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ARTS-SPECTACLES  RJLIBAN  N°11  du 17 mars 2004

 
Le Festival Al-Bustan et autres manifestations
 
Plusieurs manifestations artistiques et culturelles concernant le Liban se déroulent ou se sont déroulées récemment. En voici un rapide aperçu.
 
Vous pouvez consulter notre rubrique Communautés-Paris  pour vous informer des activités culturelles sur le Liban dans la capitale française. Pour Beyrouth, nous vous conseillons de consulter  l'Agenda culturel .

 

 

Le Festival Al-Bustan fête la Hongrie

 

Pour sa onzième édition, le Festival Al-Bustan (à Beit-Méry, dans la montagne du Metn, du 18 février au 21 mars - la plupart des soirées ont lieu à l'hôtel Al-Bustan), présidé par Mme Myrna Boustani, met en avant le patrimoine musical de la Hongrie, en donnant toujours la primeur aux jeunes prodiges et autres lauréats de la grande musique. Signalons à cette occasion la présence depuis hier au Liban du président hongrois Ferenc Mädl pour une visite officielle, en compagnie de son épouse et d'une délégation économique et culturelle.
Février
– Mercredi 18 et jeudi 19, 20h30 : ouverture avec l’Orchestre de chambre Franz Liszt. Cet ensemble fondé en 1963 s’est produit en 2000 au Festival de Baalbek. Au programme de la soirée inaugurale, La musica notturna delle strade di Madrid de Boccherini, la Suite Holberg de Grieg, la Serenata notturna de Mozart, un Divertimento pour cordes de Bartók et la deuxième Rhapsodie hongroise de Liszt.
– Vendredi 20, 20h30, Crystal Garden : les Banchieri Singers ou deux sopranos, une haute-contre, un ténor, un baryton et une voix, un ensemble hongrois créé en 1988 ont interprété des airs de la Renaissance, des morceaux populaires hongrois, bien sûr, et des standards des Beatles et de Gershwin.
– Samedi 21, 20h30 : Alfredo Perl, le pianiste chilien virtuose, est de retour au festival après sa première apparition, en 1994. Il a proposé un programme hongrois et viennois (Haydn, Schubert, Dohnányi, Bartók et Liszt). 
– Dimanche 22, 20h30, église Mar Sassine, s’offre un programme baroque, à savoir des extraits d’Iménée, un des opéras d’Handel, grâce aux voix et aux instruments d’époque du Collegium Varsoviense.
– Lundi 23 et mardi 24, 20h30 : Euridice, de l’Italien Jacopo Peri (1561-1633), un opéra en trois actes interprété par les chanteurs et les musiciens de l’Orchestre de chambre de Varsovie, un habitué du festival.
– Vendredi 27, 20h30, Crystal Garden : "Musique d’Orient", avec Gilbert Yammine au qanun, André Hajj au oud et Ali el-Khatib au daff.
– Samedi 28, 20h30 : Dénes Várjon et Isabella Simon pour des œuvres pour piano à quatre mains : Trois marches militaires et un Divertimento à la hongroise de Schubert, une Valse de Dohnányi et des extraits de La légende de sainte Elisabeth de Liszt.
– Dimanche 29 février et mardi 2 mars, 20h30 : l’Orchestre symphonique de la radio hongroise, sous la houlette de Tamás Vásáry. La première soirée s'est déroulée avec le soliste Vilmos Szabadi au violon et a présenté des partitions d’Erkel, de Bartók, de Saint-Saëns et de Liszt. La seconde, avec le pianiste Severin von Eckardstein, a proposé des œuvres de Kodály, de Prokofiev et de Tchaïkovski.
