LES LIBANAIS DANS LE MONDE
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Du Mexique à la France, l'attrait du Liban *****
par Naji FARAH | lundi 6 septembre 2010
Le Libano-Mexicain Antonio Musi Afif et sa famille dans le palais de Beiteddine
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L’été
2010 s’achève avec un goût teinté d’une légère amertume en raison
de deux incidents armés ayant provoqué la mort d’une dizaine de
personnes à la frontière libano-israélienne, le lundi 2 août, et dans
la capitale Beyrouth, le mardi 24 août. Rapidement maîtrisés mais
fortement relayés par les médias, ils ont donné l’image d’un Liban
instable face aux pressions régionales, malgré une saison festive qui a
vu des milliers de Libanais d’origine et de touristes étrangers venir y
passer des semaines inoubliables.
Antonio Musi
Afif du Mexique
Professeur d’Architecture à l’Université Nationale Autonome de
Mexico et directeur de société, Antonio Musi Afif est aussi président-fondateur
de l’association mexicaine des architectes d’ascendance libanaise
(1990). Il a visité le Liban en compagnie de son épouse Maria Elena
d’origine italienne, de son fils Antonio Jr et son épouse Deyra
d’origine irlandaise venus sans leurs deux enfants en âge, et de sa
fille Daniella et son époux Javier d’origine espagnole avec cinq de
leurs enfants âgés de 15 à 5 ans, Sebastian, Iñigo, Mateo, Bosco et
Ana José, la petite d’un an restant à Mexico. Son dernier voyage
remonte aux années 1960 alors qu’il était encore étudiant : se spécialisant
dans une école à Paris, il avait tenu à effectuer un stage au Liban
pour découvrir le pays de ses ancêtres et y avait séjourné durant deux
mois.
Antonio, son épouse, leurs cinq enfants et leurs familles vivent dans la
capitale Mexico. Ils n’ont jamais rompu avec leur origine libanaise, fréquentant
régulièrement l’église maronite et le club libanais, où se
retrouvent tous les jours des centaines de descendants de Libanais. Ils
peuvent obtenir la nationalité mais n’en ont pas encore fait la demande
auprès de l’ambassade du Liban. Antonio Jr, avocat travaillant dans la
fonction publique mexicaine, aimerait bien avoir le passeport libanais
pour renforcer son appartenance au pays des Cèdres, sans autre motivation
majeure.
Retour à Zouk
Mikhaël et à Bkassine
Le voyage au Liban organisé par l’association RJLiban a
permis de découvrir fin juillet les sites archéologiques et touristiques
classiques du Liban, avec deux visites spéciales dans les localités
d’origine de Zouk Mikhaël dans le Kesrouan et de Bkassine près de
Jezzine au Sud-Liban. La véritable famille paternelle est Zoghaib, de
Zouk, mais l’ancêtre Moussa Zoghaib, prenant la nationalité mexicaine,
l’a remplacée par son prénom Moussa devenu Musi. Côté maternel, la
famille Afif s’est conservée, et c’est ainsi que Antonio a rencontré
par coïncidence son cousin Francis Afif sur la place de Bkassine, avant
de visiter l’église du village.
Il est à noter que dans les pays d’Amérique latine,
comme en Espagne et au Portugal, toute personne possède deux noms de
famille, celui du père accolé à celui de la mère, ce qui facilite
considérablement les recherches généalogiques sur l’ascendance
maternelle.
Emilie
Bekerman Saidi, une nouvelle “Libanaise dans le monde”
Il y a les “Libanais dans le monde”, mais aussi les
nouveaux “Libanais dans le monde”. Le gouvernement libanais a pris
l’heureuse intiative d’accepter les demandes de naturalisation des épouses
de Libanais. Selon le maire de Tyr, Georges Baradhi, qui traite plusieurs
cas par an, le processus nécessite deux à trois ans, avec un résultat
garanti. Voici donc Emilie Bekerman, Française originaire de la région
parisienne, qui vient de devenir Libanaise de Tyr, à la grande joie de
son époux Rani Saidi et leurs deux garçons Ilan et Eden. Ils résident
à Paris mais passent régulièrement leurs vacances au Liban, où ils
possèdent une maison.
En véritable Libanaise engagée, Emilie a accueilli
durant les mois de juillet et d’août de nombreux amis de France, du
Maroc, d’Espagne et autres pays pour lesquels elle a organisé de
multiples journées touristiques au Liban, sans oublier les soirées
jusqu’à l’aube devenues de tradition à Beyrouth, Jounieh et bien
d’autres localités. Evénement marquant : le 17 août, elle a reçu officiellement son extrait d’Etat civil du maire de
Tyr, qui lui a demandé d’apposer ses empreintes digitales pour l’émission
de sa carte d’identité. Une grande fête rassemblant la famille et les
amis, avec baignade et promenade en bateau, a suivi sur la petite île de
Ziré près du port de Tyr.
Pour
un Liban meilleur
Il est ainsi étonnant de constater l’engouement
des Libanais, des descendants de Libanais et de leurs amis pour ce pays
tant malmené durant les dernières décennies, et dont la population
continue de souffrir en raison de la carence d’un Etat s’avérant
impuissant de par sa structure. Rêvons pour l’été prochain d’un
Liban sans confessionnalisme politique, sans armement illégal dans les
camps palestiniens et les autres régions, sans corruption dans les
institutions, avec des routes sécurisées et éclairées, avec un réseau
de télécommunications moderne, qui permet aux Libanais de voter de l’étranger
et, surtout, autorise le mariage civil sur place tout comme le mariage
religieux, et octroie à la femme libanaise le droit naturel de donner la
nationalité à ses enfants.
Emilie Bekerman Saidi apposant ses empreintes digitales auprès du maire de Tyr, Georges Baradhi
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Rencontre dans le village maternel de Bkassine avec, de gauche à droite : Hiba Farah, Antonio Jr et Daniella Musi Afif, le cousin Francis Afif, Antonio Musi Afif et Naji Farah
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Mateo et Bosco en compagnie de Elissa dans la forêt des Cèdres de Maasser-el-Chouf
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Retour aux sources en habit traditionnel à Deir-el-Qamar
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