LES LIBANAIS DANS LE MONDE
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Entre
le Mexique et le Liban, un partenariat humain en pleine croissance
par Naji FARAH | lundi 18 octobre 2010
Les présidents Michel Sleiman et Felipe Calderon en compagnie de leurs épouses lors du dîner officiel le 27 septembre dans le palais présidentiel mexicain
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Cette
page bimensuelle des « Libanais dans le monde » clôt trois années de
recherches qui auront permis d’établir, depuis novembre 2007, des
centaines de liens avec les descendants de Libanais. Et s’il y a un pays
dans le monde de l’émigration libanaise à prendre en échantillon pour
tester le devenir du Liban, un nom s’impose : le Mexique. L’expérience
est d’autant plus passionnante que les richesses naturelles et humaines
dont regorge ce pays en font une destination touristique privilégiée.
Une
communauté forte et unie
Le temps est aujourd’hui venu d’entreprendre des initiatives
culturelles et économiques de longue durée, se basant sur l’une des
communautés libanaises les plus actives qui se caractérise par son unité,
et dont les membres sont estimés à 400.000. Bien intégrée depuis
quatre générations, elle participe avec ferveur au développement du
Mexique et compte parmi elle les plus grandes fortunes du pays. La visite
à Mexico du président de la République libanaise, le général Michel
Sleiman, du 26 au 28 septembre courants, a ainsi donné lieu à des
rencontres au cours desquelles de nombreux hommes d’affaires
libano-mexicains ont exprimé leur volonté d’établir des ponts avec le
Liban.
Le Liban est bien
présent
Le Liban est toujours là, bien présent au fond de chacun : quelques mots
d’arabe enseignés par les anciens ou dans le pays d’origine pour ceux
ayant déjà eu l’occasion de s’y rendre ; des recettes de cuisine
libanaise agrémentant les savoureux repas mexicains ; des chaînes de télévision
libanaise diffusant par satellite la dure réalité vécue par les
familles restées au pays toujours aussi divisé et désordonné ; et
surtout de grands clubs libanais répartis dans les grandes régions du
Mexique où les Libanais et leurs amis mexicains se réunissent
quotidiennement au petit-déjeuner ou autres moments de la journée pour
discuter et pratiquer des activités sociales et sportives.
La bataille
de l’émigration
Droits bafoués de la femme libanaise qui ne peut donner la nationalité
à ses enfants, des milliers de demandes de naturalisation bloquées
depuis cinquante ans dans les couloirs de l’administration libanaise, le
vote interdit à partir de l’étranger pour les rares détenteurs du
passeport libanais : la situation des descendants de Libanais au Mexique,
comme partout dans le monde, est loin d’être idéale et mérite une
attention particulière de la part du gouvernement libanais. Sans oublier
le manque de photos, de livres et autre matériel audio-visuel, et surtout
la vacance de dizaines de postes d’ambassadeurs et de consuls du Liban,
les nominations tardant à être effectuées par le ministère des
Affaires étrangères en proie aux divisions.
Egalement omniprésente, la volonté
des ennemis du Liban de diviser l’Union libanaise culturelle mondiale
(ULCM), depuis sa création il y a cinquante ans, dans le but de maintenir
certains émigrés comme ceux d’Afrique notamment sous la coupe des
partis politiques galvanisés par des puissances étrangères. Fort
heureusement, au Mexique comme dans toute l’Amérique latine et du nord,
en Australie et en Europe, l’ULCM s’est libérée il y a dix ans, se
ressoudant autour d’actions bénéfiques pour le Liban et l’unité de
son peuple.
Message aux députés
Anwar Khoury, l’un des
hommes éminents de la communauté libanaise, ancien président du Centro
Libanés (1972-73) et de l’UCLM (1993-1994) se souvient : “Au début
des années 1990, je retournais au Liban avec une délégation
libano-mexicaine, et plusieurs députés nous ont regardés de haut, nous
considérant comme des fils de paysans. Je leur dis alors : ‘Vous savez,
les paysans sont morts aujourd’hui, ils ont travaillé comme des fous
pour nous donner lӎducation que nous avons. Et nous avons su
construire dans chaque ville, dans chaque pays, un petit Liban uni et
propre, alors que vous, vous continuez à vous débattre dans votre Liban
divisé plus que jamais’.”
Les associations de jeunes sont là pour témoigner de ce que sera le
Liban de demain. Preuve en est la « Jomali » (Jóvenes mexicanos de
ascendencia libanesa), oeuvrant depuis 1982 sous la supervision du
charismatique « Papi » Antoun Nakad, qui prépare sa rencontre
traditionnelle se déroulant cette année à Puebla, du 29 octobre au 2
novembre, avec la participation de plus de trois cents jeunes venus de
toutes les régions du Mexique. Le Club libanais de Puebla, dont la
cuisine est renommée dans tout le pays, sera pour l’occasion décoré
aux couleurs du bicentenaire du Mexique, avec dans le hall principal une
grande exposition de photographies du Liban.
Les jeunes libano-mexicains ne
manqueront pas de souligner leur attachement à la mère-patrie pourtant
distante de 12.000 kilomètres et annonceront leur programme pour l’année
2011, avec en priorité l’organisation d’un camp de vacances l’été
prochain dans la montagne libanaise pour apprendre l’arabe et découvrir
le pays de leurs ancêtres. Si l’on ajoute à cela les multiples visites
d’échanges universitaires et d’affaires projetées par des membres
influents de la communauté à Beyrouth et dans tout le Liban, l’expérience
mexicaine, qui servirait d’exemple pour le Brésil, l’Argentine et
autres grands pays de l’émigration libanaise, aura prouvé par sa réussite
que, malgré toutes les tentatives de déstabilisation dont il fait
l’objet, le Liban, avec son message pacifique, est plus que jamais
solidement ancré, à l’image de ses cèdres millénaires, dans un monde
en pleine ébullition.
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Le « Palacio presidencial » à Mexico aux couleurs du Liban
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« Liban, terre légendaire qui se reconstruit » : spécial Liban réalisé par l’organisme de promotion mexicain Protocolo ( www.protocolo.com.mx )
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