Mars
– Lundi 1er, Notre-Dame de Jamhour, et mercredi 3 mars, auditorium Emile Boustani, 20h30 : Amandina Percussion Group, fondé en 1984 par quatre instrumentistes hongrois, a joué un extrait de son répertoire comprenant les musiques de Cage, Ligeti, Reich, de Mey, Holló, Sáry ainsi que du folklore d’Ouganda, du Zimbabwé et de Tahiti.
– Jeudi 4, 20h30 : l’Allemand de 24 ans, Severin von Eckardstein, a proposé une soirée en solo au piano. Au programme Haydn, Beethoven, Liszt et Prokofiev.
– Vendredi 5, 20h30, cathédrale Saint-Louis - Beyrouth : l’ensemble Schola Hungarica, créé en 1969, composé de 22 adultes et de huit enfants, et dirigé par Janka Szendrei et László Dobszay, a chanté des extraits de La vie de la Vierge Marie, composés au Moyen Âge et à la Renaissance.
– Samedi 6 et lundi 8, 20h30 : l’Académie de danse et de ballet de Hongrie s'est produite dans des chorégraphies tradionnelles et internationales.
– Dimanche 7, Assembly Hall : le Chœur de la radio hongroise, dirigé par Kálmán Strausz, a interpréter la Petite messe solennelle de Rossini.
– Mardi 9, 20h30 : le duo Barnabás Kelemen (violon) et Gergely Boganyi (piano), a joué des pages de Bartók, Schubert et de Brahms.
– Mercredi 10 mars, 20h30 : "Vive la France !". C’est sous ce titre que l’ensemble Koenig, dirigé par Jan-Latham-Koenig, a mené, tambour battant, un programme autour de Poulenc, Milhaud et Satie, avec la projection du film de René Clair, Entracte. 
– Jeudi 11 et vendredi 12, 20h30, église Saint-Joseph - Beyrouth : l’Orchestre symphonique national a donné la Missa solemnis de Beethoven, accompagné du Chœur de la radio hongroise, sous la direction de Paolo Olmi. 
– Samedi 13, 20h30 : un florilège des magnifiques Liebeslieder & neue Liebeslieder (Chansons d’amour et nouvelles chansons d’amour) de Brahms, interprétées par la soprano Ermonela Jaho, la mezzo soprano Cristiana Fogli, le ténor Mark Tevis et la basse Lorenzo Muzzi. Accompagnement au piano par Sabrina Avantario et Antonio Palarete.
– Dimanche 14, 20h30 : le Sextuor philharmonique de Berlin a interprété Verklärte Nacht de Schoenberg et Souvenir de Florence de Tchaïkovski.
– Lundi 15, 20h30, église Mar Doumit - Zouk Mikhaïl : "Chants sacrés d’Orient", par la chanteuse libanaise qui monte, Ghada Schbeir, et l’interprète de qanun Imane Homsi. 
– Mardi 16, 20h30, musée Sursock - Beyrouth : "Franz Liszt", une conférence donnée par le pianiste australien Leslie Howard.
– Mercredi 17, 20h30 : après la conférence, l’interprétation de Leslie Howard de quelques-unes des 94 œuvres de Liszt, qu’il a enregistrées intégralement.
– Jeudi 18, 20h30, Crystal Garden : la chanteuse folklorique Márta Sebestyén, accompagnée du Muzsikás Ensemble, chantera des airs de Bartók.
– Vendredi 19, 20h30, Crystal Garden : le Wiener Geigen Quartett interprétera les plus belles pages de la Vienne impériale.
– Samedi 20 et dimanche 21, 20h30 : en clôture, Die Fledermaus, l’opéra en trois actes de Johann Strauss, sera interprété par le magnifique Helikon Opera et ses 80 chanteurs et interprètes. 
Renseignements et réservations : 04-972.980/1-2 et 03-752.000/9 -  www.albustanfestival.com
 
