Liban et en France, c’est Londres qui s’empare de Clotaire K., et l’année 2002 est une vraie réussite. Consécrations: le célèbre animateur de la BBC John Peel, décédé il y a quelques semaines, avait largement contribué à faire connaître le premier album du rappeur, Lebanese (Nocturne, 2002), avant qu’il soit nominé, en 2003, pour les EMMA Awards. 

Le Liban largement présent

Le Liban est largement présent dans cet album, dont le Compact Disc est tatoué d’un cèdre rouge : des enregistrements des bruits de Beyrouth, des conversations en arabe et des secondes voix locales ou régionales, à commencer par celle de Natacha Atlas, sur Maqam, puis de Deeder Zaman, ex-chanteur du groupe Asian Dub Foundation, sur Emigrate, de LNB, son accompagnateur lors de ses concerts, de Majdala, chanteuse libanaise des années 70 qui a cessé de se produire par choix personnel, sur Lubnan et Flotte, Joseph Louaïzé, Ruth Tafébé, du groupe montpelliérain Sun Shipp et enfin de Harrison, rappeur de la même ville française. Quant à évoquer une crise d’identité, un syndrome présent chez la plupart des Libanais nés pendant ou après la guerre, Clotaire K. répond : "Je ne vis absolument pas ma “multiculture” comme une crise d’identité. Je sais qui je suis, d’où je viens et où je vais. Je trouve, au contraire, que le fait de maîtriser plusieurs langues et plusieurs environnements culturels et sociaux est une très grande richesse qui offre beaucoup plus de facilités pour affronter le monde. Il faut savoir accepter ce que nous sommes et même pouvoir en être fiers." Ce sage en révolte douce prépare "un nouvel album" et "des collaborations avec quelques artistes internationaux", avant "une grosse tournée sud-américaine et quelques dates européennes en avril et mai prochains". A suivre.

 


 
Fête de la musique, fête des amateurs

 

par ROBERT MIGLIORINI, publié dans la Croix du 21 juin 2005

 

Fête de la musique oblige. Les musiciens amateurs ne se cachent plus pour partager leurs talents. Les savantes études des spécialistes du ministère de la culture (la dernière en date remonte à 1996) nous confirment régulièrement qu’un peu plus des deux tiers de ces praticiens amateurs ont eu l’occasion, une fois dans leur vie, de se produire devant un public. Avec en tête de ces apprentis du show, les chanteurs, bien en voix, devançant de peu, les joueurs de cordes, vents et bois, moins timides que d’autres du fait de leur formation musicale de base plus poussée. Curieusement, les guitaristes ne sont pas les premiers à se pousser volontiers sur le devant de la scène. Quant aux pianistes ils se situent plutôt entre les deux bouts de la chaîne musicale vivante.

Ce mardi 21 juin, la fête de la Musique devrait mettre, une fois encore, tout ce monde au diapason. La 24e édition de ce rendez-vous national, et désormais international, est dédiée aux cinq millions de Français qui font, de la musique, leur premier loisir. Ce retour à la case départ correspond à l’esprit d’une manifestation lancée en 1982 pour saluer le premier jour de l’été et fournir en priorité aux musiciens amateurs la possibilité de se faire entendre, en tous lieux, d’ordinaire moins familiers du genre. En vingt ans, le goût pour la musique n’a pas faibli. Au contraire. "Un Français sur cinq fait aujourd’hui partie des artistes amateurs". Tel est le constat du tout récent magazine Artiste pluriel, surfant sur la vague de fond des pratiques amateurs. L’augmentation du temps libre liée aux 35 heures, une certaine valorisation médiatique des processus de création, l’accès facilité aux technologies de création, l’adoption du "faire soi-même", accéléreraient l’engouement des Français pour des pratiques artistiques multiformes et décomplexées soulignent les promoteurs de ce trimestriel.

 

La passion "s'attrape" jeune
"Il faut être prudent lorsque l’on inscrit d’emblée ces pratiques amateurs dans le sens d’un mouvement de démocratisation de la culture. Leur nouvel élan à partir des années 1990 correspond à l’essoufflement des politiques culturelles et, d’un certain point de vue, de la création artistique. Ce n’est pas tout à fait une génération spontanée. Elles changent par ailleurs encore peu les données fondamentales d’accès de tous à la culture," modère le sociologue Bernard Lahire, constatant la persistance de profondes inégalités sociales. Traditionnellement, la musique est en bonne place dans ce paysage fluctuant, s’adaptant aux besoins du moment. Globalement, on estime que plus d’un quart des Français ont eu une pratique musicale, au cours de leur vie. Que ce soit dans le chant choral ou par la pratique d’un instrument. De bons atouts concourent à ce que la passion "s’attrape" jeune. Douces pressions familiales, structures d’encadrement, air du temps et tout simplement parcours scolaire, peuvent se conjuguer. A titre d’exemple, la dépense des ménages pour la pratique musicale en amateur est évaluée annuellement à 606 millions d’euros. Soit près de la moitié de l’ensemble des dépenses du secteur des pratiques amateurs.

Ainsi s’explique, en partie, le fait que la pratique musicale, nous enseignent encore les sociologues (Vient de paraître : Philippe Coulangeon, Sociologie des pratiques culturelles, collection repères, Ed. La découverte), est sensiblement moins abandonnée à l’âge adulte que d’autres pratiques. Alors que deux fois plus d’adolescents pratiquent aujourd’hui la musique que dans les générations nées avant 1960 (effet du boom musical depuis trente ans et du développement des écoles de musiques et des conservatoires) la pratique musicale devrait garder son air de jeunesse.
 
Choeurs : un million d'amateurs
Dans le détail, la planète des musiciens amateurs abrite une grande diversité. A l’image d’un monde où prédominent des activités que l’on pratique plus volontiers chez soi. Au rayon des instruments, le piano reste le maître, suivi par les autres claviers. Une pratique familière par un public plutôt féminin. Au contraire de la guitare, surtout classique puis électrique, qui serait une affaire d’hommes. Quant à la pratique chorale, créditée elle aussi d’une dominante féminine, elle concerne un peu plus d’un illion d’amateurs. On estime enfin que plus de 700.000 musiciens amateurs chantent ou jouent au sein d’ensembles relevant de sociétés musicales associatives. Avec quelques relais de poids, comme la Confédération Musicale de France (CMF) regroupant 5.800 écoles et sociétés musicales ou les 15.000 choristes du mouvement "A Cœur Joie".

De nouveaux champs d’activité viennent rejoindre ces secteurs reconnus. L’heure est à un plus grand éclectisme. Et aux nouveaux outils. Ainsi, depuis le milieu des années 1990, l’informatique musicale et les possibilités du "home studio", source de composition et d’arrangements personnalisées, ne se démentent pas. Avec d’autres conséquences sur le secteur musical. Le développement des pratiques amateurs brouille les frontières qui séparent ce monde de celui des professionnels. Une dualité à redéfinir. Ce qui va amener le ministère à prochainement tenter de préciser le cadre juridique dans lequel, par exemple, les artistes amateurs peuvent rencontrer le public. En toute gratuité. En attendant une refonte plus complète de l’enseignement musical. Pour le plus grand plaisir de tous.

 

 

  
 
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