LES LIBANAIS DANS LE MONDE
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Taxi
pour le Liban
par Naji FARAH | lundi 31 janvier 2011
Savez-vous que les
taxis peuvent franchir les mers et vous mener au coeur du Liban ? Nous en
avons fait l’expérience avec des pilotes émérites à partir de Paris
et de Mexico ?
Il y a deux mois, dans un taxi de la capitale du Mexique, voyant
que mes amis et moi-même venions du Liban, le conducteur mexicain nous
menant au Centro Libanés nous montre la médaille autour de son cou :
“Regardez, c’est une cliente d’origine libanaise qui me l’a
offerte, il s’agit de la médaille de Saint-Charbel. Nous le vénérons
beaucoup à Mexico, c’est un saint très miraculeux. D’ailleurs sa
statue se trouve dans le sanctuaire de Notre-Dame de Guadeloupe !”
Deux semaines plus tard, nous voilà à Paris pour organiser la soirée
avec le professeur libano-mexicain Habib Chamoun, et allant à sa
rencontre en taxi, le conducteur algérien nous interpelle, sans rien
savoir au début de nos origines : “J’ai vu en vous le Cèdre du
Liban, c’est un arbre millénaire que l’on ne trouve que dans quatre
pays !” Et il cite le Liban et le Mexique (!), et nous interroge pour
confirmer que nous sommes libanais.
Puis en dix minutes de course, Mohammad nous livre un discours étonnant
dont voici le contenu intégral. Une performance à cent à l’heure,
confirmant l’importance du message émanant du Liban et défendu par des
milliers d’amis du Liban dans le monde. A vous de le lire en attachant
vos ceintures !
Le
discours de l’ami algérien Mohammad
“Il y a quelques temps, je fais monter un client qui s’avère
être un ressortissant d’un pays arabe du Golfe. Je lui fais part de la
honte que ses dirigeants m’inspirent pour avoir aidé les Etats-Unis, au
lieu de placer leur argent dans les banques libanaises ou auprès des
grands banquiers libanais d’Amérique du Sud. Certains pays du Golfe ont
participé à la guerre du Liban, et je leur en veux beaucoup pour cela. Même
les tours jumelles détruites à New York avaient été construites en
partie avec leur financement. Puis je m’arrête et demande au client de
descendre de mon taxi.”
“Vous savez, la plupart de nos livres en Algérie sont imprimés
au Liban. Et je vais souvent du côté de la place de l’Opéra pour
regarder (au bureau de la Middle East Airlines) des photos du Liban. Quand
j’étais jeune, je rêvais d’épouser une Libanaise, mais j’ai
finalement épousé une Algérienne à Paris ; et maintenant à chaque
fois que je rentre au pays, ma mère me demande si j’ai trouvé la
Libanaise, et ma femme lui répond : ‘je suis sa Libanaise’.”
“Il y a une dizaine d’années, j’emmenais un couple d’Argentins
d’origine libanaise manifester à la place du Trocadéro contre
l’occupation syrienne du Liban. Je gare mon taxi et me joins à la
foule, portant une banderole et entonnant des slogans avec les
manifestants.”
“Et en 1860, un général algérien est envoyé avec ses troupes à
Damas. Les chrétiens étaient en train de se faire massacrer dans la
montagne libanaise, et le général est intervenu pour tenter d’arrêter
la tuerie et protéger les rescapés. Nous sommes pour l’unité du
Liban, c’est essentiel pour le monde !”