 
"Liban : les Cendres du Phénix", sur la chaîne française KTO
 
Présentation
La chaîne KTO (chaîne de télé catholique, sur Noos, canal 65) diffuse aujourd'hui le film "Les Cendres du Phénix" (de R. Sciora et V. Vincent, 2003) à l'issue d'un plateau exceptionnel avec les auteurs et réalisateurs. Le Père Mansour Labaky, figure du Liban chrétien, nous fait partager l’histoire de son pays. "Les Cendres du Phénix" : un film exceptionnel sur le Liban. Documentaire géopolitique et culturel mais aussi œuvre poétique, cet essai cinématographique met en évidence le caractère du pays libanais : des paysages splendides, des rencontres avec le peuple libanais ainsi que la voix bouleversante de Magida el-Roumi. Construit autour du message d’amour et de pardon du Père Labaky, ce film nous montre l’exemple libanais en matière de dialogue, de rencontre avec la différence de l’autre, quelque soit son pays ou sa religion.
Diffusion :  aujourd'hui 17/03/2004 - Magazine Spécial Liban : 18:35 (à Paris), durée : 60mn - Film "Les Cendres du Phénix" : 20h50 - Magazine Spécial Liban : 21h45 (rediffusion) - www.ktotv.com
"Des portes de la Syrie à la frontière israélienne, Romuald Sciora promène sa caméra dans le sillage d'un homme de lettres et de foi. Le Père Mansour Labaky, prêtre maronite, s'attache à consolider les bases d'une coexistence harmonieuse au Liban, un pays meurtri par la guerre."
 
 
Séminaire sur "l'Industrie cinématographique au Liban : mécanismes et perspectives"
 
La Fondation Liban Cinéma, présidée par Mme Aimée Boulos, tient aujourd'hui mercredi 17 mars son premier séminaire de 10h à 18h au sein du pôle technologique Berytech, Mar Roukoz - Mkallés (banlieue est de Beyrouth). Cet événement, placé sous le patronage de la Délégation de la Commission Européenne à Beyrouth, a pour objectif de promouvoir l'industrie cinématographique libanaise, de présenter les mécanismes de financement qui régissent la production cinématographique et de mettre en perspective les adaptations possibles pour le Liban et la région, afin de renforcer un secteur d'activité à potentiel fort et prometteur. Participent à cette manifestation, par ordre d'intervention :
- Mme Aimée Boulos, Présidente de la Fondation Liban Cinéma
- M. Patrick Renaud, Ambassadeur de la Délégation de la Commission Européenne à Beyrouth
- M. Elie Skaff, Ministre de l'Industrie
- M. Maroun Chammas, Pdg de Berytech
- M. Marc Bonduel, Expert mandaté par ELCIM (Euro-Lebanese Center for Industriel Modernization)
- M. Edouard Mauriat, Directeur de société de production
- M. François Sauvagnargues, Responsable de l'Unité Fiction d'Arte France
- Mme Leïla Assaf, MM. Philip Aractingi et Jean Chamoun, réalisateurs
- M. Hervé Terlier, Conseiller Financier ELCIM
- M. Claude Raymond, Directeur régional AFD-Proparco
- M. Nasser Safieddine, Pdg de la chaîne de télévision NBN
- M. Khater Abi-Habib, Pdg de Kafalat
- Fondation Liban Cinéma, M. Nicolas Constantinesco et Mme Jacqueline Lascaux
- M. Khater Abi-Habib, Directeur de Kafalat
Deux films, sur l'industrie cinématographique et sur la Fondation Liban Cinéma, seront projetés au cours du séminaire.
 
 
"Il n'y a pas que des cèdres au Liban" : Photographies et textes de Jean-Luc Fournier
 
