LES LIBANAIS DANS LE MONDE
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Madhat
Saadeh, un chanteur de charme en Californie
par Naji FARAH | lundi 7 mars 2011
Le chanteur libano-américain Madhat Saadeh au volant d’une Lamborghini flambant neuf
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Le chanteur d’origine libanaise, Madhat Saadeh, a connu un parcours riche en péripéties. Sa voix d’or charme tous ceux qui le rencontrent
Madhat Saadeh est originaire
de Baraachit, près de Tyr au Liban-sud, qui a été partiellement détruit
par les bombardements israéliens de 2006 n’épargnant ni l’église
ni la mosquée de ce joli village. Il tient sont talent de sa grand-mère
maternelle, Yousra Mezher Fakhreddine, dont la maison à Beyrouth était
grande ouverte aux jeunes talents comme Asmahan et Wadih el-Safi, et qui
elle-même jouait du oud en chantant du « tarab ».
Le parcours de Madhat est
comme nombre de Libanais, « international » : né au Koweit, il
revient au Liban à l’âge de 6 ans après le décès de son père au
Liban. Il s’installe avec sa mère et ses frères et sœurs au Ftouh
Kesrouan, où vivait sa tante paternelle mariée à un homme de la région
de la famille Kabalan. C’est là qu’il fit ses débuts, avec ses
cousins, dans la chanson, du haut des collines surplombant les villages
de la région. Au plus fort de la guerre du Liban et alors qu’il avait
à peine vingt ans, sa famille quitta le pays au début des années 1980
pour s’installer en France.
Lui-même continua pour
New York où il étudia l’informatique, fondant sa propre société.
Mais encouragé par ses amis libanais et arabes charmés par sa voix, il
s’orienta vers le domaine de la chanson. Il ouvrit ainsi au pied de
l’Empire State Building un restaurant de cuisine italienne, «
Romantica », transformé tous les soirs en boîte de nuit pour les «
fans » de la chanson arabe. Et il aimait se retirer quelques semaines
par an dans sa villa à South Beach à Miami, accolée à celle du grand
couturier italien Gianni Versace.
Nouveau tournant un 11 septembre
Madhat raconte : « Je me
souviens de la date du 11 septembre 2001 qui me hante : j’ai été réveillé
par mes amis subitement, et je vis un spectacle de désolation tout
autour de l’immeuble où j’habitais au cœur de Manhattan. Nous
sommes montés au 42e étage et avons assisté en direct à la collision
du deuxième avion contre la seconde des tours jumelles. Ce qui est étonnant,
c’est qu’il y avait des personnes sous le pont qui filmaient
tranquillement ce spectacle d’horreur. »
Il ferma alors son restaurant
et rentra au pays, où il rencontra une jolie fille de son village
natal, Maryam Chehab, qui devint par la suite la chanteuse Melissa. Il
voyagea de nouveau avec elle aux Etats-Unis et s’installa entre San
Diego et Los Angeles, où ils vécurent ensemble trois ans. Ils eurent
un enfant, Amadou, avant de divorcer, puis Madhat épousa une Libanaise
de Nabatieh qui l’accompagne aujourd’hui dans sa vie, et de laquelle
il obtint également un garçon, Amir. Quant à Melissa, elle rentra au
Liban où elle se produit aujourd’hui régulièrement, ainsi que dans
les pays du Golfe.
“Chanteur de l’amour
et du bonheur”, “voix de la montagne” ou “roi de la dabké”,
les surnoms ne manquent pas pour qualifier Madhat Saadeh. Il est connu
pour son “tube” “Ah el Hikaya” et se consacre entièrement à sa
carrière de chanteur en Californie, après avoir travaillé quelques
années dans le domaine de la vente au siège de la compagnie Mercedes
à Newport Beach. Il participe à de nombreux festivals arabes et anime
des journées paroissiales dans des églises maronites ou coptes à Los
Angeles, San Diego, Michigan, New York ou Chicago, et chante également
au Mexique, en Colombie et autres pays voisins. Voyageant
régulièrement en Egypte où il avait séjourné plusieurs fois pour
parfaire son art musical, il prépare un nouvel album aux sonorités
espagnoles.
“Celui qui veut acheter ma terre n’est pas
meilleur que moi pour y vivre !”
Rencontré le mardi 1er mars sur le vol Beyrouth-Paris, nous étions
assis dans l’avion côte-à-côte par une heureuse coïncidence.
Madhat se confie : « Alors que je me trouvais en Californie, j’ai été
contacté il y a une semaine par un riche investisseur libanais voulant
agrandir sa propriété à Jiyeh, zone en pleine expansion au sud de
Beyrouth. Il m’a proposé un prix très attrayant pour la petite
parcelle en bord de mer que j’avais acquise il y a cinq ans. Arrivant
au Liban pour la vendre, j’ai voulu y mettre les pieds une dernière
fois, et là, j’ai réalisé en voyant ma terre, en la touchant, en la
flairant, qu’elle valait bien mieux que celles des côtes
californiennes, considérées comme les plus belles du monde. Je me suis
décommandé auprès de l’acheteur qui n’a rien compris à ma décision,
et me voilà dans l’avion dans l’espoir de revenir bientôt
construire une villa. Celui qui veut acheter ma terre n’est pas
meilleur que moi pour y vivre ! »
La jolie chanteuse Melissa qui a donné un fils, Amado, à Madhat
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Amado, fils de Madhat et de Melissa, élu plus beau bébé de Californie
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Madhat recevant une récompense officielle aux Etats-Unis
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