La Mission culturelle française a organisé, au Centre culturel français de Beyrouth, du 10 février au 12 mars, une exposition des œuvres de l’artiste photographe français, Jean-Luc Fournier, professeur à l’Ecole nationale supérieure de la photographie à Arles. Au milieu des années 1980, Jean-Luc Fournier a obtenu le “prix professionnel Kodak” et a eu, depuis lors, un parcours artistique français et européen, avec d'importantes expositions comme celles à la Fondation Miro de Barcelone, à la Biennale de Thessalonique ou à la galerie Joachim Becker à Cologne.
Coup de coeur pour un pays et des arbres
La première rencontre de Jean-Luc Fournier avec le Liban a eu lieu en 2001. Il était alors venu au Liban, en mission, dans le cadre d’un échange pédagogique. L’exposition est née de la rencontre d’un artiste photographe avec un pays. De sa rencontre avec des arbres aux formes diverses qui l’ont séduit. Il intitule son exposition : “Il n’y a pas que des cèdres au Liban”. Cette exposition est présentée sous forme de deux structures différentes ne pouvant se mêler, mais étant complémentaires. Jean-Luc Fournier a conçu un curieux projet, celui de personnaliser les arbres en les photographiant aux côtés de leurs propriétaires, de créer un parallélisme entre les arbres et les personnages. Ici, il y a la photographie; la substance du message nous est livrée à travers l’image. Là, le texte : la substance du message est portée par des mots. Ces deux structures occupent des places réservées, contiguës, mais non homogénéisées. Cependant, à travers les œuvres exposées, on peut constater l’importance de l’image dans une civilisation longtemps dominée par le verbe. 
Une approche personnelle de l'image
L’un des buts des photographies exposées est de communiquer aux spectateurs une ambiance spécifique. L’artiste utilise toutes les possibilités de son talent, pour saisir au bout de son objectif des espaces magiques. La photographie est, pour lui, un moyen d’expression au même titre que la peinture. Car les œuvres que Jean-Luc Fournier présente, laissent transparaître une approche très personnelle de l’image où la représentation des arbres, des personnages et des lieux est liée à la notion de poésie. Il charge l’image de la somme d’émotions nées de ses rencontres avec les arbres et leurs propriétaires, tels  : le caroubier de Fatima Rachid, l’olivier de Béchara Karam, le noyer de Joe Mrad, le pin de Loubna Thini, le noyer de Massoud Younès, etc... et partant représente une aventure picturale intensément vécue, mettant la maîtrise de la technique au service de la créativité.
Signature de livre et exposition à Arles
Jean-Luc Fournier a signé son ouvrage "Histoires d'arbres" lors du vernissage de cette exposition, qui sera présentée de nouveau lors du mois de la photographie à Arles en juillet 2004  www.rip-arles.org .
 
 
Le Festival libanais du livre d’Antélias
 
Le traditionnel Festival libanais du livre d’Antélias (banlieue-nord de Beyrouth) s'est tenu du 4 au 14 mars à l’église Saint-Elie d’Antélias. Cette 23e édition de la fête du livre, organisée par le Mouvement culturel d’Antélias, a accueilli des maisons d’éditions libanaises et étrangères proposant des ouvrages dans les trois langues, arabe, français et anglais. Deux nouveautés destinées aux jeunes citoyens : la sensibilisation à l’environnement, sur le thème "Un environnement meilleur commence par moi", et la participation de la chorale de l’Institut des sourds-muets de Baabda. Signatures d’ouvrages, hommages aux grands hommes, conférences et débats se sont également succédés.
Programme des activités
- Vendredi 5 mars : Dr Labib Younan Rizk, historien égyptien, cadre à l’Alesco, a été présenté par le Dr M. Jaber ; animateur Dr Antoine Doumit.
- Lundi 8 mars : M. Abdel Basset Ghandour a été présenté par l’ancien président de l’Ordre des avocats, Me Raymond Eid ; animateur M. Haykal Dergham.
- Mardi 9 mars : M. Hani Fahs a été présenté par M. Hussein Chamseddine, avec, pour animateur des débats, M. Jamil Gébran.
- Mercredi 10 mars : Dr Nabil Fleihan a été présenté par Dr Karam Karam. Animation assurée par Dr Thérèse Doueihy Hatem.
- Jeudi 11 mars : Dr Victor el-Kik a été présenté par M. Boulos Srouh. Directeur des débats : Dr Issam Khalifé.
- Vendredi 12 mars : hommage au journaliste Elias el-Khoury, présenté par son collègue Samir Cassir, rencontre dirigée par Dr Antoine Seif.
Débats et conférences
- Samedi 6 mars, 18h30 : rencontre autour de l’ouvrage du Dr Tarek Mitri ,"Une ville sur la montagne", sur la politique et la religion aux Etats-Unis. Avec la participation de Dr Nawaf el-Moussawi, Dr Georges Sabra, père Samir Khalil, l’ancien ambassadeur Simon Karam et M. Mohammed Sammak. Modérateur : Georges Baroud.
- Lundi 8 mars, 17h : rencontre autour de l’ouvrage de Lamia Fouad as-Saad, "Le bonheur bleu", avec la participation de May Ménassa et Dr Nada Moughaizel Nasr. Modérateur : Pascale Lahoud.
- Vendredi 12 mars, 17h : rencontre avec Alexandre Najjar autour de deux de ses ouvrages, "Comme un aigle en dérive" et "Le mousquetaire". L’auteur a été présenté par Dr Georges Stéfan.
- Samedi 13 mars, 18h30 : conférence du Dr Nassif Hitti sur le thème "Le Moyen-Orient à l’ombre des changements occurrents". Le conférencier a été présenté par M. Georges Abi Saleh.
- Dimanche 14 mars, 18h30 : rencontre autour du quotidien as-Safir à l’occasion de son 30e anniversaire, avec la participation de MM. Mounah el-Solh, Souhail Matar, Pascal Monin, père Antoine Daou et M. Maurice Nohra. Débat sera animé par Mounir Salamé.
 
 
 
"Regards croisés" sur la Suisse et le Liban : Photographies de Gérald Aeschlimann et Elie Khalifé
 
Le titre de cette exposition, qui s'est déroulée dans le hall du théâtre Monnot à Beyrouth, du 25 février au 13 mars, porte bien son nom. Quarante photos, une sélection de 20 clichés pour chacun des deux photographes en raison de la grandeur de la salle, racontent les pérégrinations d’un Suisse au Liban, Gérald Aeschlimann, et ceux d’un Libanais en Suisse, Elie Khalifé. Une idée originale trouvée autour d’une bonne table, après beaucoup de discussions arrosées d’autant de vin. Ces deux amoureux de la photo en noir et blanc (qui demeure, d’ailleurs, la plus expressive, la plus percutante de cet art) n’avaient jamais pensé exposer leurs travaux, refusant même de dater les prises de vues, du moins pour cette manifestation. Ils ont voulu en faire une manifestation hors temps.
Ingénieur d’environnement, Gérald Aeschlimann ne sort jamais sans son appareil photo. Il possède d’ailleurs une belle collection. Diplomate, son épouse le promène à travers le monde, et il ramène de chaque pays ses impressions sur papier glacé. "C’est pour fixer les souvenirs", dit-il. Pour lui, "la photo est un journal de voyage" qu’il raconte si bien, parce qu’il s’imprègne des lieux et même de leur message. Cela lorsqu’il n’en tombe pas amoureux. Il n’y a pas un coin du Liban qu’il ne connaît pas. D’ailleurs, il lui arrive souvent de faire découvrir leur pays à ses amis libanais. Pour faire sa photo, Gérald Aeschlimann prend son temps, revient souvent sur un même lieu, en fait plusieurs clichés et développe chez lui, dans la chambre de bonne transformée en laboratoire. Aussi, ses petites cuves ne lui permettent-elles pas des agrandissements grand format. Tant pis, le résultat n’en est pas moins beau. Le photographe amateur, mais combien professionnel dans son travail, donne à voir des paysages connus du Liban, certes, des scènes de la vie quotidienne, mais livrés d’une manière différente, où rien n’est laissé au hasard. Ses clichés sont faits de clair obscur et de contraste. On peut citer, à ce propos, le fameux vers de Valéry en légende d’un tableau de Manet : "Dormeuse, amas doré d’ombre et d’abandon."
Pour Elie Khalifé, ce photographe-cinéaste qui n’est plus à présenter, il s’agit tout simplement d’instantanés pris à l’occasion de ses nombreux voyages et flâneries au cours des 15 dernières années. Mais il ne s’agit que de photos réalisées en Suisse, à Genève et Lausanne, plus particulièrement. Ce sont, là aussi, des scènes de rue et des situations, des regards saisissants, le tout d’une beauté exquise, mais évidemment sans aucune recherche, puisqu’il s’agit de clichés pris sur le vif. Cela n’empêche pas le professionnalisme qui s’en dégage dans l’art de piquer des situations à vif. Des photos qu’il réalise parallèlement à son travail de cinéaste. D’ailleurs, il vient de terminer le tournage d’un moyen-métrage, une comédie baptisée Van Express, et prépare un long-métrage avec un ami suisse.

 

 

 

 
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